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Pour une couleur de peau – Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme

Je n’étais pas censée publier aujourd’hui mais le 13 juin a été proclamé Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme par l’Assemblée générale des Nations Unies depuis 2004 et j’ai récemment lu un livre sur l’albinisme.

Couverture Pour une couleur de peau

Chantal est déterminée à protéger sa fille, Agnès, née albinos au Cameroun, contre les superstitions et craintes. Les trois parties de cet album, par des dessinateurs aux styles fondamentalement différents, retracent les moments décisifs la vie de ces deux femmes, entre rejets, menaces et désir d’une vie normale.
« Pour une couleur de peau » dénonce ainsi les discriminations voire les persécutions subies par les albinos aujourd’hui au Cameroun et Afrique Centrale, malgré une prise de conscience de plus en plus importante de la communauté internationale 

Trois chapitres composent cette bande-dessinée et représentent une période bien particulière de la vie de Chantal et sa fille. Chaque chapitre est singulièrement illustré par un dessinateur.

Chapitre 1, Chantal

Septembre 1997. Chantal donne naissance à une petite fille albinos qu’elle prénomme Agnès. Si elle est sous le charme de sa fille, ce n’est pas le cas de ses parents qui la rejettent aussitôt. Ils lui proposent de la confier à un orphelinat ce que Chantal refuse. Elle assume la différence de sa fille.

Un enfant albinos est synonyme de malchance dans bien des contrées africaines et le Cameroun n’est pas exclu. Un enfant albinos est considéré comme un être maudit, possédé. Chantal n’est pas soutenue par le père de sa fille. Abandonnée de tous, elle va trouver du soutien auprès du pédiatre David. J’ai beaucoup apprécié cet homme très compréhensif, bienveillant qui va aider la jeune mère sans arrière-pensée.

Chantal, mère courage, va arrêter ses études pour s’occuper de sa fille, tenter de refaire sa vie avec un homme. Une nouvelle expérience amoureuse qui va s’écourter brusquement. J’avoue avoir traité Chantal d’idiote. Je pensais que sa mésaventure avec le père d’Agnès l’aurait amené à faire des choix plus judicieux.

Obligée de quitter son logement après des péripéties qui ont viré au drame, Chantal quitte Yaoundé et se rend au village du docteur David.

2e chapitre, Agnès

Agnès a 9 ans et mène une vie paisible au village jusqu’à ce que les préjugés sur l’albinisme fassent de nouveau surface. Que dire de cet homme qui a le SIDA et croit que coucher avec une albinos le guérira de son mal ? Chantal arrivera-t-elle à protéger sa fille de l’ignorance, des superstitions ?

3e chapitre, intitulé pour une couleur de peau

Agnès a 22 ans et est une jeune femme accomplie. Sportive, elle détient le record d’Afrique sur le 800 m. De retour au Cameroun, elle a l’intention de s’impliquer fortement dans une association d’aide aux albinos du Cameroun.

Cette bande-dessinée est une sympathique histoire pour sensibiliser sur l’albinisme. Non, les albinos ne sont pas les remèdes à divers maux. Quant à l’illustration, j’ai beaucoup apprécié ceux des deux dernières parties de l’album.

En ces temps où le racisme est au cœur des débats, j’ai sourcillé lorsque qu’Agnès a dit que toutes les sociétés devraient prendre exemple sur le sport car les sportifs entre eux étaient rarement racistes. Si elle n’était pas une fille de papier, je lui aurais rappelé l’insulte de Ronaldo à Matuidi lors du match Real – Juventus en 2018.

Grand merci à Youscribe et Canal+ qui m’ont permis de lire gratuitement cette oeuvre sur la plateforme Youscribe.

Et si vous voulez un autre livre qui évoque l’albinisme, cliquez ICI

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Le livre de Memory de Petina Gappah

Ce roman de plus de 300 pages comporte trois parties : 1468 Mharapara Street, Summer Madness, Chikurubi.

3 lieux qui ont été l’avant, le pendant et l’après d’une jeune zimbabwéenne : Memory.

Memory est enfermée dans le couloir de la mort, depuis deux ans, trois mois, sept jours et treize heures pour un crime qu’elle n’a pas commis.

Vernah Sithole, son avocate lui a demandé de relater son histoire à Melinda Carter, une journaliste américaine. Elle lui a dit d’écrire tout ce dont elle pouvait se souvenir dans les moindres détails, de consigner tout ce qui pourrait rendre sa cause sympathique.

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Memory écrit donc et se souvient de son enfance joyeuse à Mukafose. Elle vit dans un quartier précaire avec ses parents, frères et sœurs. Memory nous fait découvrir le quartier et les habitudes de ses habitants. Les pays d’Afrique se ressemblent car l’ambiance décrite n’est pas différente des quartiers populaires de la Côte d’Ivoire, du Nigéria…

Memory nous confie les préjugés et brimades qu’elle subit parce qu’elle est albinos. L’albinisme est mal perçu en Afrique.

Mais, dans mon cas, même les gens qui avaient l’air étrange crachaient chaque fois qu’ils me croisaient. MaiTafadzwa, qui parvenait seulement à procurer à sa famille du lait caillé Lacto et du matemba, marmonnait quelque chose et crachait. La famille Phiri qui faisait généralement la risée de tout le monde parce qu’ils étaient malawi, me regardaient avec des yeux pleins de pitié.

Et quand ma famille faisait de rares visites en dehors du township avec moi, les enfants des autres townships me rappelaient en criant que j’étais une murungudunhu.

J’aurais pris les yeux de Whizi, la claudication de Lavinia, j’y aurais ajouté la cicatrice de Nhau et le bredouillement d’Ivrogne, si seulement j’avais pu, en échange, avoir un peu de couleur sur ma peau. Je priais, chaque fois que je pouvais, pour que Dieu veuille bien assombrir mon teint.

J’ai passé l’essentiel de ma vie à essayer d’être invisible. Mais je n’ai jamais véritablement réussi. Même à Londres ou à Sydney où j’aurais dû me fondre dans la foule, le regard du monde se faisait insistant. Au premier coup d’œil, ma peau ressemblait à celle de n’importe qui, mais à regarder de plus près, mes traits n’ont rien de ceux d’une femme blanche. Je sentais la confusion sur les visages pendant que l’esprit tentait de comprendre ce qui était différent.

Memory nous relate également l’univers carcéral et les terribles conditions de vie des femmes à Chikurubi.

Nous vivons rationnées. Chaque femme dispose d’un demi-rouleau de papier hygiénique, au mieux, de vingt-cinq millilitres de dentifrice par semaine et de quatre serviettes hygiéniques et demie par mois. Et il s’agit bien d’une demi-serviette, avec sa fixation latérale.

Elle décrit également sa vie avec Llyod, l’homme blanc à qui elle a été vendue. Un homme mystérieux, érudit, généreux qui lui a donné une éducation et l’amour des livres. J’ai beaucoup été touchée par cet homme.

Des sujets capitaux sont abordés dans ce roman avec beaucoup de sensibilité : mauvaises conditions de détention, traitement des albinos en Afrique, mariage forcé…

L’auteure nous appelle au respect des différences, nous exhorte à ne pas rester insensible à ce qui se passe dans les prisons. 

 

L’histoire est assez linéaire, l’auteure fait des allers-retours entre le passé et le présent. Il y a énormément de descriptions souvent inutiles, des questions qui restent en suspens mais on ne referme pas le livre sans être émue.

 

Un amour interdit Alyssa Cole

Dans ce pays indépendant, cent pour cent responsabilisé, pleinement indigène et plus noir que noir, une éducation supérieure est ce que les Blancs estiment avoir de la valeur. Comme les Blancs n’accordent pas de valeur aux langues locales, ceux qui ont été le mieux éduqués parmi nous ont dû sacrifier nos langues sur l’autel de ce que les Blancs jugent suprême. Il en était ainsi à l’époque coloniale et il en est de même plus de trente ans après.

 

Christmas

 

Existe en format kindle, broché et livre de poche.

Broché: 352 pages

Editeur : JC Lattès (24 août 2016)

Collection : Littérature étrangère

Pour acheter, cliquez ICI

 

GM signature

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Throwback Thursday Livresque 18: Ce n’est pas ce que j’attendais…

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Ravie de vous retrouver pour le Throwback Thursday Livresque ! Pour ceux qui ont déjà oublié, ce rendez-vous permet de ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Le thème de cette semaine est : Ce n’est pas ce que j’attendais… (un livre qui vous a laissé une jolie surprise ou au contraire une amère déception)

 

Throwbackthursday Livresque

On continue avec la découverte des chroniques africaines sur Facebook et je vous présente cette fois-ci une chronique d’une auteure ivoirienne, Maylyn Karba : YELE, LUMIERE DE MA VIE

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Cette histoire relate celle d’une jeune femme qui a eu le malheur -que dis-je !- le bonheur de naître différente des autres enfants de sa famille, d’être une enfant choisie et envoyée par le Bon Dieu avec la lourde et merveilleuse mission de venir ensoleiller la vie de tous ceux qu’elle approcherait sur cette terre.

Yélé a échappé à un kidnapping. C’est une jeune fille albinos et dans certaines parties de l’Afrique, les albinos sont utilisés comme des « animaux de sacrifice ». On les utilise pour des rituels. Elle est retrouvée par Pierre-Marie un soir dans les rues d’Abidjan et est adoptée par la famille de ce dernier. 

Yélé et Pierre-Marie se considèrent comme des frères et sœurs mais au fil des années, leur relation évolue et l’amour loin d’être platonique commence à naître. Pierre-Marie va t-il assumer cet amour ? 

L’histoire démarre en douceur. Il n’ y a pas de rebondissement, pas de tension. On peut croire que c’est une histoire banale mais détrompez-vous. C’est une belle fresque familiale, une tendre romance avec ses hauts et ses bas, une histoire qui captive. 

Au début, je pensais que cette histoire ne serait pas à la hauteur de mes attentes mais j’ai été agréablement surprise. J’ai été séduite par la belle plume de l’auteure qui je l’espère sera comptée parmi les grandes voix de la littérature africaine contemporaine.

 

Quel livre auriez-vous proposé pour le thème de cette semaine ? Quel livre venez-vous de terminer ?

 

signature coeur graceminlibe