Publié dans Arrêt sur une oeuvre

L’habit de l’âme

Vérane est mariée depuis dix ans, et vit dans le magnifique village de Murbach en Alsace. Son mari​, alcoolique notoire et ​violent lui offre une vie misérable. Mais depuis un an, elle​ voit un homme en cachette. Alors que Vérane s’apprête à mettre fin à ses jours, un drame survient et, le mari légitime ​meurt d’une façon mystérieuse. Vérane vit un cauchemar en prison où elle espère qu’un jour elle pourra aimer et être aimée encore. Elle a déjà presque tout perdu ​et attend son jugement…Comment croire à l’avenir et ne pas renoncer ?

L'habit de l'âme

L’écriture simple de l’auteur nous introduit sans heurt dans le village de Murbach puis dans la vie de Vérane, une trentenaire mariée et mère de quatre enfants. On découvre son idylle secrète avec Thibaut et la prison dans laquelle son mariage sans vie la maintient.

On découvre une femme complètement perdue, ne sachant quel chemin prendre :  choisir entre une vie d’amour et une vie de mensonges. Bien qu’elle n’aime plus ce mari qui la maltraite depuis des années, elle n’a toujours pas la force de lui faire du mal, a peur de briser sa vie plus qu’elle ne l’est déjà et de blesser à jamais le cœur de leurs enfants.

Écoute Thibaut, nous sommes dans un monde où des gens se tuent tous les jours pour des raisons religieuses, idéologiques, et j’en passe… L’amour,
c’est encore pire. Quand on le vit, on a l’impression de renaître. On voudrait en avoir suffisamment pour ne jamais en manquer, mais plus on court après lui, plus on ruine nos rêves, au point d’oublier qui l’on est. J’ai eu des enfants, mais ils ne sont pas nés de deux parents qui avaient décidé dans la joie de les concevoir. La première fois que je les ai tenus dans mes bras, j’ai eu du mal à ne pas les rejeter, car je savais que même s’ils ne vivaient que depuis quelques minutes, ils étaient déjà condamnés. En donnant la vie, on oblige à mourir. En vérité, la douleur, c’est la dette de l’homme.

Quand son amant choisit pour elle et décide de mettre un terme à leur relation, Vérane s’effondre, refuse de continuer à vivre dans ce monde qui n’est vraisemblablement pas le sien. Elle prépare silencieusement sa mort sans savoir que son mari prendrait sa place…

Vérane entre alors dans un tourbillon de tourments et nous emporte avec elle. On est ému par son arrestation, ses enfants qui lui sont brusquement arrachés sans qu’on ne lui dise à qui l’on les confiera. On a peur de la voir payer le prix pour un crime qu’elle n’a pas commis.

Attendre, mais sans compter les journées, les nuits, les minutes, les
secondes, pour ne pas devenir folle.

C’est pour se libérer de cette peur que l’on va jusqu’au bout du livre ;  on veut connaître le sort final de Vérane.

L’habit de l’âme est un récit agréable à lire. Sans fioritures, il se lit rapidement (j’ai lu les 307 pages du roman en 4 heures).

L’auteur veut détourner nos yeux de la fatalité et les fixer sur l’espoir et l’amour. La seconde chance et le nouveau départ sont toujours possibles. Cela se ressent fortement dans les lignes du récit.

J’ai apprécié le dénouement de l’histoire. En ces moments sombres que le monde connaît, c’est bénéfique d’avoir quelques moments de douceur romanesque.

Il me tarde de sentir l’odeur du bonheur, et je sais qu’il a en une, car je l’ai sentie quand je me suis enivré des fragrances de ton cou.

J’ai également apprécié le fait que l’auteur laisse une interrogation en suspens dans l’histoire. ( je ne vous dis pas laquelle pour garder intact votre suspense lors de votre lecture.) J’estime que le roman ne doit pas contenir toutes les solutions aux problèmes qu’il décrit. Il doit contenir une part d’inconnu.

Le récit va à l’essentiel, un peu trop à mon goût. J’aurais voulu que l’auteur aille plus en profondeur, qu’il y ait plus d’actions fortes, de force et de passion dans la relation de Vérane et Thibaut, plus de descriptions de l’univers carcéral…

Je vous souhaite une belle découverte de ce roman disponible sur  Amazon.

Vous pouvez retrouver l’actualité du livre et de son auteur  sur son site web et Facebook .

Grand merci à l’auteur Christophe de Sairas pour l’envoi de son oeuvre.

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Verre Cassé

verrecasse

L’histoire « très horrifique » du Crédit a voyagé, un bar congolais des plus crasseux, nous est ici contée par l’un de ses clients les plus assidus, Verre Cassé, à qui le patron a confié le soin d’en faire la geste en immortalisant dans un cahier de fortune les prouesses étonnantes de la troupe d’éclopés fantastiques qui le fréquentent.

Avez-vous envie de passer un pur moment de détente? Vous voulez rire et ne pas voir le temps passer? « Verre cassé » est ce qu’il vous faut.

Je ne peux pas compter les éclats de rire que j’ai eus durant ma lecture. Alain Mabanckou joue avec les sentiments, les idées, les mots.

Lire Alain Mabanckou c’est comme prendre une douche bien froide en pleine canicule. Son style est rafraîchissant et captivant.

Que dire des personnages. Ils sont si grotesques, si sublimes!

Vous serez touché par la persévérance de L’escargot entêté, le langage rythmé et le talent ironique de Verre Cassé, la déconvenue du type aux Pampers, les grands airs de L’Imprimeur et le côté rustre de Robinette.

Attention de ne pas trop vous attacher à eux. Vous finirez par être un habitué du Crédit a voyagé.

J’enchaîne avec un autre livre de Mabanckou. Quand on découvre un auteur talentueux, il ne faut pas le lâcher.

Grâce Minlibé

Auteure de Chimères de verre