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J’ai lu Dégels de Julia Phillips

 

Dans ce roman, on entre très vite dans le vif du sujet. Le premier chapitre nous présente brièvement Alyona et Sophia. Nous sommes au mois d’août et ces deux filles de 11 et 8 ans vont être enlevées, là, sous nos yeux de lecteur. L’auteure retranscrit avec habileté les circonstances au point de nous faire ressentir l’angoisse.

Les mois vont s’écouler sous forme de chapitres et à chaque mois, une femme entre en scène. Elles s’appellent Olya, Katya, Valentina, Lada, Ksyusha, Revmira, Nadia, Oksana, Natasha, Zoya et Marina. Adolescentes ou femmes matures, célibataires ou épouses, mères ou sœurs, blanches ou indigènes. Elles sont liées par le sang ou l’amitié.

Elles ont entendu parler de l’enlèvement ou sont plus ou moins concernées par l’enlèvement. L’une a aperçu les filles avant leur kidnapping, l’autre ne peut plus voir sa meilleure amie à l’extérieur par mesure de sécurité suite à l’enlèvement des filles. Une autre a sa sœur qui s’est volatilisée il y a quatre ans comme par miracle…

 

dégels

 

Ces femmes exposent leurs quotidiens faits de fantasmes, de désirs, de solitude et de pertes. Au Kamtchatka situé aux confins de la Russie, les relations de couple sont fragiles, la plupart des femmes rencontrées sont mères célibataires ou divorcées.

Les portraits qui m’ont émue sont ceux de Revmira et Marina. Revmira qui se retrouve seule à nouveau après la mort d’un être cher et Marina, la mère d’Alyona et Sophia.

 

Julia Philips nous offre un voyage dépaysant en Russie plus précisément au Kamtchatka. Les paysages ont l’air magnifiques mais l’autarcie de cette région ne me donne pas envie d’y aller.

Via Wikipédia, j’ai appris que l’île et sa capitale avaient totalement été interdites aux étrangers pendant 50 ans jusqu’en 1990 en raison de la présence d’infrastructures militaires ultra secrètes. 

On ressent qu’il y a au Kamtchatka trois peuples distincts : les russes, les indigènes (peuples du Nord) et les étrangers. Les deux derniers groupes sont moins traités que les russes et accusés des dérives de la société.

 

Vous ne pouvez pas imaginer à quel point on était en sécurité, les filles. Pas d’étrangers. Pas d’inconnus. Ouvrir la péninsule a été la plus grave erreur que les autorités aient jamais commise. » Elle avait reposé la télécommande. « Maintenant, nous sommes envahis par les touristes, les migrants. Les indigènes. Ces criminels. »

 

C’est seulement quand le Kamtchatka s’est ouvert aux étrangers qu’on a commencé à avoir des crimes.

 

J’ai apprécié ce roman à plusieurs allures : roman policier, recueil de nouvelles, roman contemporain. L’auteure a bien retranscrit l’atmosphère du huis-clos.

J’ai été émue par les deux derniers mois où le suspense est à son paroxysme. On y  découvre également ce que sont devenues Alyona et Sophia. 

J’espère que vous n’allez pas hésiter à faire cette expérience de lecture. Pour l’acheter, cliquez ICI

 

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Célibataire, heureuse et prête à tout par Katherine Heiny

Merci aux éditions JC Lattès et NetGalley pour cette opportunité de lecture.

Le célibat et moi, c’est une histoire d’amour sans fin. De ce fait, tout écrit sur le sujet m’attire.

En découvrant ce titre, j’ai pensé qu’il était question de jeunes femmes célibataires heureuses ou malheureuses nous relatant des situations cocasses.

En lisant le résumé, j’ai compris qu’il n’allait pas être question de célibat mais d’infidélité… 

 

Elles sont neuf femmes entre 17 et 40 ans et à l’exception de Nina, elles ont toutes un amant. Elles nous exposent leur définition du bonheur, dévoilent l’inconstance de leurs désirs parfois éphémères.

Aventures d’un soir, mensonges réguliers ou passagers sont leurs activités quotidiennes. Sexe et désir semblent être le moteur du battement de leur cœur. Cinq d’entre elles sont mariées ou en voie de se marier. 

Leurs aventures extraconjugales m’ont parfois bien fait rire. L’héroïne de la nouvelle Blue Heron Bridge est l’épouse d’un homme âgé et elle a une relation extra-conjugale avec un homme de deux ans son cadet. 

Josie, héroïne de la 7e nouvelle du recueil  jongle entre mari et amant qu’elle a d’ailleurs rencontré via Facebook. Cet amant est marié et entretient des relations extraconjugales uniquement avec des femmes mariées. Il va lui annoncer qu’il a trouvé une nouvelle conquête cette fois-ci via Twitter. 😀

 

Le recueil nous offre légèreté et humour mais il m’a manqué de la profondeur et de l’originalité. J’avoue avoir été déçue par certaines nouvelles tant sur le fond que sur la forme. La plupart des femmes sont mariées et ont un amant qui lui aussi est marié. Ce fait redondant m’a lassée.

En outre, je n’ai pas adhéré à la structure narrative. Elle s’apparente à de la chick-lit mais je l’ai trouvée peu aboutie.

Deux nouvelles sont narrées à la 2e personne du pluriel. J’ignore si c’est dû à la traduction en français mais la narration qu’on retrouve le plus souvent se fait à la 2e personne du singulier (tu) et non au pluriel (vous).

Maya est un personnage central de ce recueil, elle apparaît en effet dans trois nouvelles. C’est peut-être une raison pour donner l’un des titres des nouvelles où elle apparaît au recueil mais je trouve ce choix inapproprié étant donné que la majeure partie des portraits sont ceux de femmes mariées et non de célibataires.

J’aurais encore préféré comme titre Monsieur et Madame Rhett Butler, titre de la 9e nouvelle qui colle plus à l’esprit du recueil. Les personnages principaux de cette histoire se retrouvent souvent dans des hôtels où ils ne déclinent jamais leurs réelles identités.

Cette nouvelle m’a d’ailleurs fait penser à Tristesse au paradis. L’héroïne, jeune fille de 17 ans sort avec son professeur d’histoire de 20 ans son aîné. Ce dernier lui a demandé de ne parler de cette histoire à personne. Exactement ce qu’a fait Willy 😀

 

La satisfaction n’a pas été au rendez-vous avec cette lecture mais nul ne dit qu’il en sera de même pour vous. Je vous laisse donc le lien d’achat ICI

N’hésitez pas à me partager votre avis si vous le lisez.

 

GM signature

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Top Ten Tuesday 14 : Les 10 romans dont l’histoire se déroule dans mon pays 

 
 
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Le thème de cette semaine est : 
 
 
Les 10 romans dont l’histoire se déroule dans mon pays 
 
 
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tchat sous un toit brûlant
 
Le lecteur ne connaissant rien de la Côte d’Ivoire trouvera en ce livre un véritable guide touristique. L’auteur s’est attelé à faire des descriptions fines de chaque endroit visité par les personnages.
 
 
 
 
 
 
Le tueur du remblai
 
 
Le Remblai battait tous les records de criminalité en Côte d’Ivoire depuis quelques années. Tous les jours, des habitants étaient cambriolés. Certains y perdaient la vie. Les jeunes filles qui habitaient seules dans des studios étaient l’objet de violences sexuelles et de mises à mort. […] Mais tout cela n’inquiétait pas Madeleine Groh Zieu. « De toutes les façons, il y a l’insécurité dans tous les quartiers d’Abidjan », se disait-elle. Il suffit d’être prudente et c’est tout. »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'irréversible sortilège
 
 
L’intrigue se passe au village de Gbêpleu dans l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire en 1897.
 
 
 
 
 
 
 
 
le-fou-un-dechet-recuperable
 
 

Nous sommes en pleine époque coloniale en Côte d’Ivoire plus particulièrement en pays alladian. Benoît Gnanva entre en classe de CP1 à 16 ans. Cette entrée tardive est due à son père qui voulait son fils aîné près de lui pour les travaux champêtres et les petites emplettes.

Tout va bien jusqu’au CE2, jusqu’à l’accident mystérieux de sa mère. Cette épreuve familiale lui fait accumuler du retard à l’école, perdre une année scolaire.

A 20 ans, Benoît ne peut doubler de classe. Il retourne au village, le moral affecté. Son père pour lui remonter le moral, lui propose d’aller pêcher avec son cousin Matthieu. Là s’ouvre une autre porte des tourments de Benoît. La pêche en haute mer est éprouvante, Benoit n’en sort pas indemne… Est-ce parce qu’il n’a pas respecté les dernières volontés de sa mère ?

 
 
 
 
 
Histoires si étranges
 
Trente-sept histoires étranges… Régina Yaou signe ici un recueil de récits où se mêlent atmosphères étranges et faits troublants selon une approche originale, plus proche du conte que du simple récit fantastique. Dans un surréalisme et avec un regard singulièrement décapant. Le tout exprimé dans un style simple et limpide.
 
J’ai aimé lire ces histoires, parcourir à travers elles les contrées de la Côte d’Ivoire.
 
 
 
 
 
 
7. Les Frasques d’Ebinto, un classique de la littérature ivoirienne
 
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L’histoire d’un jeune garçon brillant qui rêve d’une réussite éclatante et voit son rêve brisé après une aventure d’une nuit avec Monique, une jeune fille très douce qui l’aime terriblement. La jeune fille étant enceinte, les parents optèrent pour l’union entre les deux enfants.
Ebinto voit s’envoler deux rêves, celui d’avoir une position sociale respectable et celui d’épouser Muriel une fille de bourgeois qu’il aime d’un amour fou.
Obligé d’abandonner ses études pour s’occuper d’une famille qu’il n’avait pas prévue sitôt, Ebinto se transforme en une espèce de monstre. Monique devient son souffre-douleur. 
 
 
 
 
 
le grand masque a menti
 
 
 
Le grand masque a menti est un bon roman du terroir, il nous rappelle nos us et coutumes, ce passé culturel que l’on oublie ou renie, il jette un regard critique sur nos traditions africaines.
 
 
 
 
littérature ivoirienne
 
 
Amsterdam, 1980. Un enfant d’immigrés est élevé par ses parents communistes. Sa vision du monde, son vocabulaire, en portent la marque. Le jour où sa mère disparaît, il est envoyé en Afrique pour retrouver sa grand-mère et ses racines, avec une « mission » : observer le monde post-colonial, tout en restant fidèle à son éducation révolutionnaire. Là, il croise les traces d’un de ses ancêtres, Dabilly, parti cent ans plus tôt de La Rochelle tenter l’aventure coloniale. Dans une « côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, les maisons de commerce forment alors le dernier bastion contre les Anglais, négociant avec les tribus locales et explorant progressivement l’intérieur de terres presque inexplorées, avec leurs légendes, leurs rituels et leurs mystères… 
 
 
 
 
 
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Séka Joëlle n’avait pas d’enfant. Un jour, dans une rue de Treichville, elle trouva une fillette abandonnée et l’adopta. Quelques années plus tard, Séka Joëlle rencontra un homme qui devint son époux. Mais elle ignorait que son époux était le père biologique de sa fille adoptive.
 
 
 
 

Quels livres auriez-vous choisi  ?
 
 
Pour découvrir d’autres œuvres ivoiriennes, cliquez ICI
 
 
 
fleur v1
 
 
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Regards de vérité, tome 1 : La candeur entachée

Léa, jeune mère courage n’a qu’une obsession: trouver un nouveau papa pour Moya sa petite orpheline et ainsi fonder un foyer, symbole de respectabilité et synonyme de réussite dans la plupart de nos sociétés africaines.
Au nom du mariage, Léa accepte brimades et humiliations. Au nom de l’amour, elle est aveugle. 
Si aveugle et préoccupée à lécher ses propres blessures, qu’elle ne voit pas ce père trop entreprenant à l’égard de Moya.
Cette histoire, c’est la candeur entachée d’une fillette de 12 ans qui se raconte. C’est le regard de Moya qui découvre douloureusement un monde d’adultes dans toutes ses perversités, ses fragilités et son hypocrisie. C’est l’échec de nos sociétés, l’incohérence de notre justice, le poids de nos traditions…

l'Afrique écrit

Lamazone Wassawaney était l’invitée de Livresque 30. Pendant une heure, nous avons échangé avec elle sur les thèmes de ce premier roman qu’elle offre au public et qu’elle a auto-édité.

Edité au format poche, La candeur entachée _ 1er tome de la trilogie Regards de vérité_ semble avoir été imprimé par un éditeur étranger. L’impression est de qualité, la police d’écriture est assez petite mais pas gênante. 

J’ai désiré avoir ce roman autant pour son aspect visuel que pour son contenu. 

 

L’auteure ne se revendique pas féministe, elle mène un autre combat : dénoncer les violences physiques et psychologiques faites aux femmes, la pédophilie passée sous silence dans notre société en particulier en Côte d’Ivoire et mener des actions concrètes pour qu’elles cessent.

L’auteure par ses mots choisis avec soin nous invite à mener ce combat avec elle. 

La candeur entachée à travers les confidences de Moya et sa mère Léa dresse avec exactitude le portrait de notre société. Une société où le mariage est celui qui donne un sens à l’existence de la femme, une société où la femme doit tout supporter, n’a que des devoirs et aucun droit.

la candeur entachée

 

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Ça a été un réel plaisir de faire la connaissance de Yowl, l’amie de Léa. J’aime parfois dans mes lectures rencontrer des personnages qui me ressemblent. Yowl a la même vision de la vie que moi. Elle n’a ni homme ni bébé mais cela ne l’empêche pas d’être heureuse. 

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La candeur entachée est un roman à lire et à faire lire pour les thèmes d’actualité qu’il aborde avec finesse. Le cliffhanger donne sans contredit l’envie de lire le tome 2. J’espère qu’il ne tardera pas.

Je n’ai noté qu’un bémol durant ma lecture : narré à la 1ère personne, j’ai trouvé que le langage soutenu de Moya était inapproprié même si c’est une jeune fille très mûre pour son âge.

fleur v1

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TTL 50 – Un palais d’épines et de roses

Thème de cette semaine : Contes & légendes

Pour une fois, j’ai pensé à un bon nombre de livres. Je vous aurais présenté les contes de Korotoumou ou Contes des royaumes mais j’en ai déjà parlé sur le blog et vous savez que j’aime vous présenter des inédits pour le Throwback Thursday Livresque. 🙂

Par conséquent, c’est ce livre qui sera à l’honneur aujourd’hui.

Couverture Un palais d'épines et de roses, tome 1

En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l’irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.
Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n’a rien d’un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.
Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s’étendre à celui des mortels ?
A l’évidence, Feyre n’est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d’origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?
Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.

 

Après avoir découvert une réécriture d’Hansel et Gretel, j’ai voulu lire quelques réécritures de contes. Dans mes recherches, je suis tombée sur Un palais d’épines et de roses de Sarah J. Maas.

 

Au début, j’étais un peu perdue avec les différentes dénominations : les Fae, les enfants des élus. Heureusement, j’ai réussi à apprivoiser l’univers au fil de ma lecture.

Je n’ai pas compris le choix du prénom de Lucien, ami et émissaire de Tamlin. Même les mortels n’ont pas de prénoms aussi contemporains.

J’ai admiré le caractère de Feyre, son dévouement envers sa famille et son état d’esprit au cœur des épreuves. Je me suis attachée à elle, j’ai beaucoup été touchée par son illettrisme.

Les autres personnages ne sont pas sans caractère qu’ils soient du côté du bien, du mal ou jouant un double jeu. Le récit a d’ailleurs plus de saveur à l’entrée en scène d’Amarantha, grande reine de Prythian.

J’ai apprécié cette ingénieuse réécriture du conte de la Belle et la Bête et l’histoire d’amour qu’elle comporte. Cette dernière s’installe progressivement et se révèle intense lorsqu’elle déploie ses ailes. 

Le couple Feyre/ Tamlin m’a charmée. Je comptais poursuivre la lecture de la saga afin de les retrouver mais les commentaires des internautes sur le tome 2 m’a refroidie. Apparemment Feyre va s’enticher de Rhysand et je n’aime pas les infidélités. (rires)

 

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

 

fleur v1

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L’étranger – Albert Camus

Demandez à mon supérieur hiérarchique quel roman il a réussi à terminer et il vous répondra avec une lueur de fierté dans les yeux : l’étranger d’Albert Camus. Le seul roman dont il se rappelle l’incipit.

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Je me devais donc de lire ce roman, l’unique qui a su le captiver. Et en m’immisçant dans la vie de Meursault, je comprends pourquoi mon boss est tant fasciné par ce roman.

 

Résumé de l'oeuvre

Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu’il faisait chaud. On n’en tirera rien d’autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l’annonce de sa condamnation, ni la mort de sa mère, ni les paroles du prêtre avant la fin. Comme si, sur cette plage, il avait soudain eu la révélation de l’universelle équivalence du tout et du rien. La conscience de n’être sur la terre qu’en sursis, d’une mort qui, quoi qu’il arrive, arrivera, sans espoir de salut. Et comment être autre chose qu’indifférent à tout après ça ?

 

l'Afrique écrit

Meursault est un être à part. Il mène son existence en dehors du sens commun. Il n’use pas de faux-fuyant, il n’y a aucun filtre entre ce qu’il pense et ce qu’il dit. Il est étranger à la bienséance, aux normes sociales, aux émotions des autres. Il est insensible à tout ce qui lui arrive. 

Meursault est un marginal, un étranger à la vie. Sa singularité fait de lui un être authentique, étrangement attachant. Ses mots, son attitude nous exposent la vanité de l’existence. 

« Tous les êtres sains avaient plus ou moins souhaité la mort de ceux qu’ils aimaient. »

Ici, l’avocat m’a coupé et a paru très agité. Il m’a fait promettre de ne pas dire cela à l’audience,

 

s’il me signifiait que l’interrogatoire était terminé. Il m’a seulement demandé du même air un peu las si je regrettais mon acte. J’ai réfléchi et j’ai dit que, plutôt que
du regret véritable, j’éprouvais un certain ennui. J’ai eu l’impression qu’il ne me comprenait pas. 

 

Mais tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Dans le fond, je n’ignorais pas que mourir à trente ans ou à soixante-dix ans importe peu puisque, naturellement, dans les deux cas, d’autres hommes et d’autres femmes vivront, et cela pendant des milliers d’années. Rien n’était plus clair, en somme. C’était toujours moi qui mourrais, que ce soit maintenant ou dans vingt ans. À ce moment, ce qui me gênait un peu dans mon raisonnement, c’était ce bond terrible que je sentais en moi à la pensée de vingt ans de vie à venir. Mais je n’avais qu’à l’étouffer en imaginant ce que seraient mes pensées dans vingt ans quand il me faudrait quand même en venir là. Du moment qu’on meurt, comment et quand, cela n’importe pas, c’était évident. 

 

Il me disait sa certitude que mon pourvoi serait accepté, mais je portais le poids d’un péché dont il fallait me débarrasser. Selon lui, la justice des hommes n’était rien et la justice de Dieu tout. J’ai remarqué que c’était la première qui m’avait condamné. Il m’a répondu qu’elle n’avait pas, pour autant, lavé mon péché. Je lui ai dit que je ne savais pas ce qu’était un péché. On m’avait seulement appris que j’étais un coupable. J’étais coupable, je payais, on ne pouvait rien me demander de plus.

 

Le style d’écriture sobre, sans artifice, les phrases sèches, courtes et directes apportent une fluidité au récit. Bien plus qu’un roman, on lit un scénario, le film d’une vie. 

J’ai passé un bon moment de lecture.

 

Avez-vous déjà rencontré Meursault ?

Avez-vous lu Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud ?

 

 

fleur v1

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Avant toi de Jojo Moyes ou la question de la fin de vie

Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

 

l'Afrique écrit

Avant toi est un coup de cœur pour bon nombre de lecteurs. Inconditionnelle fan de la romance, j’ai décidé pour une fois de faire comme tout le monde et de m’embarquer dans cette histoire.

Pour être honnête, le gros point positif que je trouve à l’histoire est le thème du handicap, de la fin de vie et de l’aide au suicide. Jojo Moyes nous fait vivre le quotidien d’un handicapé et on voit combien il reste à faire pour que celui-ci se sente à l’aise en dehors de sa maison : dans les transports en commun, dans les restaurants et lieux publics.

J’ai découvert l’existence de Dignitas, une association en Suisse dont l’une des activités est l’accompagnement en fin de vie et aide au suicide (suicide accompagné).

 

« Nous connaissons tous des passages difficiles à un moment ou un autre de notre vie. Peut-être votre ami en est-il là. Ne le laissez pas vous repousser. Restez positive. Et rappelez-lui que ce n’est pas à lui de décider de l’instant où il vient en ce monde et où il le quitte. Cette décision appartient au Seigneur. Dans Sa sagesse, Il a décidé de changer la vie de votre ami, et sans doute y a-t-il un enseignement… »

J’ai souri en lisant cette réponse chrétienne sur le forum que consulte Lou. Une réponse incompréhensible quand la personne en souffrance n’est pas chrétienne.

Mes valeurs chrétiennes me donnent comme but de défendre la vie mais je respecte les décisions de ceux qui veulent mettre fin à leurs jours en raison de problèmes médicaux lourds comme c’est le cas de Will. Parfois, la mort est un soulagement lorsque les souffrances sont intenables.

Comme dirait le Docteur Karma, respecter ne veut pas dire adhérer.

 

Parlons de Will. Il est attachant avec son humour, son pragmatisme et son authenticité mais je ne peux pas en dire autant de Lou. Elle m’a fait rire par moment mais je l’ai trouvé assez passive et je déteste les gens mous, ceux qui refusent de se bouger, ceux qui n’ont pas d’ambitions. 

 

Il y a assez de longueurs dans le récit et vous savez combien ça me fait lever les yeux au ciel. On passe de longs moments sur la préparation des activités de Will pour lui redonner le goût de vivre et je suis désolée de le dire mais ce n’est pas intéressant. J’avais hâte d’arriver à la fin émouvante.

Quant aux autres personnages, je les ai trouvés attachants pour certains, agaçants pour d’autres. J’ai eu beaucoup de peine pour la mère de Will mais Patrick et sa passion dévorante pour le sport ainsi que Katrina et son foutu égoïsme m’ont agacée.

 

La romance, on en parle ?

Je ne m’attendais pas à une histoire d’amour classique. Je voulais une romance qui sorte des clichés mais la romance que j’espérais a germé aux 3/4 du récit et elle a été très furtive pour moi. Elle n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Pour moi, ce livre n’est pas de la romance mais un roman contemporain avec une tentative d’histoire d’amour.

 

Conclusion ?

Lecture mitigée pour moi. Je ne lirai pas les autres tomes. Il n’y avait que Will que je jugeais digne d’intérêt. 

 

Avez-vous lu ce roman ? Faites-vous partie de ceux qui l’ont adoré ?

 

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TTL 49: Rentrée avec le grand saut – Florence Hinckel

Thème de cette semaine : Rentrée

Il était évident pour moi de vous parler du grand saut de Florence Hinckel, roman reçu à un concours #VendrediLecture.

Couverture Le grand saut, tome 1

Iris, Paul, Rébecca, Marion, Alex et Sam sont amis depuis la sixième. Aujourd’hui, ils entrent en Terminale, cette dernière année tant attendue, tant redoutée. Enfin la libération?

Une chose est sûre, bien que le soleil baigne leur petite ville de La Ciotat, chacun sent que l’orage gronde… 
Les sentiments depuis trop longtemps inavoués de certains, les relations familiales bancales des autres, la pression de l’avenir… tout devient insupportable. Et ce n’est pas la gigantesque soirée chez Madeleine qui va suffire à leur changer les idées. Au contraire, c’est même peut-être là que tout va définitivement basculer…

 

Des citations introduisent chaque chapitre et une seule m’a réellement marquée :

“La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais on ne la vit qu’en avant.”  Sören Kierkegaard 

 

Sur 300 pages, nous sommes immergés dans la vie de six adolescents aux structures familiales très différentes : mère célibataire, famille recomposée, parents au bord du divorce, parents amoureux…

D’une oreille attentive, nous suivons le déroulement de leur année de terminale et écoutons leurs problèmes de famille, jérémiades, plaintes et peurs, incompréhensions du monde des adultes. Il ne se passe pas grand-chose dans le récit jusqu’à la gigantesque soirée de Madeleine.

Ces adolescents ont des réactions que je ne m’explique pas, mon adolescence ayant été bien différente de la leur (alcool, sexe et fête c’était pas mon truc) mais leurs histoires ne m’ont pas terriblement ennuyée. J’ai apprécié les thèmes abordés : l’acceptation de soi, l’influence des réseaux sociaux, les premiers amours, les secrets de famille, le racisme.

La lecture a été sympathique dans l’ensemble mais elle ne me donne pas assez de raisons valables pour lire les autres tomes.

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

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Top Ten Tuesday 13 : Les 10 personnages à qui vous aimeriez pouvoir parler pour savoir ce qu’ils sont devenus

 
Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e édition sur le blog Frogzine.
 
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Le thème de cette semaine est libre et ça tombe bien. J’avais envie de faire mon Top Ten sur le thème de la semaine du 7 avril 2015 …
 
 
 
 
Les 10 personnages à qui vous aimeriez pouvoir parler pour savoir ce qu’ils sont devenus après la fin d’un livre ou d’une série
 
 
 
1. Joy, la sensuelle cambodgienne dans l’Esquinte. Elle cherchait un homme à épouser et usait de mille et un stratagèmes pour y arriver. J’aimerais savoir si elle y est arrivée. 🙂
 
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2. Méréana dans Photo de groupe au bord du fleuve et toutes ces femmes en situation de précarité qui ont lutté pour de meilleures conditions de vie, pour plus de justice dans leur vie professionnelle et leur vie de couple. Ce livre est le meilleur roman féministe africain de tous les temps 😀
 
Photo de groupe au bord du fleuve

3. Sam dans American Dreamer. Il traverse une situation difficile à la fin du roman. J’aimerais bien savoir comment il s’en sort.

AMERICAN DREAMER MARINA NIAVA
 
 
 
 
4. Smita dans La tresse. J’aimerais savoir si sa fille Lalita va à l’école, si elle mène une vie décente dans la ville où elle s’est établie et si son mari l’a rejoint.
 
 
 
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5. Theresa dans Une bouteille à la mer. J’aimerais savoir si elle a retrouvé l’amour après la mort de Garrett.
 
 
Une Bouteille À La Mer   de SPARKS, Nicolas  Format Poche
 
6. et 7. Benjamin et Obembe dans Les pêcheurs. J’aimerais savoir comment ils ont reconstruit leurs vies après les terribles drames qui ont secoué leurs familles.
 
 
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8. et 9. Félicité et Tiouca dans Le Convoi. J’aimerais savoir s’ils sont en couple 😀
 
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10. Roger dans Loin de Douala. Comment s’est passé son voyage clandestin du Cameroun en Europe ? Dans quel pays a-t-il atterri ? Est-il devenu une grande star du football ?
 
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Bonus : Hooper, Nora et Scott dans Intérieur nuit. Après avoir découvert la vérité sur la mort d’Ashley, ils prennent des chemins différents. J’aimerais savoir si Nora est devenue l’actrice célèbre qu’elle rêvait d’être, ce que Hooper fait de sa vie et enfin ce que Scott est devenu après sa rencontre avec Cordova.
 
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Et vous, à quels personnages aimeriez-vous parler ?
 
 
 
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L’héritage – Recueil de textes n’zassa

Dans le but d’occuper sainement les élèves des lycées et collèges, de les encourager à la pratique de la lecture et à la création littéraire, l’Association Les Amis du Livre, organise un Concours de Littérature dans le domaine de la Poésie, de la Nouvelle, du Conte et du Théâtre depuis cinq éditions.

Ce concours littéraire vise à :

– sensibiliser à la pratique de la lecture ;

– encourager à la création littéraire d’expression française ;

– développer l’esprit critique des jeunes vis-à-vis des nouveaux médias ;

– déceler de nouveaux talents littéraires ;

– publier les trois premiers textes de chaque genre dans chaque catégorie.

Peut participer au Concours Littéraire Madeleine Tchicaya, tout élève des lycées et collèges publics et privés d’expression française. Le concours littéraire est en deux catégories : la catégorie 1 (6ème à la 3ème) et la catégorie 2 (2nd à la Terminale).

Les premiers de chaque genre et dans chaque catégorie reçoivent :

– Poésie : Le prix Paul Ahizi

– Nouvelle : Le prix Adiaffi Jean-Marie

– Conte : Le prix François-Joseph Amon d’Aby

– Théâtre : Le Prix Bernard Dadié

 

Les trois premiers textes de chaque genre dans les deux catégories sont publiés dans un ouvrage collectif. 

L’année dernière au SILA, j’ai acheté le recueil des textes primés en 2017.

 

Les grands vainqueurs de l’édition 2017 sont : 

  • Atiapo Affoué Laure du Lycée Mamie Adjoua de Yamoussoukro qui s’adjuge le Prix Jean-Marie Adiaffi de Nouvelle avec sa nouvelle «Le sang qui coule en moi», 
  • Ouattara Fatoumata du Lycée Moderne 2 de Bondoukou, obtient le Prix Joseph Amon d’Aby de Conte avec «Konnonwoulé», un conte d’aventure plein de sagesse
  • Dianikoro Ekra Adjoua, élève au Lycée de Jeunes filles de Yopougon, lauréat du Prix Paul Ahizy de poésie avec son poème «Préautopsie»
  • Konan Abodjé, élève au Collège Alfred Nobel de Marcory, lauréat du Prix Bernard B. Dadié de Théâtre avec sa pièce intitulée «Héritage». 

 

J’ai trouvé du temps pour le lire cette année et j’ai admiré le talent de ces jeunes garçons et jeunes filles surtout dans les genres du conte et du théâtre. Les textes démontrent l’imagination fertile de leurs auteurs. Ils sont porteurs de moralité, recommandent au lecteur de cultiver les valeurs d’humilité, de solidarité, d’hospitalité, d’amour et du travail, la culture du travail aujourd’hui étant bafouée.

La relève littéraire ivoirienne est assurée. J’espère surtout qu’ils vont entretenir leur fibre littéraire. 

J’ai maintenant hâte de découvrir les ouvrages des précédentes éditions. 🙂

 

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