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Le Gang de la Tamise – Jessica Fellowes

À la fin d’un bal masqué donné à Asthall Manor pour les dix-huit ans de Pamela Mitford, quelques-uns des Bright Young Things, cette jeunesse dorée et débridée dont les journaux commentent avidement les nombreuses frasques, organisent l’une de leurs fameuses chasses au trésor. Mais la partie se termine tragiquement : l’un des invités est poussé du haut du clocher de l’église.

Convaincue de sa culpabilité, la police arrête alors Dulcie, une domestique, qui fait partie du gang des Quarante Voleuses dirigé par Alice Diamond.

Mais Louisa Cannon, chaperon des sœurs Mitford, croit Dulcie innocente. Avec Pamela et Nancy Mitford, elle est bien décidée à disculper la jeune fille….tandis que le véritable assassin rôde peut-être non loin de là.

S’inspirant d’un fait réel – le gang des Quarante voleuses ou les Quarante Éléphantes, qui organisaient des grandes razzias dans les plus grandes enseignes londoniennes – Le Gang de la Tamise est une véritable plongée dans le Londres des années folles et dans des lieux interlopes où se côtoient la pègre et la bourgeoisie anglaise.

Couverture Les soeurs Mitford enquêtent, tome 2 : Le Gang de la Tamise


La Kube de juin 2018 m’a fait découvrir la famille de Nancy Mitford et un extrait du tome 1 des sœurs Mitford enquêtent.

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J’avais apprécié le style narratif de l’auteure, cette immersion dans ce Londres du siècle passé.

J’ai rejoint le mois dernier NetGalley. Lorsque j’ai découvert que le tome 2 y était disponible, je n’ai pas hésité une seconde à le demander.

Merci à NetGalley France et aux Editions Le Masque pour cette opportunité de lecture.

L’intrigue est classique, il n’y a pas de grande surprise concernant le coupable mais j’avoue n’avoir pas pensé à l’existence d’un acolyte.

J’ai apprécié la diversité des personnalités des personnages et la balade dans Londres. 

Le roman est assez épais mais les chapitres courts donnent du rythme. J’ai beaucoup apprécié le caractère fort de Louisa. Intrépide, déterminée, elle est. Je me suis attachée à elle, j’espère la retrouver dans les prochains tomes de la saga si elle continue.

Ce roman policier a été sympathique à lire. Il a apporté un point de plus à ma culture générale en me faisant découvrir le gang des 40 voleuses et leur chef de file Alice. Elles sont impressionnantes. (rires)

 

Pour en savoir plus sur ce gang, cliquez ici

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BONI, pont culturel entre la Côte d’Ivoire et la Guyane

Mai 2018 – Salon International du livre d’Abidjan.

Serge Bilé reçoit pour sa dernière oeuvre publiée « Boni », le Grand Prix national Bernard Dadié.

J’aime acheter les œuvres qui ont reçu des prix littéraires. Je pense que c’est un exercice nécessaire pour tout auteur débutant.

Je me rends au stand où l’oeuvre est en vente et j’y achète deux autres œuvres de l’auteur au lieu de BONI. Je n’ai pas de coup de foudre immédiat avec l’oeuvre alors je remets mon achat à plus tard.

Au stand des Prix Nationaux Bernard Dadié, j’entends l’auteur parler de sa dernière oeuvre, ce pont culturel entre la Côte d’Ivoire et la Guyane via les Boni. J’entends la mélodie de sa passion pour les faits méconnus de l’Histoire des peuples noirs.

Je me rends compte du travail colossal, de l’énergie que demandent tous ses livres et j’ai envie de l’encourager à ma façon. J’achète donc Boni.

pont culturel entre la Côte d'Ivoire et la Guyane

 

Cette fresque romancée qui va de l’Afrique à l’Amérique du Sud a pour fil conducteur une femme que la mémoire des hommes a oubliée : la mère de Boni.

La première de couverture l’illustre assez bien. Pagne noué autour de la poitrine, son regard est orienté dans le même sens que celui de son fils victorieux. Derrière un grand homme se cache une femme dit l’adage. Derrière un grand homme se trouve une mère exceptionnelle.

A partir des archives et d’éléments d’anthropologie, Serge Bilé imagine la vie de la mère de Boni. Il la fait naître à Kumasi, lui donne le nom d’Adjoua. Elle est la servante d’Akwa Boni, nièce d’Abla Pokou.

Abla Pokou est une princesse Ashanti. A la mort d’Osei Tutu en 1717 se profile une querelle de succession entre ses neveux Opokou Ware et Dakon, le frère d’Abla Pokou. La querelle vire à la tragédie. Dakon est assassiné. Craignant d’être massacrée, Abla Pokou fuit avec sa famille, leurs esclaves et les soldats restés fidèles à son frère. Adjoua fait partie du cortège.

Un nouveau peuple se forme en Côte d’Ivoire : celui des Baoulé et des Agni. Il fait perdurer les traditions Akan.

Hélas, l’exil en Côte d’Ivoire ne va pas durer pour Adjoua. Elle est enlevée par des hommes, va être vendue, sa liberté sera confisquée. Avec elle, on plonge au cœur du système négrier…

Je remercie l’auteur de lui avoir redonné vie à travers cet ouvrage.

J’ai apprécié sa force de caractère, son courage, sa détermination à ne pas oublier d’où elle vient et à l’inculquer à chacun de ses enfants.

Je m’interroge. Combien de jeunes mères aujourd’hui en Côte d’Ivoire font cette transmission de leurs cultures à leurs enfants ? Je constate qu’on a une profonde rupture avec notre passé.

 

Ce livre raconte également le parcours du fils aîné d’Adjoua et celui de son peuple auquel il a donné son nom.

Boni est un chef rebelle qui a marqué l’histoire du Surinam et de la Guyane au XVIIIe siècle. Avec ses hommes, déportés de différentes contrées africaines (Loango d’Angola, des Ewé du Togo, des Fon du Dahomey, des kikongo du Congo ou encore des Akan du Ghana et de la Côte d’Ivoire), il mène la révolte contre l’esclavage, infligeant de lourdes pertes aux colons européens.

Les Boni forcent l’admiration. C’est un peuple panafricaniste sur qui l’Afrique d’aujourd’hui devrait prendre exemple : fondre les cultures pour n’en faire qu’une seule, s’unir pour défendre la liberté commune. Les Boni sont accrochés à leur héritage culturel, ils l’honorent.


 

Ce voyage culturel de l’Afrique de l’Ouest à la Guyane est plaisant tant au niveau du fond que de la forme. J’ai redécouvert via ce livre les coutumes et traditions du peuple Akan. En le fermant, j’ai eu envie de faire des recherches approfondies afin de savoir s’il y a eu des déportés issus de mes deux groupes ethniques.

J’ai apprécié cette biographie romancée, ce mélange de réalisme et de fiction.

Le niveau de langue est accessible, le livre peut se lire dès le collège. Les descriptions des lieux, de l’atmosphère, des personnages sont suffisamment claires pour nous permettre de bien nous les représenter, les transitions sont réussies. La plume de l’auteur est entraînante.

Les amateurs de culture devraient avoir ce livre dans leur bibliothèque.


 

QUELQUES INFOS UTILES

Roman édité par : Kofiba Editions

Nombre de pages : 196

Prochain événement littéraire : l’association point de lecture organise un café littéraire autour de BONI le mercredi 3 octobre 2018 à l’Institut Français d’Abidjan de 16h 30 à 18h.

 

GM signature

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Lecture commune de Underground Railroad – Prix Pulitzer 2017

J’ai repéré ce livre grâce à l’émission la Grande librairie. Je l’avais inscrit dans ma liste de livres à lire cette année et Ève, une fidèle abonnée sur Facebook et à ma box littéraire, m’a proposé une lecture commune.

Nous avons débuté la lecture le 5 Mai, Eve l’a lu en moins de 3 jours. Il m’a fallu une semaine pour le lire, faute de temps.

 

DE QUOI PARLE LE TEXTE ?

 

Underground Railroad est une fiction historique. Récit très utile pour moi puisque j’ignorais l’existence du chemin de fer clandestin.

Cora est le personnage principal. Jeune esclave de 16 ans, née dans une plantation de coton de Géorgie. Un jour, Caesar, esclave arrivé à la plantation il y a un an et demi lui dit qu’il va s’échapper via l’Underground Railroad et qu’il aimerait qu’elle vienne avec lui. 

C’était la grand-mère de Cora qui parlait à travers elle, ce dimanche soir où Caesar mentionna le chemin de fer clandestin, l’Underground Railroad, et où elle dit non. 

« J’ai pas l’intention de me faire tuer par Connelly, ni par la patrouille, ni par les serpents. » Cora plissait encore les yeux d’incrédulité face à la bêtise de Caesar quand elle reçut son premier bol de soupe. Le Blanc passe ses journées à essayer de vous tuer lentement, et parfois de vous tuer plus vite. Pourquoi lui faciliter la tâche ? Voilà au moins une chose à laquelle on pouvait dire non.

 

Trois semaines plus tard, elle dit oui. C’était la voix de sa mère, Mabel, qui parlait à travers elle. Mabel s’était échappée, il y a environ 6 ans de la plantation, laissant sa fille toute seule. On ne l’avait jamais retrouvée. 

Cora va quitter la Géorgie à bord du chemin de fer clandestin, mis en place par des blancs. On découvre alors toute la terminologie de ce chemin de fer :

  • les gens qui aidaient les esclaves à trouver le chemin de fer étaient les « agents » 
  • les guides étaient les « chefs de train »
  • les lieux secrets étaient les « stations » 
  • les « chefs de gare » cachaient les esclaves chez eux

 

Arrivée en Caroline du Sud, elle découvre une ville où des noirs et des blancs cohabitent. Elle s’y sent bien, n’a pas envie de continuer son chemin vers la liberté mais la désillusion va frapper à sa porte. 

S’ils avaient été raisonnables et avaient poursuivi leur voyage, Caesar et elle seraient déjà dans les États libres. Comment avaient-ils pu croire que deux misérables esclaves étaient dignes de la générosité de la Caroline du Sud ? Qu’une nouvelle vie existait si près, juste derrière les limites de la Géorgie ? Ça restait le Sud, et le diable avait de longs doigts agiles. Et puis, après tout ce que le monde leur avait enseigné, comment ne pas reconnaître des chaînes quand on les leur fixait aux poignets et aux chevilles… Celles de Caroline du Sud étaient de facture nouvelle – avec des clefs et des cadenas typiques de la région – mais elles n’en remplissaient pas moins leur fonction de chaînes. Ils n’étaient pas allés bien loin.

 

Elle dormit très mal. Sur les quatre-vingts couchettes, les femmes ronflaient et s’agitaient sous les draps. Elles s’étaient mises au lit en se croyant libres, hors d’atteinte des Blancs, de leur contrôle et de leurs injonctions concernant ce qu’elles devaient faire et être. Convaincues qu’elles maîtrisaient le cours de leur vie. Mais ces femmes demeuraient un troupeau domestiqué. Non plus une pure marchandise comme naguère, mais du bétail : élevé et stérilisé. Parqué à l’intérieur de dortoirs comme dans un clapier ou des cages à poules.

 

C’est comme ça qu’agissent les tribus européennes, disait-elle. Ce qu’elles ne peuvent pas contrôler, elles le détruisent.

 

Son maître Randall a donné l’alerte. Cora est une fugitive et est activement recherchée par le chasseur d’esclaves Ridgeway. Ce dernier n’ayant pu retrouver la mère, retrouver la fille devient son ultime but.

La peur s’installe. Les prières commencent, on a peur qu’il la retrouve. Quand cela arrive, la peur devient effroi. Quel sort son propriétaire va-t-il lui réserver ?

On suit attentivement chacune des péripéties. On gémit de douleur en lisant les avis de recherche des fugitifs, le sort qui leur est réservé ainsi qu’aux blancs qui les cachent.

J’ai eu une immense peine pour Homer, ce jeune garçon attaché à Ridgeway. C’est son homme de main. Il l’accompagne partout dans ses sales besognes. Il est admiratif de son maître, comme s’il était son créateur. A travers lui, on se se rend bien compte de l’impact psychologique de l’esclavage.

A plusieurs reprises dans le récit, les blancs qualifient de bêtes les Noirs oubliant que ce sont eux qui les ont abrutis pour pouvoir mieux  les manipuler.

 

Colson Whitehead nous montre le visage de l’Amérique d’autrefois, un visage qui n’a pas perdu ses marques…

 

Sur la forme, le livre se lit plutôt aisément, il y a quelques longueurs mais elles ne sont pas gênantes.

Underground Railroad est un roman nécessaire. Pour l’acheter, cliquez ICI

 

Ève a adoré. C’est un coup de cœur et le roman lui a donné envie de lire d’autres livres sur l’esclavage. J’ai également d’autres livres dans ma PAL sur l’esclavage mais je lirai d’autres livres avant eux. J’ai besoin de souffler. 

 

Connaissiez-vous le chemin de fer clandestin ? Avez-vous lu d’autres œuvres de Colson Whitehead ? 

 

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Wakolda, un roman qui fait froid dans le dos

Mon challenge littérature sud-américaine se poursuit. Je suis toujours en Argentine.

Couverture Wakolda

En 1959, sur une route de Patagonie, un médecin allemand croise une famille argentine et lui propose de faire la route ensemble. Ce médecin, Josef Mengele, est rapidement fasciné par l’un des enfants, une jeune fille qui porte le nom de Lilith et qui est bien petite par rapport à son âge. A leurs côtés, il s’investit dans la réalisation de poupées parfaites, aryennes, contrairement à Wakolda.

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Josef Mengele,

J’ai entendu ce nom en regardant la Grande Librairie. J’ai découvert davantage le personnage en lisant Wakolda et après un tour sur Wikipedia.

Cet homme passionné par la génétique est obsédé par la perfection corporelle. Criminel de guerre nazi, il a fait de terribles expérimentations médicales sur des enfants en particulier les jumeaux. Il faut vraiment être habité par une légion de démons pour autant faire de mal sans remords. 

Lorsqu’il rencontre Lilith : blonde, blanche, les yeux clairs, avec quelques gènes aryens mais pas suffisamment pour perdre ses traits animaux, il voit en elle l’un de ses rats de laboratoire. L’audace de Lilith produit en lui un enchantement. 

Jamais un corps imparfait ne lui avait semblé aussi irrésistible. Cette bouche, pensa-t-il. C’était le trait le plus disproportionné de sa personne : des lèvres deux fois trop grandes, des dents de lapin. Depuis des années, c’était la première fois que quelque chose d’aussi éloigné de l’ascétisme l’excitait. 

 

Il suit la famille de Lilith jusqu’à Bariloche dans leur pension familiale. Il y a une attirance gênante entre Josef et la jeune fille. Pendant toute la lecture, je me suis demandé où cela les mènerait. 

Lilith devient effectivement son rat de laboratoire, il lui promet une croissance, la jeune fille aimerait bien avoir quelques centimètres de plus. Il devient le médecin de famille lorsqu’Eva la mère de Lilith met au monde ses jumelles. Josef s’occupe des petites nées prématurément, un flou entoure ses réelles intentions. Il n’a pas l’occasion d’aller jusqu’au bout de son projet, il doit quitter le pays, recherché par le mossad israélien. 

Ce roman est mystérieux, très sombre et ces traits m’ont fascinée durant ma lecture. L’arrêt dans la famille mapuche fait froid dans le dos.

Par contre, il est rempli de non-dits, de projets non-aboutis. On est privé de beaucoup d’informations et c’est un peu frustrant pour le lecteur. Nora, une israélienne victime de Josef dans le passé retrouve Josef. Elle veut se venger mais ne réalisera pas son projet. Elle est assassinée mais l’auteure ne nous révèle pas l’identité du tueur. Mystère, mystère…

J’ai apprécié ma lecture parce qu’elle a été synonyme de savoir. J’en sais un peu sur les Mapuches, les indiens  en Amérique Latine qui  ont subi un processus d’acculturation et d’assimilation aux sociétés argentines et chiliennes. 

Puisque Josef est obsédé par la pureté de la race, j’aurais plutôt vu Herlizka comme titre du roman au lieu de Wakolda qui représente l’imperfection. 

Pour en savoir plus sur la fiction historique et l’adaptation cinématographique cliquez ICI

 

Je pense lire La disparition de Josef Mengele  de Olivier Guez pour en savoir plus sur Josef Mengele. Des avis ?

 

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