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Tête-à-tête avec Johana Gustawsson

Mon invitée du jour est une auteure très sympathique. Après avoir lu ses romans, j’ai voulu en savoir plus sur elle et elle s’est volontiers prêtée au jeu. Chers amis, accueillons Johana Gustawsson !

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1. Si Johana Gustawsson devait se définir en trois mots, lesquels choisirait-elle ?

Folle à lier !

 

2. Mör est un mot suédois qui signifie « tendre » pourtant, Mör n’a rien de tendre.
Pourquoi ce titre ?

C’est lié à la viande, que l’on consomme plutôt tendre… du moins si on est un vrai amateur…

 

3. J’ai beaucoup aimé Mör, il m’a coupé l’appétit. Je suis une grande carnivore et je vous en veux un peu parce que vous m’avez ôté l’envie de manger de la viande (Rires)

Je trouve et c’est mon avis personnel que Mör est beaucoup plus intense que Block 46 comme si vous passiez à un cran supérieur. Était-ce votre but ou une simple coïncidence ?

Non, je n’avais pas de but particulier sinon de procurer à mes lecteurs une expérience de lecture intense, à la fois sensorielle et visuelle. Qu’ils passent un excellent moment en compagnie de Roy & Castells et des autres. Je pense que de livre en livre on s’améliore, on se permet plus de choses, on ose davantage.

 

4. Y a-t-il des messages cachés derrière Block 46 et Mör (morale, réflexion sur lemonde) ou aviez-vous seulement l’envie de partager une histoire ?

Dans Block 46, j’œuvre pour le devoir de mémoire. Les survivants de la seconde guerre mondiale ont presque disparu et il est de notre devoir de parler de la Shoah, des camps, des héros de la résistance, des victimes, des bourreaux, et des atrocités de cette guerre pour que jamais cela ne se reproduise.

Dans Mör, je célèbre, là aussi, les victimes, mais cette fois celles de Jack l’éventreur, dont on parle peu. Ces femmes qui s’effacent derrière l’énigmatique tueur en série et qui vivaient dans une misère totale, obligées de vendre leur corps pour pouvoir trouver un lit où passer la nuit.

 

5. Vos œuvres publiées sont des romans policiers et thriller. Vous avez affirmé être une passionnée du genre. Aura-t-on droit à de nouvelles enquêtes d’Emily et d’Aliénor dans les prochains mois ?

Oui ! Je viens de terminer l’écriture de Sång, le troisième livre dans la série de Roy et Castells. Il paraîtra à l’automne 2019 chez Bragelonne. Les derniers cinq mois ont été extrêmement denses en écriture et en voyages promotionnels ! Peu de sommeil, mais beaucoup de plaisir !

 

6. Avez-vous envie de tester d’autres genres : fantasy, fantastique, romance ?

Non, pas encore, mais pourquoi pas !

 

7. Des auteurs vous ont-ils influencée dans votre carrière d’écrivaine ?

Oui, beaucoup ! J’étais très friande de classiques comme Baudelaire, Rimbaud, Rostand, Shakespeare, Duras… Côté crime, Agatha Christie a été celle qui a fait éclore ma passion pour le genre avec une admiration sans borne pour Poirot !

 

8. Avez-vous déjà été victime de la fameuse page blanche ? Si oui, avez-vous des conseils à donner ?

Changer d’air. Laisser son esprit respirer un peu. Lire et se promener. Moi, je passe du temps avec mes petiots, ce qui me remet les idées en place ! Les idées sont là, c’est juste qu’on ne les voie pas ! Elles ne nous viennent pas, mais elles sont là.

 

9. Si vous deviez offrir un roman (le vôtre ou celui d’un autre) à votre écrivain
préféré, lequel choisiriez-vous ?

J’offre toujours Cyrano de Bergerac et Le Prophète, deux livres qui m’ont énormément marquée.

 

10. Vu que vous êtes marseillaise, une question pour vous titiller un peu en tant que supportrice parisienne. Quel joueur du Paris Saint Germain appréciez-vous ? 🙂

Paris Saint quoi ? Pardon, je n’ai pas entendu…

marco verratti what GIF by Paris Saint-Germain

 

 


 

Vous êtes auteure mais également grande lectrice. Si vous le voulez bien, parlons maintenant de vos sept péchés capitaux en lecture. 


Quel est le livre le moins cher dans votre bibliothèque ?
Mes Agatha Christie, que j’achetais chez le bouquiniste, enfant, à 90 centimes ou 1,1 franc.

 

 

hungry eat to live GIF

Quel livre avez-vous dévoré ?
La couleur des sentiments de Kathryn Stockett.

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paresse
Quel livre avez-vous mis du temps à lire ?
Un livre que je n’ai jamais réussi à terminer : la trilogie de E.L. James.

film love GIF by Fifty Shades

 

Quel livre érotique vous a marquée ?
Histoire d’O. de Pauline Réage.

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orgueil

Quel personnage avez-vous trouvé orgueilleux ?
La marquise de Merteuil, dans les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.

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envie

Quel livre vous fait envie en ce moment ?
Le livre que mon amie Sonja Delzongle est en train d’écrire…

 

 

 

 

colère

 

Quel livre vous a mis en colère ?
Celui que je viens de terminer d’écrire : Sång. J’ai passé toute l’écriture avec un profond sentiment de colère contre les politiques espagnols qui ont adopté un pacte du silence concernant tous les crimes franquistes…

 


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Si vous étiez…

Un prix littéraire ?

Le Prix du Balai d’Or organisé par Richard Contin.

 

Un épice ?

La cannelle.

 

Un arbre fruitier ?

Le citronnier.

 

Un dessert ?

La mousse au chocolat

 

Un sport collectif ?

Le volley-ball.

 

Une heure de la journée ?

5 heures, au lever avec le chant des oiseaux.

 

Une pièce de la maison ?

Mon bureau.

 

Un personnage Disney ?

Peter Pan.

 

Un signe de ponctuation ?

Le point d’exclamation.

 

Une langue ?

Le valencian.

 

Un jeu de société ?

Cluedo !

 

Une couleur ?

Le rouge.

 

Une des sept merveilles du monde ?

La pyramide de Khéops.

 

Une matière enseignée à l’école ?

Littérature.

 

Un genre musical ?

Le jazz.

 

Grand merci à Johana pour ce sympathique moment d’échange.

Bon week-end à tous ! 🙂

 

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Mör de Johana Gustawsson vous coupera l’appétit

Mör

Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S’emploie pour parler de la viande. 

Falkenberg, 16 juillet 2015. Sur les rives d’un lac, on retrouve le cadavre affreusement dépecé d’une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputés de plusieurs kilos de chair. Londres, le lendemain matin. La profileuse Emily Roy est appelée sur les lieux d’une disparition inquiétante : l’actrice Julianne Bell a été enlevée à l’aube, et ses chaussures ont été retrouvées à proximité de chez elle, emballées dans un sac de congélation. Ces deux crimes portent la signature de Richard Hemfield, le « tueur de Tower Hamlets », enfermé à perpétuité à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor. Dix ans plus tôt, il a été reconnu coupable du meurtre de six femmes et de celui de l’ancien compagnon de l’écrivaine Alexis Castells. Comment alors expliquer que ses crimes recommencent ?

 

l'Afrique écrit

Quel plaisir de retrouver la profileuse Emily Roy, sa perspicacité et ses vieux démons!

On retrouve également Alexis, Bergström et Olufsson. On fait la connaissance d’Aliénor, une jeune femme atteinte du syndrome d’Asperger. C’est une bosseuse et elle est drôle. Je ne suis pas fan des saga mais j’aimerais bien la retrouver dans une autre enquête.

Comme dans Block 46, on navigue entre le passé et le présent.

On découvre l’Angleterre du 19e siècle et la terreur causée par les meurtres de Jack l’éventreur puis une Angleterre moderne qui n’est pas tellement différente de l’époque ancienne puisque des femmes sont sauvagement assassinées. Un disciple de Jack l’éventreur est-il à l’oeuvre ?

La citation d’introduction du roman met la puce à l’oreille.

“Ils te bousillent, ton papa et ta maman. Ils ne le font peut-être pas exprès, mais ils le font quand même. Ils te remplissent de leurs défauts, Et en rajoutent quelques-uns en plus, rien que pour toi. Philip Larkin

L’auteur des crimes répète-t-il les actes de parents bourreaux ? Les courts chapitres nous révèlent petit à petit la réponse à cette question. Ce roman est sombre, il coupe l’appétit. Âmes sensibles s’abstenir…

 

Mör est un bon thriller : Il y a du suspense, des effets de surprise. Les apparences s’avèrent être très trompeuses.

J’ai trouvé cette enquête beaucoup plus prenante que la première enquête d’Emily et Alexis.

Grâce au livre, je connais d’ailleurs un nouveau mot : la stéganographie. Si vous le voyez pour la première fois, manifestez-vous en commentaire 😀

J’ai apprécié ma lecture même si j’aurais voulu que la psychologie des tueurs soit plus développée. J’ai déploré le fait qu’on ne passe pas assez de temps dans les cerveaux des tueurs. Le dénouement semble d’ailleurs invraisemblable parce que certains morceaux de la toile tissée par l’auteure arrivent comme un cheveu sur la soupe.

“L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous” Jean-Paul Sartre

Quand je vois ce que Joyce Meyer est devenue après avoir été abusée par son père, cette citation de Jean-Paul Sartre placée à la fin du roman prend tout son sens. Le mal n’est absolument pas génétique.

 

Avez-vous lu Mör ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Block 46 de Johana Gustawsson

Falkenberg. Suède. Le commissaire Bergström retrouve le cadavre nu et gelé d’une femme aux abords de la plage d’Olofsbo. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps sauvagement mutilés ont été abandonnés dans les bois d’Hampstead, au nord de la ville. Ils présentent les mêmes mutilations que la victime suédoise : trachée arrachée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Étrange serial killer, qui change de type de proie et de lieu de chasse… Pourrait-il s’agir d’un tandem de sociopathes ?

 

mon-avis-de-lecture

Ajouté à ma bibliothèque en septembre dernier, il m’a fallu le challenge course contre la montre pour le lire.

Le récit débute avec 3 narrateurs à des périodes différentes:

  • Le 1er enterre un corps semble-t-il, en novembre 2013
  • Alexis, une écrivaine spécialiste true crime, à Londres en janvier 2014
  • Un déporté du camp de concentration de Buchenwald en août 1944

Qu’ont ces trois narrateurs en commun ? Le mystère se dévoile lentement au fil des pages.

L’auteure nous fait voyager entre L’Angleterre, la Suède et l’Allemagne mais ce n’est pas un voyage de détente. En Allemagne, on assiste impuissant à la détresse des déportés du camp de Buchenwald à travers les yeux d’Erich Ebner, un déporté allemand. On découvre les blocs d’expérimentation.

En Angleterre et en Suède, on découvre les corps mutilés d’enfants entre 6 et 8 ans et celui d’une femme. 

Pourquoi tant d’horreur ? Quel esprit pousse l’homme à maltraiter, ôter la vie d’innocentes personnes comme des enfants ?

On rencontre Emily, profileuse exceptionnelle. De tous les personnages, c’est la seule à laquelle je me suis attachée. J’ai apprécié sa finesse d’esprit, son caractère réservé, sa fixation sur son but. 

L’équipe du commissaire Bergström, Alexis, l’écrivaine true crime, et Emily vont combiner leurs efforts pour retrouver le ou les tueurs des enfants et de cette femme qui s’avère être l’amie d’Alexis. 

J’ai ressenti un malaise pendant ma lecture, lorsqu’Emily pensait avoir identifié le tueur. Je n’arrivais pas à croire qu’un survivant de l’enfer des camps de concentration puisse être devenu un meurtrier sanguinaire. Ce n’était pas crédible selon moi. Ma lecture n’avait plus le même goût. J’avais hâte qu’elle s’achève jusqu’à CE retournement de situation.  J’ai poussé un ouf de soulagement.

Le réel tueur est démasqué dans les dernières pages et là, j’ai trouvé le dénouement alambiqué. 

Block 46 est arrivé dans ma PAL après l’avis très positif d’une auteure-blogueuse. Je m’attendais à une forte intensité émotionnelle. Je ne l’ai malheureusement pas eue. La froideur du tueur a régné sur le roman. Le livre aurait été très plat sans le camp de Buchenwald.

C’est un bon Thriller mais sans plus. Il m’a manqué une tension crescendo. Les chapitres courts n’ont pas servi à l’atteindre.

Une autre enquête d’Emily se trouve dans ma PAL. J’ai hâte de la retrouver et en savoir plus sur elle.

 

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