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TTL 88 : Army of Me and You de Billy London

 Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: A comme…

Anglais

Amour

Army of me and you

Madeline Mpoyi made a choice to focus on the sweeter things in life; chocolates, strawberry laces and sherbet. After all, those things happened to be a million miles away from her childhood and her desperate escape from war-torn Rwanda. To thank the soldier who did all he could to help her and her father flee the horrors of her former homeland, Madeline sends boxes upon boxes of treats to give that same soldier a small glimpse of sweetness wherever he may be. To give him a thank you that can never truly be enough…

Captain Nathaniel ‘Cain’ Goldsmith never served in Rwanda. His father, Major Nathaniel Goldsmith did and never speaks of what happened there. In the midst of his own tour in Afghanistan, Cain begins to receive mysterious packages filled with his favourite things. He hadn’t realized how much he had come to depend on the mysterious Madeline’s sweet letters and even sweeter care packages. On his return to the UK, Cain has Madeline in his sights, deeply intrigued to discover the woman behind the confectionery…

Je triche un peu parce que Army of me and you fait partie de mes 5 dernières lectures mais il sonne comme une évidence. Il est en écrit en anglais, il y est question d’amour et le titre commence par A.

La 4e de couverture a vraiment attisé ma curiosité. J’avais envie de découvrir Madeline. Cette jeune femme d’origine rwandaise, qui pour remercier le soldat qui les a aidés, son père et elle, à fuir les horreurs du génocide, lui envoie des boîtes de friandises en Afghanistan.

Avant de débuter la lecture, j’ai imaginé Cain en Afghanistan rerecevoir les lettres et friandises et se demander qui est cette femme, à quoi ressemble-t-elle. J’ai imaginé son impatience à rentrer au Royaume Uni afin de découvrir sa bienfaitrice en chair et en os. J’ai imaginé leur première rencontre puis les prochaines, les sentiments d’amour s’installant lentement mais avec une profonde intensité. J’ai habillé cette romance de rose bonbon et rouge passion en pensée.

L’auteure a pris une autre voie. Le premier chapitre débute avec la rencontre de Cain et Madeline à Londres. Le courant passe très vite entre eux, l’attirance sexuelle entre vite en jeu.

Si j’ai trouvé le début haletant, le décor de l’histoire se mettant rapidement en place, j’ai trouvé par la suite que la romance est allée trop vite. La passion entre nos héros se ressent mais j’ai plus ressenti une passion sexuelle qu’une passion amoureuse. Il m’a manqué de la profondeur dans es sentiments, des complications ou obstacles à leur vie de couple.

Si l’histoire d’amour m’a moyennement convaincue, j’ai été touchée par l’évocation du génocide contre les tutsi et les retrouvailles émouvantes entre Madeline et le père de Cain.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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The Buchanans, Book 1 : FIRST SITE de Rose Fresquez

When Leila’s students challenge her to go camping, she sets out armed with a bucket list designed to force her out of her comfort zone—the indoors. Her trip starts with a broken car, a twisted ankle, and several forces of nature. She expected a few bumps along the way, but not the handsome stranger who comes to her rescue.

Ezra has no time for romance, preferring to spend his rare time off from work as a firefighter enjoying nature. He definitely didn’t plan on playing hero on his camping trip, especially not to a beautiful woman who looks like she’d be more at home in a five-star resort.

A connection sparks between them, and despite Ezra’s doubts and ever-present commitment issues, this one fire he doesn’t want to put out. Can these opposites find a happily ever after?

J’ai eu envie de lire des « clean romance » c’est-à-dire des histoires sans scène de sexe. J’ai donc fait une petite sélection Kindle de ces romances et mon marathon a commencé par le 1er tome de la trilogie Buchanan. Le tome 1 est réservé au cadet Ezra, le 2nd à la benjamine et le dernier à l’aîné.

Ezra est un pompier, attaché à sa famille et surtout au Seigneur. J’ai beaucoup apprécié l’arrière-plan chrétien qu’offre cette romance. J’ai apprécié la place de la prière, des méditations. J’ai envié les personnages qui arrivent à faire une chose qui me manque : la dévotion matinale. 😀

Ezra est célibataire et il a trouvé son équilibre de vie entre son boulot, sa famille, ses activités à l’église et ses activités sportives au grand air. C’est un habitué du camping contrairement à Leila.

Leila est enseignante. Si Ezra a baigné dans le christianisme depuis son enfance, elle est une jeune convertie. J’ai apprécié les circonstances dans lesquelles ils se rencontrent tous les deux même si ça n’a rien d’original. J’ai apprécié leur rapprochement qui s’est fait très lentement. C’est d’ailleurs le gros bémol de cette histoire: le rythme est très lent.

Ezra s’interroge beaucoup sur cette relation naissante. C’est mignon au début mais à la longue, ça a fini par m’agacer. J’aurais voulu qu’il soit plus sûr de lui. L’auteure aurait fait un gain de pages et moi un gain de temps.

L’histoire se déroule en majeure partie dans un camp et j’ai apprécié ce contact visuel avec la nature et le parallélisme fait avec Dieu.

L’auteure a inséré quelques moments de tension entre nos amoureux notamment sur leur différence raciale. Sûrement pour apporter un peu plus de rebondissement et de relief au récit mais j’aurais aimé que ces moments soient plus originaux.

First site est une douce et légère romance dans l’ensemble. J’ai lu en anglais et ai trouvé le niveau de langue accessible. J’ai débuté le 2e tome et j’ai hâte de vous confier mon ressenti.

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Le chant des ronces : Contes de minuit et autres magies sanglantes

Embarquez dans un voyage vers des terres sombres et dangereuses, peuplées de villes hantées et de bois affamés, de monstres bavards et de golems en pain d’épices, où la voix d’une sirène peut invoquer une tempête mortelle, où les rivières font de terribles promesses d’amour…

Ayama et le bois aux épines: Une jeune fille est envoyée négocier l’avenir de son royaume avec un terrible monstre.

Le renard trop rusé: un renard compense son apparence disgracieuse par une intelligence hors du commun, qui pourrait bien lui jouer des tours.

La sorcière de Duva: Dans un village frappé par un hiver perpétuel, les jeunes filles se mettent à disparaître mystérieusement.

Petite lame: Une jeune fille découvre que les souhaits de son père à son encontre et ses propres envies prennent deux directions opposées.

Le prince soldat: Une réécriture inquiétante de Casse-Noisette.

Quand l’eau chantait le feu: deux Sild aux voix merveilleuses quittent leur royaume marin pour la terre où elles rencontrent les mystérieux Grisha.

Si mes souvenirs sont bons, j’ai découvert ce recueil de contes fantasy sur le blog de Light and Smell. Il a passé un bout de temps dans ma wishlist avant qu’une belle âme du Canada ne me fasse la belle surprise de le choisir pour le swap Père Noël Secret 2020. Encore une fois merci Marie ❤

Parlons d’abord de la couverture qui est magnifique. Un sublime objet-livre qu’on a envie d’acheter rien que pour sa couverture.

Je n’ai pas l’habitude de la fantasy mais j’aime bien les contes. Je n’ai donc pas eu de mal à entrer dans les différentes histoires avec des univers où se mêlent magie et sorcellerie. Le grand plus de ces récits ce sont les illustrations qui les accompagnent. Elles se dévoilent par petite touche au fur et à mesure que le conte évolue, donnent un effet de surprise et attisent la curiosité. On a hâte de voir à quoi ressemble le dessin intégral.

Chaque conte renferme des leçons pleines de sagesse notamment celle de voir au-delà des apparences. On se rend compte combien l’on tombe bien souvent dans le jugement hâtif. C’est ce qui m’est arrivé avec le conte la sorcière de Duva qui est l’un des 3 meilleurs contes de ce recueil soit dit en passant. J’ai apprécié l’ambiance glauque, l’atmosphère oppressante de ce conte, une réécriture très originale de Hansel et Gretel. J’ai apprécié que l’auteure offre un regard nouveau sur cette histoire qui a bercée mon enfance. Je me confesse: j’ai envié son imagination débordante.

Ce recueil a été une belle découverte. Mention spéciale au renard trop rusé et la sorcière de Duva qui offrent de superbes retournements de situation, à Ayama et le bois d’épines qui rappelle les contes des mille et une nuits et Petite lame qui rappelle qu’utiliser une chose ne signifie pas la posséder.

Malheureusement, je ne peux pas en dire autant des deux derniers contes qui ne m’ont pas du tout emportée.

Bonus : les photos du super colis que m’a préparé Marie pour le swap. Le swap devait contenir :

  • 1 livre de la WL
  • 1 marque-page
  • 1 petite surprise
  • 1 gourmandise
  • 1 lettre dans laquelle vous révélez votre identité.

Avez-vous déjà découvert ce recueil de contes ou êtes-vous en train de courir vers la librairie la plus proche pour l’acheter ?

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Lame sur les lèvres- Loïc Henry

Je remercie NetGalley et les éditions Hugo Publishing pour la découverte de ce roman. La 4e de couverture étant très aguichante, je me suis laissé tenter…

Les événements se déroulent de janvier 2018 à juin.

Le récit s’ouvre sur une personne. Instinctivement, je pense à un homme. Cet homme observe une personne qu’il s’apprête à tuer. On découvre ensuite de façon chronologique Charlotte, Zoé, un mystérieux personnage puis Alexis.

Charlotte, quarantenaire, veut devenir mère célibataire et propose à un ancien ami de lycée d’être le donneur. Zoé a 26 ans et est mannequin professionnel. Alexis est un ancien légionnaire revenu à Paris pour venger la mort de Marin, son ancien compagnon d’armes.

Tous prennent la parole l’un après l’autre pour nous dévoiler leur quotidien y compris le mystérieux personnage qui élimine Stanislas Pellaut, Marin Kaliszewski, Hughes Janelidze, Bilal Touati, Anthony Dos Santos, Benjamin Cochet, Lucile Carpentier…

Le mystérieux personnage intrigue par sa façon d’écourter la vie de ses victimes. Quel est d’ailleurs le lien qui unit ces victimes ? Quel est le mobile du meurtrier ? Les indices sont donnés au compte-gouttes, les connexions s’établissent…

J’ai apprécié la narration interne, le point de vue alterné des personnages principaux. Le registre de langue employé est courant avec de brèves apparitions de mots soutenus. Je n’ai pas été émerveillée par la plume de l’auteur mais elle se laisse lire. J’ai également apprécié le clin d’œil à mon pays. L’un des personnages secondaires est en effet un ivoirien.

L’intrigue policière est intéressante à suivre même si des longueurs, péripéties invraisemblables et détails superflus l’amenuisent parfois. L’auteur surfe sur des thématiques actuelles: Viol, inceste, GPA, trafic sexuel, immigration.

Je ne me suis malheureusement pas réellement attachée aux personnages. Je les ai trouvés un peu ternes. J’ai trouvé certaines réactions de Charlotte assez illogiques (je les ai mieux comprises au dénouement de l’histoire) et Zoé plutôt immature pour son âge. Il n’y a que deux personnages que j’ai trouvés intéressants: Alexis et Grégoire Rannou. J’ai par ailleurs beaucoup apprécié le lien de ce dernier avec Zoé. J’aurais aimé en savoir davantage sur lui. Si l’auteur pense à faire une saga policière avec lui, je serais ravie de l’y retrouver.

En conclusion : Lame sur les lèvres est une lecture moyenne pour moi, la faute au rythme pas très haletant de l’histoire et à des personnages qui n’ont pas su m’embarquer dans leurs histoires personnelles.

Envie de vous faire votre propre idée de ce roman? Il sort demain!

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Le women murder club, tome 1: 1er à mourir

San Francisco, un criminel supprime avec cruauté et sadisme des couples de jeunes mariés durant les premières heures de leur lune de miel. Une jeune inspectrice, Lindsay Boxer, est en charge de l’enquête. Elle est aidée de sa meilleure amie, médecin légiste, d’une journaliste, ainsi que de l’adjointe du procureur, afin d’arrêter l’assassin qui semble insaisissable. Toutes quatre décident de créer le  » Women Murder Club  » ! Faisant fi de leurs supérieurs hiérarchiques qui les freinent, enquêtant hors de leurs heures de travail, elles vont réussir, grâce à leur ténacité et leur intuition, à assembler peu à peu les pièces de cet horrible puzzle.

Comme annoncé dans mon dernier article, c’est la 2e œuvre de James Patterson que je lis mais pas dans l’ordre chronologique de ses parutions. Lune de miel a été écrit après les premiers tomes de la série Le women murder club.

Comme dans Lune de miel, le récit débute par un prologue. Le narrateur s’exprime à la 1ère personne.

Comme dans Lune de miel, le meurtrier décline assez vite son identité, enfin c’est ce que je pensais…

Ce 1er tome retrace la mise en place du women murder club. 4 femmes qui évoluent dans des sphères à dominante masculine ou qui ont besoin de se faire une place dans leur milieu professionnel. Claire est la meilleure amie de Lindsay, l’héroïne principale. J’ai trouvé que l’ajout des deux autres femmes à ce duo s’est fait un peu trop vite. J’ai l’habitude des amitiés qui se tissent lentement; excusez-moi 😀

J’ai apprécié leur diversité : Claire est noire, rondement belle, mariée et mère, Lindsay est divorcée, Jill, mariée et Cindy, célibataire.

Ce 1er tome a deux trajectoires : l’une qui mène à l’enquête policière et l’autre plus personnelle, la vie intime de Lindsay Boxer. Divorcée, sans enfant, elle apprend qu’un mal ronge son être intérieur et le lecteur l’accompagne dans cette phase de désespoir/espérance. Il l’accompagne dans ses amours aussi même si l’auteur rajoute quelques couches de tristesse. En parlant de cet amour contrarié, j’éprouve un sentiment paradoxal. J’ai apprécié cette touche grise qui vient obscurcir le ciel bleu mais en même temps, j’aurais voulu un autre scénario final.

Parlons de l’enquête policière et de cet homme qui prend un malin plaisir à ôter la vie à des jeunes mariés durant leurs premières heures d’union maritale. J’ai apprécié les rebondissements, les fausses pistes, le vrai qui s’habille de faux et vice versa.

Et la tu t’dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort.
Quand tu crois enfin que tu t’en sors quand y en a plus et ben y en a encore !

Ce n’est pas une citation du livre mais un extrait de la chanson de Stromae. 😀

On va de surprise en surprise avec l’auteur. C’est presqu’un tour de montagne russe. Parfois, les ficelles sont trop grosses, trop tirées par les cheveux.

1er à mourir est une bonne entrée en matière pour cette série de près de 20 tomes. J’aurais volontiers enchaîné sur le 2nd tome si je n’avais pas un service presse qui attend patiemment et la reprise des activités du comité de lecture pour le Prix les Afriques 2021.

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Lune de miel de James Patterson

Un homme lutte pour respirer, un brasier s’active à l’intérieur de lui. Qui est-il ? Qu’est-ce qui a bien pu lui arriver ?
La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.
Le lecteur découvre plutôt Nora, 33 ans, décoratrice d’intérieur. Elle file le parfait amour avec Connor, 40 ans, banquier richissime. S’ils sont fiancés, qui est donc cette Nora que le lecteur découvre dans le prochain chapitre, mariée à Jeffrey, auteur de romans historiques de renommée internationale ?

La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.

Le lecteur est projeté au coin de la 42e rue et de Park Avenue. Une prise d’otage, des coups de feu, une valise récupérée par un homme, le Touriste. Qui est-il ? Que contient cette valise ?

La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.

Le lecteur retrouve Nora, découvre un peu plus son passé et le sort commun qu’elle réserve aux hommes qui deviennent ses intimes. Nora est une veuve noire et elle s’en sort plutôt pas mal jusqu’au jour où une enquête est ouverte suite à la souscription d’une assurance vie par son fiancé.

Lune de miel a toutes les qualités requises pour s’inscrire dans le genre Thriller. Le suspense est présent, l’intrigue captivante, le rythme haletant grâce aux courts chapitres. Impossible pour le lecteur de s’ennuyer, de nombreuses surprises sont révélées tout au long du récit.

Les personnages sont intéressants à suivre même ceux qui n’ont pas des idées catholiques.
J’ai apprécié la narration alternée, tantôt à la première personne pour l’inspecteur O’Hara, tantôt à la 3e personne pour l’ensemble des personnages. J’ai passé un bon moment de lecture même si quelques zones d’ombre persistent pour moi notamment sur l’intrigue secondaire à savoir les transferts de capitaux.

J’ai apprécié la plume de James Patterson au point de foncer tête baissée vers sa série Le women murder club. La connaissez-vous ? Etes-vous familier (e) de la plume de cet auteur ?

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Nouvelles du monde #8: Taïwan

Île austronésienne depuis des millénaires, refuge pour pirates, terre d’exil pour paysans chinois, l’île de Taïwan n’a pendant longtemps guère éveillé l’intérêt de ses voisins. Colonie japonaise jusqu’en 1945, Taïwan passa sous le contrôle de la Chine nationaliste à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Vaincus en Chine par les communistes, le gouvernement et l’armée nationalistes se replièrent en 1949 à Taïwan, où ils maintinrent jusqu’au milieu des années 1980 un régime autoritaire qui puisait une partie de sa légitimité dans la mise à l’honneur de l’héritage chinois. Aujourd’hui, Taïwan est l’un des pays d’Asie les plus démocratiques, et sans conteste celui où les libertés publiques et individuelles sont les mieux respectées. Toutes écrites après l’an 2000, les nouvelles de ce recueil expriment les incertitudes politiques liées à la géographie, mais aussi cette profonde liberté vécue au quotidien, avec une grande sérénité. C’est d’abord de l’île dont parlent ces textes. La mer n’est jamais loin, que l’on s’y perde ou que l’on s’y raccroche, qu’on en tire sa subsistance ou qu’on y éprouve sa valeur personnelle. Par-delà des traditions différentes qui, mêlées, ont forgé l’identité des Taïwanais, ceux-ci ont des histoires à partager.

J’ai d’abord été charmée par la couverture du livre. Je la trouve gaie et lumineuse. Et j’avoue, tout ce qui a une touche de rose me fait fondre.

6 nouvelles, 6 auteurs avec une parité homme-femme.

Chaque vie laisse inévitablement derrière elle des histoires et ce sont ces histoires que chaque nouvelle de ce recueil raconte.

Les nouvelles se lisent vite, chacune d’elles a un style captivant. Les auteurs jouent avec les mots et les noms. J’ai beaucoup apprécié l’originalité des noms de certains personnages: la grand-mère qu’on surnomme Nouilles, la copine qui s’appelle Mandarine et qu’on trompe avec Pomme, Tomate, Bananette, Litchi, une jeune femme qui se fait appeler Mer et son prétendant d’un soir qui se prénomme Moustique.

La mer est présente. Elle est évoquée, imagée. Le pêcheur de Tsai Suh-fen fait de l’océan le miroir, fidèle ou inversé, des destinées sociales, des espoirs, des renoncements.

La liberté de corps, le détachement vis-à-vis des convenances est évoquée dans la Moustique et Mer de Kao Yi-feng.

Il y a un côté facétieux dans certaines nouvelles. Et là où la comédie traîne, le dramatique n’est jamais bien loin. Les personnages ont des failles, des douleurs qu’ils tentent de contourner. Dans la nouvelle Le frigo de Ko Yu-fen, Mandarine se coupe du monde empli de trahison de son copain en se réfugiant dans son frigo. Dans la nouvelle que j’ai préférée, Les dégustations de Sabrina Huang, l’héroïne se cache de sa douleur à travers une dégustation névrotique de mets. J’ai apprécié découvrir les traditions liées aux banquets de mariage et surtout la chute de cette nouvelle que je n’avais pas vu venir.

Moi qui n’arrivais plus à trouver mon compte dans la collection Miniatures, Taïwan vient de me redonner goût et envie à ce voyage autour du monde proposé par les éditions Magellan.

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Et ne t’avise pas de m’embrasser ! – Mhairi McFarlane

Quand on joue avec l’amour, il faut s’attendre à quelques surprises… Se faire quitter après dix ans d’amour, c’est dur. Se faire quitter par son collègue après dix ans d’amour et de cohabitation professionnelle, c’est très dur. Pour sauver sa réputation et son image, Laurie n’a pas le choix : elle doit vite trouver le moyen de montrer à tous – à commencer par son ex et sa nouvelle copine – qu’elle a tourné la page et rayonne de bonheur.
Problème : elle ne sait plus draguer. Heureusement, la solution est livrée directement à son bureau en la personne de Jamie , nouvel employé très séduisant. Car il se trouve que Jamie a besoin d’une couverture pour redorer son image de cadre dynamique et bien sous tous rapports. Adjugé vendu : ils vont mettre en scène leur (fausse) idylle sur les réseaux sociaux pour convaincre (et faire baver d’envie) tout le monde de la beauté de leurs sentiments.
Et si l’illusion devenait réalité ?

Mon prochain voyage romance ? Je l’avais prévu sur Amazon en mars prochain. Et puis, j’ai découvert grâce à la Booktillaise, le blog de Grande lectrice. L’un de ces articles évoquait des romances dont l’une avait pour héroïne une femme noire.

Couverture Et ne t'avise pas de m'embrasser !

Une héroïne noire chez Harlequin! Impossible de rater cet événement exceptionnel. 2e surprise, l’héroïne noire est même représentée sur la couverture ! Je suis tombée des nues. C’est tellement rare chez Harlequin.

Le titre anglais est If I Never Met You et je trouve qu’Harlequin pour la traduction française aurait pu faire mieux. Et ne t’avise pas de m’embrasser, c’est pas mal mais n’a rien à voir avec l’histoire.

Je vais garder le meilleur pour la fin et d’emblée évoquer le grand bémol de l’histoire.

Le début… Il est long! OMG! C’est intéressant de commencer le récit par la rupture d’avec Dan mais c’était trop long avec des détails qui ne m’ont pas vraiment intéressée. Laurie est très marquée par sa rupture et on comprend son choc. Une histoire d’amour qui s’achève après 18 ans, ça doit être dur à encaisser mais j’avais envie de passer rapidement à autre chose. Il faut patiemment attendre le 12e chapitre pour que les prémices de la nouvelle vie soient introduites.

Aussi, j’ai trouvé le personnage du père de Laurie trop caricatural.

Passons maintenant aux points forts.

Laurie est noire. Métisse pour être plus précise. Elle ressemblerait d’ailleurs à Angela Griffin (photo ci-après pour ceux ou celles qui comme moi n’ont jamais entendu parler de cette actrice et présentatrice de télévision britannique.)

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Elle vit à Manchester. J’ai apprécié découvrir cette ville à travers cette histoire.

Le racisme n’est pas l’une des thématiques de l’histoire mais l’auteure évoque malgré tout les remarques parfois désobligeantes sur la couleur de peau, la façon de parler. J’ai beaucoup apprécié la mise en avant de ces cheveux frisés. Cheveux qu’elle lissait pour passer inaperçue dans un monde majoritairement blanc et qu’elle va assumer plus tard.

En romance, l’important, ce n’est pas la destination, mais le voyage en lui-même comme dirait notre vieil ami Robert Stevenson. 😀

Le voyage que nous offre Laurie et Jamie est fort plaisant. Un voyage qui commence en fakemance mais avec plein d’écoute, d’humour, d’ouverture à l’autre et d’amitié. Ils sont mignons ensemble et nous font passer un bon moment. J’ai eu beaucoup de mal à les quitter 😀

J’ai apprécié qu’il y ait une différence d’âge et que ce soit l’homme qui soit le plus jeune. Autre élément que j’ai beaucoup aimé: l’absence de détail approfondi sur les scènes de sexe. A bas, le voyeurisme. L’auteure nous évite de longs paragraphes convenus sur l’orgasme et qu’est-ce que ça fait du bien. Ca change vraiment des lectures habituelles.

Jamie est mon nouveau bookboyfriend. Il est beau, adorable, authentique. Que demande le peuple ?

Et ne t’avise pas de m’embrasser est une romance tendre qui donne envie d’en lire plusieurs à la chaîne.

L’auteure met également en avant l’importance capitale de l’amitié dans une vie, de s’affirmer quand on est en couple et de se faire sa propre opinion des gens.

Le récit montre à quel point les gens sont attirés par ce qui se passe dans la vie des autres notamment sur les réseaux sociaux. J’ai été choquée par le niveau de clabauderie au sein du cabinet de Laurie et Jamie. J’espère ne jamais entrer dans un tel univers professionnel où les vies privées des uns et des autres sont scrutées, épiées.

Un amour interdit Alyssa Cole

La phrase sur laquelle j’ai buggé pendant cinq minutes (façon de parler bien entendu)

Elle n’avait pas exploité son potentiel professionnel, parce qu’elle trouvait son bonheur dans sa vie personnelle.

Le moment où l’auteure a dû s’oublier

Etait-ce si difficile d’identifier une personne de couleur à la lueur d’une bougie ?

En 2020, cette expression n’a plus lieu d’être. Je refuse de la voir davantage dans les romans contemporains pour désigner des personnages noirs.

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L’accordeur de silences – Mia Couto

« La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu: Jesusalèm. C’était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.
Mon vieux, Silvestre Vitalicio, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l’horizon ne figuraient plus que les territoires sans vie qu’il appelait vaguement l’Autre-Côté. »
Dans la réserve de chasse isolée, au cœur d’un Mozambique dévasté par les guerres, le monde de Mwanito, l’accordeur de silences, né pour se taire, va voler en éclats avec l’arrivée d’une femme inconnue qui mettra Silvestre, le maître de ce monde désolé, en face de sa culpabilité.
Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimares Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, tout son pouvoir de création d’un univers littéraire plein d’invention, de poésie et d’ironie.

Trois grands livres forment la charpente du roman. Dans la première partie, Mwanito, le narrateur, présente ce qui fait son monde. A 11 ans, il vit dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Son humanité n’est composée que de son père Silvestre, son frère Ntunzi, Zacaria, le militaire et son oncle Aproximado qui leur rend visite de temps en temps. Mwanito présente chaque membre de son humanité dans les premiers chapitres. Au début, on rit de l’étrangeté du père qui vit replié sur lui-même, oublieux de son passé puis on est assez choqué de son extravagance et de l’affection qu’il accorde à son ânesse.

J’ai ressenti de la lassitude due à la lenteur du rythme jusqu’à l’apparition de Marta. La venue de cette femme portugaise va provoquer des remous dans la vie des habitants du désert. A travers elle, c’est la thématique de la condition féminine qui est introduite.

La profondeur de l’histoire s’accentue au fil des pages, les révélations au dernier livre éclaircissent les raisons de la solitude de Silvestre.

L’accordeur de silences, c’est un style très imagé, philosophique. La saudade, omniprésente dans le roman, donne une atmosphère particulière au texte. J’ai apprécié les thèmes abordés: poids du passé, culpabilité, relation père-fils, relation homme-femme, expression de la féminité, solitude.

Ce roman a été choisi par Sarah, ma fidèle libraire dans l’aventure Kube. Dans ma commande Kube de décembre dernier, je lui ai indiqué que je remplissais ma carte des auteurs africains et aimerais bien lire un auteur de l’une des nationalités suivantes: centrafricain, namibien, tanzanien, mozambicain ou érythréen.

Dans cette Kube, j’ai également reçu un marque-page Kube, deux sachets de thé de la route des comptoirs, un extrait de Le sixième sens de L.P.Hartley paru en janvier dernier aux éditions La Table Ronde, un calendrier 2021 et des fiches de lecture bristol de la marque foglietto.

Et je remercie l’équipe Kube pour leur diligence car je ne m’attendais pas à recevoir la Kube fin décembre. Ca m’a fait du bien de l’avoir pour mon anniversaire 🙂