Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Nouvelles du monde #10 : Suisse

Couverture Nouvelles de Suisse

Pour certains, la Suisse est un trait d’union entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud, une sorte de balcon sur l’Italie et sur le monde méditerranéen. Pour d’autres, elle est la partie la plus à l’ouest de l’épine dorsale de la Mitteleuropa, s’inscrivant dans une succession de montagnes et de vallées séparées par le Danube, de la chaîne des Alpes à celle des Carpates, de Genève à Odessa. Derrière la carte postale, la Suisse est ce pays étonnant au centre de l’Europe, mais pas dans l’Union européenne. Comment devient-on écrivain dans un pays si singulier ? Comment écrit-on aujourd’hui au pays de Nicolas Bouvier, Ella Maillart, Robert Walser, Friedrich Durrenmatt, Charles-Ferdinand Ramuz, Albert Cohen ?

Dans les six nouvelles présentées ici, la question de l’identité suisse est omniprésente, elle court en filigrane. Un regard clinique, parfois sans concession, est posé. Avec humour, avec détachement. Société à la fois ultramoderne et traditionnelle, méconnue et exotique, la Suisse vaut un voyage littéraire.

Six nouvelles écrites à 67% par des femmes. Commençons par la nouvelle que j’ai le plus appréciée

Mon drôle de voisinMax Lobe

Un homme et ses amis descendent dans les rues de Genève pour dire haut et fort leur indignation et leur volonté d’accueillir ces gens, des familles entières, des hommes, femmes et gosses que les bombes et autres armes chimiques avaient chassés.

Nous sommes suisses, ou du moins nous y résidons. Et c’est bien connu, la Suisse est neutre. Elle n’a jamais fait de mal à personne. Bien au contraire, elle a toujours été une terre d’accueil.

Mais cet homme est-il réellement prêt à accueillir quelques migrants chez lui ? Cette nouvelle bien trop courte pour moi révèle l’ambivalence de l’accueil des migrants.

Ce que je veux, c’est avoir le choix. Je n’ai pourtant pas changé d’avis. Non, tant s’en faut. C’est vrai, je veux recevoir des migrants, moi. Oui, oui. Mais… Non. Pas question. Je veux choisir qui recevoir.

J’ai un avis plutôt mitigé pour les cinq autres nouvelles. Elles sont bien écrites mais…

Une heure et dix minutes d’Aude Seigne

La narratrice parle à une écrivaine qui vit à Genève et est en résidence d’écriture. Elle évoque l’image de Genève perçue par les autres (banques, assurances, boutiques de luxe, fric, fric, fric, ONG) et ce qu’elle perçoit en tant qu’habitante à Genève. Dans cette résidence, il y a d’autres écrivains et cette résidence devient un partage d’expériences sur les pays d’origine. Le coût de la vie en Suisse est notamment évoqué. Je suis restée sur ma faim avec cette nouvelle car elle est plus axée sur les interrogations d’écrivains que sur la découverte de la Suisse.

Hommage au Berbère de l’Arctique de Pascale Kramer

La nouvelle prend place en Russie. On découvre l’histoire d’un berbère tunisien à Salekhard. Quelles sont les motivations qui décident d’un enracinement dans un ailleurs lointain et perdu ?

Réflexion intéressante mais ce que je voulais c’était un voyage en Suisse, pas en Russie.

Un jeune homme qui part… de Noëlle Revaz

Des conseils adressés à un jeune homme qui part étudier dans un autre canton. Je m’attendais à des conseils qui montreraient par exemple les différences de culture ou d’habitude entre les cantons suisses mais ces conseils prodigués auraient très bien pu être adressés à un étudiant ivoirien qui part à Nantes.

Demande d’emploi de Matthias Zschokke

Un jour, un jeune homme originaire de Suisse sonne à la porte de l’appartement du narrateur et lui parle de son beau pays et de sa détresse. Il ne peut savourer son oisiveté alors qu’il devine autour de lui des regards méfiants et envieux. Idem pour les habitants de son pays

Une nouvelle qui avait bien commencé mais dont je n’ai pas saisi la chute.

Une Suisse intérieure de Ghislaine Dunant

La narratrice se retrouve par hasard dans une résidence d’écrivains en Suisse, près de Lausanne. J’ai eu l’impression de lire une autre version de la nouvelle d’Aude Seigne avec en plus les souvenirs d’enfance de la narratrice.

Ce recueil se lit très vite, il s’étale sur 115 pages. J’ai découvert des auteurs suisses mais pas assez la Suisse. A travers cette collection, je recherche un voyage au cœur du pays mais avec Nouvelles de Suisse, j’ai survolé le pays. Dommage.

Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

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