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TTL 100: Passion dévorante – Luisiano N’dohou

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est:  Péchés capitaux

J’ai tout de suite pensé à Passion dévorante de Luisiano N’Dohou

Depuis qu’il a obtenu une promotion, Karelle ne reconnait plus Olivier, son compagnon depuis 5 ans. Prétextant la célébration de sa réussite professionnelle, Olivier renoue peu à peu avec ses anciennes habitudes de célibataire: virées nocturnes, soirées alcoolisées, brochettes de conquêtes féminines…
Pour couvrir ses incartades, Olivier invente mensonges sur mensonges qui sont autant de coups de poignard dans le cœur de Karelle. Rongée par la jalousie et la colère, elle est bien décidée à répliquer. Alors, quand le romantique Mustafa lui déclare sa flamme, Karelle se dit qu’elle tient enfin sa vengeance.

La vie de couple est loin d’être un long fleuve tranquille. Karelle Doguéi et Olivier Djoman vont en faire l’expérience.

Olivier est un père célibataire lorsqu’il rencontre Karelle. Très vite le courant passe entre eux. Ils s’installent ensemble, vivent passionnément leur amour jusqu’à ce qu’Olivier soit promu au rang de chef du département commercial. Dès cet instant, Olivier redevient l’homme qu’il était avant sa rencontre avec Karelle.

Il multiplie les virées nocturnes, s’éloigne de Karelle. Cette dernière tente de sauver son couple, sans obtenir de résultats durables.

Elle prenait toutes sortes d’initiatives, le gratifiant de toutes les caresses imaginables, à la limite de la luxure.

Lorsque Mustafa, jeune cadre dynamique commence à lui faire la cour, Karelle se jette dans ses bras, avide d’attention et habitée par la colère envers Olivier.

Passion dévorante expose les tourments de la vie de couple, là où l’infidélité des hommes est tolérée et celle de la femme condamnée. J’ai un peu grincé des dents face à la justification de l’infidélité de l’homme par certains personnages. L’infidélité n’est pas normale, elle n’a pas de genre.

Le cheminement du couple et leurs travers sont intéressants à suivre. Côté psychologie des personnages, j’aurais voulu que le tempérament de Karelle soit plus affirmé.

Le récit est sentimental mais pas romantique à souhait. J’ai plus lu un livre avec une histoire d’amour qu’une romance. Les mâles ne m’ont pas fait vibrer. Je n’ai pas eu d’étoiles dans les yeux. A aucun moment, je n’ai envié Karelle, rêvé d’être à sa place.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Les Girofliers de Zanzibar – Adam Shafi Adam

J’ai reçu ce roman dans ma Kube de Juillet, il a été choisi par Laura de la Librairie Le Failler. Sarah, ma fidèle libraire dans l’aventure Kube n’étant pas disponible, un autre libraire m’a été attribué. J’avoue que j’ai eu peur car Sarah si je ne m’abuse est la seule libraire du réseau Kube dont le genre littéraire de prédilection est la littérature africaine. J’étais un peu déboussolée. J’appréhendais la proposition de Laura mais elle a répondu à mon envie qui était formulée comme suit : Je remplis ma carte des auteurs africains et j’aimerais lire un roman (ou recueil de nouvelles) en français de moins de 350 pages d’un auteur de l’une des nationalités suivantes: sierra-léonais, cap-verdien, namibien, tanzanien, centrafricain, kenyan ou gambien. Quant aux genres, autobiographies/biographies/essais/livres de développement personnel à éviter.

Laura a opté pour la Tanzanie avec les Girofliers de Zanzibar d’Adam Shafi Adam.

Kijakazi, née à Zanzibar dans une famille d’esclaves, est la plus fidèle servante du Seigneur Malik et de son fils, Fouad. Tandis que ceux-ci vivent comme des princes de la récolte des clous de girofles, leurs esclaves ne connaissent que brimades et tâches harassantes. Mais sur la plantation, certains jeunes se laissent gagner aux théories révolutionnaires venues de la ville…
À travers ce récit aux airs de conte de fées, Adam Shafi Adam relate un événement peu connu de l’histoire contemporaine : la révolution de janvier 1964, qui marqua la rupture brutale avec le sultanat féodal de Zanzibar et l’instauration d’une République populaire.

Kijakazi est née dans une famille d’esclaves. Persuadée que l’esclavage est son lot, elle n’existe que pour donner satisfaction à son maître, le Seigneur Malik, à sa femme et à leur fils Fouad qui deviendra le maître à la mort de ses parents.

Fouad et Kijakazi sont les personnages principaux de l’histoire. Un jeune homme et une vieille femme, un dominant et une dominée. Fouad, ce riche planteur arabe qui abuse de ses serviteurs et Kijakazi, esclave usée avant l’âge. Si j’ai trouvé le personnage de Fouad très détestable, j’ai eu beaucoup d’empathie pour Kijakazi. J’ai espéré pour elle une vie émancipée, plus rayonnante que celle qu’elle vit avec son maître et j’ai été heureuse que l’auteure lui dessine un avenir en arc-en-ciel.

Ce récit est l’occasion de découvrir la révolution du 12 janvier 1964 au Zanzibar. L’auteur nous fait vivre l’agitation prérévolutionnaire, les rassemblements clandestins ou publics organisés par le Mouvement Nationaliste des Patriotes, le déclenchement de l’insurrection, la mise en place de la réforme agraire où le peuple afro-shirazi se réapproprie ses terres. J’ai apprécié lire la déchéance de Fouad.

Les Girofliers de Zanzibar est un récit intéressant mais j’ai trouvé que le style de l’auteur manquait de poigne. J’aurais voulu que la narration soit plus alerte.

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Nouveautés littéraires – Editions Eburnie

Aujourd’hui, focus sur les nouvelles parutions des éditions Eburnie. 

Etant membre de l’Association les Amis du Livre, j’ai reçu un exemplaire de ce recueil. Il ne me reste plus qu’à l’insérer dans ma PAL.

Etant membre de l’Association les Amis du Livre, j’ai reçu un exemplaire de ce recueil. Il ne me reste plus qu’à l’insérer dans ma PAL.

Bande-dessinée

Bande-dessinée

Ces œuvres sont disponibles sur la boutique en ligne des éditions Eburnie. Cliquez ICI

Il est sûr que je vais lire les bandes-dessinées avant la fin de l’année. Et vous, lesquelles de ces œuvres vous intriguent ?

Publié dans Panaché

La rentrée littéraire 2021 de Vallesse Editions

Vous avez dit rentrée littéraire 2021 ? Eh bien ! Vallesse Editions propose, au lectorat ivoirien et du monde, 21 œuvres à savourer. J’aime beaucoup le dynamisme de cette maison d’édition ivoirienne.

Poésie

Peut être une image de une personne ou plus, ciel et texte

Le 13 mars 2016, la ville de Grand-Bassam connaissait une attaque terroriste qui a couté la vie à plusieurs personnes. C’est ce drame inédit en Côte d’Ivoire, au large des plages de cette ville historique ivoirienne, qui a mis en route ce chant de deuil. A travers Grand Bassam, c’est le deuil de Bamako, Ouagadougou, Ankara, Bruxelles, Paris… en somme, toutes les villes du monde qui ont versé leur sang du fait du terrorisme, que le poète exorcise.

Ce texte est un hymne d’espoir par-delà les horreurs tissées par le terrorisme ; un plaidoyer pour un monde de tolérance.

Prix de vente : 2000 francs CFA


Aucune description disponible.

Prix de vente: 3000 francs CFA


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Prix de vente: 2990 francs CFA

Théâtre

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“Je suis une racine. Et je porte en silence la robustesse des arbres, la densité des feuilles et l’harmonie des lianes. Les passants remercient les feuilles pour leur ombre, révèrent les arbres pour leur tronc et bénissent les fruits pour leur succulence. Mais seuls savent verser des libations les initiés, car conscients de ce que l’arbre ne bourgeonne qu’à la force de ses racines.”

Par un usage subtil du mythe, le dramaturge nous mène ici au cœur d’une réflexion féconde sur les problématiques de la tradition, de l’environnement et du pouvoir.

Prix de vente: 2000 francs CFA

Conte

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Prix de vente: 2000 francs CFA


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Prix de vente: 2000 francs CFA

Nouvelles

Magloire Abale (@MagloireAbale) | Twitter

A l’ombre de l’heur est une œuvre miroir, un livre rétroviseur qui nous projette le vrai visage de notre société engluée dans les vices liés à l’argent, véritable destructeur des valeurs morales. Toutes les sphères de notre existence sont entachées. Des hommes en soutane, garant de l’équilibre spirituel de la société, aux dirigeants politiques, leaders d’opinion, en passant par les agents du service public nourris avec l’argent du contribuable, personne n’est jamais épargné par cette gangrène qui s’est installée en l’homme par un seul vecteur : l’argent. Comment s’en sortir ?”

Prix de vente : 3000 francs CFA

Roman

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Anthai et Alice sont de meilleures amies. Mais les épreuves ont cette particularité de toujours surgir là où tout va pour le mieux ; où la vie semble être un fleuve tranquille. Leur amitié inconditionnelle pourra t-elle résister aux écueils de la vie ?

La saison des regrets est un récit où le pardon se frotte abruptement à des amours démesurées, où la naïveté et la prudence rivalisent. ici, la passion perd les âmes et la trahison ose se coucher dans le lit feutré de la confiance. Et la vie, au delà des bancs de l’école, dévoile de lourds secrets…

Prix de vente: 2500 francs CFA

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Alidou Blondé, jeune instituteur de modeste condition sociale, s’est épris d’amour pour Aurore, la fille du richissime Timothée Yobouè. Malgré la farouche opposition de sa génitrice qui lui préfère la docile Philomène de son rang social, Alidou se mettre obstinément en ménage avec la sublime et sulfureuse Aurore. Mais dans un monde rongé par des considérations insanes, un monde où l’importance et la valeur d’un individu se jugent à l’aune de sa puissance financière, Alidou Blondé parviendra t-il, en raison de ses squelettiques revenus mensuels, à mener à bon port l’hétéroclite embarcation de sa relation amoureuse avec sa dulcinée ?

“Hum !…” n’est-il pas ce soupir de désarroi et d’amertume que n’importe quelle mère au coeur lacéré de peines émet lorsqu’elle voit son fils bien-aimé s’engager dans une relation amoureuse sans lendemain ?

“Hum !…” ne constitue-t-il pas la seule réponse quand se dresse devant nous, dans ses plus beaux atours, une injustice sociale ?

Prix de vente: 3000 francs CFA


Peut être un dessin animé de 2 personnes et texte qui dit ’Ferdinand KADJANÉ L'escabeau royal Roman Yenian Vallesse’

Prix de vente: 3000 F CFA


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Prix de vente: 3000 F CFA

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Prix de vente: 2500 F CFA

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“Je compte beaucoup exploiter la frustration de tous ces ignares et misérables qui croient que la vie est un conte de fées, qu’un pur politicien a pour eux de purs et angéliques projets et qu’il est en ce bas monde, un démocrate. Ils ignorent que la démocratie est la plus belle des prisons que nos sociétés civilisées aient bâties (…) Tu sais évidemment que les médias sont des prisons et les journalistes de libres prisonniers ne s’exprimant librement que dans les lianes éditoriales (…) Tout comme dans les partis politiques, nul n’a le droit d’y enfreindre  le dogme du maître…”

Prix de vente: 3500 francs CFA


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Réédition de ce roman publié par la Doxa éditions en 2017.

Prix de vente: 3000 francs CFA


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Prix de vente: 7000 francs CFA

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Prix de vente : 5000 F CFA

Publié au Canada par Mémoire d’Encrier et en France par les éditions Seuil.

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Sarita, la mère d’Arjun, pressent le malheur lorsque surgit dans le village de Rivière des Anguilles, à l’île Maurice, un enfant à six doigts. Un seul mot traverse encore les lèvres de ce garçon esseulé, frêle et muet : « Misère ». Arjun, le prodige joueur de vînâ le recueille. Tandis que la musique tisse d’étranges liens entre eux, les femmes du village dansent au rythme des convictions ancestrales et des désirs inavouables. Sur une île hantée par les spectres de la colonisation et de l’indépendance, le destin des habitants aux cœurs affamés de liberté se noue autour de cet être mystérieux…

Prix de vente: 3500 francs CFA

Publié en France par Atelier des Nomades.


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Moussa est « balanceur » sur un gbaka à Abidjan, une fourgonnette qui chaque jour fait la liaison entre la commune d’Abobo et le centre commercial d’Adjamé. Accroché à la portière, il sillonne la ville. Mais il ne voit presque rien de ce qui l’entoure. Ses rêves sont ailleurs. Il les porte depuis son enfance dans le quartier de Marley. Moussa veut aller à Bengue, en Europe. Peu importe le prix à payer, il veut partir, et que sa réussite là-bas profite aux siens ici. Il sera cireur de chaussures, apprenti mécanicien, chauffeur de taxi, soldat de la rébellion, chef de bande, avant de réunir assez d’argent et tenter l’aventure. Pour quelle vie ?

Prix de vente : 3000 francs CFA

Publié en France par JC Lattès.


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Surgi au cœur de l’Afrique, Ebola a mis les hommes et le monde face au danger de l’extinction. Dans le silence après la tourmente, trois voix s’élèvent : Baobab, confident et mémoire essentielle des êtres, Ebola, qui n’est pas le mal mais un organisme luttant pour sa survie, et Chauve-souris, porteur sain du virus et initiatrice du dialogue. Témoins ou acteurs de la tragédie, ils devisent sur la place de l’Homme, son rôle et ses responsabilités à l’égard du Monde dont il est le gardien. Sur le prix de sa vie aussi. Le palabre est ouvert….

Prix de vente: 3000 francs CFA

Publié en France par Don Quichotte Editions

Récit

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Comme des centaines de milliers de famille à travers le monde, celle de Philippe Di Nacera a été touchée par surprise, de plein fouet, par la pandémie à coronavirus : le papa, patriarche de la famille, âgé de 80 ans, atteint par la Covid 19, a passé 45 jours dans un service de réanimation, entre la vie et la mort.

“La traversée”, ce bouleversant témoignage écrit dans l’énergie du moment, raconte, au jour le jour, cette descente aux enfers, puis la lente remontée du père, alors que la famille éclatée sur plusieurs continents, confinée et impuissante, tente de resserrer les liens pour surpasser l’épreuve. Une traversée qui en appelle deux autres : les souvenirs d’enfance et la quête d’identité du fils, faite d’immigration et d’exil, de nostalgie et d’amour pour un paradis perdu, le pays d’origine : l’Algérie.

Prix de vente: 3000 francs CFA


N’Zassa

Prix de vente: 2500 francs CFA


Prix de vente: 9500 francs CFA

6 de ces œuvres ont rejoint ma wishlist. Sauriez-vous deviner lesquelles ?

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TTL 97 : Le mal de peau – Monique Ilboudo

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Scolaire.

Ce thème m’a fait penser au mal de peau de Monique Ilboudo pour deux raisons. La première: l’un des personnages principaux part faire ses études universitaires en France, la vie estudiantine est évoquée. La seconde, vous la découvrirez dans mon avis.

Couverture Le mal de peau

Le Mal de peau met en parallèle le destin de deux femmes, Sibila, la mère, et Cathy, la fille. Ces deux femmes vont, chacune dans leur époque, se trouver confrontées au colonisateur blanc. A l’image de son peuple, Sibila sera violée par le commandant de cercle. Née de ce viol, Cathy a du mal à vivre sa différence, et n’a qu’un rêve : retrouver son géniteur. A vingt ans, elle traverse la mer et vient étudier en France. Elle découvre Paris et sa banlieue, l’université, et tombe amoureuse d’un jeune Blanc. Mais après la mère, le destin de la fille sera à son tour marqué par les forces sombres de la colonisation.

Deux femmes, une lignée. Le mal de peau c’est leur histoire commune et leurs parcours de vie. On suit de façon alternée la vie de Sibila, la mère de Cathy au Tinga et Cathy qui part faire ses études universitaires en France.

Alternance de lieux mais aussi d’époque. Le Tinga colonial et post-colonial.

Dressons d’abord le portrait de la mère. Une femme que la vie n’a pas épargnée. Son père tente de la marier de force, elle est ensuite violée par un colon. Ces événements ont-ils conditionné sa vie sentimentale ? C’est l’impression qu’on a car Sibila enchaîne les déboires sentimentaux. J’ai eu de la peine pour cette mère célibataire qui tente à travers les hommes qu’elle rencontre de trouver un père pour ses enfants.

Cathy est le fruit d’un acte sexuel non consenti. Métisse, elle subit des rejets à l’école. Elle rêve de connaître son père. Ses études universitaires la mènent en France et elle y rencontre un jeune homme blanc issu d’une famille où le mélange des races ne fait pas partie des vœux.

Dans ce pays qui n’est pas le sien, elle se frotte au racisme, au rejet. Le mal de peau refait surface.

Défis de mère célibataire, racisme dans les années post-coloniales, métissage et sentiment d’entre-deux sont les thématiques de ce roman.

Thématiques intéressantes mais j’ai eu du mal au bout d’un certain temps avec la narration académique, le ton didactique. J’ai hélas trouvé que certaines descriptions étaient inutiles à mon sens.

Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages. J’ai trouvé que l’histoire de Sibila était plus vivante que celle de sa fille.

Et que dire du dénouement ? Une véritable déception ! Quel était le but de l’auteur: choquer le lecteur, déclencher une avalanche de larmes, rendre son histoire inoubliable ? D’autres péripéties auraient été nettement judicieuses. Oui, une vie qui commence et s’achève dans le malheur, c’est un fait, mais qu’elle nous présente un clap de fin de ce genre, ça n’a aucun sens pour moi.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 96 : J’écris de profil – Placide Konan

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: E comme…

Ecrire. Ca tombe bien, je connais un poète ivoirien qui écrit de profil.

Couverture J'écris de profil

Alors, tour à tour, sont convoqués dans un cri-oxymore Césaire et Soyinka, Négritude et Tigritude, Oralité et Ecriture pour dire une nouvelle histoire, une scripto-oralité, dans laquelle l’écrit, l’oral et la négrité s’embrassent en ECRITUDE:
J’écris au secours
En jetant cette canne à vers
Avec l’espoir
De repêcher une lettre
Au moins
De notre histoire
La vraie
De notre alphabet
De notre alphabet nègre
Qui compte quatre lettres
N-O-I-R
(…) Ces mots, ces vers, ces paroles sont tirés de J’écris de profil, le livre-poème de Placide Konan, l’eau dormante qui sait devenir un volcan impétueux.

Le poète évoque en 81 pages l’aventure ambiguë, l’étrange destin de l’homme Noir qui se décline en douloureuses séquences: le drame des étudiants noirs, les souffrances de la jeunesse noire, les misères du monde noir, et cet incroyable sentiment d’échec du monde noir.

Au bord des routes

Rouge sables

Nos pères

Semblent être morts

Nègres

Pour rien

Ou peut-être

Pour quelques Euros

On ressent dans ce poème-fleuve, le bouillonnement intérieur du poète.

Mais je sais qu’un jour Dieu me dira

Pourquoi je suis noir

Pourquoi

J’ai tout le soleil de la terre

Et que Mon soleil est une étoile

Qui tarde à briller

Dans l’Ombre blanc ciel

Fumant ma vie

J’écris de profil a été une intéressante découverte mais pas mémorable.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Robert et les Catapila de Venance Konan

« Sans pitié pour le monde, ce livre dit la cruauté de la vie, le dérisoire de l’existence, sa face burlesque et sa face triviale. Mais il dit aussi les derniers plaisirs qui restent, après ceux de l’art et de l’amour : le rire et la parole. Il dit encore le poids souvent étouffant des préjugés traditionnels et les tromperies de la modernité. Les hommes y sont ballottés par les événements, rêvant d’un ailleurs paradisiaque et perdus dans un présent où les repères s’effacent en se mélangeant sans cesse. »

J’ai emprunté ce livre lors de l’avant-dernier Livr’échange et je remercie celui qui me l’a prêté parce que ça a été une belle découverte pour moi.

Ce livre comporte six longues nouvelles d’environ une trentaine de pages chacune. Pour moi, on dépasse le cadre de la nouvelle, en tant que genre littéraire car les nouvelles n’ont pas vraiment de chute brutale. On est vraiment dans le sens 1er du mot nouvelles : Renseignements d’ordre privé donnés sur quelqu’un, sur une famille que l’on connaît.

Les narrateurs nous livrent leur intimité ou celles des autres. Ils nous font découvrir Robert et les catapila, Maryse, les gens du parti de l’opposition, un imam, le vieil oncle Kouadio, etc…

Ces six nouvelles ont un point commun: le rire. Des situations cocasses les traversent pour le plus grand plaisir du lecteur.

L’histoire la plus drôle ? J’hésite entre deux. Commençons par la chatte de Maryse. Dans cette nouvelle, un étudiant ivoirien rencontre sur le campus une journaliste blanche. Pour lui, c’est le jackpot, entretenir une relation d’amour avec cette femme sera sa porte d’entrée en Europe. Mais avant, il lui faudra supporter la présence et les caprices de la chatte de Maryse. J’ai ri pour l’ambiance très estudiantine, les situations cocasses vécues par le narrateur. Les passionnés et défenseurs d’animaux seront choqués en lisant la nouvelle mais dans ma contrée, nous avons majoritairement un rapport très particulier avec les chats. 😀

Enchaînons avec L’enterrement de mon oncle . Le narrateur, un étudiant en anglais, revient au village pour enterrer son oncle Kouadio. Un oncle qui était habité par la colère, bagarreur et qui a lui seul pourrait écrire mille et un récits avec sa vie. Les quelques histoires de sa vie racontées sont drôles et pour une fois, on se dit : tiens, j’aurais bien aimé assister à cet enterrement là.

Ces nouvelles ne font pas que rire. Elles donnent à réfléchir sur des sujets d’actualité en Côte d’Ivoire notamment les conflits fonciers ruraux opposant les autochtones aux étrangers.

Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, Robert et les Catapila, Robert est un homme assez oisif qui va offrir à un étranger et son frère des parcelles de terre en échange d’argent ou de boissons. Plus tard, quand ces étrangers commenceront à prospérer, la jalousie et la méfiance vont entraîner des conflits.

Mais à qui appartient la terre ? Au propriétaire, à celui qui la met en valeur, à l’Etat ou n’appartient-elle à personne ?

Dans le millionnaire, nous sont posées, à travers l’histoire de cet imam dont le fils a gagné à un jeu de hasard, ces questions : jusqu’où êtes-vous prêts à transiger ? Quelle est la limite de votre morale, vos principes religieux ? Un casuiste sommeille-t-il en chacun de nous ?

Terminons avec les deux nouvelles qui malgré les quelques scènes drôles qu’elles comportent ne m’ont pas réellement emportée : Au nom du parti et la guerre des religions.

Dans Au nom du parti, il est demandé, lors d’un congrès du parti, à un militant actif du parti de passer une nuit avec une autre camarade afin que celle-ci trouve l’inspiration nécessaire pour écrire une motion. Le récit évoque les multiples dérives politiques.

Dans la guerre des religions, sont évoquées ces nouvelles églises évangéliques qui participent plus à la nuisance qu’à l’édification spirituelle du peuple, des préjugés qu’on entretient sur autrui, etc…

En consultant mes stats de lecture, je me rends compte que je lis pas mal de recueil de nouvelles. Et vous, appréciez-vous ce genre ?

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TTL 79: Le secret des christiantins – Khioud Sakanoko

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque.
 
TTL grâce minlibé
 
Pour ce dernier Throwback de l’année, le thème est : Bonnes résolutions pour 2021
 
Cette année, j’ai lu 3 Thriller/Policier et je compte en lire beaucoup plus l’an prochain. J’apprécie ces genres et j’espère en tant qu’écrivaine, pouvoir en écrire un, un de ces jours.
 
Petit bonus en rapport avec ma résolution : un roman policier lu l’an dernier
 
 

secret des christiantins

J’ai lu la majeure partie des romans policiers de Sakanoko Khioud. Une promotrice culturelle ivoirienne m’avait suggéré la lecture de ce roman car supérieur à tout ce qu’il avait déjà écrits. J’avais donc hâte de lire cette œuvre.

Le récit s’étale sur 206 pages. Akim Abobayé, ivoirien d’origine nigériane, se rend à Ibadan afin de rencontrer Raymonde Ugwu. Dans quel but? Le narrateur répond à la question en retraçant le parcours d’Akim. 

Akim et son épouse appartiennent à la secte des Christiantins, une secte fondée en 1952 à Ibadan et qui s’était rapidement répandue en Afrique de l’Ouest. 

Lorsque sa femme délaisse le foyer et part s’installer chez l’un des frères de la communauté, Akim voit rouge. Peter Ugwu lui suggère de se rendre à Ibadan et de rencontrer Ladélé Rufaï, par l’intermédiaire de sa sœur cadette Raymonde Ugwu. 

Hélas, Ladélé Rufaï n’aura pas le temps d’aider Akim à récupérer sa femme. Il est assassiné et Akim, accusé de meurtre.

Wamba Pétio Xavier, détective privé à Abidjan, est chargé de l’enquête. 

Le secret des Christiantins est un polar à l’africaine entre Abidjan et Ibanda avec de l’action. Par contre, le dénouement de l’intrigue est assez simpliste, la lectrice exigeante que je suis s’attendait à un scénario plus corsé, un mobile plus complexe, des effets de surprise. Je voulais m’interroger longtemps sur l’identité du tueur et tomber des nues. Cela n’a malheureusement pas été le cas.

Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année. A l’an prochain, si DIEU le veut. 

❤ ❤ ❤

fleur v1

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Sous le pouvoir des blakoros – Traites

Sous le pouvoir des blakoros – Traites d’Amadou Koné décrit la vie des paysans confrontés à toutes sortes d’entraves semées par les blakoros.

Mais qui sont les blakoros ? Les riches et puissants. Les petits bourgeois africains. Les fonctionnaires (policiers, infirmiers), les riches commerçants des villes, les usuriers des villages et les faux marabouts.

Ces hommes ont succédé au pouvoir colonial et ne pensent qu’à profiter au maximum de leurs fonctions, foulant aux pieds les valeurs traditionnelles de l’Afrique profonde telles que le respect de l’âge, l’entraide, la générosité, l’honnêteté.

Les riches s’entendent. Et ils sont puissants. […] Les riches sont puissants et ont raison.

Contre ce pouvoir despotique, Lassinan, jeune lycéen et fils du vieux Mamadou, s’insurge. Il veut lutter contre la traite perpétuelle du peuple qui attend des mois durant, d’encaisser ses traites du café destinées à « effacer quelques soucis matériels ».

Il veut changer la mentalité de ses pères qui ont accepté misère et humiliations. Résignés, ils ont accepté la fatalité. Affirmant que leur condition de pauvre est la volonté de Dieu, attendant le Grand Jour, le paradis pour vivre une vie meilleure.

Lassinan veut qu’ils aient un autre regard sur leur condition.

La misère est une trop grande torture pour qu’on se permette d’accepter de la subir éternellement. L’humiliation est une trop cuisante blessure pour qu’on se permette de l’accepter passivement…

Ce n’est pas que je ne crois pas en Dieu. Je conteste seulement ce qu’on fait de Dieu. Je conteste le Dieu sur lequel s’appuient les riches pour exploiter les pauvres, les puissants pour maintenir les faibles sous leur joug

De toutes les façons, dire non à la misère ne peut pas être un sacrilège.

Baba, Dieu, c’est peut-être l’honnêteté. Et l’honnêteté, ce n’est pas seulement de ne pas voler autrui, c’est aussi de refuser qu’autrui vous vole.

Le pauvre est né pour échouer, avait dit le vieux Mamadou.

Non, avait répondu Lassinan, le pauvre est né pour sortir de sa condition, sortir aussi tous les pauvres de la pauvreté. Tuer la pauvreté. Cela, il doit le vouloir, ardemment.

Il faut aussi qu’Allah le veuille.

Allah le veut. Il ne peut avoir créé l’homme pour en faire un maudit. Et puis, si l’homme a besoin de croire en quelque chose, pourquoi ne pas croire au bonheur par l’effort plutôt qu’à sa propre damnation ?

J’ai beaucoup apprécié l’état d’esprit de Lassinan, sa volonté à refuser le statu quo et faire bouger les lignes. Sous le pouvoir des blakoros – Traites offre une rapide et sympathique lecture.

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Reste avec moi – Ayobami Adebayo

Yejide espère un miracle. Un enfant. C’est ce que son mari attend, ce que sa belle famille attend, et elle a tout essayé. Mais quand une délégation familiale se présente à sa porte escortant une jeune femme, son univers vacille. Accepter une seconde épouse, c’est au-dessus de ses forces.

l'Afrique écrit

Le récit débute à Jos en décembre 2008. Une femme s’adresse à un homme. Elle évoque le passé, un passé commun. 

Au 2e chapitre, le lecteur est projeté vers ce passé. Saut en arrière de 23 ans à Ilesha. La narratrice raconte son histoire à la première personne. Un moyen pour permettre au lecteur d’être au plus près de ses sentiments et pensées. 

Yejide est mariée à Akin. Elle n’arrive pas à concevoir et c’est un drame pour sa famille. Un jour, Iya Martha_l’une des quatre mères_ et Baba Lola, l’oncle de son mari viennent lui présenter Funmi, sa co-épouse. Ils sont persuadés qu’une fois que Funmi tombera enceinte, Yejide pourra, elle aussi, connaître les joies de la maternité.

L’atmosphère du récit est sombre même s’il y a quelques instants de rire. Le rythme du récit est lent mais les drames successifs de Yejide sont tellement poignants qu’on s’accroche à son histoire jusqu’au point final.

J’ai trouvé que les rebondissements étaient dignes d’un scénario de Nollywood. 😀

Akin est le narrateur secondaire. Il nous présente par moment ses pensées, les difficultés que traverse son mariage en raison de l’absence d’un être capital dans une famille : un enfant.

Je suis tombé amoureux de Yejide dès le premier instant. Aucun doute là-dessus non plus. Mais même l’amour est impuissant face à certaines choses. Avant de me marier, je croyais que l’amour était capable de déplacer des montagnes. Je ne tardai pas à comprendre qu’il ne pouvait pas supporter le poids de quatre années sans enfant. Si le fardeau est trop lourd et demeure trop longtemps, même l’amour ploie, se fend, manque de se briser et parfois se brise. Mais ce n’est pas parce qu’il est en mille morceaux à vos pieds que ce n’est plus de l’amour.
Au bout de quatre ans, j’étais le seul à accorder encore de l’importance à l’amour. Ma mère s’en fichait. Elle n’avait que mon devoir de fils aîné à la bouche.

J’ai apprécié cette alternance de points de vue inégale même si j’aurais aimé qu’elle soit indiquée et que le lecteur n’ait pas à se demander à chaque fois qui est le narrateur dans ce chapitre.

Les thèmes abordés dans ce roman sont divers et variés: la figure de la mère dans la société nigériane, le caractère sacré de la descendance, le désir de maternité mais aussi de paternité vécus sous différents angles, les secrets de famille/couple, les maladies génétiques héréditaires avec pour toile de fond les troubles politiques qui secouent le pays dans les années 80-90. 

L’ouvrage accessible offre un récit vivant avec beaucoup de dialogues. Sa fluidité m’a permis de le lire en 16 heures. 

Christmas

Éditeur :Editions Charleston

Date de publication : Janvier 2019

Nombre de pages : 315

Disponible aux formats papier (grand format et poche) et numérique 

Roman finaliste du Prix les Afriques 2020

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