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TTL 96 : J’écris de profil – Placide Konan

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: E comme…

Ecrire. Ca tombe bien, je connais un poète ivoirien qui écrit de profil.

Couverture J'écris de profil

Alors, tour à tour, sont convoqués dans un cri-oxymore Césaire et Soyinka, Négritude et Tigritude, Oralité et Ecriture pour dire une nouvelle histoire, une scripto-oralité, dans laquelle l’écrit, l’oral et la négrité s’embrassent en ECRITUDE:
J’écris au secours
En jetant cette canne à vers
Avec l’espoir
De repêcher une lettre
Au moins
De notre histoire
La vraie
De notre alphabet
De notre alphabet nègre
Qui compte quatre lettres
N-O-I-R
(…) Ces mots, ces vers, ces paroles sont tirés de J’écris de profil, le livre-poème de Placide Konan, l’eau dormante qui sait devenir un volcan impétueux.

Le poète évoque en 81 pages l’aventure ambiguë, l’étrange destin de l’homme Noir qui se décline en douloureuses séquences: le drame des étudiants noirs, les souffrances de la jeunesse noire, les misères du monde noir, et cet incroyable sentiment d’échec du monde noir.

Au bord des routes

Rouge sables

Nos pères

Semblent être morts

Nègres

Pour rien

Ou peut-être

Pour quelques Euros

On ressent dans ce poème-fleuve, le bouillonnement intérieur du poète.

Mais je sais qu’un jour Dieu me dira

Pourquoi je suis noir

Pourquoi

J’ai tout le soleil de la terre

Et que Mon soleil est une étoile

Qui tarde à briller

Dans l’Ombre blanc ciel

Fumant ma vie

J’écris de profil a été une intéressante découverte mais pas mémorable.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Il est à toi ce beau pays, une oeuvre magistrale

« Il est à toi ce beau pays » présente l’Afrique appétissante, gâteau de l’un, débouché économique de l’autre ;  l’Afrique, ce continent dévisagé, remodelé, privé de sa substance. Mère à qui l’on n’a pas laissé le temps de faire le deuil. Après avoir perdu ses fils, on la prive de ses terres.

« Il est à toi ce beau pays » expose le passé douloureux de l’Afrique, glorieux de l’Europe…

On entend d’abord la voix dépressive d’Ota Benga, Pygmée congolais du peuple des Mbuti qui a été notamment exposé au zoo du Bronx de New York en 1906.

La voix puissante et dominatrice des colons se fait aussi entendre, notamment celle de Léopold, roi des Belges. On découvre (ou redécouvre) toute la stratégie politique de l’Occident pour s’approprier ces terres africaines entre 1873 et 1896.

Entre-temps, pour échapper à la soumission irréversible, il fallait mettre en oeuvre un ensemble de principes : civilisation, christianisation et commerce.

« Et surtout, il faut du temps, pour coloniser, continua-t-il pour lui même. Car il ne suffit pas de préparer les expéditions. Il faut préparer l’opinion ! Il faut persuader le peuple du bien-fondé de nos actions outre-mer. Il faut le pétrir de bons sentiments, lui faire miroiter des actions humanitaires à la pelle ! La civilisation, l’aide au développement, le partage des valeurs de la vieille Europe et autres balivernes…

Le partage de nos valeurs ! s’emballa le petit homme. Comme c’est malin ! Qui pourrait refuser une idée si généreuse ?

« Très bien, cet article, très bien, se félicitait Jules Ferry, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, les favoris traînant sur Le Figaro du jour. Il tombe à point pour l’ouverture de la conférence de Berlin. La chance de l’Afrique, c’est la France ! Pas l’Angleterre, pas la Belgique, mais la France ! Il faut que tout le monde le sache !

“Pour mes cinquante ans, je veux devenir roi du Congo.” Dixit Léopold, roi des Belges

Léopold est un homme abject, Jules Ferry également. Je suis désolée mais je n’ai aucune estime pour ceux qui ont favorisé la suprématie blanche.

Mon cœur s’est serré en lisant toute la violence de la colonisation, toute la naïveté des indigènes qui signent des papiers sans lire. Ils avaient confiance, peau noire, cœur blanc…

Jennifer Richard révèle une vérité essentielle :

Peu à peu, il avait compris qu’il n’existait pas de conscience africaine à l’échelle du continent. La solidarité ne fonctionnait qu’à hauteur de tribu. Nombreux étaient les chefs de clan qui effectuaient des rapts dans les villages voisins, en échange de quelques pièces d’étoffe.

 

J’ai constaté une fois de plus avec dégoût que la politique internationale n’a pas changé de 1800 à 2018. 

« Ce que je veux vous dire, c’est que les Européens ont une fâcheuse tendance à dénoncer les atrocités des chefs africains pour donner un vernis de légitimité à leurs invasions. Mais leur immixtion a pour effet de déstabiliser le continent. »

N’est-ce pas ce qui s’est passé avec Kadhafi ?

Ce roman décrit parfaitement la philosophie occidentale :

« Ah, l’Europe ! Bien sûr. Cette entité prométhéenne s’est proclamée juge universel. Et pendant qu’elle accuse, on ne voit pas que ses pieds trempent dans le sang.

– Tu vois l’Europe plus cynique qu’elle n’est.

– Vraiment ? Tu penses que vous avez renoncé à l’esclavage pour le bien-être des Africains ? Vous n’avez fait que supprimer un système qui profitait à certaines nations plus qu’à d’autres. D’ailleurs, vous n’avez pas supprimé l’esclavage. Vous n’avez fait qu’effacer le mot. L’Europe aime les concepts. Enrobe tes meurtres des mots civilisation et liberté, et tu verras, on te pardonnera tout.

“Voyez ? C’est tout le problème avec vous, les Européens. Vous êtes choqués dès qu’on touche un cheveu de vos congénères. Alors, vous vous délectez des supplices qu’ils ont subis, vous vous en repaissez comme des porcs, en faisant semblant d’être traumatisés. Il ne s’agissait pourtant que de sept marchands sans vergogne. Mais les autres ? À l’instant, je vous ai parlé de mille huit cents morts dans notre camp et ça ne vous a fait aucun effet. Pas de réaction, pas le moindre battement de cils. Pourtant, ils ne sont pas morts dans leur sommeil, eux non plus.”

Constat déplorable que j’ai fait ouvertement sur mon blog en parlant de la Somalie.

« Il faisait partie de cette caste de rebuts qui n’avaient pas trouvé leur place en Europe et qui partaient en quête d’aventure, d’argent et de respect. »

N’est-ce pas ce que les migrants font ? Un acte qui a été applaudi hier et qui est désapprouvé aujourd’hui. Comme le dit Emmelie Prophète dans son livre, la libre circulation devrait se faire dans les deux sens !

La communauté occidentale actuelle doit-elle se sentir coupable ? L’un des narrateurs a une réponse : la culpabilité est personnelle, elle n’appartient pas à la communauté.

Chacun devrait donc se poser les questions sur les conditions de vie des personnes qui cultivent les matières premières et nous permettent d’avoir vélo, vêtement, téléphone portable.

 

Jennifer Richard raconte la vie des explorateurs qui ont favorisé cette pénétration en Afrique Centrale : Stanley, Brazza et bien d’autres figures historiques comme David Livingstone, Joseph Conrad.  Elle dévoile leurs obsessions, ambitions, quêtes de gloire, de reconnaissance, de fortune.

J’ai beaucoup appris sur Brazza et Stanley. J’ignorais que le premier était d’origine italienne et que Stanley n’était pas le vrai nom du second.

J’ai perçu une différence d’idéologie entre ces deux hommes. Brazza apparaît plus humain dans ses rapports avec les indigènes.

Jennifer Richard ne parle pas que de l’Afrique, ses enfants partis contre leur gré, ceux qui ont vécu l’esclavage, la ségrégation font entendre leurs voix. Des femmes, des hommes qui doivent survivre, se trouver une place dans une société qui est devenue la leur mais qui ne veut pas d’eux.

J’ai découvert des figures importantes du peuple afro-américain comme W.E.B. Du Bois, Booker T. Washington, George Washington Williams.

L’histoire des Etats-Unis ne pouvant être contée sans la colonisation européenne des amérindiens, l’auteure l’aborde dans ce roman.

 

 

Si je le pouvais, je demanderais un standing ovation pour louer son travail colossal. J’étais bouche bée en parcourant la bibliographie utilisée pour ce roman.

J’ai apprécié sa plume sans fioritures, le vocabulaire adapté à l’époque. Les descriptions des lieux sont suffisamment élaborées pour qu’on se les représente.

Le roman comporte trois grandes parties subdivisées en plusieurs chapitres qui correspondent à des dates. Les chapitres sont très courts et permettent de tenir le rythme de ce gros pavé de 756 pages !

C’est un roman magistral, une lecture utile que Jennifer Richard offre au public, dommage qu’il n’ait pas la médiatisation qu’il mérite. 

C’est presque un coup de cœur pour moi. Je vous le recommande vivement.

 

GM signature

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Vous mourrez dans dix jours de Henri Djombo

Ce titre m’a intriguée et hantée durant un an. J’ai imaginé mille et un scénarios. Il me fallait ce roman.

Au SILA 2018, j’ai entendu le nom de son auteur. Il était présent sur l’un des stands. Henri Djombo, écrivain et ministre devait participer à la cérémonie de clôture du SILA 2018. Il n’y avait qu’un seul exemplaire du roman. Je n’avais plus de sous mais heureusement la monnaie électronique existe. J’ai donc tapé un sprint digne de celui de Marie José Ta Lou pour avoir cet unique exemplaire.

mon-avis-de-lecture

À l’annonce, par lettre anonyme, de sa mort dans dix jours, Joseph Niamo, un brillant chef d’entreprise, se coupe du monde et se recroqueville dans sa chambre à coucher. L’enquête intérieure, censée aboutir à l’identification de ses mystérieux détracteurs, se transforme en une véritable analyse de la nature humaine et des mœurs de la société contemporaine. Du fond de son «bunker secret», tel un spectre errant, Joseph Niamo pronostique minutieusement la réaction de sa femme, de ses enfants, du personnel domestique, des membres de sa famille, de ses employés, de ses détracteurs et de la société dans laquelle il vit.

Une société  où la veuve est maltraitée

Vous mourrez dans dix jours

 

Une société où les orphelins sont spoliés de leur héritage.

Une société où celui qui prospère est jalousé, envié, escroqué.

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Joseph Niamo a de nombreux détracteurs. Ses affaires sont souvent l’objet de sabotage. Triste de voir combien l’homme est un loup pour l’homme.  

Les jours passent et on craint que la menace ne s’exécute. Le dixième jour, la mort, tant redoutée, finit par le surprendre. Mais…

 

Vous mourrez dans dix jours est une agréable lecture. Belle écriture fluide qui suscite de l’émotion. La lectrice gourmande et exigeante que je suis en attendait beaucoup plus de l’intrigue. 

Le roman s’attarde sur l’analyse de la nature humaine et des mœurs de la société contemporaine. J’ai apprécié mais espérais plus. L’émetteur de la lettre anonyme par exemple n’est pas démasqué. On a des soupçons tout au long de la lecture qui ne sont ni confirmés, ni infirmés. 

Je m’attendais à des rebondissements et quelques faits de suspense qui ne sont jamais venus. Ce livre ne s’est pas donné cette vocation…

 

GM signature

 

Publié dans Revue cinéma

BLACK PANTHER vaut-il vraiment le coup ?

Un héros noir au cinéma comme en littérature, j’achète ! Oui, je prône le communautarisme ! 😀

excited barack obama GIF by BET

Je désire que les noirs soient plus visibles au cinéma, qu’on ne les cantonne pas qu’au rôle de malfaiteur. J’aimerais qu’on montre leur visage d’héros. Je salue donc la dernière production de Marvel Studios : BLACK PANTHER.

 

 

SYNOPSIS 

Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…
l'Afrique écrit

J’ai énormément apprécié la mise en avant des femmes dans ce film. Elles sont essentielles et valorisées. Elles participent de manière active à la défense et l’évolution de leur communauté. Elles sont admises au conseil du roi, ont un apport majeur dans l’innovation technologique, elles sont des combattantes !

J’ai admiré Shuri et Nakia.

black panther GIF by Marvel Studios

 

J’ai eu un gros coup de cœur pour Okoye. Ses guerrières et elle m’ont rappelé les amazones du Dahomey. 

 

black panther trailer GIF

 

 

black panther GIF by Marvel Studios

 

 

J’ai apprécié les effets spéciaux même si certains effets me paraissaient un peu excessifs.

Les scènes de combats sont intéressantes. Avide d’action, j’aurais aimé en avoir plus et avec de l’intensité.  

L’humour présent dans le film est rafraîchissant. J’ai beaucoup aimé les interventions comiques de M’Baku.

Black Panther : Affiche
M’Baku, Source Allo ciné

Black Panther a aussi un fond socio-politique. Wakanda est un royaume invisible au reste du monde, sa véritable nature est gardée secrète. Certains wakandais s’offusquent, voudraient que le royaume accueille des étrangers, partage son savoir aux autres noirs du monde. Il pose ainsi des questions d’actualité : le nationalisme, l’accueil des réfugiés, l’aide des grandes nations aux plus faibles.  

Black Panther rend un bel hommage à Mère Afrique à travers le dialecte parlé, l’art vestimentaire, la musique, les paysages, les traditions. Le royaume de Wakanda allie coutumes ancestrales et futurisme. Dans ce royaume, je m’y suis senti chez moi.

Black Panther raconte une histoire positive, optimiste, inspirante. C’est un film que je vous invite à voir pour la splendeur de son esthétique, la qualité de son casting, sa fraîcheur.

Il mérite son succès planétaire et je lui attribue :

 

 

 

Image associée

 

Wakanda is the new Black, les amis !

 

Comptez-vous le regarder ? Si vous l’avez déjà fait, avez-vous apprécié ? Parlons-en !

 

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Throwback Thursday Livresque 27 Spéciale PRINCESSES D’AFRIQUE

Hello my world ! Pour mon retour dans le Throwback Thursday Livresque, j’ai décidé de vous présenter l’une de mes lectures de janvier. Cette participation est spéciale parce que je reprends tous les thèmes du mois de janvier. Le livre que je vais vous présenter cadre en effet avec tous ces thèmes.

C’est un livre dont j’ai envie de parler 

 

C’est un livre avec une lueur d’espoir 

 

 

C’est un livre d’héroïnes

 

 

C’est une lecture cocooning

 

Pour mon anniversaire, j’avais décidé de retomber en enfance. J’avais donc demandé ce livre en cadeau et je l’ai eu ! Merci encore au généreux bienfaiteur qui m’a offert Princesses d’Afrique de Christine Palluy. 

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Blanche Neige, Cendrillon, la belle au bois dormant, la petite Sirène, la Belle et la bête… Ces noms ne me disent plus rien depuis ma rencontre avec Babila, princesse de la savane, Hawa, princesse du fleuve, Mayeni, princesse des villes et des jardins, Kiara, princesse des dunes, Bisombo, princesse de la forêt, Yennenga, princesse guerrière et Naatou, princesse de la mer.

Sept princesses originaires de la Tanzanie, la Côte d’Ivoire, la Namibie, le Ghana, la Mauritanie et les Seychelles nous font voyager dans leurs beaux pays et nous partagent leurs aventures.

Ces jeunes filles et femmes sont ingénieuses et téméraires. Elles ne reculent pas face aux attaques de l’ennemi. Véritables guerrières, elles ne sont point silencieuses quand l’intégrité collective ou individuelle est attaquée. Elles déjouent les complots, les ruses avec brio. Elles n’abandonnent pas leurs rêves malgré les obstacles qui se dressent sur leurs chemins.

J’ai eu un énorme coup de cœur pour Hawa, Bisombo et Yennenga.

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Hawa est une talentueuse teinturière. Consciencieuse, elle aime le travail bien fait. L’écho de son talent se fait entendre au palais. Le roi lui commande sa tenue de mariée. Magou, la méchante voisine d’Hawa usurpe ses créations. Hawa, prise pour une menteuse est jetée en prison. En usant de sa finesse d’esprit, elle va déjouer les plans de Magou et restaurer son honneur.

 

 

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Yennenga est une princesse guerrière. Unique enfant du roi, il l’élève comme un garçon. Yennenga devient une amazone. Général de l’armée du royaume de Dagomba, elle remporte toutes les victoires à la tête de la cavalerie royale. Quand se pointe l’envie de se marier, son père refuse, jugeant ses prétendants pas à la hauteur. En colère, Yennenga quitte le royaume. Elle y revient lorsqu’elle fonde une famille. Aucune femme quel que soit le métier d’homme qu’elle exécute ne doit refouler sa féminité. Quel beau message, n’est-ce pas ?

 

 

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Bisombo est une orpheline pygmée. C’est une femme exemplaire. On lui dit qu’elle trouvera vite un mari. Avant cela, Bisombo veut réaliser son rêve, devenir guérisseuse. Tenace, elle ne fléchira pas à la première adversité. Persévérante, elle parviendra à percer les arcanes de l’art de la guérison. Le message derrière ce conte est puissant et j’y ai été très sensible.

 

 

Les illustrations de qualité ont été réalisées par un collectif d’illustrateurs. J’ai amplement apprécié celles de Hawa faite par Aline Bureau, Kiara réalisée par Sophie Lebot et Bisombo réalisée par Sybile.

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Ce recueil de contes est à mettre dans les mains des petites et grandes filles. Les princesses viennent d’Afrique mais le message de courage, de vertu, de conscience professionnelle, de générosité, de persévérance, de pardon et de protection de la nature qu’elles véhiculent est universel !

 

 

Editeur : LITO

Prix : 18 euros / 11900 francs CFA (disponible à la librairie de France)

Lien d’achat : ICI

 

Quel livre de votre bibliothèque cadre également avec tous les thèmes du Throwback Thursday Livresque ?

 

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Publié dans Interviews

Quand on est poète, on est peintre, scénariste, musicien

Mes amis bien le bonjour ! Ma douce mémoire m’a rappelé une situation énigmatique. Il y a deux ans, ça ne m’avait fait pas rire du tout. J’ai été tellement peinée que j’ai écrit un article sur le sujet.

J’avais contacté le magazine AMINA pour que Chimères de verre apparaisse dans leur magazine. Ils avaient accepté à ma grande surprise de lire l’oeuvre. M R, l’une des journalistes a apprécié l’oeuvre et m’a proposé une interview pour le magazine. J’avais sauté de joie ! Deux mois après l’envoi de l’interview, je n’avais toujours pas de retour du magazine. Où l’interview a-t-elle été publiée ?

J’avais envoyé des mails de relance, j’avais aussi appelé. M R m’avait dit que cela avait été publié en septembre 2015 et qu’elle m’enverrait le PDF. Nous sommes en 2017 et je n’ai toujours rien reçu. 

Ayant beaucoup aimé l’interview, je vous la partage. N’hésitez pas à me laisser vos impressions. 


Parlez-nous un peu de vous. 

Je suis une jeune femme rêveuse et romantique. A 17 ans, j’ai quitté mon pays, la Côte d’Ivoire, pour poursuivre dans un premier temps des études de sciences économiques et de gestion au Maroc puis des études en gestion des risques financiers et contrôle de gestion-audit en France.

Je suis une fervente lectrice depuis mon enfance. A l’adolescence, la lecture a dû partager sa place dans mon cœur avec une autre dame: l’écriture.


C’est avec talent que vous jouez avec la musicalité des mots. Pourriez-vous nous conter votre histoire avec la poésie ?

J’écrivais des chansons quand j’étais au collège mais elles ne comportaient pas de rimes. J’aimais bien les poèmes mais je n’avais jamais pensé en écrire.

A 15 ans, assise à mon poste de garde en tant que Scout lors d’un séminaire religieux à Divo (Côte d’Ivoire), des vers ont jailli de mon esprit. A la fois surprise et émerveillée, j’ai décidé d’écrire ces vers pour ne pas les oublier. En les écrivant, d’autres vers ont suivi; mon premier poème venait de voir le jour.

Au lycée, j’avais fait la connaissance de la poésie romantique et j’avais apprécié ce courant alors quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, la poésie s’est imposée comme le canal d’expression par excellence.  


Quelle est votre idée de ce genre littéraire ?

Il mérite d’être davantage promu dans la génération actuelle. C’est un genre riche et complet pour moi car il regroupe tous les arts. Quand on est poète, on est peintre, scénariste, chanteur, musicien et sculpteur à la fois.


Quels sont vos poètes préférés ?

Alphonse de Lamartine, Alfred de Musset et Esther Granek.


Votre père semble avoir été au cœur de votre démarche artistique en vous insufflant la fibre littéraire. Avez-vous un souvenir ou une anecdote à nous raconter à ce sujet ?

Mon père est professeur de français et il a trois grandes bibliothèques où livres, dictionnaires et encyclopédies débordent. Il les consultait régulièrement et je me demandais ce que ces grands livres contenaient. Pour satisfaire ma curiosité, je les ai feuilletés et mon intérêt pour la littérature a débuté ainsi.

Mes frères et moi avions l’habitude de dire «truc» pour nommer des objets et à chaque fois, mon père nous réprimandait. Il disait que chaque objet avait un nom bien précis dans le dictionnaire et qu’on devait le nommer correctement. Cela m’a permis de désigner avec précision chaque chose et de faire attention aux mots que j’emploie…

Pourrait-on dire que l’enfance est l’élément fondateur de votre écriture ?
Si on fait référence à l’enfance en tant qu’innocence, je dirais oui.  

«Chimères de verre» s’ouvre par une citation de voltaire « Il est beau d’écrire ce que l’on pense, c’est là le privilège de l’homme». Aviez-vous eu des réserves quant au fait de vous dévoiler de la sorte ?

Oui, j’ai longtemps hésité avant de publier ce recueil parce qu’il est très intime. Je suis une introvertie, mes peines, mes peurs, mes luttes, je les garde pour moi. En me dévoilant de la sorte, j’ai eu peur de changer le regard que me portent mes amis, ma famille et de livrer une part de moi à des inconnus.

Alfred de Musset a dit: «On naît poète, on devient prosateur». Qu’en pensez-vous ?

 Je pense qu’on naît ce qu’on doit devenir. Après on peut refuser de devenir ce pour quoi on est né. (Sourire)

 

Y a-t-il des lieux ou des moments particulièrement propices à l’écriture ?

 Quand j’écris un roman, il y a des lieux ou des moments qui sont particulièrement propices à mon inspiration. Pour écrire un poème, ce sont plutôt des événements qui sont particulièrement propices.  

Bâtissez-vous vos poèmes avec une architecture prédéfinie ?

Oui. Le nombre de vers d’un poème et les rimes utilisées ne sont pas fortuits. La structure de mes poèmes dépend du sentiment que je veux mettre en exergue.

En utilisant une rime en «an» par exemple, je fais allusion à mes gémissements de douleur.

Vous évoquez la fragilité du temps qui passe et les échecs que vous avez vécus. L’écriture vous a-t-elle conféré une force pour aller de l’avant ?

Oui, écrire a été pour moi une thérapie. Aujourd’hui, j’entrevois un avenir radieux parce qu’en écrivant, je me suis débarrassée de tous les ressentiments qui étaient en moi. Ecrire m’a permis de faire cette introspection qui était nécessaire, de laisser mon passé derrière moi et de me porter vers l’avant.

Toute femme a connu un jour dans sa vie une déception amoureuse. Quel message souhaitez-vous leur faire passer ?

Je souhaiterais leur dire d’éviter de sacraliser l’objet de leur amour, de tirer les leçons de leurs déceptions amoureuses et d’éviter de reprendre le chemin qui a conduit à la déception.  Comme a dit Einstein, il ne faut pas faire la même chose encore et encore et en attendre de différents résultats.

 

Dans le joli poème intitulé « Afrique noire », on ressent votre culpabilité d’avoir tourné le dos à l’Afrique mais également la peur d’en être rejeté. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 J’ai quitté l’Afrique noire parce que son instabilité politique, ses lacunes en matière d’éducation ne m’offraient pas les bases solides pour la construction de mon avenir. Je voulais le meilleur et l’Afrique ne me le donnait pas. En partant, je me disais que je reviendrais pour les vacances mais pas pour m’y établir. Mon retour définitif en Afrique noire, je le prévoyais dans les années 2020.

J’ai éprouvé de la culpabilité parce que ces pensées me donnaient l’impression d’avoir honte de celle qui m’a engendrée, de laisser l’Afrique noire à son triste sort et de mépriser tout ce qu’elle m’avait donné.  

J’ai acquis de nouvelles habitudes de vie, j’ai changé et j’ai peur que mon Afrique noire ne se reconnaisse pas à travers moi. J’ai peur qu’elle me considère comme une  étrangère, différente d’elle.

A travers ce poème, je m’interroge aussi sur ce qui caractérise un Africain. Est-on Africain parce que la couleur de notre peau est noire, qu’on décide de valoriser ses cheveux crépus ou qu’on s’habille en pagne?

Le thème central de votre recueil repose sur l’inconstance des hommes et leur capacité à vous laisser des stigmates au cœur. « Ne te confie pas à un homme. Garde toi de cette idole » « des autres n’attends rien tu seras déçue » Que répondriez-vous aux lecteurs qui vous taxerait de cynique ?

(Rires) J’ai foi en l’humanité mais cette foi n’est pas aveugle ou du moins elle ne l’est plus. J’ai été très naïve et cette naïveté a fait de moi une victime de la fourberie. A travers le récit poétique de mes mésaventures, je veux interpeller, dire qu’il faut user de vigilance, faire preuve de discernement dans nos rapports avec les autres. J’insiste sur le fait qu’il ne faut pas accorder sa confiance au premier venu.

On dit souvent que le vague à l’âme et la nostalgie sont roi et reine de l’inspiration…

Effectivement, ils sont mes principales sources d’inspiration.  

 

A plusieurs reprises vous qualifiez la femme de « sexe faible ». Pourquoi de tels propos?
Je qualifie la femme de «sexe faible» quand elle cède à la tentation de la facilité, quand elle manque d’audace et laisse une tierce personne décider à sa place.

Quelle est votre idée du féminisme ?

Le féminisme c’est voir la femme comme un être indépendant, libre de pensée, libre d’agir, libre de se mouvoir ; c’est reconnaître la valeur de la femme, son potentiel et lui attribuer ce qu’elle est en droit d’avoir et de recevoir.  

Le féminisme est cette dynamique qui défait ce que j’appelle «l’homméisation», cette croyance ancrée dans les esprits qui fait croire à la femme que son épanouissement dépend strictement d’un homme et qu’elle est l’être qui doit sacrifier le maximum de son bien-être pour celui des autres.

Le féminisme ce n’est pas transformer une femme en un homme, c’est tout simplement valoriser sa féminité et tout ce qui s’y rattache.


Seriez-vous tentée de vous lancer dans l’écriture d’un roman ou d’une nouvelle ?
Oui, mon prochain projet de publication est un roman.

Si vous ne deviez retenir qu’un mot de la langue française?

Grâce (cela n’a rien à voir avec le fait que je m’appelle ainsi. Rires)

Un seul objet sur une île déserte ?

Un livre.



Un petit mot de fin ?

Une vie sans poésie est une cellule de prison sans fenêtre…

Merci infiniment au Magazine Amina pour cette interview.

Merci aux actuelles et futures lectrices de Chimères de verre.


Envie de prendre la place de M R ? Posez-moi toutes vos questions les amis 😉

 

GM signature

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

J’ai lu Terra Incognita, finaliste prix ivoire 2017

J’ai découvert ce livre grâce à la sélection finale du Prix Ivoire 2017. J’ai cherché à en savoir plus sur les 5 livres finalistes étant donné que j’avais déjà lu American Dreamer

J’ai été attirée par les éloges faites à Terra Incognita sur les sites de la Fnac et Amazon. L’un des commentaires disait qu’il méritait un prix. J’ai voulu le vérifier. 

Résumé de l'oeuvre

Nous sommes en 1919. Lors d’un voyage en Afrique, Wilton Lloyd, jeune homme d’origine anglaise, se retrouve soudain confronté à la fatalité d’évènements qui surviennent dans sa vie et sur lesquels il n’a aucune prise. Livré à lui-même et happé dans une spirale continue d’extrêmes mésaventures, il découvre un monde jusqu’alors inconnu de lui et devra, dans cet univers hostile, lutter pour sa survie. Rescapé de l’enfer, et témoin d’une époque en pleine mutation, il est le spectateur impuissant d’un continent qui se métamorphose et qui, au fil des décennies, semble inexorablement sombrer dans le chaos. Cet ouvrage est un voyage à travers cette Afrique du 20e siècle qui, chamboulée et déboussolée face à l’invasion de la culture occidentale, se cherche une voie de salut qu’elle peine à trouver. Rencontre avec des peuples aux pratiques encore anciennes et barbares, décadence des derniers royaumes établis, amour, haine et lutte pour le pouvoir sont les maîtres mots du récit qui traverse un siècle d’histoire. L’auteur, Sylvestre S. Samb, nous offre une nouvelle saga africaine.

l'Afrique écrit

L’Afrique coloniale. Une Afrique conquise, dominée par l’Occident où certains natifs se sont soumis et cohabitent avec les envahisseurs étrangers. D’autres par contre ont résisté à l’intrus, ont lutté, résisté pour ne pas que s’éteigne leur civilisation.

Terra Incognita traduit fidèlement l’univers des romans d’aventures des années 1850-1950 : on assiste à des péripéties plutôt violentes, notre jeune héros a une quête : retrouver sa soeur. Les personnages sont nombreux mais simplifiés, il y a des références fonctionnelles à une réalité aussi bien historique que géographique souvent exotique. Les hommes sont divisés en deux camps : les bons et les méchants. 

J’ai assisté à chacune des mésaventures de Wilton Llyod : cambriolage, kidnapping, combats, etc… J’ai eu peur qu’il y laisse sa vie, qu’il ne retrouve pas sa soeur Gwen. Avec lui, j’ai découvert la jungle africaine, les tribus sauvages comme les Baaynols, les Shaugnaths et les tribus paisibles comme celle des Coyeens. 

Avec lui, j’ai assisté au déclin du royaume du Sahel, admiré la force, le courage, l’abnégation de la princesse Taliana. Quelle guerrière !

A chaque page tournée, je me demandais dans quel pétrin Wilton allait encore se retrouver.

La lassitude a pointé de temps en temps le bout de son nez quand on parlait idéologie, anarchisme, communisme, actualité politique. J’étais en manque de suspense, de rebondissement.

J’ai beaucoup aimé les 150 dernières pages du roman. Le récit s’est plus concentré sur les jeunes natifs de FreeCity : Reyna, Darell, Momoh, Shadd qui vont porter leur pays vers l’indépendance.

J’ai été touchée par Kinky, cette jeune fille timide qui va subir les affres de l’amour, va perdre des batailles mais ne va jamais s’avouer vaincue. Mon cœur s’est réjoui de savoir qu’elle a eu ce qu’elle avait désiré pendant tant d’années. 

Il est d’ailleurs important de souligner que les femmes dans ce roman sont libres et ont un pouvoir de décision même quand on leur fait subir certaines circonstances. Elles n’hésitent pas à dire NON. 

Ce roman a été une agréable lecture pour les multitudes d’histoires qu’il raconte. La plume de l’auteur est sans fioritures, le registre de langue approprié au contexte de l’oeuvre. Les chapitres sont courts et apportent une touche dynamique au récit. Il y a quelques coquilles mais elles ne gâchent pas la lecture.

J’ai apprécié les notes de mystique, beaucoup aimé l’exotisme des prénoms de ce roman : Eyhna, Taliana, Elyeni, Leyrann, Reyna, Nayala. 

Je recommande cette oeuvre à ceux qui aiment les romans d’aventures.

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  • Broché: 378 pages
  • Editeur : Spinelle
  • Date de publication : Mars 2017
  • Prix : 18 euros
  • Existe en format numérique
  • Extrait

Moi, je dis qu’il n’ y a pas un seul individu semblable à l’autre, que tous les hommes sont différents et que la couleur de peau aussi bien que les origines ne devraient être un facteur pour considérer que l’ensemble des membres d’une communauté donnée méritent damnation ou doivent être sanctifiés !

 

Avez-vous en tête un roman d’aventures qui vous a marqué ?

signature coeur graceminlibe

 

Publié dans Psyché

#PrayforSomalia ma colère face à l’indignation sélective

Merde à ce monde qui sélectionne les morts qu’il doit pleurer.

Tel est le message que j’ai écrit sur Twitter après l’attentat qui a fait  276 morts et 300 blessés à Mogadiscio. Attentat passé sous silence. Non, le monde a autre chose à faire que de s’appesantir sur l’horreur en Somalie. Mogadiscio n’a pas l’allure de Paris, Londres, Barcelone. Mogadiscio c’est où déjà ?

Mon cœur saigne à chaque fois qu’il y a un attentat dans le monde, j’ai mal au cœur quand mon continent est frappé mais le 15 octobre, ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

276 morts dans un coin du monde mais c’est comme si rien ne s’était passé. Mogadiscio n’a pas l’éclat de Paris, Londres, Barcelone. Elle n’a pas fière allure. Mogadiscio c’est où déjà ?

Les « stars » que je suis sur les réseaux sociaux n’ont pas pris la peine de poster une image #PrayforSomalia. J’ai laissé passer quelques jours avant de publier cet article, je me suis dit : laisse leur le temps d’apprendre cette terrible nouvelle, ils sont très occupés. Le temps a passé, je n’ai rien vu.

Ce monde manque terriblement d’humanité.

Ce monde manque cruellement d’amour.

Ce monde sélectionne les morts qu’il faut pleurer.

Ce monde choisit le deuil légitime à porter.

J’ai été choquée par cette indignation sélective, ce lourd silence. J’ai compris que la compassion est géographique, qu’il y a des victimes qui comptent plus que d’autres. J’ai compris que les morts en Afrique n’ont aucune valeur. 

Depuis 2015, la Tour Eiffel s’est éteinte en hommage à des victimes d’attentats plus de 6 fois. Va t-elle s’éteindre pour Mogadiscio ? Pardonnez-moi, j’ai oublié. Mogadiscio n’a pas l’allure de Paris, Manchester, Barcelone, Bruxelles, Saint-Pétersbourg.

J’ai écrit l’année dernière un texte après les attentats de Boko Haram au Cameroun. J’étais indignée parce que certains présidents africains avaient pleuré Charlie Hebdo et oublié leurs morts à Kolofata ou Maroua. 

Je l’ai ressorti parce qu’il est malheureusement d’actualité. 

 

 Hâtez-vous !

Venez pleurer nos morts !

Laissez les vôtres

Vos morts ne sont pas morts…

Venez pleurer nos morts, ces vies exceptionnelles qui ont pris le chemin du non-retour,

Ces vies riches qui ont impacté le monde

Venez pleurer nos morts, laissez les vôtres. Leur absence ne changera pas le monde…

Exposez notre chagrin à coups de hashtag, partagez notre deuil, négligez le vôtre

Geignez sur nos morts et leurs sensibilités qu’ils nous ravissent

Pleurez les brillants érudits, 

Les preneurs de risque, les épicuriens émérites

Fixez vos regards sur nos vies raffinées qui se sont envolées.

Venez, ignorez vos pertes humaines régulières, vos morts que vous comptez quotidiennement par milliers

Pleurez pour Paris, Barcelone, Manchester pendant des mois. Pleurez pour Maroua, Kolofata, Ouaga, Bamako pendant quelques instants.

Les morts violentes et cruelles, vous en avez l’habitude. Pourquoi vous appesantir sur une énième mort ?

Oui, nous partageons la même brutalité de l’état islamique,

Oui, nous subissons la même folie meurtrière mais nos morts n’ont pas la même valeur, la même signification. L’intensité de la douleur ne peut pas être la même…

 

N’oublions pas qu’une perte en vie humaine est une perte en vie humaine peu importe que la victime soit blanche, jaune, noire. N’oublions pas que devant la mort, nous sommes tous égaux. 

Pleurons avec la même intensité tous les êtres humains que la folie de l’état islamique et ses dérivés arrachent au monde. 

Aimons nous pour de vrai. Soyons profondément humains.

GM signature

Publié dans Périple

Africa Tour Challenge – 24 heures à Kumasi

Vivre c’est être curieux, découvrir,

Vivre c’est voyager.

 

Je rêve depuis quelques années  de connaître un peu plus mon continent africain, l’Afrique subsaharienne en particulier. Cette année, j’ai eu l’occasion de réaliser mon rêve. J’ai passé 24 heures à 471 km de chez moi dans la ville de…

KUMASI

Si par un heureux hasard vous débarquez à Kumasi pour quelques heures, voici quelques règles qu’il vous faudra respecter :

 

1. Tes affaires personnelles, tu protégeras.

Kumasi est une ville sécurisée mais on ne sait jamais, des esprits mal intentionnés peuvent se réveiller alors on fait attention à ses affaires quand on est dans des lieux publics.

 

2. Ton anglais, tu réviseras.

Oubliez la langue de Molière, le Ghana est un pays anglophone. Et à part l’anglais, les ghanéens parlent le Twi, une langue locale. Si vous ne parlez pas un mot d’anglais, soyez toujours accompagnés.

 

 

3. Te désaltérer, tu ne t’en lasseras pas

J’étais en février à Kumasi et il faisait hyper chaud. Ayez toujours une bouteille d’eau avec vous pour vous rafraîchir. 

source de vie

 

4. Aux maisons royales, tu ne feras point de photos

Kumasi est une ville royale (Le Ghana est un pays très attaché à ses traditions). Dans chaque quartier, vous trouverez une maison royale. Vous pourrez faire un tour au palais royal mais attention les photos sont strictement interdites. Vos souvenirs ne resteront que dans votre tête. 😦

 

5. Au Golden Tulip, tu iras 

L’état ghanéen a des structures privées. Il a construit des hôtels 4 étoiles Golden Tulip dans chacune des 10 régions du Ghana mais aussi des pubs. J’ai fait une petite halte au Golden Tulip de Kumasi pour voir à quoi l’hôtel ressemble de l’intérieur. 😀

Sous l’un des parasols du coin piscine, j’ai profité du calme en sirotant un verre de coca. J’y reviendrai un jour pour tester les chambres, le buffet à volonté du midi et la piscine. 

 

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6. Un tour au Baba Yaya Stadium, tu feras 

Pour les ivoiriens, ce stade rappelle beaucoup de choses. Pour ceux qui n’ont jamais eu vent de cette histoire, laissez-moi vous la conter.

1993. L’Asec et l’Asanté Kotoko s’affrontent en demi-finale retour à Kumasi. L’Asec se qualifie. Le début de l’enfer pour les supporters de l’Asec présents au stade. Certains sont tués.  En représailles, des Ghanéens vivant à Abidjan sont aussi tués. Le match de Kumasi s’est transformé en drame du football africain.

Je suis donc allée en pèlerinage. Non, je rigole. Le jour de ma visite, il y avait une compétition sportive inter-écoles au stade. Malheureusement, je n’ai pas pu rester jusqu’à la fin. 

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7. Le sanctuaire Marial, tu visiteras

Le sanctuaire marial de Buoho, près de Kumasi, fut construit en 1949, et béni par le premier évêque de Kumasi.

Il a une reproduction de la grotte de Lourdes et il est devenu le centre d’un pèlerinage. Je ne suis pas catholique mais je saisis toujours les opportunités pour visiter les beaux endroits. J’ai été charmée par le silence qui règne dans cet endroit et ces sculptures faites par un prêtre. Ce sanctuaire a été le coup de cœur de ma journée.

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8.  Ton ventre tu réjouiras

Au Ghana, il y a des fast-food, des chop bars où on peut trouver de la cuisine traditionnelle et le fameux fried rice, il y a aussi des restaurants à l’occidental comme The View, Bar & Grill. 

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Source Tripadvisor

 

Source Ghanarising

 

Je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire un tour à Adanmowase, le village où se fait le kente. J’aurais dû le mettre en tête des choses à visiter. 😦

 

Image associée
Source : Ghana Travels

 

Kente village in Kumasi-Ghana, via Flickr
Source Pinterest

 

Je vous laisse découvrir maintenant le portrait chinois de cette ville royale

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Si Kumasi était une couleur, ce serait …

Le marron. Kumasi c’est le calme et la chaleur, le rustique, la sérénité.

 

Si Kumasi était une des 7 merveilles du monde ?

Les pyramides de Gizeh.

 

Si Kumasi était un personnage Disney, ce serait …

 

Grimsby

 

Grimsby est le principal conseiller politique mais aussi le confident privilégié du Prince Éric (dans La petite Sirène). C’est un personnage très rigide et attaché au protocole comme aux traditions dans sa façon d’appréhender les choses…

 

Si Kumasi était un signe de ponctuation, ce serait…

Les points de suspension

 

Si Kumasi était un des cinq éléments fondamentaux, ce serait…

La terre. Terre des ancêtres Ashanti.

 

Si Kumasi était une partie du corps humain, ce serait…

La main qui effectue divers travaux.

 

Si Kumasi était un des 7 péchés capitaux, ce serait…

L’orgueil. Kumasi est une ville fière de son sang royal.

 

Si Kumasi était un des cinq sens, ce serait…

Le goût.

 

Si Kumasi était une pièce de la maison, ce serait …

Un salon royal pour recevoir des nobles. 

 

Si Kumasi était une heure de la journée, ce serait …

5 heures. La ville s’éveille tôt.

 

Si Kumasi était un épice, ce serait …

Le piment d’Espelette.

 

Si Kumasi était un type de café, ce serait …

Un Mokaccino.

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Vous avez déjà visité cette ville ? Vous avez de bonnes adresses à partager ?

 

GM signature

 

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

L’Anté-peuple de Sony Labou Tansi

J’ai décidé de découvrir des livres qui ont reçu des prix littéraires en particulier des prix littéraires africains. J’ai débuté avec le Prix Ivoire et aujourd’hui je découvre le Grand prix littéraire d’Afrique noire.

Le Grand prix littéraire d’Afrique noire est attribué chaque année par l’association des écrivains de langue française, l’ADELF, reconnue d’utilité publique depuis le 19 juillet 1952, dont le but est de « promouvoir l’œuvre des écrivains qui, à travers le monde, s’expriment en français ». Le prix est ouvert aux « écrivains de langue française originaires de l’Afrique subsaharienne, ou à un ouvrage concernant cette zone géographique, en excluant les traductions »

J’ai donc lu le lauréat de 1983 : Sony Labou Tansi pour l’anté-peuple.

 

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Résumé de l'oeuvre

Époux et père modèle, fonctionnaire intègre, directeur adjoint de l’Ecole normale d’institutrices de Kinshasa, Dadou est, au Zaïre, un citoyen exemplaire. Mais les charmes de Yavelde, l’une de ses jeunes élèves, mettent sa vertu à rude épreuve… Comment résister à la tentation, en Afrique et ailleurs ? Ainsi recommence pour l’honnête, le tendre et lucide Dadou une aventure à la fois extraordinaire et terrible. Elle le conduira des geôles de son pays au maquis contre-révolutionnaire de l’Etat voisin dont il sera chargé d’exécuter le « Premier » représentant du pouvoir « anté-peuple ». Il s’apercevra alors que sous les régimes les plus différents la « mocherie » règne, identique et indéfiniment renouvelée.

 

 

l'Afrique écrit

Dadou est particulier dans son attitude, ses réflexions. Il pense différemment du commun des mortels, il a un penchant particulier pour le mot « moche », la mocherie. Dadou semble ne pas vivre, il existe tout simplement. Il s’est d’ailleurs marié parce que tout le monde se mariait.

C’est un homme ordinaire mais avec quelque chose de singulier. Cette singularité le rend attachant. Je l’ai encore plus admiré en le voyant lutter contre son attirance pour Yavelde. C’est un homme intègre, vertueux mais ce qu’il ressent pour cette belle jeune fille le ronge. Ne voulant pas succomber à la tentation, il se réfugie dans l’alcool. La gamine comme il aime l’appeler commet l’irréparable, un acte qui va priver Dadou  de sa liberté, sa famille.

Le peuple en effet, décide de faire justice à la jeune fille en privant Dadou des siens. La justice populaire est terrible et je l’ai encore vu ces derniers jours avec le meurtre de ce militaire ghanéen lynché par la foule.

Mais quel est donc ce pays où des citoyens croupissent en prison sans être jugés ? Quel est ce pays où la terreur hante le peuple, où les habitants surveillent chacun de leurs mouvements pour éviter de subir les humeurs du régime dictatorial ?

L’auteur à travers ce roman pointe du doigt l’abus du pouvoir, le chaos social.

J’ai apprécié ses phrases percutantes, philosophiques.

« Mais pourquoi donner un jour de paradis à quelqu’un qui a cent jours d’enfer? Pourquoi enseigner quinze minutes de bonheur à un malheureux à vie? »

 

Tu ne vas pas laisser quelque chose au fond de ta vie, faut tout vider. Il n’ y aura personne pour boire le reste. Chaque vie se doit de vider sa coupe

 

Elle était fort amoureuse de lui. Mais Dadou n’avait plus ce cœur qui aime. Il avait l’autre cœur : celui qui oublie.

 

Mais quoi qu’on dise du cœur, ce qu’est le cœur, seul, le cœur le sait.

– Le cœur, répéta Dadou. C’est le coeur qui peut-être nous trahit. Tout le reste nous est fidèle. […] Oui, le coeur, c’est lui qui nous bouleverse. Le reste est obéissant. Le reste nous comprend, mais pas le coeur.

 

C’était en ces temps troubles où les grandes amours traversent le pont des réalités. Et sur l’autre rive, la tempête, les crises, le sang.

 

J’ai apprécié son langage imagé, l’usage des figures de style comme la personnification, les métaphores :

Dans ce temps, les choses abstraites se personnifient : le temps l’avait trahi et continuait à le trahir ; Le temps lui avait toujours menti, sans vergogne.

 

Avant, je comptais sur le temps. Mais le temps devient impuissant. Le temps ne bande plus.

 

L’attention de l’auteur est focalisée sur le corps. Chair, viande, sang, on ne compte pas le nombre de fois où ces mots apparaissent dans le texte. Ils m’ont fait penser aux sacrifices. Peuple sacrifié, amour sacrifié, dignité sacrifiée ?

 

J’ai également apprécié les notes d’humour :

– Vous, un pêcheur, qu’est-ce que vous iriez faire là-bas ? Pourquoi demandez-vous le chemin de l’enfer ?

– Je connais un démon.

 

J’ai été touchée par l’amour fidèle de Yealdara pour Dadou. Cette jeune femme amoureuse de Dadou s’est donnée à lui corps et âme. Si une femme a causé la perte de Dadou, eh bien une femme lui a offert la rédemption.

J’ai apprécié l’univers présenté par Sony Labou Tansi. C’est un livre à décortiquer, à mâcher…

Christmas

Maison d’édition : Editions Seuil
Nombre de pages : 190

Date de publication : Septembre 1983

 

 

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Je remporte un point grâce à ce livre pour la nouvelle édition du CHALLENGE GOURMAND de titepomme sur Livraddict et 5 points pour le challenge des petits livres organisé par Liliaza sur Livraddict.

 

https://i2.wp.com/l-entre-deux-mondes.e-monsite.com/medias/images/images-1.jpg

 

Vous connaissiez l’auteur ? Que lisez-vous en ce moment ?

 

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