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BONI, pont culturel entre la Côte d’Ivoire et la Guyane

Mai 2018 – Salon International du livre d’Abidjan.

Serge Bilé reçoit pour sa dernière oeuvre publiée « Boni », le Grand Prix national Bernard Dadié.

J’aime acheter les œuvres qui ont reçu des prix littéraires. Je pense que c’est un exercice nécessaire pour tout auteur débutant.

Je me rends au stand où l’oeuvre est en vente et j’y achète deux autres œuvres de l’auteur au lieu de BONI. Je n’ai pas de coup de foudre immédiat avec l’oeuvre alors je remets mon achat à plus tard.

Au stand des Prix Nationaux Bernard Dadié, j’entends l’auteur parler de sa dernière oeuvre, ce pont culturel entre la Côte d’Ivoire et la Guyane via les Boni. J’entends la mélodie de sa passion pour les faits méconnus de l’Histoire des peuples noirs.

Je me rends compte du travail colossal, de l’énergie que demandent tous ses livres et j’ai envie de l’encourager à ma façon. J’achète donc Boni.

pont culturel entre la Côte d'Ivoire et la Guyane

 

Cette fresque romancée qui va de l’Afrique à l’Amérique du Sud a pour fil conducteur une femme que la mémoire des hommes a oubliée : la mère de Boni.

La première de couverture l’illustre assez bien. Pagne noué autour de la poitrine, son regard est orienté dans le même sens que celui de son fils victorieux. Derrière un grand homme se cache une femme dit l’adage. Derrière un grand homme se trouve une mère exceptionnelle.

A partir des archives et d’éléments d’anthropologie, Serge Bilé imagine la vie de la mère de Boni. Il la fait naître à Kumasi, lui donne le nom d’Adjoua. Elle est la servante d’Akwa Boni, nièce d’Abla Pokou.

Abla Pokou est une princesse Ashanti. A la mort d’Osei Tutu en 1717 se profile une querelle de succession entre ses neveux Opokou Ware et Dakon, le frère d’Abla Pokou. La querelle vire à la tragédie. Dakon est assassiné. Craignant d’être massacrée, Abla Pokou fuit avec sa famille, leurs esclaves et les soldats restés fidèles à son frère. Adjoua fait partie du cortège.

Un nouveau peuple se forme en Côte d’Ivoire : celui des Baoulé et des Agni. Il fait perdurer les traditions Akan.

Hélas, l’exil en Côte d’Ivoire ne va pas durer pour Adjoua. Elle est enlevée par des hommes, va être vendue, sa liberté sera confisquée. Avec elle, on plonge au cœur du système négrier…

Je remercie l’auteur de lui avoir redonné vie à travers cet ouvrage.

J’ai apprécié sa force de caractère, son courage, sa détermination à ne pas oublier d’où elle vient et à l’inculquer à chacun de ses enfants.

Je m’interroge. Combien de jeunes mères aujourd’hui en Côte d’Ivoire font cette transmission de leurs cultures à leurs enfants ? Je constate qu’on a une profonde rupture avec notre passé.

 

Ce livre raconte également le parcours du fils aîné d’Adjoua et celui de son peuple auquel il a donné son nom.

Boni est un chef rebelle qui a marqué l’histoire du Surinam et de la Guyane au XVIIIe siècle. Avec ses hommes, déportés de différentes contrées africaines (Loango d’Angola, des Ewé du Togo, des Fon du Dahomey, des kikongo du Congo ou encore des Akan du Ghana et de la Côte d’Ivoire), il mène la révolte contre l’esclavage, infligeant de lourdes pertes aux colons européens.

Les Boni forcent l’admiration. C’est un peuple panafricaniste sur qui l’Afrique d’aujourd’hui devrait prendre exemple : fondre les cultures pour n’en faire qu’une seule, s’unir pour défendre la liberté commune. Les Boni sont accrochés à leur héritage culturel, ils l’honorent.


 

Ce voyage culturel de l’Afrique de l’Ouest à la Guyane est plaisant tant au niveau du fond que de la forme. J’ai redécouvert via ce livre les coutumes et traditions du peuple Akan. En le fermant, j’ai eu envie de faire des recherches approfondies afin de savoir s’il y a eu des déportés issus de mes deux groupes ethniques.

J’ai apprécié cette biographie romancée, ce mélange de réalisme et de fiction.

Le niveau de langue est accessible, le livre peut se lire dès le collège. Les descriptions des lieux, de l’atmosphère, des personnages sont suffisamment claires pour nous permettre de bien nous les représenter, les transitions sont réussies. La plume de l’auteur est entraînante.

Les amateurs de culture devraient avoir ce livre dans leur bibliothèque.


 

QUELQUES INFOS UTILES

Roman édité par : Kofiba Editions

Nombre de pages : 196

Prochain événement littéraire : l’association point de lecture organise un café littéraire autour de BONI le mercredi 3 octobre 2018 à l’Institut Français d’Abidjan de 16h 30 à 18h.

 

GM signature

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Le Tambour des larmes- Prix Ahmadou Kourouma 2016

Sahara mauritanien. Issue de la tribu des Oulad Mahmoud, la belle Rayhana, promise à un avenir paisible, voit son horizon s’assombrir. Son amant, un brillant ingénieur au verbe clinquant, a disparu. La jeune fille est enceinte. Pour éviter le déshonneur, sa mère la contraint à abandonner son enfant et la marie de force. Mais Rayhana se rebelle. Elle s’enfuit, troquant l’univers clos du campement contre le tumulte des villes d’Atar et de Nouakchott. À la recherche éperdue de son fils, elle trouve soutien et réconfort auprès d’une esclave affranchie, d’un homosexuel raffiné et d’un étudiant idéaliste qui tentent de la protéger de la fureur des siens. Car pour se venger, dans un geste de défi superbe, Rayhana a emporté avec elle le tambour sacré de la tribu, scellant ainsi son destin à la rage des hommes. Une épopée du désert contemporaine où se télescopent la modernité et les traditions ancestrales, l’État et les codes tribaux, l’oppression et le désir de liberté des jeunes filles, le tam-tam et les téléphones portables. Au-delà des contrastes, s’esquisse le tableau tout en finesse d’une société fascinante, éclairante sur l’actualité du monde.

 

l'Afrique écrit

J’ai aperçu ce livre pour la première fois, lors du Prix Ivoire 2016, l’auteur étant l’un des invités d’honneur de cette 9e édition. Je l’ai rangé dans un coin de ma tête lorsque j’ai appris qu’il avait reçu le Prix Ahmadou Kourouma 2016.

La rencontre avec un livre c’est comme avec un homme il faut attendre le bon moment pour passer à l’acte. J’ai donc attendu le bon moment pour lire le Tambour des larmes.

Beyrouk a un style qui attendrit. Sa plume est fluide et poétique, simple et belle. Il aborde par petite touche des questions d’ordre politique.

Il nous fait découvrir la vie dans le Sahara Mauritanien et dans les villes comme Atar.

Dans ce désert, comme en ville, on suit les traces de Rayhana, jeune femme qui fuit pour ne pas oublier qu’elle est mère, se retrouver, retrouver un bout de sa chair qu’on a éloigné d’elle par honneur.

Au passé comme au présent, Rayhana nous parle de sa vie avant l’arrivée de cet enfant qu’elle n’a pas désiré et la vie après qu’on ait arraché ce dernier de ses bras de mère.

On croise différents personnages étonnants au désert comme en ville qui nous font sourire par leur hospitalité, leur courage, leur sens du service, leur caractère impitoyable.

Le tambour des larmes est un cri pour la liberté. Liberté des esclaves, l’affranchissement des rites ancestraux.

Le tambour des larmes est un cri pour étouffer les vanités et les mensonges, refuser que les autres décident à notre place.  

Lecture intéressante et utile pour moi qui n’y suis jamais allée en Mauritanie mais pas transcendante. Il m’a manqué une avalanche d’émotions.

 

Je suis actuellement dans une phase de recherche de lectures marquantes, des livres qui remuent l’âme. Si vous avez des suggestions de lecture, n’hésitez pas à les inscrire en commentaire. 🙂

 

fleur v1

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Lecture commune de Underground Railroad – Prix Pulitzer 2017

J’ai repéré ce livre grâce à l’émission la Grande librairie. Je l’avais inscrit dans ma liste de livres à lire cette année et Ève, une fidèle abonnée sur Facebook et à ma box littéraire, m’a proposé une lecture commune.

Nous avons débuté la lecture le 5 Mai, Eve l’a lu en moins de 3 jours. Il m’a fallu une semaine pour le lire, faute de temps.

 

DE QUOI PARLE LE TEXTE ?

 

Underground Railroad est une fiction historique. Récit très utile pour moi puisque j’ignorais l’existence du chemin de fer clandestin.

Cora est le personnage principal. Jeune esclave de 16 ans, née dans une plantation de coton de Géorgie. Un jour, Caesar, esclave arrivé à la plantation il y a un an et demi lui dit qu’il va s’échapper via l’Underground Railroad et qu’il aimerait qu’elle vienne avec lui. 

C’était la grand-mère de Cora qui parlait à travers elle, ce dimanche soir où Caesar mentionna le chemin de fer clandestin, l’Underground Railroad, et où elle dit non. 

« J’ai pas l’intention de me faire tuer par Connelly, ni par la patrouille, ni par les serpents. » Cora plissait encore les yeux d’incrédulité face à la bêtise de Caesar quand elle reçut son premier bol de soupe. Le Blanc passe ses journées à essayer de vous tuer lentement, et parfois de vous tuer plus vite. Pourquoi lui faciliter la tâche ? Voilà au moins une chose à laquelle on pouvait dire non.

 

Trois semaines plus tard, elle dit oui. C’était la voix de sa mère, Mabel, qui parlait à travers elle. Mabel s’était échappée, il y a environ 6 ans de la plantation, laissant sa fille toute seule. On ne l’avait jamais retrouvée. 

Cora va quitter la Géorgie à bord du chemin de fer clandestin, mis en place par des blancs. On découvre alors toute la terminologie de ce chemin de fer :

  • les gens qui aidaient les esclaves à trouver le chemin de fer étaient les « agents » 
  • les guides étaient les « chefs de train »
  • les lieux secrets étaient les « stations » 
  • les « chefs de gare » cachaient les esclaves chez eux

 

Arrivée en Caroline du Sud, elle découvre une ville où des noirs et des blancs cohabitent. Elle s’y sent bien, n’a pas envie de continuer son chemin vers la liberté mais la désillusion va frapper à sa porte. 

S’ils avaient été raisonnables et avaient poursuivi leur voyage, Caesar et elle seraient déjà dans les États libres. Comment avaient-ils pu croire que deux misérables esclaves étaient dignes de la générosité de la Caroline du Sud ? Qu’une nouvelle vie existait si près, juste derrière les limites de la Géorgie ? Ça restait le Sud, et le diable avait de longs doigts agiles. Et puis, après tout ce que le monde leur avait enseigné, comment ne pas reconnaître des chaînes quand on les leur fixait aux poignets et aux chevilles… Celles de Caroline du Sud étaient de facture nouvelle – avec des clefs et des cadenas typiques de la région – mais elles n’en remplissaient pas moins leur fonction de chaînes. Ils n’étaient pas allés bien loin.

 

Elle dormit très mal. Sur les quatre-vingts couchettes, les femmes ronflaient et s’agitaient sous les draps. Elles s’étaient mises au lit en se croyant libres, hors d’atteinte des Blancs, de leur contrôle et de leurs injonctions concernant ce qu’elles devaient faire et être. Convaincues qu’elles maîtrisaient le cours de leur vie. Mais ces femmes demeuraient un troupeau domestiqué. Non plus une pure marchandise comme naguère, mais du bétail : élevé et stérilisé. Parqué à l’intérieur de dortoirs comme dans un clapier ou des cages à poules.

 

C’est comme ça qu’agissent les tribus européennes, disait-elle. Ce qu’elles ne peuvent pas contrôler, elles le détruisent.

 

Son maître Randall a donné l’alerte. Cora est une fugitive et est activement recherchée par le chasseur d’esclaves Ridgeway. Ce dernier n’ayant pu retrouver la mère, retrouver la fille devient son ultime but.

La peur s’installe. Les prières commencent, on a peur qu’il la retrouve. Quand cela arrive, la peur devient effroi. Quel sort son propriétaire va-t-il lui réserver ?

On suit attentivement chacune des péripéties. On gémit de douleur en lisant les avis de recherche des fugitifs, le sort qui leur est réservé ainsi qu’aux blancs qui les cachent.

J’ai eu une immense peine pour Homer, ce jeune garçon attaché à Ridgeway. C’est son homme de main. Il l’accompagne partout dans ses sales besognes. Il est admiratif de son maître, comme s’il était son créateur. A travers lui, on se se rend bien compte de l’impact psychologique de l’esclavage.

A plusieurs reprises dans le récit, les blancs qualifient de bêtes les Noirs oubliant que ce sont eux qui les ont abrutis pour pouvoir mieux  les manipuler.

 

Colson Whitehead nous montre le visage de l’Amérique d’autrefois, un visage qui n’a pas perdu ses marques…

 

Sur la forme, le livre se lit plutôt aisément, il y a quelques longueurs mais elles ne sont pas gênantes.

Underground Railroad est un roman nécessaire. Pour l’acheter, cliquez ICI

 

Ève a adoré. C’est un coup de cœur et le roman lui a donné envie de lire d’autres livres sur l’esclavage. J’ai également d’autres livres dans ma PAL sur l’esclavage mais je lirai d’autres livres avant eux. J’ai besoin de souffler. 

 

Connaissiez-vous le chemin de fer clandestin ? Avez-vous lu d’autres œuvres de Colson Whitehead ? 

 

GM signature

 

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No Home de Yaa Gyasi, quelle saga familiale !

Il y a des livres qui nous hantent. On a beau remettre leur lecture à demain, ils sont là sous nos yeux, dans notre fil d’actualités sur Facebook, Twitter. Ils s’imposent. L’envie de les lire devient plus pressante, dévorante. 

Cela fait un an que je désire lire No home de Yaa Gyasi. Ne le voyant nulle part en librairie, j’ai décidé de le lire en version numérique. 

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18e siècle, Pays Fanti, Côte de l’Or

Le rideau s’ouvre sur Effia, une jeune fille Fanti mal aimée de sa belle-mère. Effia rêve d’épouser Abeeku Badu mais sa belle-mère rusée en décide autrement. Elle la marie à un anglais qui fait le commerce des esclaves. Effia va vivre confortablement sur le fort de Cape Coast, là où des centaines de femmes, d’hommes, d’enfants prisonniers ashantis se préparent petit à petit au rôle d’esclave.

Esi fait partie de ceux-là, c’est une jeune fille Ashanti. Avant le fort, elle était la fille du Grand Homme et de sa troisième femme, Maame. Aujourd’hui, elle n’était que poussière. Avant le fort, elle était la plus jolie fille du village. Aujourd’hui, elle n’est rien.

J’ai partagé sa vie dans ce cachot puant, entendu la détresse des mères, des jeunes filles. 

Effia et Esi ne le savent pas mais elles sont sœurs. Maame, esclave Ashanti, s’est enfuie de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle a épousé un Ashanti, et a donné naissance à une autre fille, Esi.

Une mère, deux filles, deux destins. L’une qui part vers l’inconnu, l’autre qui reste. La descendance d’Effia vivra à la Côte de l’Or, celle d’Esi en Amérique. 

Chaque chapitre permet de découvrir l’un de leurs descendants. J’ai découvert le présent de Quey, Ness, James, Kojo, Abena, H, Akua, Willie, Yaw, Sonny, Marjorie et Marcus. 

J’ai lu avec un cœur meurtri les conditions de vie des esclaves à travers Ness. De tous les personnages, c’est elle que j’ai eu du mal à laisser. Il faut le reconnaître, les blancs ont été inhumains. 

Avant qu’Esi ne parte, l’homme qui s’appelait « Gouverneur » lui sourit. C’était un sourire bon, plein de compassion, sincère. Mais pendant le reste de sa vie, dès qu’elle verrait un sourire sur un visage blanc, Esi se rappellerait celui du soldat avant qu’il ne l’emmène dans ses quartiers, et elle se souviendrait que lorsque les hommes blancs souriaient, cela signifiait seulement que d’autres malheurs étaient à venir.

 

J’ai admiré le courage de James qui a refusé de continuer le commerce d’esclaves  florissant de sa lignée paternelle. 

Mon cœur a saigné quand Jo a été séparé de sa femme Anna. Quand bien même les esclaves seraient libres, ils ne pourraient bénéficier que d’une liberté précaire. 

 

No home est une histoire poignante qui aborde la tragédie qu’ont connu des femmes, des hommes, des enfants. Des êtres humains considérés comme des objets à qui l’on a retiré identité, famille, us et coutumes, ancêtres, croyances, pensées, langues, libertés. 

« Le dieu de l’homme blanc est comme l’homme blanc. Il pense qu’il est le seul dieu, juste comme l’homme blanc pense qu’il est le seul homme. Mais la seule raison pour quoi il est dieu au lieu de Nyame ou Chukwu ou n’importe qui, c’est parce que nous le laissons faire. Nous ne le combattons pas. Nous ne le contestons même pas. L’homme blanc nous a dit que c’était comme ça, et nous avons dit oui, mais quand l’homme blanc nous a-t-il jamais dit qu’une chose était bonne pour nous et que cette chose était vraiment bonne ? Ils disent tu es un sorcier africain, et alors ? Et alors ? Qui leur a dit ce qu’est un sorcier ? »

 

Ceux qui partent souffrent, ceux qui restent luttent. Les Blancs vendent les Ashantis, ce peuple de guerriers fiers de son histoire mais ils veulent aussi posséder leurs terres. Le peuple Ashanti va se battre pour garder ce qui est à lui.

 

Je salue le travail de documentation de l’auteure qui a su représenter l’histoire du Ghana pendant trois siècles. Yaa Gyasi est sagace, sa plume est captivante, ses phrases percutantes. Son roman m’a davantage permis de saisir le danger de l’histoire unique

« C’est le problème de l’histoire. Nous ne pouvons pas connaître ce que nous n’avons ni vu ni entendu ni expérimenté par nous-mêmes. Nous sommes obligés de nous en remettre à la parole des autres. Ceux qui étaient présents dans les temps anciens ont raconté des histoires aux enfants pour que les enfants sachent, et qu’eux-mêmes puissent raconter ces histoires à leurs enfants. Et ainsi de suite, ainsi de suite. Mais maintenant nous arrivons au problème des histoires conflictuelles. Kojo Nyarko dit que les guerriers qui arrivèrent dans son village portaient des tuniques rouges, mais Kwame Adu dit qu’elles étaient bleues. Quelle histoire faut-il croire alors ? »
Les garçons n’émirent aucun son. Ils restèrent à le fixer, attendant la suite.
« Nous croyons celui qui a le pouvoir. C’est à lui qu’incombe d’écrire l’histoire. Aussi quand vous étudiez l’histoire, vous devez toujours vous demander : “Quel est celui dont je ne connais pas l’histoire ? Quelle voix n’a pas pu s’exprimer ?” Une fois que vous avez compris cela, c’est à vous de découvrir cette histoire. À ce moment-là seulement, vous commencerez à avoir une image plus claire, bien qu’encore imparfaite. »

 

 

Effia ne comprenait pas ce besoin d’appeler une chose « bonne » et une autre « mauvaise », celle-ci « blanche » et cette autre « noire ». Dans son village, chaque chose était un tout. Chaque chose pesait le poids de tout.

 

 

 

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman mais je préfère m’arrêter là et vous demande humblement de lire ce roman. Ne passez pas à côté de cette belle lecture.

Lien d’achat : ICI

 

fleur v1

 

 

 

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L’île sous la mer : la soif de liberté

Mon challenge littérature sud-américaine se poursuit. Honneur à une auteure chilienne aujourd’hui.

L'île sous la mer par Allende

1770, Saint-Domingue.
Zarité Sedella, dite Tété, a neuf ans lorsqu’elle est vendue comme esclave à Toulouse Valmorain, jeune français tout juste débarqué pour prendre la succession de son père, propriétaire terrien mort de syphilis. Zarité va découvrir la plantation, avec ses champs de canne à sucre et les esclaves courbés sous le soleil de plomb, la violence des maîtres, le refuge du vaudou. Et le désir de liberté. Car entre soldats, courtisanes mulâtres, pirates et maîtres blancs, souffle le vent de la révolte. Lorsque Valmorain, réchappé de l’insurrection grâce au courage et à la détermination de son esclave, parvient à embarquer pour La Nouvelle-Orléans, Tété doit le suivre.
Mais la lutte pour la dignité et l’émancipation ne peut être arrêtée…

 

l'Afrique écrit

Parfois, j’ai envie de penser que l’esclavage n’a jamais existé, que des humains n’ont jamais infligé les pires souffrances physiques et morales à d’autres êtres humains. Je ferme les yeux, imagine ce monde sans esclavage. Puis, la réalité me frappe en plein visage. Les chants des morts en mer, des femmes violées, humiliées, des rebelles torturés résonnent.

L’île sous la mer relate ce crime contre l’humanité. A travers les yeux de Tété, on imagine ce qu’ont dû vivre les milliers de noirs déportés, réduits en esclavage. On salue leur révolte, leur combat pour la restauration de leur dignité.

J’ai beaucoup appris sur la hiérarchisation de la société en fonction du degré de sang blanc qui coule dans les veines, les origines de Haiti et Toussaint Louverture, la Louisiane. C’est un roman  fort sur la révolution des esclaves, leur soif de liberté, leur désir de rester attaché à leur culture malgré la domination occidentale.

Plusieurs portraits de femmes sont faits  :

  • Adèle, femme timide qui accepte de vivre son amour avec un homme blanc dans l’ombre puisqu’elle est noire
  • Violette, femme sensuelle, courtisane mulâtresse avide de richesse qui désire les hommes plus qu’elle ne les aime
  • Tété, l’esclave, femme-objet pour son maître, qui vit pour connaître un jour la liberté. 

 

A travers elles, on suit la condition des femmes à cette époque comme l’indique cet extrait de dialogue :

– Tout le monde veut être libre

– Les femmes ne le sont jamais, Tété. Elles ont besoin d’un homme qui prenne soin d’elles. Lorsqu’elles sont célibataires, elles appartiennent à leur père et lorsqu’elles se marient, à leur époux. 

 

J’ai apprécié la diversité des profils psychologiques des personnages : femme timide, femme sensuelle, femme cupide, homme lâche, violent, courageux, compatissant, combattant.

Ce roman est une ode à l’amour passion. Divers couples se forment au fil du récit. J’ai été touchée par celui de Gambo et Tété et celui qu’a éprouvé Etienne pour Violette. Il l’a aimée et épousée malgré son statut de courtisane mulâtresse. 

C’est aussi un hymne à l’amour maternel, que l’enfant soit issu de nos entrailles ou non.

Il y a une chose qui m’a fait grincer les dents :  l’inceste qui se déroule dans le dernier quart du roman. 

J’ai lu un roman riche tant par les thèmes qu’il aborde que par les sentiments qu’il fait naître. Le lecteur passe de la haine à l’amour, de la joie à la tristesse, de la peur à la sérénité, de la lâcheté au courage, de la détermination à la résignation. 

J’ai passé un bon moment de lecture. Nul doute qu’il en sera de même pour vous. 

 

La citation à méditer 

Je n’aime pas l’esclavage, je vous l’assure, et j’aime encore moins vivre ici, mais il faut bien que quelqu’un dirige les colonies pour que vous puissiez sucrer votre café et fumer un cigare. En France, on profite de nos produits, mais personne ne veut savoir comment on les obtient. Je préfère l’honnêteté des Anglais et des Américains […]

 

Que lisez-vous en ce mercredi ?

Quel roman sur l’esclavage vous a fortement remué ?

 

signature coeur graceminlibe

 

 

 

 

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Les puissants de Vic James tome 1 : Esclaves

J’ai reçu ce tome 1 de Vic James suite à un concours organisé par Vendredi Lecture en octobre dernier. Merci aux éditions Nathan pour ce beau cadeau. Il me tarde de lire les 2 autres.

Les Puissants, tome 1 : Esclaves par James

Dans une Angleterre alternative, chacun doit donner 10 ans de sa vie en esclavage.

Seuls quelques privilégiés, les Égaux, riches aristocrates aux pouvoirs surnaturels, restent libres et gouvernent le pays.

Abi, 18 ans, et son frère Luke, 16 ans, voient leur destin bouleversé quand leurs parents décident de les emmener accomplit en famille leurs jours d’esclavage.
Abi devient domestique au service de la puisse famille Jardine. Le somptueux décor dans lequel elle évolue dissimule en réalité des luttes de pouvoir sans pitié.
Le sort de Luke n’est guère enviable, puisqu’il est exilé dans la ville industrielle de Millmoor. Dans un environnement brutal et pollué, il s’épuise à la tâche. Cependant, d’autres, comme lui, partagent ses idéaux de liberté. Il découvre alors qu’il existe un pouvoir bien plus grand que la magie : la rébellion.

mon-avis-de-lecture

Chaque chapitre donne la parole à un personnage et donne lieu à une narration alternée. Luke et Abi sont les narrateurs principaux mais Sylien, Euterpe, Gavar et Bouda narrent également. Cette narration alternée permet de saisir les ressentis du personnage lui-même et non à travers un autre personnage. 

Au début, je n’ai pas compris le DON. J’ai eu du mal à situer l’univers dressé par l’auteure. Les éclaircissements sont venus au fil de l’eau.

Nous sommes dans une Angleterre gouvernée par les doués. Chacun d’eux a des pouvoirs surnaturels : pénétrer dans l’esprit d’autrui, effacer la mémoire, provoquer des explosions, etc…

Ces doués ont instauré l’esclavage. Les humains sans don leur donnent 10 ans de leur vie. Luke et sa famille ne seront pas une exception. Si Luke devient esclave à Millmoor, sa famille est réduite en esclavage chez les Jardine.

 

Avec Luke, je me suis rebellé contre cette injustice, cet accaparement de la liberté par une poignée d’hommes, cette inégalité où des hommes usent et abusent de leur pouvoir. J’ai été choquée par l’état de Chien, l’homme-bête. Sa condition est terrible, inhumaine.

J’ai approuvé tous les actes de rébellion orchestrés par Jackson, Renie, Ange, Oz. J’estime d’ailleurs qu’il n’y en a pas eu assez. 

Il y a quelques longueurs notamment sur la généalogie des Jardine, quelques temps morts mais la lecture reste dynamique grâce aux retournements de situation, aux conspirations de Lord Rix, lourdes de conséquences. L’auteure a réussi à me surprendre notamment sur la réelle identité de Jackson et Ange.

La fleur bleue a apprécié la touche de romance présente dans le livre. Je suis tombée sous le charme des frères Jardine et leurs personnalités distinctes. 

Commençons par Gavar, le biker. L’aîné Jardine a un côté mystérieux. Derrière son air dur, se cache sûrement un homme sensible vu sa relation avec sa fille et Daisy, la petite sœur de Luke et Abi. Son père le sous-estime, il supporte de moins en moins les stratégies politiques de ce dernier. Une révolte intérieure émerge en lui. Explosera-t-elle dans le tome 2 ? Son mariage  arrangé avec Bouda, Égale assoiffée par le pouvoir et l’ascension sociale se fera-t-il ?

Jenner, le cadet est un Égal sans don. Il se caractérise par sa douceur, sa bonté. Il est plutôt mou. S’affirmera-t-il plus dans le tome 2 ?

Silyen, le benjamin, est le plus rusé des frères, le plus sarcastique, le plus dangereux. Son don est plus puissant que celui de son frère Gavar. J’ai apprécié son côté ténébreux. Il est un réservoir de surprises. 

Ce tome 1 a été une découverte intéressante. Sa mélodie de fin se compose de notes de suspense et présage un tome 2 mouvementé, haletant. Que deviendront Luke et Abi  ? Qui abolira l’esclavage : Gavar, Silyen ou Jackson ?  

 

fleur v1

 

 

 

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Entre Chiens et Loups – Tome I ou la suprématie du Noir

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s’affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C’est un monde où Callum et Sephy n’ont pas le droit de s’aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d’un rebelle clandestin.

l'Afrique écrit

J’ai terminé deux romans avant Entre chiens et Loups et je me sentais lasse d’écrire les chroniques. Malade, j’ai décidé de les remettre à plus tard et de stopper mon activité sur le blog.

J’ai lu Entre Chiens et Loups durant ma convalescence et aussitôt terminé, j’ai eu envie d’écrire les émotions ressenties lors de ma lecture.

Cette lecture restera longtemps dans ma mémoire et je vous dis pourquoi.

Et si le monde tournait à l’envers ? Et si le monde n’était pas dominé par les Etats-Unis, l’Europe mais par l’Afrique, les Noirs ? Et si les dominants devenaient les dominés ?

Et si les immigrants devenaient ceux qui refusaient l’asile ? Je me suis posée ces questions à chaque fois que l’Afrique tendait la main pour une quelconque aide humanitaire, à chaque fois que la belle France s’ingérait dans notre politique oubliant que l’Afrique n’est plus une colonie, à chaque fois que le hashtag #Blacklivesmatter apparaît sur Twitter.

J’ai rêvé d’un monde où les blancs subiraient tout ce que les noirs ont subi pendant des siècles et expérimenteraient ce qu’on appelle le racisme vu qu’ils pensent souvent qu’on exagère. J’ai rêvé d’un monde où ils pourraient enfin marcher dans nos chaussures. Malorie Blackman m’a dessiné ce monde dans cette dystopie.

Dans cet univers, les Primas (les noirs) sont les chefs, la race élue, les Nihils (blancs) sont le néant, la race inférieure.

Les blancs sont méprisés. Leur sont réservés les jobs de bas niveau (femmes de ménage, chauffeurs) Ils n’ont aucun droit, sont suspectés d’être des voleurs à chaque fois qu’ils passent dans les magasins. J’avoue, j’ai souri. Les Noirs ont un instant de répit, dans ce livre, le mal ne les poursuit pas….

Etant noire, j’aime que le mauvais rôle soit enfin attribué à une autre race mais face à tant d’injustices subies par les Nihils, je m’arrête. Je dépasse le stade de race, je redeviens humaine et je me dis qu’aucun Homme peu importe sa race ne doit subir autant d’humiliation, être privé des choses élémentaires comme l’accès à une bonne éducation, la dignité, la confiance. Tous les hommes doivent être égaux peu importe leur couleur de peau.

J’ai éprouvé beaucoup de peine pour Callum, ce Nihil qui ne demandait qu’une meilleure vie et le respect de ses droits humains, j’ai eu de la peine pour sa mère privée de sa famille, j’ai eu de la peine pour Jude, le fils rebelle qui en avait assez de tous les mauvais traitements des Primas et qui à sa manière a tenté de renverser l’ordre établi par la société. 

J’ai éprouvé de la haine pour le père de Sephy, cet homme qui abuse de son pouvoir.

J’ai été attendrie par l’amitié entre Sephy et Callum, émue par leur amour interdit par leur société.

Ce roman est bouleversant, j’ai eu la larme à l’œil à la fin. J’ai eu tellement de mal pour Callum. L’auteure a traduit fidèlement sa détresse comme tous les sentiments présents dans le roman.

De plus, la lecture est très rapide. Je vous la recommande avec une vive énergie.

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Version originale : anglaise
Titre : Noughts & Crosses
Éditeur : Doubleday
Date de parution : 2001

Version française
Éditeur : Milan
Existe en format numérique et papier

L’origine de l’histoire racontée par Malorie Blackman

J’avais eu l’idée d’écrire une histoire sur l’esclavage pendant un certain temps, mais la réaction de mes amis était pour le moins tiède.
« L’esclavage est dans le passé », « Pourquoi voulez-vous ressasser quelque chose de si douloureux? », « Pourquoi les noirs parlent-ils toujours de l’esclavage? »

Presque tout le monde à qui j’ai parlé à ce sujet était du point de vue «Passons à autre chose.» Mais je voulais écrire une histoire sur l’héritage de l’esclavage. Je crois vraiment que le sujet de l’esclavage est terriblement important – surtout de nos jours. Je pense que cela donne un contexte à la pensée et aux attitudes occidentales modernes concernant d’autres races et cultures.

Mais les commentaires que j’ai reçus ont semé la graine de l’idée de morpion dans mon esprit. Il m’est venu à l’esprit que l’histoire que j’avais en tête serait plus difficile à écrire et, je l’espère, à lire si je jouais avec les perceptions que les gens avaient de la société présentée dans l’histoire. Je voulais transformer la société telle que nous la connaissons en tête dans mon histoire, avec de nouveaux noms pour les grandes divisions de la société, c’est-à-dire Noughts (la sous-classe) et Crosses (la majorité, la société dominante). La race et le racisme sont des problèmes émotionnels que la plupart des gens détestent aborder mais je pense qu’ils devraient, aussi douloureux soient-ils. Je voulais que la société de mon livre soit vue de deux points de vue différents (Callum et Sephy) pour montrer comment nos perspectives colorent notre pensée. L’adage, «vous ne pouvez pas vraiment connaître quelqu’un jusqu’à ce que vous ayez marché dans leurs chaussures», est comme tous les clichés la plupart du temps vrai. Je pense que c’était l’idée que j’avais en tête quand je me suis mis à écrire Noughts and Crosses. Je pense que c’est Nietzsche qui a dit: « Il n’y a pas de vérité, seulement des perspectives. » Et plus vous avez de perspectives, plus vous vous rapprochez de la vérité.

Pour en savoir plus sur cette interview de l’auteure en anglais, cliquez ICI

 

GM signature

 

 

Publié dans Périple

Africa Tour Challenge – 48 heures à Lomé, capitale de la moto

Vivre c’est être curieux, découvrir.

Vivre c’est découvrir l’inconnu, l’autre

Vivre c’est voyager.

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Je rêve depuis quelques années  de connaître un peu plus mon continent africain, l’Afrique subsaharienne en particulier. Cette année, j’ai eu l’occasion de réaliser mon rêve. J’ai passé une semaine à  environ 727 km de chez moi dans la ville de…

LOME

3h 30. C’est la durée du trajet Accra- Aflao en mini-car. Aflao est la ville frontalière avec le Togo.

Il n’y a pas grand chose à visiter à Lomé alors si par hasard, vous arrivez dans cette ville, voici les 10 commandements qu’il vous faudra respecter 

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1. Tes affaires personnelles, tu protégeras.

On ne sait jamais, des esprits mal intentionnés peuvent se réveiller alors on fait attention à ses affaires quand on est dans des lieux publics. Si comme moi, vous venez  (ou quittez) à Lomé par le car, à la gare d’Aflao, méfiez-vous des inconnus. Il y a souvent des trafiquants et des voleurs. Évitez d’emprunter des moto-taxis pour entrer au Togo. Privilégiez les transports en commun afin de ne pas vous trouver tout seul.

En quittant Lomé, aux postes de contrôle, il y a un jeune homme qui m’a abordée et qui voulait soit disant m’aider dans mes démarches aux postes de contrôle frontalier ghanéens. Il voulait que j’achète des élastiques chez un spécialiste assis derrière une cabine pour faire des liasses de mes billets de francs CFA. Selon lui, les policiers pouvaient me taxer si je ne le faisais pas. Il m’a prise pour une go nunuche, le mec. J’ai heureusement réussi à me débarrasser de lui.

2. La moto, tu respecteras

J’ai été surprise de voir que le 1er moyen de transport à Lomé était la moto. Il y a plus de motos que de voitures, c’est hallucinant ! Ils sont omniprésents et ne sont pas souvent d’excellents conducteurs. Faites donc bien attention si vous partagez la route avec eux. 

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Source : la plume parlante

3. Un tour à la cathédrale du Sacré-Cœur, tu feras

La cathédrale de Lomé est un monument historique de la capitale togolaise. De style gothique, elle a été construite en 1901-1902 par des missionnaires catholiques allemands. Malheureusement, en janvier dernier, la cathédrale a subi un important incendie. Je n’ai donc pas pu visiter l’intérieur. 

 

4. Au marché, tu t’épanouiras

J’ai apprécié mon séjour pour les bonnes affaires que j’ai pu faire au grand marché  adawlato.  J’ai acheté à bas prix des ballerines (2500 francs CFA, environ 4 euros) , des tissus dont le mètre est à 500 francs (moins d’un euro), des pagnes, de la lingerie. Je retournerai volontiers à Lomé pour faire du shopping.

5. A la villa, tu prendras un verre

Si vous aimez la vie nocturne et les bars lounge classes, la villa est faite pour vous. L’endroit est agréable, le service impeccable, les prix raisonnables.

la villa bar lounge Lomé

6. A la plage, tu te détendras

Lomé est une ville maritime. Si vous voulez profiter de la plage au calme, rendez-vous à Agbodrafo, une ville à quelques kilomètres de Lomé. 

Il n’y a pas grand monde, seul ou en famille vous pourrez profiter de l’air frais, contempler la nature, nager.

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7. A la maison clandestine des esclaves, tu te recueilleras

Agbodrafo est un lieu de détente, un lieu qui fait vivre la mémoire également. Dans cette ville, j’ai été surprise de découvrir une maison clandestine d’esclaves : la maison Wood ayant appartenu au négrier John Wood et désormais inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les pièces supérieures étaient utilisées comme hébergement pour les négriers, tandis que les caves servaient de casernement des esclaves. Ces derniers y étaient poussés depuis l’extérieur à travers plusieurs soupiraux. Une petite trappe située dans le salon permettait un accès aux caves pour les négriers. Je suis descendue dans la cave à travers cette trappe.

maison des esclaves trappemaison des esclaves togo

Contrairement à ceux enfermés dans les forts construits sur la côte du golfe de Guinée dans le cadre du commerce triangulaire, les esclaves de la Maison de Wood ne pouvaient pas se tenir debout dans leur lieu de confinement. Ils étaient à quatre pattes dans cette cave ! J’ai essayé et ça devait être horrible de rester dans cette position pendant des heures. L’esclavage a vraiment été un crime contre l’humanité. 

Après cette visite de groupe qui nous a coûté 5000 francs CFA, nous sommes allés dans un endroit incontournable de Lomé : Chez Marcelo.

8. Au Marcelo Beach Club, un tour, tu feras

Cet espace situé en bord de mer à Baguida vous offre un cadre relaxant pour profiter du week-end. Sous des paillotes, allongés sur des transats, faites-vous servir des cocktails avant d’aller piquer une tête dans la mer houleuse. 

marcelo beach club lome

Avec mes amis, nous avons pris une girafe de monaco. Une activité à refaire avec grand plaisir. 

MARCELO BEACH GIRAFE MONACO

9. A la cuisine togolaise, tu goûteras

  • A midi, tu feras découvrir à tes papilles gustatives, le pinon

Le pinon est une pâte préparée avec du gari (une semoule finement granulée obtenue à partir de la pulpe de manioc fermentée, écrasée, tamisée puis séchée au feu) accompagnée de sauce tomate. Nous l’avons dégusté avec du poisson frais. 

  • A 16 heures, tu goûteras au Kélé wélé

Ce sont des frites de bananes coupées généralement plus fines et pimentées. 

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source : cuisine 228
  • Au dîner, tu prendras du com 

Un plat à base de farine complète de maïs fermenté, moulé dans des feuilles de maïs. Il se mange avec du poisson frit, de la sauce tomate et un piment spécial dit « piment noir ». Testé et approuvé !

com-plat-togolais

10. A des salons, tu participeras

Au risque de me répéter, à Lomé, il n’ y a pas grand chose à faire alors s’il y a des salons organisés, allez-y ! J’ai donc accepté d’accompagner mon amie au salon du mariage organisé au Radisson Blu Hôtel. 

Ce salon m’a permis de découvrir Wina Max, une marque togolaise de création de pagne. 

 

 

salon du mariage lome

 

J’ai acheté un morceau du pagne ci-dessous (2 yards) à 3500 francs (environ 5 euros)

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Qui dit mariage, dit dragées. Rose Claire était présente au salon et nous a fait goûter des dragées à la mangue, passion, melon, chocolat blanc. Une très belle découverte.

rose claire dragees

 

Mon prochain séjour au Togo se fera à l’intérieur du pays. En attendant, êtes-vous prêts pour le portrait chinois de la ville ? 

portrait-chinois-1

 

Si Lomé était un type d’art ?

Les arts de la scène (théâtre, danse, cirque).

 

Si Lomé était une couleur ?

Le marron. 

Si Lomé était un personnage de Cartoon ou Disney  ?

Pumbaa dans le Roi Lion. 

Si Lomé était un moyen de communication ?

La radio.

Si Lomé était un signe de ponctuation ?

Les parenthèses.

Si Lomé était une planète ?

Pluton, la planète naine.

Si Lomé était  un des quatre éléments fondamentaux ?

L’eau

Si Lomé était un type de nage ?

La brasse.

Si Lomé était un des cinq sens ?

L’ouïe.

Si Lomé était une forme géométrique ?

Un cercle.

 

Si Lomé était une pièce de la maison ? 

La chambre.

Si Lomé était une heure de la journée ?

15 heures.

 

Si Lomé était un épice ?

Le curcuma.

 

Avez-vous déjà entendu parler de cette ville ? A quelle occasion ? Y a-t-il une ville africaine que vous aimez particulièrement ?

GM signature

Publié dans Revue cinéma

TAG CINEMA : le 7e art de Grâce Minlibé

Je rédigeais ma revue du film THE CEO quand j’ai été illuminée, la Muse du blog m’a demandé de faire un TAG qui porterait sur le cinéma !

Chers amis, c’est avec un immense plaisir que je vous parlerai des films qui m’ont marquée. 

 

tag-cinema-grace-minlibe

 

1) Petite question d’introduction, quand je vais au cinéma, quelle est la place où je préfère aller m’asseoir ?

Les sièges du haut, en milieu de rangée.

2) Ai-je déjà quitté la salle au milieu d’une séance ? 

Non, je suis une jusqu’au boutiste. Je termine toujours les livres même ceux qui m’ennuient, j’en fais autant pour les films. 

3) Passons aux choses sérieuses. Quel film m’a révélé un de mes acteurs favoris ?

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Cet excellent film d’action m’a révélé le talentueux Nicolas Cage.

Après ce film, j’ai regardé : Bangkok DangerousPrédictionsBad Lieutenant : Escale à La Nouvelle-OrléansGhost RiderBenjamin Gates et le Trésor des Templiers

4) Dans quel film aurais-je aimé avoir un rôle ? 

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C’est un excellent film d’action. Le suspense est présent du début à la fin, pas de temps pour s’ennuyer. J’aurais aimé jouer le rôle de Lynne Jacobs, directrice du United States Secret Service

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5) Un film que j’aurais aimé écrire/produire

 

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J’ai été épatée par la qualité de ce film et la façon dont a été traitée l’esclavage. La réalisation est sans bavure, les dialogues savoureux, l’interprétation étonnante. J’aimerais écrire et produire des films de cette qualité. 

6) Un film que j’ai regardé plus d’une fois

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Grande fan des couples mixtes, j’avais adoré le couple formé par Sanaa Lathan et Simon Baker. J’ai aimé leur rapprochement, leur essai, leur rupture. Bref, j’ai tout aimé.

J’avais emprunté le DVD à ma coloc de l’époque. Je le regarde au moins une fois chaque année. 2016 a été une exception 😀

Résultat de recherche d'images pour "something new film"

7) Le couple d’acteur qui me ferait rêver à l’écran 

Keanu Reeves, l’amour de ma vie et Halle Berry, une actrice que j’admire pour son talent et sa beauté. 

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8) Le dernier film que j’ai vu en salle

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9) Un film dont j’ai regretté d’avoir payé la place

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Je n’ai jamais vu un film aussi insipide que celui-ci. Le film est sans scénario, tout est prétexte à tuer, violenter. Seul Dieu peut réellement pardonner tant d’imperfections dans une production. 

10) Un film qui m’a boostée 

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Un puissant film qui nous rappelle la puissance de la gratitude même dans les moments sombres, un film qui a ranimé ma foi et m’a rappelé qu’avec Dieu tout est possible.

11) Un film qui m’a révoltée 

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J’ai toujours mal au coeur quand je regarde des films qui traitent de l’esclavage. Je suis toujours révoltée quand je vois des humains se croire supérieurs à d’autres à cause de leur couleur de peau et quelle couleur ! 

#Blacklivesmatter

12) Un film qui  m’a donné envie de tomber amoureuse

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Ce film ne prend pas une ride et la cause : c’est une romance à l’état pur. Simple mais profonde. Kevin Costner er Whitney Houston m’ont fait grandement rêver, leur duo est juste parfait !

13) Un film qui m’a fait flipper 

Le dernier en date qui m’a fait flipper est 

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Une famille en proie à une mystérieuse créature qui ne vit que dans le noir.
Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c’est au tour de son petit frère Martin d’être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Chez moi, on dit :  ouaiye c’est du bon ! J’ai eu très peur de cette ombre malfaisante qui se nourrit de la peur. 

14) Un film où j’ai failli mourir de rire

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Un casting de feu, un scénario hyper délirant, ça donne un film génialissime. J’ai ri, ri, ri…. 

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15) Un film qui m’a fait pleurer comme une madeleine

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Le film retrace l’action de Paul Rusesabagina, un hutu, gérant de l’hôtel quatre étoiles Les Mille Collines à Kigali, qui abrita et sauva 1268 Rwandais tutsis et hutus modérés dont sa propre famille, menacés par le génocide rwandais de 1994. J’ai pleuré d’impuissance, de colère face à la méchanceté de l’homme. 

16) Un film dont j’ai aimé un personnage en particulier

 

WAR ROOM est un film fascinant plein d’humour et d’engagement qui explore le pouvoir que la prière peut avoir dans le mariage, l’éducation des enfants, la carrière professionnelle, l’amitié et d’autres domaines de notre vie.

Image associée

J’ai beaucoup aimé Miss Clara, son rôle d’intercesseur, sa vie de prière. C’est un modèle pour moi. J’ai beaucoup aimé le rôle qu’elle a joué dans la vie d’Elizabeth. Ca a été une véritable connexion divine.

17) Si je devais passer une soirée avec un réalisateur, ce serait 

Mel Gibson, le réalisateur de la passion du Christ. J’ai tant de questions à lui poser sur ce film qui m’a permis de voir réellement ce que Christ a enduré à la croix pour moi et pour toi également. 

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J’espère que ce tour dans ma cinéthèque vous a plu. Avez-vous vu ces films ? Vous ont-ils plu ?

Avez-vous envie de vous prêter au jeu ? J’ai hâte de lire vos réponses aux 17 questions en commentaire.

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Sept histoires qui reviennent de loin

Sept histoires qui reviennent de loin Jean-Christophe Rufin

Sept nouvelles avec chacune son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu.

Sept nouvelles drôles, tendres.

Six lieux du monde: Kirghizie, île Maurice, France, Italie, Mozambique, Sri Lanka

Sept instants de vie …

Passion francophone, le 1er récit du recueil est l’histoire d’une jeune femme, fille du secrétaire général du Parti communiste kirghiz,  amoureuse de la langue française. Elle l’a apprise avec un professeur particulier et rêve depuis toujours de venir en France. Quand son rêve est enfin réalisé, elle s’aperçoit d’une chose : les français ne semblent pas reconnaître la langue qu’elle parle.

Cette histoire est tout simplement drôle et rafraîchissante.

Les naufragés … une femme, lointaine descendante des premiers arrivants sur une île sent venir le déclin. Cette  affreuse nostalgique du temps colonial, monde ordonné sur lesquels les Blancs régnaient en maître,  où les castes ne se mélangeaient pas, où l’on n’accordait aucun intérêt aux Indiens, se sent envahie par ceux-ci depuis qu’ils se sont emparés du pouvoir politique. Leurs divinités envahissent sa crique, lui donnent l’allure des rives du Gange. Les constructions pauvres et terriblement désordonnées ont remplacé les lieux familiers, sombres et déserts.

« la cohabitation harmonieuse de toutes les ethnies », ce couplet que récitent les touristes, elle ne le supporte pas, elle ne le vit pas.

Cette femme veut conserver autour d’elle une ultime portion de son passé (quand ils étaient les maîtres de l’île), elle ne veut pas qu’on déforme son espace vital. Quand son droit n’est plus respecté, elle commet l’irréparable…

Cette nouvelle met en évidence une question contemporaine : la mixité, la cohabitation de peuples autochtones et immigrés. Elle met en évidence la difficulté de vivre ensemble, le mépris que subissent certains parce qu’on leur fait porter les fautes de leurs ancêtres colons, la liberté de l’autre qu’on étouffe au nom de notre liberté personnelle.

Sans la 4ème de couverture, je n’aurais pas deviné que l’île en question était l’île Maurice. A aucun moment, l’auteur ne le formule clairement. Il donne des informations sur la période coloniale mais quand on ne maîtrise pas l’Histoire et la Géographie eh bien après avoir fermé le livre, on se demande toujours de quelle île il était question.

Le refuge Del Pietro… un homme de petite taille dont l’accoutrement est une véritable panoplie d’alpiniste des années trente dîne dans l’un des restaurants de la région du Passo Falzarego. Tout semble l’insupporter, il a l’air de mauvaise humeur. Cet homme sur qui les dirigeants de la Fédération de Haute Montagne avaient fondé de grands espoirs a attendu 32 ans pour revenir à la montagne et n’y retournera jamais plus. Pourquoi ?

En découvrant la raison, on ne peut s’empêcher de rire tant elle est drôle. Ce récit m’a rappelé toutes les fois où mon entêtement n’a servi à rien.

Nuit de garde… on demande à un interne de signer en pleine nuit l’acte de décès d’un patient à distance, sans avoir eu un contact direct avec lui ou examiné, chose contraire à la déontologie. Il décide de se rendre au bâtiment ou le trépassé l’attend afin de l’examiner.

Je n’en dis pas plus parce que ça ne servirait à rien, j’ai trouvé cette nouvelle fade, sans réel intérêt. J’ignore son rôle dans ce recueil.

Les fiancés de Lourenço Marques … Des fiancés de 20 ans débarquent en Mozambique et se séparent pour permettre à l’un de vivre ses rêves, l’autre d’avoir l’amour total qu’il mérite. Quarante ans plus tard, ils se retrouvent là où ils s’étaient quittés: Maputo.

L’auteur décrit de façon délicate la ville de Maputo, on ne se retrouve donc pas en plein cours d’Histoire. Le ton doux avec lequel le narrateur-personnage relate ses souvenirs  et  cet amour qui a résisté au temps donnent un intérêt à l’histoire.

Garde-robe… Reiter, un employé des Nations Unies à Colombo s’inquiète du comportement de Rahawal,  son majordome pacifique et pourtant capable d’une incroyable violence, un homme qui s’affiche en faveur des rebelles qui fanatisent des enfants pour en faire des combattants aveugles, justifie la torture et les exécutions arbitraires.

Le récit donne un visage humain aux fanatiques, à ceux qui excusent les guerres. Je n’ai pas apprécié cette nouvelle, je ne l’ai pas détesté non plus. Les enfants rebelles ne m’ont pas attendrie parce que l’auteur ne s’est pas vraiment attardé sur le sujet.

Train de vie… Paris, Gare de l’Est. Rokaya, une jeune africaine monte à la dernière minute dans un vieux Corail qui continue jusqu’à Luxembourg. Son voisin semble s’intéresser à elle. La conversation s’engage et l’on découvre au fil de cette discussion animée le parcours d’une gamine courageuse à qui la vie n’avait fait aucun cadeau mais qui n’avait jamais renoncé, une jeune femme prête à tout pour ne pas laisser passer sa chance…

Les touches d’humour, de sensualité et de sournoiserie contenues dans l’histoire la rendent agréable à lire.

En somme, j’ai passé un moment rapide et agréable de lecture. J’espère que vous apprécierez le livre autant sinon plus que moi.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre