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Légère amertume (une histoire du thé) -Koffi Roger Nguessan

Dans le désert, les Touaregs boivent toujours trois verres de thé à la menthe. Et ils ont un dicton qui dit que le premier verre est aussi fort que la vie le deuxième aussi amer que l’amour et le troisième aussi suave que la mort

 

Couverture Légère amertume (une histoire de thé)

J’ai découvert cette BD à la 7e fête du livre de Kinshasa. J’ai été attirée par le titre, thème d’un swap que je prépare sur Livraddict. La 4e de couverture étant prometteuse, j’ai fini par l’acheter. 

 

4eme Légère amertume (une histoire du thé)

 

Aussi fort que la vie, aussi amer que l’amour, aussi suave que la mort sont les 3 chapitres de la Bande-Dessinée mais aussi les 3 pans de la vie de notre héroïne Adjoua. 

 

Abidjan, 1954 – Freetown, 1983 – Pékin, 2019

3 dates décisives dans la vie d’Adjoua. De sa découverte de l’origine du thé au Maroc au goûter du thé selon la méthode typiquement chinoise appelée « Gong fu cha ».

La bande-dessinée ne s’étalant que sur 60 pages, les auteurs ne s’appesantissent pas en long et en large sur l’histoire du thé. Ils en disent l’essentiel et ça reste instructif.

 

Saviez-vous qu’en 1754, la marchandise la plus convoitée était le thé ?

Saviez-vous que pour avoir la main mise sur le thé les anglais décidèrent de développer le commerce de l’opium en Chine ?

 

J’ai apprécié ce court voyage entre les continents africain, européen et asiatique sur les traces du thé. Une double-page documentaire est consacrée à la culture du thé en Afrique en fin de BD. 

A Freetown où Adjoua est reporter, elle s’infiltre dans une mine de diamant que le gouvernement cherche à cacher. Un chapitre très intéressant qui aurait mérité d’être plus développé même s’il est hors de la thématique du thé. 

J’ai découvert l’illustrateur Koffi Roger N’Guessan à travers cette BD. J’ai apprécié la colorisation choisie (la bande-dessinée est en couleur, je ne suis pas fan des dessins en blanc et noir), les plans sont variés, les planches ne sont pas surchargées. 

 

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A part Cueilleuse de thé, avez-vous déjà lu des romans où le thé est au cœur du récit ?

 

GM signature

 

 

 

 

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TTL 57: Douleur intime – Fatou Diomandé

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est : Virage à 180° (Un personnage qui évolue ou change radicalement)

Pour ce thème, j’ai pensé à un roman jeunesse d’une auteure ivoirienne.

Douleur intime VALLESSE

 

Pourquoi ce choix ?

1997, ville imaginaire de Talla.

La famille Botiga y vit depuis 10 ans après leur fuite de Duna pour échapper aux affres de la guerre. Myra, l’aînée, a 18 ans et est en classe de Terminale.

Myra a deux amis : Yaël et Chloé, deux jeunes issus de la classe aisée qui obtiennent tout ce qu’ils veulent de leurs parents. Au Lycée, on les surnomme le trio d’enfer.

Yaël comble les deux jeunes filles de cadeaux et d’attention. Il est sympathique, brillant à l’école. Alors comment comprendre que ce jeune homme à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession soit l’auteur d’un acte de violence sexuelle et de surcroît sur Myra sa meilleure amie ?

Pourquoi ce brusque changement d’attitude ? Ou faisait-il semblant d’être doux comme un agneau pour cacher le loup en lui, tapi dans l’ombre ?

Après son acte de lâcheté, Yaël va présenter ses excuses. Des excuses dont la sincérité reste à prouver puisqu’il va complètement abandonner Myra au moment où elle aura le plus besoin de lui….

 

Mon avis de lecture

Ce roman a clairement choisi son public : la jeunesse. Format court, structure narrative fluide, ton simple. 

Les thèmes abordés sont percutants : le viol et l’absence de soutien psychologique de la victime, la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH SIDA. J’ai admiré le courage de Myra face à toutes ces épreuves qui lui sont tombées dessus si brusquement. J’ai admiré sa détermination à ne pas se laisser vaincre par les vicissitudes. Un bel exemple de résilience. 

 

Douleur intime offre un sympathique moment de lecture. Les événements sont racontés de manière brève et évitent qu’on tombe dans le pathos mais ils s’enchaînent trop vite à mon goût. 

J’aime les romans de moins de 200 pages mais je suis restée un peu sur ma faim avec ce roman qui n’en compte que 104. J’aurais voulu qu’il y ait plus de péripéties. 

 

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

 

 

 

fleur v1

 

 

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Affection partagée – Mamadou Koblé Kamara

Un recueil de nouvelles qui présente de manière imaginaire, des circonstances dans lesquelles des personnes ont contractées le vih-sida. Les personnages mis en situation dans ce texte, dès qu’ils ressentent les effets de l’infection se retrouvent à revisiter les moments de faiblesse ou de manque de vigilance devant les tentations de l’amour (affection) ou de l’amour en tant qu’acte sexuel où ils ont contracté le virus.

 

l'Afrique écrit

J’ai acheté ce livre au SILA 2019 en mai dernier. Une sympathique commerciale de Vallesse m’a dit que c’était l’une des nouveautés de la maison d’édition. La couleur vive de la couverture m’a attirée, le résumé a attisé ma curiosité. J’ai donc sauté le pas.

Il a attendu trois mois dans ma Pile à Lire avant d’être lu. Il doit sa sortie au challenge Bookineurs en Couleurs sur Livraddict. Ce challenge consiste à lire des livres qui ont en commun la couleur de leurs couvertures pendant une session de deux mois. Le choix de la couleur est fait à l’issu d’un vote. En août dernier, la couleur choisie était l’orange. 

 


 

Infection partagée, la fête dans le bidonville, infortunes économiques, nosogomiase (la maladie que donne l’hôpital), la route qui tue autrement, haut les cœurs ! hôtesse de cérémonies, l’inspecteur de l’enseignement sont les 8 nouvelles qui se partagent les 135 pages de ce recueil. 

Zrantian, Yah Ngnan, Lesseuka, Mehdo, Glome, Dezon, Minkanin, Montonba sont les personnages principaux de ces nouvelles. Ils racontent tour à tour, en exécutant un ballet sinistre, les circonstances au cours desquelles ils ont contracté le VIH-SIDA.

Pour l’une c’est à la suite d’un viol, pour l’autre c’est à la suite de faveurs sexuelles en échange de médicaments pour soigner l’un des membres de sa famille…. 

Pour l’un, c’est lors d’un voyage routier, pour l’autre c’est lors d’une fête bien arrosée…  

 

Au-delà de la présentation de circonstances au cours desquelles ces personnages ont contracté le VIH-Sida, ce recueil expose les manquements de la société en Côte d’Ivoire : droit de cuissage, corruption qui devient une seconde nature chez les forces de l’ordre, absence de  politique sanitaire ; le corps des femmes considéré comme un objet, le viol des femmes passé sous silence.

Affection partagée a été une sympathique lecture même s’il m’a manqué un je-ne-sais quoi.

J’ai apprécié les références à la culture Dan en commençant par les prénoms des personnages.

Pour votre information, Medho signifie l’amour d’autrui, Dhewa Gui les femmes souffrent et Yah Gnan, je ne pensais pas que cela m’arriverait un jour. 

 

Je vous souhaite en avance un bon week-end en lecture. Qu’avez-vous prévu de lire ?

 

fleur v1

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Lettre au futur lauréat du Prix Horizon

En découvrant cette photo sur le compte Facebook de l’Association Akwaba Culture, j’ai eu l’impression d’être la miss côte d’ivoire en titre ou une miss littérature. 😀

Cette photo a ravivé les souvenirs de cette nuit où j’ai reçu ce prix qui vise à révéler de nouveaux talents littéraires afin de nourrir, au plan qualitatif, la chaîne des générations d’écrivains de Côte d’Ivoire.

 

Le 23 novembre 2019, nous connaîtrons le lauréat du Prix Horizon 2019. J’ai eu envie de lui adresser quelques mots…

 

Cher futur lauréat du Prix Horizon,

 

Dans quelques jours, tu seras le 3e. Le 3e à recevoir le Prix Horizon après Essie Kelly et moi. Es-tu un talent au masculin ou au féminin ? As-tu écrit un roman, une pièce de théâtre, un recueil de nouvelles ? J’ai hâte de découvrir ton identité. 🙂

 

Dans quelques jours, tu seras au milieu d’illustres invités, d’écrivains talentueux et expérimentés. Tu vas côtoyer le Prix Ivoire 2019. Comme lui, tu recevras un prix. Un prix qui va souligner la qualité de ton ouvrage, encourager les efforts de ta plume et faire de toi un (e) ambassadeur (drice) des lettres ivoiriennes.

 

Quand tu recevras ce prix, sois fier (e) du chemin que tu as parcouru jusqu’ici et pense au chemin qui te reste à parcourir en tant qu’auteur (e) .

Nous avons du talent et un patrimoine littéraire à valoriser. Quand tu recevras ce prix, pense à tous nos pères et mères de la littérature ivoirienne et donne-toi comme mission de marcher dans leurs pas. D’écrire des ouvrages de qualité, des ouvrages percutants qui feront la fierté des lecteurs ivoiriens et africains.

 

Quand tu recevras ce prix, pense à l’émulation que tu devras susciter autour de toi afin que les lettres ivoiriennes aient du poids dans la littérature mondiale. N’oublie pas : nous avons un patrimoine littéraire à valoriser.

 

Quand tu recevras ce prix, réjouis-toi de la dotation que tu recevras. Fais-toi plaisir et n’oublie pas d’acheter un livre en souvenir de ce prix. J’ai oublié de le faire 😀

 

Je ne vais pas être longue en espérant qu’on pourra discuter de vive voix.

A toi, le futur lauréat, je te souhaite de vivre le 23 novembre 2019 l’une des plus belles soirées de ta vie.

Je te souhaite un très bel avenir en tant qu’auteur (e) et d’être à la hauteur de ce que ce prix incarne.

Grâce Minlibé

Lauréate Prix Horizon 2018

 

 

PS : quand tu recevras le prix, n’oublie pas qu’il y a également un autre prix qu’il faudra que tu remportes dans les prochaines années : le Prix Ivoire. Et puisqu’on ne finit jamais d’apprendre, n’oublie pas d’acheter les ouvrages nominés cette année. 😉

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Publié dans Panaché

Top Ten Tuesday 14 : Les 10 romans dont l’histoire se déroule dans mon pays 

 
 
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Le thème de cette semaine est : 
 
 
Les 10 romans dont l’histoire se déroule dans mon pays 
 
 
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Le lecteur ne connaissant rien de la Côte d’Ivoire trouvera en ce livre un véritable guide touristique. L’auteur s’est attelé à faire des descriptions fines de chaque endroit visité par les personnages.
 
 
 
 
 
 
Le tueur du remblai
 
 
Le Remblai battait tous les records de criminalité en Côte d’Ivoire depuis quelques années. Tous les jours, des habitants étaient cambriolés. Certains y perdaient la vie. Les jeunes filles qui habitaient seules dans des studios étaient l’objet de violences sexuelles et de mises à mort. […] Mais tout cela n’inquiétait pas Madeleine Groh Zieu. « De toutes les façons, il y a l’insécurité dans tous les quartiers d’Abidjan », se disait-elle. Il suffit d’être prudente et c’est tout. »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'irréversible sortilège
 
 
L’intrigue se passe au village de Gbêpleu dans l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire en 1897.
 
 
 
 
 
 
 
 
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Nous sommes en pleine époque coloniale en Côte d’Ivoire plus particulièrement en pays alladian. Benoît Gnanva entre en classe de CP1 à 16 ans. Cette entrée tardive est due à son père qui voulait son fils aîné près de lui pour les travaux champêtres et les petites emplettes.

Tout va bien jusqu’au CE2, jusqu’à l’accident mystérieux de sa mère. Cette épreuve familiale lui fait accumuler du retard à l’école, perdre une année scolaire.

A 20 ans, Benoît ne peut doubler de classe. Il retourne au village, le moral affecté. Son père pour lui remonter le moral, lui propose d’aller pêcher avec son cousin Matthieu. Là s’ouvre une autre porte des tourments de Benoît. La pêche en haute mer est éprouvante, Benoit n’en sort pas indemne… Est-ce parce qu’il n’a pas respecté les dernières volontés de sa mère ?

 
 
 
 
 
Histoires si étranges
 
Trente-sept histoires étranges… Régina Yaou signe ici un recueil de récits où se mêlent atmosphères étranges et faits troublants selon une approche originale, plus proche du conte que du simple récit fantastique. Dans un surréalisme et avec un regard singulièrement décapant. Le tout exprimé dans un style simple et limpide.
 
J’ai aimé lire ces histoires, parcourir à travers elles les contrées de la Côte d’Ivoire.
 
 
 
 
 
 
7. Les Frasques d’Ebinto, un classique de la littérature ivoirienne
 
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L’histoire d’un jeune garçon brillant qui rêve d’une réussite éclatante et voit son rêve brisé après une aventure d’une nuit avec Monique, une jeune fille très douce qui l’aime terriblement. La jeune fille étant enceinte, les parents optèrent pour l’union entre les deux enfants.
Ebinto voit s’envoler deux rêves, celui d’avoir une position sociale respectable et celui d’épouser Muriel une fille de bourgeois qu’il aime d’un amour fou.
Obligé d’abandonner ses études pour s’occuper d’une famille qu’il n’avait pas prévue sitôt, Ebinto se transforme en une espèce de monstre. Monique devient son souffre-douleur. 
 
 
 
 
 
le grand masque a menti
 
 
 
Le grand masque a menti est un bon roman du terroir, il nous rappelle nos us et coutumes, ce passé culturel que l’on oublie ou renie, il jette un regard critique sur nos traditions africaines.
 
 
 
 
littérature ivoirienne
 
 
Amsterdam, 1980. Un enfant d’immigrés est élevé par ses parents communistes. Sa vision du monde, son vocabulaire, en portent la marque. Le jour où sa mère disparaît, il est envoyé en Afrique pour retrouver sa grand-mère et ses racines, avec une « mission » : observer le monde post-colonial, tout en restant fidèle à son éducation révolutionnaire. Là, il croise les traces d’un de ses ancêtres, Dabilly, parti cent ans plus tôt de La Rochelle tenter l’aventure coloniale. Dans une « côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, les maisons de commerce forment alors le dernier bastion contre les Anglais, négociant avec les tribus locales et explorant progressivement l’intérieur de terres presque inexplorées, avec leurs légendes, leurs rituels et leurs mystères… 
 
 
 
 
 
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Séka Joëlle n’avait pas d’enfant. Un jour, dans une rue de Treichville, elle trouva une fillette abandonnée et l’adopta. Quelques années plus tard, Séka Joëlle rencontra un homme qui devint son époux. Mais elle ignorait que son époux était le père biologique de sa fille adoptive.
 
 
 
 

Quels livres auriez-vous choisi  ?
 
 
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Regards de vérité, tome 1 : La candeur entachée

Léa, jeune mère courage n’a qu’une obsession: trouver un nouveau papa pour Moya sa petite orpheline et ainsi fonder un foyer, symbole de respectabilité et synonyme de réussite dans la plupart de nos sociétés africaines.
Au nom du mariage, Léa accepte brimades et humiliations. Au nom de l’amour, elle est aveugle. 
Si aveugle et préoccupée à lécher ses propres blessures, qu’elle ne voit pas ce père trop entreprenant à l’égard de Moya.
Cette histoire, c’est la candeur entachée d’une fillette de 12 ans qui se raconte. C’est le regard de Moya qui découvre douloureusement un monde d’adultes dans toutes ses perversités, ses fragilités et son hypocrisie. C’est l’échec de nos sociétés, l’incohérence de notre justice, le poids de nos traditions…

l'Afrique écrit

Lamazone Wassawaney était l’invitée de Livresque 30. Pendant une heure, nous avons échangé avec elle sur les thèmes de ce premier roman qu’elle offre au public et qu’elle a auto-édité.

Edité au format poche, La candeur entachée _ 1er tome de la trilogie Regards de vérité_ semble avoir été imprimé par un éditeur étranger. L’impression est de qualité, la police d’écriture est assez petite mais pas gênante. 

J’ai désiré avoir ce roman autant pour son aspect visuel que pour son contenu. 

 

L’auteure ne se revendique pas féministe, elle mène un autre combat : dénoncer les violences physiques et psychologiques faites aux femmes, la pédophilie passée sous silence dans notre société en particulier en Côte d’Ivoire et mener des actions concrètes pour qu’elles cessent.

L’auteure par ses mots choisis avec soin nous invite à mener ce combat avec elle. 

La candeur entachée à travers les confidences de Moya et sa mère Léa dresse avec exactitude le portrait de notre société. Une société où le mariage est celui qui donne un sens à l’existence de la femme, une société où la femme doit tout supporter, n’a que des devoirs et aucun droit.

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Ça a été un réel plaisir de faire la connaissance de Yowl, l’amie de Léa. J’aime parfois dans mes lectures rencontrer des personnages qui me ressemblent. Yowl a la même vision de la vie que moi. Elle n’a ni homme ni bébé mais cela ne l’empêche pas d’être heureuse. 

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La candeur entachée est un roman à lire et à faire lire pour les thèmes d’actualité qu’il aborde avec finesse. Le cliffhanger donne sans contredit l’envie de lire le tome 2. J’espère qu’il ne tardera pas.

Je n’ai noté qu’un bémol durant ma lecture : narré à la 1ère personne, j’ai trouvé que le langage soutenu de Moya était inapproprié même si c’est une jeune fille très mûre pour son âge.

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50 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire en 10 nouvelles

Aujourd’hui, on célèbre les 59 ans d’indépendance de mon tendre et cher pays la Côte d’Ivoire

J’en profite pour vous parler de ce recueil composé des 10 nouvelles lauréates au concours de nouvelles 2010 intitulé : Côte d’Ivoire : 50 ans d’indépendance. 

Ce recueil est une initiative du groupe Fraternité Matin, mise en œuvre par deux maisons d’édition partenaires: Michel Lafon et Frat mat éditions.

Les lauréats ont entre 22 ans et 46 ans et sont à 90% des hommes.

 

Ces 10 nouvelles font le bilan de la Côte d’Ivoire depuis son indépendance et pointent du doigt les maux qui minent la société : mauvaise gouvernance, corruption, système éducatif bancal, politique sanitaire inexistante. Les dirigeants sont accusés ouvertement mais pas que. Le peuple également est pointé du doigt pour son indiscipline.

Le constat est alarmant : il y a encore beaucoup de choses à faire pour être un pays développé.

Je ne vous présenterai pas les 10 nouvelles puisqu’elles abordent le même thème, seulement mes coups de cœur et celles qui se démarquent plus ou moins.

J’ai eu un coup de cœur pour deux nouvelles qui pour moi méritaient d’être les grands gagnants du concours : « La belle histoire d’une si douce petite chanson » de Grambouté Soiliho et « Kilomètre 50» de Coulibaly Fangma.

La belle histoire d’une si douce petite chanson de Grambouté Soiliho

Une allégorie dans laquelle l’Abidjanaise se raconte, se compare à d’autres hymnes nationaux qui ont le même âge qu’elle. Elle évoque quelques faits majeurs de l’histoire de la Côte d’Ivoire, et explique les maîtres mots qui la constituent.

C’est un texte entraînant, qui fait sourire, rire. Un véritable plaisir de lecture.

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Kilomètre 50 de Coulibaly Fangma, poème en prose qui passe en revue les bornes kilométriques de l’histoire des 50 dernières années. L’auteur compare l’histoire à un voyage en locomotive. Il rappelle les années de gloire sous Houphouët, la coopération avec la France, l’avènement du multipartisme puis les guerres de succession. On se laisse embarquer dans ce voyage pittoresque.

Un songe à l’aurore est un récit consacré à un miraculé qui sort d’un coma de vingt ans, le 5 février 2030, soit 20 ans après le cinquantenaire d’indépendance de la Côte d’Ivoire. J’ai pris plaisir à lire cette Côte d’Ivoire nouvelle, prospère, débarrassée des maux qui la gangrènent. La chute est également bien trouvée.

 

Pour finir, parlons de l’unique lauréate, Yehni Djidji. Le personnage principal de sa nouvelle est un révolté. Comment peut-on célébrer l’indépendance de la Côte d’Ivoire avec tout ce qui reste à faire ? Pour lui, les colons ont fait plus de mal que de bien aux Noirs en leur accordant l’indépendance. Dans les mains de l’homme noir, tout tombait en décrépitude. Un voyage mystique dans le passé va lui remettre les pendules à l’heure.

J’ai apprécié cette leçon que nous donne cette nouvelle. Il y a encore du chemin à parcourir mais il faut se réjouir de n’être plus là où nous étions il y a 100 ans. Il faut célébrer les petites victoires.

J’espère que les nouvelles du centenaire d’indépendance montreront le visage d’une Côte d’Ivoire plus mature, plus reluisante. Une Côte d’Ivoire, locomotive des nations africaines. C’est mon rêve, se réalisera-t-il comme celui de Martin King ?

 

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TTL 43 – Les contes de Korotoumou- Amadou Koné

Le thème de cette semaine est Deuil mais comme j’ai déjà utilisé ce thème pour le vide-grenier livresque il y a quelques semaines, j’ai repris un thème de l’an dernier sous l’inspiration de The teapot library

Au clair de lune, dans les villages, sous les cieux africains, on raconte des contes.

Je vais donc vous parler d’un recueil de contes lu il y a quelques mois.

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Je ne sais pas si ces histoires sont vraiment du passé, je ne sais pas si ces vérités d’autrefois sont des mensonges d’aujourd’hui. Mais nous nous trompons peut-être.
Car je reviens d’Amérique et je crois que dans ce pays qui est encore l’un des rares à faire rêver, les héros existent toujours, les miracles existent, les animaux parlent, la nature parle toujours aux hommes. En fait, ceci devrait être la même chose chez nous. Et si nos vieilles histoires d’hier correspondaient aussi au monde de demain? Je ne sais pas si tout cela est vrai. Mais j’aimerais entendre encore ces histoires (contes). Je crois que ce sont des histoires du passé, mais qui nous projette dans le futur.

 

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Amadou Koné a marqué bon nombre de collégiens ivoiriens avec son roman Les frasques d’Ebinto.

Il m’était impossible de ne pas acheter son livre lorsque je l’ai vu au SILA. De plus, il a été publié par mon efficace maison d’édition 😀

Les contes de Korotoumou contiennent 15 contes scindés en 3 parties : les animaux entre eux, les hommes entre eux, des hommes, animaux et objets

Voulez-vous savoir pourquoi la mer rejette les corps ?

Pourquoi l’hyène vit en brousse ?

D’où vient le cri du chien, de l’hyène, du lion ?

D’où viennent les piquants du tronc du baobab ?

J’ai redécouvert avec plaisir les ruses du lièvre, la gloutonnerie de l’hyène.

Ces contes écrits avec un ton simple et fluide nous font voyager dans des contrées lointaines. Ils montrent comment la ruse peut nous sauver de bien de situations, nous font découvrir des langues, des us et coutumes, nous donnent des leçons de morale.

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Quel livre auriez-vous choisi pour le thème initial ou celui que j’ai choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

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Throwback Thursday Livresque 39 en musique

Thème de cette semaine : Musique

J’ai immédiatement pensé à la poésie car Musique et poésie sont intimement liées depuis toujours.

« Elles sont l’une et l’autre des arts complets: la musique porte en elle son sentiment, de beaux vers portent en eux leur mélodie ». Lamartine

 

« Chez les Grecs la musique était indissociable de la littérature, de la poésie en particulier. Chez les Romains le choix des sons et des rythmes demeurait aussi important que le choix des mots. La dissociation se fera progressivement par la suite. Mais se fera-t-elle vraiment? Il y aura certes une musique indépendante de la poésie, mais la poésie elle, sera toujours musicale. » Hélène Laberge

 

Après cette magnifique introduction, place à la présentation du livre : Champ de mil, un recueil de poèmes écrit par Tofangui Guy-Roland Koné

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Dans ce recueil, l’auteur, qui évoque notamment l’amour dans ses multiples facettes, parfois mystérieuses, est habile à en parler à tous les peuples et à toutes les époques. En reliant l’amour à de multiples autres choses de la vie, il entraîne le lecteur à porter un regard sur la société des temps modernes et l’encourage à la persévérance dans l’effort, malgré les inévitables orages.

 

Les sujets sont divers et variés dans ce recueil d’une cinquantaine de poèmes : amour, superficialité, immigration clandestine, agriculture, politique, etc…

J’ai parcouru ce recueil dans ma peau d’amoureuse de la poésie et lectrice exigeante.Je l’ai lu avec la maestria d’Apollon  et d’Erato.

Par conséquent, sur 55 poèmes, il n’y a que 13 poèmes qui m’ont captivée. Quant aux autres, lus et aussitôt oubliés. J’ai trouvé certaines tournures de vers maladroites, des rimes trop faciles. Des poèmes non consistants. La poétesse que je suis n’a hélas pas été éblouie.

Je vous partage 3 poèmes que j’ai appréciés :

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Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

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Délices des tropiques – Isac Grah

Sorcellerie, solidarité sont le quotidien de Zéboyo, un petit village tranquille. Tout bascule lors d’un match de football entre le FC Bakolé et l’AS Zéboyo. Madou, supporteur de l’équipe de Bakolé, se voit humilier et copieusement rosser par Aby Tagnon. Cette bagarre marque pour Aby Tagnon le début de son exil avec Timaty, son épouse, dans la forêt sacrée de Djrêplo, afin d’échapper aux forces de l’ordre venus l’arrêter. Le couple y passa dix-huit ans. Des années faites de rencontres mystérieuses et d’harmonie avec la nature. Aby et sa femme auront des enfants dont Kanignon, qui, de retour dans le village, s’opposera au règne des sorciers.

 

l'Afrique écrit

 

Un livre acheté au dernier SILA sur le stand de ma maison d’édition. L’auteur m’a demandé si j’aimais l’Afrique lors de la dédicace du livre.

L’Afrique et ses mystères m’intriguent.

L’Afrique et ses mets gourmands me ravissent.

L’Afrique et son animisme m’intéressent moins.

J’ai aimé cette Afrique retrouvée dans ce roman. Je suis largement sous influence chrétienne mais lire ce roman qui ennoblit l’animisme ne m’a nullement gênée.

J’ai été saisie par l’expérience sensorielle que procure ce livre. Il mêle tradition et modernisme. On se retrouve en pleine forêt, à l’écoute de la nature. Les divers mets présentés font venir l’eau à la bouche. Les yeux spirituels s’ouvrent grâce aux génies bienfaiteurs. J’ai apprécié la dose de surnaturel.

Ce récit qui s’étale sur 144 pages est écrit avec un langage soutenu et non pédant. 

Certains faits dans la construction du récit m’ont échappé. Le 1er chapitre s’ouvre sur les aveux d’un sorcier dont les œuvres ont été révélées par un pasteur. Son nom n’est pas révélé. D’où vient-il ? Comment-il arrivé au village ? Que fait-il ensuite ? Ensuite on bascule dans la présentation. Qu’est donc devenu ce pasteur ?

Kanignon mène une croisade contre le clan des sorciers. Il en bat quelques-uns mais on ignore s’ils ont tous été vaincus.

Les dernières pages évoquent un prophète imposteur du nom de Vaka qui n’en est pas à sa première venue au village. Est-il le pasteur du début du roman ? 

Je n’ai aucune réponse à ces questions et par ailleurs j’ai trouvé que la fin était légèrement abrupte. 

Ce roman du terroir offre une lecture sympathique mais il ne s’inscrira pas au palmarès des plus belles lectures de 2019.

 

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