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TTL 60: La boucherie des amants de Gaetano Bolan

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Deux mois que je n’ai pas honoré ce rendez-vous car les thèmes ne m’inspiraient pas.

Cette semaine, le thème est : L’un de vos premiers livres

N’ayant pas envie d’évoquer l’un de mes premiers livres, j’ai modifié le thème qui devient Premier livre de l’auteur 

 

Gaetaño Bolán est né en 1969 à Arica, au Chili. Il voyage dans le monde entier, pose un temps ses valises en France. C’est là qu’il publie en 2005 son premier roman, « La Boucherie des amants«  qui va bénéficier d’un important bouche à oreille, et faire l’objet d’une adaptation théâtrale. Ce premier livre a été récompensé par plusieurs prix littéraires.

 

Couverture La boucherie des amants

Dans une ville du Chili oppressée par le régime de Pinochet, une boucherie de quartier est le théâtre de curieuses rencontres : des réunions obscures s’y tiennent, des passions s’y nouent… Un enfant aveugle, une institutrice et un boucher fort en gueule composent ainsi le trio majeur de cette fable teintée d’humour et de poésie. Mais derrière l’apparente naïveté s’esquisse une condamnation amère des régimes totalitaires…

 

Mon avis de lecture

Juan est boucher dans une petite ville du Chili. Il élève seul son fils, Tomaseo, surnommé Tom et aveugle de naissance. Tom fréquente une école spécialisée qui accueille les enfants qui souffrent d’un handicap. Il aime beaucoup Dolores, son institutrice et il aimerait beaucoup qu’elle devienne sa maman.

On s’imagine alors une tendre histoire d’amour, une famille qui se compose mais le destin de Juan est autre. Juan n’est pas un simple boucher, il préside un petit groupe de révolutionnaires qui s’oppose au régime totalitaire. 

Les disparitions, soudaines et brutales, étaient depuis quelque temps devenues un exercice national. Disparus les camarades du Parti. Disparus les camarades qui préféraient le rouge au noir. Disparus les camarades de deuil. Disparues les affiches. Disparues les consciences d’hommes et de femmes qui eussent préféré se trancher la gorge plutôt que céder à l’oppresseur.

 

La boucherie des amants est un petit roman de 90 pages (en version poche) qui se lit rapidement. Des personnages intéressants, une révolution étouffée… L’auteur évoque brièvement la dictature politique au Chili, j’ai été très émue par le dénouement.

 

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

 

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La Maison aux esprits d’Isabel Allende

Image associée

Entre féerie et cauchemar la saga de la famille Trueba avec son chef Esteban, riche propriétaire parti de rien, tyran familial et sénateur musclé, sa femme Clara hypersensible et qui dialogue volontiers avec les esprits et une foule de personnages, enfants légitimes ou non, employés, paysans. Portrait d’un pays passé sans transition des traditions rurales à l’horreur des tyrannies modernes. Premier roman de la nièce de l’ancien président du Chili.

 

l'Afrique écrit

Les personnages étant nombreux, il m’a fallu du temps pour les identifier. Mis à part ce fait, je suis entrée sans difficulté dans le récit. L’humour est présent dès les premières lignes. La petite Clara et son don de voyance apportent une touche magique à l’histoire.

Rosa, sa grande sœur a un fiancé : Esteban Trueba. Leur mariage n’aura malheureusement jamais lieu. Lorsque Rosa s’éteint, le jeune homme devient un féru du travail. Il devient un propriétaire terrien qui ne badine pas avec son autorité et se croit tout permis avec les femmes. Lorsque ses pas croisent ceux de Clara, on s’imagine qu’il va s’attendrir mais ce n’est pas le cas.

 

Esteban et Clara vont construire une famille que l’on va voir évoluer au fil des pages. Elle mène son petit bout de chemin jusqu’au jour où Esteban entre en politique. Capitaliste jusqu’au bout des ongles, il va lutter jusqu’à la limite du possible pour empêcher la montée du communisme.

La justice ! Est-ce que ce serait juste que tout le monde ait la même chose ? Les flemmards, la même chose que ceux qui triment ? Les abrutis, la même chose que les gens intelligents ? Ça n’existe même pas chez les bêtes ! Ça n’est pas une question de riches et de pauvres, mais de forts et de faibles. Je suis tout à fait d’accord pour que chacun se voie accorder les mêmes chances, mais ces types-là ne font aucun effort.

Cette belle saga familiale décrit les chamboulements d’une famille mais aussi de la nation chilienne. Il y a d’intenses moments d’amour, de passion dévorante, silencieuse. Il y a des pleurs, des drames, des abus, de la violence, de la souffrance. Je n’imaginais pas en débutant le livre qu’il aurait une fin si déchirante.

Les personnages tant principaux que secondaires sont attachants. Chacun a une personnalité qui lui est propre. Esteban Trueba a un humour mordant, on l’aime et on le déteste à la fois. Transito Soto m’a également fait rire avec sa coopérative de prostituées mâles et femelles. 

On passe tellement de temps avec ces personnages (le roman fait plus de 500 pages) qu’on a l’impression de quitter des personnes intimes en fin de roman.

J’ai apprécié ce voyage en Chili. L’écriture d’Isabel Allende est charmante, fluide, poétique.

Allez, une dernière citation tirée du livre pour se dire au revoir 😀

Notre Sainte Mère l’Eglise est de droite, mon fils, mais Jésus-Christ a toujours été de gauche.

 

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