Publié dans Psyché

Quand le vice séduit la vertu

le vice séduit la vertu

Elle m’attire… J’exprime mal mon ressentiment, « elle me dérange » sied mieux.

Je n’aime pas mon contraire et sa surface lisse. Je n’aime pas les louanges qu’on lui fait, je n’aime ni sa lumière, ni sa pureté.

Comment faire d’elle mon semblable ?

“Vice : plaisir que l’on n’a pas goûté.”

Non, si je lui parle de plaisir elle essaiera de me démontrer que la vertu en regorge. Vaut mieux que je ne joue pas cette carte.

“Le vice est toujours puni. La vertu aussi.”

Une autre carte à éliminer. Elle me dira qu’elle voudra être punie en ne se reprochant rien. Pfft ! Saleté de vertu ! Toujours à vouloir prôner le bien et à juger le mal !

Elle me dérange !

Que faire pour qu’elle embrasse ma nature et disparaisse à jamais ?

Comment l’approcher ? En lui faisant croire que tout ce qu’on dit sur moi n’est que mensonge ?

Et si …

Je suis peut-être sur la bonne piste. Il n’est pas bête de lui faire croire que je ne suis que le reflet du cœur de celui qui me juge. Je suis le bien pour ceux qui agissent bien et le mal pour ceux agissent mal. Mon argument tient-il la route ?

Ne serait-ce pas plus facile de lui dire que je voudrais être comme elle ? Cela marchera à coup sûr, elle a tellement envie de sauver des vies et rallonger sa liste de partisans !

Pfft ! Saleté de vertu ! Toujours à vouloir prôner le bien et à juger le mal !

Je lui dirai toutes mes bonnes intentions. Elle ne sera pas accompagnée de son ami « le discernement », je pourrai faire d’elle ce que je veux.

Je  ferai tomber ses défenses en louant ses qualités ;  je conterai, le visage attendri, toutes ses merveilles ;  les flatteries bloquent l’accès aux voies de la réflexion.

Je lui dirai de me hisser à son niveau, d’exercer toute son influence sur moi. Elle m’ouvrira ses bras, ensemble nous exécuterons la valse de l’illusion que le temps n’arrêtera pas. Nous fusionnerons, collé-serré, nous danserons. Je lui ouvrirai mon intimité pour effacer sa particularité.

J’épuiserai ses forces, je changerai son visage immaculé. Je lui donnerai ce qu’elle a toujours rejeté en moi.

Quand dans mes yeux, elle lira enfin le mal, son cœur sera déjà rempli de moi…

© Grâce Minlibé – Copie interdite sans autorisation de l’auteure.

Publicités

Auteur :

Quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, le courant poétique s’est imposé comme le canal d’expression par excellence. En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » Désirant partager ma passion pour la lecture et l’écriture, j'ai créé en mai 2015 ce blog éponyme. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

6 commentaires sur « Quand le vice séduit la vertu »

  1. Bon jour,
    Dévergonder la vertu, c’est aussi se griser de l’interdit.
    Ne faudrait-il pas trouver un équilibre entre vertu et et vice ? Le vice n’est-il pas une certaine vertu qui change d’habit ? 🙂
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

Un p'ti mot pour me faire plaisir ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s