Publié dans Arrêt sur une oeuvre

L’amour à trois

Olivier Poivre d'Arvor

Vous est-il arrivé de lire un livre et de ne pas savoir comment le résumer fidèlement, qu’en tirer, comment en parler ? Ça m’est arrivé avec ce livre d’Olivier Poivre d’Arvor.

Léo Socrates, diplomate féru de civilisations lointaines, rêvant d’un poste comme ambassadeur à New Delhi mais  relégué au poste de directeur des archives du Quai d’Orsay est chargé d’une mission en Guyane : intervenir  lors d’un colloque ayant pour thème : le passé, sujet de l’avenir.

En guise d’introduction, il évoque son AVC qui a affecté sa mémoire. Il est incapable de mémoriser aisément un fait nouveau et de replacer sereinement, clairement l’ordre de ses souvenirs, antérieurs à l’accident.

Pendant les 6 premiers chapitres de ce livre, j’ai eu l’impression d’être dans un cours magistral d’une matière qui ne m’intéresse pas.

Le 7ème chapitre ouvre une nouvelle fenêtre et  nous dévoile le désir caché derrière cette mission diplomatique. Léo Socrates veut retrouver un ami d’adolescence : Frédéric Salomon. Un ami de lycée qu’il admirait, un ami qui prétendait que la morale n’était qu’une invention humaine, qu’on finirait par en crever et qu’il fallait faire selon son bon plaisir.

Il veut annoncer à Frédéric Salomon, la mort du grand amour qu’ils ont partagé Hélène, leur professeur de philosophie. Ce n’était pas un simple béguin d’adolescent, c’était un amour, une passion.

Léo remonte le cours du temps et nous fait revivre sa rencontre avec Frédéric, son rapprochement avec Hélène et l’excitation  intellectuelle et érotique qu’elle lui a fait ressentir et découvrir.

Ce roman est l’histoire d’un homme, d’une femme dont le besoin d’affirmation s’exprime à travers le sexe libre.

L’érotisme a une grande place dans le livre mais ce n’est pas du «mummy porn» comme la trilogie Fifty Shades et tous les livres qui suivent sa lignée.

Ce roman a l’allure d’un cours académique et c’est ce qui m’a beaucoup gênée et a même ralenti ma lecture. La philosophie est omniprésente, il m’a fallu lire certaines phrases plusieurs fois ou à haute voix pour en saisir le sens.

De cette vérité, Girard en avait tiré la certitude que tout désir n’était que l’imitation du désir d’un autre, que le rapport amoureux n’était pas entre un sujet et un objet, mais qu’il s’y glissait toujours quelque part un médiateur, un troisième. Qu’il arrivait même que ce médiateur, imaginant le regard porté sur lui par le sujet désirant, devienne également sujet de désir.

Ce livre parle aussi de l’histoire d’un territoire, la Guyane. J’ai appris des choses sur ce territoire français, révisé ma géographie, découvert le retard administratif de ce territoire et ses problèmes environnementaux et sociaux que causent les chercheurs d’or clandestins, des mercenaires de l’orpaillage, des Brésiliens, des garimpeiros.

Les personnages principaux ont des caractères très différents et opposés.

D’un côté, on a Léo, cet homme-enfant, un peu naïf qui se laisse façonner et guider par son ami Frédéric et son amour Hélène. De l’autre, deux personnages très excentriques : Frédéric et Hélène.

J’ai beaucoup apprécié la personnalité de Frédéric. Son côté fou donne un certain charme à l’histoire.

L’histoire est très bien écrite mais j’ai eu du mal avec certaines descriptions. Je les ai trouvées trop longues et sans réel intérêt.

En somme, le livre n’est pas mauvais mais il n’est pas excellent non plus.

Ceux qui n’aiment pas la philosophie, l’érotisme, l’histoire et les comptes-rendus de voyage s’ennuieront beaucoup en lisant ce livre.

Car les mots quand je me laisse faire, sont comme des miroirs que je pose sur la table, et qu’importe que je les façonne ou qu’ils m’échappent, ils finissent par me renvoyer, sinon une ou des images, à tout le moins des fragments de vérité, des morceaux reflétés dans ce verre épais, sans transparence, sans tain non plus, de cette glace dans laquelle je ne finirai jamais de me regarder.

Ceux qui recherchent de l’or remuent beaucoup de terre et trouvent peu de métal.

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Auteur :

Quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, le courant poétique s’est imposé comme le canal d’expression par excellence. En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » Désirant partager ma passion pour la lecture et l’écriture, j'ai créé en mai 2015 ce blog éponyme. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

2 commentaires sur « L’amour à trois »

  1. Attention aux idées reçues sur la Guyane. J’y vis depuis dix ans et l’on ne peut pas parler de « retard » sans préciser. C’est un territoire relégué par le pouvoir français centralisé, certes, mais qui, de par la diversité ethno-culturelle de ses habitants, s’est coulé dans un fonctionnement « autre », qui ne se livre pas à quelqu’un qui ne sortirait pas de ses représentations psychiques et sociales occidentales.

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