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TTL 89 : Le retour au pays d’Alphonse Madiba Dit Daudet

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: B comme…

B comme bande-dessinée

B comme Balafonie, le pays d’origine d’Alphonse Madiba

Alphonse Madiba dit Daudet est africain et heureux d’être en France, où il poursuit des études qui courent plus vite que lui… jusqu’au jour où il reçoit un arrêté d’expulsion. De retour en Afrique, il ballotte d’espoir déçu en désillusion cuisante, sans jamais remettre en question sa vocation innée de parasite magnifique. A travers le parcours rocambolesque, à la fois amer et comique, d’un émigré déraciné, Al’Mata et Edimo passent à la moulinette le rêve européen qui hante de nombreux jeunes Africains. Ce livre a reçu le prix de la meilleure BD africaine au Festival international de la BD d’Alger en 2011.

J’ai emprunté cette BD lors de la dernière rencontre Livr’échange qui s’est tenue dans une galerie d’art soit dit en passant. Ca a été l’occasion d’admirer des tableaux assez spéciaux.

Bref ! Revenons à la bande-dessinée.

Alphonse Madiba dit Daudet, étudiant en France depuis de très longues années reçoit un avis d’expulsion. Il faut dire que Daudet a passé son temps à beaucoup de choses sauf à ce pour quoi il était venu en France c’est-à-dire étudier et avoir des diplômes. Faire la java, accumuler les conquêtes au pays, telles étaient les matières qui comblaient l’emploi du temps d’Alphonse Madiba.

Quand Alphonse Madiba dit Daudet lit cet avis d’expulsion, il s’évanouit et la scène est à mourir de rire comme bon nombre de scènes de cette bande-dessinée rafraîchissante.

Daudet ne peut pas revenir en Balafonie, son pays d’origine, un pays imaginaire de l’Afrique, sans un diplôme en poche. Ses parents et tout le quartier doivent voir qu’il a réussi en France. Alors Daudet s’invente une vie qui fera la fierté de ses parents et des envieux au quartier…

Cette bande-dessinée d’une cinquantaine de pages se lit d’une traite. Le lecteur est totalement immergé dans le récit, les mésaventures de Daudet, malhonnête et mythomane.

J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette BD. C’est un bon moyen d’évasion. J’ai apprécié l’humour présent à chaque page, le réalisme des dessins.

Le retour au pays d’Alphonse Madiba Dit Daudet est le tome 1 des tribulations d’Alphonse Madiba dit Daudet. J’ai maintenant hâte de lire le tome 2.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 72 : Les Poisons de Katharz de Audrey Alwett

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est Happy Halloween.

Je ne fête pas Halloween par conviction spirituelle mais quand j’entends Halloween je pense immédiatement aux sorcières sur leur balai 

witches brew witch GIF

 

Parmi les lectures d’août, figurait une sorcière et elle était l’un des personnages de ce roman.

Couverture Les Chroniques de la Terre d'Airain, tome 1 : Les Poisons de Katharz

À Katharz, la ville-prison où la Trisalliance déverse chaque année ses indésirables, la situation est intenable. Ténia Harsnik, la tyranne en place, est obsédée par un nombre, celui des habitants qui vivent entre ses murs. En aucun cas, il ne faut dépasser les cent mille, car alors CE qui dort sous la ville SE réveillerait. Si cela se produisait, rien ne pourrait L’arrêter, sauf peut-être Dame Carasse… Mais la sorcière la plus puissante de la Terre d’Airain, à ce qu’elle raconte, semble bien plus préoccupée par son bizarre apprenti que par le destin du monde. D’ailleurs, la ville ne compte que 99 500 habitants. Ce n’est pas comme si l’apocalypse était dans un mois… pas vrai ?

 

J’ai fait la connaissance de ce roman fantasy sur le blog de Lire à la folie. La fantasy ne fait pas partie de mes lectures habituelles mais j’aime sortir des sentiers battus de temps à autre. 

L’intrigue que laisse apercevoir la 4e de couverture a attisé ma curiosité. J’avais hâte de découvrir cette ville-prison, ce CE qui dort sous la ville et de lancer le compte à rebours. 

Les dirigeants des 3 royaumes Malicorne, Chaolie et Thalas ont vu, un jour, un gamin efflanqué frapper à leur porte pour leur proposer une idée : déposer le rebut de leur population en un même endroit à l’orée de leur frontière. Une ville-prison pour les gibiers de potence, les truands, les assassins, les voleurs, les sorciers hors-la-loi et les putes – en tout cas, les moches, parce que les jolies, ça peut toujours servir. On les enfermerait là pour à peu près toujours. Et les fautes des parents se paieraient sur les générations suivantes, car de toute façon la descendance des criminels n’était que de la mauvaise graine, et c’était plus simple de condamner avant même que de laisser naître.

Cette ville-prison s’appelle Katharz et est dirigée d’une main de fer par Ténia Harsnik, 22 ans. Elle veille à ce que la ville ne dépasse pas les cent mille habitants afin de ne pas réveiller CE. Pour ce faire, elle fait  exécuter  certaines personnes, en envoie d’autres en prison et surveille de près le nombre de naissance. C’est dramatique mais il y a toujours une once d’humour. 

Pour éviter le réveil de CE, Ténia pense pouvoir compte sur Dame Carasse, la sorcière. Une sorcière préoccupée par le recrutement d’un nouvel apprenti-sorcier. 

N’étant pas fan de fantasy de prime abord, j’ai beaucoup traîné dans ma lecture. Il m’a fallu du temps pour entrer entièrement dans l’univers.

J’ai apprécié les conspirations politiques, les jeux de pouvoir. L’univers de la fantasy est bien présent: magie, dragons et licornes sont au menu. 

L’auteure offre une palette de personnages qui apportent une touche de fraîcheur au récit. Dans ce récit, toutes les péripéties donnent matière à rire. J’ai apprécié ces scènes hilarantes pas très loin du burlesque mais j’ai trouvé certaines répliques et dialogues trop convenus.  

En conclusion : les poisons de Katharz est une sympathique lecture mais pas mémorable.

 

Et vous, quel livre avez-vous ou auriez-vous choisi pour ce thème ?

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Ubu Roi – Alfred Jarry

Poussé par son ignoble épouse, le Père Ubu renverse le roi de Pologne, son bienfaiteur, et massacre sa famille et les nobles du royaume. Désormais « roi de Pologne et d’Aragon », « maître des Phynances » et « docteur en pataphysique », il étale la couardise, l’avidité et la vulgarité qui feront de lui le modèle de l’usurpateur totalitaire.

 

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Afin de boucler ma visite touristique du challenge Tara Duncan sur Livraddict, je devais lire un livre dont la première lettre du titre (hors déterminant) OU la première lettre du nom de famille de l’auteur commence par U.

N’ayant aucun livre de ma PAL correspondant à ce critère, j’ai pioché dans les lectures des autres participantes au challenge et suis tombée sur Ubu Roi, pièce de théâtre de moins de 100 pages en version eBook. Que demander de plus ?

Cette pièce de théâtre est un drame en cinq actes où l’on rencontre divers personnages :

  • Père Ubu,
  • Mère Ubu
  • Capitaine Bordure
  • Le roi Venceslas
  • La reine rosemonde
  • Les fils du roi : Boleslas, Ladislas et bougrelas
  • L’empereur Alexis
  • Des Nobles, des financiers, des paysans et bien d’autres. 

 

Père Ubu et sa femme, deux spécimens qui malheureusement ne sont pas en voie d’extinction.

Père Ubu est lâche, traître, naïf, bête, gros, goinfre et méchant. Il incarne à lui seul tous les vices les plus primaires et symbolise la cupidité des pouvoirs politiques, l’absurdité de vouloir toujours tout.

Mère Ubu est une manipulatrice, assoiffée de pouvoir qui m’a rappelé toutes ces femmes de président africains actuels qui poussent leurs maris à s’accrocher au pouvoir.

Cette satire de la société d’hier mais aussi d’aujourd’hui met de bonne humeur. Qu’est-ce que j’ai ri, les amis !  Les répliques sont cinglantes et hilarantes.

Mère Ubu: –Comme il est beau avec son casque et sa cuirasse, on dirait une citrouille armée.

 

Père Ubu : Allons, tais-toi, bouffresque. Nous allons maintenant, messieurs, procéder aux finances.

Financiers: –Il n’y a rien à changer.

Père Ubu: –Comment, je veux tout changer, moi. D’abord je veux garder pour moi la moitié des impôts.

Financiers: –Pas gêné.

Père Ubu: –Messieurs, nous établirons un impôt de dix pour cent sur la propriété, un autre sur le commerce et l’industrie, et un troisième sur les mariages et un quatrième sur les décès, de quinze francs chacun.

 

Mère Ubu: –Point du tout. L’impôt sur les mariages n’a encore produit que 11 sous, et encore le Père Ubu poursuit les gens partout pour les forcer à se marier.

 

Cette pièce est à lire entre deux pavés, aux moments où on est sous pression. En tant que médecin littéraire, je la prescris pour tous les jours sombres. Bonne humeur assurée ! 

 

Avez-vous déjà lu des pièces de théâtre qui ont failli vous faire mourir de rire ?

 

fleur v1

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Célibataire, heureuse et prête à tout par Katherine Heiny

Merci aux éditions JC Lattès et NetGalley pour cette opportunité de lecture.

Le célibat et moi, c’est une histoire d’amour sans fin. De ce fait, tout écrit sur le sujet m’attire.

En découvrant ce titre, j’ai pensé qu’il était question de jeunes femmes célibataires heureuses ou malheureuses nous relatant des situations cocasses.

En lisant le résumé, j’ai compris qu’il n’allait pas être question de célibat mais d’infidélité… 

 

Elles sont neuf femmes entre 17 et 40 ans et à l’exception de Nina, elles ont toutes un amant. Elles nous exposent leur définition du bonheur, dévoilent l’inconstance de leurs désirs parfois éphémères.

Aventures d’un soir, mensonges réguliers ou passagers sont leurs activités quotidiennes. Sexe et désir semblent être le moteur du battement de leur cœur. Cinq d’entre elles sont mariées ou en voie de se marier. 

Leurs aventures extraconjugales m’ont parfois bien fait rire. L’héroïne de la nouvelle Blue Heron Bridge est l’épouse d’un homme âgé et elle a une relation extra-conjugale avec un homme de deux ans son cadet. 

Josie, héroïne de la 7e nouvelle du recueil  jongle entre mari et amant qu’elle a d’ailleurs rencontré via Facebook. Cet amant est marié et entretient des relations extraconjugales uniquement avec des femmes mariées. Il va lui annoncer qu’il a trouvé une nouvelle conquête cette fois-ci via Twitter. 😀

 

Le recueil nous offre légèreté et humour mais il m’a manqué de la profondeur et de l’originalité. J’avoue avoir été déçue par certaines nouvelles tant sur le fond que sur la forme. La plupart des femmes sont mariées et ont un amant qui lui aussi est marié. Ce fait redondant m’a lassée.

En outre, je n’ai pas adhéré à la structure narrative. Elle s’apparente à de la chick-lit mais je l’ai trouvée peu aboutie.

Deux nouvelles sont narrées à la 2e personne du pluriel. J’ignore si c’est dû à la traduction en français mais la narration qu’on retrouve le plus souvent se fait à la 2e personne du singulier (tu) et non au pluriel (vous).

Maya est un personnage central de ce recueil, elle apparaît en effet dans trois nouvelles. C’est peut-être une raison pour donner l’un des titres des nouvelles où elle apparaît au recueil mais je trouve ce choix inapproprié étant donné que la majeure partie des portraits sont ceux de femmes mariées et non de célibataires.

J’aurais encore préféré comme titre Monsieur et Madame Rhett Butler, titre de la 9e nouvelle qui colle plus à l’esprit du recueil. Les personnages principaux de cette histoire se retrouvent souvent dans des hôtels où ils ne déclinent jamais leurs réelles identités.

Cette nouvelle m’a d’ailleurs fait penser à Tristesse au paradis. L’héroïne, jeune fille de 17 ans sort avec son professeur d’histoire de 20 ans son aîné. Ce dernier lui a demandé de ne parler de cette histoire à personne. Exactement ce qu’a fait Willy 😀

 

La satisfaction n’a pas été au rendez-vous avec cette lecture mais nul ne dit qu’il en sera de même pour vous. Je vous laisse donc le lien d’achat ICI

N’hésitez pas à me partager votre avis si vous le lisez.

 

GM signature

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Le chœur des femmes – Martin Winckler

Couverture Le choeur des femmes

Ce livre a rejoint ma PAL fin 2017 car le résumé était alléchant. Je l’ai téléchargé sans me soucier du nombre de pages. En 2018, je l’ai mis de côté à cause de ce critère. Vous savez que je n’aime pas les pavés. 😀

A la dernière session du challenge Des gages ta Pal, la gagnante m’a choisi ce livre qui était également dans sa PAL et dont on ne lui a dit que du bien.

Les commentaires sur Livraddict étant plutôt élogieux, j’ai ignoré le nombre de pages et débuté ma lecture.

abandoned antique architecture building
Photo de Pixabay sur Pexels.com

 

J’ai découvert Jean Atwood, interne des hôpitaux et major de sa promo. Elle se destine à la chirurgie gynécologique. Elle vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on l’oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de « Médecine de La Femme », dirigée par un barbu mal dégrossi qui n’est même pas gynécologue, mais généraliste !

Jean est enragée. Elle ne veut pas perdre son temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie.

Je ne comprends pas que des gamines se mettent à coucher si tôt ; déjà à vingt ans c’est pas une partie de plaisir, alors à quatorze !

 

Arrogante, hautaine, grossière, elle est. Elle fait souvent rire mais ses défauts trop gros m’ont agacée durant la moitié du livre. Heureusement, elle va apprendre au contact du Dr Karma à développer un caractère plus bienveillant.

Parlons donc de ce super médecin à l’écoute et au service des femmes. Il va permettre à Jean de développer les attitudes d’un vrai médecin. Militant pour le respect du corps des femmes et leurs histoires personnelles, l’écoute des patientes et la recherche de leur bien-être. Il montre du doigt toutes les violences gynécologiques faites aux femmes.

Notre boulot, ça n’est pas de lui dire que ce qu’elle ressent est « vrai », ou « faux », mais de chercher pour son bénéfice, et avec son aide, ce que ça signifie.

 

Il rappelle qu’un médecin accompagne son patient et ne doit pas s’ériger en donneur de leçons.

Dr Karma est le médecin par excellence. J’ai trouvé que c’était un peu démesuré. J’ai eu l’impression que tous les médecins étaient méchants et qu’il était le seul médecin compétent et bienveillant dans le monde.

Mais ceux qui font bien leur boulot, on n’entend jamais les femmes s’en plaindre. Le problème, c’est tous ceux qui ne le font pas. Et personnellement, je les trouve beaucoup trop nombreux.

Les thèmes abordés sont pertinents : l’éthique médicale, l’intersexualité, la violence gynécologique, le sexisme, etc… Personnellement, ce livre m’a rappelé combien l’empathie est importante et qu’il fallait apprendre à respecter les choix des autres, à écouter sans juger. Je cite le Dr Karma: “Respecter, ne veut pas dire adhérer.”

Mais j’avoue que j’ai eu du mal avec la structure narrative. Elle m’a empêchée de réellement prendre plaisir à la lecture. Il y a un mélange de genres : récit, chronique, chansons, extraits de poèmes. J’ai trouvé que le tout était mal agencé. Il y a également un trop-plein de descriptions inutiles, une redondance de chroniques qui ont accentué mon ennui.

Par ailleurs, j’ai trouvé l’histoire familiale de Jean trop mièvre.

Tous ces bémols font du chœur des femmes, une lecture mitigée pour moi. 

Avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ?

fleur v1

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Throwback Thursday Livresque 38 avec Eloisa James

Thème de cette semaine : Humour

J’ai pensé au tome 2 de la SAGA IL ÉTAIT UNE FOIS d’ELOISA JAMES

Couverture Il était une fois, tome 2 : La belle et la bête

À cause d’une malencontreuse méprise, la ravissante Linnet Thrynne est déshonorée. Sa tante trouve alors une solution : Linnet épousera Piers Yelverton, futur duc dont personne ne veut. Et pour cause : victime d’un accident qui l’a laissé boiteux et impuissant, il terrorise son entourage de ses fureurs dévastatrices. Puisqu’il n’a aucun espoir d’engendrer un héritier, il acceptera de donner son nom à une femme qui, pense-t-il, porte la vie.
Ce sera l’union de la Belle et de la Bête.
Sauf que Linnet est aussi pure que la blanche colombe et que son irascible fiancé est loin d’être un monstre…

 

Ce roman est une réécriture moderne du conte classique de la Belle et la Bête.

Pas moyen de s’ennuyer durant cette lecture. Les héros ont une vraie personnalité. Piers marche à l’aide d’une canne. C’est un médecin brillant avec un tempérament infernal. Il  ressemble fortement au Dr House et les notes de l’auteure en fin de livre le confirment.  Elle affirme s’être inspirée de lui. Ce n’est pas très original mais bon…

Si vous appréciez l’humour mordant de Dr House, vous apprécierez sans aucun doute celui de Piers. Il nous fait passer un bon moment avec ses répliques cinglantes, son ironie. C’est un personnage attachant.

 

— Ne dites pas des choses pareilles devant mon fils. Il n’a que trente-deux ans.

— Son corps semble en avoir quatre-vingts. A-t-il beaucoup fréquenté les actrices ?

 

Tu es nouveau, nota Piers après avoir levé les yeux sur lui. Comment t’appelles-tu ?

— Neythen, milord.

— On dirait une maladie terrible. Ou plutôt, un problème intestinal. « Je suis désolé, lord Sandys, votre fils a contracté le neythen et n’a plus qu’un mois à vivre. Non, non, je ne peux rien faire. »

 

— Est-ce que c’est à cause de votre boiterie que vous marchez ainsi ? S’enquit-elle en élevant la voix.

— À votre avis ? répliqua-t-il en s’immobilisant. Vous supposez peut-être que je tangue comme un marin ivre pour le plaisir ?

 

Linnet et sa famille ne sont pas en reste. J’ai apprécié sa personnalité et le couple qu’elle va former avec Piers. Idem pour celui des parents de Piers.

J’ai pris plaisir à lire cette romance historique qui nous plonge dans l’univers de la médecine au XIXe siècle.

Vu que je n’ai pas fait de chronique après ma lecture, je vous partage une chronique positive et une chronique mitigée sur le roman.

 

Pour explorer davantage ce thème sur le blog, vous pouvez cliquer ici

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

fleur v1

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Vide-grenier 4 avec la tribu des Gonzesses

Dans mon vide-grenier, cette semaine, il y a le thème du 13 mars dernier : L’amitié

Pour ce thème, j’ai pensé à la 1ère pièce de théâtre de Tierno Monénembo.

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Au cœur de l’exil, des amies se retrouvent une nuit, autour d’histoires vécues, de cancans et d’espoirs inassouvis. Tout au long de leurs conversations, s’égrènent les peurs, les rancœurs, les préjugés, dans une ironie corrosive, parfois festive et souvent pathétique. Au-dessus de ces huit destins de femmes, de la plus jeune à la plus vieille, plane l’ombre d’un homme, père et amant à la fois. Au fil des mots, le drame se noue jusqu’à nous révéler la solitude de chacune des protagonistes, le temps d’une trahison. S’impose alors, l’évidence selon laquelle l’on est toujours plus proche de son bourreau que l’on ne s’imagine. L’auteur offre ici, de magnifiques rôles féminins, avec un texte fait de lumière et de couleurs, à mettre absolument en bouche.

 

Dans le salon d’un vieil appartement parisien  situé du côté de Stalingrad, Barbès ou Château-Rouge, Eyenga couturière, mère de fortune et confidente reçoit ses amies :

  • Penda, celle qui fait la rue
  • Sia, celle qui fait des ménages
  • Okassa, celle qui cherche un mari blanc
  • Zenzie, celle qui cherche une carte de séjour
  • Néné Gallé, celle qui se dit étudiante

 

Elles entrent en fanfare chez leur amie, y apportent leurs sujets de discorde et ceux qui font l’unanimité.  Elles affirment leur identité africaine, nous relatent leur vie parisienne qui est loin d’être rose, leurs multiples échecs pour atteindre leurs buts personnels. Que c’est difficile d’être dans un pays étranger !

 

Ces dames courageuses et solidaires nous font rire. L’humour est présent à chaque page.

La tribu des Gonzesses

 

 

 

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Elles rient jusqu’à ce que la page d’un agenda vienne semer le trouble. Les masques tombent, l’amitié est menacée, un drame survient.

Kesso, la jolie petite métisse et Mme Scarano, la voisine française qui n’aime pas le bruit interviennent également. Cette dernière m’a fait penser à Sarkozy, à tous ces fils d’immigrés blancs qui se sentent supérieurs, plus français que les immigrés noirs.

 

Ce qu’en pense la blogo

Les Parenthèses

Tsimatory

 

Que lisez-vous aujourd’hui ? 

 

fleur v1

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Love is Power ou quelque chose comme ça

Prenez deux vieilles femmes abandonnées à leur sort, un jeune homme dont l’unique ambition est d’être un arnaqueur du web, des enfants de 14 et 12 ans livrés à eux-mêmes, une mère ivrogne, un professeur qui a une relation extra-conjugale avec l’une de ses élèves, une épouse violentée par son mari dès qu’il endosse son uniforme de policier, un homme qui souffre de mauvaise haleine, des agents des forces de l’ordre corrompus, un couple qui se dispute l’amour de leur unique enfant, un cousin épris de sa petite cousine, un couple interracial qui s’aime sans engagement. Placez les au Nigéria en faisant une escale rapide à Nairobi. Donnez à ces hommes et femmes le temps de s’exprimer et vous obtiendrez Love is Power ou quelque chose comme ça.

Adrian Igoni Barrett fait une étude captivante des mœurs au Nigéria et nous montre les multiples facettes de ce pays. Le Nigéria et son instabilité politique des années 70, ses bandits de grand chemin, ses arnaqueurs, sa population en proie à la misère.

L’amour occupe une grande place dans ce recueil et est exposé avec ses multiples visages : amour interdit, possessif, exclusif. L’amour est interrogé, éprouvé.

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Le sexe est monnaie d’échange, moyen de pression ou plaisir tout simplement.

La plume d’Adrian Igoni Barrett a été une belle découverte. J’ai trouvé son écriture succulente. J’ai eu l’impression à chaque nouvelle de découvrir un auteur différent. Les nouvelles sont de longueur variée et chacune d’elles possède un style singulier.

Mes nouvelles préférées sont : Ce qui était arrivé de pire, le problème de ma bouche qui sent, Godspeed et Perpetua, une histoire d’allées et venues à Nairobi.

 

Ce qui était arrivé de pire

Veuve, Maa Bille se sent abandonnée par ses enfants qui vivent pour la plupart à l’étranger. Elle doit aller au CHU pour une énième opération des yeux mais il n’y a personne pour l’accompagner. 

Cette nouvelle plaisante aborde le “devoir” des enfants envers leurs parents. Des parents qui se sont pliés en quatre pour leurs enfants et qui attendent un peu le retour de l’ascenseur. Leurs enfants doivent-ils toujours être présents pour eux ? Doivent-ils leur rendre tout le bienfait ? J’ai bien aimé la réponse de Maa Bille

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Le problème de ma bouche qui sent

Une nouvelle pleine d’humour où un homme nous confie son problème de mauvaise haleine.

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Godspeed et Perpetua

Une différence d’âge entre un homme et une femme. Un mariage arrangé où va naître lentement l’amour. Puis l’enfant vient et l’amour devient exclusif. Père et fille s’installent dans un monde où la mère n’est pas conviée. Cette dernière se réfugie momentanément dans la religion. Des années s’écoulent et la politique entre en jeu.

Il y a du rire, des larmes dans cette nouvelle. La chute m’a émue.

 

Une histoire d’allées et venues à Nairobi

Un couple mixte où l’homme veut vivre un amour sans engagement, un amour au présent, n’a pas envie de se nourrir de promesses. J’ai apprécié l’interpellation de Leo dans ce magasin où des indiennes ont fait preuve de racisme. Les Indiens et leurs castes de merde !

Ces petites phrases sur l’amour m’ont fait sourire :

« L’amour, c’est revenir même quand tu ne peux pas »

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J’ai reçu ce livre lors du Colore ton swap. Pour en savoir plus, cliquez ICI

L’image mise en avant a été prise au restaurant POINT BARRE au Plateau (Abidjan), un restaurant cosy avec une décoration très littéraire. 

 

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Throwback Thursday Livresque 31 – Cycle 2 – Nuances

Attention, les amis ! Le second cycle du Throwback Thursday Livresque fait son entrée !

NOUVEAU CYCLE : COULEURS 
Pour l’interprétation, vous êtes totalement libres à nouveau. Il peut s’agir de la couleur de la couverture, de celle dont le personnage se revêt toujours, d’une couleur qui revient sans cesse dans l’histoire (exemple le rouge de roses… ), la couleur d’un lieu d’action qui ressort… Pas de limites ! J’ajoute les nuances de gris, noir et blanc. À noter que vous pouvez aussi vous baser sur la signification de la couleur pour votre choix. Facile, non ?

On débute ce cycle avec les nuances de gris, noir et blanc. J’ai immédiatement pensé à BIS ?  d’Alex Akah. Les héros sont noirs, le noir domine la photo de couverture.

L’image contient peut-être : une personne ou plus et gros plan

Humiliée, trompée, meurtrie, brisée. C’est ainsi que Paule sort de son mariage. En représailles, elle choisit de fermer son cœur à l’amour et de ne vivre que pour elle. C’est sans compter Charles, un bel homme qui n’a pas froid aux yeux. Charles Traoré est tout ce que Paule abhorre ; beau, trop sûr de lui, franc à l’excès et… Sénégalais musulman par dessus le marché ! Faisant fi de son attirance pour lui, elle le repousse brutalement, préférant un cœur froid mais intact à une relation inter religieuse difficile. Mais Charles n’est pas homme à baisser les bras, il veut Paule-Emmanuelle Kipré et rien ni personne ne l’empêchera de l’avoir, surtout pas elle !

Ce roman s’inscrit dans la « Chick lit « , le ton de narration est désinvolte, habillé d’effets comiques. L’atmosphère familiale et amicale règne dans le roman.
Jusqu’aux 70 premières pages, j’avais l’impression de lire un journal d’infos, n’eut été la touche d’humour de Paule-Emmanuelle, j’aurais décroché. C’était un peu linéaire pour moi.
Heureusement l’auteur a pressenti ma pensée, la suite de l’histoire a été beaucoup plus dense. L’histoire d’amour en elle-même est banale, deux êtres qui se rencontrent, s’apprivoisent, s’aiment, des éléments perturbateurs qui mettent des freins à cette histoire, on en rencontre dans toutes les histoires d’amour.
Alex Akah apporte une touche de singularité en misant sur sa facilité à apporter une touche de comédie, à créer une atmosphère familiale et bon enfant.
« Bis ?  » offre une lecture légère, sans prise de tête et vous savez quoi ? 

Il ne faut pas craindre un « bis » lorsqu’on entre dans une nouvelle relation et que la précédente a capoté.

 

Quel livre auriez-vous choisi ?

Rendez-vous la semaine prochaine pour les couleurs chaudes. 🙂

 

fleur v1

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Debout-payé de Gauz, satirique à souhait

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J’ai entendu parler de ce livre en 2014. Chrystel Zohi Ngambeket qui m’a fait découvrir Chimamanda Ngozi Adichie m’en a dit un grand bien.

“C’est un livre intelligent” si je me rappelle bien ses mots.

Je l’ai gardé dans un coin de la tête et cette année, il a rejoint ma bibliothèque.

Le roman en version poche compte 204 pages et est subdivisé en neuf parties. Neuf sections dans lesquelles l’on découvre Ferdinand et Ossiri et leur métier de vigile en France.

Ferdinand n’était pas brillant à l’école, il a donc décidé en 1973 d’aller en France et devenir « un grand quelqu’un » .

Ossiri ne vivait pas du tout dans la misère à Abidjan, il voulait voir du pays dans les années 90, la France s’est imposée à lui comme une destination naturelle.

Enfant, on ne rêve pas de devenir vigile. Adulte, lorsqu’on est un sans-papier africain à Paris, on accueille cette profession avec effusion de cœur car d’une part c’est l’un des métiers les plus accessibles pour les “grouilleurs” et d’autre part le travail libère, il est synonyme d’indépendance financière. Plus besoin de tendre la main pour vivre, subsister.

Dans chaque magasin de Paris, on y trouve un vigile, un homme corbeau (une appellation personnelle liée à leurs costumes noirs et blancs)

Dans les magasins, ils ont la mine serrée, l’air sérieux. On pense souvent qu’ils se donnent un air mais on n’a pas idée de ce qu’ils doivent endurer. Etre vigile c’est ennuyant. Pour s’occuper l’esprit, on s’attarde sur chaque individu qui franchit le seuil du magasin. La capacité d’analyse, de logique s’accroît. Cela donne de belles anecdotes sur les soldes à camaïeu, Sephora les Champs-Élysées.

J’ai beaucoup ri.

Debout-payé de Gauz

 

La plume de Gauz est rafraîchissante, il y a quelques instants vulgaires mais ils ne sont pas légion.

La plume de Gauz n’oublie pas d’être satirique à souhait. La politique des états africains après le soleil des indépendances et la Françafrique sont pointées du doigt avec virulence.

J’ai beaucoup apprécié les convictions africanistes, marxistes d’Angela, amie de Ferdinand et mère d’Ossiri, étudiante ivoirienne en France rentrée dans son pays.

Debout-payé Gauz

 

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Debout-payé ravira ceux qui aiment réfléchir sur la société en riant…

 

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