Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu…

Couverture Mais leurs yeux dardaient sur Dieu

« J’aime ce roman comme aucun autre. » Zadie Smith
« Le plus beau roman d’amour de tous les temps. » Oprah Winfrey
« Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est de la même envergure que les œuvres de William Faulkner, F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway, celle de la vraie littérature américaine. » Saturday Review

Il m’a été difficile de résister à ce roman après avoir lu toutes ces éloges sur le site de l’éditeur Zulma.

mon-avis-de-lecture

Le récit a d’abord pour cadre Eatonville, localité du comté d’Orange en Floride. Elle est l’une des premières communautés afro-américaines formées après la Proclamation d’émancipation de 1863.

Le nom de la localité vient de Josiah C. Eaton, un propriétaire blanc qui avait souhaité vendre des terrains pour que les Afro-Américains puissent créer une cité noire.

Le 1er chapitre évoque une femme afro-américaine d’environ 40 ans du nom de Janie Crawford. Elle est de retour à Eatonville, ville qu’elle a quittée il y a quelque temps avec son 3e mari. Pourquoi revient-elle seule ? Les habitants de la ville jacassent. 

Alors se mirent à mâchonner l’arrière-fond de leurs pensées pour déglutir avec délice. Firent de leurs interrogations des assertions brûlantes, de leurs rires des armes meurtrières. Une cruauté de masse. Les humeurs prenaient vie. Les Mots marchaient sans maîtres ; déambulant ensemble comme les harmonies d’un même chant.

Janie va se confier à son amie de longue date Pheoby. Elle nous embarque dans un long flash-back où en 20 chapitres on découvre ses trois vies.

Trois mariages, trois hommes. Avec le premier, c’est un mariage arrangé, un mariage sans amour avec un vieux fermier. Il perçoit Janie comme une aide domestique. Un mariage qui va devenir une prison d’où elle va s’échapper pour un autre homme. Un homme ambitieux qui lui promet de l’élever au rang de dame :

Le jour que tu vas mettre ta main dans la mienne, plus jamais je vais laisser le soleil descendre sur nous en célibataires. Moi chuis un homme avec des principes. Toi t’as jamais connu c’est quoi d’être traitée comme une dame et moi je veux être celui-là qui va te montrer.

Janie est excitée de connaître cette nouvelle vie, part avec son nouvel amour à Eatonville. Au fil du temps, elle déchante. Son mari veut faire d’elle une femme soumise, Ce mariage se révèle être pire que le précédent. Elle envisage de partir mais se ravise.

De temps à autre elle songeait à une route de campagne au soleil levant et se voyait prenant la fuite. Vers où ? Vers quoi ? Et puis elle songeait aussi que trente-cinq c’était deux fois dix-sept et que plus rien n’était pareil.

 

Au moment où elle ne l’espère plus, l’amour survient. Janie rencontre un homme d’environ quinze ans son cadet, un vagabond. Elle veut l’épouser, partir avec lui. On est du même avis que Pheoby, cette relation ne rime à rien. On est sûr qu’elle va encore se cogner la tête contre les murs. Et on est agréablement surpris car Janie va connaître le mariage qu’elle a toujours désiré. Un mariage avec ses hauts et ses bas où son homme la valorise, ne la confine pas aux tâches domestiques, la laisse s’exprimer, être elle : une femme libre. Il lui avait fallu sortir de ses mariages pour se sentir libre mais plus maintenant.

 

Mais si tout se passe bien pourquoi revient-elle seule à Eatonville ? Je ne vous dirai rien. Vous aurez la réponse en lisant le livre ou en allant sur Wikipédia. 😀

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est le parcours d’une femme en mouvement, une femme qui s’interroge, une femme qui cherche l’amour. 

Ce n’est pas le roman à lire absolument avant de mourir mais il est intéressant. Il évoque l’émancipation d’une femme, les relations homme-femme, la ségrégation, les divisions entre les Afro-Américains à la peau claire et ceux à la peau plus foncée.

Petite mise en garde : ce roman n’est pas aisé à lire. Les personnages usent d’un langage vernaculaire, un argot américain qui donne des céphalées à la première lecture. Je n’ose pas imaginer le travail colossal de traduction de Sika Fakambi. Je me demande en combien de temps elle l’a traduit. 

Si le langage utilisé peut être un point faible, les différentes émotions entremêlées dans le roman viennent le neutraliser. J’ai beaucoup apprécié l’humour contenu dans ce roman 

Libérer ce mulet comme t’as fait, ça fait de toi un bigre de grand homme. Un comme George Washington ou Lincoln. Abraham Lincoln y avait les États-Unis à diriger tout entiers, fait que lui y a libéré les nègues. Toi t’as une ville, fait que t’as libéré un mulet. Faut ça que t’ayes du pouvoir pour libérer les choses, et donc ça fait de toi que t’es comme un genre de roi ou quèque chose. »

 

Un amour interdit Alyssa Cole

Il est des années faites pour poser les questions et des années faites pour y
répondre.

Pour acheter le roman, cliquez ICI

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Bon lundi de Pâques à tous !

 

 

 

Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

2 commentaires sur « Mais leurs yeux dardaient sur Dieu… »

  1. J’ai pensé a ce livre toute la journée car le titre en anglais And their eyes were watching Gode, est approprié a une situation que nous vivons actuellement au Gabon. Quand j’ai acheté le livre il a une quinzaine d’années, le titre avait été traduit en français par « une femme noire »
    J’ai adoré ce livre.
    Parfois je le relis tranquille pour renouer avec la mélodie entraînante de l’histoire.
    A garder absolument dans sa bibliothèque.😍

    Aimé par 1 personne

    1. Effectivement, Zulma l’a réédité avec un titre différent. 🙂 Je ne suis pas l’actualité du Gabon en ce moment. J’espère que tout se passera pour le mieux. Merci pour le commentaire et le partage de mon article sur Homicides 241 🙂

      J’aime

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