Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Maman a un amant de Calixthe Beyala

Holà les amis ! Je continue ma découverte des œuvres ayant reçu des prix littéraires. Le lauréat à l’honneur aujourd’hui est Maman a un amant de Calixthe Beyala, Grand prix littéraire d’Afrique noire 1994.

Résumé de l'oeuvre

« On m’appelle Loukoum et j’ai maintenant douze ans. Depuis Le petit prince de Belleville, beaucoup de choses ont changé : j’ai une nouvelle maîtresse, je parle beaucoup mieux le français, je suis plus que jamais amoureux de Lolita, mais la vie n’est pas tous les jours facile.

Surtout quand maman décide de prendre un amant, un Blanc par-dessus le marché, et qu’elle se met à vouloir apprendre à lire et à écrire.

La liberté des femmes, c’est de la mauvaise graine. Elle pousse n’importe où, même entre leurs cuisses. C’est mon papa qui le dit. Et quand tout Belleville a appris la nouvelle, il n’a pas été le seul à le penser. Les Nègres en sont restés la langue dehors, les yeux sortis de la tête… Mais je vais tout vous raconter… » 

mon-avis-de-lecture

Ah, Loukoum, quel garçon observateur et loquace ! Il nous raconte tout ce qui se passe dans les rues de Belleville et le ressenti des blancs vis-à-vis des immigrés africains.

Tout ce qui les intéresse, c’est de savoir si la crise va prendre fin, si les Nègres vont rentrer chez eux, s’il n’ y aura plus de chômeurs en France. Je me demande bien s’ils seront plus heureux quand ils auront tout cela.

Il nous présente la communauté africaine de son quartier qui vit en France comme elle vit en Afrique et les personnages pittoresques du café de Monsieur Guillaume, la belle tribu nègre : Monsieur Kaba, Tatiana, M’amzelle Esther et bien d’autres que je ne peux pas tous vous citer avant l’an 2000 (parole de Loukoum).

Avec son langage familier teinté d’humour, il nous présente ses premiers émois de jeune adolescent, son grand amour Lolita et surtout la nouvelle qui a créé une certaine sensation, dégringolé les escaliers : sa mère adoptive a un amant.

M’am n’est pas député. Elle ne peut pas se mouiller et rester au sec comme bébé Pampers. 

Loukoum nous raconte comment il a vécu la trahison de sa mère, comment son père l’a aussi vécu.  La belle tribu nègre s’en est aussi mêlée. Les africains prennent à cœur les problèmes de leurs compatriotes surtout quand il s’agit de l’infidélité d’une femme. 

Ce récit évoque l’image et le rôle de la femme dans la société africaine. Une société toujours prête à accuser la femme de tous ses maux, une société qui soustrait les fautes des hommes et multiplie celles des femmes.

La femme n’est bonne qu’à faire à manger, faire le ménage, éduquer les enfants et donner du plaisir à son homme. Basta ! Ce qu’elle désire, ce dont elle a envie ne doit pas dépasser le stade de ses pensées.

« La femme est née à genoux aux pieds de l’homme. Une évidence inscrite autant qu’une liberté. »

Les hommes ordonnaient : « Prends-donne-fais » Les femmes obéissaient. Ainsi allait la vie. 

Une femme devrait porter son mari inscrit sur son visage ou l’annoncer à travers sa première poignée de main.

 

 

– Arrête ton char ! Les gens ont autre chose à faire que de s’occuper de ce qui ne les regarde pas. Nous vivons dans un monde où chacun se cherche : les fourmis, les abeilles, les fonctionnaires et même les femmes mariées…

– Etienne, a fait M’am. Réfléchis avant de dire des âneries. Pour moi, une femme qui se moque de c’que peuvent bien penser les autres, c’est un mystère ou une putain !

 

M’ammaryam, cette femme stérile qui éduque les enfants de son époux, ne sachant ni lire ni écrire se rebelle à sa façon. Elle va chercher ailleurs l’amour et le désir que son homme lui refuse. M’ammaryam va découvrir l’amour dans les bras d’Etienne. Cet amour illégitime mais si tendre et tout ce qu’il a suscité en M’ammaryam m’a touchée. J’ai apprécié la poésie qui émanait de ses mémoires :

J’ai rencontré un homme, mon amour. Un amour comme une saison tardive de fraises et de cerises, puis des confitures soigneusement préparées pour l’hiver. Cela me tient chaud. Dieu merci, cette rencontre chasse l’angoisse passée. La vieillesse n’a pas plus de suite que l’enfance […] La douceur d’aimer remonte, le sourire reprend sur mes lèvres. C’est un rêve, d’autres folies, une fugue, peut-être. […] Comment concilier ma vie avec Abdou et celle de mon amour ?

 

Ce récit montre ce qu’une mère est prête à sacrifier pour ses enfants. 

J’ai beaucoup apprécié ma lecture pour les thèmes abordés et le procédé narratif. Loukoum m’a fait penser au narrateur de Demain, j’aurai vingt ans ou encore l’enfant-soldat Birahima.  

Il y a quelques termes assez crus mais bon c’est l’effet Calixthe Beyala. 🙂

Christmas

  • Broché: 299 pages
  • Editeur : Albin Michel
  • Date de publication: 5 mai 1993
  • ISBN-10: 2226063986
  • ISBN-13: 978-2226063984

 

Avez-vous lu des récits dont le narrateur est un enfant ?

signature coeur graceminlibe

 

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Auteur :

Quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, le courant poétique s’est imposé comme le canal d’expression par excellence. En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » Désirant partager ma passion pour la lecture et l’écriture, j'ai créé en mai 2015 ce blog éponyme. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

2 commentaires sur « Maman a un amant de Calixthe Beyala »

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