Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Jamais assez de Alice McDermott

L’héroïne de cette histoire se souvient des coupelles à glace qu’elle rapportait à la cuisine après chaque dîner dominical, léchant cuillères et bols avec application – et discrétion, car à table « une dame ne surcharge pas la cuillère pour ensuite la faire aller et venir dans sa bouche ». Elle se souvient aussi de son problème de canapé, une tendance récurrente à se faire surprendre en compagnie d’un garçon, dans des postures plus ou moins gênantes, sur celui de ses parents. Des plaisirs coupables qui n’ont pas disparu avec l’âge. Aujourd’hui ses enfants voient les pots de crème glacée se vider d’un coup après chaque visite de leur mère venue garder les petits enfants. Et si l’amour fougueux pour son mari semble n’avoir jamais flanché, à la mort de ce dernier, il restera… la glace. Le portrait délicieux, à l’ironie subtile, d’une femme qui en quelques pages passe de l’enfance à la vieillesse, et de l’interdit à la volupté. Une vie résumée avec la plus franche gourmandise : « Le plaisir, c’est le plaisir. » 

Comment ce livre est-il arrivé dans ma bibliothèque ?

C’est un cadeau de la Kube suite à leur jeu concours la Bibliothèque Mystère 2020. Six nouvelles de la superbe collection « la nonpareille » des éditions de la Table Ronde. Il s’agit d’une collection de nouvelles addictives. Un format qui a l’avantage d’offrir un temps de lecture court et d’inviter à découvrir des auteurs et des genres vers lesquels on a moins l’habitude d’aller.

J’ai débuté par la nouvelle à la couverture la plus gourmande.

Couverture Jamais assez

Commençons, donc, par les coupelles de glace, qu’elle rapporta de la salle à manger à l’étroite cuisine un dimanche soir, alors que la famille, rassasiée, était encore assise autour de la table recouverte d’une nappe en dentelle et que la fumée de la cigarette de son père commençait tout juste à se diffuser dans l’air encore riche de l’odeur du rôti, des pommes de terre sautées, des navets, des carottes et des haricots verts, des biscuits et du parfum que sa mère et ses sœurs ne mettaient que le dimanche.

1ère phrase du récit. Phrase très allongée mais qui reste gourmande. L’odorat et le goût du lecteur sont sollicités. Le plaisir des sens commence dès les premières lignes.

De longues phrases, il y en a pas mal dans ce récit d’une quarantaine de pages. Illustration du plaisir sans fin ? Peut-être.

Revenons à l’héroïne. Elle. Elle n’est pas nommée. On sait juste qu’elle est la 3e fille, la plus jeune des six enfants. Une jeune fille qui dès 14 ans va s’adonner aux plaisirs de la chair et ne va pas bouder son plaisir quand viendra le moment de la vieillesse.

Une femme gourmande dans tous les sens du terme. Une femme qui aime jouir de la vie et de ses plaisirs.

Le plaisir, c’est le plaisir. Quand on en est friand, on découvre qu’il y en a des quantités. Des quantités pour nous satisfaire…

Le plaisir sous ses formes diverses et variées est célébré dans cette nouvelle. Intéressante à lire même si j’aurais préféré une chute plus surprenante. 🙂

Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

Un p'ti mot pour me faire plaisir ?

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