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Les mécomptes de Kévin

Les mécomptes de Kévin

Après la mort de son père, Kévin se jure d’atteindre ses objectifs : réussir brillamment ses études, sortir sa mère de la misère et assurer à ses proches un bel avenir.

Mais une rencontre amoureuse trouble ses plans et remet en question tous ses projets. Manipulé et acculé, il doit prendre une décision douloureuse pour se sortir de son dilemme : comment choisir entre l’amour de sa vie et l’honneur familial ? 

 

 

 

 

J’aime ces histoires légères en apparence mais si profondes à l’intérieur !

J’aime ces histoires qui surprennent, remuent le centre de nos émotions.

J’aime ces histoires qui nous donnent envie d’être le maître de l’univers capable de changer les circonstances, réécrire l’histoire, changer le destin. 

Les mécomptes de Kévin a été une belle découverte pour moi, un joli moment de lecture.

J’ai partagé les peines de Kévin, ce jeune homme brillant, candidat au baccalauréat qui tenait à réussir et rendre sa mère fière et qui hélas n’a pu atteindre ses objectifs.

J’ai eu envie d’étrangler Ella, cette jeune fille si égoïste, si … 

 

Le style de l’auteur accessible et le vocabulaire limpide rendent la lecture agréable. On est plongé dans l’histoire, on veut aller jusqu’au bout.  

Je n’ai relevé qu’un seul bémol à l’histoire, le fait qu’elle soit axée à 80% sur l’année scolaire de Kévin, ses cours, ses révisions. J’ai trouvé cette partie assez linéaire. 

De ce roman, je retiens une chose : l’amour peut nous élever, il peut aussi nous écraser…

 

 

Biographie de l’auteur

Fonctionnaire dans une structure internationale en Tunisie, Daniel Tchimou Koto est l’auteur d’un premier roman, Une destinée tragique, paru aux Editions du Panthéon. 

 

Quelques détails sur l’oeuvre 

Nombre de pages : 116

Date de publication : Décembre 2014

Maison d’édition : Les Editions du Panthéon 

Prix : 12,80 euros

 

Et vous, quels sacrifices avez-vous fait par amour ? 

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Mon père ce bébé, une douce lecture

Mon père ce bébé

Au début, ce fut une succession de bonheurs, de découvertes toutes plus surprenantes les unes que les autres. Mon premier mot, mon premier vélo, Papa et Maman, toujours à mes côtés, mon grand-frère Jimmy et surtout Coucou, mon canari. Puis il y eut l’incendie. Aujourd’hui, Coucou n’est plus et malgré Coucou 2, mon nouveau compagnon canin, plus rien n’est comme avant. La cour de l’école, qui résonnait de rires, a laissé place aux couloirs inhospitaliers du collège. Jimmy est parti, loin, avec l’armée. Et maintenant, c’est mon père qui s’absente, de plus en plus souvent, avant de disparaître pour de bon, seul sur un lit d’hôpital. Mais où est-il allé ? A-t-il rejoint Coucou ? Et si, en y croyant très fort, je pouvais le faire revenir ?

Je n’ai pas choisi ce livre c’est lui qui m’a choisi. J’ai « liké » un post de son auteur, Sébastien Tache, dans l’un des groupes de promotion d’auteurs sur Facebook et il a eu la gentillesse de m’offrir la version numérique du livre. 

De quoi parle ce livre ? J’ai préféré ne pas lire son résumé, j’ai voulu me laisser surprendre par l’histoire. 

Le narrateur, Patrick, évoque ses premiers jours sur terre, les petits et grands moments de bonheur en famille. Comme tout être vivant, sa vie évolue ; des événements la bouleversent : le premier amour, la découverte des secrets amoureux de son père, la mort de ce dernier.

Avec une écriture douce, un style fluide, le narrateur nous raconte comment son frère, sa mère et lui ont vécu la perte de cet être si cher.

Ce roman qui se lit très vite est un tableau de l’amour sous toutes ses formes : l’amour filial, l’amour paternel, l’amour  pur ; un amour qui nous choisit. 

Il montre également qu’il y a une joie après la souffrance, une vie après la mort. 

Je ne crois pas en la réincarnation, le fait qu’il y en ait une dans l’histoire m’a légèrement embarrassée mais ça n’ôte rien au charme de la lecture.  

Quelques détails sur l’auteur

Sébastien Tache est un jeune homme de 29 ans qui vit dans le sud de la France. Il travaille dans le monde de la grande distribution. Mon père, ce bébé est son premier roman.

Quelques détails sur l’oeuvre

Nombre de pages : 132

Date de publication : mars 2016

Disponible sur Fnac.com

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Sous le voile de la mariée

Sous le voile de la mariée

La quatrième de couverture ne donne aucun aperçu de l’oeuvre, il n’y a aucun résumé, aucun extrait ; comme seule indication du thème de l’histoire, la couverture du livre et son titre. 

S’agit-il d’un mariage forcé ? D’un mariage de raison ? De quoi parle réellement cette histoire ? 

De l’union civile d’un homme : Jean-Jacques Gozié, cinquantenaire ayant vécu aux antipodes de la morale à une jeune femme, Dian Kirala, qui ne tire sa gloire et son honneur que de son futur mariage. 

Kirala est fière de l’anneau à son doigt, de son nouveau statut de femme. Malheur à celui ou celle qui ose ne pas l’appeler Madame Gozié !

Ce statut qu’elle a acquis au prix des décennies de doute et de résignation, après des nuits de prière et de privation, elle compte le garder jusqu’à la mort. 

Y arrivera-t-elle avec des beaux-enfants et une belle-mère qui la détestent, la présence de l’amour de longue date de son époux  et surtout son orgueil outre mesure ? 

Son adhérence à l’association des femmes mariées du quartier l’aidera-t-elle ?

Ce roman est une satire du mariage en Afrique, ce qu’il a fait des femmes ou ce que les femmes en ont fait.

Elle comprit, que l’essentiel pour une femme, était d’avoir un homme dans sa vie. N’importe lequel. Un homme, son nom suffit, et la femme a devant elle un bouclier, sur elle, un parapluie. Avec un homme, la femme se protège de la lubricité des autres hommes. 

Elle ne se rendait même pas compte qu’elle abusait de son droit de femme mariée comme le feraient ces milliers de femmes oisives qui prennent la bague du mariage comme l’attestation du doctorat qu’elles auraient obtenu après des années d’études. 

Chacune a, sous son voile immaculé, des flots de larmes qui coulent, du sang qui suinte par saccades, des cris qui jaillissent de leur gosier. Nulle part, l’on ne peut trouver une femme qui va et rit comme elle peut, qui chante et danse comme elle veut, sans que l’on ne découvre en elle, un esprit en feu, un cœur affligé.

« Sous le voile » revient à maintes reprises dans l’oeuvre, le narrateur souhaite-t-il que les femmes mariées ôtent leur voile pour voir leurs mariages tel qu’ils sont vraiment ? 

L’envers du décor du mariage et ce qui l’érode est clairement exposé dans l’oeuvre. Est décrit tout au long du roman ce qui met souvent en péril la pérennité d’un couple : l’incompréhension, l’orgueil, le manque de considération de la famille du conjoint, etc…

« Sous le voile de la mariée » aurait figuré parmi mes coups de cœur s’il y avait eu une réelle immersion dans l’univers de l’association des femmes mariées, plus de passion entre Jean-Jacques et Kirala, plus de rebondissements dans leur relation ;  si l’entrée en scène de Fatim Bamba  n’avait pas été si furtive. 

J’aurais également plus ressenti l’histoire si elle était racontée à la première personne du singulier. 

Que dire de la forme ? Le vocabulaire  est très recherché ( « véritable tonneau de Danaïdes », « palinodie », « affamer de martyre le cœur innocent de ses amantes »), cela peut être lassant pour ceux qui aiment la simplicité des lettres. 

Quelques mots sur l’auteur

Mathurin GOLI BI Irié est Adjoint aux Chefs d’Etablissement. Il a à son actif un récit poétique  » Hideur des tropiques » ; un recueil de nouvelles : « mon adultère pour un enfant » ;  trois romans dont « La lycéenne », « Silence, la recréation est terminée » ; une pièce de théâtre : Et l’Afrique se rebella et deux biographies : « Le messager au sommet de l’art » et « Abel Yéplé, la dynastie sans fin ». 

Des détails sur l’oeuvre

Nombre de pages : 152

Editions : SUD EDITIONS

Quelques extraits : « Ne jamais s’étonner de tout sur la terre. Car, tout est possible et ce dont l’on n’a jamais parlé, auquel l’on a jamais rêvé, vit existe, et un jour, se produira. La terre est donc le creuset de tous les conglomérats du possible. En bien ou en mal. »

« On n’a pas souvent conscience de prévoir le retour du mal, quand on est maître du mal. »

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Dans l’antre du loup

Nanmanbédi, ou Bédi, rejoint aux Etats-Unis son pote du quartier, Michael Nasoucy dit Mike, pour chercher fortune. Quatre de leurs amis l’y avaient précédé, mais ne donnaient plus signe de vie depuis un certain temps. Malgré l’accueil chaleureux à lui réservé, Bédi est méfiant. Un jour, par indiscrétion, il fouille les tiroirs de Mike et fait une terrible découverte qui le jette sur les routes de la campagne dans un pays inconnu de lui. La mort aux trousses, Bédi réalise qu’il est entré par inadvertance dans l’antre du loup. Mais qu’a donc découvert Bédi ? Arrivera-t-il à échapper à Mike et au groupe mafieux qui le recherchent ? 

Inscrit dans la pure tradition du roman à suspense américain, ce livre vous fera vibrer jusqu’à la dernière page. 

Dans l'antre du loup

Courir, fuir… L’adrénaline monte, la tension aussi.

Les frissons nous parcourent le corps, on a peur pour Bédi. Il a l’air si innocent et ceux qui le poursuivent si méchants ! On prie pour lui, on désire qu’il leur échappe mais on n’est pas très sûr qu’il sorte vivant de l’antre du loup quand on rencontre le groupe mafieux pour qui Mike travaille.

Notre certitude vacille puis revient à une constante : Bédi sortira vivant.

J’ai été un peu déçue non pas parce que j’aime le sang qui gicle et les « sad end » mais parce que je voulais douter jusqu’à la fin du livre. Il n’y a pas eu de multiples rebondissements sur la vie menacée de Bédi. Je ne l’ai pas ressenti.

Les rebondissements ont plutôt eu lieu du côté de Mike, le cupide, prêt à vendre ses amis pour son confort.

La mort de ce dernier est d’ailleurs le point final du thriller. Après cet événement « malheureux », la tension est suspendue, le livre devient un  roman classique.

La beauté du livre ne réside pas dans le fait qu’il soit un thriller mais dans son procédé narratif, le style accessible du narrateur, la construction des personnages. Ces derniers ont de fortes personnalités et sont attachants : Samiramis, la copine de Mike, HollyOld Joe et la mère de Bédi. J’ai eu un pincement au cœur quand il a fallu laisser Holly et Old Joe, ses blancs qui ont accueilli et sauvé un homme noir qui débarquait de nulle part.

Ce roman est agréable à lire pour la dose de peur (même si elle est fugace), les thèmes qu’il aborde comme le trafic d’organes, les dangers de l’immigration non préparée et pour ses belles leçons de morale que résument si bien les proverbes suivants :

« Bien mal acquis ne profite jamais »

 

« La volonté d’un homme est son paradis, mais elle peut devenir son enfer. »

 

« Nulle épée plus dangereuse pour l’homme, que sa propre cupidité. »

 

« Il n’est point de sot métier. »

« Persévérance mène à récompense »

« Petit à petit, l’oiseau fait son nid. »

L’humanisme n’est pas mort, le bien non plus et ça fait du bien de le lire…

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Fétiches

Les patients de l’établissement psychiatrique de haute sécurité Beechway sont très sensibles à la suggestion. Une hallucination peut se répandre tel un virus. Aussi, lorsque plusieurs malades se livrent à des actes d’automutilation, et que l’un d’entre eux va jusqu’à se donner la mort, la fantôme de « la Maude », une infirmière sadique qui terrorisait les pensionnaires à l’époque où Beechway était un hospice, ressurgit.

Afin de mettre un terme à l’hystérie collective qui gagne même son équipe, A.J, infirmier psychiatrique fraîchement nommé coordinateur, décide de faire appel aux services du commissaire Jack Caffery. Il soupçonne l’un de ses patients, Isaac Handel, d’être à l’origine de la psychose. Si son intuition est juste, il faut agir rapidement. Car Handel vient d’être libéré. Et qui sait ce dont il est capable ?

Mo Hayder

Il y a une sensation que je préfère : commencer un livre, me dire après les 100 premières pages que j’aurais dû en prendre un autre et être entraînée dans un maelström d’émotions : avoir peur qu’un scénario auquel je pense se produise, être heureuse parce que j’espère se produit, faire face à l’inattendu, fermer les yeux devant l’horreur.

En ouvrant les portes de cet établissement psychiatrique, on a envie de rester à son seuil, de ne pas y pénétrer tant ce qu’on lit, ce qu’on découvre est monstrueux. L’histoire débute d’ailleurs avec le portrait de Mère monstre.

L’auteur fait défiler les portraits des personnages principaux, on est intrigué, on se demande où tout ça va nous mener et puis sans qu’on y soit vraiment préparé, la pièce maîtresse de l’histoire nous tombe dessus et là on ne peut que saluer le talent de l’auteur.

Les chapitres sont très courts, les personnages se relaient à tour de rôle pour relater l’histoire ce qui lui donne un vrai dynamisme.

En tant qu’auteur narrant au présent, j’ai énormément apprécié que l’auteur en fasse autant.

J’ai beaucoup apprécié ce thriller pour le suspense, l’inquiétude qu’il dégage et pour le fait de société qu’il aborde. Un fait souvent tu, incompris…

Les éternels romantiques trouveront satisfaction parce que des couples se forment.

Ce livre est fait pour plaire à tout le monde, tous les goûts y trouvent leur compte.

Je vous souhaite une bonne lecture et n’oubliez pas ceci : « les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. »

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Avant d’aller dormir

A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune étudiante célibataire ayant  la vie devant elle, avant de découvrir à sa grande surprise qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis plus de vingt ans.

Tous les traitements ayant jusque-là échoué, son dernier espoir réside dans son nouveau neuropsychologue, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime pour l’aider à se remémorer son quotidien et ainsi rassembler peu à peu les fils de son existence. 

Quand Christine commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, elle est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite, elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent. 

Avant d'aller dormir

La surprise est le premier sentiment qui nous accueille au seuil de l’histoire. Quel est ce type d’amnésie qui réinvente le présent ? On plaint le mari de Christine qui chaque jour est obligé de lui raconter leur vie de couple et ce qui lui est arrivé. On l’admire parce qu’il le fait avec amour, avec dévotion, sans se plaindre. Ce mariage donne toute la signification à cette formule que l’on entend prononcer lors des bénédictions nuptiales : pour le meilleur et le pire…

On découvre le pire dans toutes ses dimensions, une vie inventée, reconstruite…

Ce thriller adhère au procédé narratif du thriller psychologique : l’auteur nous donne de fausses pistes, fait une rétention d’informations ;  il nous tient en haleine, nous mène de surprise en surprise, de mensonge en vérité, de vérité en mensonge …

Ce livre nous donne l’effet d’avoir délaissé l’entretien d’un frigo, de sentir l’odeur de pourriture qui s’y dégage et de découvrir quand on l’a ouvert des choses inimaginables.

J’ai apprécié ma lecture même si le tempo de plus en plus fiévreux s’est rompu à un certain moment pour moi. Par moment, je trouvais que les choses allaient au ralenti, j’ai même jugé le livre trop long.

Mis à part ce bémol, j’ai apprécié l’intrigue et surtout la fin pour ce bonheur qu’il instille et le mystère qu’il jette sur le lendemain de Christine.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

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Tous mes amis

Marie Ndiaye

Dans Tous mes amis, un professeur tâche de comprendre pourquoi son ancienne élève a usé d’une telle volonté pour oublier l’enseignement qu’il lui a dispensé avec ardeur, et pour oublier, même, qu’il a été son professeur.

La mort de Claude François raconte les retrouvailles de deux amies d’enfance, l’une restée d’une fidélité absolue à la mémoire du chanteur adoré, l’autre au souvenir de la beauté de son amie.

Dans les garçons, un jeune homme sans qualités particulières essaye malgré tout de se vendre à n’importe quelle femme de la ville qui voudra de lui, comme cela s’est déjà fait dans le voisinage.

Une journée de Brulard est certainement la plus terrible journée dans la vie d’Eve Brulard, abandonnée sur les rives d’un lac enchanteur et poursuivie par des visions d’elle-même en jeune fille intransigeante.

Révélation, ou comment une femme qui entreprend de se débarrasser de son fils au cerveau fêlé comprend à quel point il lui manquera.

En lisant le résumé de l’oeuvre, j’ai été surprise de constater l’absence du paragraphe qui fait les éloges de l’auteur sur son oeuvre, évoque les thèmes, les sentiments, les buts que dévoilent son oeuvre. Cette absence aurait dû m’interpeller…

J’apprécie la force d’écriture de Marie Ndiaye, j’ai envie de lire de lire des nouvelles, la quatrième de couverture est  énigmatique,  je prends donc le recueil.

La première nouvelle, Tous mes amis, suscite l’intérêt. On a envie de savoir pourquoi Séverine ne veut pas reconnaître son professeur et le méprise. Notre imagination tourne, on pense à mille et une raisons, on essaie de se calmer pour ne pas aller plus vite que l’auteur. Notre ardeur tombe quand elle évoque la raison, une raison ambiguë et inattendue.

Cette histoire évoque la solitude d’un homme, un homme à qui l’on ne veut pas pardonner, qui veut se faire aimer, qu’on lui témoigne de la reconnaissance. Pour cela, il est prêt à tout. J’ai éprouvé de la peine à la fin de la nouvelle mais j’ai aussi ri. Ce professeur est un homme à part tout comme les principaux personnages. Leurs caractères ont donné un vrai goût à l’histoire.

Dans la deuxième nouvelle, on découvre deux passions : la passion qu’éprouve Zaka pour son amie Marlène Vador et la passion de Marlène Vador pour Claude François.

Zaka est subjuguée par la beauté de son amie au point de faire refléter son image sur sa fille Paula. Une beauté qui lui fait haïr le père de sa fille qu’elle surnomme l’éléphant.

Cette histoire est celle d’une femme obsédée par la beauté, la perfection. Je n’oserais pas dire que cette nouvelle a une chute brutale, sa fin est légèrement ambigüe.

L’histoire ne m’a pas du tout emportée. Je suis rapidement passée à la suivante.

La troisième nouvelle est l’histoire d’un beau jeune homme, Anthony, vendu par sa mère à une femme. Un autre, René, qui fréquente assidûment la famille d’Anthony veut aussi être vendu. Ce désir l’anime, l’obsède de plus en plus quand il voit ce qu’Anthony est devenu. Il court après des femmes, il veut qu’on lui reconnaisse des qualités physiques, il veut être beau, vu, désiré.

La fin de cette nouvelle est énigmatique : qui est donc venu chercher René ?

L’histoire est agréable à lire, on a de la peine pour Anthony et René, du dégoût pour ces femmes égoïstes qui n’ont aucun scrupule à vendre et acheter des hommes et à en tirer du bénéfice et une certaine fierté.

La quatrième nouvelle est l’histoire d’Eve Brulard, une actrice nostalgique de sa jeunesse, une femme qui aime un homme plus glorieux que son mari, une femme qui veut refaire sa vie.

Marie Ndiaye joue quelques notes de fantaisie dans cette histoire, des notes qui m’ont déroutée, ne m’ont pas emportée. Je suis passée à côté de cette histoire tant elle était incompréhensible pour moi, le seul point fort que je trouve à cette histoire est sa chute brutale.

Je n’ai pas compris la présence de la cinquième nouvelle dans ce recueil. Elle fait 7 pages,  parle d’une femme qui va se débarrasser de son fils et se rend compte au cours du voyage qu’il va lui manquer.

Qu’est-ce qu’on est censé tirer de cette histoire ? Je l’ignore. J’ai eu l’impression que l’auteur nous donnait cette nouvelle à titre d’information, nous accordait un petit bonus d’histoire. J’ai fermé le livre en lâchant un énorme soupir de déception.

J’apprécie la force d’écriture de Marie Ndiaye mais cette oeuvre m’a déçue. Il m’est impossible de vous la recommander.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Trop de bonheur

Le temps n’efface rien. Marlene et Charlene restent hantées par un terrible secret d’enfance, Sally tremble de revoir son fils après des années de silence et Doree a changé d’identité pour oublier le passé. Fortes ou fragiles, belles ou fanées, ces femmes combattent avec courage, inlassablement, pour une accalmie dans la tempête, un instant de bonheur.

« Ce recueil de nouvelles illustre comme jamais le génie subtil d’Alice Munro: celui de célébrer, dans chacune de ses histoires, le mariage de l’inattendu et de l’inexorable » Le Nouvel Observateur

Trop de bonheur

Après ma lecture de Fugitives, j’ai reconnu avoir pris un grand risque en achetant deux œuvres d’Alice Munro. J’ai repoussé ma lecture de « Trop de bonheur » jusqu’à ce qu’il ne me reste pas grand chose à offrir à mon esprit avide de lecture.

Le recueil compte 10 nouvelles que je me permets de classer en 4 catégories:

  1. La cerise sur le gâteau

Les nouvelles qui font partie de cette catégorie ont une particularité: elles suscitent la stupeur. Leurs débuts sont linéaires et puis survint un événement qu’on n’aurait pas du tout soupçonné et qui recrée l’histoire.

  • Dimensions
  • Fiction
  • Wenlock Edge
  • Radicaux Libres

Ces nouvelles sont vraiment le mariage de l’inattendu et de l’inexorable.

2. La dernière cuillère de son plat préféré

J’ai rangé Trous-Profonds, Visage, Des femmes et Jeu d’enfant  dans cette catégorie parce qu’elles sont tristes. Elles évoquent le regret occasionné par une rupture familiale, un malentendu, une mauvaise compréhension de l’attention que l’on portait à l’autre.

3. Un verre de Muscador après du champagne 

Trop de bonheur  raconte les journées qui ont conduit à la mort  de Sofia Kovalevskaïa, romancière et mathématicienne, avec des retours en arrière sur des épisodes précédents de sa vie. Le récit peut être ennuyant pour ceux qui comme moi n’aiment pas l’Histoire et très instructif pour ceux qui comment moi aiment les mathématiques 😀

Les descriptions du sort des femmes en Russie apportent également un attrait au récit.

4. Le grain de maïs dans la salade de fruits

Que fait-elle dans ce recueil? Telle est la question que je me suis posée en lisant Bois. Je n’ai vraiment pas saisi l’utilité de cette nouvelle dans le recueil. J’ai eu l’impression que le but de l’auteur était  de raconter une histoire et non chercher à susciter de l’intérêt ou des émotions.

En somme, je dirais que le livre est intéressant mais pas transcendant. Je crois que je ne tenterai pas de lire une autre oeuvre d’Alice Munro.

Le grand bonheur – aussi provisoire, aussi fragile soit-il – d’une personne peut sortir du grand malheur d’une autre.

Elle s’était convaincue que l’amour n’était pas un sentiment de la vie réelle.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Juste avant le bonheur

Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fée. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Ému par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie?

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Les premières lignes du roman nous présentent Julie, une jeune fille qui fait partie des gens que le destin épargne peu; Paul, un homme seul depuis un mois et qui gère assez bien sa solitude; Jérôme, un homme qui supporte mal sa nouvelle vie depuis un drame et un enfant  plein de vie.

L’enfant plein de vie est le fils de Julie, l’homme plein de solitude est le fils de Paul.

Ces 4 personnes qui se connaissent à peine, se retrouvent à partager un séjour en Bretagne. Au départ, ce n’était que Paul et son fils qui devaient faire ce voyage mais Paul a invité Julie et son fils parce qu’il est  ému par la situation de cette jeune fille mère célibataire. Il a envie de l’épauler, lui venir en aide, la séparer de son porte-monnaie qui ne se remplit pas facilement.

Qu’est-ce que ce voyage leur apportera? L’occasion de voir la mer pour Ludovic, le fils de Julie; l’occasion pour Paul de retrouver ce rayonnement intérieur qu’il avait perdu depuis 30 ans, l’occasion pour Julie de vivre un conte de fée, l’opportunité pour Jérôme de pleurer et se décharger du poids qu’il traîne depuis qu’elle est morte.

Ce voyage est une grande bouffée d’air pour chacun jusqu’au jour où survint le drame, où l’un d’entre eux va devoir apprendre à vivre sans son rayon de soleil…

Ce roman m’a touchée, m’a rappelé combien la vie est éphémère, combien les rencontres ne sont pas le fruit du hasard, combien il est nécessaire d’être entouré, combien la chaleur d’un animal ne pourra jamais remplacer la chaleur d’un humain.

L’écriture fluide de l’auteur et  les courts chapitres permettent une lecture rapide. Même si la tristesse est le sentiment omniprésent dans l’histoire, le livre est agréable à lire parce qu’il y a des couples qui se forment, des heureux événements qui se préparent.

La vie continue malgré les coups durs que le destin fait subir.

Si je devais résumer le livre en une seule phrase, je dirais: le bonheur est une présence.

Le privilège de la beauté: atténuer le mauvais caractère.

Un bord de mer n’est jamais silencieux, jamais. La vie non plus, ni la vôtre, ni la mienne. Il y a les grains de sable exposés aux remous et ceux protégés en haut de la plage. Lesquels envier? Ce n’est pas avec le sable d’en haut, sec et lisse, que l’on construit les châteaux de sable, c’est avec celui qui fraye avec les vagues car ses particules sont coalescentes. Vous arriverez à reconstruire votre château de vie, parce que la tempête vous a rendue solide. Et ce château, vous le construirez avec des grains qui vous ressemblent, qui ont aussi connu les déferlantes de la vie, parce qu’avec eux, le ciment est solide.

Le passé laisse une trace comme les pas dans le sable, mais c’est vers l’avenir que l’on marche.

Le temps n’aide pas à oublier mais à s’habituer. Comme les yeux qui s’accoutument au noir.

Le commun des mortels s’imagine que plus le temps passe, et mieux ça va, mais ces émotions-là ne suivent pas une ligne droite ascendante, mais une sinusoïde, avec des sommets et des creux de vague.

Si ce livre figure dans votre PAL, n’hésitez pas à le faire sortir sauf si vous êtes ultra-sensible 🙂

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Ma poésie

Cet amour-là

J’ai été la première femme à qui tu as souri
Le premier cœur de femme que tu as séduit,
C’est le mien. Ta candeur a éclairé ma voie
Ton existence a redéfini mes vrais combats

J’ai été la première à accueillir tes temps de faiblesse,
A supporter avec amour tes écarts et maladresses,
A faire mon possible pour que ton monde soit beau,
A apprécier tes défauts et te dire qu’ils sont beaux.

Je t’ai conduit de la naissance à l’âge adulte
Tu m’accompagnes de l’âge adulte à la vieillesse
J’ai été derrière toi pour t’éviter de trébucher
Tu es avec moi pour m’empêcher de tomber

J’ai été ta main, ton appui, ta gardienne
Tu es mes yeux, mon aide, ma protection
Je suis ton premier amour, ta bonne mère
Tu es ma précieuse dévotion, mon digne fils

Avant toi, je méconnaissais l’amour inconditionnel
Avant moi, tu ignorais l’attachement inconditionné
Sans moi, tu n’aurais pas fait l’expérience de la vie
Sans toi, je n’aurais pas percé le mystère de la vie

© Grâce Minlibé _ 14/02/2015