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TTL 96 : J’écris de profil – Placide Konan

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: E comme…

Ecrire. Ca tombe bien, je connais un poète ivoirien qui écrit de profil.

Couverture J'écris de profil

Alors, tour à tour, sont convoqués dans un cri-oxymore Césaire et Soyinka, Négritude et Tigritude, Oralité et Ecriture pour dire une nouvelle histoire, une scripto-oralité, dans laquelle l’écrit, l’oral et la négrité s’embrassent en ECRITUDE:
J’écris au secours
En jetant cette canne à vers
Avec l’espoir
De repêcher une lettre
Au moins
De notre histoire
La vraie
De notre alphabet
De notre alphabet nègre
Qui compte quatre lettres
N-O-I-R
(…) Ces mots, ces vers, ces paroles sont tirés de J’écris de profil, le livre-poème de Placide Konan, l’eau dormante qui sait devenir un volcan impétueux.

Le poète évoque en 81 pages l’aventure ambiguë, l’étrange destin de l’homme Noir qui se décline en douloureuses séquences: le drame des étudiants noirs, les souffrances de la jeunesse noire, les misères du monde noir, et cet incroyable sentiment d’échec du monde noir.

Au bord des routes

Rouge sables

Nos pères

Semblent être morts

Nègres

Pour rien

Ou peut-être

Pour quelques Euros

On ressent dans ce poème-fleuve, le bouillonnement intérieur du poète.

Mais je sais qu’un jour Dieu me dira

Pourquoi je suis noir

Pourquoi

J’ai tout le soleil de la terre

Et que Mon soleil est une étoile

Qui tarde à briller

Dans l’Ombre blanc ciel

Fumant ma vie

J’écris de profil a été une intéressante découverte mais pas mémorable.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 95 : Clean love, book 7 Shiloh and Michael

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Un livre à emmener en vacances.

Je triche puisque le livre que je vais vous présenter fait partie de mes 5 dernières lectures mais… c’est de la romance et je trouve que ce genre est l’idéal pour les vacances.

Et aussi, c’est mon 800e article de blog et je voulais le fêter avec ce genre littéraire que j’aime beaucoup 😀

Shiloh n’a pas réfléchi lorsqu’elle a sauvé un homme nommé Michael de la noyade dans une piscine de Las Vegas. Elle est donc totalement surprise lorsque ce dernier se rend en Oklahoma pour la remercier !
Michael est séduit par la belle Shiloh. Et après quelques rendez-vous, leur relation se transforme rapidement en une romance passionnée !
Mais lorsque la mère de Michael dit à Shiloh qu’elle ne peut pas être avec lui, Shiloh apprend qui est vraiment Michael : L’héritier d’une énorme société de soins de la peau en Corée du Sud !
Et pour aggraver les choses, Michael est déjà fiancé !
Michael et Shiloh pourront-ils surmonter leurs différences culturelles et trouver le bonheur l’un avec l’autre ?
Ou sa famille va-t-elle éloigner Shiloh de Michael pour de bon ?

J’ai d’abord été attirée par la couverture. La douceur du rose. (oui c’est l’une de mes couleurs préférées)

Ensuite, la mixité du couple: c’est mon 1er BWAM (Black Woman Asian Man).

Shiloh, 31 ans, est divorcée depuis quelques années. Dermatologiste, elle a son propre cabinet et tente d’étoffer son portefeuille clients en participant à des conférences. C’est lors d’une de ces conférences qu’elle va faire la connaissance de Michael en le sauvant d’une noyade.

Leurs rendez-vous ne sont pas fades, leurs moments à deux sont pleins de rire et de joie. J’ai apprécié ce couple, l’histoire est entraînante.

Shiloh and Michael est le tome 7 de la saga clean love. Je le préfère largement au tome 10 que j’ai déjà lu mais cela ne veut pas dire qu’il n’ y a pas de bémols.

J’aurais apprécié que Shiloh ait un caractère plus téméraire. J’ai de moins en moins du mal avec les héroïnes qui manquent de confiance en elles.

Le revirement soudain des parents m’a un peu déçue. J’ai trouvé que ça manquait de consistance, de surprise.

J’ai le tome 12 de cette saga dans ma PAL et j’espère qu’il sera au-dessus du tome 7.

La saga n’est pas encore traduite. Je l’ai donc lu en VO et j’ai appris pas mal de nouveaux mots comme Spinster. Je suis une spinster et je le vis très bien. 😀

Cette saga est une clean romance. Les scènes sexuelles ne sont pas mentionnées et j’aime beaucoup. J’en ai un peu marre de l’érotisme. Je trouve que le monde d’aujourd’hui en fait un peu trop. 😀

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 94 : épouses et concubines de Su Tong

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: culture

J’ai immédiatement pensé à ce livre qui fait écho à un fait culturel : la polygamie.

Couverture Épouses et concubines

La Chine du Nord, dans les années 20. Songlian, belle étudiante de dix-neuf ans dont la famille est ruinée, accepte de devenir la quatrième épouse du riche Chen Zuoqian. Dans le huis-clos de sa nouvelle demeure, une seule loi, la séduction : la favorite de la nuit régente, le jour, la vie de la maison. Songlian, l’indépendante, sera-t-elle victime ou complice du système féodal qui commande en ces lieux ? Passion, possession, et pouvoir colorent de feu et de sang ce ballet de charmes, où les quatre épouses et concubines se livrent une danse à mort pour le plaisir du maître.

Dans ma contrée, la polygamie n’est pas un fait inédit. C’est un fait courant dans nos sociétés et une thématique très exploitée en littérature. On a le droit de ne pas l’approuver mais aussi le devoir de ne pas mépriser ceux qui la pratiquent parce qu’ancrée dans leurs mœurs et cultures.

Personnellement, ça ne cadre pas avec mes convictions spirituelles comme d’autres modes de vie mais je me dois d’avoir du respect pour la culture des autres.

Bien ! Revenons à notre livre. Lire cette thématique du côté de l’Asie et en particulier en Chine dans les années 20, c’est nouveau pour moi.

Elles s’appellent Yuru, Zhuoyun, Meishan et sont respectivement les 1ere, 2e et 3e épouses de Chen Zuoqian. A 50 ans, ce dernier prend Songlian pour 4e épouse.

Songlian n’a que 19 ans. A la mort de son père, sa belle-mère lui a indiqué qu’il fallait choisir entre travailler ou se marier. Songlian a choisi de se marier et avec un homme d’une famille riche. Sa belle-mère lui a bien signifié que cela voudrait dire qu’elle serait une « petite » épouse, une concubine, mais de ce titre un peu moins glorieux, Songlian s’en moque comme de l’an quarante. Elle veut juste trouver un bon parti.

Dans ce foyer, elle va découvrir toute l’hypocrisie conjugale, le jeu de séduction et de pouvoir. Aimer est un art, tromper aussi…

J’ai trouvé les profils psychologiques des femmes très intéressants. Yuru est l’effacée. Zhuoyun, l’épouse conciliante et Meishan, la rebelle. Sa perfidie la rend autant intéressante qu’agaçante. Songlian, quant à elle, cherche à marquer son territoire dans cet environnement d’un lion pour 4 lionnes.

L’histoire est courte et intéressante. La fin révèle que dans de nombreux cas la polygamie a une issue dramatique pour au moins une des épouses ou leurs enfants.

Ai-je un reproche à faire au roman ? J’aurais aimé qu’il y ait encore plus de coups tordus entre les co-épouses. 😀

Dans le cadre d’un challenge Livraddict, j’en ai profité pour regarder l’adaptation cinématographique que j’ai appréciée. Le rouge est omniprésent. N’est-ce pas la couleur du désir, de la passion, du pouvoir ? On ressent cette hypocrisie entre les co-épouses, elles ne nous épargnent pas leurs mesquineries. Dans le film, le rituel suivi par le maître pour choisir celle avec qui il passera la nuit est bien décrit.

Quelques scènes ont été modifiées et cela nous permet de voir les personnages notamment la seconde épouse d’un autre œil. La relation entre le maître et l’une des servantes est d’ailleurs plus détaillée que dans le livre et dévoile l’inarrêtable appétit sexuel de l’homme.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 93 : Aldobrando de Gipi et Luigi Critone

Heureux mois de juillet à tous !

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: dessin

J’ai immédiatement pensé à

Couverture Aldobrando

Avant de « descendre combattre à la Fosse » le père d’Aldobrando sachant son heure venue, le confia à un mage. Celui-ci devrait le protéger et l’éduquer jusqu’à ce qu’il soit en âge de découvrir le vaste monde. Quelques années plus tard, voilà que la préparation d’une potion tourne au drame. Grièvement blessé à l’oeil par un chat qui ne voulait pas bouillir, le mage demande à son jeune protégé d’aller en urgence lui quérir l’Herbe du loup.
Mais comment peut-on se débrouiller en botanique alors que l’on a jamais mis un pied dehors et que l’on tombe né à né avec l’assassin du fils du Roi de Deux Fontaines ?

De cette bande-dessinée, j’ai beaucoup apprécié les illustrations. D’une planche à l’autre, l’on passe des teintes froides aux nuances chaudes. Et l’aquarelle donne un charme particulier à l’histoire.

Aldobrando – Un conte, une quête, et une superbe surprise de 2020 (...) -  ActuaBD

La quête initiatique d’Aldobrando au cœur de l’époque médiévale est intéressante. Ce jeune homme qui n’a jamais connu le monde extérieur va devoir sortir de sa zone de confort et découvrir le monde avec ses merveilles et ses noirceurs. Dans sa quête de l’herbe du loup, Aldobrando va faire de douces rencontres mais aussi des rencontres ténébreuses.

J’ai beaucoup apprécié les personnages secondaires à savoir le valet du prince qui est une sacrée crapule soit dit en passant et le roi. Ces deux personnages apportent des touches d’humour au récit qui de prime abord est assez mélancolique.

J’ai également trouvé le dénouement bien pensé, il cadre avec la quête initiatique d’Aldobrando.

Cette BD est sympathique à lire mais il m’a manqué un-je-ne-sais quoi. Peut-être plus d’action, de rebondissement. Le candide Aldobrando est un personnage sympathique mais je ne me suis pas vraiment attachée à son personnage.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Clean love, tome 10 : Amanda et Jérémy

Amanda, institutrice maternelle, s’est prise d’affection pour le nouvel élève de sa classe, Ricky. Remarquant à quel point il est calme et renfermé, elle essaie à plusieurs reprises d’entrer en contact avec son père… Mais lorsqu’elle se rend enfin sur son lieu de travail et qu’elle rencontre le séduisant célibataire, son univers change du tout au tout… Elle se retrouve maintenant à vivre dans la maison de Jeremy en tant que nounou de Ricky !
Et chaque jour qui passe, elle tombe de plus en plus amoureuse de Jeremy. Et Jeremy ne peut pas résister à la femme qui est entrée dans son monde et a fait son chemin dans son cœur !
Mais alors que leur amour commence à s’épanouir, le passé de Jeremy revient en force pour repousser Amanda. Et le problème est peut-être trop lourd à porter pour elle…
Va-t-elle finir par faire ses valises et quitter Jeremy et Ricky pour toujours ?

Après mes lectures en romance axée sur les couples afro, je me suis axée sur les couples mixtes depuis un bout de temps. Je continue ma découverte des auteures du BWWM et ai débuté la saga clean love avec le tome 10.

Amanda et Jeremy sont les personnages principaux de cette romance. Amanda est une jeune femme de 27 ans, elle est en couple avec Ned mais leur relation n’est plus très épanouissante. J’ai grincé un peu des dents parce que les commentaires des amies d’Amanda sur les hommes noirs entretiennent un peu les préjugés sur ceux-ci.

Amanda est passionnée par son métier et sa relation avec ses élèves, en particulier Ricky, est attendrissante. Petite, elle rêvait de son prince charmant. Elle l’imaginait avec des yeux verts, une longue chevelure noire. Alors quand elle rencontre Jeremy, le père de Ricky, elle est sous le choc. S’il est le prince dont elle a toujours rêvé, elle n’est pas le genre de femmes avec qui Jeremy sort.

Jeremy est un chef d’entreprise qui est habitué aux mannequins. Il est également en couple et a appris récemment qu’il était le père de Ricky. La mère lui a laissé l’enfant pour aller on ne sait où. Il ne sait pas comment s’y prendre avec son enfant et Amanda va lui être d’une aide précieuse.

Le tandem Amanda/Jeremy est sympathique, leur rapprochement est mignon même si je trouve que Jeremy est un peu imbu de sa personne. J’aurais voulu que l’auteure nous offre quelques moments de ce duo en tant que couple.

Ce tome 10 est une lecture mitigée. Je n’arrivais pas à lâcher le livre jusqu’à la 1ere moitié puis mon enthousiasme s’est amoindri à la 2e moitié. L’intrigue a été sous-exploitée à mon sens. Il y avait matière à rendre cette histoire sensationnelle, à en faire un joli conte de fée moderne. Je trouve que les péripéties sont un peu précipitées vers la fin, on reste en surface. Certaines péripéties sont incongrues ou pas assez développées.

La couverture mentionne l’absence de foi en Dieu mais à aucun moment ça a un impact dans le récit, on ne parle même pas de ça. Aussi le portrait de Jeremy n’a rien à voir avec celui de la couverture.

Mon personnage coup de cœur: Ricky. Ce petit garçon est adorable.

J’ai lu le tome en anglais puisqu’il n’y a pas de version française disponible et j’ai trouvé le niveau de langue accessible. Je n’ai pas fait d’incessants aller-retour entre le livre et le dictionnaire.

J’ai deux autres livres de cette série dans ma PAL et j’espère qu’ils sont bien meilleurs que le tome 10.

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Robert et les Catapila de Venance Konan

« Sans pitié pour le monde, ce livre dit la cruauté de la vie, le dérisoire de l’existence, sa face burlesque et sa face triviale. Mais il dit aussi les derniers plaisirs qui restent, après ceux de l’art et de l’amour : le rire et la parole. Il dit encore le poids souvent étouffant des préjugés traditionnels et les tromperies de la modernité. Les hommes y sont ballottés par les événements, rêvant d’un ailleurs paradisiaque et perdus dans un présent où les repères s’effacent en se mélangeant sans cesse. »

J’ai emprunté ce livre lors de l’avant-dernier Livr’échange et je remercie celui qui me l’a prêté parce que ça a été une belle découverte pour moi.

Ce livre comporte six longues nouvelles d’environ une trentaine de pages chacune. Pour moi, on dépasse le cadre de la nouvelle, en tant que genre littéraire car les nouvelles n’ont pas vraiment de chute brutale. On est vraiment dans le sens 1er du mot nouvelles : Renseignements d’ordre privé donnés sur quelqu’un, sur une famille que l’on connaît.

Les narrateurs nous livrent leur intimité ou celles des autres. Ils nous font découvrir Robert et les catapila, Maryse, les gens du parti de l’opposition, un imam, le vieil oncle Kouadio, etc…

Ces six nouvelles ont un point commun: le rire. Des situations cocasses les traversent pour le plus grand plaisir du lecteur.

L’histoire la plus drôle ? J’hésite entre deux. Commençons par la chatte de Maryse. Dans cette nouvelle, un étudiant ivoirien rencontre sur le campus une journaliste blanche. Pour lui, c’est le jackpot, entretenir une relation d’amour avec cette femme sera sa porte d’entrée en Europe. Mais avant, il lui faudra supporter la présence et les caprices de la chatte de Maryse. J’ai ri pour l’ambiance très estudiantine, les situations cocasses vécues par le narrateur. Les passionnés et défenseurs d’animaux seront choqués en lisant la nouvelle mais dans ma contrée, nous avons majoritairement un rapport très particulier avec les chats. 😀

Enchaînons avec L’enterrement de mon oncle . Le narrateur, un étudiant en anglais, revient au village pour enterrer son oncle Kouadio. Un oncle qui était habité par la colère, bagarreur et qui a lui seul pourrait écrire mille et un récits avec sa vie. Les quelques histoires de sa vie racontées sont drôles et pour une fois, on se dit : tiens, j’aurais bien aimé assister à cet enterrement là.

Ces nouvelles ne font pas que rire. Elles donnent à réfléchir sur des sujets d’actualité en Côte d’Ivoire notamment les conflits fonciers ruraux opposant les autochtones aux étrangers.

Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, Robert et les Catapila, Robert est un homme assez oisif qui va offrir à un étranger et son frère des parcelles de terre en échange d’argent ou de boissons. Plus tard, quand ces étrangers commenceront à prospérer, la jalousie et la méfiance vont entraîner des conflits.

Mais à qui appartient la terre ? Au propriétaire, à celui qui la met en valeur, à l’Etat ou n’appartient-elle à personne ?

Dans le millionnaire, nous sont posées, à travers l’histoire de cet imam dont le fils a gagné à un jeu de hasard, ces questions : jusqu’où êtes-vous prêts à transiger ? Quelle est la limite de votre morale, vos principes religieux ? Un casuiste sommeille-t-il en chacun de nous ?

Terminons avec les deux nouvelles qui malgré les quelques scènes drôles qu’elles comportent ne m’ont pas réellement emportée : Au nom du parti et la guerre des religions.

Dans Au nom du parti, il est demandé, lors d’un congrès du parti, à un militant actif du parti de passer une nuit avec une autre camarade afin que celle-ci trouve l’inspiration nécessaire pour écrire une motion. Le récit évoque les multiples dérives politiques.

Dans la guerre des religions, sont évoquées ces nouvelles églises évangéliques qui participent plus à la nuisance qu’à l’édification spirituelle du peuple, des préjugés qu’on entretient sur autrui, etc…

En consultant mes stats de lecture, je me rends compte que je lis pas mal de recueil de nouvelles. Et vous, appréciez-vous ce genre ?

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TTL 92 : Un assassin parmi nous de Shari Lapena

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: C comme…

Captivant. C’est le mot qui m’est venu à l’esprit après lecture du thème de la semaine. Et j’ai immédiatement relié ce mot à l’une de mes trois dernières lectures.

Couverture Un assassin parmi nous

Gwen et Riley, David Paley, Ian Beaton et Lauren Day, Beverly Sullivan et son mari Henry, Dana Hart et son fiancé Matthew, Candice White. Deux meilleures amies, deux célibataires, trois couples. Leur point commun ? Ils ont décidé de passer un week-end détente, loin du stress des occupations quotidiennes au Mitchell’s Inn, un élégant hôtel de 3 étages en briques rouges et beiges, encerclé par la forêt et géré par James et son fils Bradley.
Ces couples et ces voyageurs solitaires ont tous débarqué un vendredi et ce qu’ils ne savent pas c’est qu’ils vont vivre les 48 heures les plus stressantes de leurs existences. Il y a un assassin parmi eux…

J’ai découvert ce roman grâce au pendu littéraire, un jeu auquel je joue régulièrement sur Livraddict. J’ai débuté ma lecture un vendredi en fin d’après-midi et j’ai dû me faire violence pour dormir. Reprendre ma lecture a été l’une des premières choses auxquelles j’ai pensé au réveil.
Un assassin parmi nous est un thriller prenant. Assez lent au début mais le rythme s’accélère après le 1er meurtre. Le suspense est très présent, on n’est pas loin de l’ambiance des 10 petits nègres d’Agatha Christie.

Un assassin parmi nous est une lecture que je recommande. C’est d’ailleurs le livre de l’auteure qui a la meilleure note sur Livraddict. Shari Lapena a tellement su brouiller les pistes et manier les rebondissements qu’on en redemande encore lorsque l’identité du meurtrier est révélée.

Fleur bleue, j’ai apprécié l’histoire d’amour naissante et j’ai été déçue de sa tournure. Côté personnage, j’ai eu un coup de cœur pour David Paley, cet avocat quarantenaire, spécialisé en droit pénal et au passé intriguant. J’ai apprécié son aura. Il m’a été difficile de le quitter et j’espère que l’auteure va l’insérer dans l’une de ses prochaines parutions. 😀

Avez-vous déjà lu Shari Lapena ? Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 91 : Akissi de Marguerite Abouet

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Une série (plus de 3 tomes)

Les séries, ce n’est pas mon truc. Je préfère les one-shot. Mais je poursuis les saga quand il s’agit de Bande-dessinée.

Pour ce TTL, j’ai pensé à ma très chère Marguerite Abouet, notre fierté nationale.

Je ne vous parlerai pas de Aya de Yopougon mais d’Akissi. La série est composée de 10 tomes et je l’ai inaugurée non pas avec le tome 1 mais le tome 2.

Couverture Akissi, tome 2 : Super-héros en plâtre

Véritable poil à gratter pour sa famille, Akissi est une petite fille effrontée et dégourdie, pas toujours animée des meilleurs intentions. Avec son meilleur copain Edmond, elle songe à jeter un sort à leur maître d’école pour les venger d’une punition ; là voilà ensuite prête à tout pour que sa mère cesse de la coiffer, y compris à attraper des poux ! Mais quand Edmond se prend pour le super-héros Spectreman, Akissi se fait pour une fois la voix de la raison…

Dans l’univers de Marguerite Abouet, vous ne verrez jamais l’Afrique misérable, à plaindre. L’Afrique est belle, joyeuse, souriante, pleine de vie, colorée.

Akissi c’est le prénom des filles nées un lundi chez les baoulé (ethnie de la Côte d’Ivoire).

Akissi est une petite fille espiègle, énergique, toujours prête à faire des bêtises.

Le tome 2 est constitué de sept histoires mettant en scène Akissi et son ami Edmond qui se prend pour Spectreman. Ces deux-là vont enchaîner les bêtises comme sauter du toit de la maison, faire fuir les patients chez le dentiste, dévorer la sainte cène, prendre une souris comme animal de compagnie, attraper des poux pour éviter de se faire tresser les cheveux, s’introduire dans un cinéma, faire tomber le maître.

Ce tome se lit vite, il fait moins d’une cinquantaine de pages. Il m’a rappelé de joyeux souvenirs d’enfance : Spectreman qui passait à la télé, le célèbre jeu de gâte-gâte au primaire, les séances de tresses les dimanches au retour de l’église. L’humour est également bien présent. Je pense lire d’autres tomes que je vais emprunter à ma nièce. Elle apprécie beaucoup cette série et je pense que les enfants et adolescents auront le même avis.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 90 : Seules les bêtes de Colin Niel

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Mystère

Mystère : Silence, obscurité volontaire faits sur quelqu’un, en particulier…

Synonyme : secret

J’ai pensé à un livre où des vies cachent bien des secrets …

Couverture Seules les bêtes

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, femmes et hommes prennent la parole et chacun a son secret, presque aussi précieux que sa vie.

Elle s’appelle Evelyne Ducat. Femme d’un notable du coin parti faire fortune à la capitale et revenu s’installer au patelin, elle a mystérieusement disparu. Elle était partie en randonnée solitaire. A-t-elle fait une mauvaise rencontre ou a-t-elle été emportée par la tourmente qui sévit sur le causse ?

Dans ce roman atypique, on ne suit pas une enquête policière. Tel un psychologue, on voit passer sur notre divan cinq personnages différents les uns des autres qui ont envie de dire quelque chose. Quelque chose en lien avec la disparition d’Evelyne ? Ils nous regardent l’air de dire, laissez les disparus, écoutez ceux qui sont présents. Alors comme un spécialiste, on prend carnet et stylo, on prête l’oreille et on laisse Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel, le mari d’Alice dévoiler les mystères de leurs vies.

De l’assistante sociale en passant par des paysans, une gosse de riche couturière à temps partiel et un aigrefin. Deux femmes, trois hommes qui manipulent ou se font manipuler. Des humains avec des manques à combler. Une solitude qui colle à la peau, une recherche effrénée de l’amour, de l’aisance sociale.

Et parce qu’au fond de nos vies, il y a toujours un morceau de la vie d’un (e) autre, ces cinq voix éclaircissent le mystère de la disparue.

Chacun a eu un contact direct ou indirect de quelques secondes à plusieurs jours avec elle. Un l’a touchée, l’autre l’a goûtée. Un l’a vue, l’autre l’a entendue. Un autre l’a sentie…

Seules les bêtes est un très bon roman choral. J’ai apprécié la fluidité de la plume et le clin d’œil inattendu à ma patrie même s’il est plutôt négatif. Je ne m’attendais pas à un tel retournement de situation. Ca parait de premier abord un peu tiré par les cheveux mais on se laisse prendre au jeu.

Les thèmes abordés sont intéressants: la solitude, les challenges des agriculteurs, la routine conjugale et ce qu’elle entraîne, trahisons et manipulations.

J’ai apprécié la capacité d’adaptation de l’écrivain, le registre littéraire adapté au background de chaque personnage. Je me suis même demandé s’il ne s’était pas fait aider pour la narration d’Armand tant le langage colle à l’histoire et au contexte géographique de ce dernier. 😀

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 89 : Le retour au pays d’Alphonse Madiba Dit Daudet

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: B comme…

B comme bande-dessinée

B comme Balafonie, le pays d’origine d’Alphonse Madiba

Alphonse Madiba dit Daudet est africain et heureux d’être en France, où il poursuit des études qui courent plus vite que lui… jusqu’au jour où il reçoit un arrêté d’expulsion. De retour en Afrique, il ballotte d’espoir déçu en désillusion cuisante, sans jamais remettre en question sa vocation innée de parasite magnifique. A travers le parcours rocambolesque, à la fois amer et comique, d’un émigré déraciné, Al’Mata et Edimo passent à la moulinette le rêve européen qui hante de nombreux jeunes Africains. Ce livre a reçu le prix de la meilleure BD africaine au Festival international de la BD d’Alger en 2011.

J’ai emprunté cette BD lors de la dernière rencontre Livr’échange qui s’est tenue dans une galerie d’art soit dit en passant. Ca a été l’occasion d’admirer des tableaux assez spéciaux.

Bref ! Revenons à la bande-dessinée.

Alphonse Madiba dit Daudet, étudiant en France depuis de très longues années reçoit un avis d’expulsion. Il faut dire que Daudet a passé son temps à beaucoup de choses sauf à ce pour quoi il était venu en France c’est-à-dire étudier et avoir des diplômes. Faire la java, accumuler les conquêtes au pays, telles étaient les matières qui comblaient l’emploi du temps d’Alphonse Madiba.

Quand Alphonse Madiba dit Daudet lit cet avis d’expulsion, il s’évanouit et la scène est à mourir de rire comme bon nombre de scènes de cette bande-dessinée rafraîchissante.

Daudet ne peut pas revenir en Balafonie, son pays d’origine, un pays imaginaire de l’Afrique, sans un diplôme en poche. Ses parents et tout le quartier doivent voir qu’il a réussi en France. Alors Daudet s’invente une vie qui fera la fierté de ses parents et des envieux au quartier…

Cette bande-dessinée d’une cinquantaine de pages se lit d’une traite. Le lecteur est totalement immergé dans le récit, les mésaventures de Daudet, malhonnête et mythomane.

J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette BD. C’est un bon moyen d’évasion. J’ai apprécié l’humour présent à chaque page, le réalisme des dessins.

Le retour au pays d’Alphonse Madiba Dit Daudet est le tome 1 des tribulations d’Alphonse Madiba dit Daudet. J’ai maintenant hâte de lire le tome 2.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?