Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Odette Toulemonde _ Concerto à la mémoire d’un ange

Quand vous avez une forte envie de lire un recueil de nouvelles et qu’un auteur connu, assez apprécié par des bibliophiles en a écrit, que faites-vous ?

Comme moi, vous videz l’étagère de la médiathèque de votre ville qui abrite ses recueils. 🙂

J’ai lu Odette Toulemonde et autres histoires, Concerto à la mémoire d’un ange. De quoi parlent-ils? Les lignes ci-dessous vous en diront davantage.

Odette Toulemonde et autres histoires

Ce recueil de nouvelles compte 8 récits: récits qui peignent l’amour, récits singuliers et touchants.

Le premier récit est celui de Wanda Winnipeg, une milliardaire intransigeante qui a relooké aussi bien sa plastique que sa biographie, a su utiliser les hommes pour accéder à la gloire dès son adolescence. Bien des années plus tard, elle rencontre le premier homme dont elle s’est servie pour parvenir à ses fins. Que se passera-t-il ?

Cette histoire expose deux passions différentes: la passion pour l’ascension sociale et la passion pour l’art. L’histoire révèle de belles surprises comme la générosité sincère de la milliardaire intransigeante…

C’est un beau jour de pluie est l’histoire d’une trentenaire désabusée, incapable de ressentir des perceptions positives. L’imperfection, elle ne voit que ça; elle ne peut s’empêcher de mépriser, critiquer, vitupérer. Puis, un jour elle rencontre un homme à l’optimisme indécrottable…

J’ai bien aimé cette histoire parce qu’elle contient de l’inattendu et m’a fait réaliser une chose: dans un couple, on ne partage pas que l’intimité, on partage aussi le caractère…

L’intruse… une trentenaire appelle la police parce qu’une vieille femme s’est introduite chez elle et se cache dans le placard. Que fait-elle là ?

Après les 10 premières pages, on croit savoir comment se terminera l’histoire, aux dernières lignes on est « agréablement » surpris de sa tournure.

Le faux… un amant lâche, manipulateur, avare au point de donner des cadeaux sans valeur. Sauf pour un seul objet… On sait comment se terminera l’histoire et cette fois-ci on n’a pas tort…

Tout pour être heureuse c’est la formule qu’utilisait  les amies de notre héroïne à tout bout de champ. Elles l’affirmaient parce qu’elles ne voyaient que l’apparence, elles ignoraient son secret. Cette histoire est surprenante ! Elle rappelle combien de fois nos exigences envers l’autre sont égoïstes, irréalistes.

La princesse aux pieds nus…  Une nuit d’amour, une trace indélébile, une obsession, un désir aveugle, des apparences trompeuses… La fin de cette histoire est étonnante !

Odette Toulemonde… Une grande fan d’un romancier. C’est une histoire assez banale mais j’ai apprécié le fait que l’auteur souligne le point suivant: le but d’un auteur c’est de faire planer et non donner des maux de tête !

Le plus beau livre du monde… Des combattantes pour la liberté sous le régime soviétique, qui, prisonnières veulent rédiger des messages pour leurs filles. L’histoire ne m’a pas emportée malgré la fin inattendue.

Eric-Emmanuel Schmitt

Quel rapport entre une femme qui empoisonne ses maris successifs et un président de la République amoureux ? Quel lien entre un simple marin et un escroc international vendant des bondieuseries usinées en Chine ? Par quel miracle une image de sainte Rita, patronne des causes désespérées, devient-elle le guide mystérieux de leurs existences ?

Tous ces héros ont eu la possibilité de se racheter, de préférer la lumière à l’ombre. A chacun, un jour, la rédemption a été offerte. Certains l’ont reçue, d’autres l’ont refusée, quelques-uns ne se sont aperçus de rien.

Quatre histoires liées entre elles. Sept personnages qui ont embrassé la bonté et la noirceur. Sept personnages qui sont passés du détachement à la passion, de l’admiration au dédain.

J’ai apprécié ces histoires_ surtout Concerto à la mémoire d’un ange_ pour l’effet inattendu qu’elles offrent mais aussi pour les questions qu’elles creusent: Passe-t-on radicalement du mal au bien ? Avons-nous un pouvoir complet de métamorphose ? Changeons-nous volontairement ?

Ces histoires peignent toute la complexité du genre humain. L’imperfection de l’Homme à aimer comme il faut, son regret qui survient trop tard, ses ambitions démesurées, son goût pour les reconnaissances posthumes.

L’auteur a pris d’adjoindre son journal d’écriture. On y retrouve des anecdotes et des jeunes auteurs comme moi auront plaisir à apprendre de l’expérience de l’auteur.

J’ai assez lu d’amour pour la saison. Prochaine lecture: un bon thriller!

A bientôt.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Les deux messieurs de Bruxelles

Résumé de l'oeuvre

« En amour, on croit être deux alors qu’on est trois »

Dans la lignée de Concerto à la mémoire d’un ange, La rêveuse d’Ostende et Odette Toulemonde, les nouvelles très romanesques d’Eric-Emmanuel Schmitt parlent de l’amour sous toutes ses formes: conjugal, clandestin, paternel, filial, mais aussi amour de l’art ou amour de l’humanité. A travers un suspens subtil et ensorcelant, elles dépassent à chaque fois les apparences pour déjouer l’attendrissante complexité du cœur humain.

Les deux messieurs de Bruxelles

Une quatrième de couverture véridique, qu’est-ce que ça fait du bien !  Elle résume ce que j’ai ressenti en parcourant ce recueil composé de 5 nouvelles: Les deux messieurs de Bruxelles, Le chien, Ménage à trois, Un cœur sous la cendre et L’enfant fantôme.

Les deux messieurs de Bruxelles est d’abord l’histoire de Geneviève, une femme qui, un jour, apprend qu’elle est l’unique ayant droit de monsieur Jean Daemes, un homme qu’elle ne connaît pas. Geneviève est peut-être du troisième âge mais a encore toute sa mémoire ; elle en est sûre et certaine, elle n’a jamais côtoyé cet homme et il n’appartient pas à son arbre généalogique. Qu’est-ce qui l’a donc poussé à lui léguer toute sa fortune ?

Une importante question qui nous ouvre les portes de son intimité ainsi que celles de Jean Daemes et Laurent Delphin.

Cette nouvelle qui aux premières lignes semble avoir une portée humoristique est une peinture de l’amour secret, du mariage contraignant, de l’attachement à la vie de l’autre parce qu’il a ce qu’on ne peut naturellement pas avoir, un portrait de nos vies virtuelles, maquillées, inventées…

Le chien est l’histoire de Samuel, un médecin veuf qui se suicide après la mort brutale de son chien. Étonnant qu’un homme qui ait vu tant d’hommes mourir décide d’écourter sa vie après la mort de son chien ! Quelle relation entretenait-il avec celui-ci ?

Quelques jours après la disparition de Samuel, le comte de Sire se présente chez sa fille et désire de tout cœur organiser ses obsèques. Quelle était la nature de sa relation avec Samuel ?  Qu’est-ce qui se cache derrière ce vif désir d’organiser ces obsèques ?

Samuel nous donne des réponses dans une lettre laissée à sa fille, un récit  bouleversant,  l’histoire d’un cœur meurtri ranimé par un chien, l’histoire d’un chien qui apprend l’humanité à l’homme.

En terminant cette nouvelle, on ne peut s’empêcher de dire: l’existence des chiens n’est pas le fruit du hasard…

Un héros, c’est un homme qui essaie d’être un homme toute sa vie, tantôt contre les autres, tantôt contre lui-même.

Ménage à trois relate la vie de la femme du célèbre compositeur Mozart et de la dévotion que portait son second mari à ce dernier. Cette histoire ne m’a pas vraiment emportée mais elle est assez instructive.

Un cœur sous la cendre n’est pas une nouvelle mais un scénario de film tant l’action est présente dans le récit.

C’est l’histoire d’une femme qui aime son neveu plus que son fils jusqu’au jour où la mort de l’un donne la vie à l’autre.

J’ai bien aimé ce récit car il suscite des réflexions importantes sur le don d’organes.

La dernière nouvelle du recueil, L’enfant fantôme est brève mais intense. Elle aussi soulève des questions épineuses: Faut-il interrompre une grossesse quand l’enfant présente des pathologies invalidantes ? Peut-on être heureux et souffrir?

Le bonheur ne consiste pas à se mettre à l’abri de la souffrance, mais à l’intégrer au tissu de notre existence

J’ai également apprécié  le journal d’écriture de l’auteur qui se trouve à la fin du recueil. Il nous dévoile comment ces histoires sont nées, ses points de vue au sujet des questions épineuses mises en évidence dans ses textes.

Un sentiment porte toujours son contraire. A chacun de peser du bon côté.

Les moralistes ne font jamais de bons romanciers. Quand ils s’y essaient, ils introduisent dans leur reproduction du réel une froideur clinique

J’ai deux autres livres de l’auteur à découvrir. Je vous quitte en vous souhaitant une belle lecture. 🙂

Grâce Minlibé

Auteure de Chimères de verre