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Opération séduction – Joëlle Anskey

Après la lecture de Terre Ceinte, je voulais une lecture légère. J’ai donc opté pour Opération Séduction. Aimant bien la plume de Joëlle Anskey (pseudonyme de Regina Yaou) j’étais sûre de passer un bon moment d’évasion livresque.

Operation séduction par [Anskey, Joëlle, Adoras .]

Sur son livre de mort, Manti, la mère de Jean-Claude fait jurer à car dernier qu’il épousera Anskey, la femme qu’elle lui a choisi depuis l’enfance. Mais voilà, Jean-Claude a un projet bien plus excitant que ce mariage forcé ! Lorsqu’elle apprend que, à la faveur d’une année sabbatique, Jean-Claude va passer du temps au village, Anskey s’y rend aussi. Elle va donc déployer la grande artillerie, une opération séduction, pour transformer son mariage « forcé » en mariage d’amour. Mais, et le fiancé ? Mordra-t-il à l’hameçon ?

l'Afrique écrit

 

L’auteure a dédicacé ce livre à celle qui était fiancée par sa famille à un inconnu. J’ai été touchée par cette dédicace. J’ai pensé à toutes ces femmes qui ont vécu des mariages forcés, arrangés. Le destin a été tendre envers certaines, dure envers d’autres. 

Au 21e siècle, ce genre de mariage perdure. Anskey, l’intellectuelle, va l’expérimenter mais elle ne s’en plaint pas. Elle est déjà amoureuse de Jean-Claude. Ce dernier qui ne la trouvait pas belle il y a plusieurs années a toujours refusé de la rencontrer.

Anskey, décidée à se faire aimer par son mari, met en place son Opération Séduction au village. Elle veille à distance au bien-être de son futur époux. Elle cuisine de beaux mets pour lui. Jean-Claude y est attentif mais il pense à une autre femme qu’il a rencontrée à l’aéroport : Bijou. Anskey fera son possible pour être cette Bijou….

Dans ce voyage vers l’amour, il y a des turbulences qu’on appelle Rokaya, l’ex de Jean-Claude. Heureusement, ces turbulences sont de courte durée.

La narration est à la 3e personne mais elle est vivante. Du coup, on arrive à ressentir les émotions des personnages. J’ai bien aimé la personnalité d’Anskey : elle est joviale, folle et déterminée. J’ai passé un bon moment de lecture en sa compagnie. 

Jean-Claude est un beau gentleman mais il ne m’a pas fait chavirer. Il n’arrive pas à la cheville de mon prince charmant imaginaire. ❤ ❤

Les descriptions sont également bien faites, celles sur les mets du pays m’ont donné l’eau à la bouche.

En lectrice exigeante, je m’attendais à plus de passion, plus de bouleversement mais il faut que je me rende à l’évidence :  les romances ADORAS étaient bouleversantes mais ça c’était avant…. 

 

signature coeur graceminlibe

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Les deux romances de la collection ADORAS à éviter

ADORAS Mes lectures d’adolescente. Cette collection de romances m’a fait découvrir l’amour et ses contes de fée. Avec elle, j’ai rêvé mon prince charmant.  

La Collection Adoras créée en mai 1998 est le fruit d’un travail de groupe avec à sa tête M. Guy Lambin, DG des éditions NEI-CEDA, Essoh Méliane, Directrice de la collection ainsi que l’ancien responsable littéraire, l’écrivain  Isaïe Biton Koulibaly. 
Les romans de la collection Adoras plongent le lecteur dans une monde de tendresse, de coups de foudre, de passions ou se côtoient modernisme et coutumes.

Je me suis plongée à nouveau dans l’univers des ADORAS avec Amour en cage, l’un des derniers romans de la collection. 

Un amour en cage par [ME, Tana, ., Adoras]

Il ne supporte plus qu’elle porte certains habits trop près du corps à son goût.
Il ne supporte plus qu’elle travaille, estimant être assez riche pour deux.
Il ne supporte plus ses amis et fait le vide autour d’elle.
Il ne supporte plus qu’elle reçoive des coups de fil, qu’elle rentre tardivement à la maison et les gifles se font plus fréquentes. Ariane n’en peut plus des scandales et crises de jalousies que Éric, l’amour de sa vie provoque et qui fait de leur quotidien, un enfer. Alors, même s’ils s’aiment profondément, il faut prendre au plus vite une décision avant que l’irréparable ne se produise …

l'Afrique écrit

 

A la lecture de la 4e de couverture, je m’attendais à une histoire palpitante. J’ai malheureusement été déçue. J’attendais la passion mais elle ne s’est pas présentée au rendez-vous. Ariane et Eric ne m’ont pas fait vibrer. Eric et sa jalousie maladive ne m’ont pas fait rêver. Je n’ai pas désiré être dans les bras d’Eric, je n’ai pas envié Ariane.

Le statut externe du narrateur ne m’a pas charmée, j’ai d’ailleurs trouvé sa narration assez scolaire.

J’attendais la surprise mais elle ne s’est pas présentée au rendez-vous. L’histoire était linéaire, il n’y avait pas d’intensité dans l’émotion. 

Les romances ADORAS veulent faire voyager leurs lecteurs en leur permettant de découvrir les côtés positifs de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique avec ses us et coutumes, ses plus beaux sites touristiques, ses valeurs traditionnelles, ses mets culinaires, ses curiosités artisanales et vestimentaires.

Avec un amour en Cage, on part au Maroc, en Tunisie mais le voyage tel que relaté n’est pas synonyme d’évasion. C’était une succession de descriptions…

Je n’ai pas trouvé que des points négatifs à cette histoire. J’ai bien aimé le fait que la psychologie soit abordée dans cette romance. En Afrique, on pense qu’aller voir un psychologue est une affaire de blancs, on n’en voit pas l’intérêt. Et pourtant un psychologue peut être d’une grande utilité surtout pour les jaloux comme Eric. 

Un amour en cage a été un rendez-vous littéraire raté pour moi et je vais vous présenter une autre romance ADORAS qui m’a encore plus déçue : La flèche de Cupidon.

La flèche de Cupidon par [Laffourtiere, Maud, ., Adoras]

 

Comment tenter de reconquérir son ex-mari lorsqu’on est jalouse et dotée d’un caractère exécrable ? C’est bien dans cette périlleuse aventure que la très belle Morgane a décidé de se lancer. Sa tâche est d’autant plus difficile que l’objet de tous ses désirs vient de s’éprendre de la douce Nova.

 

l'Afrique écrit

J’ai reçu ce livre lors d’un Livresque et j’étais toute joyeuse. Ayant en tête le souvenir fleuri des premiers romans de la collection ADORAS, je m’attendais à un florilège d’émotions. 

Hélas, la flèche de Cupidon ne m’a pas atteinte en plein cœur. Elle ne m’a pas effleurée, elle a survolé ma tête et pourtant je ne suis pas très difficile à convaincre en matière d’amour. 😀

J’avais décidé de ne pas faire une chronique de ce livre mais après réflexion, je pense qu’il est important que je vous montre les romances ADORAS à éviter. 

Nova et Alban sont de nouveaux voisins qui vont expérimenter le coup de foudre. Ils s’apprivoisent, tentent de construire une belle histoire d’amour mais Morgane, l’ex-femme d’Alban veut le reconquérir. Jalouse à l’excès, elle va user de stratagèmes loin d’être originaux comme une grossesse. J’en ai marre de ce genre de scénario.

Il m’a manqué de l’originalité dans cette histoire, du début jusqu’à la fin. Il m’a manqué des surprises, des rebondissements originaux, de l’émotion. J’aurais voulu me sentir dans la peau des personnages. Hélas, la narration à la 3e personne n’y aide pas beaucoup. 

L’histoire est très superficielle à mon goût. C’est une histoire qu’on raconte pour meubler le temps et non pour marquer les esprits.

 

Pour moi, une romance doit faire rêver, donner envie, émerveiller et ces deux romans n’ont pas atteint cet objectif intrinsèque à toute romance.

Ne les lisez pas, je vous aurais prévenus ! 

 

fleur v1

 

 

Publié dans Panaché

Throwback Thursday Livresque 23: Fais-moi lire

On est jeudi, la veille du jour que j’aime tant ! 😀

Cette semaine, le Throwback Thursday Livresque a pour thème

faismoislire

 

Fais-moi lire : un livre que vous conseillez à quelqu’un qui lit peu

 

Pour quelqu’un qui lit peu voire pas du tout, je n’ai qu’un seul conseil : commence par les chroniques africaines sur Facebook. Tu passes beaucoup de temps sur ce réseau social, emploie ce temps pour lire une belle histoire.

Si tu as l’embarras du choix, commence par Au gré du destin.

L’image contient peut-être : 1 personne, gros plan

 

C’est l’histoire de Mariam Bako. Après 6 ans d’études à Tunis, elle regagne son pays le Niger et rêve d’un avenir meilleur avec l’homme qu’elle a choisi : Oumar.

Leur histoire est simple, sans prise de tête, sans faux-semblant, plein d’amour et de tendresse. 

Une fois au pays, tout ne se passe pas comme elle a prévu. Les parents d’Oumar veulent qu’il épouse la fille du meilleur ami de son père. Les deux pères sont des hommes politiques et unir leurs deux enfants créera une nouvelle alliance entre les toubous et les arabes de leur localité.

Les parents de Mariam ont aussi arrangé son mariage avec un membre de la famille. Ils essaient de trouver des subterfuges pour déjouer les plans de leurs parents mais vont se retrouver piéger. 

Nos deux tourtereaux vont-ils se plier à la volonté de leurs parents ? Vont-ils être heureux dans leurs mariages respectifs ?

Cette histoire a été une agréable surprise. J’ai apprécié la douceur de la plume de l’auteure.

J’ai ri de tous les stratagèmes utilisés par Mariam pour que son mari la répudie. J’ai beaucoup aimé frère Salim (vous saurez qui c’est en lisant l’histoire) son flegme, sa nature de gentleman. 

Le destin ne se fie pas à nos humeurs. Il agit souvent contre notre gré mais il nous réserve de très belles surprises. Voilà la leçon que nous offre cette histoire. 

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

fleur v1

Publié dans Arrêt sur une oeuvre, Revue cinéma

Everything Everything : le livre VS le film

Everything Everything de Nicola Yoon… J’ai vu passer des avis de lecture mais je n’y ai pas trop fait attention, j’ai tellement de livres à découvrir. Et puis, il y a quelques semaines, j’ai vu les nouvelles affiches de film au Majestic Cinéma et là j’ai vu un couple mixte !

 love i love you hearts love you space jam GIF

(Vous savez combien j’aime voir les beaux mélanges de race 😀 )

 

J’ai tout de suite cherché à me procurer le livre avant de voir le film.

Résumé de l'oeuvre

 

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

 

l'Afrique écrit

J’ai béni le ciel pour ma bonne santé quand j’ai découvert la vie de notre héroïne. Je suis casanière mais je n’aurais pas pu vivre de cette façon. Ne pas connaître le monde, ne pas avoir des amis, ne pas pouvoir voyager aurait été un supplice.

Maddy a accepté sa vie et essaie d’en profiter comme elle veut. Elle lit énormément et passe beaucoup de temps avec sa mère. Sa famille a vécu un drame mais on ne s’étend pas sur ce drame, on est focalisé sur Maddy et j’ai trouvé ça parfait.

Quand Olly débarque, l’histoire gagne en intensité. J’ai apprécié leurs échanges de SMS, leur amitié qui débouche sur l’amour. Et quel amour ! Un amour rose : tendre et pur.

Avec Olly, Maddy va découvrir l’amour, le monde et la vérité sur sa propre histoire.

Il y a deux moments forts pour moi dans cette histoire : Le mail du Dr Melissa Francis du 29 décembre qui m’a agréablement surprise (un excellent retournement de situation) et la douce fin romanesque. 

J’aime quand un livre présente une originalité et Everything Everything est très original dans sa forme. Il y a des graphiques, des dessins et c’est le mari de l’auteure qui les a faits. C’est beau l’amour ! ❤ ❤ ❤

Everything Everything n’est pas qu’une histoire d’amour entre deux adolescents. C’est aussi une histoire d’amour mère-fille, une histoire qui évoque la violence domestique, la gestion du deuil. J’ai apprécié tous ces sous-thèmes abordés ainsi que l’accent mis sur la famille. 

J’ai passé un agréable moment de lecture. Le roman se lit rapidement grâce au style fluide de l’auteur. J’ai apprécié son style pudique. 

Il m’a cependant manqué un peu de passion entre Olly et Maddy, une intensité dans les émotions ressenties pour que ce roman soit classé parmi mes coups de cœur. 

 

Christmas

 

Traduit par : Eric Chevreau
Illustré par : David Yoon
Éditeur : Bayard, 2016
Pages : 370

Les phrases à retenir :

C’est tout ce que je réussis à lui dire. Je voudrais ajouter que c’est grâce à lui si je suis ici, si je suis Dehors. Que l’amour ouvre toutes les portes.

J’étais heureuse avant de le rencontrer. Mais à présent je suis vivante, ce qui est totalement différent.

 

Dès que tu nais, tu es projeté dans ce truc un peu dingue qu’on appelle la vie, et qui tourne, tourne…
– Et dans ta théorie, les bagages, ce sont les gens ?
– Oui.
– Continue…
– Parfois, tu tombes du tapis prématurément. Parfois, tu es tellement abîmé par d’autres bagages qui te sont dégringolés dessus que tu ne fonctionnes plus normalement. Parfois, tu es perdu, oublié, et tu passes ton existence à tourner, tourner…
– Et les autres, ceux qui retrouvent simplement leur propriétaire ?
– Ils vont mener une vie banale au fond d’un placard quelconque.

 


 

LE FILM

 

 

 

Je regarde rarement les adaptations cinématographiques des romans parce que j’ai peur d’être déçue. Dans le cas de Everything Everything, ça a été différent. Comme dit plus haut, c’est le film qui m’a poussé à lire le livre. 

 

Le jeu des acteurs est parfait même si la scène où Olly se dispute avec son père n’est pas très crédible pour moi. J’imaginais Olly plus canon alors j’ai été un peu déçue par le choix de Nick Robinson 😛

Le film est visuellement réussi, les décors sont magnifiques. J’ai eu envie d’habiter chez Maddy, d’aller à Hawaï.

La bande-son est également excellente. Les morceaux choisis apportent une touche dynamique au film.

Le scénario s’inscrit à 90 % dans la logique du roman. J’ai apprécié la transcription  des discussions entre Olly et Maddy. Certains faits du livre ont par contre été modifiés/ôtés :

  • l’apparition de Rosa, la fille de Carla. Dans le roman, sa mère ne fait que parler d’elle. Elle n’est jamais venue rendre visite à Maddy. J’ai été un peu surprise de la voir 😀

 

Image associée
Source : Allocine
  • La mère de Madeline est noire. Dans le livre, j’ai lu qu’elle était nippo-américaine 3ème génération et son mari afro-américain. Si je me trompe, dites-le moi 😉
  • Maddy et Olly ne font pas un détour chez Carla avant d’aller à Hawaï. La réalisatrice a préféré montrer les scènes qui lui paraissaient les plus importantes, il me semble. 
  • Les retrouvailles entre Maddy et Olly à la librairie. Dans le livre, les retrouvailles se font autour du livre le Petit Prince. J’ai été un peu déçue que cette partie soit occultée dans le film.

Malgré ces bémols, je ne regrette pas d’avoir vu ce film. J’ai apprécié l’adaptation, j’ai aimé me plonger à nouveau dans cette douce romance. 

Quelles sont pour vous les meilleures adaptations cinématographiques inspirées de romans ?

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Babyface de Koffi Kwahulé, un roman double face

Je continue ma découverte des prix littéraires africains. Aujourd’hui, je vous fais découvrir le prix Ahmadou Kourouma. 

Le prix Ahmadou-Kourouma est un prix littéraire décerné par le Salon international du livre et de la presse de Genève portant le nom de l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma. Il récompense un ouvrage de fiction ou un essai consacré à l’Afrique noire, sous la présidence du professeur Jacques Chevrier.

Le lauréat à l’honneur aujourd’hui est celui de 2006, Koffi Kwahulé pour Babyface.

 

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« Comme il ne dit rien, comme il ne fait rien, comme il ne fait que danser, je lui demande comment il s’appelle. Comme ça. Pour dire quelque chose. Il me dit Djê, Djê Koadjo, mais les copains m’appellent Babyface. Je demande Quoi ? Il répète Babyface, avec la voix de l’enfant qui s’attend à une punition, et, pour la seconde fois, je craque, je fonds, je coule… Babyface ! On dirait la caresse d’une houppette dans le creux des cuisses. Babyface ! Comment peut-on ne pas aimer un mec qui s’appelle Babyface ? « 

 

l'Afrique écrit

A la lecture de la 4e de couverture, je pensais lire une comédie romantique mais les premières lignes semblaient dire le contraire. Des fragments d’un journal présentent le déclin de Président, naufragé de l’histoire, celui qui concentrait entre ses deux seules mains toute la virilité palpitante de la république démocratique d’Eburnea. Un certain Babyface apparaît comme un général d’armée. Une femme en début de chapitre évoque son nom, il est vraisemblablement son chéri.

Au chapitre suivant, on découvre qui est cette femme, elle s’appelle Mozati. Cette belle femme, avec une certaine classe naturelle, a découvert l’union charnelle très tôt. J’ai été choquée par la perversité de l’homme qui a ôté sa virginité.

Mozati se fait entretenir par un vieux blanc naturalisé Eburnéan. Jérôme-Alexandre Dutaillis de la Péronnière !

Jérôme-Alexandre Dutaillis de la Péronnière ! C’est pas plus compliqué que Pamela Agbodjamoyafê quand même. 

 

C’est une jeune femme au caractère pétillant. Elle nous raconte les mésaventures de ses copines Pamela surnommée Joe Frazier, Mo’Akissi, surnommée Madame-conseils et Karidja surnommée Lame rasoir. On en rit gaiement.

Et Lame-rasoir ! C’est une autre copine, elle s’appelle Karidja. Pamela l’a sobriquée Lame-rasoir parce que sa langue fait mal comme si c’était une lame… Elle, de son côté, a surnommé Pamela, Joe Frazier, à cause de ses lèvres. Karidja dit que ses lèvres ressemblent à celles de Joe Frazier après son combat contre Cassius Clay. Pourtant, au début, Pamela avait une jolie bouche, une bouche tellement jolie que tu te dis que c’est pas fait pour manger, ni même pour parler, que c’est fait pour être accrochée au musée, ou quelque chose comme ça. 

 

Mozati rencontre Djê Koadjo surnommé Babyface. Ce jeune homme timide de 23 ans est étudiant en économie dans une université parisienne. Ce jeune homme m’a agréablement surprise par ses réflexions sur les écrivains et la littérature :

Vous êtes un écrivain, vous êtes celui qui joue à Dieu, c’est-à-dire celui dont la mission maligne, sacerdoce qu’il s’est imposé à lui-même, est d’encombrer la réalité de fictions et de transformer à la fin des fins l’humanité en irréalité. 

 

Notre pétillante Mozati, tombée éperdument amoureuse de ce beau jeune homme, quitte son vieux blanc. L’auteur met une pause à la narration de leur histoire d’amour pour nous raconter la situation politique de la république d’Eburnea qui ressemble fortement à celle de mon pays, la Côte d’Ivoire.

Un concept a été imaginé par des intellectuels pour préserver l’identité nationale : le concept d’éburnité. Qui n’était pas né et de père et de mère éburnéans eux-mêmes eburneans de naissance n’était pas eburnéan. Ce concept crée méfiance, tension, violence et drame. 

On revient ensuite à l’histoire d’amour entre Babyface et Mozati, en parallèle on assiste aux problèmes de couple de Mo’Akissi et Streaker. Jérôme, l’homme doux et discret, quant à lui nous fait revivre sa rencontre avec Mozati à travers son journal et il nous offre des phrases à méditer sur l’amour.

 

Aimer c’est avant tout se révolter.  Il n’ y a pas de grand amour sans révolte.

 

Tous  ceux qui ont aimé, vraiment aimé, absolument aimé sont devenus fous. La folie ! C’est à ce prix-là que l’on sait qu’on aime.

 

L’amour est une île déserte à deux. L’enfer c’est de s’y retrouver seul.

 

« Quand on aime, on ne compte pas » dit-on eh bien Mozati ne compte pas les billets de banque qu’elle fait parvenir à son bien-aimé Babyface. Mais celui qui est devenu son sel et son sucre, n’a pas qu’une face d’ange, il a aussi une double face…

Les manigances politiques surgissent. La politique est une pièce de théâtre mais ça, le peuple l’ignore… 

Personne ne sert une nation, c’est la nation qui se sert en énergies, en vies, en cadavres. 

 

La mise en forme du roman est atypique. C’est un patchwork, un roman n’zassa. Extraits de correspondances, poèmes, fragments du Journal imaginé de Jérôme et proses se juxtaposent. Français familier et soutenu se côtoient. De plus, les narrateurs s’alternent sans transition, les dialogues sont présentés sans tiret. C’est assez déconcertant. Je me perdais dans le fil du récit. 

Mon attrait pour ce roman s’est estompé dès la narration des problèmes de couple de Mo’ Akissi. J’ai trouvé la suite des péripéties un peu ennuyeuse, heureusement la fin de l’histoire révèle quelques surprises.

Mon avis sur ce roman est très partagé. J’ai apprécié certains faits, j’ai été déçue par d’autres. J’ai ri, je me suis également ennuyée.

L’auteur a misé sur l’originalité, un peu trop à mon goût. 

 

Christmas

Maison d’édition :  Gallimard (Continents noirs)
Date de publication : décembre 2005

Nombre de pages : 213 

 

C’est lundi, que lisez-vous en ce moment ? 

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L’Anté-peuple de Sony Labou Tansi

J’ai décidé de découvrir des livres qui ont reçu des prix littéraires en particulier des prix littéraires africains. J’ai débuté avec le Prix Ivoire et aujourd’hui je découvre le Grand prix littéraire d’Afrique noire.

Le Grand prix littéraire d’Afrique noire est attribué chaque année par l’association des écrivains de langue française, l’ADELF, reconnue d’utilité publique depuis le 19 juillet 1952, dont le but est de « promouvoir l’œuvre des écrivains qui, à travers le monde, s’expriment en français ». Le prix est ouvert aux « écrivains de langue française originaires de l’Afrique subsaharienne, ou à un ouvrage concernant cette zone géographique, en excluant les traductions »

J’ai donc lu le lauréat de 1983 : Sony Labou Tansi pour l’anté-peuple.

 

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Résumé de l'oeuvre

Époux et père modèle, fonctionnaire intègre, directeur adjoint de l’Ecole normale d’institutrices de Kinshasa, Dadou est, au Zaïre, un citoyen exemplaire. Mais les charmes de Yavelde, l’une de ses jeunes élèves, mettent sa vertu à rude épreuve… Comment résister à la tentation, en Afrique et ailleurs ? Ainsi recommence pour l’honnête, le tendre et lucide Dadou une aventure à la fois extraordinaire et terrible. Elle le conduira des geôles de son pays au maquis contre-révolutionnaire de l’Etat voisin dont il sera chargé d’exécuter le « Premier » représentant du pouvoir « anté-peuple ». Il s’apercevra alors que sous les régimes les plus différents la « mocherie » règne, identique et indéfiniment renouvelée.

 

 

l'Afrique écrit

Dadou est particulier dans son attitude, ses réflexions. Il pense différemment du commun des mortels, il a un penchant particulier pour le mot « moche », la mocherie. Dadou semble ne pas vivre, il existe tout simplement. Il s’est d’ailleurs marié parce que tout le monde se mariait.

C’est un homme ordinaire mais avec quelque chose de singulier. Cette singularité le rend attachant. Je l’ai encore plus admiré en le voyant lutter contre son attirance pour Yavelde. C’est un homme intègre, vertueux mais ce qu’il ressent pour cette belle jeune fille le ronge. Ne voulant pas succomber à la tentation, il se réfugie dans l’alcool. La gamine comme il aime l’appeler commet l’irréparable, un acte qui va priver Dadou  de sa liberté, sa famille.

Le peuple en effet, décide de faire justice à la jeune fille en privant Dadou des siens. La justice populaire est terrible et je l’ai encore vu ces derniers jours avec le meurtre de ce militaire ghanéen lynché par la foule.

Mais quel est donc ce pays où des citoyens croupissent en prison sans être jugés ? Quel est ce pays où la terreur hante le peuple, où les habitants surveillent chacun de leurs mouvements pour éviter de subir les humeurs du régime dictatorial ?

L’auteur à travers ce roman pointe du doigt l’abus du pouvoir, le chaos social.

J’ai apprécié ses phrases percutantes, philosophiques.

« Mais pourquoi donner un jour de paradis à quelqu’un qui a cent jours d’enfer? Pourquoi enseigner quinze minutes de bonheur à un malheureux à vie? »

 

Tu ne vas pas laisser quelque chose au fond de ta vie, faut tout vider. Il n’ y aura personne pour boire le reste. Chaque vie se doit de vider sa coupe

 

Elle était fort amoureuse de lui. Mais Dadou n’avait plus ce cœur qui aime. Il avait l’autre cœur : celui qui oublie.

 

Mais quoi qu’on dise du cœur, ce qu’est le cœur, seul, le cœur le sait.

– Le cœur, répéta Dadou. C’est le coeur qui peut-être nous trahit. Tout le reste nous est fidèle. […] Oui, le coeur, c’est lui qui nous bouleverse. Le reste est obéissant. Le reste nous comprend, mais pas le coeur.

 

C’était en ces temps troubles où les grandes amours traversent le pont des réalités. Et sur l’autre rive, la tempête, les crises, le sang.

 

J’ai apprécié son langage imagé, l’usage des figures de style comme la personnification, les métaphores :

Dans ce temps, les choses abstraites se personnifient : le temps l’avait trahi et continuait à le trahir ; Le temps lui avait toujours menti, sans vergogne.

 

Avant, je comptais sur le temps. Mais le temps devient impuissant. Le temps ne bande plus.

 

L’attention de l’auteur est focalisée sur le corps. Chair, viande, sang, on ne compte pas le nombre de fois où ces mots apparaissent dans le texte. Ils m’ont fait penser aux sacrifices. Peuple sacrifié, amour sacrifié, dignité sacrifiée ?

 

J’ai également apprécié les notes d’humour :

– Vous, un pêcheur, qu’est-ce que vous iriez faire là-bas ? Pourquoi demandez-vous le chemin de l’enfer ?

– Je connais un démon.

 

J’ai été touchée par l’amour fidèle de Yealdara pour Dadou. Cette jeune femme amoureuse de Dadou s’est donnée à lui corps et âme. Si une femme a causé la perte de Dadou, eh bien une femme lui a offert la rédemption.

J’ai apprécié l’univers présenté par Sony Labou Tansi. C’est un livre à décortiquer, à mâcher…

Christmas

Maison d’édition : Editions Seuil
Nombre de pages : 190

Date de publication : Septembre 1983

 

 

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Je remporte un point grâce à ce livre pour la nouvelle édition du CHALLENGE GOURMAND de titepomme sur Livraddict et 5 points pour le challenge des petits livres organisé par Liliaza sur Livraddict.

 

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Vous connaissiez l’auteur ? Que lisez-vous en ce moment ?

 

GM signature

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Throwback Thursday Livresque 19 : Fête des pères

Ravie de vous retrouver pour le Throwback Thursday Livresque ! Pour ceux qui ont déjà oublié, ce rendez-vous permet de ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres, de se faire plaisir à parler de livres !

 

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Le thème de cette semaine est : Fête des pères (un père dans la littérature, tous genres acceptés)

 


 

Je vous assure que j’ai trituré mes méninges pour trouver un livre qui colle au thème et dont je n’ai pas encore parlé sur le blog. Vous savez bien que j’aime vous offrir du neuf, de l’exclusivité 😀

Malheureusement, ma mémoire n’a pas obéi à mon désir. J’en ai lu des œuvres mais je ne me rappelle pas exactement de l’une d’entre elles qui a abordé le thème du jour. J’ai aussi cherché dans les chroniques africaines lues mais je vous avais déjà présenté certaines chroniques dans le Top Ten Tuesday.

Du coup, j’ai décidé d’interpréter le thème à ma façon. J’aimerais aujourd’hui rendre hommage à un écrivain hors pair que je considère comme l’un de mes pères dans la littérature : Alfred de Musset.

 

Description de cette image, également commentée ci-après

 

Alfred de Musset est un poète et dramaturge français de la période romantique, né le 11 décembre 1810 à Paris, où il est mort le 2 mai 1857. Alfred de Musset est  l’un des grands écrivains romantiques français, dont le théâtre et la poésie lyrique montrent une sensibilité extrême, une exaltation de l’amour et une expression sincère de la douleur. 

Il est une source constante d’inspiration pour moi, j’aimerais comme lui laisser une empreinte indélébile dans l’univers de la poésie romantique. 

Pour rester dans le Throwback Thursday, je vous partage l’un de ses poèmes que j’ai découvert il y a bien longtemps et que j’ai publié sur ma page Facebook, le jeudi 9 avril 2015.

C’est un extrait de son recueil Poésies nouvelles. 

poésie dici et dailleurs

 

Se voir le plus possible…

Se voir le plus possible et s’aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remords nous ronge,
Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;

 

Respecter sa pensée aussi loin qu’on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d’un songe,
Et dans cette clarté respirer librement –
Ainsi respirait Laure et chantait son amant.


Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,
C’est vous, la tête en fleurs, qu’on croirait sans souci,
C’est vous qui me disiez qu’il faut aimer ainsi.
Et c’est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,

 


Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :
Oui, l’on vit autrement, mais c’est ainsi qu’on aime.

 

Vous avez apprécié l’instant poésie ? Je ne vous propose que pour seule réponse : OUI 😛
Quel livre proposeriez-vous pour ce thème ?
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Publié dans Panaché

Throwback Thursday Livresque 18: Ce n’est pas ce que j’attendais…

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Ravie de vous retrouver pour le Throwback Thursday Livresque ! Pour ceux qui ont déjà oublié, ce rendez-vous permet de ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres, de se faire plaisir à parler de livres !

 

Le thème de cette semaine est : Ce n’est pas ce que j’attendais… (un livre qui vous a laissé une jolie surprise ou au contraire une amère déception)

 

Throwbackthursday Livresque

On continue avec la découverte des chroniques africaines sur Facebook et je vous présente cette fois-ci une chronique d’une auteure ivoirienne, Maylyn Karba : YELE, LUMIERE DE MA VIE

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Cette histoire relate celle d’une jeune femme qui a eu le malheur -que dis-je !- le bonheur de naître différente des autres enfants de sa famille, d’être une enfant choisie et envoyée par le Bon Dieu avec la lourde et merveilleuse mission de venir ensoleiller la vie de tous ceux qu’elle approcherait sur cette terre.

Yélé a échappé à un kidnapping. C’est une jeune fille albinos et dans certaines parties de l’Afrique, les albinos sont utilisés comme des « animaux de sacrifice ». On les utilise pour des rituels. Elle est retrouvée par Pierre-Marie un soir dans les rues d’Abidjan et est adoptée par la famille de ce dernier. 

Yélé et Pierre-Marie se considèrent comme des frères et sœurs mais au fil des années, leur relation évolue et l’amour loin d’être platonique commence à naître. Pierre-Marie va t-il assumer cet amour ? 

L’histoire démarre en douceur. Il n’ y a pas de rebondissement, pas de tension. On peut croire que c’est une histoire banale mais détrompez-vous. C’est une belle fresque familiale, une tendre romance avec ses hauts et ses bas, une histoire qui captive. 

Au début, je pensais que cette histoire ne serait pas à la hauteur de mes attentes mais j’ai été agréablement surprise. J’ai été séduite par la belle plume de l’auteure qui je l’espère sera comptée parmi les grandes voix de la littérature africaine contemporaine.

 

Quel livre auriez-vous proposé pour le thème de cette semaine ? Quel livre venez-vous de terminer ?

 

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Comme le bon pain de Mariama Ndoye

« Je dédie ce livre à toutes les « Dames pâtes », qu’elles soient pétries par des mains pures ou moins pures ; qu’importe, le levain fera monter la pâte et le bon pain nourrira le monde. Paraphrasant Térence, j’affirme : « Je suis femme, je veux que rien de ce qui est féminin ne me soit étranger. »
Toute femme, à la lecture de ce livre, se retrouvera à l’une ou l’autre page, ce n’est pas un hasard… J’ai donc peint un panneau de l’immense fresque que constitue l’éternel féminin. »

l'Afrique écrit

Ce roman est arrivé dans ma wishlist après l’avoir vu dans la liste des coups de cœur d’Isaïe Biton Koulibaly l’un des auteurs les plus célèbres de mon pays. J’ai voulu savoir pourquoi il avait adoré ce roman.

J’ai déjà lu une biographie de Mariama Ndoye et j’avais apprécié sa plume. La douceur émane de ses écrits, chose commune aux auteures sénégalaises que j’ai lues.

Dans ce roman, Bigué est la narratrice. Elle m’a fait sourire dès les premières lignes. avec sa forte confiance en elle. Elle est consciente de ses atouts et elle les égrène sans en oublier aucun.

Bigué nous fait des confidences. Des confidences qui lui appartiennent et celles des femmes de son entourage.

On le dit souvent dans mon pays : si ton homme croise le chemin d’une sénégalaise, tu es foutue ! Les femmes sénégalaises savent s’occuper des hommes et ce que Bigué nous confie dans ce livre ne font que confirmer ces dires. Les femmes sénégalaises sont dangereuses ! (rires)

Avec Bigué, on en apprend beaucoup sur l’art conjugal. Les femmes sénégalaises sont aux petits soins de leurs hommes, on leur inculque ces valeurs dès l’enfance. On leur apprend qu’elles doivent lutter pour garder leur mari près d’elle et être la préférée si elles sont dans un foyer polygame. Elles sont donc prêtes à tout pour assurer la stabilité de leur foyer. A la guerre, comme à la guerre !

Bigué nous livre ses états d’âme de femme qui aura bientôt une co-épouse. Elle nous livre les peines des femmes mariées, ces femmes mariées aux hommes volages, polygames.

Ce qu’elle a enduré dans son ménage, le pain ne l’a pas enduré dans le four.

 

Le mot est lâché: la polygamie. Notre mal n’est pas ailleurs, nous ne sommes ni voilées, ni dévoilées d’ailleurs, contre notre gré. Nous ne sommes ni excisées, ni infibulées, ni vendues, ni violées. Non ! Pire que cela ! Nous n’avons pas le droit d’aimer et d’être aimées en paix.

 

Elle nous dresse aussi le portrait de la société sénégalaise :

La vie dans ma société consiste en cela, sauvegarder les apparences au mépris parfois de son propre équilibre mental. Cela s’apprend. Comme tout dans la vie, cela se maîtrise petit à petit puis cela devient une seconde nature, puis une vraie nature, entre-temps on est devenu une autre. La maturité accouche aussi dans la douleur. On mûrit en perdant un être cher, une situation sécurisante, une bonne santé. Moi, j’étais appelée à mûrir en perdant mes certitudes.

 

J’ai bien aimé ce livre qui raisonne sur l’amour. J’ai souri en lisant certains proverbes et réflexions.

Au bout d’un certain temps, il ne reste rien d’un amour, si grand fût-il. Il aura pu se muer en amitié, en tendresse apitoyée, en fraternité, voire se dénaturer en indifférence, haine ou mépris.

 

“Le cœur est un tombeau” nul ne doit voir ce qui s’y trame, ce qui s’y joue, ce qui s’y passe réellement.

 

Aussi dans la famille, notre miroir préféré est-il devenu le regard des hommes. Il est presque plus flatteur que le vrai et pour cause, souvent intéressé.

 

L’intrigue est assez linéaire, du coup je me suis un peu ennuyée à la moitié de l’ouvrage. Heureusement le livre ne compte pas plus de 200 pages. J’ai compris pourquoi Isaïe Biton Koulibaly a aimé ce livre, il aborde son sujet de prédilection : les relations conjugales.

CONCLUSION : Comme le bon pain est une douce lecture. Si vous avez envie d’avoir quelques astuces pour “pimenter” votre vie de couple ou rire des mésaventures conjugales, n’hésitez pas à  lire ce roman.

ATTENTION : Ce livre est fortement déconseillé aux féministes. Elles vont péter une durite ! 

Christmas

Editions : Nouvelles Editions Ivoiriennes

Nombre de pages : 190

Date de publication : 2001

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Rencontre avec Agnès Martin-Lugand

Agnès Martin-Lugand… J’ai vu ce nom défiler plusieurs fois dans mes groupes de lecture sur Facebook et sur les blogs que je suis. J’ai voulu voir pourquoi certaines étaient fan de sa plume et pourquoi d’autres refusaient de la compter parmi les grands noms de la littérature française.

Mon voyage découverte a commencé par « la vie est facile, ne t’inquiète pas ». Dès les premières lignes, ayant senti que ce livre était la suite d’une autre, je suis allée à la rencontre du prédécesseur : les gens heureux lisent et boivent du café.

 

 

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

l'Afrique écrit

L’histoire commence par un voile de tristesse, un deuil qui n’arrive pas à être fait. Diane souffre de l’absence de son homme et de sa fille. Cette double perte la consume. C’est triste mais ce deuil ne m’émeut pas. En tout cas pas comme il le devrait. L’empathie me manque.

Les 200 pages vont-elles tourner autour de Diane, son deuil étouffant et son meilleur ami Félix qui a un pass illimité débauche ? Je n’ai pas envie de lire une histoire sombre. J’aimerais lire autre chose. J’aimerais la voir aller de l’avant. 

Quand elle décide de quitter Paris et d’aller en Irlande, je suis soulagée. Là-bas, elle rencontre Edward. Ce mec est un rustre ! J’ai partagé le ressenti de Diane. Je n’aurais pas eu envie de respirer le même air que lui.

Leur rapprochement assez prévisible est d’abord brutal avant de se muer en douceur. 

Comme dans toute romance qui se respecte, il y a des éléments perturbateurs. Mégan  l’ex d’Edouard joue parfaitement son rôle. Elle est détestable au plus haut point.

J’aurais aimé un protagoniste plus doux, une femme aimable qui rendrait difficile le choix entre elle et Diane.

J’ai été frustrée par la suite des événements. Elle était loin d’être celle que je m’imaginais. La romance ne se termine pas comme je l’aurais souhaité, elle m’a laissée sur ma faim. J’ai eu un pincement au cœur pour Edward.

Heureusement, il y a une suite à cette histoire alors j’espère… pour lui.

Rentrée d’Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son ami Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux  » Gens heureux lisent et boivent du café « , son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille.
Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.
Aura-t-elle le courage d’accepter un autre chemin ?

l'Afrique écrit

Diane a repris sa vie en main, elle s’occupe comme il faut de son café littéraire. Elle honore les rendez-vous amoureux que lui arrange Félix, son meilleur ami, sans grande conviction. Mulranny lui manque surtout la famille d’Edward. Elle a décidé de faire une croix sur ce dernier.

Dans son café littéraire, elle rencontre Olivier. Il est charmant, très prévenant. Il semble ne pas avoir de défaut et ce caractère lisse rend leur relation insipide. Quand Edward débarque à Paris, j’ai le sourire aux lèvres, j’entends les oiseaux chanter.

Les sentiments que Diane avait enfouis se réveillent. Au début, elle lutte, s’accroche à sa vie à Paris.

Puis, des événements douloureux surviennent, ils lui permettent de réfléchir, d’arrêter de fuir et de saisir le cadeau, la famille que la nature veut lui donner.

J’avais une fois de plus l’impression de devenir adulte, de grandir. Chaque décision imposait des pertes, d’abandonner des morceaux de sa vie derrière soi.

Bon nombre de couples se séparent non pas parce qu’ils ne s’aiment plus mais parce qu’ils se sont rencontrés trop tôt. J’ai apprécié que l’auteure le souligne implicitement.

J’ai beaucoup aimé cette suite parce qu’elle a répondu à mes espérances.

J’ai beaucoup aimé la fin, l’annonce de cet événement heureux qui célèbre la vie.

Si vous êtes fan de romance moderne, ce roman est fait pour vous.

Le style non hermétique de l’auteure facilite la lecture de ces œuvres. La narration va à l’essentiel. Parfois, on reste sur notre faim. On aimerait avoir plus de description.

La plume d’Agnès Martin-Lugand est une belle découverte. J’ai hâte de pouvoir commencer Désolée, je suis attendue.

Avez-vous lu ses œuvres ? Laquelle avez-vous plus aimé ? Quels personnages avez-vous aimé, détesté ?

L’image contient peut-être : tasse de café et texte

Cet article est écrit dans le cadre du challenge d’écriture du café des blogueuses avec le thème : Chronique (lecture, série, film…)

Envie de découvrir trois blogueuses dont j’apprécie le travail ? Cliquez sur les liens suivants : Les chroniques de Tchonté –  Jeunesse Colibri – Les livres de Zélie.

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