Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La vie sans fards

Maryse Condé

Pourquoi l’être humain est-il tellement désireux de se peindre une existence aussi différente de celle qu’il a vécue ? C’est la question que Maryse Condé se pose en lisant les brochures rédigées par ses attachées de presse.

Aujourd’hui, elle veut se montrer  dans toute la vérité de la nature. A travers ce livre, elle tente de cerner la place considérable qu’a occupée l’Afrique dans son existence et dans son imaginaire.

Enfant guadeloupéenne élevée dans le milieu de la bourgeoisie et très loin de sa culture des Antilles, Maryse Condé décide en 1959 d’aller en Afrique, les réalités africaines ayant occupé une place de plus grande dans sa vie. Elle débarque donc comme auxiliaire d’enseignement du français au collège de Bingerville en Côte d’Ivoire.

En tant qu’ivoirienne, j’ai pris plaisir à découvrir la Côte d’Ivoire entre 1959 et 1960.

Maryse Condé nous fait ensuite découvrir Conakry, une ville chère à son cœur,  là où elle a compris le sens du mot « sous-développement ».

Dans ces pays, elle constate que les Antillais sont perçus comme les colons blancs. Elle-même est perçue comme une blanche. Maryse nous raconte sa gêne, son inconfort, sa difficulté à s’intégrer. Elle évoque cette vieille querelle entre Africains et Antillais où les uns affirment être méprisés par les autres et vice versa.

Elle est mise à l’écart et s’interroge :

La couleur est-elle donc un vernis invisible ?

Elle part ensuite au Ghana, mène une vie qu’elle n’a pas beaucoup aimé, pénétré du temps où elle y vivait d’une frénésie vulgaire.

Elle nous emmène ensuite à Londres, revient au Ghana pour retrouver l’homme qu’elle aime, se voit obligée de quitter ce pays pour le Sénégal.

Ce livre est l’histoire d’une femme impulsive qui n’arrive pas à clairement identifier son identité, une femme indécise, une femme qui se cherche et peine à se trouver, une femme qui a du mal à vivre pleinement sa vie de mère, dont l’intimité est tumultueuse ;  une femme qui a connu la passion amoureuse mais n’a jamais expérimenté l’amour.

La passion n’analyse pas, ne fait pas la morale. Elle brûle, elle incendie, elle consume.

« Les hommes noirs ! précisa Maya rejoignant Lina sans le savoir. Tout provient de la manière dont ils ont été éduqués. Leurs mères, leurs sœurs, la société dans son ensemble les traitent comme des dieux à qui rien n’est interdit. »

Je l’ai trouvée assez courageuse d’exposer ses déboires amoureux, j’ai éprouvé de la peine pour elle dans ses relations avec ses enfants et ses différents amants.

J’ai appris beaucoup de choses sur ce livre, j’ignorais par exemple que les Antillais étaient si présents en Afrique pendant la colonisation et se retrouvaient à tous les niveaux de l’enseignement.

J’ai découvert l’atmosphère politique de la Guinée et du Ghana aux premières années de l’indépendance, j’ai également appris notamment la belle amitié de l’auteur avec l’un des présidents ivoiriens Laurent Gbagbo. 

Elle dit de lui : « Sa voix d’historien avait beaucoup de poids et il m’accompagnait partout. »

Ce livre est intéressant à lire, il se lit d’ailleurs très vite mais je ne le conseille pas à ceux qui n’ont pas envie de se plonger dans l’histoire africaine et qui n’aiment pas l’autobiographie.

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Auteur :

Quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, le courant poétique s’est imposé comme le canal d’expression par excellence. En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » Désirant partager ma passion pour la lecture et l’écriture, j'ai créé en mai 2015 ce blog éponyme. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

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