Publié dans Arrêt sur une oeuvre

D’ombre et de silence signé Karine Giebel

« Partir sans lui dire au revoir.
Parce que je me sens incapable d’affronter ses larmes ou de retenir les miennes.
L’abandonner à son sort.
Parce que je n’ai plus le choix.
(…)
Je m’appelle Aleyna, j’ai dix-sept ans.
Aleyna, ça veut dire éclat de lumière.
(…)
J’ai souvent détesté ma vie.
Je n’ai rien construit, à part un cimetière pour mes rêves.
Là au moins, on ne pourra pas me les voler. »

Si les romans de Karine Giebel sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, celle-ci excelle depuis quelques années dans un genre tout aussi exigeant : la nouvelle, où elle condense en quelques pages seulement toute la force de ses romans. D’OMBRE ET DE SILENCE réunit huit textes, dont certains sont inédits et d’autres restés jusqu’à aujourd’hui très confidentiels. Voici l’occasion de (re)découvrir Karine Giebel intensément, grâce à ce recueil de nouvelles noires, humaines, engagées…

l'Afrique écrit

Karine Giebel est une auteure que j’apprécie même si j’ai délaissé ses dernières parutions. Envie d’une lecture rapide, j’ai sauté sur l’occasion que présentait son recueil de nouvelles. 

HUIT TEXTES : Aleyna, Aurore, Ce que les blessures laissent au fond des yeux, J’ai appris le silence, l’été se meurt, l’Homme en noir, l’Intérieur, le printemps de Juliette

Des femmes, des hommes meurtris dans leur chair. Aleyna s’est rebellée mais les coutumes de son pays détestent celles qui disent non. Alban est méprisé dans son lycée, moqué sans cesse, un jour, il en a eu marre. Kilia vit une vie misérable, agacé par un propriétaire, elle commet l’irréparable. 

La colère est mauvaise conseillère, le sentiment d’injustice aussi… Les personnages de ces huit histoires qu’ils soient principaux ou secondaires ont été des victimes.

Viol, moquerie, abus de confiance, accusation à tort, désillusion amoureuse, maladie ont été leurs maux. Acculés par ces ennemis, se construit en eux un autre ennemi : la vengeance. Les victimes deviennent des bourreaux, elles n’hésitent pas à détruire le sujet de leurs souffrances…

La misère, la précarité, les angoisses… Le chagrin aussi, sans doute. Tout ce qui vous aide à vieillir. Tout ce qui vous pousse doucement vers la tombe. 

 

Je ne savais pas que ça existait. Que ça pouvait m’arriver. Qu’une vie peut basculer, d’une minute à l’autre. Juste parce qu’on croise le chemin de l’horreur. Ma vie est devenue un long tunnel, une obscurité totale, un manque d’espoir. Ma vie est devenue une succession d’atrocités. Ma vie est finie. 

 

Ce recueil a été une lecture rapide, seules trois nouvelles ont créé un effet de surprise en moi grâce à leurs chutes : J’ai appris le silence, l’été se meurt, l’Homme en noir. Ce fut une lecture intéressante mais elle ne marquera pas mon esprit.

Vous l’avez lu ? Avez-vous apprécié ?

GM signature

Publié dans Panaché

Throwback Thursday Livresque #4 : Livre doudou ou Feel good

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C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque !

J’aime bien ce rendez-vous parce qu’il me permet de vous parler des livres que j’ai lus avant la création du blog.

Le thème de cette semaine est : Candy Cane (Sucre d’orge) – Livre doudou ou Feel good 

 

candycane

 

J’ai pensé aux livres qui ont été un délice pour moi, j’ai fait un voyage dans mon passé livresque et regardez ce que je vous ai ramené

 

ONZE MINUTES de PAULO COELHO !

Toute jeune Brésilienne du Nordeste, Maria n’aspire qu’à l’Aventure, au grand amour. Elle travaille comme vendeuse dans un magasin de tissus et s’offre une semaine de vacances à Rio de Janeiro. Sur la plage de Copacabana, un Suisse lui propose de devenir danseuse de cabaret à Genève. Elle voit là le début d’un conte de fées, mais la réalité sera tout autre. Maria en vient à se prostituer – sans honte, puisqu’elle apprend à son âme à ne pas se plaindre de ce que fait son corps, et qu’elle s’interdit de tomber amoureuse. Après tout, la prostitution est un métier comme un autre, avec ses règles, ses horaires et ses jours de repos. Mais le sexe – tout comme l’amour – reste pour elle une énigme. Pour découvrir le sens sacré de la sexualité, Maria devra trouver le chemin de la réconciliation avec elle-même. Paulo Coelho décrit pas à pas l’initiation d’une jeune femme, un parcours qui montre les limites de la prétendue libération sexuelle et s’achève par un retour romantique aux valeurs de cœur et de l’esprit.

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Ma 1ère rencontre avec Paulo Coelho a eu lieu en 2013 via ce livre et ça a été une belle rencontre. 
La vie de Maria, l’héroïne, nous est contée. On découvre une jeune adolescente qui s’interroge sur le sexe, le plaisir ; elle se sert de tous les moyens en sa possession pour le découvrir.

Bien que mon objectif soit de comprendre l’amour, et bien que j’aie souffert par ceux auxquels j’avais livré mon cœur, je constate que ceux qui ont touché mon âme n’ont pas réussi à éveiller mon corps, et que ceux qui ont touché mon corps n’ont pas réussi à atteindre mon âme.

Dans sa quête de l’amour, dans toute son innocence, elle emprunte un  chemin qu’elle n’a pas souhaité, un chemin qu’elle accepte et dont elle veut en tirer le meilleur.

Décision étrange mais on n’ose pas la juger. J’ai été touchée par son parcours, j’ai beaucoup aimé son duo avec Ralf, cet homme désintéressé par le sexe. Leur initiation à l’amour est pure, trop attendrissante ! 

« Tu sais, Maria. Apprends-moi. Peut-être que cela me sauvera, te sauvera, nous fera retrouver la vie. Tu as raison, je n’ai que six ans de plus que toi, et cependant j’ai déjà vécu l’équivalent de plusieurs vies. Nous avons eu des expériences complètement différentes, mais nous sommes tous les deux désespérés. La seule chose qui puisse nous apporter la paix, c’est être ensemble. »

Ralf voulut savoir qui était Maria. « Il y a trois personnes en moi, cela dépend de qui vient me voir. La Petite Fille ingénue, qui regarde l’homme avec admiration et feint d’être impressionnée par ses histoires de pouvoir et de gloire. La Femme fatale, qui attaque d’emblée ceux qui se sentent le moins sûrs d’eux et, agissant ainsi, prend le contrôle de la situation et les met à l’aise puisqu’ils n’ont plus besoin de s’inquiéter de rien. Et enfin, la Mère affectueuse, qui dorlote les hommes avides de conseils et écoute d’un air compréhensif des histoires qui entrent par une oreille et ressortent par l’autre. Laquelle des trois veux-tu connaître ? — Toi. » Maria raconta tout, elle en avait besoin. C’était la première fois qu’elle le faisait depuis qu’elle avait quitté le Brésil. A la fin de son récit, elle se rendit compte que, en dépit de son métier peu conventionnel, elle n’avait pas éprouvé de grandes émotions après la semaine passée à Rio et son premier mois en Suisse. C’était seulement maison, travail, maison, travail.

Le récit est « érotico-philosophique », il tente de répondre au pourquoi et comment de la sexualité. Certaines scènes peuvent déranger la pudeur mais il ne faut pas s’y arrêter. Dans ce roman, Paulo Coelho décrit avec délicatesse la désacralisation du sexe dans notre société et notre impatience, notre incapacité à attendre, il  peint la tristesse et la beauté de la sexualité, nos égarements et nos retrouvailles. 

Elle se rendit dans une librairie qu’elle avait remarquée lors de sa promenade avec Ralf sur le chemin de Saint-Jacques, et elle demanda à consulter des titres sur ce thème. « Il y en a énormément, répondit la libraire. En vérité, on dirait que les gens ne s’intéressent qu’à ça. En plus du rayon spécialisé, dans tous les romans que vous voyez là il existe au moins une scène de sexe. Même si c’est dissimulé derrière de touchantes histoires d’amour ou des traités arides sur le comportement humain, le fait est que les gens ne pensent qu’à ça. »

A force de fréquenter les gens qui viennent ici, j’en arrive à la conclusion que l’on se sert du sexe comme de n’importe quelle autre drogue : pour fuir la réalité, oublier ses difficultés, se détendre. Comme toutes les drogues, c’est une pratique nocive et destructrice. Si quelqu’un veut se droguer, que ce soit au sexe ou à toute autre substance, libre à lui ; les conséquences de ses actes seront plus ou moins heureuses selon les choix qu’il aura faits. Mais, quand il est question d’avancer dans la vie, il y a un fossé entre ce qui est « assez bon » et ce qui est franchement « meilleur ». Contrairement à ce que pensent mes clients, le sexe ne se pratique pas n’importe quand. Il existe en chacun de nous une horloge intérieure et, pour que deux personnes fassent l’amour, il est nécessaire que leurs aiguilles marquent la même heure au même moment. Ça n’arrive pas tous les jours.

Onze Minutes est un livre écrit avec de jolis mots plein d’émotions que vous prendrez plaisir à lire. 

Quelle lecture proposeriez-vous en rapport avec ce thème ?

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Publié dans Panaché

Throwback Thursday Livresque #2 : Thanksgiving/Pardon/ Seconde chance

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Hyper contente de vous retrouver pour ma 2e participation au TTL entendez par là Throwback Thursday Livresque, un rendez-vous livresque initié par BettieRose books.

Le but est de parler d’une « ancienne » lecture (pas la toute dernière ou l’actuelle) autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.

Le thème de cette semaine est :  Thanksgiving/Pardon/ Seconde chance

 

thanksgiving

 

J’ai fait un voyage dans mon passé livresque et regardez ce que je vous ai ramené

 

Le pari de l’amour

Le pari de l'amour

 

Cent vingt millions de francs CFA ! Qui ne rêve pas d’avoir une pareille somme ? Caroline, jeune fille d’une famille modeste, menant une vie toute tracée avec son fiancé Jean-Philippe, a la main heureuse, au hasard d’un pari au PMU. Sa vie résistera-t-elle à un tel coup de chance ? Caroline, saura-t-elle rester lucide face à toutes les tentations qui l’assaillent depuis qu’elle est devenue multimillionnaire ?

J’ai d’abord voulu vous présenter un autre livre que j’ai beaucoup aimé mais après réflexion j’ai trouvé qu’il serait préférable de le laisser aux TTL des lectures bouleversantes. 🙂

Revenons à notre livre du jour. Le Pari de l’amour est une romance à l’africaine. Caroline, éblouie par son statut de multimillionnaire, se lasse de la routine dans son couple. Il lui manque l’intensité, la passion. Elle se laisse séduire par un autre et goûte à l’amour passionnel dans ses bras. Elle se donne corps et âme puis finit par se brûler les ailes. Cet amour passionnel n’était qu’une illusion…

Différents sentiments nous habitent à la lecture de ce roman. On rêve de ce qu’on ferait si on était multimillionnaire. On envie Caroline lorsqu’elle remporte le gros lot, on la déteste lorsqu’elle abandonne Jean-Philippe, on compatit lorsque le chagrin d’amour ne lui laisse aucun répit.

On est plein d’admiration pour Jean-Philippe ! Cet homme sait aimer et quand je parle d’amour, je ne fais pas référence à l’eros mais à l’amour parfait. Cet amour plein de bonté qui pardonne tout, qui espère tout, qui supporte tout ; cet amour qui ne meurt jamais.

Combien d’hommes accorderaient une seconde chance à une femme qui les a trompés, abandonnés ?  Jean-Philippe l’a fait. 

Ce roman est une belle leçon d’amour, de pardon et de seconde chance. Il a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation cinématographique à l’ivoirienne. 😀

 

 

Quel livre recommanderiez-vous sur le pardon, la seconde chance ?  

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Publié dans Ma poésie

Chronique de Chimères de verre par Afro Plumes

Afro Plumes a lu Chimères de verre et elle vous en dit ce qu’elle en pense.
Si vous aimez l’inconnu qui vous semble connu, n’hésitez pas à plonger dans l’univers de Chimères de verre 😉

Afro plumes

« Une plume, un livre, un résumé »

Chimères de verre

J’ai le plaisir d’inaugurer cette rubrique avec « Chimères de verre« , un recueil de poèmes écrit par Grâce Minlibé, auteur et poétesse ivoirienne.

C’est sur Facebook que j’ai découvert l’auteur et ai eu envie de lire son oeuvre. Assez facilement, j’ai pu passer la commande de son recueil sur le site de la Fnac, mais il m’a quand même fallu faire preuve d’une grande patience avant de le recevoir. Ce qui représente à peu près un mois voire un mois et demi.

J’ai été super excitée en recevant le mail m’informant de son arrivée et sa mise à disposition. Et j’ai donc pris le temps de ma pause déjeuner pour aller le retirer.

Après une longue queue de 15 min d’attente (c’est vrai que ce n’est rien quand on a attendu pratiquement deux mois et pourtant), c’est avec cette…

Voir l’article original 545 mots de plus

Publié dans Ma poésie

Je n’attendais pas le prince charmant

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La mauvaise surprise

Je n’ai jamais voulu être séduite par le plus beau
Je ne recherchais pas un homme sans défaut
Je n’attendais pas un héros, un autre Zorro
Juste celui qui ne me multiplierait pas par zéro

Je ne voulais pas qu’on me vende du rêve
Mon cœur blessé voulait faire une trêve
J’attendais juste celui qui m’appellerait Ève
Et qui me dirait: tu es l’être qui m’élève

Je n’attendais pas le prince charmant
Juste un homme simple, doux et aimant
Un homme qui me ferait grandir
Et non dépérir à force de souffrir

Mais tu as débarqué dans ma vie
M’as gavée de tes paroles fleuries
Noyée par tes habiles fumisteries
Réussi à remodeler toutes mes envies

A ton contact, j’ai pris goût à l’insipidité
J’ai vécu notre amour au-delà de la réalité
Je me suis usée à vouloir te transformer
Je me suis dégradée à force de t’aimer

© Grâce Minlibé- 09/01/2015_18h17

 

Que le temps passe vite ! Plus d’un an et demi que j’ai écrit ce poème. Un vers vous a touché  en particulier ou il n’a pas sa place dans le poème ? Dites-moi tout en commentaire. 

Si vous préférez écouter des poèmes plutôt que les lire, cliquez ici

Si vous voulez les lire coûte que coûte, cliquez  ici

Publié dans Ma poésie

Ne conjugue point l’amour au passé

Nous avons toutes été blessées en amour. Blessures mineures ou majeures, elles nous ont fait souffrir mais pas mourir. La vie continue et elle veut nous surprendre encore et encore. 

Ce texte, je le dédie à toutes ces femmes qui ne croient plus en l’amour parce qu’elles ont été déçues un jour. 

Montage créé avec bloggif

Ce que cache un non…

Femme ! Ne dis pas non à l’amour
Parce qu’il t’a déçue un jour
Ne renonce pas aux beaux jours
Parce que la nuit a succédé au jour

Ne conjugue point l’amour au passé
Parce qu’un homme t’a sciemment blessée
Ne fais pas de ton cœur un triste séjour
Parce qu’on ne t’a pas aimée pour toujours

Ne considère pas Adam comme un étranger
Parce que Judas t’a aimée sans intensité
Tu sais, il y a des êtres qui aiment sans arrière-pensée,
Nous prouvent que l’amour n’est pas vanité et absurdité

Je t’en prie, n’ensevelis pas ton cœur si pur
Je t’en conjure, n’en fais pas une sépulture
L’amour n’est pas fait que pour autrui
En l’affirmant, c’est ton bonheur que tu détruis

Ne te renferme pas à cause d’un amour gauche
Tu sais, tout chef-d’œuvre découle d’une ébauche…

© Grâce Minlibé 03/04/15 _ 02h27

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Mes larmes coulent en silence, l’amour interdit

Ce roman est le récit de la vie de l’abbé Briano et de sœur Dorisca, deux serviteurs entièrement dévoués, qui, ayant décidé de consacrer leur vie uniquement à l’œuvre de Dieu, font la fierté de leurs communautés respectives. Mais parviendront-ils à se soumettre à leur vocation faite de privations et d’interdits ? C’est une œuvre empreinte d’une « violence » inouïe où se mêlent amour et souffrance, amertume et mépris, irresponsabilité et lâcheté ; un véritable miroir de l’âme languissante dans la boue mortelle du péché.

 

 

« Si ma fille ! Tu es courageuse, je le sais. Mais c’est beaucoup plus sérieux que ce que tu as appris chez nous. C’est une vie de renoncement à tout. Ce n’est pas si facile qu’on peut l’imaginer, à cause des nombreuses exigences de notre chair… »

C’était donc cela. Il fallait renoncer à tout, à l’amour, aux désirs de la chair. Il fallait tenir ferme et ne pas céder un seul instant. Mais, était-il possible de résister aussi longtemps à ce sentiment insensé, lorsqu’il vous prend ? 

 

 

Mes larmes sont celles de la reconnaissance du mal, de mon infidélité, de ma rébellion contre le seul être qui m’a véritablement aimée, le seul ami bienveillant, celui qui ne méritait pas d’être trahi honteusement.

 

 

 

Elle pleura l’horrible trahison amoureuse, la première et la pire. C’était le résultat de la désillusion d’une jeunesse naïve sous l’empire d’un mal fou d’amour. 

 

L’amour est une magie irrésistible qui ignore le reste ; un courant enivrant qui emporte tout sur son passage, sans se soucier des affres qu’il peut laisser dans les cœurs fragiles. L’amour est fait d’infimes détails qui contrastent avec ce que l’on peut imaginer et en attendre. Il peut vous réussir comme il peut vous conduire à la ruine morale et physique, bref à la mort. 

Douce Dorisca, innocente Dorisca… Tout avait si bien commencé. Elle avait pendant des années su résister aux appels nombreux des prétendants. Elle était arrivée à garder les yeux fixés sur son maître, son Père, son Seigneur et à être fidèle au vœu de chasteté qu’elle avait prononcé en tant que sœur au couvent Sainte-Monique. Elle était sur le bon chemin jusqu’à ce que Briano, ce jeune prêtre fasse irruption dans sa vie. Ce prêtre éveille des sentiments d’amour en elle, les attise. Il fait fi de sa condition de prêtre, de modèle de l’église. Il veut aimer Dorisca, l’entraîne dans des chemins tortueux. 

Si seulement il l’aimait d’un amour sincère ! Si seulement ce qu’il ressentait pour Dorisca n’était pas que du désir ! Si seulement, il avait respecté la dignité de Dorisca ! Si seulement il n’avait pas considéré que sa réputation d’homme de Dieu, avait assumé les conséquences de ses actes  et sa paternité ! 

Si seulement il l’avait soutenue lorsque le couvent, sa famille l’ont rejetée ! Si seulement il l’avait défendue aux moments où le village la calomniait !

Briano est un lâche et je lui en ai voulu. Je déteste ces hommes qui n’assument pas le fruit de leur désir, laissent des femmes souffrir en silence sans les épauler !

J’ai été émue par la situation de Dorisca, sa bravoure, sa souffrance. J’ai admiré sa force, sa capacité  de pardonner, son attachement à DIEU. 

Ce récit aborde les phénomènes de société, les apparences trompeuses des hommes de Dieu.

Vous êtes pour ceux qui ne vous connaissent pas réellement le bon et excellent prêtre qui trouve son plaisir à prêcher la parole de Dieu. Seulement, je viens de découvrir l’homme. J’en conviens que l’habit ne fait pas le moine. 

Il met en lumière le quotidien des femmes à qui l’on a imposé l’exclusion, la solitude. Des femmes devenues des recluses par la faute de l’homme. 

La véritable misère d’un homme est sans nul doute de mépriser et d’humilier la femme ; sa pire malédiction est de détruire la vie de celle-ci, quelle qu’en soit la forme choisie. 

Il nous incite en tant qu’humain à toujours agir avec droiture,  reconnaître nos torts et en assumer les conséquences.

Il nous incite au pardon et nous rappelle que le pardon de Dieu est toujours offert à celui qui se repend.

C’est une belle leçon de vie. 

D’autres mots sur l’oeuvre

Nombre de pages : 186

Date de publication : 18 septembre 2014

Publié par Edilivre (réédition)

Pour en savoir un peu plus, cliquez ici 

Des mots sur l’auteur 

Cadre de Ressources humaines, Ludovic Julien Kodia est le directeur du Centre médico-social évangélique de Mayangui. Il a déjà publié Destin cruel en 2011 et De l’amour à la haine en 2014 aux Éditions Edilivre (France).

 

 

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Publié dans Anémone

L’ombre du bonheur

ombre du bonheur

Anémone – Chapitre II 

Je pense encore à l’oracle de Mackenzie lorsque je rentre à la maison. Un enfant en appelle toujours un autre. Elle ne l’a pas dit par hasard, c’est sûrement le bon moment pour concevoir mais mon homme travaille ce soir et demain soir également. Il est réceptionniste depuis deux ans au Sofitel Ivoire, un emploi permanent qu’il chérit ; mon homme est très attaché à la stabilité financière. Je vais devoir prendre mon mal en patience jusqu’au samedi prochain. Je passe ma soirée dans la méditation. Baignée dans l’océan de la louange, j’oublie un tant soit peu l’étang asséché de ma vie de mère.

****

Je suis debout avant l’aurore. Je remplis mes tâches de ménagère avant de me rendre au marché d’Adjamé. Lary dort encore quand je rentre. Je range mes courses puis vais prendre une douche pour me délasser. Quand je serai enceinte, je prendrai une aide-ménagère. Je ne ferai rien d’autre à part m’occuper de mon bébé.
Lary n’a toujours pas ouvert les yeux quand je ressors de la douche. Le pauvre a passé une dure soirée. Je me glisse sous la couverture, pose ma tête sur son torse. Notre bébé prendra ses yeux, son nez (le sien est moins épaté que le mien).

Des bisous dans mon cou me font ouvrir les yeux. Je me suis assoupie. Je me mets face à lui, le contemple. J’aime cet homme, j’aime tout de lui et j’aimerais par-dessus tout lui donner des enfants. Je n’en veux pas beaucoup, juste deux : des jumeaux ; des garçons que je prendrai plaisir à habiller pareil.
Le baiser fiévreux de Lary me sort de mes pensées. Il veut passer à l’action mais ce n’est pas encore le moment, il doit d’abord manger. J’arrive à le freiner dans son élan, lui rapporte un plateau chargé de pains tartinés de beurre et confiture de pommes, des quartiers de pommes vertes (elles améliorent les performances des spermatozoïdes), un grand verre de jus de gnamankoudji (le gingembre renferme une molécule qui rend les spermatozoïdes plus actifs).
Il mange et boit avec appétit, se jette sur moi dès que je reviens de la cuisine. Son regard exprime tout ce qu’il veut faire de moi dans les prochaines minutes. Je me donne à lui avec ferveur, exulte quand nous atteignons le point de non-retour.
– Tu es tellement belle, Any. me dit-il en me caressant du regard

Je souris mais je n’adhère pas à ce qu’il dit. « La belle femme est celle qui a un enfant au dos »*

Il enfouit son visage dans le creux de mon cou. Nous restons ainsi pendant quelques minutes puis il se lève brusquement en me prenant dans ses bras.

– Non mais qu’est ce qui te prend ? crié-je
– Quelque chose ne va pas ?
– Tu oses me poser la question ?

J’écume de rage.

– Je devais rester allonger tranquillement sur le lit environ un quart d’heure pour ne pas perturber la progression des spermatozoïdes vers le col de l’utérus. Ce n’est pas la 1ère fois que je te le dis, Lary !
– Et c’est reparti !
– Attends, tu trouves normal qu’on n’ait pas encore d’enfants après 3 ans de mariage ?! Ou alors tu ne veux pas d’enfants avec moi ?
– Any, tu sais très bien que j’ai envie. Je veux avoir le reflet de notre amour.
– Alors mets-y du tien.

Il se met à bouder alors je me rapproche pour qu’on se fasse un baiser esquimau.

– Désolée mon amour, je n’aurai pas dû utiliser ce ton.
– Tu oublies souvent que je suis ton époux et que tu me dois du respect.
– Pardonne-moi, bébé mais j’ai tellement envie qu’on ait enfin une famille. Je veux pouvoir présenter un petit-fils à ta mère, qu’elle arrête de dire à chaque fois qu’elle n’a qu’un petit-fils.
– Tu es trop susceptible, Janyce.
– Soit ! Lary, continué-je en me mettant à califourchon sur lui, il faut qu’on s’organise autrement pour favoriser une fécondation.
– Et quelle est cette organisation ?
– Laisse-toi faire et fais-moi confiance.

Je l’embrasse, le caresse ; il n’arrive pas à bouder longtemps le père de mes futurs enfants.

 

****

Les enfants ont particulièrement été turbulents aujourd’hui. J’ai dû puiser dans toutes mes réserves d’amour, de patience et de compréhension pour ne pas m’énerver. La longue file d’attente pour le transport en commun fait sauter les barrières de ma rétention. Je pousse des jurons à n’en point finir.
Je prends une longue douche tiède quand je rentre. Je dresse la table lorsque Lary rentre. Son long baiser m’apaise.

– T’ai-je déjà dit que tu as changé ma vie ?

Je hoche la tête et il répare son « oubli » en m’embrassant

– T’ai-je déjà dit que je n’échangerai ma vie avec toi pour rien au monde ?

Je hoche à nouveau la tête et j’ai droit à un deuxième baiser qui se transforme en une très longue caresse. A reculons, nous retrouvons notre chambre, le dîner attendra.

– T’ai-je déjà dit que je n’ai jamais autant désiré une femme ?

J’acquiesce cette fois-ci. Je vais chercher des verres de vin blanc (le vin blanc rend les spermatozoïdes plus vigoureux), nous les vidons lentement sans nous perdre du regard. Je tamise la lumière, lance une musique douce sur notre chaîne Hi-Fi. J’ai besoin de douceur ce soir. Je m’installe sur le lit, il me soulève, prend ma place ; il veut que je guide le navire ce soir.

– On ne peut pas mon chéri, tu sais à cause de la loi de la gravité.

Il m’attire à lui. Il pense que ses doux baisers me feront changer d’avis mais il se trompe. Je sais ce que je veux : un bébé.

– Tu penses que toutes les femmes étaient «en mission» quand elles ont été fécondées ? rit-il Peu importe, Any pourvu que le bébé soit fait avec amour.
– Oui mais il faut mettre toutes les chances de notre côté. On aura tout le loisir de faire ce que tu aimes quand je serai enceinte.

Le baiser que je cherche à lui donner reste dans le vide. Il quitte le lit, éteint la veilleuse.

– Qu’est-ce qui se passe, mon chéri ?
– Je n’ai plus envie et il faut que je sois entièrement disposé pour te livrer les meilleurs spermatozoïdes.
– Lary, tu ne vas quand même pas te fâcher pour si peu !
– Je déteste agir par obligation, je refuse de faire vibrer ma femme comme si j’étais en train de faire un examen de chimie. Je ne te toucherai plus tant que tu persistes à réguler nos moments d’intimité.
– Lary, je pensais qu’on était tombé d’accord, que tu m’avais comprise.
– Janyce, cette histoire de grossesse t’infantilise, tu ne te rends absolument pas compte mais ça devient fatiguant.

Je me mets à pleurer.

– Je veux juste qu’on ait un bébé. dis-je en hoquetant Je veux faciliter la tâche de mère nature. J’aimerais tellement voir un bout de toi courir dans cette maison mais bon. Je n’en parlerai plus. Je vais contrôler mon obsession.
– Je n’ai pas dit ça…
– Lary, j’aime les enfants et je veux les miens. Je ne peux pas en parler sans passion, sans cette dévotion. Désolée de t’obliger à faire quoi que ce soit. Répliqué-je

Il veut ajouter un autre mot, je le fais taire d’un chaste baiser. Je lui dis que je l’aime, veux qu’il soit heureux et en paix par-dessus tout. 

Je me fais violence les jours suivants pour ne pas aborder le sujet qui me passionne tant, je m’applique à toujours soupirer de tristesse à la fin d’une conversation avec Lary ou lorsqu’il est simplement dans les parages.
Je fais semblant d’être souvent ailleurs quand il me parle. Des larmes, j’en use quelquefois dans le lit pour dire implicitement à mon mari que son refus d’appliquer mes règles me fait souffrir. Mon mari a beau faire l’homme, en lui sommeille une femme sensible à la peine de l’autre. Je sais que je retrouverai la commande des opérations.

Après dix jours d’interprétation théâtrale, je réussis à ramener mon homme à « ma raison ».
Lary porte des pantalons larges de préférence en coton et évite de prendre des douches chaudes. Nous avons nos séances câlins tous les deux jours (la qualité du sperme est améliorée par 48 heures sans rapport sexuel, ni éjaculation) et en respectant la loi de la gravité.
Je mange à heure fixe et équilibré, je consomme le sucre en quantité suffisante, bois à longueur de journée les tisanes. J’applique à la lettre tout ce que je lis sur les forums féminins où se retrouvent les trois mots clés suivants : fécondation – bébé – grossesse.
Mon état d’esprit évolue. Je reste positive au maximum, considère que j’ai déjà ce que je désire. Chacun de mes rêves est peuplé d’enfants. J’éprouve au présent la joie que j’aurai quand je tiendrai mon bébé dans les bras.

J’attends avec patience l’arrivée de mon miracle et la patience s’avère être un chemin d’or. Mon appétit gargantuesque montant crescendo, l’hypersensibilité de mes sens, l’envie fréquente d’uriner, l’assoupissement après les repas ont été les signes précurseurs de ma nouvelle vie. Les efforts de Lary ont payé, un être se meut en moi.

 

****

Comment se sent-on quand ce qu’on a attendu pendant des années est enfin là ? Comment se sent-on quand on porte en soi une graine d’homme ?
Je plane entre émerveillement et allégresse. Chaque jour a plus de saveur que son précédent. Janyce Odoukou Ouattara va être maman. Je bénis le Ciel chaque jour pour cette faveur qu’il me fait.
Lary est aussi content, content d’être papa, encore plus content parce que les privations n’existent plus. Nous attendons de passer le cap des quatre mois avant de propager la bonne nouvelle à nos proches.

****

Mon bébé a 14 semaines de vie utérine et je prépare ma vie de future maman au mieux. J’ai déjà ma liste de prénoms masculins et féminins, Lary n’a aucune idée de prénoms pour le moment. J’attends le 6ème mois pour commencer l’équipement de sa chambre. J’ai extrêmement mal au dos depuis deux semaines mais mon gynécologue m’a affirmé qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter.

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Plus d’une heure que le mal de dos et des douleurs abdominales m’empêchent de bouger. J’en ai connu des douleurs mais elles n’ont jamais été si paralysantes. Je crie pour alerter ma voisine mais elle ne m’entend pas. J’aurais dû entrer dans la salle d’eau avec mon téléphone, j’aurais pu l’appeler.
Je parle à mon bébé, lui dis de ne pas s’alarmer. Maman ira bien. Je pousse un soupir de soulagement lorsque Lary ouvre la porte. Il va immédiatement chercher un taxi après m’avoir écouté décrire mon mal.
Je le sens très inquiet pendant le trajet. Je n’ai pas le temps d’être inquiète, la douleur emplit mon esprit. Je me demande quelle sera l’intensité de la douleur pendant mon accouchement.
Docteur Assezo diagnostique des douleurs pelviennes à type de contractions utérines. Ma sentence tombe une heure plus tard : j’ai fait une fausse couche .

 

*Proverbe bambara

 

 © Grâce Minlibé

 

Pour lire le chapitre I, cliquez ici.

Désolée pour la très longue attente. 🙂

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Les mécomptes de Kévin

Les mécomptes de Kévin

Après la mort de son père, Kévin se jure d’atteindre ses objectifs : réussir brillamment ses études, sortir sa mère de la misère et assurer à ses proches un bel avenir.

Mais une rencontre amoureuse trouble ses plans et remet en question tous ses projets. Manipulé et acculé, il doit prendre une décision douloureuse pour se sortir de son dilemme : comment choisir entre l’amour de sa vie et l’honneur familial ? 

 

 

 

 

J’aime ces histoires légères en apparence mais si profondes à l’intérieur !

J’aime ces histoires qui surprennent, remuent le centre de nos émotions.

J’aime ces histoires qui nous donnent envie d’être le maître de l’univers capable de changer les circonstances, réécrire l’histoire, changer le destin. 

Les mécomptes de Kévin a été une belle découverte pour moi, un joli moment de lecture.

J’ai partagé les peines de Kévin, ce jeune homme brillant, candidat au baccalauréat qui tenait à réussir et rendre sa mère fière et qui hélas n’a pu atteindre ses objectifs.

J’ai eu envie d’étrangler Ella, cette jeune fille si égoïste, si … 

 

Le style de l’auteur accessible et le vocabulaire limpide rendent la lecture agréable. On est plongé dans l’histoire, on veut aller jusqu’au bout.  

Je n’ai relevé qu’un seul bémol à l’histoire, le fait qu’elle soit axée à 80% sur l’année scolaire de Kévin, ses cours, ses révisions. J’ai trouvé cette partie assez linéaire. 

De ce roman, je retiens une chose : l’amour peut nous élever, il peut aussi nous écraser…

 

 

Biographie de l’auteur

Fonctionnaire dans une structure internationale en Tunisie, Daniel Tchimou Koto est l’auteur d’un premier roman, Une destinée tragique, paru aux Editions du Panthéon. 

 

Quelques détails sur l’oeuvre 

Nombre de pages : 116

Date de publication : Décembre 2014

Maison d’édition : Les Editions du Panthéon 

Prix : 12,80 euros

 

Et vous, quels sacrifices avez-vous fait par amour ? 

Publié dans Ma poésie

Les mots bien choisis guérissent les maux

Par ses sonorités, ses rythmes, ses images, la poésie exprime l’état le plus achevé de la “maison de l’être” Jacques de Coulon.

L’homme se construit et se reconstruit aussi par la poésie. Les mots bien choisis guérissent les maux.

C’est exactement ce que j’ai ressenti à l’écriture des poèmes de Chimères de verre.

La poésie peut nous transformer en profondeur et devenir un véritable outil de développement personnel. En quatre séances…. poétiques, Jacques de Coulon (professeur de philosophie ) nous en apporte la preuve.

Pour vous recentrer

Si la psychanalyse et la poésie ont un point commun, c’est de proposer un voyage dont nul ne peut connaître les étapes à l’avance. Quelles émotions en jailliront ? Quelles associations d’images ? Pour l’entreprendre, vous pouvez vous replonger dans un poème de votre enfance (Jacques Prévert, Paul Éluard, Jules Supervielle…). En le relisant à haute voix, en laissant ses images prendre forme et sa musicalité vous envahir, sensations et souvenirs vont remonter à la surface. À la manière d’un détective ou d’un analyste, vous pouvez alors les noter, les compléter, les interroger…

L’exercice : « Château de cartes, château de Bohême, château en Espagne, telles sont les premières stations à parcourir pour tout poète », écrit Gérard de Nerval (In Petits Châteaux de Bohême – Gallimard, “Poésie”, 2005). La métaphore du château – ses dédales, ses pièces fastueuses, comme ses pièces obscures et secrètes – est souvent utilisée pour décrire le cheminement, à tâtons, de celui qui décide de remonter à la source. Pour prendre conscience de cer taines de nos prisons intérieures édifi ées dans le passé, et vous en évader, imaginez-vous dans la peau d’un pèlerin arrivant au pied d’un château, au sommet d’une montagne. Sur la plus haute tour, à la fenêtre, une femme (ou un homme) vous demande de la (le) délivrer. Visualisez précisément cette manifestation de votre être profond : ses traits, son expression, ses vêtements… Et l’ayant libérée, rédigez un dialogue entre elle et vous.

Pour sortir des sentiers battus

Parce qu’elle propose d’autres voies que celle de la rationalité et procède par ellipses, métaphores, associations, la poésie a le pouvoir de faire de l’espace en soi pour que puisse se déployer une façon d’être au monde plus singulière. Mais pour s’ouvrir à une dimension nouvelle et se mettre en marche, agir sur le mental ne suffit pas. « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai » (in Les Contemplations de Victor Hugo – Flammarion, “GF”, 2008), « Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées » (Ma bohème, in Les Illuminations d’Arthur Rimbaud – Librio, “Poésie”, 2004). Hugo, Rimbaud… Par essence, le poète est en mouvement. Pour lui – et à l’instar des philosophes antiques qui enseignaient en marchant –, la mobilité de l’esprit est indissociable de celle du corps.

 

L’exercice : choisissez un poème qui, pour vous, représente la liberté, l’invitation au changement ou au voyage, et récitez le à haute voix en marchant. À chaque syllabe correspond un pas. Pendant l’exercice, il s’agit de relâcher les épaules, d’inspirer et d’expirer de manière confortable, et de répéter le texte plusieurs fois jusqu’à se sentir bercé, presque hypnotisé par les mots.

 

Pour traverser les difficultés

La poésie parvient à dire les états d’âme les plus noirs, que l’on peine à formuler, et cette mise en mots de l’angoisse apaise les émotions. Lire des vers comme s’il s’agissait de méditation peut être salvateur : vers de Baudelaire – « Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille » (Recueillement, in Les Fleurs du mal – LGF, “Le Livre de poche”, 2008) – ou d’Apollinaire – « Faut-il qu’il m’en souvienne/La joie venait toujours après la peine » (Le Pont Mirabeau, in Alcools – Belin-Gallimard, 2009)… Parce qu’elle connecte au monde des symboles et rend cocréateur d’images et de sons, la poésie pousse à redevenir pleinement acteur de sa vie.

 

L’exercice : dans sa présentation de L’Art du haïku (Belfond, 2009), la journaliste Pascale Senk rappelle la recommandation du Japonais Sôseki : « Transformer sa colère ou ses larmes en dix-sept syllabes. » Si vous n’en écrivez pas vous-même, vous pouvez toujours réciter un haïku, tel un mantra, l’un du poète Hosai par exemple – « Ce coeur/qui réclame ceci ou cela/dans la mer je relâche » (In Dans la boîte à clous tous les clous sont tordus d’Ozaki Hosai – Moundarren, 1997). Magie incantatoire des mots qui, répétés en conscience, modèlent nos pensées comme de la glaise.

 

Pour enrichir votre quotidien

Dans l’une des lettres qu’il adressait au jeune Franz Xaver Kappus, Rainer Maria Rilke écrivait : « Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses. » (In Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke – LGF, “Le Livre de poche”, 2007). Le monde parle à celui qui fait halte pour l’écouter, tous sens déployés. On peut lire René Char pour se sentir moins à l’étroit dans le monde de la logique comptable, Emily Brontë pour vibrer à l’unisson des grands romantiques. Il est aussi possible de s’offrir des occasions de vivre en poète au quotidien : faire l’expérience de la solitude, rêver, traîner au lieu d’agir et de produire…

 

L’exercice : vous pouvez créer votre poème en suivant les cinq conseils de Rilke – rentrer en soi, observer son environnement comme si on le découvrait, faire silence, laisser émerger les images et les suivre, et se laisser porter par son propre rythme pour s’exprimer. La poésie s’adresse au coeur de l’être, à sa singularité, elle peut le révéler et le libérer. C’est en cela qu’elle est revitalisante et… subversive !

 

Mettez de la poésie dans vos vies. Et si vous commenciez par lire Chimères de verre ?

 

Chimères de verre, Grâce Minlibé

 

Article original pris sur Psychologies.com