Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La folie était venue avec la pluie

Cette année, je n’ai fait que quelques heures au Salon International du Livre d’Abidjan et j’ai mis ce temps à profit pour acheter les livres d’ailleurs à l’instar de La folie était venue avec la pluie de Yanick Lahens.

La folie était venue avec la pluie

 

Les nouvelles de Yanick Lahens racontent la vie quotidienne haïtienne sans la ménager –avec toute la violence, la misogynie et la misère dont ses récits attestent. Mais, il y a aussi chez elle ce refus qui fait l’espoir. Même s’il ne s’agit que de l’échappée belle de la jeune protagoniste dans la nouvelle éponyme du présent recueil, lorsqu’elle proteste : « la première fois, je ne voudrais pas que ce soit Obner ». Et moi non plus, je ne le voudrais pas. De tout mon cœur. Pour une fois que ce ne soit pas une histoire de viol. Pour une fois. « J’ai douze ans et je me sens forte et belle ». Carolyn Shread

 

l'Afrique écrit

Huit nouvelles, d’environ une quinzaine de pages chacune, montrent une population désœuvrée, vaincue, marquée par la pauvreté et la violence.

L’auteure ne nous cache rien. Transparente, elle expose la nudité de ce pays. On n’a pas idée de la violence qui y règne en maître. Les relations homme-femme sont celles que l’on retrouve un peu partout dans le monde. Les femmes vues comme un objet sexuel, considérées comme des êtres inférieurs à l’homme.

J’ai beaucoup apprécié la nouvelle trois morts naturelles pour sa narration à la deuxième personne. J’ai un gros faible pour ce type de narration.

J’ai été charmée par la belle écriture de Yanick Lahens mais la lectrice exigeante que je suis attendais plus des nouvelles. Je m’attendais à des nouvelles plus poignantes, à des chutes plus saisissantes.

 


 

En cherchant des informations sur l’éditeur, j’ai appris que Yanick Lahens a été invitée à occuper la Chaire Mondes francophones du Collège de France pour l’année 2018-2019. Elle est la première personnalité à animer cette chaire qui entend mettre en avant toute la pluralité, la diversité et la richesse de l’espace francophone.

La leçon inaugurale a pour thème : « Urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter ». J’ai écouté et ai été bluffée par le bagage littéraire de cette auteure fière de son pays et sa littérature.

Les cours intitulés « Haïti autrement » sont au nombre de sept. J’ai écouté trois cours qui m’ont permis de mieux comprendre l’évolution et les contours de la littérature haïtienne.

Entre l’ancrage et la fuite

Haïti dans l’imaginaire des autres

La littérature de la diaspora : j’ai découvert des noms d’auteurs, les lieux vers lesquels ils ont immigré : Afrique, Amérique, Europe. J’ai découvert notamment Roger Dorsinville qui situe l’Afrique au centre de l’éthique et de l’esthétique de ces textes.

Son exposé sur René Depestre m’a donné l’envie de découvrir deux de ses recueils de nouvelles.

extrait cours yanick lahens college de france

 

Le 20 Juin prochain, il y aura le colloque. N’hésitez pas à y aller si vous pouvez ou à écouter les rediffusions.

 

GM signature

 

 

 

 

 

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Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

9 commentaires sur « La folie était venue avec la pluie »

  1. Ça m’intéresse beaucoup, content de retrouver un autre style. J’aime beaucoup tes chroniques mais les romans d’amour je n’en pouvais plus 😊 J’enregistre tout ça. Merci, merci

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  2. Merci beaucoup pour cette chronique et pour les informations complémentaires ! *.* Je voulais justement m’intéresser courant de l’automne à la littérature haïtienne, voilà de belles pistes ! ♥

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      1. J’ai hâte d’en apprendre plus alors ! 🙂 Je n’ai lu qu’un livre de Makenzy Orcel pour le moment (il est donc urgent de lire plus ^^) et j’avais été assez déstabilisée par son écriture. Très directe, très crue, violente et poétique en même temps. Je n’avais même pas réussi à le chroniquer. Mais je vais retenter cet auteur malgré tout avec un autre roman. 😉

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      2. Il y a le roman un Ailleurs à soi, une écriture douce, poétique avec des thèmes forts. J’ai oublié le nom de l’auteure mais elle est haïtienne et a été publiée chez Mémoires d’encrier. J’en ai parlé sur le blog.

        Aimé par 1 personne

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