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Mama’s Boys, Book 1 : The Look of Love de Crystal B. Bright

Queen Elisabeth est une femme noire en Virginie qui dirige trois entreprises dont un salon de coiffure. Elle a adopté trois enfants blancs : Gunnar, Gideon et Thane. Ils deviennent tous des stars du sport. The look of love est le premier de la série et raconte l’histoire de Gunnar qui est le frère aîné.

Gunnar est un champion de MMA et rentre à la maison pour s’occuper de sa mère et par ricochet du salon de beauté de sa mère. Il n’était pas revenu depuis dix ans et ça sonne comme une incohérence pour un fils qui est très attaché à sa mère.

Il revoit son amour d’adolescence, Eboni qui travaille dans le salon de beauté. L’ancienne flamme va-t-elle se rallumer ?

Le récit est assez ennuyeux jusqu’à la 2nde moitié du livre. En parlant d’ennui, je fais plutôt référence à la romance car il ne se passe rien d’étincelant entre les héros. Gun et Eboni n’ont pas encore réglé leurs comptes avec le passé et l’on ressent dans leurs propos qu’ils s’en veulent énormément. Leur brusque rupture a laissé des déchirures.

Quand ils parviennent enfin à communiquer comme de vrais adultes, quand ils se rapprochent davantage et tissent leur toile d’amour, le récit devient encore plus plaisant. J’ai apprécié leur alchimie, ils ont réussi à transmettre au lecteur leur amour. Ma scène préférée ? La coupe de cheveux dans la salle de bains.

Ce premier tome de la série offre une lecture plaisante avec des personnages principaux et secondaires intéressants à suivre. Queen Elisabeth et les coiffeurs du salon de beauté donnent de l’attrait au récit avec leur humour.

Néanmoins, il existe quelques bémols dans la construction de l’intrigue notamment l’adoption de Gun et ses frères qui n’est pas très explicite. Où et quand Queen Elizabeth a-t-elle rencontré ces trois frères ? Comment s’est passée l’adoption ? Il ne faut surtout pas oublier que c’est une femme noire qui adopte trois garçons blancs.

Dans ce premier tome, on rencontre le frère cadet de Gunnar et j’avoue que je suis tombée sous son charme. Le second tome, qui lui est dédié, est dans ma PAL mais avant de le lire, il faut que je découvre J. J. Murray, celui qui écrit des romances et des comédies romantiques BWWM depuis la naissance du genre dans les années 1990.

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TTL 97 : Le mal de peau – Monique Ilboudo

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Scolaire.

Ce thème m’a fait penser au mal de peau de Monique Ilboudo pour deux raisons. La première: l’un des personnages principaux part faire ses études universitaires en France, la vie estudiantine est évoquée. La seconde, vous la découvrirez dans mon avis.

Couverture Le mal de peau

Le Mal de peau met en parallèle le destin de deux femmes, Sibila, la mère, et Cathy, la fille. Ces deux femmes vont, chacune dans leur époque, se trouver confrontées au colonisateur blanc. A l’image de son peuple, Sibila sera violée par le commandant de cercle. Née de ce viol, Cathy a du mal à vivre sa différence, et n’a qu’un rêve : retrouver son géniteur. A vingt ans, elle traverse la mer et vient étudier en France. Elle découvre Paris et sa banlieue, l’université, et tombe amoureuse d’un jeune Blanc. Mais après la mère, le destin de la fille sera à son tour marqué par les forces sombres de la colonisation.

Deux femmes, une lignée. Le mal de peau c’est leur histoire commune et leurs parcours de vie. On suit de façon alternée la vie de Sibila, la mère de Cathy au Tinga et Cathy qui part faire ses études universitaires en France.

Alternance de lieux mais aussi d’époque. Le Tinga colonial et post-colonial.

Dressons d’abord le portrait de la mère. Une femme que la vie n’a pas épargnée. Son père tente de la marier de force, elle est ensuite violée par un colon. Ces événements ont-ils conditionné sa vie sentimentale ? C’est l’impression qu’on a car Sibila enchaîne les déboires sentimentaux. J’ai eu de la peine pour cette mère célibataire qui tente à travers les hommes qu’elle rencontre de trouver un père pour ses enfants.

Cathy est le fruit d’un acte sexuel non consenti. Métisse, elle subit des rejets à l’école. Elle rêve de connaître son père. Ses études universitaires la mènent en France et elle y rencontre un jeune homme blanc issu d’une famille où le mélange des races ne fait pas partie des vœux.

Dans ce pays qui n’est pas le sien, elle se frotte au racisme, au rejet. Le mal de peau refait surface.

Défis de mère célibataire, racisme dans les années post-coloniales, métissage et sentiment d’entre-deux sont les thématiques de ce roman.

Thématiques intéressantes mais j’ai eu du mal au bout d’un certain temps avec la narration académique, le ton didactique. J’ai hélas trouvé que certaines descriptions étaient inutiles à mon sens.

Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages. J’ai trouvé que l’histoire de Sibila était plus vivante que celle de sa fille.

Et que dire du dénouement ? Une véritable déception ! Quel était le but de l’auteur: choquer le lecteur, déclencher une avalanche de larmes, rendre son histoire inoubliable ? D’autres péripéties auraient été nettement judicieuses. Oui, une vie qui commence et s’achève dans le malheur, c’est un fait, mais qu’elle nous présente un clap de fin de ce genre, ça n’a aucun sens pour moi.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

Publié dans Psyché

La plume de l’amour, c’est moi

Ecrire…
Un acte de temps, de patience
Un cheminement
Ecrire…
Un acte d’indulgence, d’intransigeance
Ajouter, supprimer, effacer, repartir de zéro
Analyser, soupeser, jauger, reformer
Garder l’équilibre entre la vue de l’esprit et la voix du cœur.
De la page blanche à la page noircie, il y a de la sueur, des doutes, des interrogations, des convictions qui deviennent incertitudes.
De la page blanche à la page noircie, le cri se mue en silence et vice versa
Ecrire…
Courir, ralentir…
S’arrêter, demander son chemin
Partir, revenir
Laisser l’œuvre bouillir, se construire
Passer des ténèbres à la lumière

J’ai écrit ces lignes durant l’écriture d’un roman que je tenais à proposer pour un concours d’écriture organisé par Frat Mat Editions .

Ecrire… Qui a dit que c’était facile ? Que ce n’était pas un plaisir mêlé de souffrance ? Et après, la soumission du manuscrit, il a fallu attendre les résultats.

J’avais une furieuse envie de gagner et mercredi dernier, la joie était à son paroxysme quand j’ai vu ça

Je suis la 1ere lauréate du concours et mon manuscrit « Ultime amour » sera publié d’ici la fin de l’année!

Comme dirait l’Ecclésiaste, la fin d’une chose vaut mieux que son commencement et je suis bien heureuse que ce mois de Juillet s’achève sur cette belle note.

J’ai maintenant hâte de tenir mon 3e bébé dans les mains.

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Clean love, tome 10 : Amanda et Jérémy

Amanda, institutrice maternelle, s’est prise d’affection pour le nouvel élève de sa classe, Ricky. Remarquant à quel point il est calme et renfermé, elle essaie à plusieurs reprises d’entrer en contact avec son père… Mais lorsqu’elle se rend enfin sur son lieu de travail et qu’elle rencontre le séduisant célibataire, son univers change du tout au tout… Elle se retrouve maintenant à vivre dans la maison de Jeremy en tant que nounou de Ricky !
Et chaque jour qui passe, elle tombe de plus en plus amoureuse de Jeremy. Et Jeremy ne peut pas résister à la femme qui est entrée dans son monde et a fait son chemin dans son cœur !
Mais alors que leur amour commence à s’épanouir, le passé de Jeremy revient en force pour repousser Amanda. Et le problème est peut-être trop lourd à porter pour elle…
Va-t-elle finir par faire ses valises et quitter Jeremy et Ricky pour toujours ?

Après mes lectures en romance axée sur les couples afro, je me suis axée sur les couples mixtes depuis un bout de temps. Je continue ma découverte des auteures du BWWM et ai débuté la saga clean love avec le tome 10.

Amanda et Jeremy sont les personnages principaux de cette romance. Amanda est une jeune femme de 27 ans, elle est en couple avec Ned mais leur relation n’est plus très épanouissante. J’ai grincé un peu des dents parce que les commentaires des amies d’Amanda sur les hommes noirs entretiennent un peu les préjugés sur ceux-ci.

Amanda est passionnée par son métier et sa relation avec ses élèves, en particulier Ricky, est attendrissante. Petite, elle rêvait de son prince charmant. Elle l’imaginait avec des yeux verts, une longue chevelure noire. Alors quand elle rencontre Jeremy, le père de Ricky, elle est sous le choc. S’il est le prince dont elle a toujours rêvé, elle n’est pas le genre de femmes avec qui Jeremy sort.

Jeremy est un chef d’entreprise qui est habitué aux mannequins. Il est également en couple et a appris récemment qu’il était le père de Ricky. La mère lui a laissé l’enfant pour aller on ne sait où. Il ne sait pas comment s’y prendre avec son enfant et Amanda va lui être d’une aide précieuse.

Le tandem Amanda/Jeremy est sympathique, leur rapprochement est mignon même si je trouve que Jeremy est un peu imbu de sa personne. J’aurais voulu que l’auteure nous offre quelques moments de ce duo en tant que couple.

Ce tome 10 est une lecture mitigée. Je n’arrivais pas à lâcher le livre jusqu’à la 1ere moitié puis mon enthousiasme s’est amoindri à la 2e moitié. L’intrigue a été sous-exploitée à mon sens. Il y avait matière à rendre cette histoire sensationnelle, à en faire un joli conte de fée moderne. Je trouve que les péripéties sont un peu précipitées vers la fin, on reste en surface. Certaines péripéties sont incongrues ou pas assez développées.

La couverture mentionne l’absence de foi en Dieu mais à aucun moment ça a un impact dans le récit, on ne parle même pas de ça. Aussi le portrait de Jeremy n’a rien à voir avec celui de la couverture.

Mon personnage coup de cœur: Ricky. Ce petit garçon est adorable.

J’ai lu le tome en anglais puisqu’il n’y a pas de version française disponible et j’ai trouvé le niveau de langue accessible. Je n’ai pas fait d’incessants aller-retour entre le livre et le dictionnaire.

J’ai deux autres livres de cette série dans ma PAL et j’espère qu’ils sont bien meilleurs que le tome 10.

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L’accordeur de silences – Mia Couto

« La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu: Jesusalèm. C’était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.
Mon vieux, Silvestre Vitalicio, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l’horizon ne figuraient plus que les territoires sans vie qu’il appelait vaguement l’Autre-Côté. »
Dans la réserve de chasse isolée, au cœur d’un Mozambique dévasté par les guerres, le monde de Mwanito, l’accordeur de silences, né pour se taire, va voler en éclats avec l’arrivée d’une femme inconnue qui mettra Silvestre, le maître de ce monde désolé, en face de sa culpabilité.
Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimares Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, tout son pouvoir de création d’un univers littéraire plein d’invention, de poésie et d’ironie.

Trois grands livres forment la charpente du roman. Dans la première partie, Mwanito, le narrateur, présente ce qui fait son monde. A 11 ans, il vit dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Son humanité n’est composée que de son père Silvestre, son frère Ntunzi, Zacaria, le militaire et son oncle Aproximado qui leur rend visite de temps en temps. Mwanito présente chaque membre de son humanité dans les premiers chapitres. Au début, on rit de l’étrangeté du père qui vit replié sur lui-même, oublieux de son passé puis on est assez choqué de son extravagance et de l’affection qu’il accorde à son ânesse.

J’ai ressenti de la lassitude due à la lenteur du rythme jusqu’à l’apparition de Marta. La venue de cette femme portugaise va provoquer des remous dans la vie des habitants du désert. A travers elle, c’est la thématique de la condition féminine qui est introduite.

La profondeur de l’histoire s’accentue au fil des pages, les révélations au dernier livre éclaircissent les raisons de la solitude de Silvestre.

L’accordeur de silences, c’est un style très imagé, philosophique. La saudade, omniprésente dans le roman, donne une atmosphère particulière au texte. J’ai apprécié les thèmes abordés: poids du passé, culpabilité, relation père-fils, relation homme-femme, expression de la féminité, solitude.

Ce roman a été choisi par Sarah, ma fidèle libraire dans l’aventure Kube. Dans ma commande Kube de décembre dernier, je lui ai indiqué que je remplissais ma carte des auteurs africains et aimerais bien lire un auteur de l’une des nationalités suivantes: centrafricain, namibien, tanzanien, mozambicain ou érythréen.

Dans cette Kube, j’ai également reçu un marque-page Kube, deux sachets de thé de la route des comptoirs, un extrait de Le sixième sens de L.P.Hartley paru en janvier dernier aux éditions La Table Ronde, un calendrier 2021 et des fiches de lecture bristol de la marque foglietto.

Et je remercie l’équipe Kube pour leur diligence car je ne m’attendais pas à recevoir la Kube fin décembre. Ca m’a fait du bien de l’avoir pour mon anniversaire 🙂

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Les richesses du cœur de Lise Marcy

Jeff, riche homme d’affaires anglais, est attiré par les femmes noires pulpeuses. Après sa déconvenue avec Alana, il décide de quitter Londres et part s’installer à Yaoundé. Il espère y rencontrer la femme de sa vie, qui ne saura pas qui il est avant qu’il soit sûr de sa sincérité.
Bénévole sur le chantier de construction d’une école et employé de libre service, tout laisse donc à penser que Jeff est un homme ordinaire. Il est attiré par Lydie, la fille de son patron. D’autant plus qu’elle est drôle, intelligente et belle.
Cependant, une histoire avec elle s’annonce compliquée. En effet, cette dernière s’avère vénale, méprisante et est attachée aux traditions familiales.
Sa rencontre avec Sally, la femme idéale selon ses critères va le bouleverser.

De Lise Marcy, j’ai déjà lu trois œuvres. L’une de mes règles en lecture est de ne pas lire plus de trois livres par auteur. Règle que je prends plaisir à transgresser lorsque le 4e livre que l’on me suggère semble être une tuerie ou entre dans mes envies de lecture.

Lorsque Lise Marcy m’a proposé sa prochaine parution en service presse, je n’ai pas su dire non parce que c’est de la romance et qu’il s’agit d’un couple mixte. Je suis formatée, je ne peux pas laisser passer un livre évoquant un couple mixte 😀

De qui est-il question dans cette romance ?

Jeff, le personnage principal, préfère les femmes noires, pulpeuses. Amoureux d’Alana, héroïne de la romance Black Pearl, il est obsédé par l’idée de se caser depuis qu’il l’a rencontrée. Son obsession envers la femme noire m’a un peu gênée car elle renvoie aux préjugés notamment sur la performance sexuelle des noires. Ces échanges avec son ami Phil à ce propos ont accentué ma gêne et m’ont agacée.

Il décide donc de se rendre au Cameroun pour trouver la femme de sa vie. Pour ne pas qu’on le confonde avec les blancs, ayant à leur actif plusieurs dizaines d’âge de vie, se rendant dans ces contrées pour chercher des femmes avec qui finir leurs vieux jours, Jeff désire également améliorer le cadre de vie des populations. Bel élan d’humanité, n’est-ce pas ?

J’avoue, j’ai trouvé ses motivations calculées et fausses. Que dire de la raison sous-jacente au choix du pays ?

– Pourquoi le Cameroun ?

– C’est un pays du Commonwealth, pas particulièrement ancré dans une relation esclavagiste avec l’Angleterre à l’époque.

Il est mignon, le Jeff mais la violence de l’histoire coloniale de l’Angleterre, ça ne compte pas ?

Mes réflexions mises en parenthèse, faisons un focus sur l’histoire d’amour.

L’histoire débute en 2021 et ça m’a mis un baume un cœur car j’ai hâte d’être à l’année prochaine.

Des romances lues de Lise Marcy, je pense que les richesses du cœur est celle que j’ai le plus apprécié. Il est vrai qu’il y a certains faits qui seraient invraisemblables dans la vraie vie comme le fait qu’un riche britannique devienne maçon ou épicier au Cameroun mais on ferme les yeux. Dans la romance, tout est permis…

J’ai apprécié les prémices de la relation de Jeff avec l’élue de son cœur. Le résumé de l’oeuvre nous lance sur une fausse piste, chose que j’ai appréciée car cela permet au lecteur d’hésiter jusqu’aux dernières pages. L’auteure nous fait l’économie des tergiversations qu’induit le triangle amoureux et je lui en suis reconnaissante. J’ai également apprécié que le sexe intervienne tardivement entre eux et que les scènes sexuelles soient brèves.

Au-delà de la romance, l’auteure nous offre un voyage au Cameroun à travers les mets, les paysages. Elle évoque également le poids des traditions, le choc des cultures, les préjugés raciaux et les a priori sur autrui.

L’oeuvre se lit vite. Parfait quand on veut sortir d’une panne de lecture ou tout simplement pour s’évader. Le style est très simple et accessible.

J’ai eu l’impression que les derniers événements narrés étaient précipités. J’aurais voulu que l’auteure prenne davantage son temps sur la fin pour que le lecteur profite lentement des derniers instants passés avec les personnages.

Date de publication : 06 Octobre 2020

Auto-édition

Disponible en format numérique et papier

Prix : 2,99€ au lieu de 4,99€ à partir du 6 octobre 2020

Lien d’achat : ICI

Petit bonus : un petit mot de l’auteure

Ma new romance montre les différents clichés que l’on peut avoir sur une culture qui n’est pas la notre et tente de les casser.
En effet, cette histoire change de celles auxquelles nous sommes habitués en général en France et elle mélange les cultures.
J’ai beaucoup de plaisir à faire voyager mes lecteurs dans mes romans.
J’espère que cela leur donnera donc envie de lire le roman, d’une part mais aussi de découvrir ce beau pays.

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TTL 70 : Les cent puits de Salaga – Ayesha Harruna Attah

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est UNE SORTIE DU MOIS.

Throwback oblige, c’est un livre sorti en septembre 2019 que je vous présente.

Les cent puits de Salaga - Ayesha Harruna Attah - Babelio

Elles ont le nom de reines guerrières, et tout semble les opposer. Aminah a quinze ans, guette les caravanes de marchands dans la région de Gonja, vend un peu de nourriture. Bientôt, un raid de cavaliers fait d’elle une captive.
Wurche est une princesse, fille têtue du chef de Salaga, la ville aux cent puits, haut lieu du commerce d’esclaves. Elle a l’âge d’être bientôt mariée, alors qu’elle ne rêve que de pouvoir, en ces temps d’alliances et de conflits entre chefs de tribus, avec les Ashantis de la forêt voisine, avec les Allemands, les Anglais, les Français.
Et il y a Moro, l’homme à la peau si noire qu’elle est bleue. Il vit de la vente d’esclaves mais croit à la destinée, et cède à la beauté.

l'Afrique écrit

Ce roman présélectionné pour le Prix les Afriques 2020 m’a attirée par sa 1ère de couverture aux couleurs chatoyantes mais aussi par son résumé. J’ai sauté à pieds joints dans le récit et je n’aurais pas dû.

Au début de l’histoire, j’ai pensé retrouver l’atmosphère de No home de Yaa Gyasi mais ce roman est complètement différent. 

Les cent puits de Salaga c’est l’esclavage intra-continental africain observé à travers les yeux du marchand d’esclaves, Moro, de la maîtresse d’esclave Wurche et de l’esclave Aminah. Nous sommes au Ghana dans la période précoloniale. 

Spectateur, le lecteur voit se dérouler sous ses yeux les relations entre maîtresse et esclave. Il observe le commerce entre Africains et Européens au XIXe siècle, le jeu politique entre les familles royales africaines. Il observe des femmes qui veulent être maîtresse de leur destin. Wurche est une princesse rebelle, un garçon manqué. 

Il y a de l’amour dans l’air, une quête d’affirmation de soi et de liberté. 

L’auteure a fait le choix d’une alternance narrative. Deux femmes, deux voix : Aminah et Wurche. La narration à la 3e personne m’a laissé indifférente vis-à-vis des émotions des personnages.

L’auteur avait tous les ingrédients pour faire de ce roman un récit bouleversant mais il flotte dans ce récit un parfum de froideur. Le rythme manque cruellement de rythme. 

Le thème de l’esclavage intra-continental est très intéressant mais nécessitait un travail plus abouti de l’auteure. Le récit est accessible mais le style est simpliste. Peut-être un problème de traduction ?

Vous l’avez compris, Les cent puits de Salaga ne m’a malheureusement pas convaincue.

Et vous, quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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A l’orée du trépas – Khalil Diallo

« La passion justifie des actes ignobles que rien ne saurait expliquer, que personne ne saurait comprendre, encore moins présager. L’amour, le sien, l’avait à présent conduit dans cette place peuplée d’un marché du Caire. Il s’était perdu par amour et à présent ce sentiment l’avait conduit au point où il se sentait prêt, capable de détruire la terre entière et tout ce qu’elle portait en son nom. » Ce roman se présente comme un chant d’espérance, se servant de l’obscurantisme religieux, la mort, l’immigration, l’amour et la poésie afin de mettre en scène l’histoire, mais aussi et surtout la condition humaine.

Comment ce livre est-il arrivé dans ma PAL ?

J’ai découvert ce roman dans la liste des finalistes du Prix Orange du Livre en Afrique 2019 et du Prix Ivoire 2019. Le voir apparaître deux fois parmi des finalistes de prix m’a donné envie de le découvrir.

Je remercie Youscribe qui m’a permis de lire ce roman gratuitement.

L’intertextualité est fortement présente et ce dès les premières pages de ce roman de 190 pages : un grand nombre de textes d’auteurs français traverse les lignes du roman. J’ai trouvé qu’ils n’étaient pas énoncés de manière subtile.

Notre narrateur est un trentenaire et s’appelle Ismaila. Fils d’imam, il est orphelin de mère. Une absence maternelle qui l’affecte surtout que cette dernière a été victime de violences.

L’introverti Ismaïla fera la connaissance de la belle Amina. Une romance évidente voit le jour. Elle est classique et est parfois décrite de manière caricaturale. L’auteur s’est-il senti dans l’obligation d’évoquer des cheveux qui flottent dans le vent en parlant de la belle Amina ? Cette légère romance va être écourtée par un événement dramatique. Un événement qui va pousser Ismaïla à la radicalisation.

Je ne suis peut-être pas la cible de ce roman car je n’ai pas passé un bon moment de lecture. J’ai apprécié les descriptions de Dakar qui permettent au lecteur de se représenter la ville. L’idée de départ est intéressante à savoir le terrorisme mais elle n’a pas été développée en profondeur notamment sur l’intégration dans un groupe djihadiste.

Par ailleurs, je n’ai pas trouvé logique l’évolution du personnage d’Ismaila. Cela donne un caractère invraisemblable au récit.

Ce récit porte le parfum du premier roman avec sa candeur et ses maladresses. Il ne m’a malheureusement pas convaincue.

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Nouvelles du monde #6 : Cuba

L’histoire de l’île de Cuba est tumultueuse, conçue par tous les étrangers qui l’ont successivement envahie pour en faire leur « chose » et la ployer avec la force de leurs désirs. Elle n’a pas rompue, réinventant son identité aux rythmes entraînant de la musique métisse qu’elle a su installer pour elle-même dans les cœurs de ses habitants. Ce grand mélange des influences venues d’Europe, d’Afrique, d’Asie et du puissant voisin américain s’est solidement constitué sur les ruines autochtones, balayées par les violences de l’Histoire. Ce melting pot débarqué de l’extérieur s’est mué en une culture à part entière, aisément repérable, avec ses codes et ses douleurs, son charme et ses plaisirs. Elle aurait pu ne jamais advenir. Qu’on en juge !

Depuis le débarquement de Christophe Colomb qui s’imagine en Chine, autour de ces mers agitées, les pirates, les corsaires et tous les flibustiers s’en donnent à cœur joie. Le trafic maritime est tel qu’il laisse l’imagination et la cupidité des plus téméraires se débrider. Les cales des bateaux sont pleines, dans les deux sens. Un coup de chance peut rapporter gros. Le Jolly Roger, le pavillon noir orné d’une tête de mort, et L’Île au trésor (1883) de Robert Louis Stevenson sont nés dans ces parages, donnant encore d’autres couleurs au mythe cubain qui se constitue.

Après la colonisation espagnole, après la domination américaine, après poigne de Fidel Castro, une identité cubaine s’est affirmée qui donne aux textes proposés ici une résonance particulière, ancrée clairement dans la modernité du monde.

Mon tour du monde littéraire grâce à la collection Miniatures des Editions Magellan et Cie continue. Aujourd’hui, cap sur Cuba ! C’est une île qui fait partie de mes endroits à découvrir. En attendant, je l’explore via la littérature.

Neuf nuits avec Violeta Del Rio – Leonardo Padura

Un homme se souvient d’une chanteuse qu’il a aimée et avec qui il a passé neuf nuits d’amour. A l’époque c’est un jeune provincial catholique et révolutionnaire fraîchement arrivé à la Havane pour s’inscrire à l’université. Une nouvelle qui m’a donné l’envie d’écouter des boléros cubains

Danser avec l’ennemi de William Navarrete

Des Pancraciens exilés à Paris, ayant fui la république bananière de San Pancracio se retrouvent chez Bibiblue. La petite fête a pour but de chasser l’ennui du sombre hiver parisien. Mario figure parmi les invités. Il voue une haine farouche à la Momie, surnom donné au dictateur qui règne sur San Pancracio. A ce dîner, Mario fait la connaissance d’une jeune femme, Graciela. Une femme qui lui réserve bien des surprises.

Le chasse-neige par Wendy Guerra

La narratrice évoque l’enterrement de son oncle mort en ayant pris part à la guerre d’Angola. Une nouvelle qui ne m’a pas convaincue.

De la rue Cardenas on voit le capitole de Véronica Vega

Retrouvailles d’un homme et d’une femme après 7 ans. L’homme est désormais expatrié aux USA. Une nouvelle qui ne m’a pas convaincue.

Un air de guaguanco transatlantique à deux voix de Teresa Dovalpage

Le North Star, un paquebot transatlantique, s’est perdu entre Miami et Barcelone. Il semble que Peter Estrella qui s’appelle Pedro Perez en réalité ait sombré avec le bateau? Qui était Peter Estrella ? C’est Maryoli, une jeune fille devenue femme qui le raconte. Une nouvelle pleine d’humour.

Tel est l’avenir d’Ivan de la Nuez

Un essai sur l’avenir de Cuba, l’avenir de la jeunesse cubaine. J’ai été tellement déçue de lire un essai au lieu d’une nouvelle que je n’ai pas la force d’en dire plus sur les lignes d’Ivan de la Nuez.

Ce recueil est pour le moment l’une de mes grandes déceptions de la collection Miniatures. Je m’attendais à des récits plus enivrants, colorés, surprenants. J’attendais une véritable immersion dans le Cuba d’hier mais aussi d’aujourd’hui : ses traditions, sa culture. Je ne retiens que le boléro et le conga de ce recueil.

Je remercie chaleureusement la plateforme Youscribe qui m’a permis de lire ce recueil gratuitement. J’aurais été verte de rage si je l’avais acheté.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 65 : Tunis Blues – Ali Bécheur

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est : Artiste

N’ayant pas en tête un livre où l’un des personnages est un artiste, j’ai décidé d’interpréter le thème à ma guise. 

Dans ma bibliothèque, une 4e de couverture évoque un artiste

Dans ma bibliothèque, une 4e de couverture évoque la poésie.

Dans ma bibliothèque, une 1ère de couverture a un graphisme artistique.

 

Il s’agit de Tunis Blues 

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Quand l’été n’est plus que cendres, Tunis a le blues. Et le monde n’est plus qu’un piano désaccordé.
Le temps d’une saison, Jimmy, le déraciné, oiseau de nuit en quête d’aventures, croise le chemin d’Ismaïl, le juge solitaire et rigoriste, exaspéré par le comportement de ses concitoyens et leurs mœurs ostentatoires. Le destin les guidera vers des amours improbables avec Lola, la voyante au grand cœur, Elyssa la jeune bourgeoise passionnée, et Choucha, la journaliste, femme libre et intransigeante.

Une partition à cinq voix où vibrent, du vieux quartier de La Fayette à la colline de Sidi Bou Saïd, l’âme de la ville, les blessures de la vie et l’appel d’un monde à inventer.

À lire comme on écoute du Miles Davis…

l'Afrique écrit

Des vies qui s’épanchent, se racontent, une description de la ville de Tunis qui je trouve à des points de ressemblance avec Abidjan notamment en ce qui concerne les embouteillages.

Jimmy est celui qui ouvre le bal. Qui est ce jeune homme aimant se vêtir de noir, part à la chasse dans les boîtes de nuit, repère une proie, passe la nuit avec elle et lui fait les poches ? Au fil du récit, on découvre son histoire, l’histoire d’un déraciné…

On découvre également l’histoire du juge Ismaïl, de Lola, la voyante, Choucha la journaliste et Elyssa la jeune bourgeoise. Leurs destins s’entrecroisent, des histoires multiples, un blues partagé.

Chacun raconte ses blessures et ses espoirs. Ces personnages sont plaisants à suivre, mon personnage coup de cœur a été Lola. J’ai été touchée par son grand cœur et son réalisme.

J’ai été charmée par la plume de l’auteur. J’ai apprécié ses envolées philosophiques qu’il m’a fallu relire plusieurs fois comme cet extrait 

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J’aimerais bien lire une autre œuvre de cet auteur dans un avenir proche.

fleur v1