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La parisienne et le highlander, sélection romance – Prix des auteurs inconnus

Roman concourant au Prix des auteurs inconnus 2017, catégorie romance.

Anaïs de Malincourt, jeune femme de 24 ans, vient de perdre son grand-père, l’unique famille qui lui restait. Entourée de sa bande d’amis, la tribu du 54 Ter, ces habitants de l’immeuble situé dans la rue du Cherche-midi à Paris, elle essaie de ne pas broyer du noir. Côté amour, c’est le néant. Elle n’a connu que des flirts.

Iain Mac Kelloch’, jeune homme de 32 ans, aîné d’une dynastie écossaise, est heureux en affaires, en amour par contre c’est autre chose. Une passion a refroidi ses rapports avec les femmes. Il est le maître de Thuata, l’un des plus beaux et des plus mystérieux domaines écossais.

Une femme et un homme, deux mondes distincts qui vont s’entremêler pour une mission commune : retrouver le Stùr Rionnag, la vie sur Terre en dépend. Une mission qui n’est pas sans embûches puisqu’une société secrète, la SEO le recherche également. D’après la légende, le Stùr Rionnag aurait des vertus thérapeutiques insoupçonnables. La société aimerait l’analyser et faire breveter leurs recherches. 

Anaïs et Iain vont alors devoir déchiffrer des mystères pour découvrir des secrets vieux de plusieurs siècles, remonter leurs arbres généalogiques, décrypter les armoiries et biens rares de leurs familles, exercer leurs dons singuliers pour localiser le Stùr Rionnag. Le lecteur est embarqué dans une folle aventure et il ne s’en plaint pas. On remonte le temps, on découvre des faits historiques. Ésotérisme et fantastique se joignent. Mélange intéressant mais on se perd un peu dans les mystères et les longueurs.

Ce roman obéit docilement aux clichés de la romance. Notre héros est riche et beau comme un dieu, il n’a qu’un léger défaut physique, notre héroïne n’est pas en reste. Elle est belle comme une sirène. Elle a des courbes voluptueuses. Homme comme femme salivent à leur passage. La jalousie va d’ailleurs être leur compagne attitrée. Les crises de jalousie du highlander m’ont un peu agacée. 

L’attirance est palpable dès leur première rencontre. On assiste à un coup de foudre “sexuel”, l’amour vient par la suite. L’érotisme est très présent, rêves érotiques et ébats sensuels peuplent le récit et tombent parfois dans le vulgaire. Je déteste le mot « baiser » dans le sens d’ébats sexuels. Je ne le trouve pas poétique.

Je redoutais ma lecture vu que je déteste les gros pavés mais j’ai finalement passé un bon moment de lecture. J’ai beaucoup apprécié le mélange romance / aventure. Le cliffhanger m’a légèrement ennuyée parce que c’est un vieux scénario des novelas. L’auteure a manqué d’originalité sur ce coup selon moi mais ça ne m’a pas ôté l’envie de découvrir le tome 2.  

Que dire de la forme de l’oeuvre ?

Le registre soutenu est utilisé et convient bien au contexte de l’oeuvre. On croise quelques mots familiers et désuets. J’ai ajouté de nouveaux mots à mon dictionnaire personnel.  Les descriptions sont nombreuses et lassent par moment.

Quelques coquilles ont résisté avec force et détermination à l’épreuve de la correction :

  • Si tu tiens à garder ton job dans ton journal, saches que je suis prêt – page 218
  • Tes yeux lancent des éclairs vert – page 389
  • Tu as été notre raison de survivre, ne l’oublies jamais -page 656
  • Ne la perd pas – page 764

 

Christmas

Existe en format Kindle et Broché

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Avez-vous des recommandations  de romans qui mêlent aventure et romance à me faire ?

Merci d’avance.

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Mélodie Éternelle, sélection romance – Prix des auteurs inconnus

Roman concourant au Prix des auteurs inconnus 2017, catégorie romance

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Je m’appelle Elena Kartachov, je suis médecin comme je l’ai toujours rêvé. Je suis arrivée à Paris à mes dix huit ans avec un seul objectif : faire des études de médecine.

Mais voilà, la vie nous réserve souvent des surprises et c’est sans m’en rendre compte qu’aujourd’hui, soir de la St Valentin, j’attends mon cher Sébastien. Un garçon qui pourtant avait tout pour me dégoûter et qui a fini par devenir mon âme sœur. Comment cela est-il possible ?

Laissez-moi vous conter cette histoire…

 

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Ce roman ne figurait pas dans ma sélection personnelle lors des présélections. J’ai été déçue de le voir parmi les finalistes. Comment les autres membres du jury avaient pu me faire ça ?!

J’ai longtemps retardé ma lecture. J’ai profité récemment d’un voyage en car pour le lire.

 

Elena, notre héroïne et narratrice, fait des allers-retours entre le passé et le présent. Je n’ai aucun souci avec les flash-back, je préfère juste qu’ils soient présents dans le récit à petite dose. Dans Mélodie éternelle c’est continuel et ça a fini par me lasser surtout que le moment présent ne comporte que quelques lignes.

Explorons donc le passé d’Elena, cette étudiante en médecine de 18 ans très studieuse. A l’école Paris Descartes, elle fait la connaissance du beau Sébastien et son groupe d’amis : Paul, Marie, Tatiana. Sébastien est un jeune homme vulgaire et fainéant qui ne pense qu’à s’amuser. On ressent bien que ses cours de médecine l’ennuient.

Il agace Elena, ce n’est pas son genre de mec. Elle préfère Paul, le meilleur ami depuis l’enfance de Sébastien. Paul est studieux, sympa, respectueux, réfléchi, sérieux. De belles qualités qui vont la jeter dans ses bras. Malheureusement, ce ne sera qu’une amourette. Nos personnages pratiquent la liberté sexuelle, nous sommes bien au 21e siècle. 

Le temps passe et elle va découvrir Sébastien sous une autre facette. L’attirance naît, elle est réciproque. Ça a d’ailleurs été un coup de foudre au premier regard pour Sébastien.

Ils ont des personnalités très différentes mais décident de vivre l’amour qu’ils ressentent l’un pour l’autre. Leur histoire est sensuelle, les ébats sexuels sont décrits sans vulgarité.

Sébastien a une passion, la musique. La médecine est un choix imposé par son père lui-même médecin. Avec le soutien d’Elena, il va abandonner ses études de médecine pour vivre sa passion. J’ai salué son courage, sa détermination. Avec son père, les relations ne sont pas au beau fixe et sa décision va empirer les choses.

J’ai été choquée par l’impolitesse de Sébastien envers son père. Qu’importe le comportement de son père, on lui doit du respect.

L’étoile de Sébastien se met à briller, son talent est reconnu, la célébrité frappe à sa porte et menace son couple. J’ai apprécié les hauts et les bas que ce couple va expérimenter. J’ai apprécié le réalisme de leur couple.

Puisqu’on est dans une romance, leur amour va triompher mais un événement va changer le cours de leurs vies. J’ai apprécié la tournure qu’a prise cette romance. Ça change des romances teintées de rose. La tournure aurait été plus surprenante s’il n’y avait pas eu les flash-back qui alertent le lecteur.

Mélodie Éternelle est une romance Carpe Diem, une lecture tendre que j’ai appréciée pour les thématiques abordées : les enjeux de la célébrité, l’avortement, les relations parent-enfant, l’amitié.

Que dire de la forme ?

Le langage courant emprunte quelques mots au registre soutenu. La narration est fluide. L’auteure nous offre de brefs bonus où le narrateur est Sébastien et nous permet ainsi de connaître ses états d’âme.

 

Quelques coquilles ont résisté à la correction :

Et Marie mets son grain de sel – page 72

Elle souit – page 151

La culpabilité m’envahie / Son parfum m’envahie pages 151/ 217

J’ai un large sourire que j’ai du mal contenir – page 195

car le le propriétaire – page 257

les désaper pour leur faire croire qu’ils ont baisés comme des bêtes – page 339

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Première édition : Angel Editions en juin 2016

Deuxième édition : Pandorica Editions en juillet 2017

Existe en version intégrale et sous forme de feuilleton

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Le tueur en série de la cité perdue

Je lis rarement des œuvres guinéennes, l’opportunité m’a été donnée au SILA 2018. Le volume du livre (moins de 100 pages) et le résumé m’ont poussé à acheter Le tueur en série de la cité perdue de Mamady Koulibaly. C’est un roman policier et je suis activement à la recherche de polar africain francophone.

l'Afrique écrit

Souleymane est un jeune guinéen qui a abandonné les bancs de l’école au secondaire. Il aimerait réussir mais de façon très rapide. Il aimerait gagner de l’argent assez rapidement. Son père a beau lui demander de continuer ses études, le jeune homme refuse. Il tente d’aller en Occident, il échoue à deux reprises mais ne démord pas. Il croit à l’Eldorado européen.

Un candidat à l’immigration est comme un chercheur d’or. Que les éboulements surviennent et emportent des âmes ; si le chercheur d’or n’y laisse pas sa vie, il poursuivra courageusement sa quête du bonheur. Il en est de même du migrant. La pirogue ou le navire peuvent tanguer ou même chavirer sous la pression des flots agités. Si le migrant s’en sort indemne, il voudra continuer l’aventure dans l’espoir de fouler un jour l’autre rivage de la Méditerranée.

 

Son ami Philippe tente de le raisonner, il peut réussir en restant au pays, demander l’aide de son oncle pour ouvrir un commerce. Il y a un hic, Souleymane s’est embrouillé avec son oncle. Philippe lui conseille d’aller voir Koro Sina, un charlatan qui facilitera leur réconciliation mais Koro Sina a d’autres plans d’acquisition de richesse.

Souleymane va les suivre et commettre des meurtres que le commissaire Youssouf et l’inspecteur Simakan s’emploieront à élucider.

Nous avons là un bref roman policier. Il ne fait ni frémir, ni réfléchir. Le meurtrier est connu d’avance, les meurtres vite résolus. Ce qui importe dans ce roman c’est le voyage et non la destination. L’auteur nous fait découvrir la Guinée Conakry, les maux qui la minent et aborde un sujet d’actualité : l’immigration clandestine.

J’ai apprécié ma lecture même si j’aurais voulu qu’elle soit plus haletante.

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Lisez-vous souvent des polars africains ? 

 

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L’orgueil du désert de DJENEBA FOTIGUI TRAORE

Je lis rarement des œuvres maliennes, l’opportunité m’a été donnée au SILA 2018. L’association des éditeurs maliens était en effet présente au Salon.

Le volume du livre (100 pages) et le résumé m’ont poussé à acheter L’orgueil du désert.

l'Afrique écrit

Binta est la fille du ministre de la Sécurité de la République du Mali. A la veille de son mariage avec Iba Diakité, un jeune diplomate, elle est enlevée. Les ravisseurs ne demandent pas une rançon. Ce sont des rebelles qui en ont après les systèmes de gestion du président.

Le père de Binta aimerait négocier avec les rebelles mais le président ne l’entend pas de cette oreille. Désespéré, le père de Binta va se soustraire à cette pression par la drogue et l’alcool.

Cette famille qui s’apprêtait à célébrer un événement heureux va sombrer entraînant avec elle le fiancé Iba. J’ai eu mal en lisant le sort que lui réserve la fatalité.

Binta est violée. Développant le syndrome de Stockholm, elle va s’éprendre de celui qui a volé son innocence, Ag Mahmoud, chef de la rébellion et du camp AMISTAD.

L’histoire étant très courte, ce syndrome est survolé. J’aurais voulu qu’il soit plus développé.

Je pensais au début qu’il était question de terroristes comme AQMI mais il s’agit de rebelles qui désirent que les dirigeants fassent un peu plus attention aux besoins du peuple. Leurs projets vont être contrecarrés par un groupe de rebelles encore plus radicalistes. Ils revendiquent l’indépendance des trois régions. Comme dans tout conflit, ce sont les femmes qui en pâtissent le plus. J’ai eu mal en lisant le sort réservé à Binta et toutes les femmes du camp Amistad.

Que dire de la forme de l’oeuvre ? Le langage est soutenu, le récit fluide contient des figures de style comme l’anaphore.

J’ai apprécié ma lecture malgré la tristesse qui découle de ce roman. L’histoire est trop courte, j’aurais voulu passer plus de temps avec les personnages.

La  phrase toute mignonne

Il prend son fils avec le visage que j’attendais : le visage  d’un père plein de vie, le visage d’un père sur qui la mère peut compter, le visage d’un père qui vous donne l’envie de donner encore mille vies.

 

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Quels auteurs maliens recommanderiez-vous  ?

 

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Lecture commune de Underground Railroad – Prix Pulitzer 2017

J’ai repéré ce livre grâce à l’émission la Grande librairie. Je l’avais inscrit dans ma liste de livres à lire cette année et Ève, une fidèle abonnée sur Facebook et à ma box littéraire, m’a proposé une lecture commune.

Nous avons débuté la lecture le 5 Mai, Eve l’a lu en moins de 3 jours. Il m’a fallu une semaine pour le lire, faute de temps.

 

DE QUOI PARLE LE TEXTE ?

 

Underground Railroad est une fiction historique. Récit très utile pour moi puisque j’ignorais l’existence du chemin de fer clandestin.

Cora est le personnage principal. Jeune esclave de 16 ans, née dans une plantation de coton de Géorgie. Un jour, Caesar, esclave arrivé à la plantation il y a un an et demi lui dit qu’il va s’échapper via l’Underground Railroad et qu’il aimerait qu’elle vienne avec lui. 

C’était la grand-mère de Cora qui parlait à travers elle, ce dimanche soir où Caesar mentionna le chemin de fer clandestin, l’Underground Railroad, et où elle dit non. 

« J’ai pas l’intention de me faire tuer par Connelly, ni par la patrouille, ni par les serpents. » Cora plissait encore les yeux d’incrédulité face à la bêtise de Caesar quand elle reçut son premier bol de soupe. Le Blanc passe ses journées à essayer de vous tuer lentement, et parfois de vous tuer plus vite. Pourquoi lui faciliter la tâche ? Voilà au moins une chose à laquelle on pouvait dire non.

 

Trois semaines plus tard, elle dit oui. C’était la voix de sa mère, Mabel, qui parlait à travers elle. Mabel s’était échappée, il y a environ 6 ans de la plantation, laissant sa fille toute seule. On ne l’avait jamais retrouvée. 

Cora va quitter la Géorgie à bord du chemin de fer clandestin, mis en place par des blancs. On découvre alors toute la terminologie de ce chemin de fer :

  • les gens qui aidaient les esclaves à trouver le chemin de fer étaient les « agents » 
  • les guides étaient les « chefs de train »
  • les lieux secrets étaient les « stations » 
  • les « chefs de gare » cachaient les esclaves chez eux

 

Arrivée en Caroline du Sud, elle découvre une ville où des noirs et des blancs cohabitent. Elle s’y sent bien, n’a pas envie de continuer son chemin vers la liberté mais la désillusion va frapper à sa porte. 

S’ils avaient été raisonnables et avaient poursuivi leur voyage, Caesar et elle seraient déjà dans les États libres. Comment avaient-ils pu croire que deux misérables esclaves étaient dignes de la générosité de la Caroline du Sud ? Qu’une nouvelle vie existait si près, juste derrière les limites de la Géorgie ? Ça restait le Sud, et le diable avait de longs doigts agiles. Et puis, après tout ce que le monde leur avait enseigné, comment ne pas reconnaître des chaînes quand on les leur fixait aux poignets et aux chevilles… Celles de Caroline du Sud étaient de facture nouvelle – avec des clefs et des cadenas typiques de la région – mais elles n’en remplissaient pas moins leur fonction de chaînes. Ils n’étaient pas allés bien loin.

 

Elle dormit très mal. Sur les quatre-vingts couchettes, les femmes ronflaient et s’agitaient sous les draps. Elles s’étaient mises au lit en se croyant libres, hors d’atteinte des Blancs, de leur contrôle et de leurs injonctions concernant ce qu’elles devaient faire et être. Convaincues qu’elles maîtrisaient le cours de leur vie. Mais ces femmes demeuraient un troupeau domestiqué. Non plus une pure marchandise comme naguère, mais du bétail : élevé et stérilisé. Parqué à l’intérieur de dortoirs comme dans un clapier ou des cages à poules.

 

C’est comme ça qu’agissent les tribus européennes, disait-elle. Ce qu’elles ne peuvent pas contrôler, elles le détruisent.

 

Son maître Randall a donné l’alerte. Cora est une fugitive et est activement recherchée par le chasseur d’esclaves Ridgeway. Ce dernier n’ayant pu retrouver la mère, retrouver la fille devient son ultime but.

La peur s’installe. Les prières commencent, on a peur qu’il la retrouve. Quand cela arrive, la peur devient effroi. Quel sort son propriétaire va-t-il lui réserver ?

On suit attentivement chacune des péripéties. On gémit de douleur en lisant les avis de recherche des fugitifs, le sort qui leur est réservé ainsi qu’aux blancs qui les cachent.

J’ai eu une immense peine pour Homer, ce jeune garçon attaché à Ridgeway. C’est son homme de main. Il l’accompagne partout dans ses sales besognes. Il est admiratif de son maître, comme s’il était son créateur. A travers lui, on se se rend bien compte de l’impact psychologique de l’esclavage.

A plusieurs reprises dans le récit, les blancs qualifient de bêtes les Noirs oubliant que ce sont eux qui les ont abrutis pour pouvoir mieux  les manipuler.

 

Colson Whitehead nous montre le visage de l’Amérique d’autrefois, un visage qui n’a pas perdu ses marques…

 

Sur la forme, le livre se lit plutôt aisément, il y a quelques longueurs mais elles ne sont pas gênantes.

Underground Railroad est un roman nécessaire. Pour l’acheter, cliquez ICI

 

Ève a adoré. C’est un coup de cœur et le roman lui a donné envie de lire d’autres livres sur l’esclavage. J’ai également d’autres livres dans ma PAL sur l’esclavage mais je lirai d’autres livres avant eux. J’ai besoin de souffler. 

 

Connaissiez-vous le chemin de fer clandestin ? Avez-vous lu d’autres œuvres de Colson Whitehead ? 

 

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Coup de cœur pour Rebecca de Daphné du Maurier

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Rebecca est comme un endroit où tous ceux qui en sortent sont ravis. Ils le recommandent. J’hésite, finis par entrer et là…

C’est le coup de cœur pour la plume de l’auteure. Les descriptions sont précises, abouties, animées, vivantes. J’ai apprécié l’usage récurrent du parallélisme.

Il avait la voix des docteurs de maison de santé quand les parents du malade viennent demander des nouvelles.

Le style est soutenu, il m’enchante. Il questionne ma plume, lui exige encore plus de rigueur.

 

L’intrigue emprunte le même chemin d’enchantement. La narratrice est une jeune demoiselle de compagnie de 21 ans. Elle ne donne pas son nom. Anonyme, elle n’a aucune famille. Elle manque cruellement de confiance en elle, un manque exacerbé par son mariage avec Maxim de Winter, un veuf de 42 ans qui selon les bruits qui courent est encore très affecté par la perte de sa femme. Rebecca était une belle et magnifique femme, aimée et admirée de tous. C’était une bonne vivante. Une femme qui avait marqué l’existence de ceux qui vivaient encore.

A Manderley, tout le monde est encore très affecté par la mort de Rebecca, la première Mme de Winter. Elle est irremplaçable selon Mrs danvers, la gouvernante. Le lecteur s’éprend de Rebecca. On regrette de ne pas l’avoir connue, côtoyée.

Notre héroïne a par conséquent du mal à trouver sa place. Timide, inexpérimentée, elle vit dans l’ombre de Rebecca. Elle est hantée par la personnalité ensoleillée de Rebecca.

Se souciant beaucoup de ce que pensent les autres, refusant de s’affirmer, perturber l’ordre préétabli par Rebecca, elle se fond dans le moule. Elle aime désespérément Maxim mais elle sent qu’il ne l’aime pas. Elle est persuadée qu’elle ne pourra pas lui donner un bonheur plus grand que celui qu’il a vécu avec Rebecca.

 

Je suis contente qu’on ne puisse l’avoir deux fois, la fièvre du premier amour. Car c’est une maladie et c’est un fardeau, quoi qu’en puissent dire les poètes.

 

 

Ce que j’avais cru de l’amour pour moi, n’était pas de l’amour.  Il était un homme, j’étais sa femme, et j’étais jeune, et il était seul, voilà tout. Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca.

Elle est prête à jeter l’éponge lorsqu’un secret vient changer la donne. Une grosse surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Je vois alors l’histoire autrement. Mon attrait pour Maxim et notre héroïne s’accroît. Leur amour devient une urgence.

Et si Rebecca n’était pas celle qu’on croyait être ?

Les rebondissements s’enchaînent.

 

J’avoue, j’ai eu peur.

J’avoue, j’ai prié pour qu’un meurtre ne soit pas élucidé.

Sans vous en dévoiler davantage, Rebecca est un excellent roman psychologique.

Rebecca est un must-read. J’ai adoré ma lecture, surtout le dénouement. Je vous le recommande avec une vive énergie.

 

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Service presse : Carambole et le secret de Kabriol

Couverture Carambole et le secret de Kabriol

Grand merci à Publishroom pour ce service presse. Je me suis laissé tenter par ce livre après lecture du résumé qui annonçait une folle aventure, des rencontres merveilleuses ou inquiétantes.

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Carambole est une jeune fille de 20 ans qui a reçu de son grand-père un don : celui de parler aux animaux. Elle vit avec sa mère, son frère jumeau Marcus, sa sœur aînée Loli et sa chienne Mazale à Luksandrou. La jeune fille est passionnée de chant. Un soir, elle fait la rencontre de Matis qui l’encourage à partir à Kabriol et vivre de sa passion.

Je connais un endroit merveilleux, à nul autre pareil, 

Où tous les arts du monde s’expriment librement.

Chacun participe, d’une façon ou d’une autre, à la force créatrice

Qui fait battre le cœur de ce royaume des artistes.

Ceux qui, comme toi, ont un don particulier, y sont attendus.

Ta place est parmi eux, à Kabriol.

Il te faudra emprunter un long voyage,

Et surmonter toutes tes craintes,

Mais sur le chemin de Kabriol,

Tu trouveras les réponses à tes questions.

Et lorsque tu seras certaine d’être arrivée à la Cité des Arts,

N’oublie pas de planter une olive de cet arbre, 

A la place qui lui est destinée

Avant que le sort ne soit à jamais scellé.

 

Carambole fait confiance à Matis et débute un voyage initiatique vers Kabriol. A chaque étape de son voyage, elle va rencontrer des personnes très aimables :  Ora, Yrone, Seb, Michel, Virgil, Crystal, César qui vont lui donner petit à petit les pièces pour reconstituer le puzzle de son destin et comprendre le but de sa vie.

Carambole rencontre des obstacles sur son chemin mais ils sont très vite résolus. Ses peines sont légères comme si les auteurs voulaient ménager l’héroïne. 

Les forces du mal ne restant pas au chômage bien longtemps, elle va rencontrer sur son chemin de vilains méchants comme Dialo, le magicien, et Tony le cupide. Ils ne commettent pas des actes monstrueux. Tout est cadré pour ne pas choquer le lecteur. 

Je suis restée insensible au surnaturel présent dans le récit : les sortilèges, les rencontres avec les créatures fabuleuses comme les fées ne m’ont pas subjuguée. 

 

Carambole va aussi rencontrer l’amour. Un coup de foudre trop mielleux pour moi. J’aime la romance mais je préfère des histoires d’amour où le couple est confronté à de réelles difficultés. La romance de Carambole est trop belle, trop rose. C’est un conte de fée pour princesse. 

Le récit est gentillet, rempli de bons sentiments : l’amour, l’entraide, la générosité, de bonnes leçons de vie mais son côté enfantin, trop lisse m’a ennuyée à plusieurs reprises.   

J’aurais voulu que l’intrigue soit plus corsée mais je respecte le choix du duo d’auteurs. Elles ont taillé un univers sur mesure pour enfants et adolescents. N’étant clairement pas la cible, je conseillerai cette oeuvre aux 11-15 ans et aux adultes fans de littérature jeunesse. 

 

Pour acheter le roman c’est par ICI

 

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Lu le Prix du Jeune écrivain 2018 et…

Je vous l’ai déjà dit les amis, chaque livre nous apprend quelque chose surtout ceux qui reçoivent des prix. Je n’ai donc pas hésité à acheter Toutankhamon, la légende de l’enfant pharaon, Prix national Bernard Dadié du jeune écrivain 2018.

L’auteur nous fait remonter le temps, plus de trois mille ans avant notre ère. Nous sommes en Egypte, sous le règne de Akhenaton. Le pharaon a deux épouses : Mésyt, sa sœur au cœur généreux et Râhmessou, princesse hittite très ambitieuse.

Le prince héritier doit être issu de Mésyt mais cette dernière n’enfante pas. Ses prières aux dieux ne semblent pas trouver de réponse. Râhmessou, elle, réussit à donner un descendant au pharaon. Elle sollicite alors l’aide des forces occultes pour rendre aride les entrailles de so co-épouse mais le destin vient bouleverser ses plans par la naissance de Toutankhamon.

 

A la mort d’Akhenaton, le peuple est inquiet. Qui sera le prince héritier : Amenhotep, vaillant guerrier, ou Toutankhamon, l’enfant fébrile et chétif ?

Nos deux princes nous emportent dans un flot d’aventures afin d’accéder au pouvoir. J’ai été attentive à chacun de leurs pas, leurs mots, pensées et choix. J’ai été subjuguée par la plume alerte et vive de l’auteur. J’ai apprécié ses phrases remplies de la sagesse des anciens.

Les prêtres du temple affirmaient que les dieux se passionnaient pour la curiosité des hommes, et que la foi était plus liée aux réponses à trouver qu’aux vérités établies.

 

La vie garde des choses jalousement pour elle. Elle les dévoile souvent contre le gré des dieux et des hommes.

 

Pouvoir, corruption, spiritualité, respect de la vie et de la nature, combat entre le bien et le mal sont au cœur de cet ouvrage.

Toutankhamon est un excellent conte fantastique, une légende à découvrir. J’ai hâte de lire le tome 2.

 

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J’ai participé le mercredi 23 mai à un café littéraire de l’association Point de lecture où l’auteur invité était Seydou Gougna. J’ai pu en apprendre un peu plus sur les coulisses du roman.

L’auteur est passionné de l’Egypte, sa femme passionnée de Cheikh Anta Diop. Il a voulu à travers ce premier roman partager une histoire africaine avec les africains. Son oeuvre est une révolte intérieure, un appel à la vérité. Il lui a fallu 3 à 4 ans de recherche pour construire le roman. Il a préféré faire une fiction historique, ne se sentant pas capable de faire un essai.

Les participants ayant lu l’oeuvre ont comme moi apprécié leur lecture à l’instar de M. Henri Nkoumo, directeur du livre au ministère de la culture et de la francophonie. Selon lui, l’auteur a su mettre l’Egypte antique à la hauteur du regard de tout africain. L’auteur a un destin littéraire, il peut grâce à la puissance de sa plume affronter n’importe quel genre littéraire.

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No Home de Yaa Gyasi, quelle saga familiale !

Il y a des livres qui nous hantent. On a beau remettre leur lecture à demain, ils sont là sous nos yeux, dans notre fil d’actualités sur Facebook, Twitter. Ils s’imposent. L’envie de les lire devient plus pressante, dévorante. 

Cela fait un an que je désire lire No home de Yaa Gyasi. Ne le voyant nulle part en librairie, j’ai décidé de le lire en version numérique. 

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18e siècle, Pays Fanti, Côte de l’Or

Le rideau s’ouvre sur Effia, une jeune fille Fanti mal aimée de sa belle-mère. Effia rêve d’épouser Abeeku Badu mais sa belle-mère rusée en décide autrement. Elle la marie à un anglais qui fait le commerce des esclaves. Effia va vivre confortablement sur le fort de Cape Coast, là où des centaines de femmes, d’hommes, d’enfants prisonniers ashantis se préparent petit à petit au rôle d’esclave.

Esi fait partie de ceux-là, c’est une jeune fille Ashanti. Avant le fort, elle était la fille du Grand Homme et de sa troisième femme, Maame. Aujourd’hui, elle n’était que poussière. Avant le fort, elle était la plus jolie fille du village. Aujourd’hui, elle n’est rien.

J’ai partagé sa vie dans ce cachot puant, entendu la détresse des mères, des jeunes filles. 

Effia et Esi ne le savent pas mais elles sont sœurs. Maame, esclave Ashanti, s’est enfuie de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle a épousé un Ashanti, et a donné naissance à une autre fille, Esi.

Une mère, deux filles, deux destins. L’une qui part vers l’inconnu, l’autre qui reste. La descendance d’Effia vivra à la Côte de l’Or, celle d’Esi en Amérique. 

Chaque chapitre permet de découvrir l’un de leurs descendants. J’ai découvert le présent de Quey, Ness, James, Kojo, Abena, H, Akua, Willie, Yaw, Sonny, Marjorie et Marcus. 

J’ai lu avec un cœur meurtri les conditions de vie des esclaves à travers Ness. De tous les personnages, c’est elle que j’ai eu du mal à laisser. Il faut le reconnaître, les blancs ont été inhumains. 

Avant qu’Esi ne parte, l’homme qui s’appelait « Gouverneur » lui sourit. C’était un sourire bon, plein de compassion, sincère. Mais pendant le reste de sa vie, dès qu’elle verrait un sourire sur un visage blanc, Esi se rappellerait celui du soldat avant qu’il ne l’emmène dans ses quartiers, et elle se souviendrait que lorsque les hommes blancs souriaient, cela signifiait seulement que d’autres malheurs étaient à venir.

 

J’ai admiré le courage de James qui a refusé de continuer le commerce d’esclaves  florissant de sa lignée paternelle. 

Mon cœur a saigné quand Jo a été séparé de sa femme Anna. Quand bien même les esclaves seraient libres, ils ne pourraient bénéficier que d’une liberté précaire. 

 

No home est une histoire poignante qui aborde la tragédie qu’ont connu des femmes, des hommes, des enfants. Des êtres humains considérés comme des objets à qui l’on a retiré identité, famille, us et coutumes, ancêtres, croyances, pensées, langues, libertés. 

« Le dieu de l’homme blanc est comme l’homme blanc. Il pense qu’il est le seul dieu, juste comme l’homme blanc pense qu’il est le seul homme. Mais la seule raison pour quoi il est dieu au lieu de Nyame ou Chukwu ou n’importe qui, c’est parce que nous le laissons faire. Nous ne le combattons pas. Nous ne le contestons même pas. L’homme blanc nous a dit que c’était comme ça, et nous avons dit oui, mais quand l’homme blanc nous a-t-il jamais dit qu’une chose était bonne pour nous et que cette chose était vraiment bonne ? Ils disent tu es un sorcier africain, et alors ? Et alors ? Qui leur a dit ce qu’est un sorcier ? »

 

Ceux qui partent souffrent, ceux qui restent luttent. Les Blancs vendent les Ashantis, ce peuple de guerriers fiers de son histoire mais ils veulent aussi posséder leurs terres. Le peuple Ashanti va se battre pour garder ce qui est à lui.

 

Je salue le travail de documentation de l’auteure qui a su représenter l’histoire du Ghana pendant trois siècles. Yaa Gyasi est sagace, sa plume est captivante, ses phrases percutantes. Son roman m’a davantage permis de saisir le danger de l’histoire unique

« C’est le problème de l’histoire. Nous ne pouvons pas connaître ce que nous n’avons ni vu ni entendu ni expérimenté par nous-mêmes. Nous sommes obligés de nous en remettre à la parole des autres. Ceux qui étaient présents dans les temps anciens ont raconté des histoires aux enfants pour que les enfants sachent, et qu’eux-mêmes puissent raconter ces histoires à leurs enfants. Et ainsi de suite, ainsi de suite. Mais maintenant nous arrivons au problème des histoires conflictuelles. Kojo Nyarko dit que les guerriers qui arrivèrent dans son village portaient des tuniques rouges, mais Kwame Adu dit qu’elles étaient bleues. Quelle histoire faut-il croire alors ? »
Les garçons n’émirent aucun son. Ils restèrent à le fixer, attendant la suite.
« Nous croyons celui qui a le pouvoir. C’est à lui qu’incombe d’écrire l’histoire. Aussi quand vous étudiez l’histoire, vous devez toujours vous demander : “Quel est celui dont je ne connais pas l’histoire ? Quelle voix n’a pas pu s’exprimer ?” Une fois que vous avez compris cela, c’est à vous de découvrir cette histoire. À ce moment-là seulement, vous commencerez à avoir une image plus claire, bien qu’encore imparfaite. »

 

 

Effia ne comprenait pas ce besoin d’appeler une chose « bonne » et une autre « mauvaise », celle-ci « blanche » et cette autre « noire ». Dans son village, chaque chose était un tout. Chaque chose pesait le poids de tout.

 

 

 

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman mais je préfère m’arrêter là et vous demande humblement de lire ce roman. Ne passez pas à côté de cette belle lecture.

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Le chasseur de lucioles, trente jours à Libreville

Comment ce livre est-il arrivé dans ma PAL ?

Je recherche activement les auteurs de roman policier africain en particulier les auteurs francophones. J’ai entendu parler de Janis Otsiemi, il y a deux ans. Son roman, les voleurs de sexe, était finaliste au Prix Ivoire 2016

Je l’ai noté dans ma wishlist mais Owali Antsia m’a plutôt recommandé de lire Le chasseur de lucioles, le meilleur à ce jour selon elle. 

Je l’ai donc inscrit dans ma wishlist d’anniversaire et ma sœur aînée a bien voulu me l’offrir.

 

l'Afrique écrit

Janis Otsiemi nous entraîne au Gabon, un pays que j’ai découvert grâce aux chroniqueuses africaines sur Facebook. J’ai découvert et pris goût à la langue française gabonisée, aux expressions françaises teintées de la couleur locale :

Malparler de quelqu’un : dire du mal de lui

Etre dans le nguimbé : être fauché

Ambianceur : fêtard

Bouya- bouya : embrouilles

combi : complice

cascadeur : homme qui entretient des relations sexuelles avec plusieurs femmes

onusienne : femme légère, frivole

katangaise / tuée-tuée : prostituée

 

 

Le chasseur de lucioles a pour cadre Libreville. Les événements se déroulent du Dimanche 1er juin au lundi 30 juin. 30 jours pendant lesquels j’ai visité les rues des quartiers de Libreville de Nzeng Ayong à Glass en passant par Akébé. 

Dimanche 1er Juin

Un type est retrouvé mort sur la plage du Tropicana. La nature criminelle de cette affaire ne fait aucun doute. Les policiers Louis Boukinda et Hervé Envame sont chargés de l’enquête. Très vite, le lecteur découvre l’identité du tueur et ses futurs projets. On est impressionné par ses attaques à main armée dignes des films d’action américains. J’étais curieuse de savoir comment Boukinda et son collègue mettraient la main sur lui. Hélas, les complices  de ce dernier ainsi que le duo de policiers Koumba – Owoula ne vont pas leur faciliter les choses.

Samedi 7 juin

Une femme est retrouvée morte dans un motel à Nzeng-Ayong. Le duo de policiers Koumba – Owoula est chargé de l’enquête. Les meurtres se succèdent, tous horribles les uns que les autres.

La police de Libreville n’était pas celle de New York. Ici pas de médecins légistes ni de police scientifique. Il fallait faire avec les moyens du bord. Faire usage de son flair pour trouver des indices et les interpréter.

Dans cette affaire criminelle, le lecteur découvre également très vite l’identité du tueur et ses motivations. J’ai donc été spectatrice de l’enquête des policiers. J’ai été un peu frustrée, j’aurais voulu me triturer les méninges afin de découvrir l’identité du tueur et son mobile.

 

 

Janis Otsiemi nous livre un roman policier ethnique qui dépeint les réalités sociétales du Gabon : corruption à grande échelle, cupidité des policiers, pauvreté grandissante qui pousse à la prostitution et au grand banditisme, tribalisme.

 

le chasseur de lucioles janis otsiemi

J’ai apprécié le découpage chronologique du récit, les proverbes africains qui introduisent les courts chapitres :

Le mal qu’on te fait la nuit a commencé le jour.

 

Le singe qui a une longue queue ne saute pas au-dessus du feu.

 

Durant ma lecture, j’ai ressenti une petite gêne. J’ai eu l’impression que les personnages accusaient les étrangers (les équato-guinéens, les camerounais et les nigérians) d’être responsables de leurs malheurs. Les équato-guinéennes et les camerounaises sont celles qui ont vulgarisé la prostitution dans le pays. Les Nigérians et camerounais sont responsables du grand banditisme. 

Le chasseur de lucioles janis otsiemi

 

J’ai également été choquée par l’une des réflexions d’Owoula sur les prostituées. 

À Libreville, une prostituée est découverte sauvagement assassinée dans un motel de la périphérie. Les agents de la PJ - de fidèles abonnés des bordels de la capitale - pensent tout d'abord à un crime de rôdeur... Quand une seconde fille est retrouvée égorgée dans un autre hôtel du quartier, les policiers sont encore loin d'imaginer qu'ils ont affaire à un client bien décidé à nettoyer la ville de toutes ses lucioles... Celui qui te veut du mal la nuit a commencé à t'en vouloir le jour. C'est dans ce climat de psychose générale que les gendarmes de la DGR enquêtent de leur côté sur le braquage d'un fourgon de la Société Gabonaise de Sécurité dont le butin de plusieurs millions de francs CFA attise bien des appétits...

« Les femmes au foyer sont des putes privées. » La phrase vous choque ou pas du tout ?

 

En conclusion

Le chasseur de lucioles est une lecture fluide et intéressante. Si vous désirez découvrir le Gabon en mode aventure palpitante, ce livre vous ira bien. 

 

Christmas

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Disponible en version grand format et poche. 

Nombre de pages : 208

 

La littérature gabonaise, vous la connaissez peu, beaucoup ou pas du tout ?

 

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