Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Amenyeo – Marek Abi

Aményéo (Mes gens) est un recueil de 18 chroniques scindées en deux volets: Aményéo Largo sensu et Aményéo Stricto sensu.

Dans Aményéo Largo sensu, l’auteur raconte des histoires s’inscrivant dans des réalités et thèmes d’actualité de notre société. Y sont abordés la violence conjugale, l’amour et les relations hommes-femmes, les conditions du système de santé publique togolais, le chômage, la gestion de la richesse soudaine, les abus des hommes de Dieu, les problèmes profonds de mentalité, etc. Les différentes histoires se déroulent au Togo.

Des chroniques indépendantes les unes des autres, mais certaines d’entre elles sont étroitement liées. J’ai beaucoup apprécié ce lien d’interconnexion entre ces chroniques.

Aményéo Stricto sensu est le jardin intime de l’auteur. Six chroniques personnelles où l’auteur livre un peu sa perception de la vie, ses expériences, ses mots à son père, neveu ou encore une amie.

Le style de l’auteur est fluide, teinté d’humour. Les chroniques sont très courtes et donnent du rythme au recueil. 

Six chroniques m’ont réellement interrogée, surprise, émue ou révoltée. Elles évoquent un cocu vengeur, le système hospitalier qui tue plus qu’il ne guérit, les violences conjugales, le parcours professionnel des femmes avorté en raison du foyer, un père absent pour sa fille mais très présent pour d’autres enfants, l’abandon d’une mère.

Da Iffa la voyante

Nous sommes en 1989. Venunye et sa femme Rita déménagent de Kara pour Lomé. Ils y retrouvent Carlos, le meilleur ami et frère du premier cité. Un trio se forme, mais au fil du temps, les choses vont prendre une
tournure inattendue et il n’y aura que Da Iffa pour calmer les angoisses et les peurs de l’une et de l’autre.

Cette chronique est une adaptation de la chronique « A cartomante » d’un illustre auteur brésilien nommé Machado de Assis. Initialement écrite en portugais et relatant l’histoire d’un triangle amoureux dans les années 1800 à Rio de Janeiro. J’ai beaucoup apprécié cette adaptation et je pense que l’auteur, traducteur de formation, devrait en adapter davantage.

Mon ami a tué sa femme

Une adaptation réussie d’une publication d’Edgar Manuel Bernardo.
Jou est morte et son bourreau a partagé sa vie durant des années.

Au lieu d’être criminalisée, la violence fut spiritualisée

Jou s’est battue pour son foyer, son foyer l’a abattue

page 120

Hommage à ce grand homme
Un groupe de quatre jeunes hommes apprennent le décès de l’éducateur qui les a marqués au lycée et qui a énormément contribué à leur réussite actuelle. Ils décident donc de lui rendre hommage. Cela commence par une visite au domicile du défunt et là l’on découvre un portrait d’un père dont les vertus sont différentes de celle de l’éducateur. J’ai apprécié cette chronique pour le rappel qu’elle fait: Une personne peut nous avoir fait du mal mais avoir fait du bien à une autre. L’Homme n’a pas que des qualités.

Les moments d’une vie

4 temps forts de la vie d’Emefa sont présentés. Une vie marquée par le viol, l’abandon. Une chronique liée à deux autres dans le recueil et j’ai apprécié l’effet de surprise que cela produit.

Ayélé, le développement et moi
Une chronique sur la perception de la masculinité au Togo, ces femmes qui sacrifient des carrières prometteuses, leur indépendance financière à l’autel du mariage.

Les mémoires d’Adan

Adan, jeune homme de 23 ans, revient sur la sacrée journée qu’il a passée. Une journée qui va marquer sa vie à tout jamais.

Si l’ensemble des nouvelles est intéressant à lire, je suis restée sur ma faim avec certaines chroniques notamment la triste observation d’un panda ou Cette prière qui vaudrait tout l’or du monde.

Cette prière qui vaudrait tout l’or du monde

Un petit frère engagé dans une lutte sans merci contre la mort. Un ami proche qui conseille d’aller voir son pasteur. Et la consternation. L’accès à la prière du pasteur est payante. Je suis restée sur ma faim avec cette nouvelle. Bien trop courte, pas assez développé à mon sens. Il y avait matière à approfondir le sujet.

Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

2 commentaires sur « Amenyeo – Marek Abi »

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