Publié dans Arrêt sur une oeuvre

L’utopie des fous de Anthony Boucard

Roman concourant au Prix des Auteurs Inconnus 2019, catégorie « littérature blanche »

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« Pas un seul jour n’est passé sans que je ne vienne à toi, que je ne te fasse la cour, que je me jette à tes pieds pour éprouver ton amour et me faire aimer. Si je ne le faisais pas, c’est toi qui m’approchais. Lorsque nous nous croisions, nos yeux se retrouvaient et disaient ce que ton raisonnement ne pouvait comprendre. C’est ainsi, c’était inscrit dans ton sang et dans ta peau, comme cela l’était dans la mienne. Nous étions condamnés à nous aimer comme tu l’étais à m’oublier.»

C’est sur ces notes d’amour tendres que débute le roman. Ces mots, Marius Dupont, septuagénaire, les adresse à Jeanne Roland, l’amour de sa vie depuis l’adolescence.

Ils sont au foyer psychiatrique des Landes depuis près de 45 ans. Jeanne est amnésique. Quant à Marius, il affirme qu’il est fou sans donner de précision sur son mal.

Un soir, ils quittent le foyer. Marius est en possession de ciseaux de couture qui lui ont été donnés par Angèle, employée dans l’établissement depuis les années 60.  

Qu’est-ce qui a bien pu pousser Angèle à faire cela ? Que compte faire Marius avec ces ciseaux ?

Les questions du présent ont leurs réponses dans le passé.

On fait un bond en arrière, à l’été 44.

La France est occupée. Sur les terres séquestrées du sud Touraine, certains comptaient les jours avant la libération en priant que rien ne leur tombe sur la tête. D’autres se battaient, pour ou contre, en uniforme ou en civil, avec plus ou moins de conviction. Ils étaient français ou allemands, embarqués dans la même guerre.

Dans ce climat hostile de la seconde guerre mondiale, Jules Bréhant, 16 ans et Jeanne Roland, 14 ans s’aiment. Le père de Jeanne ne veut pas entendre parler de cette relation car le père de Jules est un collabo. Nos deux tourtereaux s’aiment donc en secret dans ce climat de suspicion et de méfiance instaurés par la guerre.

Dans l’horreur, jaillit l’écho de cet amour juvénile, vécu avec impétuosité. Un amour arrêté en plein élan à cause des affres de la guerre puis repris sous une autre forme.

 

A travers les yeux de Jeanne et Jules, l’auteur décrit les conséquences de la guerre sur le plan individuel, familial, communautaire et national.

Je lui racontai comment les habitants des villages redistribuaient leur amitié en fonction de leurs convictions ou de leurs intérêts, comment les amis du passé devinrent des ennemis pour de la viande, pour du beurre, pour un salut à l’occupant ou pour une résistance porteuse de représailles.

 

Chacun des bourreaux s’affairait à sa tâche comme si les rôles avaient été distribués et répétés longtemps à l’avance. Tous opéraient comme dans un rituel religieux au nom d’une patrie, d’un devoir ou de la morale.

Il n’y a pas de bons ni de mauvais dans les guerres. Il y a seulement des hommes qui font des choix. Et eux ont choisi d’être des assassins. Lorsqu’ils tirent sur nos soldats, ce n’est pas pour se défendre, c’est juste pour tuer de l’Allemand, des hommes qui font seulement leur devoir.

L’auteur nous fait réfléchir en nous plongeant dans l’horreur de la guerre, la violence sans nom. Dans une guerre, la bonté et le mal ne se trouvent-ils que dans un seul camp ?

Il nous fait également réfléchir sur les conséquences des choix que nous faisons sous l’influence de la colère, la frustration.

Très sceptique sur ce roman lors des présélections du prix, je l’ai finalement apprécié. C’est une sympathique découverte. 

Le procédé narratif rend l’oeuvre agréable à lire malgré son côté dramatique, mélancolique. L’auteur fait des allers-retours entre le présent et le passé et alterne les narrateurs. Les 32 chapitres formant la charpente du livre sont plutôt courts et donnent du rythme à l’histoire. Le niveau de langue est approprié au contexte de l’œuvre, le vocabulaire varié mais il  y a malheureusement énormément de descriptions pour la plupart inutiles qui alourdissent le récit.

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GM signature

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Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

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