Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Le cauchemar débute à midi – Catherine Mottier

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Un maître d’œuvre séduisant, une voyante exubérante, d’affreux vieillards, un trésor caché, un énigmatique jardinier… Tout cela sort-il de l’imagination de Jeanne, mère de famille et architecte désoeuvrée, dont l’existence est alors bien monotone ?

Que va-t-elle trouver quand un riche client lui propose ce projet de rénovation ? Une stimulation professionnelle, la grande aventure, l’amour peut-être ?

Le mystère est opaque et cache des choses bien plus terribles. Ce qui est sûr, c’est que ce jour là, à midi, tout a basculé…

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La vie de Jeanne est monotone, ses journées se ressemblent. Son mariage a perdu l’extase des premiers jours, elle fantasme d’abord sur le beau brun, le père d’un ami de classe de son fils puis sur Gabriel, un maître d’oeuvre rencontré dans le cadre d’un projet de rénovation d’une ferme.

Quand Gabriel s’interroge sur les motivations de Guy Julien, le riche homme qui veut faire la rénovation de cette ferme et raconte à Jeanne l’histoire de la ferme, mon coeur frémit. Je m’attends à un roman d’épouvante. Mon intérêt pour l’histoire s’accroît. 

Gabriel ne lui répondit pas et, tout en continuant à marcher dans la cour, il lui conta
la suite.
– On dit qu’à midi précise, leurs fantômes apparaissent, la vieille est devant son réchaud, elle s’apprête à battre les oeufs, on la voit de dos le fouet à la main, le vieux lui, attend son omelette, il est assis à table et se boit un petit calva, le temps que ce soit prêt.
Tous les jours, à cette même heure depuis trente ans, ils sont là dans la cuisine, et répètent inlassablement la même scène. Parfois c’est à peine perceptible, le verre de calva est
déplacé sur la table, le lundi, il est juste devant l’assiette, le mercredi, légèrement à sa gauche, le vendredi à droite, et le lundi suivant, il est de retour à sa place initiale. Et le vieux qui a la tête baissée, le béret enfoncé sur le crâne, prend son verre, le lève comme s’il allait trinquer et il relève alors la tête. Il a son sourire de dents cariées et un regard haineux, la vieille se retourne tout doucement, le fouet dans la main et là, il ne faut jamais, jamais croiser leur regard.

 

 

Le récit se poursuit, le roman d’épouvante se métamorphose en romance, une romance décrite dans les règles de l’art mais qui m’ennuie un peu. Je veux de l’action.

Gabriel a l’air d’aimer les histoires dramatiques et rocambolesques, les histoires de lieux hantés par des revenants et ne se lasse pas de les raconter à Jeanne. L’histoire de la veuve du notaire Marlaska et la malédiction de la pharmacie Pujaul sont elles réelles ? Qui est réellement Gabriel, cet homme aux innombrables métiers ? Que recherche Guy Julien en rénovant la ferme ? Qui est-il vraiment ? Que signifient les cauchemars de Jeanne ? Ces interrogations me laissent dans la confusion. 

A la 139e page, je suis enfin servie ! L’action est de nouveau au rendez-vous ! Le suspense s’accroît. Les apparences sont trompeuses, les personnages ne sont pas ceux qu’on croit… 

Le mystère s’épaissit, les rebondissements s’enchaînent, il faut rester concentré pour ne louper aucun indice susceptible de résoudre le mystère. 

L’auteur avec son style non alambiqué a  relevé le défi de construire une histoire pleine de surprises. Les descriptions sont bien élaborées, on sent bien que l’auteur s’y connaît en terme d’architecture. Au point final du livre, on ne regrette pas de s’être lancé dans cette aventure (même si la fin est un peu abrupte). 

Bravo à l’auteur. 

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  • Date de parution : 20/04/2016
  • Editeur : Edilivre
  • Collection : Classique
  • Nombre de pages : 316
Extrait 

 

De quel droit son architecte était-elle à même de juger de l’importance d’un projet ?
En quoi la commande de cette pétroleuse juchée sur talons aiguilles, pouvait-elle être plus urgente que son propre projet ? A part l’appât du gain, il ne voyait pas quel intérêt présentait ce travail ridicule, était-ce digne d’une architecte ? Non, la déception était d’autant plus grande que celle-ci lui avait semblé si talentueuse. Quand il comprit qu’elle ne recouvrirait pas la voie de la raison, il entra dans une fureur noire et il eut bien du mal à contenir sa colère. Il prit sur lui et, envisager la punition adéquate réussit enfin à le calmer et même à l’enchanter. Il la convoqua une dernière fois dans sa propriété et après qu’il se soit assuré qu’elle ait bien pris conscience de ce à quoi elle devait s’attendre et qu’elle ait suffisamment de temps à méditer sur sa grossière erreur, il la mit à rôtir dans le four du boulanger. Après cela il se rendit au domicile de la bourgeoise afin de lui régler son compte. Juste avant de l’étrangler, elle l’avait imploré de lui laisser la vie sauve. Mais pourquoi donc ? Pour qu’elle continue à enquiquiner le monde à se donner des grands airs ? Elle avait saboté son projet en enrôlant son architecte dans une rénovation prétentieuse et inutile, alors elle aussi devait en payer les conséquences. Avant de quitter les lieux, il avait pris soin d’imiter à la perfection une scène de cambriolage en effectuant un véritable carnage dans son salon blanc immaculé.
Il s’était bien servi au passage et aujourd’hui encore il profitait de son butin. Même s’il éprouvait un certain contentement au souvenir de leur regard terrorisé avant de mourir, il n’oubliait pas l’outrage qu’elles lui avaient fait subir et ne supporterait pas que cela se renouvelle. Avec la prochaine il saurait se montrer intransigeant et impitoyable, car il n’y avait pas de place pour la médiocrité dans sa création.

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Auteur :

Quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, le courant poétique s’est imposé comme le canal d’expression par excellence. En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » Désirant partager ma passion pour la lecture et l’écriture, j'ai créé en mai 2015 ce blog éponyme. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

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