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TTL 88 : Army of Me and You de Billy London

 Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: A comme…

Anglais

Amour

Army of me and you

Madeline Mpoyi made a choice to focus on the sweeter things in life; chocolates, strawberry laces and sherbet. After all, those things happened to be a million miles away from her childhood and her desperate escape from war-torn Rwanda. To thank the soldier who did all he could to help her and her father flee the horrors of her former homeland, Madeline sends boxes upon boxes of treats to give that same soldier a small glimpse of sweetness wherever he may be. To give him a thank you that can never truly be enough…

Captain Nathaniel ‘Cain’ Goldsmith never served in Rwanda. His father, Major Nathaniel Goldsmith did and never speaks of what happened there. In the midst of his own tour in Afghanistan, Cain begins to receive mysterious packages filled with his favourite things. He hadn’t realized how much he had come to depend on the mysterious Madeline’s sweet letters and even sweeter care packages. On his return to the UK, Cain has Madeline in his sights, deeply intrigued to discover the woman behind the confectionery…

Je triche un peu parce que Army of me and you fait partie de mes 5 dernières lectures mais il sonne comme une évidence. Il est en écrit en anglais, il y est question d’amour et le titre commence par A.

La 4e de couverture a vraiment attisé ma curiosité. J’avais envie de découvrir Madeline. Cette jeune femme d’origine rwandaise, qui pour remercier le soldat qui les a aidés, son père et elle, à fuir les horreurs du génocide, lui envoie des boîtes de friandises en Afghanistan.

Avant de débuter la lecture, j’ai imaginé Cain en Afghanistan rerecevoir les lettres et friandises et se demander qui est cette femme, à quoi ressemble-t-elle. J’ai imaginé son impatience à rentrer au Royaume Uni afin de découvrir sa bienfaitrice en chair et en os. J’ai imaginé leur première rencontre puis les prochaines, les sentiments d’amour s’installant lentement mais avec une profonde intensité. J’ai habillé cette romance de rose bonbon et rouge passion en pensée.

L’auteure a pris une autre voie. Le premier chapitre débute avec la rencontre de Cain et Madeline à Londres. Le courant passe très vite entre eux, l’attirance sexuelle entre vite en jeu.

Si j’ai trouvé le début haletant, le décor de l’histoire se mettant rapidement en place, j’ai trouvé par la suite que la romance est allée trop vite. La passion entre nos héros se ressent mais j’ai plus ressenti une passion sexuelle qu’une passion amoureuse. Il m’a manqué de la profondeur dans es sentiments, des complications ou obstacles à leur vie de couple.

Si l’histoire d’amour m’a moyennement convaincue, j’ai été touchée par l’évocation du génocide contre les tutsi et les retrouvailles émouvantes entre Madeline et le père de Cain.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 87 : La reine des souris de Camilla Grudova

 Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Printemps

Je mets en avant un livre avec une couverture qui contient du vert, couleur que j’associe au printemps

Couverture La reine des souris

Il fit bouillir notre certificat de mariage dans la bouilloire en disant qu’il ne travaillerait pas dans un cimetière le restant de sa vie uniquement pour nourrir les enfants de Mars et, finalement, il partit pendant que j’étais descendue faire des courses, lui acheter de la salade et du café.

Dans un modeste appartement poussiéreux rempli de livres et de babioles vit un couple de latinistes légèrement hors du temps. Quand la femme tombe enceinte de jumeaux, le mari l’abandonne et elle doit élever seule ses deux enfants, dans le plus grand dénuement. Rien que de très banal.
Mais ajoutez à cela un mélange de vos cauchemars les plus sombres. Un croque-mort, le cadavre d’une femme naine aux airs de leprechaun, un orgue hanté, des enfants-monstres, une narratrice-louve assoiffée de sang, dévoreuse de pigeons, de rats et de bébés. Les épouvantails disposés à chaque tournant de cette nouvelle ont de quoi donner le frisson. Ce qui frappe encore davantage, c’est le naturel déconcertant avec lequel Camilla Grudova les brandit, à la manière dont on raconterait les épisodes d’un rêve dès le réveil. Un récit, en fin de compte, d’une implacable simplicité : celui d’une femme aliénée par le couple, le travail et la maternité, de celle qui enfant se rêvait Reine des souris et qui, mariée à un «homme idéal» sentant les fleurs pourries et la pierre froide, est devenue mère, autant dire bête féroce aux désirs infanticides, loup-garou qui trouvera son salut, comme de juste, dans l’écriture.
On ressort avec un rire nerveux de ce court texte qui transforme le réel en fantastique, l’horrible en drôle, et vice-versa.

Deux jeunes étudiants en latin qui se marient. Le versant féminin du couple est d’origine modeste, le versant masculin est issu d’une famille aisée. Le couple vit dans son cocon. Ils ont des projets de vie notamment celui de partir à Rome. Mais dans nos vies, il y a toujours une part d’imprévisible. Une grossesse s’annonce et chamboule tout…

Le versant masculin du couple est de plus en plus étrange, méconnaissable et son départ m’a fait penser à des vers d’Esther Granek

Toi c’est distant…
Toi c’est changeant…
Toi c’est rêvant et esquivant…

Toi c’est pensant…
Toi c’est taisant…
Toi c’est tristesse qui me prend…

Toi c’est fini.
Fini ? Pourquoi ?
Toi c’est le vide dans mes bras…
Toi c’est mon soleil qui s’en va…
Et moi, je reste, pleurant tout bas.

L’homme s’en va, la femme reste. L’homme fuit, la femme assume. Elle élève ses enfants tant bien que mal toute seule avec l’aide de sa mère. A-t-elle trouvé un équilibre après la douloureuse séparation ? On est tenté de dire oui mais des événements invraisemblables se produisent au point où il devient difficile d’établir une frontière nette entre le réel et le fantastique.

La reine des souris est un texte avec de l’humour…

Aucun de nous deux n’avaient de jumeaux dans la famille. C’était le latin qui avait fait ça, décréta Peter, des cygnes ou des dieux barbus me rendaient-ils visite dans mes rêves ? Il se comporta comme si je l’avais trahi de manière mythologique.

Un humour noir, glaçant…

C’est un texte agréable à lire mais très étrange, je ne suis pas sûre d’en avoir saisi toute la quintessence.

Et vous, qu’auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Le chant des ronces : Contes de minuit et autres magies sanglantes

Embarquez dans un voyage vers des terres sombres et dangereuses, peuplées de villes hantées et de bois affamés, de monstres bavards et de golems en pain d’épices, où la voix d’une sirène peut invoquer une tempête mortelle, où les rivières font de terribles promesses d’amour…

Ayama et le bois aux épines: Une jeune fille est envoyée négocier l’avenir de son royaume avec un terrible monstre.

Le renard trop rusé: un renard compense son apparence disgracieuse par une intelligence hors du commun, qui pourrait bien lui jouer des tours.

La sorcière de Duva: Dans un village frappé par un hiver perpétuel, les jeunes filles se mettent à disparaître mystérieusement.

Petite lame: Une jeune fille découvre que les souhaits de son père à son encontre et ses propres envies prennent deux directions opposées.

Le prince soldat: Une réécriture inquiétante de Casse-Noisette.

Quand l’eau chantait le feu: deux Sild aux voix merveilleuses quittent leur royaume marin pour la terre où elles rencontrent les mystérieux Grisha.

Si mes souvenirs sont bons, j’ai découvert ce recueil de contes fantasy sur le blog de Light and Smell. Il a passé un bout de temps dans ma wishlist avant qu’une belle âme du Canada ne me fasse la belle surprise de le choisir pour le swap Père Noël Secret 2020. Encore une fois merci Marie ❤

Parlons d’abord de la couverture qui est magnifique. Un sublime objet-livre qu’on a envie d’acheter rien que pour sa couverture.

Je n’ai pas l’habitude de la fantasy mais j’aime bien les contes. Je n’ai donc pas eu de mal à entrer dans les différentes histoires avec des univers où se mêlent magie et sorcellerie. Le grand plus de ces récits ce sont les illustrations qui les accompagnent. Elles se dévoilent par petite touche au fur et à mesure que le conte évolue, donnent un effet de surprise et attisent la curiosité. On a hâte de voir à quoi ressemble le dessin intégral.

Chaque conte renferme des leçons pleines de sagesse notamment celle de voir au-delà des apparences. On se rend compte combien l’on tombe bien souvent dans le jugement hâtif. C’est ce qui m’est arrivé avec le conte la sorcière de Duva qui est l’un des 3 meilleurs contes de ce recueil soit dit en passant. J’ai apprécié l’ambiance glauque, l’atmosphère oppressante de ce conte, une réécriture très originale de Hansel et Gretel. J’ai apprécié que l’auteure offre un regard nouveau sur cette histoire qui a bercée mon enfance. Je me confesse: j’ai envié son imagination débordante.

Ce recueil a été une belle découverte. Mention spéciale au renard trop rusé et la sorcière de Duva qui offrent de superbes retournements de situation, à Ayama et le bois d’épines qui rappelle les contes des mille et une nuits et Petite lame qui rappelle qu’utiliser une chose ne signifie pas la posséder.

Malheureusement, je ne peux pas en dire autant des deux derniers contes qui ne m’ont pas du tout emportée.

Bonus : les photos du super colis que m’a préparé Marie pour le swap. Le swap devait contenir :

  • 1 livre de la WL
  • 1 marque-page
  • 1 petite surprise
  • 1 gourmandise
  • 1 lettre dans laquelle vous révélez votre identité.

Avez-vous déjà découvert ce recueil de contes ou êtes-vous en train de courir vers la librairie la plus proche pour l’acheter ?

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TTL 86 : La venus d’Ille de Prosper Mérimée

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: M comme…

Mérimée

 » … C’était bien une Vénus, et d’une merveilleuse beauté. Elle avait le haut du corps nu, comme les anciens représentaient d’ordinaire les grandes divinités. Rien de plus suave, de plus voluptueux que ses contours ; rien de plus élégant et de plus noble que sa draperie. Quant à la figure, jamais je ne parviendrai à exprimer son caractère étrange, et dont le type ne se rapprochait de celui d’aucune statue antique dont il me souvienne. Tous les traits étaient contractés légèrement : les yeux un peu obliques, la bouche relevée des coins, les narines quelque peu gonflées. Dédain, ironie, cruauté, se lisaient sur son visage. En vérité, plus on regardait cette admirable statue, et plus on éprouvait le sentiment pénible qu’une si merveilleuse beauté pût s’allier à l’absence de toute sensibilité. – Si le modèle a jamais existé, dis-je à M. de Peyrehorade, que je plains ses amants ! Elle a dû se complaire à les faire mourir de désespoir. Il y a dans son expression quelque chose de féroce, et pourtant je n’ai jamais vu rien de si beau « …

Prosper Mérimée… Un auteur conseillé par Frédéric Grah Mel, biographe ivoirien, lors d’une rencontre littéraire. Frédéric Grah Mel a dit qu’il était l’un des meilleurs en termes de nouvelle, ce qui a aiguisé ma curiosité. J’ai donc commencé par la Vénus d’Ille.

L’histoire se déroule à Ille, une petite ville du Roussillon. Le narrateur, un archéologue, s’y rend car il a rendez-vous avec M. de Peyrehorade, un antiquaire qui doit lui montrer des ruines antiques se trouvant dans la région. En chemin, on lui apprend que M. de Peyrehorade a découvert récemment, sur ses terres, une statue de Vénus en bronze qui date probablement de l’époque romaine. Cette étonnante statue, d’une étrange beauté, hante les imaginations, déchaîne les passions, alors que se préparent les noces du jeune Alphonse et de Mlle de Puygarrig. Est-elle une bienveillante représentation de la déesse de l’Amour, comme l’affirment les archéologues ? Est-elle maléfique, comme le prétendent les habitants du village ?

La réponse ou plutôt multiples interprétations se dessinent sous les yeux du lecteur quand des incidents plutôt étranges se produisent.

L’écriture est fluide, simple et efficace. L’intrigue se met en place lentement. Les cultures de l’époque même si décrites de façon succincte sont bien mises en avant.

La nouvelle fut agréable à lire mais je me suis restée sur ma faim. J’aurais aimé que le côté fantastique qui apporte justement du suspens et de l’attrait à l’histoire soit plus développé.

Et vous, qu’auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Le women murder club, tome 1: 1er à mourir

San Francisco, un criminel supprime avec cruauté et sadisme des couples de jeunes mariés durant les premières heures de leur lune de miel. Une jeune inspectrice, Lindsay Boxer, est en charge de l’enquête. Elle est aidée de sa meilleure amie, médecin légiste, d’une journaliste, ainsi que de l’adjointe du procureur, afin d’arrêter l’assassin qui semble insaisissable. Toutes quatre décident de créer le  » Women Murder Club  » ! Faisant fi de leurs supérieurs hiérarchiques qui les freinent, enquêtant hors de leurs heures de travail, elles vont réussir, grâce à leur ténacité et leur intuition, à assembler peu à peu les pièces de cet horrible puzzle.

Comme annoncé dans mon dernier article, c’est la 2e œuvre de James Patterson que je lis mais pas dans l’ordre chronologique de ses parutions. Lune de miel a été écrit après les premiers tomes de la série Le women murder club.

Comme dans Lune de miel, le récit débute par un prologue. Le narrateur s’exprime à la 1ère personne.

Comme dans Lune de miel, le meurtrier décline assez vite son identité, enfin c’est ce que je pensais…

Ce 1er tome retrace la mise en place du women murder club. 4 femmes qui évoluent dans des sphères à dominante masculine ou qui ont besoin de se faire une place dans leur milieu professionnel. Claire est la meilleure amie de Lindsay, l’héroïne principale. J’ai trouvé que l’ajout des deux autres femmes à ce duo s’est fait un peu trop vite. J’ai l’habitude des amitiés qui se tissent lentement; excusez-moi 😀

J’ai apprécié leur diversité : Claire est noire, rondement belle, mariée et mère, Lindsay est divorcée, Jill, mariée et Cindy, célibataire.

Ce 1er tome a deux trajectoires : l’une qui mène à l’enquête policière et l’autre plus personnelle, la vie intime de Lindsay Boxer. Divorcée, sans enfant, elle apprend qu’un mal ronge son être intérieur et le lecteur l’accompagne dans cette phase de désespoir/espérance. Il l’accompagne dans ses amours aussi même si l’auteur rajoute quelques couches de tristesse. En parlant de cet amour contrarié, j’éprouve un sentiment paradoxal. J’ai apprécié cette touche grise qui vient obscurcir le ciel bleu mais en même temps, j’aurais voulu un autre scénario final.

Parlons de l’enquête policière et de cet homme qui prend un malin plaisir à ôter la vie à des jeunes mariés durant leurs premières heures d’union maritale. J’ai apprécié les rebondissements, les fausses pistes, le vrai qui s’habille de faux et vice versa.

Et la tu t’dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort.
Quand tu crois enfin que tu t’en sors quand y en a plus et ben y en a encore !

Ce n’est pas une citation du livre mais un extrait de la chanson de Stromae. 😀

On va de surprise en surprise avec l’auteur. C’est presqu’un tour de montagne russe. Parfois, les ficelles sont trop grosses, trop tirées par les cheveux.

1er à mourir est une bonne entrée en matière pour cette série de près de 20 tomes. J’aurais volontiers enchaîné sur le 2nd tome si je n’avais pas un service presse qui attend patiemment et la reprise des activités du comité de lecture pour le Prix les Afriques 2021.

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TTL 83: le verger des âmes perdues de Nadifa Mohamed

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est : F comme…

Filsan

…. Femme

Couverture Le verger des âmes perdues

Nous sommes en 1987, à Hargeisa, 2e ville de Somalie. Les vents secs transportent des rumeurs de révolution, mais la dictature n’en reste pas moins ferme sur ses bases. Bientôt, à travers les yeux de trois femmes, nous allons assister à la chute de la Somalie. Deqo, neuf ans, a quitté le vaste camp de réfugiés où elle est née, attirée en ville par la promesse de recevoir sa première paire de chaussures. Kawsar, veuve solitaire prisonnière de sa petite maison volée au désert, est obligée de garder le lit, après avoir été passée à tabac au commissariat local. Filsan, jeune soldate, a quitté Mogadiscio pour réprimer la rébellion qui gronde dans le Nord. Et tandis que fait rage la guerre civile qui va mettre le monde en état de choc, les destins de ces trois femmes s’entremêlent de façon irrévocable.

Je veux pouvoir lire au moins un auteur par pays africain. Le Somali a été coché sur ma carte grâce à ce roman de plus de 300 pages.

Deqo, Kawsar et Filsan, trois générations de femmes, trois destins.

Deqo a 9 ans, Filsan, 25 et Kawsar 58. Elles sont somaliennes et à travers leurs portraits, le lecteur est immergé dans le contexte politico-social du pays, plus précisément de la ville de Hargeisa dans les années 87. On découvre une population souffrant mille maux à cause de la dictature.

La mort est présente à chaque page et c’est dur de lire ce gouvernement qui tue son peuple. Dur de lire cette détresse, ce désenchantement, ces violences envers les femmes et les filles par des hommes et des femmes.

J’ai apprécié la fin du récit et cette rencontre finale entre les 3 héroïnes même si j’ai trouvé qu’elle était un peu forcée. Que Filsan et Deqo arrivent toutes les deux à tomber sur la maison de Kawsar, c’est vraiment le coup du destin.

Le style d’écriture est imagé, poétique, très calibré. J’ai parfois eu l’impression que l’auteur avait fourni un effort extrême pour polir ses phrases. J’ai trouvé sa plume trop stylisée, encadrée. Comme si elle avait peur de perdre le contrôle…

Et vous, qu’auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 82: Meurtre en Mésopotamie – Agatha Christie

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Livre de poche

Et j’ai décidé de faire un p’ti clin d’œil à Agatha Christie.

Couverture Meurtre en Mésopotamie

En arrivant sur le chantier de fouilles de Tell Yarimjah, Miss Amy Leatheran ouvre de grands yeux. Quoi de plus dépaysant pour une jeune infirmière que ce pays exotique, cette équipe d’archéologues installée loin de tout ? Et quelle mission singulière que d’avoir à veiller sur la belle Mrs Leidner, en proie à des hallucinations et des terreurs diverses… Miss Leatheran va tâcher de s’acquitter au mieux de ses fonctions. Mais, de masques terrifiants paraissant à la fenêtre en menaçantes lettres anonymes, les angoisses de Mrs Liedner vont finir par l’étreindre à son tour. Et lorsque cette dernière sera assassinée, Amy aura le rare privilège d’assister de près à une enquête de l’illustre Hercule Poirot…

C’est toujours un plaisir de retrouver les intrigues policières menées par le célèbre détective Hercule Poirot.

Indicateur spacio-temporel ? Années 30-40, Irak.

Cette énième enquête prend place au sein d’une mission archéologique. La narratrice, Amy Leatheran, infirmière de profession, a été recrutée pour tenir compagnie à la femme du chef de la mission, le docteur Leidner.

L’équipe composant la mission est composée d’une dizaine d’hommes et de femmes dont il faut assimiler les noms et prénoms. Cela demande un peu de concentration.

Une ambiance délétère règne au sein de cette petite communauté et à en croire les membres de la mission, Mrs Leidner en est la responsable. Mrs Leidner n’est pas très aimée alors quand elle vient à mourir, tous les yeux sont tournés vers les membres de l’expédition. Mais la fenêtre était fermée, les domestiques bavardaient dans la cour, non loin de la porte de la chambre de la malheureuse et tout le monde semble avoir un alibi parfait. Qui est donc l’auteur du crime ?

Crayon en main, plan de la maison sous les yeux, interrogatoires des membres en tête, j’ai tenté de découvrir le coupable. L’intrigue est bien menée mais j’ai trouvé le dénouement un peu tiré par les cheveux.

J’ai apprécié le décor singulier de cette histoire qui est assez dépaysant, le savant dosage des descriptions des lieux et du métier d’archéologue. Par contre, il est vrai que les contacts avec les locaux sont très limités et l’on sent bien la condescendance liée à l’impérialisme anglais.

Et vous, qu’auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Los Angeles – Emma Cline

Alice rêve d’être actrice, comme la moitié des filles de Los Angeles. Elle occupe une chambre sordide qu’elle paie en vendant des vêtements de mauvaise qualité pour une marque de prêt-à-porter. Lorsque sa mère cesse de financer ses cours de théâtre, Alice panique. Elle se souvient que sa jeune collègue, Oona, lui a parlé en riant des types qu’elle rencontre sur internet et à qui elle vend ses petites culottes. Ce qui avait profondément choqué Alice devient une possibilité, supportable, inoffensive. Après tout, que pourrait-il lui arriver? La nouvelle d’Emma Cline envoûte et saisit par sa précision tranchante et sa singulière perspicacité. Los Angeles est le portrait indélébile d’une ville mythifiée qui dévore les rêves des filles, les abandonnant abimées, désenchantées et éperdument seules.

Couverture Los Angeles

Je poursuis ma découverte de la collection lanonpareille des éditions de La Table Ronde.

Los Angeles débute sur des lignes d’ambiance festive.

On était encore en novembre, et pourtant les décorations de fête se faufilaient déjà dans les devantures des magasins

Alice, notre héroïne, travaille dans un flagship store. Aucune indication précise sur son âge mais elle est plus âgée que sa collègue Oona qui a 17 ans. Alice trouve son emploi horrible, son appartement horrible. Son seul échappatoire ? Ses cours de théâtre payés par sa mère. Alice rêve de devenir actrice tout comme Oona.

C’était une des possibilités qui s’offraient traditionnellement aux jolies filles. On les incitait à ne pas gâcher leur beauté, à en faire bon usage. Comme si la beauté était une ressource naturelle, une responsabilité qu’il fallait assumer jusqu’au bout.

Quand sa mère arrête de financer ses cours de comédie, Alice panique. Elle a peur que son rêve d’actrice lui file entre les doigts. Pour continuer ses cours, elle imite Oona : elle débute la vente des petites culottes sur Internet à des inconnus et va faire des rencontres étranges et dangereuses.

Cette longue nouvelle de 48 pages fait le portrait de jeunes filles rêveuses, influençables. La tension qui monte crescendo dans les dernières pages est délicieuse.

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TTL 76: Missy de Benoît Rivière et Hallain Paluku

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est Votre dernière lecture.

Pour rester dans la mouvance du Throwback, je pars sur ma dernière lecture du mois dernier.

Couverture Missy

Étoile de cabaret la nuit, Missy redevient chaque matin cette grosse femme dont le monde entier se contrefiche. Une fois leur curiosité et leur désir assouvis, ses amants l’abandonnent invariablement au saut du lit. Rythmé entre adoration et répulsion, l’équilibre de Missy ne tient qu’à un fil. Un fil sur lequel tire l’impitoyable Dud, le gérant du cabaret.

Afin que les hommes cessent de ne voir en elle qu’un simple objet de fantasmes, Missy décide de maigrir, au risque de perdre ce qui l’a imposée sur scène : ses formes généreuses.

Mêlant tristesse et tendresse, les auteurs mettent en scène toute la légèreté et l’hypocrisie humaine en matière de séduction amoureuse. Un dénommé Mario, tapi dans l’ombre du comptoir du cabaret, la regarde chaque soir d’un œil énamouré. Mais que peut raisonnablement espérer cet homme laid de la plantureuse Missy ? Lever le voile des apparences semble bien difficile dans cette histoire…

Sensuel, envoûtant, charnel, ce récit aux contours généreux entraîne le lecteur dans un tourbillon de formes. Sans cliché, les auteurs mettent en scène une histoire d’amour et de désespoir qui fera fantasmer tous les lecteurs, y compris ceux qui croyaient jusqu’alors ne pas aimer les rondes.

Pour cette histoire toute en sensualité et sentiments, les auteurs ont osé et réussi le pari de ne pas donner de visages à leurs personnages. L’émotion n’en est que renforcée.

L’avantage avec les BD, c’est qu’elles m’offrent une lecture très rapide.

J’ai lu Missy en moins d’une heure si mes souvenirs sont bons. J’ai beaucoup apprécié cette lecture. Je me suis attachée à cette femme, objet de fantasme qui rêve d’être un sujet d’amour.

Une femme qui n’est qu’un corps pour les hommes. Corps adulé, corps qui se dénude, corps qui se cherche, corps qui souffre.

Dans cette bande-dessinée de 78 pages, il y a peu de mots mais beaucoup d’images, pas de visage mais des formes, des mouvements de corps.

Missy

Et quelle fin terrible ! Quelle symphonie inachevée ! En de moments pareils, les « et si » fusionnent.

Et vous, quel est votre dernière lecture ?

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Amenyeo – Marek Abi

Aményéo (Mes gens) est un recueil de 18 chroniques scindées en deux volets: Aményéo Largo sensu et Aményéo Stricto sensu.

Dans Aményéo Largo sensu, l’auteur raconte des histoires s’inscrivant dans des réalités et thèmes d’actualité de notre société. Y sont abordés la violence conjugale, l’amour et les relations hommes-femmes, les conditions du système de santé publique togolais, le chômage, la gestion de la richesse soudaine, les abus des hommes de Dieu, les problèmes profonds de mentalité, etc. Les différentes histoires se déroulent au Togo.

Des chroniques indépendantes les unes des autres, mais certaines d’entre elles sont étroitement liées. J’ai beaucoup apprécié ce lien d’interconnexion entre ces chroniques.

Aményéo Stricto sensu est le jardin intime de l’auteur. Six chroniques personnelles où l’auteur livre un peu sa perception de la vie, ses expériences, ses mots à son père, neveu ou encore une amie.

Le style de l’auteur est fluide, teinté d’humour. Les chroniques sont très courtes et donnent du rythme au recueil. 

Six chroniques m’ont réellement interrogée, surprise, émue ou révoltée. Elles évoquent un cocu vengeur, le système hospitalier qui tue plus qu’il ne guérit, les violences conjugales, le parcours professionnel des femmes avorté en raison du foyer, un père absent pour sa fille mais très présent pour d’autres enfants, l’abandon d’une mère.

Da Iffa la voyante

Nous sommes en 1989. Venunye et sa femme Rita déménagent de Kara pour Lomé. Ils y retrouvent Carlos, le meilleur ami et frère du premier cité. Un trio se forme, mais au fil du temps, les choses vont prendre une
tournure inattendue et il n’y aura que Da Iffa pour calmer les angoisses et les peurs de l’une et de l’autre.

Cette chronique est une adaptation de la chronique « A cartomante » d’un illustre auteur brésilien nommé Machado de Assis. Initialement écrite en portugais et relatant l’histoire d’un triangle amoureux dans les années 1800 à Rio de Janeiro. J’ai beaucoup apprécié cette adaptation et je pense que l’auteur, traducteur de formation, devrait en adapter davantage.

Mon ami a tué sa femme

Une adaptation réussie d’une publication d’Edgar Manuel Bernardo.
Jou est morte et son bourreau a partagé sa vie durant des années.

Au lieu d’être criminalisée, la violence fut spiritualisée

Jou s’est battue pour son foyer, son foyer l’a abattue

page 120

Hommage à ce grand homme
Un groupe de quatre jeunes hommes apprennent le décès de l’éducateur qui les a marqués au lycée et qui a énormément contribué à leur réussite actuelle. Ils décident donc de lui rendre hommage. Cela commence par une visite au domicile du défunt et là l’on découvre un portrait d’un père dont les vertus sont différentes de celle de l’éducateur. J’ai apprécié cette chronique pour le rappel qu’elle fait: Une personne peut nous avoir fait du mal mais avoir fait du bien à une autre. L’Homme n’a pas que des qualités.

Les moments d’une vie

4 temps forts de la vie d’Emefa sont présentés. Une vie marquée par le viol, l’abandon. Une chronique liée à deux autres dans le recueil et j’ai apprécié l’effet de surprise que cela produit.

Ayélé, le développement et moi
Une chronique sur la perception de la masculinité au Togo, ces femmes qui sacrifient des carrières prometteuses, leur indépendance financière à l’autel du mariage.

Les mémoires d’Adan

Adan, jeune homme de 23 ans, revient sur la sacrée journée qu’il a passée. Une journée qui va marquer sa vie à tout jamais.

Si l’ensemble des nouvelles est intéressant à lire, je suis restée sur ma faim avec certaines chroniques notamment la triste observation d’un panda ou Cette prière qui vaudrait tout l’or du monde.

Cette prière qui vaudrait tout l’or du monde

Un petit frère engagé dans une lutte sans merci contre la mort. Un ami proche qui conseille d’aller voir son pasteur. Et la consternation. L’accès à la prière du pasteur est payante. Je suis restée sur ma faim avec cette nouvelle. Bien trop courte, pas assez développé à mon sens. Il y avait matière à approfondir le sujet.