Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Bienvenue au village de fantômes avec Pedro Paramo

En 2018, je lis de la littérature sud-américaine et le bal s’ouvre avec Pedro Paramo ! 

 

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On l’a lu d’abord comme un roman  » rural  » et  » paysan « , voire comme un exemple de la meilleure littérature « indigéniste ».
Dans les années soixante et soixante-dix, il est devenu un grand roman « mexicain », puis « latino-américain ». Aujourd’hui, on dit que Pedro Paramo est, tout simplement, l’une des plus grandes œuvres du XXe siècle, un classique contemporain que la critique compare souvent au Château de Kafka et au Bruit et la fureur de Faulkner. Et pour cause : personne ne sort indemne de la lecture de Pedro Paramo.
Tout comme Kafka et Faulkner, Rulfo a su mettre en scène une histoire fascinante, sans âge et d’une beauté rare : la quête du père qui mène Juan Preciado à Comala et à la rencontre de son destin, un voyage vertigineux raconté par un chœur de personnages insolites qui nous donnent à entendre la voix profonde du Mexique, au-delà des frontières entre la mémoire et l’oubli, le passé et le présent, les morts et les vivants.
Cinquante ans après sa parution, voici enfin, d’après le manuscrit original, le grand roman de Juan Rulfo tel que l’auteur l’avait rêvé et conçu.

mon-avis-de-lecture

Maisons vides, portes défoncées envahies par la végétation, rues désertes, village silencieux qui semble abandonné.

Maintenant, j’étais là, dans ce village sans bruits. J’entendais mes pas frapper les pierres rondes qui pavaient les rues, mes pas résonnants, dont le bruit était répercuté par les murs que colorait le soleil du soir.

 

Notre cher ami Juan, grâce à qui nos pieds ont foulé ce village, rencontre Eduviges Dyada. Le village est bien habité mais par des morts, des âmes errantes… 

« Ce village est plein d’échos. Ils semblent avoir été reclus au creux des murs ou sous les pierres. Quand on marche, on a l’impression qu’ils vous emboîtent le pas. On entend des craquements. Des rires. Des rires très anciens, comme lassés de rire. Des voix usées d’avoir trop servi. On entend tout ça. Je crois qu’un jour viendra où ces bruits s’éteindront »

Ces âmes errantes confient la pénibilité de leur vie. Leurs vies ont été acides, elles ont oublié le goût des choses douces. 

– Morte ? Et de quoi ?

– Je l’ignore. De tristesse ? Elle soupirait beaucoup.

– Ça, ce n’est pas bon. Chaque soupir est un souffle de vie dont on se défait.

 

extrait pedro paramo juan rulfo

 

Elles vont également confier à Juan des morceaux de vie de son père Pedro Paramo. Cet homme a régné en maître sur le village. Avare, rancunier tenace, machiavélique et sanguinaire, il est.

 

Le réalisme magique de cette oeuvre est fascinant. Il est difficile de dissocier l’illusion du réel. Il est aussi effrayant. Rencontrer toutes ces âmes errantes pendant la lecture donne la chair de poule, les amis.

La mort est omniprésente dans ce roman. Elle est préférée, adulée, magnifiée. 

Y a-t-il réellement une vie après la mort ? L’au-delà est-il sur terre ou ailleurs ? Pourquoi ne peut-on pas mourir quand on le veut ?

Cette oeuvre pose des questions existentielles. Juan Rulfo y traduit également les croyances mexicaines : leur attachement à la religion comme à la mort en usant d’une plume poétique.

J’ai apprécié ma lecture même si j’ai connu l’égarement à certains moments. La faute à la multiplicité des personnages éphémères et au fait que Pedro Paramo soit raconté par fragment, sans ordre chronologique. 

Certains passages étaient confus : Pedro Paramo a-t-il été assassiné ? Juan est-il mort lui aussi ? 

J’attends donc patiemment que vous lisiez ce roman, vous pourrez sans doute m’éclairer. 🙂

GM signature

 

 

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Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

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