Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Robert et les Catapila de Venance Konan

« Sans pitié pour le monde, ce livre dit la cruauté de la vie, le dérisoire de l’existence, sa face burlesque et sa face triviale. Mais il dit aussi les derniers plaisirs qui restent, après ceux de l’art et de l’amour : le rire et la parole. Il dit encore le poids souvent étouffant des préjugés traditionnels et les tromperies de la modernité. Les hommes y sont ballottés par les événements, rêvant d’un ailleurs paradisiaque et perdus dans un présent où les repères s’effacent en se mélangeant sans cesse. »

J’ai emprunté ce livre lors de l’avant-dernier Livr’échange et je remercie celui qui me l’a prêté parce que ça a été une belle découverte pour moi.

Ce livre comporte six longues nouvelles d’environ une trentaine de pages chacune. Pour moi, on dépasse le cadre de la nouvelle, en tant que genre littéraire car les nouvelles n’ont pas vraiment de chute brutale. On est vraiment dans le sens 1er du mot nouvelles : Renseignements d’ordre privé donnés sur quelqu’un, sur une famille que l’on connaît.

Les narrateurs nous livrent leur intimité ou celles des autres. Ils nous font découvrir Robert et les catapila, Maryse, les gens du parti de l’opposition, un imam, le vieil oncle Kouadio, etc…

Ces six nouvelles ont un point commun: le rire. Des situations cocasses les traversent pour le plus grand plaisir du lecteur.

L’histoire la plus drôle ? J’hésite entre deux. Commençons par la chatte de Maryse. Dans cette nouvelle, un étudiant ivoirien rencontre sur le campus une journaliste blanche. Pour lui, c’est le jackpot, entretenir une relation d’amour avec cette femme sera sa porte d’entrée en Europe. Mais avant, il lui faudra supporter la présence et les caprices de la chatte de Maryse. J’ai ri pour l’ambiance très estudiantine, les situations cocasses vécues par le narrateur. Les passionnés et défenseurs d’animaux seront choqués en lisant la nouvelle mais dans ma contrée, nous avons majoritairement un rapport très particulier avec les chats. 😀

Enchaînons avec L’enterrement de mon oncle . Le narrateur, un étudiant en anglais, revient au village pour enterrer son oncle Kouadio. Un oncle qui était habité par la colère, bagarreur et qui a lui seul pourrait écrire mille et un récits avec sa vie. Les quelques histoires de sa vie racontées sont drôles et pour une fois, on se dit : tiens, j’aurais bien aimé assister à cet enterrement là.

Ces nouvelles ne font pas que rire. Elles donnent à réfléchir sur des sujets d’actualité en Côte d’Ivoire notamment les conflits fonciers ruraux opposant les autochtones aux étrangers.

Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, Robert et les Catapila, Robert est un homme assez oisif qui va offrir à un étranger et son frère des parcelles de terre en échange d’argent ou de boissons. Plus tard, quand ces étrangers commenceront à prospérer, la jalousie et la méfiance vont entraîner des conflits.

Mais à qui appartient la terre ? Au propriétaire, à celui qui la met en valeur, à l’Etat ou n’appartient-elle à personne ?

Dans le millionnaire, nous sont posées, à travers l’histoire de cet imam dont le fils a gagné à un jeu de hasard, ces questions : jusqu’où êtes-vous prêts à transiger ? Quelle est la limite de votre morale, vos principes religieux ? Un casuiste sommeille-t-il en chacun de nous ?

Terminons avec les deux nouvelles qui malgré les quelques scènes drôles qu’elles comportent ne m’ont pas réellement emportée : Au nom du parti et la guerre des religions.

Dans Au nom du parti, il est demandé, lors d’un congrès du parti, à un militant actif du parti de passer une nuit avec une autre camarade afin que celle-ci trouve l’inspiration nécessaire pour écrire une motion. Le récit évoque les multiples dérives politiques.

Dans la guerre des religions, sont évoquées ces nouvelles églises évangéliques qui participent plus à la nuisance qu’à l’édification spirituelle du peuple, des préjugés qu’on entretient sur autrui, etc…

En consultant mes stats de lecture, je me rends compte que je lis pas mal de recueil de nouvelles. Et vous, appréciez-vous ce genre ?

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Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

Un p'ti mot pour me faire plaisir ?

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