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Top Ten Tuesday 14 : Les 10 romans dont l’histoire se déroule dans mon pays 

 
 
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Le thème de cette semaine est : 
 
 
Les 10 romans dont l’histoire se déroule dans mon pays 
 
 
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tchat sous un toit brûlant
 
Le lecteur ne connaissant rien de la Côte d’Ivoire trouvera en ce livre un véritable guide touristique. L’auteur s’est attelé à faire des descriptions fines de chaque endroit visité par les personnages.
 
 
 
 
 
 
Le tueur du remblai
 
 
Le Remblai battait tous les records de criminalité en Côte d’Ivoire depuis quelques années. Tous les jours, des habitants étaient cambriolés. Certains y perdaient la vie. Les jeunes filles qui habitaient seules dans des studios étaient l’objet de violences sexuelles et de mises à mort. […] Mais tout cela n’inquiétait pas Madeleine Groh Zieu. « De toutes les façons, il y a l’insécurité dans tous les quartiers d’Abidjan », se disait-elle. Il suffit d’être prudente et c’est tout. »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'irréversible sortilège
 
 
L’intrigue se passe au village de Gbêpleu dans l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire en 1897.
 
 
 
 
 
 
 
 
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Nous sommes en pleine époque coloniale en Côte d’Ivoire plus particulièrement en pays alladian. Benoît Gnanva entre en classe de CP1 à 16 ans. Cette entrée tardive est due à son père qui voulait son fils aîné près de lui pour les travaux champêtres et les petites emplettes.

Tout va bien jusqu’au CE2, jusqu’à l’accident mystérieux de sa mère. Cette épreuve familiale lui fait accumuler du retard à l’école, perdre une année scolaire.

A 20 ans, Benoît ne peut doubler de classe. Il retourne au village, le moral affecté. Son père pour lui remonter le moral, lui propose d’aller pêcher avec son cousin Matthieu. Là s’ouvre une autre porte des tourments de Benoît. La pêche en haute mer est éprouvante, Benoit n’en sort pas indemne… Est-ce parce qu’il n’a pas respecté les dernières volontés de sa mère ?

 
 
 
 
 
Histoires si étranges
 
Trente-sept histoires étranges… Régina Yaou signe ici un recueil de récits où se mêlent atmosphères étranges et faits troublants selon une approche originale, plus proche du conte que du simple récit fantastique. Dans un surréalisme et avec un regard singulièrement décapant. Le tout exprimé dans un style simple et limpide.
 
J’ai aimé lire ces histoires, parcourir à travers elles les contrées de la Côte d’Ivoire.
 
 
 
 
 
 
7. Les Frasques d’Ebinto, un classique de la littérature ivoirienne
 
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L’histoire d’un jeune garçon brillant qui rêve d’une réussite éclatante et voit son rêve brisé après une aventure d’une nuit avec Monique, une jeune fille très douce qui l’aime terriblement. La jeune fille étant enceinte, les parents optèrent pour l’union entre les deux enfants.
Ebinto voit s’envoler deux rêves, celui d’avoir une position sociale respectable et celui d’épouser Muriel une fille de bourgeois qu’il aime d’un amour fou.
Obligé d’abandonner ses études pour s’occuper d’une famille qu’il n’avait pas prévue sitôt, Ebinto se transforme en une espèce de monstre. Monique devient son souffre-douleur. 
 
 
 
 
 
le grand masque a menti
 
 
 
Le grand masque a menti est un bon roman du terroir, il nous rappelle nos us et coutumes, ce passé culturel que l’on oublie ou renie, il jette un regard critique sur nos traditions africaines.
 
 
 
 
littérature ivoirienne
 
 
Amsterdam, 1980. Un enfant d’immigrés est élevé par ses parents communistes. Sa vision du monde, son vocabulaire, en portent la marque. Le jour où sa mère disparaît, il est envoyé en Afrique pour retrouver sa grand-mère et ses racines, avec une « mission » : observer le monde post-colonial, tout en restant fidèle à son éducation révolutionnaire. Là, il croise les traces d’un de ses ancêtres, Dabilly, parti cent ans plus tôt de La Rochelle tenter l’aventure coloniale. Dans une « côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, les maisons de commerce forment alors le dernier bastion contre les Anglais, négociant avec les tribus locales et explorant progressivement l’intérieur de terres presque inexplorées, avec leurs légendes, leurs rituels et leurs mystères… 
 
 
 
 
 
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Séka Joëlle n’avait pas d’enfant. Un jour, dans une rue de Treichville, elle trouva une fillette abandonnée et l’adopta. Quelques années plus tard, Séka Joëlle rencontra un homme qui devint son époux. Mais elle ignorait que son époux était le père biologique de sa fille adoptive.
 
 
 
 

Quels livres auriez-vous choisi  ?
 
 
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Regards de vérité, tome 1 : La candeur entachée

Léa, jeune mère courage n’a qu’une obsession: trouver un nouveau papa pour Moya sa petite orpheline et ainsi fonder un foyer, symbole de respectabilité et synonyme de réussite dans la plupart de nos sociétés africaines.
Au nom du mariage, Léa accepte brimades et humiliations. Au nom de l’amour, elle est aveugle. 
Si aveugle et préoccupée à lécher ses propres blessures, qu’elle ne voit pas ce père trop entreprenant à l’égard de Moya.
Cette histoire, c’est la candeur entachée d’une fillette de 12 ans qui se raconte. C’est le regard de Moya qui découvre douloureusement un monde d’adultes dans toutes ses perversités, ses fragilités et son hypocrisie. C’est l’échec de nos sociétés, l’incohérence de notre justice, le poids de nos traditions…

l'Afrique écrit

Lamazone Wassawaney était l’invitée de Livresque 30. Pendant une heure, nous avons échangé avec elle sur les thèmes de ce premier roman qu’elle offre au public et qu’elle a auto-édité.

Edité au format poche, La candeur entachée _ 1er tome de la trilogie Regards de vérité_ semble avoir été imprimé par un éditeur étranger. L’impression est de qualité, la police d’écriture est assez petite mais pas gênante. 

J’ai désiré avoir ce roman autant pour son aspect visuel que pour son contenu. 

 

L’auteure ne se revendique pas féministe, elle mène un autre combat : dénoncer les violences physiques et psychologiques faites aux femmes, la pédophilie passée sous silence dans notre société en particulier en Côte d’Ivoire et mener des actions concrètes pour qu’elles cessent.

L’auteure par ses mots choisis avec soin nous invite à mener ce combat avec elle. 

La candeur entachée à travers les confidences de Moya et sa mère Léa dresse avec exactitude le portrait de notre société. Une société où le mariage est celui qui donne un sens à l’existence de la femme, une société où la femme doit tout supporter, n’a que des devoirs et aucun droit.

la candeur entachée

 

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Ça a été un réel plaisir de faire la connaissance de Yowl, l’amie de Léa. J’aime parfois dans mes lectures rencontrer des personnages qui me ressemblent. Yowl a la même vision de la vie que moi. Elle n’a ni homme ni bébé mais cela ne l’empêche pas d’être heureuse. 

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La candeur entachée est un roman à lire et à faire lire pour les thèmes d’actualité qu’il aborde avec finesse. Le cliffhanger donne sans contredit l’envie de lire le tome 2. J’espère qu’il ne tardera pas.

Je n’ai noté qu’un bémol durant ma lecture : narré à la 1ère personne, j’ai trouvé que le langage soutenu de Moya était inapproprié même si c’est une jeune fille très mûre pour son âge.

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50 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire en 10 nouvelles

Aujourd’hui, on célèbre les 59 ans d’indépendance de mon tendre et cher pays la Côte d’Ivoire

J’en profite pour vous parler de ce recueil composé des 10 nouvelles lauréates au concours de nouvelles 2010 intitulé : Côte d’Ivoire : 50 ans d’indépendance. 

Ce recueil est une initiative du groupe Fraternité Matin, mise en œuvre par deux maisons d’édition partenaires: Michel Lafon et Frat mat éditions.

Les lauréats ont entre 22 ans et 46 ans et sont à 90% des hommes.

 

Ces 10 nouvelles font le bilan de la Côte d’Ivoire depuis son indépendance et pointent du doigt les maux qui minent la société : mauvaise gouvernance, corruption, système éducatif bancal, politique sanitaire inexistante. Les dirigeants sont accusés ouvertement mais pas que. Le peuple également est pointé du doigt pour son indiscipline.

Le constat est alarmant : il y a encore beaucoup de choses à faire pour être un pays développé.

Je ne vous présenterai pas les 10 nouvelles puisqu’elles abordent le même thème, seulement mes coups de cœur et celles qui se démarquent plus ou moins.

J’ai eu un coup de cœur pour deux nouvelles qui pour moi méritaient d’être les grands gagnants du concours : « La belle histoire d’une si douce petite chanson » de Grambouté Soiliho et « Kilomètre 50» de Coulibaly Fangma.

La belle histoire d’une si douce petite chanson de Grambouté Soiliho

Une allégorie dans laquelle l’Abidjanaise se raconte, se compare à d’autres hymnes nationaux qui ont le même âge qu’elle. Elle évoque quelques faits majeurs de l’histoire de la Côte d’Ivoire, et explique les maîtres mots qui la constituent.

C’est un texte entraînant, qui fait sourire, rire. Un véritable plaisir de lecture.

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Kilomètre 50 de Coulibaly Fangma, poème en prose qui passe en revue les bornes kilométriques de l’histoire des 50 dernières années. L’auteur compare l’histoire à un voyage en locomotive. Il rappelle les années de gloire sous Houphouët, la coopération avec la France, l’avènement du multipartisme puis les guerres de succession. On se laisse embarquer dans ce voyage pittoresque.

Un songe à l’aurore est un récit consacré à un miraculé qui sort d’un coma de vingt ans, le 5 février 2030, soit 20 ans après le cinquantenaire d’indépendance de la Côte d’Ivoire. J’ai pris plaisir à lire cette Côte d’Ivoire nouvelle, prospère, débarrassée des maux qui la gangrènent. La chute est également bien trouvée.

 

Pour finir, parlons de l’unique lauréate, Yehni Djidji. Le personnage principal de sa nouvelle est un révolté. Comment peut-on célébrer l’indépendance de la Côte d’Ivoire avec tout ce qui reste à faire ? Pour lui, les colons ont fait plus de mal que de bien aux Noirs en leur accordant l’indépendance. Dans les mains de l’homme noir, tout tombait en décrépitude. Un voyage mystique dans le passé va lui remettre les pendules à l’heure.

J’ai apprécié cette leçon que nous donne cette nouvelle. Il y a encore du chemin à parcourir mais il faut se réjouir de n’être plus là où nous étions il y a 100 ans. Il faut célébrer les petites victoires.

J’espère que les nouvelles du centenaire d’indépendance montreront le visage d’une Côte d’Ivoire plus mature, plus reluisante. Une Côte d’Ivoire, locomotive des nations africaines. C’est mon rêve, se réalisera-t-il comme celui de Martin King ?

 

GM signature

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TTL 43 – Les contes de Korotoumou- Amadou Koné

Le thème de cette semaine est Deuil mais comme j’ai déjà utilisé ce thème pour le vide-grenier livresque il y a quelques semaines, j’ai repris un thème de l’an dernier sous l’inspiration de The teapot library

Au clair de lune, dans les villages, sous les cieux africains, on raconte des contes.

Je vais donc vous parler d’un recueil de contes lu il y a quelques mois.

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Je ne sais pas si ces histoires sont vraiment du passé, je ne sais pas si ces vérités d’autrefois sont des mensonges d’aujourd’hui. Mais nous nous trompons peut-être.
Car je reviens d’Amérique et je crois que dans ce pays qui est encore l’un des rares à faire rêver, les héros existent toujours, les miracles existent, les animaux parlent, la nature parle toujours aux hommes. En fait, ceci devrait être la même chose chez nous. Et si nos vieilles histoires d’hier correspondaient aussi au monde de demain? Je ne sais pas si tout cela est vrai. Mais j’aimerais entendre encore ces histoires (contes). Je crois que ce sont des histoires du passé, mais qui nous projette dans le futur.

 

l'Afrique écrit

Amadou Koné a marqué bon nombre de collégiens ivoiriens avec son roman Les frasques d’Ebinto.

Il m’était impossible de ne pas acheter son livre lorsque je l’ai vu au SILA. De plus, il a été publié par mon efficace maison d’édition 😀

Les contes de Korotoumou contiennent 15 contes scindés en 3 parties : les animaux entre eux, les hommes entre eux, des hommes, animaux et objets

Voulez-vous savoir pourquoi la mer rejette les corps ?

Pourquoi l’hyène vit en brousse ?

D’où vient le cri du chien, de l’hyène, du lion ?

D’où viennent les piquants du tronc du baobab ?

J’ai redécouvert avec plaisir les ruses du lièvre, la gloutonnerie de l’hyène.

Ces contes écrits avec un ton simple et fluide nous font voyager dans des contrées lointaines. Ils montrent comment la ruse peut nous sauver de bien de situations, nous font découvrir des langues, des us et coutumes, nous donnent des leçons de morale.

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Quel livre auriez-vous choisi pour le thème initial ou celui que j’ai choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

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Throwback Thursday Livresque 39 en musique

Thème de cette semaine : Musique

J’ai immédiatement pensé à la poésie car Musique et poésie sont intimement liées depuis toujours.

« Elles sont l’une et l’autre des arts complets: la musique porte en elle son sentiment, de beaux vers portent en eux leur mélodie ». Lamartine

 

« Chez les Grecs la musique était indissociable de la littérature, de la poésie en particulier. Chez les Romains le choix des sons et des rythmes demeurait aussi important que le choix des mots. La dissociation se fera progressivement par la suite. Mais se fera-t-elle vraiment? Il y aura certes une musique indépendante de la poésie, mais la poésie elle, sera toujours musicale. » Hélène Laberge

 

Après cette magnifique introduction, place à la présentation du livre : Champ de mil, un recueil de poèmes écrit par Tofangui Guy-Roland Koné

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Dans ce recueil, l’auteur, qui évoque notamment l’amour dans ses multiples facettes, parfois mystérieuses, est habile à en parler à tous les peuples et à toutes les époques. En reliant l’amour à de multiples autres choses de la vie, il entraîne le lecteur à porter un regard sur la société des temps modernes et l’encourage à la persévérance dans l’effort, malgré les inévitables orages.

 

Les sujets sont divers et variés dans ce recueil d’une cinquantaine de poèmes : amour, superficialité, immigration clandestine, agriculture, politique, etc…

J’ai parcouru ce recueil dans ma peau d’amoureuse de la poésie et lectrice exigeante.Je l’ai lu avec la maestria d’Apollon  et d’Erato.

Par conséquent, sur 55 poèmes, il n’y a que 13 poèmes qui m’ont captivée. Quant aux autres, lus et aussitôt oubliés. J’ai trouvé certaines tournures de vers maladroites, des rimes trop faciles. Des poèmes non consistants. La poétesse que je suis n’a hélas pas été éblouie.

Je vous partage 3 poèmes que j’ai appréciés :

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Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

fleur v1

 

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Délices des tropiques – Isac Grah

Sorcellerie, solidarité sont le quotidien de Zéboyo, un petit village tranquille. Tout bascule lors d’un match de football entre le FC Bakolé et l’AS Zéboyo. Madou, supporteur de l’équipe de Bakolé, se voit humilier et copieusement rosser par Aby Tagnon. Cette bagarre marque pour Aby Tagnon le début de son exil avec Timaty, son épouse, dans la forêt sacrée de Djrêplo, afin d’échapper aux forces de l’ordre venus l’arrêter. Le couple y passa dix-huit ans. Des années faites de rencontres mystérieuses et d’harmonie avec la nature. Aby et sa femme auront des enfants dont Kanignon, qui, de retour dans le village, s’opposera au règne des sorciers.

 

l'Afrique écrit

 

Un livre acheté au dernier SILA sur le stand de ma maison d’édition. L’auteur m’a demandé si j’aimais l’Afrique lors de la dédicace du livre.

L’Afrique et ses mystères m’intriguent.

L’Afrique et ses mets gourmands me ravissent.

L’Afrique et son animisme m’intéressent moins.

J’ai aimé cette Afrique retrouvée dans ce roman. Je suis largement sous influence chrétienne mais lire ce roman qui ennoblit l’animisme ne m’a nullement gênée.

J’ai été saisie par l’expérience sensorielle que procure ce livre. Il mêle tradition et modernisme. On se retrouve en pleine forêt, à l’écoute de la nature. Les divers mets présentés font venir l’eau à la bouche. Les yeux spirituels s’ouvrent grâce aux génies bienfaiteurs. J’ai apprécié la dose de surnaturel.

Ce récit qui s’étale sur 144 pages est écrit avec un langage soutenu et non pédant. 

Certains faits dans la construction du récit m’ont échappé. Le 1er chapitre s’ouvre sur les aveux d’un sorcier dont les œuvres ont été révélées par un pasteur. Son nom n’est pas révélé. D’où vient-il ? Comment-il arrivé au village ? Que fait-il ensuite ? Ensuite on bascule dans la présentation. Qu’est donc devenu ce pasteur ?

Kanignon mène une croisade contre le clan des sorciers. Il en bat quelques-uns mais on ignore s’ils ont tous été vaincus.

Les dernières pages évoquent un prophète imposteur du nom de Vaka qui n’en est pas à sa première venue au village. Est-il le pasteur du début du roman ? 

Je n’ai aucune réponse à ces questions et par ailleurs j’ai trouvé que la fin était légèrement abrupte. 

Ce roman du terroir offre une lecture sympathique mais il ne s’inscrira pas au palmarès des plus belles lectures de 2019.

 

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La rue 171 – Pierre Kouassi Kangannou

J’ai entendu parler de ce roman sans y prêter réellement attention. Lorsque je l’ai découvert dans la liste finale du Prix Orange du Livre en Afrique 2019, je n’avais plus le choix. Je devais le lire. 

La rue est un lieu pour se souvenir, un lieu pour s’interroger, se rencontrer, s’étonner. C’est un lieu où le plus vieux métier du monde s’est réinventé, où la mendicité a chassé la charité.

C’est un lieu pour aller et revenir, un lieu où l’on va à l’école de la vie, où se croise le sort des chômeurs du village et des chômeurs de la ville.

Le narrateur de ce roman est aussi insolite qu’inattendu: une rue. La rue 171.

Une rue qui parle, qui raconte, en témoin privilégié, les histoires et les aventures des hommes de notre société.
La narratrice, loquace et délurée, parle sans retenue de tout : la recherche effrénée de pouvoir, de grandeur, d’honneur, d’argent, de richesse et de plaisir, les pouvoirs politiques insolents et liberticides, la débauche sociale et morale, le racket, la truanderie, l’escroquerie même spirituelle, l’exploitation et la misère des populations, bref, tout y passe.

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Ce roman N’zassa nous livre un récit ingénieux, délectable. Un texte original où se côtoient et s’entrecroisent poésie, prose, théâtre. Un texte littéraire où se mêlent les registres de langue et les figures de style comme la personnification, l’ironie.

J’ai apprécié le mélange des genres et formes littéraires : écriture calligraphique,  dessins, affiches et pancartes, des textes sous la forme de strophes, de coupe ou de calice.

Ce roman sociologique s’étale sur 139 pages. L’auteur dit l’essentiel et évite au lecteur la répétition et l’ennui.

Ce finaliste du prix orange du livre en Afrique 2019 a été une agréable découverte pour moi. Je pense qu’il en sera de même pour vous.


 

La lecture c’est le partage ! Quels livres avez-vous apprécié et souhaitez-vous partager ? 

 

GM signature

 

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Femmes, Houphouët-Boigny vous parle – Yao Norbert Etranny

La première de couverture n’est pas très représentative de la Côte d’Ivoire. Elle fait penser à un pays de la corne de l’Afrique. J’ignore pourquoi la maison d’édition a fait le choix de cette couverture. Les cheffes de village, personnages principaux du roman, sont issues de villages Akan. Montrer des femmes Akan aurait été pertinent selon moi mais bon concentrons-nous sur le contenu du roman. 

Résumé de l'oeuvre

Nan-nan Adjo est la cheffe d’un village de Côte-d’Ivoire. Désespérée de voir son pays sombrer dans la violence et le chaos, elle convainc les autres femmes cheffes d’entamer ensemble une réflexion approfondie sur une possible fin des hostilités. Le jour de la première réunion, on présente à Nan-nan et ses collègues des jumelles de 6 mois, a priori sans défense. Mais une chose incroyable arrive : les bébés s’expriment avec la voix du président Houphouët-Boigny ! Le défunt homme d’État veut aider les femmes dans leur entreprise, et les guide à travers les hautes sphères du pouvoir…

Flirtant habilement avec le fantastique, ce roman résolument contemporain fait un portrait mordant et réaliste de l’histoire sociale et politique ivoirienne.

 

l'Afrique écrit

Soyons francs, la Côte d’Ivoire a perdu son lustre d’antan. La belle Côte d’Ivoire a perdu sa noblesse, tout ce qu’on lui enviait : croissance économique, stabilité politique.

La faute aux chefs d’Etat faisant passer l’intérêt individuel avant l’intérêt collectif ? Nan-nan Adjo en est convaincue.

Avec le défunt président Houphouët-Boigny revenu du pays des morts, elle va convoquer les chefs d’état qui lui ont succédé par la voix des urnes et leur demander leur part de responsabilité dans le chaos politique, économique et social de la Côte d’Ivoire actuelle.

Chacun va rejeter la faute sur l’autre. L’auteur fait un portrait exact de ces chefs d’état; leur personnalité égoïste, rancunière transparaît.

Des solutions vont être proposées pour rétablir la cohésion du pays notamment le retrait de la scène politique de ces trois chefs d’Etat, la réduction des partis politiques à deux, l’arrêt des élections présidentielles et le pouvoir tournant des deux partis pour une durée de cinq ans chacun…

Des pistes pour une meilleure gouvernance. Le pays a un visage nouveau. Une vision optimiste de la politique ivoirienne que chaque ivoirien espère, attend. Sera-t-elle effective un jour ?

Un événement en fin de roman semble nous mettre en garde…

Lecture rapide et accessible au grand public, ce roman donne des pistes de réflexion pour repenser la politique en Côte d’Ivoire. Un livre à mettre entre les mains des amateurs de politique et pourquoi pas des trois chefs d’état et leurs partisans. 

 


 

J’ai acheté ce roman à la librairie de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à Yamoussoukro. Si vous n’avez pas encore lu mon carnet de voyage, cliquez ICI

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Passion interrompue, passion cannelle, amour noir

Aujourd’hui, c’est trois romans en une seule note de lecture. Ils ont deux points communs:

  • Ils évoquent une relation amoureuse  
  • Je n’ai pas grand chose à dire sur eux 😀

 

 

Couverture Une passion interrompue

 

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Couverture Un amour noir


Une passion interrompue de Yehni Djidji

Virginie a connu une existence malheureuse. Contrainte à l’exil en Europe après une relation amoureuse qui a mal tourné, elle rencontre enfin l’amour en la personne du beau Samuel Vianney. Décidés à se marier, ils reviennent à Abidjan pour sceller leur union devant Dieu et les hommes. Cependant, tout bascule quand elle découvre à quelle famille il appartient.

J’ai imaginé mille et un scénarios en lisant la dernière phrase: famille rivale à la sienne, famille appartenant à la mafia, à une secte, etc… Aucun ne s’est révélé être le bon. Virginie est dans un imbroglio, je n’aurais pas aimé être à sa place. Son passé va la rattraper et elle va l’assumer quitte à perdre l’amour de sa vie. 

Yehni Djidji nous offre une romance classique très pudique. Ce n’est pas la romance de l’année mais elle reste agréable à lire. J’ai apprécié l’humour de Brigitte, l’amie de Virginie. Le couple Virginie et Samuel est intéressant mais ils ne m’ont pas vendu assez de passion, de rêve. J’ai également eu du mal avec la narration à la 3e personne qui ne me permet pas de m’insérer dans la peau des personnages. 

 

Merci à l’auteure qui m’a offert son livre lors de mon passage à Livresque

Pour l’acheter, cliquez ICI


 

Passion cannelle – Kimberley Kaye Terry

Veuf depuis sept ans, Davis Strong, trentenaire de race blanche, peine à élever seul sa fille Angelica. Enfant rebelle, elle fait les quatre cents coups, et il se sent dépassé. Il a bien une petite idée de la personne qui pourrait l’aider: Candy Cain, la directrice du centre de loisirs. Compétente et très appréciée des enfants, elle est aussi très belle et très sexy. A tel point qu’il n’est pas certain de pouvoir rester de marbre s’il était amené à la côtoyer. Car toutes les nuits, Davis rêve de Candy…

Davis fait des rêves érotiques depuis 9 mois. Avec sa défunte femme, il ne pouvait pas se laisser aller sexuellement. Leurs ébats restaient dans la norme.

Davis n’est pas le seul à avoir des rêves érotiques, Candy en a également. Le roman débute par l’un de ses rêves et annonce les couleurs : nul n’entre ici s’il n’est pudique.

Avant de convoquer Eros, voyons de plus près le portrait de Candy : trentenaire, libre d’esprit, indépendante, intelligente, belle. Elle a des piercings, tatouages, s’habille de façon excentrique, ne se prive pas de plaisir solitaire.

Elle est différente des héroïnes noires croisées dans mes lectures.

Entre Davis et Candy, il y a un feu dévorant et ils ne vont pas tarder à l’attiser et le laisser les consumer. Ces amants au corps parfait vont livrer des instants charnels très explicites, torrides avec parfois des mots crus.  

J’ai apprécié l’immersion dans le centre de loisirs, l’encadrement des jeunes filles issues de milieux défavorisés. J’aurais voulu que les actions envers ces jeunes filles soient plus développées.

J’ai perçu beaucoup d’attirance sexuelle entre les héros. L’amour est implicite, il n’est annoncé qu’aux dernières pages et fait de ce livre à mon avis un roman érotique plutôt qu’une romance. Il m’a manqué des liens forts entre nos deux personnages, une intrigue plus étoffée.

En outre, certaines de ces informations étaient incomplètes. La femme de Davis lui a demandé avant de mourir qu’une femme noire prenne soin de sa fille. Pourquoi ? Était-elle noire, métisse ?

 

thegrammys GIF by Recording Academy / GRAMMYs

 


Un amour noir de Joyce Carol Oates

La narratrice retrace le parcours de Calla Honeystone, la mère de sa mère. Enfant rebelle, son comportement étrange lui attire l’hostilité de tous, elle est considérée comme « une bête sauvage ». Après avoir perdu ses parents, elle se retrouve bien vite mariée à George Freilicht avec lequel elle aura trois enfants en trois ans.

Le couple n’est pas heureux. C’est à peine si Calla s’occupe de ses enfants. La vie de Calla est monotone jusqu’à sa rencontre avec Tyrell Thompson, un sourcier noir.

Calla découvre l’amour passionnel, se dévoue à cet amour qu’elle a choisi. Calla a en effet l’envie de faire ce qu’elle veut. Les instants charnels apparaissent comme une lutte, un rapport de force.  

Cet amour adultérin va être confronté au racisme des années 1900. Symphonie scandaleuse dont la dernière note sera brutale, tragique.

Ce petit livre d’une centaine de pages aborde la condition féminine en 1912 : les femmes n’ont pas le droit de choisir leurs voies, tout est imposé du mariage à la maternité. J’ai apprécié ma lecture mais j’aurais voulu que la relation entre Calla et Tyrell soit plus développée.

 C’est ma première rencontre avec l’auteure. L’avez-vous déjà lu ? Lequel de ses livres est votre préféré ?

 

Lequel des trois livres présentés aujourd’hui vous intrigue le plus ?

 

 

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Throwback Thursday Livresque 32 – Cycle 2 – les chaudes

Attention, les amis ! Le second cycle du Throwback Thursday Livresque fait son entrée !

NOUVEAU CYCLE : COULEURS 
Pour l’interprétation, vous êtes totalement libres à nouveau. Il peut s’agir de la couleur de la couverture, de celle dont le personnage se revêt toujours, d’une couleur qui revient sans cesse dans l’histoire (exemple le rouge de roses… ), la couleur d’un lieu d’action qui ressort… Pas de limites ! À noter que vous pouvez aussi vous baser sur la signification de la couleur pour votre choix. Facile, non ?

Cette semaine, le jaune, l’orange et le rouge sont à l’honneur. J’ai immédiatement pensé à Championne l’enjailleuse d’Alafé Wakili. 

L’image contient peut-être : une personne ou plus et personnes debout

Championne est une femme. « Ce que femme veut, Dieu veut » : dit-on pour magnifier la mère, l’épouse, la génitrice, socle de la famille, du peuple et de l’humanité. Cependant, « Ce que vaut DIEU ne vaut pas femme ». Dieu est Éternel, la femme est éphémère. Dieu est partout, la femme moderne n’aime pas aller là où il y a la précarité, le risque, la déception, l’incertitude, le manque d’assurance, de sécurité et de protection. 
Championne est l’amie des jours heureux et des jours malheureux par Calcul, Ambition et Plaisir (CAP). De nos jours, le CAP est l’arme de destruction massive de la femme jeune, adulte ou vieille. Les erreurs du passé servent d’enseignements au présent qui trace le cap pour l’avenir. 

Jaune pour l’opulence. 

Rouge pour la passion, la tentation, l’interdit, le pouvoir, la puissance, le luxe.

Orange pour l’audace, le rayonnement. 


L’auteur nous présente le portrait d’une jeune femme motivée par l’appât du gain, guidée par les plaisirs de la chair et qui en fait la source de son pouvoir. Cette jeune femme adore être désirée, elle aime le luxe et la luxure. Championne enjaille Babi, des dirigeants politiques aux guides religieux en passant par les bourgeois et journalistes : Mario, Almamy, Roméo, Christ.

Je m’attendais en ouvrant ce livre à un vrai bouleversement des cœurs et des esprits : que Championne détienne le pouvoir dans tous les sens du terme, que les têtes s’entrechoquent, tombent à cause d’elle. Mais Championne n’est pas si puissante que ça, elle n’est qu’une enjailleuse. Elle ne sait faire que ça…

C’est à votre tour de vous prêter au jeu. J’attends patiemment votre liste de livres en rapport avec ces couleurs. 

Rendez-vous la semaine prochaine pour le rose et le violet. 🙂

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