Publié dans Interviews

Interview d’un poète, Stevy Opong

Stevy Opong « Un seul Dieu tu aimeras et adoreras parfaitement.»
Mon père, j’aime Denise, je l’aime tellement
Si vous l’aviez vue, si vous aviez vu ma bien aimée
Peut-être me comprendriez-vous… J’ose l’espérer

« Vous ne vous prosternerez pas devant des idoles taillées »
Hélas mon Père, mon cœur git depuis longtemps à ses pieds
Et j’ai fait de chacun de ses désirs, mes devoirs au quotidien
Pour moi, avant elle, il n’y a rien ; après elle, il n’y a rien

Mon Père, j’ai péché

J’aurais bien voulu penser et écrire ces vers hélas…Ils ne sont pas de moi mais de Stevy Opong . J’ai découvert ces poèmes en 2013 et j’ai été subjuguée par sa plume, elle porte en elle le divin.

Je vous invite à le découvrir.

  1. Qui est Stevy Opong en quelques mots ?

Une imagination débordante passionnée d’écriture.

 

  1. Comment êtes-vous arrivé à la poésie ?

Au collège, j’avais deux amis qui écrivaient déjà des poèmes. Je suis tombé amoureux de leurs textes et je rêvais d’être capable d’écrire comme eux. Alors sans trop réfléchir je me suis lancé et depuis je ne me suis pas arrêté. La poésie est devenue mon principal passe-temps. Elle a même dépassé le dessin qui l’était au départ.

 

3.      Quelle est votre définition du « poète » ? 

C’est un rêveur dont le véritable talent demeure dans sa faculté de transmettre au lecteur ses songes. Bien plus encore, le propre du poète est de faire ressentir au lecteur des émotions que lui-même ne ressent pas forcément. C’est un mage.

 

4.      La poésie n’est pas un genre très plébiscité aujourd’hui. Quelle est la raison selon vous et que faut-il faire pour y remédier ?

La poésie ne fait que subir les conséquences d’un mal plus profond : le rationalisme exacerbé de notre époque. Les gens ne veulent plus rêver, se laisser emporter par leurs émotions et de quelques fois mettre leur raison en berne pour transcender. Or, l’imaginaire est la principale matière première de la Poésie. Ainsi, elle est vue comme de la rêverie, de simples « beaux mots ». Ce problème est aussi visible avec l’Amour, par exemple. On y croit de moins en moins, hélas.

A force d’intelligence, nous avons perdu en humanité. On apparente la sensibilité, être fleur bleue, à de la faiblesse. Or, sans cette part d’émotionnel, nous ne serions que des machines.

 

De plus, la poésie est victime d’un cliché : sa prétendue complexité. Rendez-vous compte, à l’école on étudie les textes de poètes qui datent d’une certaine époque. En général, du 19ème siècle ; l’âge d’or de la Littérature française. Ce sont des poèmes écrits avec des procédés stylistiques et un langage difficile à décrypter pour les néophytes. Du coup, les gens apparentent aussi la Poésie dans sa globalité à quelque chose de compliqué à comprendre.

Que faire pour y remédier ? Bah, s’adapter. Pas dans le sens où l’on devrait écrire des textes terre-à-terre avec du vocabulaire de clavardage ! Mais des textes un peu plus compréhensibles et qui parlent mieux à l’époque actuelle. Surtout éviter d’être pédant. Savoir à qui l’on s’adresse et essayer de détecter ce qu’ils attendent tout en demeurant fidèle à notre inspiration.

 

  1. « On ne peut trouver de poésie nulle part, quand on n’en porte pas en soi. » Que pensez-vous de cette citation de Joseph Joubert ?

Intéressante. Je suis en partie d’accord. Il faut déjà avoir une âme foncièrement poétique pour pouvoir lire ou déceler le caractère poétique d’une chose ou d’une œuvre quelconque. Cependant, je ne pense pas que l’on devienne poète. Nous sommes tous poètes quelque part. Mais comme toute aptitude humaine, pour qu’elle se développe il faut juste la travailler, l’affiner.

 

  1. Pouvez-vous nous parler de vos auteurs et livres préférés, les poètes qui influencent votre écriture ?

Je suis un romantique et un mélancolique. Donc mes auteurs préférés sont ceux qui s’identifient principalement dans ces styles. Je suis particulièrement fan d’Alfred De MUSSET, dont le texte « A Ninon » et l’Allégorie du Pélican restent mes favoris. Il y a aussi LaMARTINE, avec son fameux « Lac ». Et je citerai en dernier lieux deux poètes gabonais : Georges RAWIRI avec son poème « A ma mère » et Ndouna DEPENAUD avec… j’sais pas, il en a tellement de beaux.

En terme d’œuvres, les recueils que j’aime bien sont : « Les méditations poétiques » de De MUSSET, « Les Fleurs du Mal » de BAUDELAIRE et « Chants du Gabon » de Georges RAWIRI.

 

  1. Comment qualifierez-vous votre poésie ? (Engagée, classique, romantique, poésie d’évasion…)

Je suis surtout un romantique, surtout. Mais je ne m’impose aucune limite. Si l’on fouille bien, l’on trouvera dans mon catalogue au moins un poème qui s’inscrit dans chacun des styles que vous avez cités.

 

  1. Quel est le poème que vous avez écrit et préféré ? Pourquoi ?

 J’ai tellement écrit de poèmes que ça risque d’être compliqué de choisir. Je suis tenté de citer « Je penserai à toi », juste parce que je le trouve “beau“ et c’est celui qui me vient à l’esprit. Mais pour sa symbolique, je dirais « l’histoire d’Issa ». Ce poème revêt un caractère si important pour moi que je m’étais même juré de ne jamais le publier sur internet (au final, je l’ai publié…). C’est une histoire vraie qu’ont vécue des personnes qui me sont très proches. Et il est difficile pour un artiste de dévoiler au public un texte qu’il a écrit avec son cœur car il aura l’impression de se mettre à nu. C’est comme si le public disposait d’une fenêtre ouverte sur son âme. Bon, je vous préviens, il est assez long. C’est une histoire que j’y raconte, alors prenez votre souffle :

L’histoire d’Issa

Issa est belle, belle comme le jour
Belle mais timide, le regard nonchaloir
Elle marche, tête baissée, le pas court
Plongée dans ses rêves, matins et soirs

Issa est à peine femme, à peine
Ses nombreux prétendants lui font peur
De sa voix timorée, repousse leurs tentatives vaines
Car Issa n’aime que Penda, de tout son cœur

Elle, trésor reclus
Dans l’enclos de ses airs de coquette
Lui, charmeur reconnu
Dans la contrée collectionnant les conquêtes

Mais Issa aime Penda, elle l’aime ainsi

Penda le beau, grand, un peu imbu de lui
C’est un vrai jeune homme, estimé des anciens
Il serait l’homme idéal, un bon mari demain
Seulement, Penda se laisse charmer de peu
Par toutes les beautés qui lui caressent les yeux

Le prince d’Issa est ainsi, à son grand regret
Oui, Issa aime Penda, mais elle l’aime en secret
Car ses yeux qui brillent à toutes les beautés du ciel
N’ont encore hélas daigné se poser sur elle

Et Issa en souffre, elle souffre tout bas
Soupire à l’entente de son nom, au son de sa voix
Elle rougit et devient maladroite près de lui
Car Issa aime Penda, chaque jour, sans répits

C’est tellement difficile de se faire remarquer
Aux yeux de l’aimé. Issa le sait, elle a tout essayé
Mais Penda est un jeune homme beau, bouche fine
Il n’aime que les femmes, Issa est une gamine

Les semaines, les mois passent, Issa grandit
Et son amour pour Penda, le beau Penda, aussi
Mais Penda, le jeune collégien, l’ignore
Et Issa, l’écolière, souffre de son amour qui l’implore
Mais Issa aime Penda, demain elle l’aimera encore

Un soir calme, comme tout soir ordinaire
Issa rentre à la maison, après son bain à la rivière
Sur le sentier, marchant seule, elle ne remarque pas
Son beau Penda, qui la suit, marchant sur ses pas

Lui aussi, était à la rivière pour son bain de la soirée
Il rentre seul, et propose à Issa de marcher à ses côtés
Mais Issa ne sait quoi dire, son beau si près d’elle, là
Elle frissonne, bouillonne de l’intérieur, n’y crois pas

Issa n’en revient pas, son beau Penda lui parle même
Elle l’écoute, avale chacun de ses mots
Se garde de le fixer, mais comme il est beau !
Et lui ne se doutant pas, combien elle l’aime

Les jours qui suivent pour Issa c’est le paradis
Penda la connait, son beau Penda qu’elle aime tant
Hélas, pour lui, Issa la gamine n’est qu’une amie
Il ne ressent pas pour elle, ce que pour lui elle ressent

Ils rient ensemble, ils se fréquentent tout le temps
Elle espère entendre de Penda, un relent de sentiment
Mais leurs regards furtifs, sont des regards innocents
Elle rit avec celui qu’elle voit un jour devenir son amant
Mais Issa aime Penda, elle l’aime tellement

Les grandes vacances sont arrivées, Issa voyage
Elle sera éloignée de Penda longtemps, dommage
Mais Issa s’en va le cœur débordant d’amour
Et espère franchir le grand pas à son retour
Car Issa aime Penda, à un point inimaginable

Les vacances sont écoulées, retour aux cartables
Avec le temps, Issa est devenue une femme désirable
Ses pensées toutes les vacances se sont tournées
Vers Penda, le beau Penda, son bien aimé

Rencontre impromptue, un jour dans le village
Ils se retrouvent, semblent avoir pris de l’âge
Car Issa n’est plus gamine, mais désormais femme
Adieu les amitiés, une nouvelle relation s’entame

Penda a remarqué Issa, Issa la belle et l’aimable
Songe à elle, à son derrière ferme et ses seins galbés
Issa est désormais femme qui éveille des envies

Penda songe à Issa, pas comme à l’amie adorable
Mais comme à une femme dont il est attiré
Issa le sent, le voit dans ses yeux, l’attendait depuis

Alors Penda courtise Issa, la belle et douce Issa
La concurrence est rude, Issa est tellement désirée
Penda le sait, mais ignore que quoi qu’il en soit
Issa n’aime que lui, et continuera de l’aimer

Penda lui fait la cour, Issa repousse ses avances
Pour la conquérir, Penda piétine son arrogance
Il insiste en espérant un jour décrocher son cœur
Est-il vraiment amoureux ? Issa hésite, elle a peur
Même si Issa aime Penda, son prince charmeur

La réputation de Penda, son beau Penda l’effraie
De ses manilles, tellement de cœur paient les frais
Penda est un apollon qui use de ses forts charmes
Pour dompter les cœurs et séduire les femmes

Saura-t-il aimer Issa de la manière qu’elle espère 
La cajoler, l’emmailloter dans l’enclos de ses bras
Et la rassurer en lui soufflant des « je t’aime » tout bas ?
Comment savoir si ses belles avances sont sincères ?

Hélas Issa n’en saura rien, elle croit en son Penda
Penda est bon, jamais ne lui ferait du mal
Elle décide de se laisser emporter, pourquoi pas
Qu’importent les ragots, qu’importent les rivales

Alors Issa ploie aux avances de Penda, c’est fait 
Ils sortent ensemble, comme Issa l’espérait
Elle le dit à toute personne qui veut l’entendre
Penda est discret pour eux, se garde de l’étendre

Issa ne le lâche plus, c’est « son » Penda
Elle marche sur ses pas et ne conçoit pas
Qu’une autre s’approche de son beau copain
Sa jalousie est maladive, Penda est sien
Car issa aime Penda, ne le partagerait pour rien

Issa est belle, belle comme le jour
Elle n’a jamais connu d’homme encore
Mais est prête à livrer à Penda son trésor
C’est ainsi qu’elle le fit un soir, avec amour

Les années passent, leur couple est de tous connu
Qu’il la quitte maintenant, Issa ne l’envisage plus
Hélas, un grand malheur va tuer leurs habitudes
Manque de sous, Penda doit stopper ses études

Lui, l’élève modèle dont on sait un bel avenir
N’ira pas plus loin, dans la quête de son devenir
Issa voit son héros noyé dans le désespoir et la peine
Alors elle décide, de le libérer de ses chaines

Issa arrête ses études au collège, avant son amour
Elle s’en ira au marché vendre du manioc, des taros
Afin que son beau poursuive enfin son parcours
Sa famille se lève, n’est pas d’accord, c’est trop tôt
Mais elle aime Penda, et ferait tout ce qu’il faut

Issa est cultivatrice, aide au champ sa belle-mère
Désormais elle bêche et défriche sous le soleil amer
Le grand marché de la ville est son quotidien
Elle vend ses récoltes et donne à Penda ses gains

Même enceinte, Issa ne s’épargne aucun effort
Afin d’apporter des sous qui changeront leur sort
Issa donne naissance à un garçon, en quelques mois
C’est un petit ange qui apportera un peu plus de joie

Tout va, les difficultés d’Issa n’ont pas été vaines
Penda a eu son diplôme qui soulagera leurs peines
Bien que ce dernier tarde encore à trouver un travail
Issa ne désespère pas et prie afin que tout vaille

Ils doivent partir s’installer à la capitale
Car Penda espère y trouver un bel emploi
Cela tarde encore, mais Issa se convainc que ça ira
Et noie en elle toutes ses peines, tout son mal
Car Issa aime Penda, demain encore, elle l’aimera

Aujourd’hui Penda travail, Penda est un patron
Ils vivent le bonheur dans leur belle et grande maison
Leurs désormais trois enfants égaient leur demeure
Et plein d’espoirs d’avenir étreignent leur cœur

Hélas, les peines d’Issa ne manquent pas leur retour
Son beau Penda change, rentre plus tard tous les jours
Issa le connait, issa connait son homme, craint le pire
Elle couvre des peurs qu’elle se garde de lui dire
Car Issa aime Penda, vers lui se tournent ses désirs

Issa a enfin compris, son beau Penda est infidèle
Les enfants ne manquent de rien, elle s’en défend
Mais Penda est infidèle… c’est un bon père pourtant !
Il garde sur lui le soir les parfums de ses belles 

Issa en souffre, sa peine la ronge de l’intérieur
Quelle a été sa faute, quelle a été son erreur ?
N’est-elle plus aussi belle qu’en sa tendre jeunesse ?
Pourquoi donc son beau Penda lui refuse sa tendresse ?

Issa se confie, à cœur ouvert à ses fidèles amies
Elles lui disent « supporte, les hommes sont ainsi »
Sa famille la somme de quitter son infidèle mari
Mais Issa aime Penda ainsi ; et ce, pour la vie

Même si son beau Penda n’écoute pas sa douleur
Il fait fi de sa tristesse et de ses pénibles complaintes
Issa n’a connu autre homme que l’élu de son cœur
La douleur s’abat sur son foyer, et Issa est enceinte

Sa famille, ses amies lui disent de partir au loin
de quitter cet homme qui a oublié le travail de ses mains
Mais le refus d’Issa lui fait perdre certains des siens
Issa n’est pas naïve, elle est amoureuse et, à lui, tient

Oui Issa aime Penda, tellement, et par toutes les veines

Issa retient son cœur d’exploser de peine
Penda est son seul roi, mais lui a plusieurs reines
Il ne jette plus sur elle ses beaux regards de désir
Ne lui offre plus ses caresses qui donnent plaisir

Issa l’esseulée en souffre, terrible est son mal
Elle n’en peut plus, elle fait un scandale
Issa crie, injurie Penda, lance des jurons
Elle s’emporte, casse tout dans la maison

Cette réussite qu’elle a bâtie de ses mains rugueuses
En espérant qu’à jamais elle demeurera heureuse
Les marmots pleurent, violente est la dispute
Issa se surprend à dire « va-t’en rejoindre tes putes » !

Penda va trop loin, il veut une deuxième femme
Penda, le beau Penda, a des projets de polygame
Issa n’en peut plus, elle s’en va, plie ses bagages
Enceinte, laissant mari et enfants, court au village

Issa, au fond, ne veut partir ; cette maison est sienne
Elle espère juste que son beau, au bras, la retienne
Ou qu’il vienne la chercher au village, chez son père
Apportant avec lui son amour et des excuses sincères

Mais Penda la laisse s’en aller, sans même broncher
Issa jette un dernier regard à ses enfants entrain de sangloter
Penda lui tourne le dos, et ferme la porte derrière elle
Qu’elle s’en aille, il en a déjà trouvée une nouvelle
Même si Issa aime Penda, d’un amour réel

Issa pleure dans la rue, voit sa vie s’écrouler
Sans Penda, sa famille, quelle autre raison d’exister ?
A la gare, elle s’embarque dans une voiture
Direction le village, sans perspective future

La voiture démarre, et s’éloigne de la capitale
Peut-être au village, elle pourra noyer son mal
Mais au fond, elle espère le retour de son Penda
Une vie sans lui, elle ne l’imagine même pas

Sa vie, son passé, son présent, son future c’est lui
Ce Penda à qui elle s’est offerte la première fois
Elle espère encore qu’il courra à elle et s’excusera
Refaire sa vie ? A partir de quoi, à partir de qui ?
Car Issa aime Penda, et n’aimera que lui

La voiture avance, se balançant à gauche, à droite
Dans la tête d’Issa, de tristes pensées d’emboîtent
Les autres passagers indifférents n’imaginent pas
Que près d’eux se trouve un cœur qui se noie 

Soudain, la voiture de plus en plus fort dance
Elle ne tient plus sur la route, des cris s’élancent
Les mouvements sont brusques, le pire s’annonce
Un fort bruit ; puis le silence…

Le véhicule a roulé sur lui-même, de plusieurs mètres
Le choc est violent, roues en l’air, un survivant peut-être ?
Du sang partout, des gémissements de douleur ici et là
Issa est enceinte, qu’est-il advenue d’Issa ?

Elle gît dans une mare de sang sous la ferraille
Ses yeux sont ouverts, son crâne fracassé, rien qui vaille
Issa s’en est allée, avec on beau Penda dans les pensées
Au milieu de nulle part, se trouve son corps amoché 

Penda en ville sent un frisson le parcourir de la tête aux pieds
Il pressent un grand malheur, et songe à son aimée
Les enfants jouent dans la cours, n’imaginent pas le drame
Ils ont perdu leur mère, Penda a perdu sa vraie femme

A l’annonce, Penda sombre dans le chagrin, désemparé
« Non, Issa… où-es-tu Issa ? Pourquoi m’as-tu abandonné ?
Issa, ma femme, viens voir nos beaux enfants grandir »
Dit Penda, l’inconsolable, qui pleure en n’en plus finir

Plus rien n’a plus goût, il ne trouve plus le calme
La culpabilité le ronge. Il répète : « j’ai tué ma femme »
« Qu’ai-je fait ? Reviens Issa, ma femme, ma mère, ma sœur »
O combien Penda est triste ! O combien il regrette son erreur !

Penda a perdu sa vie, le beau Penda a perdu son amour
Il demeure silencieux, le regard dans le vide tous les jours
« Je veux voir Issa, où-est-elle » s’exclame-il de douleur
A aucune autre dans sa vie, il jura d’offrir son cœur 

C’est ainsi que prend fin l’histoire d’Issa 
Vous, écoutez son histoire, celle du sacrifice de soi
C’est cela, vivre et mourir par amour
Tout donner, sans rien attendre en retour

Issa s’en est ainsi allée, tel était on sort
Car Issa aimait Penda, elle l’a aimé jusqu’à la mort…

© Janvier 2013

 

 

  1. Certains de vos poèmes sont consacrés aux femmes. Que représentent-elles pour vous ?  

S’il fallait dessiner la poésie, elle aurait l’apparence d’une femme. La femme, en elle-même, est l’aboutissement ultime de l’expression poétique. C’est la plus belle créature qui existe, et pas que physiquement, et la plus complexe qui soit. Mieux, je l’aime, la femme. C’est donc normal qu’elle soit ma Muse !

 

  1. Vous écrivez depuis des années mais vous n’avez pas encore publié. Est-ce un choix délibéré ? 

Cette question m’est très souvent posée. Effectivement, je ne suis pas encore édité. Et oui, c’est délibéré. S’il fallait couper court, j’aurais dit que c’est parce que ça ne m’intéresse pas. J’ai reçu (et reçois encore) des offres de quelques éditeurs, que je décline au final. Et je vais tenter d’expliquer pourquoi :

  1. Ça ne me dit rien, comme dit précédemment. Je ne vois pas ce que ça m’ajouterait qui me manque. La petite communauté de lecteurs que les réseaux sociaux m’ont permis de me construire me suffit. C’est même déjà au-delà de mes espérances.
  1. J’écris pour moi, juste pour moi. L’écriture est pour moi une espèce de délire, un passe-temps, rien de plus. Vous voyez, cette pizzeria qui cuisine encore ses pizzas selon les méthodes du terroir, dont les pizzas sont très appréciées mais qui refuse de s’industrialiser ou d’ouvrir une chaîne de restaurants qui ferait gagner au propriétaire des millions ? Bah, c’est moi. Je reste fidèle à comment tout a commencé. Je ne suis intéressé ni par l’argent, ni par la notoriété. Et si un ami ne m’avait pas convaincu de créer une page, mes poèmes seraient encore dans mon ordinateur avec pour seuls lecteurs quelques amis qui aiment et surtout sont au courant de ce que je fais. Car beaucoup de mes amis ne savent même pas que j’écris. Parfois, quand ils apprennent que j’ai une page qui marche assez bien sur Facebook ils n’en croient pas un mot car dans mon quotidien, avec mes proches, l’écriture n’existe pas. Mes liens avec la poésie sont personnels et j’aimerais que ça le demeure… malgré la page.
  2. Certaines maisons d’édition m’ont proposé des contrats, mais vraiment, insultants. Soi-disant je ne suis pas encore connu et donc je ne peux bénéficier de certains privilèges d’auteurs déjà publiés. Ça peut se comprendre. Mais d’un autre côté, quand c’est vous qui venez à moi, il faut quand même proposer une offre qui ne me donne pas l’impression d’être rabaissé au niveau d’un lombric !

L’argument qu’on me sort souvent est celui relatif à la protection de la propriété intellectuelle. Mes œuvres seraient plus protégées, etc. C’est vrai. Mais moi je n’ai pas peur qu’on me vole ! C’est déjà plusieurs fois arrivé. Si vous tapez un extrait d’une de mes lettres ouvertes sur Google vous trouverez plein de sites qui les ont partagées sans citer la source ! D’autres vont plus loin en modifiant légèrement le texte et en y ajoutant leur propre nom comme auteur ! Une petite polémique a d’ailleurs un jour éclaté sur ma page avec une lectrice au sujet du texte « L’histoire d’Issa » justement. J’ai publié ce texte sur Facebook pour la première fois en 2013. Il a donc fait un bon bout de chemin sur le net depuis. Environ un an plus tard, je le publie à nouveau sur ma nouvelle page « Stevy Opong Officiel ». La lectrice en question est venue crier au plagiat parce qu’elle avait déjà lu ce texte “quelque part”. Bon, ça a fait tout un désordre, vous voyez le truc… J’ai dû allez chercher le lien de la page sur laquelle j’avais publié le texte pour la première fois en 2013 ! Bref. Au début j’en ai souffert. Au point où ça avait affecté mon inspiration et j’avais du mal à écrire. Puis, j’ai compris qu’ils peuvent voler mes textes mais pas mon imagination, ni mon petit talent. Alors qu’ils prennent ! C’est eux les misérables, pas moi. J’écris, ceux qui aiment aimeront. C’est tout.

 

  1. Si vous ne deviez retenir qu’un mot de la langue française ?

Idyllique.

  1. Un petit mot de fin ?

Je remonte le questionnaire et je me rends compte que j’ai beaucoup écrit hein ! Sorry. Je suis comme ça, une vieille habitude.

Cela dit, je suis ravi d’avoir été invité à répondre à ces questions. La poésie n’est pas morte. De toute façon, tout est Poésie. Et votre blog contribue à le rappeler. Donc, merci et bon courage !

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Auteur :

Quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, le courant poétique s’est imposé comme le canal d’expression par excellence. En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » Désirant partager ma passion pour la lecture et l’écriture, j'ai créé en mai 2015 ce blog éponyme. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

7 commentaires sur « Interview d’un poète, Stevy Opong »

  1. Avoir un aussi grand talent et le garder pour soi est un crime, voila ce que je pense. À l’instar d’un médecin dont la vocation est de guérir, la tâche du poète est de ravir l’esprit, de combler l’âme, de traduire en mot cette part de l’Homme qui ne peut se satisfaire du réel seul.
    Pour le reste, je dirais que j’ai déjà lu ce poème quelque part, et que les sentiments qu’il suscite sont les mêmes que naguère : quel ingrat ce Penda ! Et pauvres enfants ! Je ne le plains pas, il n’a que ce qu’il mérite.

    Aimé par 2 people

  2. Nous sommes stocké oh! à la découverte de personnes proche de nous! super! Mais je dis oh Alfred de Musset là c’est qui même!? nous on connait les Gnahoré Gbapiè, Ba Zahon gagagagaga! Courage ma poétesse! Nous te suivons avec plaisir…

    Aimé par 2 people

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