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Tsippora de Marek Halter : un coup de cœur ?

 

Exode 2 versets 20 à 22

Et il dit à ses filles: Où est-il? Pourquoi avez-vous laissé cet homme? Appelez-le, pour qu’il prenne quelque nourriture. Moïse se décida à demeurer chez cet homme, qui lui donna pour femme Séphora, sa fille. Elle enfanta un fils, qu’il appela du nom de Guerschom, car, dit-il, j’habite un pays étranger.

 

Exode 4 versets 24 à 26

Pendant le voyage, en un lieu où Moïse passa la nuit, l’Eternel l’attaqua et voulut le faire mourir. Séphora prit une pierre aiguë, coupa le prépuce de son fils, et le jeta aux pieds de Moïse, en disant: Tu es pour moi un époux de sang ! Et l’Éternel le laissa. C’est alors qu’elle dit: Époux de sang ! à cause de la circoncision.

 

Exode 18 verset 2 

Jéthro, beau-père de Moïse, prit Séphora, femme de Moïse, qui avait été renvoyée.

Séphora… prénom mentionné trois fois dans la Bible.

De la femme de Moïse, on sait très peu de choses. La société patriarcale juive n’accorde pas assez de place à la femme surtout lorsqu’elle n’est pas juive.

Adepte de la romance, j’ai déjà imaginé les histoires d’amour des hommes et femmes de la Bible notamment Isaac et Rebecca, Joseph et Asnath, Esther et le roi Assuérus, Moïse et Séphora (Tsippora) mais je n’avais jamais imaginé que cette dernière était noire !

Comment aurais-je pu alors qu’elle a la peau blanche dans toutes les adaptations cinématographiques ?

Dans Nombres 12, il est fait mention d’une femme éthiopienne, épouse de Moïse. J’ai toujours pensé que Moïse avait pris une deuxième femme vu que Tsippora était blanche.

Non, mais quelle ignorance ! Sans Marek Halter, j’aurais probablement vieilli avec cette fausse idée de Tsippora. 

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Tsippora, la Noire, la Kouchite, a joué un rôle capital dans la vie de Moïse, Marek Halter en est convaincu. Grâce à son imagination, il nous relate la vie quotidienne de Tsippora, fille de Jethro. On découvre une jeune femme sage, déterminée, courageuse face au racisme, à l’ostracisme qu’elle subit.

Sa personnalité est admirable. Elle est persuadée de la destinée exceptionnelle de Moïse et fera tout son possible pour qu’il en soit convaincu. La priorité de Tsippora c’est l’accomplissement de la destinée de l’élu de son cœur.

 

Ce roman historique permet de s’imaginer ce que cette femme a dû ressentir face au sacerdoce de son mari et aux sacrifices qu’ils ont dû faire l’un et l’autre.

L’auteur fait une description très précise de leurs sentiments, leurs états d’âme. Moïse n’apparaît pas seulement comme l’homme de Dieu, c’est un humain avec de l’amour à donner et à recevoir.

Mais comment ai-je fait pour ne pas lire ce roman dès qu’il est entré dans ma PAL ?

 

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Ah oui, j’avais lu la Reine de Saba du même auteur en 2017. Lecture sympathique mais sans plus j’ai rangé Tsippora dans le même canevas.

Grande erreur car Tsippora est une pépite. C’est une lecture captivante, addictive.

J’ai adoré le couple formé par Moïse et Tsippora. Marek Halter décrit de manière poétique et sensuelle leur amour.

roman historique

 

C’est presqu’un coup de cœur. Je dis presque car j’ai vraiment été contrariée par la tragédie de la fin.

Je recommande vivement la lecture de ce roman.

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Un amour interdit Alyssa Cole

 

Moïse n’était pas un dieu, seulement un homme de chair et d’os qui s’éteignait en contemplant son rêve. Un homme qui demeurera à jamais dans l’immense mausolée des mots et de la mémoire.

Mais de Tsippora, la Noire, la Kouchite, qui s’en souviendra ? Qui se souviendra de ce qu’elle a accompli et qui prononcera encore son nom ?

Que ce livre soit pour elle un modeste tombeau.

 

La toute-puissance d’Horeb est d’accomplir ce que l’on n’attend pas de lui. Il nous surprend et, dans cette surprise, il nous corrige, nous encourage et nous montre où porter nos pas. Laisse-le te surprendre. Ne te précipite pas. Les jours seront nombreux devant toi.

 

Avez-vous déjà lu des œuvres de Marek Halter ? Laquelle avez-vous apprécié ?

 

 

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Romance à l’occidentale ou à l’africaine ?

Beau mois de février ! Que l’amour soit votre partage.

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Février est la bonne excuse pour lire des romances. Je vous en suggère donc deux aujourd’hui.

Après avoir voulu le tome 4 de la dynastie des Danforth, ma curiosité a lu les autres titres de la saga et s’est arrêtée sur le tome 12. Même si je préfère maintenant ne lire que des romances de couples mixtes/noirs qui ne sont pas assez représentés dans le genre, j’ai décidé de lire ce tome car il y est fait mention de différence d’âge du couple.

Couverture La Dynastie des Danforth, tome 12 : Le serment du bonheur

Après une campagne électorale riche en rebondissements, Abraham Danforth a remporté les élections sénatoriales et s’apprête à quitter Savannah pour s’installer à Washington dans ses nouvelles fonctions. Il ne fait aucun doute pour lui que Nicola Granville, sa jeune et séduisante directrice de relations publiques, va accepter de l’accompagner. Ainsi pourront-ils enfin vivre au grand jour leur liaison tenue cachée, le temps de la campagne, pour ne pas attirer l’attention des journalistes. Mais face au refus catégorique de Nicola, Abraham s’interroge : serait-ce parce qu’il ne lui propose pas de l’épouser, lui qui est convaincu qu’il n’est pas fait pour le mariage ? Ou parce que la jeune femme estime que leur différence d’âge est trop importante ? Ce qu’il ne peut pas deviner c’est que Nicola, malgré l’amour qu’elle lui porte en secret, vient tout juste d’apprendre une information qui bouleverserait leurs vies si jamais elle venait à la partager avec lui… 

 

Entre Abraham et Nicola, la relation professionnelle a pris une tournure charnelle, le désir en majuscule. Ils tiennent l’un à l’autre mais est-ce de l’amour ? Leur relation tiendra-t-elle lorsque Nicola lui partagera l’information capitale ?

Le serment du bonheur est une histoire bien écrite, au style fluide. On est axé sur la relation d’Abraham et Nicola même si l’auteure fait intervenir les membres de la famille Danforth.

J’ai apprécié le fait que l’auteure aborde l’adoption dans le cas d’une jeune mère isolée et sans ressources. J’ai pensé à toutes ces femmes qui ont été un jour dans cette situation. Une décision courageuse à prendre.

Il y a également le cas de la parentalité tardive qui est mentionnée. Des choix pas toujours évidents à faire.

La question de la différence d’âge est développée mais pas assez à mon goût. 😦

 


 

Aussitôt terminé cette romance à l’occidentale, j’ai voulu une romance de chez moi. J’ai donc emprunté Sur le chemin de notre amour.

Sarah Mandza, jeune gabonaise de 26 ans quitte un soir Libreville pour la province de Mouila afin d’y décrocher un emploi. C’est son ultime chance de retrouver un équilibre de vie, redonner un souffle financier à sa famille après son divorce avec Pascal. Sa famille n’a pas très apprécié son divorce avec ce dernier. Ils lui en veulent d’avoir rompu avec le blanc qui assurait l’aisance financière de la famille.

Ce soir-là donc, Sarah fait une crevaison sous une pluie battante. Heureusement, un homme s’arrête. Sarah jure que le Ciel lui en veut lorsqu’elle découvre l’identité de cet homme : Michael Boulingui. L’homme qu’elle a lâchement abandonné huit ans plus tôt pour épouser le riche blanc.

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Le chemin de Sarah ne cessera de rencontrer celui de Michael depuis cette nuit. Sarah aura envie de revivre leur doux passé. Est-ce le vœu de Michael qui a une fiancée et une maîtresse ?

L’histoire de Sarah m’a réellement émue. Des livres publiés par Mady que j’ai lus, celui-ci m’a le plus touchée. J’ai versé une larme dès les débuts, j’ai retrouvé l’émotion des chroniques de Mady.

Le récit met en évidence ces familles sans scrupule qui vendent leurs filles au plus offrant afin d’être à l’aise financièrement.

Les scènes d’amour sont sensuelles sans tomber dans le vulgaire. L’auteure nous évite les détails scabreux et c’est appréciable.

Sur le chemin de notre amour est une histoire à découvrir même si quelques péripéties  supplémentaires pour étoffer l’histoire n’auraient pas été de trop. L’histoire est trop courte, elle ne tient qu’en 148 pages. Certaines péripéties ne sont pas assez développées, d’autres un peu tirées par les cheveux. 😦

 

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L’utopie des fous de Anthony Boucard

Roman concourant au Prix des Auteurs Inconnus 2019, catégorie « littérature blanche »

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« Pas un seul jour n’est passé sans que je ne vienne à toi, que je ne te fasse la cour, que je me jette à tes pieds pour éprouver ton amour et me faire aimer. Si je ne le faisais pas, c’est toi qui m’approchais. Lorsque nous nous croisions, nos yeux se retrouvaient et disaient ce que ton raisonnement ne pouvait comprendre. C’est ainsi, c’était inscrit dans ton sang et dans ta peau, comme cela l’était dans la mienne. Nous étions condamnés à nous aimer comme tu l’étais à m’oublier.»

C’est sur ces notes d’amour tendres que débute le roman. Ces mots, Marius Dupont, septuagénaire, les adresse à Jeanne Roland, l’amour de sa vie depuis l’adolescence.

Ils sont au foyer psychiatrique des Landes depuis près de 45 ans. Jeanne est amnésique. Quant à Marius, il affirme qu’il est fou sans donner de précision sur son mal.

Un soir, ils quittent le foyer. Marius est en possession de ciseaux de couture qui lui ont été donnés par Angèle, employée dans l’établissement depuis les années 60.  

Qu’est-ce qui a bien pu pousser Angèle à faire cela ? Que compte faire Marius avec ces ciseaux ?

Les questions du présent ont leurs réponses dans le passé.

On fait un bond en arrière, à l’été 44.

La France est occupée. Sur les terres séquestrées du sud Touraine, certains comptaient les jours avant la libération en priant que rien ne leur tombe sur la tête. D’autres se battaient, pour ou contre, en uniforme ou en civil, avec plus ou moins de conviction. Ils étaient français ou allemands, embarqués dans la même guerre.

Dans ce climat hostile de la seconde guerre mondiale, Jules Bréhant, 16 ans et Jeanne Roland, 14 ans s’aiment. Le père de Jeanne ne veut pas entendre parler de cette relation car le père de Jules est un collabo. Nos deux tourtereaux s’aiment donc en secret dans ce climat de suspicion et de méfiance instaurés par la guerre.

Dans l’horreur, jaillit l’écho de cet amour juvénile, vécu avec impétuosité. Un amour arrêté en plein élan à cause des affres de la guerre puis repris sous une autre forme.

 

A travers les yeux de Jeanne et Jules, l’auteur décrit les conséquences de la guerre sur le plan individuel, familial, communautaire et national.

Je lui racontai comment les habitants des villages redistribuaient leur amitié en fonction de leurs convictions ou de leurs intérêts, comment les amis du passé devinrent des ennemis pour de la viande, pour du beurre, pour un salut à l’occupant ou pour une résistance porteuse de représailles.

 

Chacun des bourreaux s’affairait à sa tâche comme si les rôles avaient été distribués et répétés longtemps à l’avance. Tous opéraient comme dans un rituel religieux au nom d’une patrie, d’un devoir ou de la morale.

Il n’y a pas de bons ni de mauvais dans les guerres. Il y a seulement des hommes qui font des choix. Et eux ont choisi d’être des assassins. Lorsqu’ils tirent sur nos soldats, ce n’est pas pour se défendre, c’est juste pour tuer de l’Allemand, des hommes qui font seulement leur devoir.

L’auteur nous fait réfléchir en nous plongeant dans l’horreur de la guerre, la violence sans nom. Dans une guerre, la bonté et le mal ne se trouvent-ils que dans un seul camp ?

Il nous fait également réfléchir sur les conséquences des choix que nous faisons sous l’influence de la colère, la frustration.

Très sceptique sur ce roman lors des présélections du prix, je l’ai finalement apprécié. C’est une sympathique découverte. 

Le procédé narratif rend l’oeuvre agréable à lire malgré son côté dramatique, mélancolique. L’auteur fait des allers-retours entre le présent et le passé et alterne les narrateurs. Les 32 chapitres formant la charpente du livre sont plutôt courts et donnent du rythme à l’histoire. Le niveau de langue est approprié au contexte de l’œuvre, le vocabulaire varié mais il  y a malheureusement énormément de descriptions pour la plupart inutiles qui alourdissent le récit.

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Baiser du scandale ou Coup de foudre à Savannah ?

Aujourd’hui, spécial Brenda Jackson ! De cette auteure afro-américaine, j’ai lu :

Serments interdits

Tête à tête inattendu

En principe, je mets de côté un auteur à partir de trois livres lus dans sa bibliographie mais Brenda Jackson a un gros atout : ses romances mettent en avant des couples noirs, très peu représentés dans la littérature à l’eau de rose.

J’ai donc rajouté quelques uns de ses livres dans ma bibliothèque. Je vous présente aujourd’hui le baiser du scandale et Coup de foudre à Savannah.

 

 

Couverture Westmoreland, tome 3 : Le baiser du scandale

Le baiser du scandale – Brenda Jackson

Le baiser du scandale est le tome 3 de la saga Westmoreland. Souvenez-vous, après avoir lu le tome 1, j’ai eu envie de découvrir Thorn et Tara, des personnages qui m’avaient l’air sûrs d’eux et pas commodes. Deux personnalités de feu. C’est avec hâte que je suis allée à leur rencontre.

 

Thorn Westmoreland est un homme compliqué, il le sait. Et les femmes sont les premières à pâtir de son caractère capricieux et volage. Du moins, jusqu’à ce qu’il rencontre Tara. Désormais, la seule chose qui compte pour lui est de séduire cette femme qui ne cache pourtant pas son mépris à son égard…

Thorn et Tara se désirent depuis près de deux ans ! Trop fiers, ils refusent de faire le premier pas. Thorn cède, Tara devient son challenge. Les armes offensives de séduction sortent. Le premier qui baissera la garde tombera lourdement.

Le roman est très axé sur le désir, les sentiments d’amour enfouis sont révélés à la fin. Le couple est intéressant mais on est dans le romantique à outrance, échappant un peu à la réalité que ce soit dans le vocabulaire utilisé comme dans les tournures des événements.

Il n’y a pas d’originalité dans les rebondissements, le schéma romantique : la princesse charmante sans défaut physique rencontre le prince charmant sans défaut physique.

 

Coup de foudre à Savannah sera-t-il plus original ? Les lignes suivantes nous en diront plus. 

Couverture La dynastie des Danforth, tome 04 : Coup de foudre à Savannah

Le soir où Jasmine Carmody décide de s’introduire dans la propriété de Wesley Brooks, un proche de la famille Danforth, elle fait taire ses scrupules. Après tout, c’est son devoir de journaliste d’informer les habitants de Savannah au cas où Abraham Danforth, qui se présente au Sénat, ne serait pas aussi intègre qu’il le prétend. Et Wesley Brooks pourrait bien détenir les preuves qu’elle cherche… Sauf que Jasmine aurait préféré ne pas rencontrer en chair et en os le séduisant playboy qui rentre inopinément d’une soirée. Fou de rage que la jeune femme puisse penser un seul instant à salir la réputation de ceux qu’il considère comme sa vraie famille, Wesley lui annonce que, à partir de maintenant, il va la suivre dans tous ses déplacements… Jour et nuit ! Mais cette intimité forcée va leur réserver bien des surprises…

Coup de foudre à Savannah est le tome 4 de la saga des Danforth. C’est le seul couple noir de cette saga qui compte 12 tomes. 

Jasmine est une jeune journaliste ambitieuse. Orpheline de mère, elle n’a pas de tendres relations avec sa belle-mère et ses sœurs par alliance. J’ai cru lire une version moderne de cendrillon, heureusement l’impression s’est vite dissipée.

Wes et Jas sont mignons et nous offrent une romance fluide et sympathique. J’ai apprécié la formation de leur couple même si certaines péripéties et dénouements sont très plats et donnent des arguments à ceux qui détestent la romance.

Sur 4 romances lues de Brenda Jackson, 3 héroïnes sont vierges. J’apprécie vu que cela correspond à mes convictions mais cela nous ôte l’effet de surprise lorsqu’on lit ses romans à la chaîne. 

J’aimerais maintenant que soit mise en avant la virginité des hommes dans la tranche d’âge 25-30 ans mais existe-t-il vraiment des hommes beaux comme des dieux et puceaux dans cette tranche d’âge ?

 

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La fille du roi araignée – Chibundu Onuzo

Lagos est un univers avec deux planètes, celle des riches et leur luxe affolant et celle des pauvres et leur misère désolante.

Deux planètes qui ne se rencontrent que par l’entremetteur qu’est l’amour.

À dix-sept ans, Abike Johnson, la fille d’un richissime magnat de Lagos, a l’habitude de se laisser porter par l’immense Mercedes noire de son père dans les rues de la ville. Un jour, alors que la voiture est assaillie par des vendeurs à la sauvette, le regard d’Abike croise celui d’un colporteur : jeune, beau, élégant sous ses haillons, il détonne dans la foule. Lui vit dans un quartier mal famé. Tous les jours, il parcourt des kilomètres en vendant des glaces pour subvenir aux besoins de sa sœur et de sa mère. Abike découvre un univers inconnu qui la fascine et invite à son tour le jeune homme dans son monde.

Le colporteur a un surnom mais est désigné par sa profession tout au long du livre. Une façon de le rabaisser, le cantonner à son environnement ?

Le jeune homme est attachant. J’ai apprécié son courage, son dévouement au service de sa famille. Joke, sa petite sœur est une blague à elle seule. Insolente, elle nous apporte quelques moments de rire.

Ce roman relate avec précision le climat social de Lagos : les familles moyennes vivant au-dessus de leurs moyens, les sollicitations financières de la famille élargie qui s’étendent à l’infini, la solitude face aux problèmes financiers et ces riches dont la fortune repose sur corruption, proxénétisme et autres pratiques douteuses.

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Au début, j’ai cru lire une histoire d’amour young adult sans relief puis est venu le moment où les secrets du passé ont refait surface. La romance s’efface pour laisser la place à un thriller. Nos amoureux doivent choisir leur camp : celui de l’amour ou le rétablissement de la justice.

On a envie d’action. Les masques tombent, les apparences trompent…

Grands manipulateurs et novices en la matière élaborent leurs stratégies.

J’aurais voulu qu’Abby (vous découvrirez qui c’est en lisant le livre) perde à son jeu de séduction, que Runner G sorte glorieux et non honteux de sa vengeance mais l’auteure en a décidé autrement.

Merci à Chibundu Onuzo pour ce voyage divertissant à Lagos. L’alternance des points de vue marqués par un changement de la police d’écriture est un peu déroutante au début mais on finit par s’y habituer.

 

Pour en savoir plus sur le roman, cliquez ICI

 

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Une coccinelle dans le cœur – Angie Le GAC

Roman concourant au Prix des Auteurs Inconnus 2019, catégorie « littérature blanche »

 

Couverture Une coccinelle dans le coeur

 

Jeune, belle, malade. Trois adjectifs qui décrivent Elena, notre héroïne.

En septembre 2004, Elena, mannequin de 25 ans, s’évanouit lors d’un défilé. Elena est internée. Elle a fait une crise psychotique aiguë avec accès de paranoïa.

La vie d’Elena fait dès cet instant des tours audacieux de manège. Il y a des ascensions, des moments intenses de joie puis des descentes infernales : dépression, envie de mourir.

Malgré tout, Elena décide d’avancer. Entre ses séjours à la clinique et sa reconversion professionnelle, elle tente de vivre avec sa maladie chronique, psychose maniaco-dépressive.

L’amour frappe à sa porte. L’homme-silence, l’homme-lumière, l’homme-espoir entre dans sa vie et la propulse dans les étoiles.

1+1=3

Elena donne la vie mais le destin décide de se jouer à nouveau d’elle. La félicité d’Elena est perturbée, les épreuves s’accumulent. Compte tenu de son état de santé, la Haute Cour de justice britannique lui retire son enfant.

J’ai trouvé absolument aberrante la décision de la Cour britannique. J’ai donc pris le soin de vérifier si ce n’était que pure fiction et je suis tombée des nues. Des enfants sont retirés abusivement à leurs parents par les services sociaux au Royaume-Uni !

https://affairesfamiliales.wordpress.com/2012/01/29/vols-denfants-par-services-sociaux-angleterre/

https://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2016/11/15/au-royaume-uni-le-scandale-des-enfants-arraches-a-leur-famille_5031213_1655027.html

https://www.huffingtonpost.fr/2013/01/14/scandale-services-sociaux-abus-enfants_n_2472295.html

Merci à l’auteure de m’avoir fait découvrir ce pan de l’actualité. Je n’en reviens toujours pas. L’histoire d’Elena m’a encore plus bouleversée. Je n’aimerais vraiment pas être à sa place et celle de son époux.

L’histoire n’est pas sombre jusqu’au point final, on entrevoit une lueur d’espoir, une belle leçon de vie : continuer à vivre, relever la tête malgré les coups bas de la vie.

Ce roman faisait partie de ma présélection. J’ai eu un réel intérêt pour la thématique sur les maladies mentales qui ne figure pas dans mes lectures habituelles. Je suis satisfaite qu’il ait été sélectionné car il aborde des sujets percutants.

Quid de la forme ?

L’auteur utilise un langage simple avec quelques envolées lyriques. Les phrases sont courtes.

Je trouve dommage que cela soit écrit à la 3e personne, cela amenuise l’intensité des émotions selon moi. J’ai trouvé certaines tournures de phrases niaises, certaines discussions théâtrales. La forme de l’histoire pèche à certains endroits mais cela ne nuit pas à la qualité intrinsèque de l’oeuvre.

 

Christmas

Auto-édition

Disponible en format kindle et broché (222 pages)

Date de publication : Janvier 2018

Lien d’achat : ICI

GM signature

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Code Rebecca, ma première fois avec Ken Follett

Couverture Le code Rebecca

En 1942, l’Africakorps du général Rommel vient d’investir Tobrouk. À son tour, l’Égypte est menacée par les Nazis qui disposent au Caire d’une « taupe » chargée de les renseigner sur les défenses britanniques. Cet espion allemand, Alex Wolff, caché chez Sonja El-Aram, une danseuse égyptienne devenue sa maîtresse, adresse quotidiennement des messages par radio à Rommel en utilisant un code secret contenu dans un exemplaire de Rebecca, le roman de Daphné du Maurier. Un major du contre-espionnage britannique, décidé à neutraliser définitivement l’espion nazi, se lance à sa recherche en compagnie d’une jeune et belle juive égyptienne. Une formidable course poursuite s’engage.

 

l'Afrique écrit

C’est Telesia qui m’a fait découvrir ce livre dans le cadre de notre swap. Je la remercie car j’ai passé un bon moment de lecture.

Deux camps sont opposés : le duo Sonja/Alex et le duo Elene/Vandam.

Chaque camp a un objectif : empêcher l’autre d’atteindre son but.

Chaque camp a une stratégie particulière avec un point commun : le corps de la femme est considéré comme un appât. J’ai grincé des dents face à cette image de la femme-objet que renvoie le roman mais cela est conforme au contexte social.

Chaque camp fait monter notre adrénaline à chaque point remporté dans ce duel et nous offre une belle histoire d’espionnage avec de nombreux rebondissements. Il n’y a pas de temps mort dans l’histoire, le rythme est haletant.

 

Adepte de la romance, je n’ai pas laissé passer la discrète romance d’Elene et William. Ils ont légèrement le profil de Max de Winter et sa deuxième épouse, je trouve. Ils m’ont fait sourire et rire notamment lors de leur première fois 

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Les personnages du roman sont bien construits, une vraie personnalité qui les rend vivants. Par contre, j’ai jugé le dénouement assez rocambolesque, la fin assez hâtive. L’auteur a coûte que coûte voulu faire triompher le gentil.

Un autre bémol noté : Je n’ai pas assez ressenti la présence de Rebecca dans le roman. On y fait allusion, la clé du code est expliquée et c’est là que j’ai été un peu déçue. Je m’attendais à lire quelques morceaux de messages codés et jouer un peu au détective, essayer par moi-même de déchiffrer le code en faisant le parallèle avec le roman.  😦

 

En conclusion ? 

Quelques bémols qui n’engloutissent pas tout le plaisir que procure ce roman. J’ai maintenant envie de découvrir un autre one-shot de l’auteur. Lequel me recommandez-vous ?

 

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N’être – Ma première fois avec Charline Effah

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Qu’est-ce que l’amour ? Doit-il être ou paraître ? Comment le reconnaît-on ? Comment le vit-on ? Telles sont les questions implicites que pose ce roman à travers l’épanchement de Lucinda, notre héroïne.

Fruit d’une relation adultérine, elle est rejetée par sa mère à la naissance. Lorsqu’elle rejoint la maison rouge, celle où habite sa mère et le Père, elle n’est pas à sa place. L’amour dans cette maison est invisible, il ne fait pas de bruit.

Lucinda ignore ce qu’est l’amour maternel, elle sait néanmoins ce qu’il n’est pas lorsqu’elle analyse la relation avec sa mère. Elle vit dans l’ombre de cet amour qu’elle aurait aimé expérimenter.

L’amour fraternel, Lucinda ne le connaît pas non plus. Sa fratrie la met à l’écart, elle, l’enfant noir.

L’amour se présentant à tout être humain sous différentes facettes, il se présente à Lucinda sous la forme de l’Éros. Elle va connaître l’amour charnel avec un homme marié.

 

Malgré les conseils de son ami et soupirant Elvis, elle va se perdre dans les bras d’Amos. Un homme qui n’est pas fier d’être noir vu qu’il se décape.

L’amour propre est ainsi évoqué. On en vient à s’interroger sur l’amour qu’on a pour soi.

La polygamie, la condition féminine sous les tropiques sont des thèmes également abordés.

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Je ne sais plus comment est né le désir de lire ce livre. Une chose est sûre, j’ai apprécié ma lecture même si j’ai trouvé quelques réflexions assez redondantes. Charline Effah est une plume à découvrir si vous aimez les belles lettres. La narration passe du « je » au « tu ». Son écriture est soignée, maîtrisée, poétique. La langue de Molière dans toute sa splendeur.

J’ai particulièrement apprécié le format du livre : il est tout petit et a cette couleur que j’affectionne tant.

A glisser dans vos poches ! Pour l’acheter, cliquez ICI

 

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Serments interdits – Brenda Jackson

J’ai des romans contemporains à lire et les thèmes qu’ils abordent sont durs. De plus, il me manque ma dose de romance. Oui, je suis une junkie. J’ai donc appelé mon fournisseur qui m’a donné Serments interdits, le tome 2 de la saga des Elliott.

Serments interdits (Saga) : T2 - La saga des Elliott par [Jackson, Brenda]

Renee Williams a 28 ans. Assistante sociale à l’hôpital universitaire de Manhattan, elle a en charge le dossier médical de Karen Elliott, belle-fille de Patrick Elliot, le magnat de la presse. Atteinte d’un cancer du sein, Karen doit se faire opérer. Teagan, son fils le plus proche d’elle a décidé de rencontrer Renee afin de savoir ce qu’elle compte faire pour elle.

Le portrait physique de Teagan nous fait oublier son arrogance : Avec son mètre quatre-vingt, toujours tiré à quatre épingles, ses traits fins, ses yeux azur expressifs, ses lèvres bien dessinées, son accent du nord raffiné, sa ressemblance avec Pierce Brosnan, comment ne pas le trouver  extrêmement séduisant ?

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Renee est attirée par cet homme mais tout les sépare : leurs couleurs de peau, leurs milieux, leurs origines… Lui, l’un des richissimes héritiers du groupe Elliot. Et elle, l’assistante sociale qui a grandi dans une petite ville de l’Ohio.

Elle se refuse à imaginer une histoire entre eux mais Teagan n’est pas de son avis. Elle voit les montagnes d’obstacles qui se dresseront contre eux s’ils osent s’aimer, Teagan lui ne voit qu’un sentier de la passion. Cet homme qui pense toujours davantage au travail qu’à la romance est sous le charme de Renee. C’est une vraie beauté, il y a quelque chose d’apaisant chez elle qui le réconforte.

Renee refuse de s’engager à cause du qu’en dira-t-on. Elle revient inlassablement sur leurs différences sociales et ethniques. Cela m’a fait sourire dans le texte, le fait que ethnique soit plus utilisé que race. 

Renee geint sur leur relation et cela peut agacer. On a envie de la secouer, de lui dire d’affronter le monde. Son comportement sert l’intrigue. Sans sa peur, le roman n’aurait fait que 30 pages.  

Renee craint que la puissante famille, en apprenant la vérité, s’oppose à cet impossible amour. Je m’attendais à des remous, des coups bas mais je n’ai rien vu. J’ai été un peu déçue.

Teagan est mon nouveau book boyfriend. Désolée Sébastien et Tyler mais je ne pouvais pas résister. Son charisme, sa beauté sa bienveillance à l’égard de Renee, sa détermination à vivre leur amour m’ont fait craquer. J’ai apprécié toutes les premières fois expérimentées avec Renee.

Ce couple mixte m’a fait passer un bon moment de tendresse, de rêverie, d’amour. C’est une lecture divertissante. Pensez-y si vous avez envie de vous évader.

 

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Un dimanche à Kigali : Le film VS le livre

En cherchant une romance de couple mixte à regarder sur Youtube, je suis tombée sur Un Dimanche à Kigali. Un film de Robert Favreau produit en 2006.

Kigali, printemps 1994. Nous sommes à quelques mois après le début du génocide des Tutsis. Le journaliste québécois Bernard Valcourt, après avoir été bloqué à la frontière tente de retrouver Gentille.

Qui est-elle ? Une jeune femme de 22 ans serveuse à l’Hôtel des Milles Collines où Bernard logeait. Le journaliste réalisait depuis quelques mois un reportage sur le Sida.

Avant de devoir quitter le pays, Valcourt la cherche chez leurs amis communs, dans différents lieux dévastés. Sous forme de flash-back, on découvre leur histoire.

Bernard tombe amoureux de cette jeune femme qui pourrait être sa fille. Elle est belle, élancée. Une romance mixte naît au milieu des tensions croissantes entre les communautés Hutus et Tutsis.

Gentille a une carte d’identité Hutu mais elle a le physique raffiné des Tutsis. La menace d’extinction des Tutsis ne l’exclut pas. Valcourt cherche des moyens de la sauver du génocide. Hélas !

Le film est à la fois doux et violent. Il est intense, poignant et relate l’horreur du génocide rwandais, la cruauté de l’humain. J’ai vu l’ampleur de la folie, de la haine et la beauté de l’amour. Je n’ai pas pu retenir mes larmes jusqu’à la fin.

Le film s’est focalisé sur le silence du Canada, on survole le silence coupable de l’ONU, des Belges et Français ce qui est un peu dommage lorsqu’on veut cerner tous les contours de ce génocide.

Le casting est convaincant, les personnages attachants, les décors simples. Le film n’est pas visuellement époustouflant, il n’est pas comparable à Hôtel Rwanda mais il vaut le détour pour l’émotion qu’il suscite.

 


LE LIVRE

A la fin du film, j’ai fait des recherches sur les acteurs et ai découvert qu’il est une adaptation cinématographique du livre Un dimanche à la piscine à Kigali de Gil Courtemanche. Je me suis hâtée de le lire.

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284 pages de lecture. Le récit débute autour de la piscine de l’hôtel des Mille-Collines avec sa clientèle de coopérants, d’experts internationaux, de bourgeois rwandais. C’est un dimanche tranquille. Ils parlent, rient et boient. Ils ont une vie paisible.

On découvre Valcourt, codirecteur d’une télévision, initiative du gouvernement du Canada dont la première mission devrait être éducative, en particulier dans les domaines de la santé communautaire et du sida. Un projet auquel Valcourt ne croit plus deux ans après son arrivée au Rwanda. Il tourne maintenant un documentaire sur le Sida et ces héros à Kigali.

Valcourt a une obsession : Gentille. Leur attirance est d’abord sexuelle. Dans le film, c’était enrobé, moins brut.

Le sexe est très présent dans le livre. Il y a beaucoup de scènes lubriques. Le sexe est perçu comme un moyen pour se soustraire aux souffrances, c’est également un instrument de domination, de vengeance.

Au fil des pages, on ressent la haine des hutus envers les tutsis et on en connaît l’origine.

Lentement, le narrateur nous dirige vers le génocide, la violence des massacres. Ce génocide a été minutieusement préparé. Des listes avaient été préparées : politiciens de l’opposition, hommes d’affaires, journalistes, curés activistes.

On tuait les hommes d’un coup de feu ou d’un coup de machette, savant et précis. Mais les femmes n’avaient pas droit à une mort claire et nette. On les mutilait, on les torturait, on les violait, mais on ne les achevait pas. On les laissait aller au bout de leur sang, crachat par crachat, pour les punir d’avoir mis au monde tant de Tutsis…

Le scénario du  film s’inscrit à 70% dans la logique du roman. Certains faits du livre ont été modifiés notamment :

  • la peau couleur de café au lait de Gentille. Dans le film, elle est plutôt chocolat noir
  • le mariage de nos tourtereaux et l’adoption de la fille de Cyprien
  • le journal de bord de Gentille…

J’ai apprécié ma lecture. L’auteur a respecté la chronologie du génocide, a mis en évidence la non-implication de la communauté internationale, le silence des journalistes. J’ai moins apprécié les longueurs et la fin que j’ai jugée trop rapide.

Ai-je plus aimé le film que le livre ? Je trouve qu’ils sont complémentaires.

 

Un amour interdit Alyssa Cole

 

Chacun possède dans ses gènes tout le Bien et tout le Mal de l’humanité. L’un et l’autre peuvent toujours surgir comme une tornade apparaît et détruit tout, là où quelques minutes auparavant ne soufflaient que des brises chaudes et douces.

 

Tu vois chaque pays possède une couleur, une odeur et aussi une maladie contagieuse. Chez moi, la maladie c’est la complaisance. En France, c’est la suffisance, et aux Etats-Unis, l’ignorance.

Et au Rwanda ?

Le pouvoir facile et l’impunité. Ici, c’est le désordre absolu.

J’ai le corps long des Tutsis et la détermination paysanne des Hutus. Je me regarde et je sais que je fais un heureux mélange. Et si tous les sangs qui s’entrecroisent dans mes veines ne me font pas de maladies, c’est peut-être qu’ils peuvent s’entendre.

 

Quel livre / film avez-vous découvert cette semaine ? 

 

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