Publié dans Arrêt sur une oeuvre

The real thing – J.J Murray

C’est la Saint-Valentin ! Et pour marquer l’événement de façon littéraire, quoi de mieux que de parler de romance ?

Jusqu’à la fin de ce mois, je ne vous présenterai que des romances, histoire de célébrer l’amour et de voir la vie en rose.

La romance à l’honneur aujourd’hui est écrite par un homme. Je vous avais déjà présenté l’un de ses livres, ici.

L’ancien champion de boxe Dante « Blood and Guts » Lattanza fait l’objet d’un article dans le numéro « Sexiest Men Alive » du magazine Personality, et la journaliste Christiana Artis a le scoop. Il n’y a qu’un seul hic : elle doit se rendre au Canada, chez son sujet insaisissable. Mais une fois qu’elle a posé les yeux sur le physique ciselé de Dante et son allure italienne sulfureuse, elle décide que chaque kilomètre en valait la peine. Dommage que son comportement glacial ne corresponde pas à son corps sexy.

Depuis qu’il a perdu son dernier combat il y a dix ans, Dante ne donne jamais d’interviews. Mais maintenant, il est prêt à prouver au monde entier – et à son ex-femme – qu’il peut encore gagner un championnat. Il lance un ultimatum à Christiana : si elle réussit les cinq challenges qu’il lui lance, elle pourra lui poser cinq questions. Et ensuite, elle pourra partir. Pourtant, Dante a toujours eu un faible pour les belles femmes noires, et voir Christiana tous les jours suffit à faire fondre ses défenses. Bientôt, elle fait partie intégrante de l’histoire qu’elle est venue écrire…

J’ai découvert ce roman grâce à Youscribe. Je suis tout de suite tombée sous le charme de la personnalité de Christiana. C’est une femme noire de 35 ans, pétillante et comique ! Elle a surtout confiance en elle, elle fonce quand elle désire quelque chose et c’est un point que j’ai largement apprécié dans cette romance. On est très loin des clichés.

L’autre point positif: la narration interne. On a le point de vue de Christiana et ça m’a fait du bien de lire une romance du point de vue du personnage.

Nos protagonistes ont du vécu sentimental, surtout Dante, le beau brun italien de 42 ans. Il est séparé de sa femme, la mère de son fils, mais il ne l’a pas oubliée. Il semble très lié à elle. Cet homme a des valeurs. Pour lui, le mariage c’est pour la vie. Il veut d’ailleurs remonter sur le ring pour elle.

Christiana a donc un adversaire de taille à écarter de son chemin pour atteindre le cœur de Dante mais elle ne va pas s’avouer vaincue, non sans avoir joué toutes ses cartes…

Au niveau de la romance, ce n’est pas le romantisme à l’état pur mais l’essentiel s’y trouve: quelques moments de tendresse, de la séduction. Un kudos à l’auteur pour la scène de flirt.

Dante et Christiana forment une belle paire.

The real thing est une sympathique histoire d’amour même si j’ai noté quelques imperfections: quelques mots vulgaires, des descriptions dont on aurait pu se passer…

J’ai lu le livre en VO et le niveau de langue est accessible.

Sur ce, je vous laisse avec quelques doux extraits

‘I’m giving you my heart, Dante. Freely, and with no reservation. It’s yours. »
That actually felt right. Thirty-five years I’ve waited to give my heart away, and here it is, on an outcropping at Aylen Lake, Ontario, Canada, to a man whose ex-wife is watching us from the kitchen window.

I will still fight, though, » Dante says.
The Garden becomes silent.
He winks at me. « Christiana, I will fight you for the remote control. I will fight you for the covers. I will fight you for the right to cook in my own kitchen. I will fight for air when we …  » He raises his eyebrows.
« I will fight you when we work out together and make our daughter, » Dante continues. « I will fight to hold back my tears when we are married and when I hold my daughter for the first time. » He hugs me fiercely. « See, we are fighting already. It is the sure sign of a healthy marriage. Whatever fights you get into, make sure they end in a tie. »

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La défaite des mères – Adrienne Yabouza & Yves Pinguilly

Après la box d’Août, j’ai mis une pause de deux mois à mon abonnement. Je n’avais pas encore lu le livre reçu en Août et j’avais d’autres livres à lire. Septembre est passé. Octobre a pointé son nez et lorsque j’ai vu les goodies de la Kube d’Octobre sur Instagram, j’ai flanché. J’ai passé commande.

Mon envie de lecture est toujours la même: je remplis ma carte des auteurs africains. Il me reste une dizaine de nationalités pour la terminer.

Sarah, ma fidèle libraire dans l’aventure Kube n’étant toujours pas disponible, une libraire Kube m’a été attribué. L’un de ses genres littéraires de prédilection étant la littérature étrangère, je n’avais pas de crainte. Le lendemain, en consultant le statut de ma commande, je me suis aperçue qu’il y avait eu changement de libraire. Un libraire Kube avec pour genres littéraires de prédilection la littérature française et le feel-good. Pour ne rien vous cacher, j’ai flippé. Connait-il assez la littérature africaine pour me proposer un excellent titre ?

Il m’a choisi la défaite des mères. Grâce à ce livre, je peux cocher la République Centrafricaine sur ma carte. Mais le contenu du livre est-il bon ?

Au lendemain des indépendances, Niwalie naît à Kinshasa, avant de grandir en République ­centrafricaine. Son père, chasseur de léopards, devient le garde du corps de la Première dame du pays… et disparaîtra bientôt de la vie de son enfant. Niwalie grandira essentiellement auprès de sa mère, puis donnera elle-même naissance à quatre filles. C’est donc une histoire de femmes que nous raconte ce livre. Sauf qu’il ne s’arrête pas là. C’est l’Afrique centrale des années 1970, son personnage principal. Un pays en proie à un empereur mégalo et ­tyrannique qui échange de grandes claques dans le dos avec « Végéheu, le roi de France ». La violence, la pauvreté, la guerre, l’exil. La peur d’être une femme dans ce monde-là, la peur d’être la mère de quelqu’un dans ce monde-là, surtout quand ce quelqu’un n’est pas un homme. Sans jamais se départir de son humour et de sa poésie, Niwalie dresse le portrait au vitriol d’une société sur le point d’à nouveau basculer.

J’ai eu un peu de mal avec la narration et ce style parlé, imagé qui m’a d’ailleurs fait penser à Ahmadou Kourouma. L’humour et la dérision sont fortement sollicités pour évoquer ces présidents dictateurs en RDC et République Centrafricaine avec la complicité de VGE, que dis-je Vegeheu, roi de France.

L’Afrique Centrale des années 70-80 est au cœur du récit. J’aurais voulu que les dates soient précisées car difficile de se retrouver pour qui ne connaît pas parfaitement l’histoire politique de ces 2 pays.

Cette Afrique Centrale est racontée par Niwalie. Une enfant qui aimait apprendre mais n’a pas eu la chance de poursuivre ses études scolaires ; une jeune fille qui va être donnée en mariage sans avoir son mot à dire et connaître des maternités précoces ; une jeune femme qui va se battre pour rester en vie et préserver ses filles quand vont éclater des affrontements en République Centrafricaine. J’ai eu de l’empathie pour cette femme.

Je n’ai pas du tout compris le sens du titre du roman. Je n’arrive pas à comprendre les défaites des mères qui sont présentes dans le roman.

Je m’attendais également à ce que les portraits des sœurs de Niwalie, de ses filles soient faits. A part l’une de ses sœurs qui est brièvement évoquée, on ignore ce que sont devenues ses autres sœurs.

La défaite des mères fait moins de 200 pages et c’est un avantage de taille pour moi qui aime les romans courts. La lecture n’a pas été déplaisante mais ce n’est pas un livre que je recommanderai d’instinct.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 114: Black star Nairobi

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est P comme…

Et le premier mot qui m’est venu à l’esprit est Policier

J’ai reçu un roman policier dans ma Kube d’août. C’est Camille K, libraire Kube qui l’a choisi pour moi.

Elle a répondu à mon envie qui était formulée comme suit : Je remplis ma carte des auteurs africains et j’aimerais lire un roman (ou recueil de nouvelles) en français de moins de 350 pages d’un auteur de l’une des nationalités suivantes: sierra-léonais, cap-verdien, namibien, libérien centrafricain, kenyan ou gambien. Quant aux genres, autobiographies/biographies/essais/livres de développement personnel à éviter.

Bon l’édition reçue fait 386 pages mais c’est un auteur kenyan. 🙂

Un cadavre dans la forêt de Ngong, cela n’augure rien de bon. Ishmael et O le savent bien. Surtout quand un ­attentat survient au même moment dans un grand hôtel de la capitale. Surtout quand cela se produit quelques jours avant l’élection présidentielle, dans un contexte terriblement tendu qui n’est pas sans rappeler celui ayant précédé le génocide rwandais. Nos deux détectives vont devoir suivre la piste d’un étrange groupe de Blancs ­américains, quand certains voudraient leur faire voir la signature d’islamistes. Dans cette enquête menée tambour ­battant, Mukoma Wa Ngugi nous emmène du Kenya aux États-Unis en passant par le Mexique, des bidonvilles de Nairobi aux plus hautes sphères du pouvoir politique international.

Black Star Nairobi est la deuxième enquête menée par le détective américano-kenyan Ishmael Fofana et son compère Odhiambo. Pas besoin de lire le tome 1 pour mieux cerner nos deux partenaires. Ce tome 2 se suffit à lui seul.

Au niveau du cadre spacio-temporel, le récit débute au Kenya. Nous sommes dans les années 2006-2007 après des élections présidentielles ayant entraîné des massacres inter-ethniques rappelant le génocide rwandais.

Le cadavre retrouvé dans la forêt est celui d’un noir américain. A-t-il un lien avec l’attentat qui aura lieu dans un grand hôtel dans le centre de Nairobi ?

Nos deux enquêteurs se lancent dans la traque des supposés terroristes de Nairobi à San Francisco en passant par Tijuana.

Ce thriller politique m’a permis de découvrir le Kenya de l’intérieur avec sa gastronomie, ses groupes ethniques.

L’enquête est plutôt complexe, il est difficile de croire au mobile du meurtre et des attentats terroristes. Je n’ai pas été entièrement convaincue par l’aspect géopolitique.

J’ai apprécié le rythme de l’histoire même si le suspense n’est pas régulier tout au long du récit. Il y a également beaucoup de violence dans le récit.

J’ai beaucoup apprécié suivre ce duo d’enquêteurs ainsi que Muddy, la fiancée d’Ishmael. Ils sont crédibles dans leurs craintes, leurs colères, leurs souffrances. C’est ma première fois avec l’auteur et ça a été une sympathique découverte. Mais me donne-t-elle envie de découvrir le 1er tome ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 113: Ci-gisent nos dieux de Falia

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Un roman qui se déroule en France

Je triche un peu car le roman que je vais présenter ne se déroule qu’en partie en France.

L’héroïne, Sally, originaire d’Adiyo, pays fictif de l’Afrique de l’Ouest, participe au festival International des Lettres qui devait se tenir pour la première fois depuis une décennie à Paris en période de vacances. A ce festival, elle fera une rencontre qui va bouleverser sa vie.

Avec cet homme, Alfred, elle découvre Paris

« Si vous avez eu la chance d’avoir vécu à Paris lorsque vous étiez un jeune homme, alors, où que vous alliez pour le reste de votre vie, elle reste avec vous, Paris est une fête. » Ernest Hemingway

Soir après soir, nous nous étions revus, rarement le jour, parcourant Paris à pied, en métro et en train.

Je me joignis à eux et sans me faire trop prier, leur décrivis un Paris enchanteur où les lumières étaient plus brillantes qu’au Soubel, aussi brillantes que les étoiles.

je leur parlai de Paris où les gens se pressaient, faisaient la queue, et payaient l’équivalent d’un repas pour voir une exposition de livres et des auteurs. Je leur parlai aussi du climat froid qui vous donnait l’impression de plonger votre visage dans un réfrigérateur, je leur parlai de Notre-Dame et de la tour Eiffel, du Louvres et de Montmartre.

Maintenant que j’ai justifié le choix de ce roman, et si je vous en parlais un peu plus en profondeur ? 😀

À Adiyo, pays fictif de l’Afrique de l’Ouest, des gisements de pétrole et de gaz viennent d’être découverts dans la région la plus enclavée et la plus instable du pays : le Soubel. Sally, jeune Soubeloise, issue d’une famille de hauts dignitaires religieux, rencontre Alfred, écrivain à succès, lors d’un séjour en France et l’embarque dans une odyssée qui à la fin, créera des remous tels que leurs deux vies en seront à jamais bouleversées. Et tandis qu’à Adiyo, c’est la ruée des gouvernants et des compagnies étrangères vers cette région isolée, un mouvement indépendantiste se réveille et s’allie aux islamistes d’un pays voisin, leurs objectifs : faire du Soubel un État islamique indépendant.

Si l’idylle entre Sally et Alfred peut donner à ce roman, une allure de pause romantique, l’intrigue est encore plus sombre.

Une fois la parenthèse enchantée à Paris terminée, Sally, qui vit au Soubel, va découvrir les affres de l’obscurantisme religieux, le terrorisme et les secrets de famille qui brisent…

Le récit a à plusieurs endroits une allure très intellectuelle, philosophique. J’avoue avoir survolé les références et explications religieuses qui donnaient un effet didactique au roman.

L’auteure nous interroge sur la violence qu’accompagne le terrorisme: la violence cache-t-elle de la souffrance?

Elle s’interroge sur le droit musulman qui donne plus de liberté à l’homme qu’à la femme notamment sur le fait pour un musulman de pouvoir épouser une non-musulmane quand le contraire est proscrit.

Les 2 protagonistes principaux et quelques personnages secondaires s’expriment à tour de rôle. Les noms sont indiqués ce qui évite toute confusion au lecteur.
Les personnages sont intéressants à suivre. On prend plaisir à découvrir leurs noirceurs, leurs parts d’humanité.
La plume est très soignée, le langage soutenu demande un surplus d’attention. Les références littéraires sont omniprésentes. J’ai surligné pas mal de passages durant ma lecture.

Il savait qu’il n’y avait pas que le bien et le mal, chacun dans une limite bien précise et bien distincte. Il savait que l’un et l’autre existaient, mais qu’il existait également un endroit où ils se rejoignaient, s’entremêlaient et s’embrouillaient, et cet endroit, ce quelque part, c’était le cœur des êtres humains, dans leur lutte perpétuelle et désespérée avec eux-mêmes, contre eux-mêmes dans la fuite de leur pire et la quête de leur meilleur.

Celui-ci disait : « Je t’aime et made in China sont les phrases les plus répandues au monde, les deux n’offrent aucune garantie ».

C’était ma première fois avec l’auteure et ça a été une sympathique découverte.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Chico & Rita -Fernando Trueba et Javier Mariscal

La Havane, 1948. Chico, jeune pianiste de génie, rêve de se faire une place parmi les grands du jazz. Rita, à la voix sans pareille, fascine tous ceux qui l’entendent et la voient. Au rythme du Cubop, le be-bop sauce Cuba, l’inévitable idylle se noue. Et se complique tandis que leurs carrières s’envolent et que les malices du destin les égarent sur les sentiers de la gloire. De leur île à Manhattan, de Las Vegas à Paris et Hollywood, ils se connaîtront, se reconnaîtront, se perdront de vue, se retrouveront dans un tourbillon d’afro-jazz, la bande-son de ce boléro amoureux couvrant un demi-siècle de chagrins, de luttes et de triomphes…
Sous ses airs dansants, lumineux et sexy, Chico & Rita, le roman graphique de Mariscal et Trueba, fidèle écho de leur film animé qui connaît le succès dans le monde entier, aborde des thèmes graves, l’âpreté de la réussite, l’aveuglement des sentiments, les conflits de race, de classe, politiques…

Si mes souvenirs sont bons, j’ai ajouté cette BD à ma wishlist en début d’année. Comment pouvais-je résister à la BD, genre que j’explore depuis deux ans et à la romance, ce genre dans lequel je suis tombée il y a plus de deux décennies ?

Le récit débute en 2008, l’on découvre un homme âgé qui s’appelle Chico, cireur de chaussures à la Havane. Un jour, en rentrant du travail, il écoute à la radio, une chanson qui a remporté, il y a 60 ans, le concours de radio cadena azul  » Sabor a mi » interprétée par Chico et Rita.

Ses souvenirs le mènent en 1948 et l’on découvre le jeune pianiste Chico et Rita la chanteuse. Des jeunes noirs qui vont s’aimer, se décevoir, se séparer…

La fan de romance que je suis a bien apprécié suivre ce couple entre passion et déchirement. Hélas, j’ai trouvé que les actions s’enchaînaient un peu trop vite. Certaines péripéties sont éludées notamment ce qu’il advient de Chico quand il retourne à la Havane, ce qu’il advient de Rita entre-temps.

Etourdis-moi de baisers, fais-moi vite oublier que ces lèvres un jour, je les perdrai…

Combien de temps te faudra-t-il pour pouvoir oublier l’amour que je t’ai donné

Chico & Rita c’est de la romance mais pas que. On découvre le jazz, les problématiques raciales sont évoquées brièvement.

La lecture de ce roman graphique m’a donné envie de découvrir le film d’animation éponyme. En espérant encore être plus séduite.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 110: Until I saw your smile

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Lecture de Noël

Pour moi, romance rime avec Noël. Par ailleurs, certaines péripéties du livre que je vous présente se passent durant la période de Noël.

Chez Smith’s Sweet Treats and Coffee, vous trouverez le meilleur café de Brooklyn et les pâtisseries maison les plus fraîches. C’est plus qu’un commerce pour la propriétaire Angela Smith. C’est sa maison et son refuge, qu’elle risque de perdre à cause de l’arnaque de son propriétaire. Mais un nouvel habitué de son café propose de couvrir l’augmentation de son loyer si Angela le laisse y rencontrer ses clients. Si Matthew McConnell n’était pas un avocat aussi persuasif – et aussi gentil, drôle et sexy – elle ne songerait pas à le laisser entrer.

Depuis qu’il a quitté un cabinet d’avocats très bien payé pour se mettre à son compte, Matthew n’a pas réussi à s’en sortir, tant sur le plan professionnel que personnel. Ce qu’il préfère dans sa vie amoureuse, c’est régaler Angela avec ses histoires de rencards foirés autour d’un café fumant et parfumé. Derrière son sourire captivant se cache une femme intelligente et sensuelle dont il aimerait se rapprocher. Et lorsqu’un douloureux secret de son passé est soudainement dévoilé, il a l’occasion de prouver qu’il est l’homme qu’il lui faut, dans tous les domaines…

Comment ce livre est arrivé dans ma PAL ?

Les couples mixtes étant très peu représentés en littérature francophone, j’ai jeté mon dévolu depuis quelques années sur la littérature anglo-saxonne.

Ayant obtenu un abonnement de 6 mois à la plateforme Youscribe après avoir été lauréate de la plume de l’amour, j’ai fait une petite recherche sur la littérature sentimentale. J’ai découvert une dizaine de titres dont Until your smile de J.J. Murray.

J’ai apprécié l’humour de certaines scènes notamment les rencards foirés de Matt. Après, je pense que 2 ou 3 rencards foirés auraient suffi. Malheureusement, il y en a plus et on se lasse de ces rencards foirés qui ont tous la même conclusion.

Je ne suis pas une adepte des coups de foudre. J’aime quand les sentiments s’installent progressivement mais dans cette romance, l’auteur a un peu trop forcé sur le progressif. Au chapitre 10, il n’y avait toujours pas de rapprochement amoureux entre Angela et Matt et cela a entrainé mon désintérêt pour certaines péripéties de l’histoire. J’avoue avoir survolé certaines parties parce que je voulais atterrir assez vite dans le vif du romantique, de la romance.

Matt & Angela sont attendrissants. Ils forment un joli couple, j’ai aimé leur complicité, le soutien mutuel qu’ils se portent mais je n’ai pas été éblouie. J’en attendais beaucoup plus de la construction de leur idylle. Je vais néanmoins poursuivre ma découverte de la bibliographie de l’auteur car un homme qui écrit du BWWM, c’est un événement exceptionnel.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 109: Du miel sous les galettes – Roukiata Ouédraogo

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: O comme…

Ouedrago. Roukiata Ouedraogo.

Couverture Du miel sous les galettes

Roukiata est née au Burkina-Faso. De sa plume, légère et nostalgique, elle raconte avec tendresse et humour ses années d’enfance, son pays, ses écrasantes sécheresses et ses pluies diluviennes, la chaleur de ses habitants, la corruption et la misère.
Elle raconte sa famille, sa fratrie, ses parents, l’injustice qui les frappe avec l’arrestation de son père. Mais, surtout, elle raconte sa mère.
Cette femme, grande et belle, un  » roc  » restée seule pour élever ses sept enfants, bataillant pour joindre les deux bouts, en vendant sur le pas de sa porte ses délicieuses galettes. Des galettes au miel qui, pour la jeune Roukiata, auront toujours le goût de l’enfance et du pays natal.

Cette autobiographie de plus de 200 pages est un bel hommage à la résilience de la femme, épouse et mère. La mère de la narratrice ne courbe pas l’échine face à la difficulté, elle n’hésite pas à clamer haut et fort ce qu’elle pense.

La narratrice navigue entre son passé où la mère est racontée et son présent où l’artiste française d’origine burkinabè qu’elle est, est la marraine de la Journée internationale de la Francophonie.

On lit sa fierté d’être marraine d’un tel événement, son attachement à la Francophonie et à la langue française

Je suis le prototype de la francophone qui a réussi grâce au français, grâce à la France aussi. Sans la maîtrise de cette langue, je n’aurais jamais pu avoir un public et j’aurais dû me limiter à mon pays. Sans la puissance des réseaux culturels et des médias français, je n’aurais jamais eu cette audience.

Dans son discours précédant la lecture de la dictée de cette journée internationale, elle évoque ce que représente la Francophonie pour elle : union, communion, outil de partage, héritage commun à faire fructifier.

La narratrice évoque également son expérience personnelle et son engagement face à l’excision en fin d’ouvrage. Hélas, de façon très brève. Ce thème fort et important aurait mérité un développement.

Du miel sur les galettes est un roman accessible à tous. Le niveau de langue est courant, le style sans fioritures.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La ronde des ombres de Philippe N. Ngalla

Tourmenté par l’apparition d’ombres mystérieuses et par l’éventualité d’un soulèvement populaire, le dictateur Sylvestre redoute sa chute. Il espère néanmoins triompher de cette sombre perspective grâce à de sûrs recours. Le réveil est, hélas, brutal. Ses féticheurs n’arrêtent pas les ombres, ses méthodes d’apprivoisement de l’opposition ne fonctionnent plus. S’ouvre alors un gouffre de désespoir sous le vieux potentat. Au milieu de sa détresse, la réflexion, naguère absente de sa conduite du pays, lui paraît le secours idéal pour infléchir le destin.

De coloration dramatique nuancée de touches d’humour, La ronde des ombres explore les effets de la peur sur les enjeux du pouvoir.

Nous sommes en Afrique, vraisemblablement au Congo. Politique brillant jusqu’aux premières années de son principat, très vite gagné par l’obsession de perdurer aux affaires, Sylvestre s’était défait de ses dispositions à bien gouverner. Il leur avait préféré d’autres armes. Parmi celles qu’offre l’ingénierie de la conservation du pouvoir, il choisit la désorganisation, la corruption, l’avilissement du peuple et le bâillonnement de son expression.

Ce roman retrace son parcours mais aussi celle de sa féticheuse Mamou Cocton.

A travers ce roman de 200 pages, Philippe N. Ngalla dénonce l’avidité du pouvoir des dirigeants sous les cieux africains. Il donne l’impression de vouloir revaloriser la tradithérapie, le mysticisme/occultisme africain mais je trouve qu’il dessert sa cause. En effet, il présente l’occultisme comme un moyen de manipulation, au service de l’injustice. Par conséquent, l’aspect négatif de l’occultisme ressort plus.

Les courts chapitres ont tenté de donner du rythme à l’histoire mais le style d’écriture était bien trop lourd pour pouvoir m’embarquer. La fin du récit donne un air d’inachevé.

La ronde des ombres aborde un thème d’actualité. Le thème central de cette œuvre a maintes fois été abordé en littérature. J’attendais donc un angle d’étude, de description singulier de la part de l’auteur. Hélas, mes attentes n’ont pas été comblées.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 106 : Un soupçon de liberté-Margaret Wilkerson Sexton

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Addictions

J’ai directement pensé à ce livre

Couverture Un soupçon de liberté

Certains personnages sont accro à la drogue.

Sur près de soixante-dix ans et trois générations, Margaret Wilkerson Sexton relate la saga d’une famille noire et déroule l’histoire de la Nouvelle-Orléans, ville symbole de la fracture sociale et raciale américaine, dans un premier roman puissant et lumineux.
Entremêlant les destins d’Evelyn, Jackie et T.C. à des moments charnières de leur existence, elle nous montre que si les temps changent, les problèmes des Afro-Américains restent les mêmes dans un pays toujours malade de ses discriminations.

66 ans au sein d’une famille. C’est l’engagement que vous prenez comme lecteur en ouvrant Un soupçon de liberté.

Si la 1ère génération semble prometteuse malgré les ségrégations sociales de l’époque, les générations suivantes partent un peu en vrille à cause de la drogue.

comme si Dieu l’avait mis ici avec lui pour s’excuser, et Il était pardonné : pour la mère à moitié folle,
le père défaillant, les difficultés d’apprentissage, les rêves de basket avortés. Parfois, quand il émergeait
au petit matin, il croyait que Dieu approuvait son trafic de hasch. Sinon, d’où lui seraient venus cette inspiration si pure, ces plans si minutieusement préparés ? Et lorsqu’on l’avait arrêté, il s’était mis en colère contre son Créateur, comme s’il avait été trahi par le véritable auteur du crime, mais à présent tout était pardonné.

Ce roman de 300 pages évoque la ségrégation raciale, les difficultés pour les jeunes afro-américains de s’assurer une vie confortable et sereine et l’addiction à la drogue. On admire ces femmes qui se battent pour maintenir l’équilibre familial quand les hommes déraillent.
Mon intérêt pour l’histoire a décru quand une fois présenté T.C on repart à Evelyn en 1944. Cet aller-retour passé-présent a desservi mon intérêt. Il est vrai que l’évolution de ce qu’est être un Noir Américain apparaît de manière encore plus flagrante mais l’histoire perd en intensité.

Un soupçon de liberté a été une lecture plaisante _surtout qu’il a été lu après une lecture presqu’ennuyante_ mais il ne figurera pas parmi mes lectures mémorables.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Des baisers parfum tabac de Tayari Jones

Couverture Des baisers parfum tabac

« Je n’étais pas du genre à penser que le sang suffisait à faire de nous des sœurs. Cependant, avoir partagé un père créait un lien qui s’enroulait autour de nos chevilles et ligotait nos poignets. »

« Mon père, James Witherspoon, est bigame. »

C’est par cette confession percutante que Dana Lynn Yarboro débute le récit d’une enfance pas comme les autres au sein de la communauté afro-américaine d’Atlanta, dans les années 1980.

Bien que née quatre mois avant sa demi-soeur, Chaurisse, Dana est pourtant l’enfant illégitime, fruit d’une union illicite. L’une est un secret à qui James rend visite une fois par semaine tandis que l’autre mène une vie stable auprès de ses deux parents, inconsciente de son privilège. L’une sait, l’autre pas. Et lorsque leurs chemins respectifs finissent par se croiser, Dana laisse faire et assiste, impuissante, à la naissance d’une amitié pourtant vouée à exploser.

Quand on pense à la bigamie, si on y pense tout court, on imagine une coutume primitive cantonnée aux pages du National Geographic

Deux femmes pour un homme ou Deux filles pour un père auraient pu être les titres de ce récit.

Nous sommes à Atlanta, dans une communauté noire où un homme est bigame.

A travers les deux grandes parties de ce roman dédiées à chaque sœur, l’on découvre toutes les conséquences liées à ce mode de vie qu’est la bigamie. Surtout lorsqu’une des faces de cette bigamie est secrète.

L’impact psychologique de la bigamie, de cette vie cachée sur l’enfant illégitime est décrit, ressenti tout au long de la lecture.

C’est dommage qu’il n’y ait pas de terme pour désigner quelqu’un dans la position de ma mère, Gwendolyn. Mon père est bigame. C’est ce qu’il est. Laverne est son épouse. Elle l’a trouvé la première et ma mère a toujours respecté ses droits de pionnière.

J’étais une enfante précoce. Une femme amère à quatorze ans.

Depuis l’enterrement, James parlait d’une voix douce et mangeait peu. Il avait la tête ailleurs, nous appelait ma mère et moi par les prénoms de nos rivales.

Dana et sa mère baignent dans un environnement de rivalité et de concurrence.

J’améliore mon apparence. Les épouses peuvent se permettre de se laisser aller. Les concubines doivent rester vigilantes.

Ce roman évoque également les violences basées sur le genre (coups ou viol), l’acceptation de soi (notamment à travers Laverne et sa fille qui se trouvent trop grosses).

Des baisers parfum tabac a été une sympathique découverte. Le style de narration est fluide et m’a permis de lire ce roman de plus de 300 pages en une journée.