Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Marie-Josée la métisse

On m’appelait « toubabou deni » … « café au lait »… « métèque »… « tomate pourrie ». Moi, je n’étais ni blanche ni noire… Pour les uns, j’étais une pauvre Blanche égarée parmi eux, alors que pour les autres, je n’étais qu’une Noire éclaircie. Pas plus ! …

De père inconnu et éduquée par une grand-mère très affectueuse, Marie-Josée a connu des moments difficiles dans sa vie. Elle voulait absolument connaître son père, elle n’eut que des larmes. Quant à son premier mariage, il fut un échec à cause d’un époux frivole et pervers à souhait. Intelligente, belle et dévouée à son travail, elle fait la rencontre de monsieur Kouassi. 

Celui-ci pourra-t-il enfin la rendre heureuse ? 

Marie-Josée la métisse

Le métissage ! J’ai toujours été impressionnée par l’intelligence de la nature qui réussit à mêler des sangs, des gênes ; je me suis toujours demandé ce que ça faisait d’être le fruit de deux cultures totalement différentes. Peut-on souffrir d’être métis ? 

Oui. 

La plupart des enfants métis ont été recueillis dans des orphelinats ouverts à leur intention par des colons. Certains enfants n’ont jamais été reconnus par leurs géniteurs, d’autres abandonnés par leurs mères. 

Les métis n’ont pas très bonne réputation en Côte d’Ivoire, ils sont souvent qualifiés de frivoles, indexés, mis à l’écart, objet de convoitise ou de jalousie.  

C’est cette réalité que décrit l’auteur dans cette oeuvre avec un style simple, sans fioritures.

Marie-Josée, l’héroïne, égrène en présence de monsieur Kouassi, ce soupirant avec qui elle se sent si bien, le long chapelet de sa vie et dans les moindres détails.

Elle relate la rencontre de ses géniteurs, leur amour stoppé par son arrivée brusque, le refus de son père d’assumer sa paternité car étant déjà marié, l’abandon de sa mère qui n’a pas voulu l’amener avec elle dans son nouveau foyer malgré l’insistance de son nouvel époux, la tendre éducation assurée par mémé Tanan (la tante de sa mère), ses difficultés d’intégration au primaire, au lycée, à l’université, sa rencontre avec son époux, ses difficultés conjugales, ses tentatives pour retrouver son père. 

Son parcours est assez touchant, on imagine bien combien ça doit être difficile de se sentir à l’écart, de vivre avec une moitié de ses origines.

 

Si le thème du livre à savoir les difficultés, préjugés auxquels le métis fait face est traité en profondeur, l’on ne peut pas dire autant pour les péripéties finales.

La nouvelle vie amoureuse de Marie-Josée, pour donner un exemple, est traitée en surface, presqu’expédiée. 

Un « happy end » est-il l’unique critère à prendre en compte pour dire que la fin de l’histoire  est réussie, bien achevée ? Je m’interroge.

Ce bémol mis à part, ce livre offre une lecture rapide, détente, sans prise de tête. 

Vous le jugerez d’une grande utilité si vous venez de lire un gros pavé, si vous êtes dans les embouteillages ou à la queue d’une longue file d’attente. 

 

Quelques détails sur l’oeuvre

Editions : Les éditions MATRICE

Nombre de pages : 96

 

 

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