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TTL 130: Dansez maintenant !

C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est : Musique

J’ai pensé à cette BD de Gina Dick Boguifo qui évoque quelques musiques ivoiriennes.

Pour préserver leurs trois filles des agressions nocturnes, des parents décident de leur interdire toute sortie à la tombée de la nuit.

6 révisions

Mais Jeanine, Sandrine et Carole aiment trop aller danser en boîte de nuit. Elles décident de faire le mur. La soirée ne se passe pas comme prévu et au retour à la maison une belle punition les attend : danser au son du zouglou, du coupé-décalé, avec comme spectateurs leurs parents.

J’ai apprécié les notes d’humour de cette très brève histoire. Je regrette d’ailleurs sa brièveté. Mais le format convient aux enfants, première cible de la BD.

La BD est traduite en anglais, un aspect très intéressant aussi bien pour les adultes que pour les enfants.

Quel livre auriez-vous choisi pour ce thème ?

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54 contes d’Afrique – Première partie

CHEZ NOUS, POUR TRANSMETTRE, ON RACONTE !

Comme vous le savez, les contes chez nous, sont un moyen de transmettre les valeurs, le savoir, les principes mais aussi de s’évader après une longue journée.

Ultimes Griots a donc réuni dans ce livre, de beaux récits pleins d’illustrations colorées qui vous plongeront au coeur des pays d’Afrique !

Un conte par pays d’Afrique, c’est la règle d’or. Le premier volume est dédié à 27 pays : Kenya, Maurice, Ethiopie, Ouganda, Soudan, Somalie, Tanzanie, Angola, Mozambique, Afrique du Sud, Zimbabwe, Algérie, Egypte, Tunisie, Guinée Equatoriale, Cameroun, Burundi, Congo Brazzaville, Congo Kinshasa, Ghana, Mali, Bénin, Sierra Léone, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Nigéria.

Seul ou avec vos enfants, vous prendrez plaisir à lire ces petites histoires et à découvrir les aventures de nos différents héros : hommes ou animaux.

PLUS QU’UN LIVRE DE CONTES, 54 CONTES D’AFRIQUE C’EST AUSSI :

  1. Une mosaïque de styles graphiques : huit illustrateurs ont participé au projet.
  2. Un merveilleux moyen d’apprendre l’Afrique : les contes évoquent des noms, des villes et des mets des pays africains. Il y a un lexique à la fin. Les capitales des 54 pays d’Afrique sont présentés avec en bonus quelques détails sur les 27 pays du 1er volume.

En partenariat avec la plate-forme de livre audio africaine AyokAfrica, Ultimes Griots met à disposition une version audio. Pour ceux qui voudraient vivre ou revivre les nuits au clair de lune ou les instants dans les bras attendrissants d’un parent, c’est par ici.

J’ai acheté ce livre au SILA à 10 mille francs CFA (environ 15 euros). Je trouvais l’idée géniale d’avoir un conte représentatif de la culture de chaque pays africain. J’aurais d’ailleurs aimé que ces 54 pays soient représentés en un seul volume au lieu de deux.

Savez-vous pourquoi l’écureuil et la taupe ne sont plus amis ?

Quelle est l’origine des rayures du zèbre ?

Comment le chimpanzé a perdu sa magnifique queue ?

Quelle est l’origine de la pluie et du tonnerre ?

Pourquoi la carapace de la tortue ressemble à plusieurs morceaux raccommodés ?

Vous aurez des réponses à travers ce recueil de contes.

J’ai apprécié leur diversité. Il n’ y a pas que des animaux qui sont les personnages principaux. Des Hommes sont les personnages principaux de 16 contes.

Les moralités des contes sont belles, autant utiles aux enfants qu’aux adultes. J’ai particulièrement apprécié l’histoire d’Igal le peureux que j’ai trouvée très touchante. Aucun spoil, je vous laisse découvrir cette histoire par vous-même.

Il ne me reste plus qu’à espérer que la seconde partie de ces contes d’Afrique ne tarde pas.

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TTL 127: l’amas ardent -Yamen Manai

C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est : Une couverture jaune

Aux abords de Nawa, village de l’arrière-pays, le Don, apiculteur, mène une vie d’ascète auprès de ses abeilles, à l’écart de l’actualité. Pourtant, lorsqu’il découvre les corps mutilés de ses « filles », il doit se rendre à l’évidence : la marche du monde l’a rattrapé, le mettant face à un redoutable adversaire. Pour sauver ce qu’il a de plus cher, il lui faudra conduire son enquête dans une contrée quelque peu chamboulée par sa toute récente révolution, et aller chercher la lueur au loin, jusqu’au pays du Soleil-Levant.

En véritable conteur, Yamen Manai dresse avec vivacité et humour le portrait aigre-doux d’une Tunisie vibrionnante, où les fanatiques de Dieu ne sont pas à l’abri de Sa foudre. Une fable moderne des plus savoureuses.

L’amas ardent a été mon compagnon de voyage à Antalya. Ne s’étalant que 224 pages, j’étais sûre de pouvoir le finir soit durant le vol, soit dans les instants farniente du périple. Je l’ai terminé durant le vol retour. 🙂

J’ai découvert Yamen Manai à travers la sérénade d’Ibrahim Santos. Séduite par l’œuvre, j’ai voulu explorer davantage la bibliographie de l’auteur.

Le 1er chapitre du livre m’a fait un peu peur. Il donne l’impression d’une erreur sur la marchandise. Il y est question d’un prince du moyen orient qui a un club de football, qui organise des soirées oisives. Il y a pas mal de dialogues, l’ensemble est assez décousu.

Fort heureusement, la réelle intrigue de l’histoire se dévoile dans les chapitres suivants.

Celui qui aime la nature, s’intéresse à l’apiculture ou est tout simplement curieux trouvera son compte dans ce récit. L’auteur nous mène au cœur de la vie des abeilles. Pour ma part, j’ai découvert ce qu’est l’amas ardent.

Il nous fait également voyager en Asie plus précisément au Japon.

L’auteur prend son temps pour exposer les appâts utilisés pour arriver au pouvoir, l’endoctrinement des populations, la réforme des mœurs imposée par les barbus au pouvoir. La thématique de l’extrémisme religieux est loin d’être survolée mais il m’a manqué l’atmosphère oppressante ressentie dans Terre ceinte et qui m’avait beaucoup plu.

Quel livre auriez-vous choisi pour ce thème ?

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La traque de la musaraigne -Florent Couao-Zotti

Pour célébrer mon anniversaire, j’avais commandé une box Kube. J’avais demandé à Camille K, libraire Kube qui m’avait recommandé Black Nairobi de me faire découvrir un très bon thriller/ roman policier d’un auteur africain noir écrit en français ou traduit en français de moins de 400 pages.

Elle a choisi un polar de l’auteur béninois Florent Couao-Zotti et j’étais super contente de son choix parce qu’il figurait dans ma wishlist.

Quand Stéphane Néguirec, jeune Breton un brin rêveur, poète à ses heures, amoureux du large et des horizons lointains, débarque à Cotonou, au Bénin, il ne sait pas encore que question dépaysement, il va être servi ! Aux paysages enchanteurs qui l’électrisent, s’ajoutent les charmes des filles aux courbes délicieuses et notamment, ceux de la mystérieuse Déborah Palmer qui lui propose très vite un mariage blanc contre une fortune en billets verts. À l’autre bout de la ville, Jésus Light, un voyou ghanéen, traque sans relâche sa femme, Pamela, partie précipitamment avec le butin de son dernier casse… En temps normal, leurs chemins n’auraient jamais dû se croiser… Mais c’était sans compter sur cette bande de ravisseurs islamistes venus du Nigéria voisin à la recherche d’otages européens…

Cotonou, à la nuit tombée dans un bar

Stéphane Néguirec, jeune breton immigré, admire le déhanché d’une femme. Il aimerait bien l’avoir pour une nuit. Mais elle semble appartenir à un autre homme qui déteste partager sa belle. Stéphane va en payer les frais à la sortie du bar. Amoché, il est aidé par Déborah qui tient à lui prodiguer les premiers soins.

Une rencontre qui va bouleverser les prochains jours du reste de sa vie.

Les personnages de ce thriller ont un point commun: ils fuient ou sont à la recherche de quelque chose. Ils ont du vécu, un passé composé de péripéties complexes . Je parle surtout de Pamela & Déborah Palmer.

Quant au jeune breton, je l’ai trouvé un peu lâche. Laissez-moi vous dire que ce jeune homme n’a pas vraiment le sens des responsabilités. Il a laissé ses petites filles en France, obsédée par sa quête de l’ailleurs.

Entre découverte du Bénin (ses quartiers, ses habitudes et ses plats) et une course poursuite entre Cotonou, Porto-Novo et Kponton, le programme du lecteur est bien chargé.

La traque de la musaraigne est une histoire qui tient la route. Outre son aspect thriller, le récit aborde des sujets d’actualité comme la vente d’otages occidentaux aux branches islamistes de la sous-région ouest-africaine.

L’auteur ne tombe pas dans le monde des bisounours et de la romance. J’ai apprécié ce voyage littéraire au Bénin et j’ai hâte de faire sortir de ma wishlist son autre polar.

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TTL 125: Gbehanzin version BD

C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est : Action, combat, guerre

Souverain absolu, Gbêhanzin Aïdjrè (1844-1906), le roi requin, règne sans partage jusqu’à l’arrivée des colonisateurs français dans les années 1890. Les auteurs racontent la geste héroïque et tragique de ce héros, « l’une des plus grandes figures de l’histoire des résistances africaines ». Il ne capitula que trahi par ses adversaires, qui le déportèrent par ruse en Martinique puis en Algérie où il finit ses jours tristement.

Gbehanzin est une grande figure de la résistance africaine à la colonisation. C’est à son couronnement, après la mort de son père souverain qu’il choisit ce nom qui signifie « la terre tient l’œuf que le monde désire »

Cette bande dessinée retrace sa vie, de son accession au pouvoir après la mort de son père, le roi Glèlè, en 1889, jusqu’à sa propre mort, en exil en Algérie, en 1906, et le retour de sa dépouille sur la terre de ses ancêtres, en 1928.

Gbehanzin va se battre contre l’occupation française, avec l’appui de son corps d’élites composé uniquement de femmes : les Agodjiés. Plusieurs planches montrent leurs entraînements et leurs combats. Les attaques vont être incessantes entre 1892 et 1894.

La BD contient peu de texte, les images parlent d’elles-mêmes. Par contre, certains dessins manquaient de précision pour moi. En fouinant sur internet, j’ai appris que les planches ont été faites à l’aquarelle. Une technique qui n’était pas familière à l’illustrateur Constantin Adadja, qui dit « s’être exercé sur le projet ».

L’initiative de Sonia Couao-Zotti est à saluer. Cette BD écrite pour les béninois, les africains et le reste du monde est un excellent moyen pour faire connaître le roi Gbehanzin, surtout aux jeunes.

J’espère lire d’autres BD sur des rois et reines d’Afrique.

Bon à savoir : Sur la 1ère de couverture, le roi apparaît de dos, drapé d’un pagne tissé et l’épaule gauche découverte. A la cour d’Abomey, capitale du royaume du Dahomey, aujourd’hui le Bénin, nul n’avait le droit d’observer de face le monarque.

Et vous, quel titre auriez-vous choisi pour ce thème ?

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TTL 124: Le premier mari d’une femme africaine

C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est : un livre qu’on aimerait voir adapter.

J’ai pensé à cette BD de Désiré Atsain

Le premier mari d’une femme africaine ? En aurait-elle plusieurs ?

Le titre de cette BD d’une cinquantaine de pages ne fait ni référence à l’infidélité, ni à la polyandrie.

C’est une expression dont j’ignore l’origine exacte. Je l’ai entendue la première fois de la bouche de mes parents. Ton premier mari, ce sont tes études, m’ont-ils dit.

Il y a plusieurs variantes à cette expression : le premier mari d’une femme, ce sont ses diplômes ou son travail.

Les parents exhortent ainsi leurs filles à se concentrer sur leurs études et à chercher leur indépendance.

L’héroïne de la BD a privilégié ses études puis son travail. Mais l’âge avance et ses parents aimeraient qu’elle ait un mari fait de chair et d’os.

En Afrique, une femme non mariée n’a pas de réelle valeur. Notre héroïne l’entend à plusieurs reprises. La pression s’accentue, la solitude s’intensifie. Elle accepte les avances d’un client de l’entreprise où elle exerce en tant que commerciale.

Une relation amoureuse débute. Notre héroïne est doublement heureuse car elle a trouvé l’amour et a un statut dans la société.

Mais l’élu de son cœur est très possessif. Il lui demande d’arrêter de travailler et de s’occuper de l’éducation de sa fille, le fruit d’une précédente union.

Notre héroïne ne veut pas être une femme au foyer mais n’a pas envie d’être de retour sur le banc des célibataires. Elle se plie aux exigences de son chéri, sa vie prend une autre tournure…

Cette BD dénonce la pression étouffante que la société met sur les femmes épanouies professionnellement mais célibataires, une pression qui les pousse parfois à tout accepter juste pour avoir un mari.

Le premier mari d’une femme africaine aborde un sujet d’actualité dans ma contrée. Son adaptation suscitera sans aucun doute des débats. Elle pourrait servir de lieu d’échanges pour les femmes, de moyen de sensibilisation pour qu’elles sachent que leur ambition, leur bien-être ne sont pas négociables.

Et vous, quel titre auriez-vous choisi pour ce thème ?

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TTL 122: La trahison de Désiré Atsain

C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est : une couverture verte.

En Afrique, dit-on ‘’ce sont les deux mains qui se lavent’’, faisant ainsi allusion au soutien sans faille dans un couple entre l’épouse et l’époux. Ce qui ne sera pas le cas lorsque Bako, un fonctionnaire compétent, va perdre brusquement son emploi. En effet, sa femme, manipulée par sa mère, va employer tous les moyens pour briser le couple malgré leurs deux enfants. Ceci, dans le seul but que sa fille se trouve un autre homme aisé…

Caricaturiste, auteur de bandes dessinées, illustrateur de livres pour enfants, scénariste et metteur en scène de photos romans, Désiré Atsain a travaillé dans plusieurs journaux et magazines tels que Fraternité Matin le quotidien gouvernemental, Gbich ! le journal d’humour, Go Magazine, Allo Police, Go mag Love ; et a participé à plusieurs ouvrages collectifs dont Côte d’Ivoire, on va où là ? Volume 1 et 2. Il a par ailleurs représenté la Côte D’Ivoire au salon de la Bande Dessinée au Congo Kinshasa « 2002 », et obtenu à deux reprises la 2e place du prix de la caricature organisé par l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire « UNJCI ». Il est auteur de plusieurs bandes dessinées que vous pourrez lire sur Youscribe.

J’ai découvert ses dessins dans les journaux et magazines précités. Ayant obtenu un abonnement gratuit à Youscribe, il y a quelques mois, j’ai décidé de lire quelques unes de ses BD disponibles sur la plateforme.

Prenez une belle-mère matérialiste à souhait, une femme sous l’influence de sa mère, un homme qui perd son emploi et vous aurez un scénario digne d’un film d’action.

Le titre de la BD est bien choisi car il y a de multiples trahisons.

Dire que j’ai détesté la belle-mère de Bako est un euphémisme. Son machiavélisme, son ingratitude donnent envie de la smither*.

La BD se lit vite, elle ne s’étale que sur 68 pages. L’histoire est captivante, l’auteur parvient à nous faire ressentir les émotions des différents personnages. J’ai été très heureuse du sort final réservé à Bako et à sa belle-mère.

Le seul bémol se situe au niveau de la colorisation. Je ne suis, en effet, pas fan des BD en noir & blanc.

*Nouvelle expression ivoirienne, synonyme du verbe gifler, en référence au fâcheux incident des oscars.

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TTL 121: 69 de Florent Houndjo

C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est : Un livre dont vous repoussez la lecture en lien avec la journée mondiale de la procrastination qui aura lieu demain.

Je me permets de déformer un peu le thème en parlant au passé : Un livre dont vous avez repoussé la lecture.

Le livre élu est 69, un roman lu l’an dernier dans le cadre de la présélection du Prix les Afriques 2021. J’ai repoussé la lecture de ce roman jusqu’au dernier moment parce que le résumé ne m’attirait pas du tout.

D’ailleurs, je n’arrivais pas à faire le lien entre le titre, l’image de la couverture et le résumé.

« … Un bourdonnement tellement puissant qu’il s’assimilait même à un vrombissement d’aéronef soviétique de la Seconde Guerre mondiale. On entendait des vrrrrrrrrr et des zrrrrrrrrrrrrrrrrr ! C’étaient des abeilles ! Une importante nuée d’abeilles.
La grande et épaisse armée d’abeilles se subdivisa en plusieurs bataillons. Lesquels foncèrent chacun, de façon chorégraphique, vers les amphithéâtres. Les essaims d’abeilles entrèrent dans les salles, dépassèrent et contournèrent tous les étudiants présents et, en une vitesse de lumière, atteignirent l’estrade où ils se déchargèrent sur les enseignants. C’était le sauve-qui-peut, la débandade ! Même les assistants des professeurs, n’ont pas cru devoir porter instantanément secours à leurs patrons qui gigotaient convulsivement sous l’armée des volatiles. L’instinct de survie étant plus fort que l’esprit de solidarité et d’assistance, ils n’ont alerté les secours qu’une fois à l’extérieur. C’est ainsi que nos enseignants furent évacués d’urgence. »
Les dessous et les déçus de la conquête du pouvoir. C’est, en un mot, le voyage que nous propose l’auteur au cœur de l’appareil sociopolitique qui dirige l’État en Afrique
.

Le chapitre 1 débute avec une jolie citation d’Hugo. Je m’attendais à ce que les mots suivants soient empreints de poésie. Hélas ! L’intertextualité est fortement présente dans le récit mais j’ai eu avec elle une relation à la « je t’aime moi non plus« . J’ai apprécié certaines références et allusions, il y en a d’autres dont je n’ai pas compris la raison d’être dans le récit.

Le personnage central du récit est Gros-Coeur, un quadragénaire, autrefois leader emblématique de la jeunesse. Il a fui la ville , se retrouve maintenant dans un bourg nommé Allada. Là, il médite sur la vie, sur l’humain. Répudié par la communauté de ce bourg qui le considère comme un clochard insolite, il se lie d’amitié à deux enfants Kamal et Jimmy puis à leur tante Fatou.

Avec cette jeune femme, il évoquera les fantômes de son passé.

Jeu politique en Afrique, boulimie du pouvoir, sort réservé aux veuves, nonnes pédophiles, telles sont les thématiques et sous-thématiques de ce roman.

L’ouvrage est accessible mais il aurait mérité d’être affiné, ciselé dans la construction de l’intrigue, des personnages, des chapitres. En parlant de chapitres, il y en a 28 dans le roman. Ils sont assez courts et certains d’entre eux auraient pu être regroupés afin d’apporter de la consistance au récit.

Je n’ai pas passé un moment agréable avec ce livre. J’ai recherché durant ma lecture la raison du choix de ce titre et je l’ai trouvée à la page 184

— Effectivement, la vie, c’est du 69. Les situations, les positions, les convictions et les actions sont circonstancielles et fluctuantes.

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La société des rêveurs involontaires de José Eduardo Agualusa

Le journaliste Daniel Benchimol rêve de gens qu’il ne connaît pas mais reconnaît dans la mémoire de l’appareil photo qu’il retrouve sur une plage d’Angola. Moira Fernandes, une artiste mozambicaine habitant Le Cap, met en scène et photographie ses rêves. Hélio de Castro, un neuroscientifique, les filme. Hossi Kaley, le patron de l’hôtel Arco-Iris, ancien guérillero au passé obscur et violent, se promène dans les rêves des autres vêtu d’un costume violet, ce qui va donner à un service secret l’idée de l’utiliser pour manipuler les rêves de la population lors des élections, mais ne l’empêchera pas malgré tout de connaître un grand amour.

Les rêves rassemblent ces quatre personnages dans un pays totalitaire au bord de la destruction, où se réveillent aussi les rêves de liberté de la jeunesse.

Écrite dans un style éblouissant, cette Société des rêveurs involontaires est une histoire d’amour, un récit fantastique, un polar onirique et une vraie satire politique pleine d’humour, qui questionne la nature de la réalité tout en réhabilitant le rêve comme instrument de transformation du monde.

José Eduardo Agualusa est le 2eme auteur angolais que je lis. Le point d’entrée de ce roman est le rêve. L’onirisme a une part importante dans le récit.

Daniel, jounaliste, rêve de gens qu’il ne connaît pas mais reconnaît dans la mémoire de l’appareil photo qu’il retrouve sur une plage d’Angola.

Hossi Kaley, ancien guérillero au passé obscur et violent, se promène dans les rêves des autres vêtu d’un costume violet.

Moira Fernandes, une artiste mozambicaine met en scène et photographie ses rêves et Hélio, un neuroscientifique mène une expérience scientifique sur le rêve.

Le rêve est décrit comme un moyen d’entrer en contact avec l’autre. J’étais au début très emballée par le volet orinique du roman mais le développement de ce volet ne m’a pas convaincue. Ou peut-être suis-je passée à côté de ce que l’auteur voulait traduire.

Ce roman de 252 pages est déroutant, il demande de la concentration. Au début, je me suis emmêlée les pinceaux avec Daniel, le narrateur principal et Hossi, narrateur occasionnel. 

Je méconnais l’histoire de l’Angola et il m’a fallu quelques recherches pour savoir à quoi faisait référence l’UNITA par exemple. J’ai apprécié la partie « révolution » de l’intrigue qui met en avant de jeunes femmes et hommes. Des rêveurs de liberté mais pas que. Ils veulent aller au-delà du rêve, ils veulent que la liberté se matérialise dans leur pays. Ils la revendiquent au prix de leurs vies.

Ce roman est truffé de passages qui font réfléchir. Si les personnages sont bien construits, je n’ai malheureusement pas réussi à m’attacher à eux.

«ne vous faites pas d’illusion, mon cher Armando. Ce peuple qui proteste contre moi ne tardera pas à m’applaudir. Le peuple est inconstant, stupide et sans mémoire.»

Ce passage m’a fait penser à tous ces humains qui sont plus sensibles à la souffrance des animaux qu’à celle des humains…

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TTL 119: Je veux aller à l’école de Gusto

C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est : Un livre engagé (égalité, droits, différences)

J’ai immédiatement pensé à une bande-dessinée lue l’an dernier.

Comme l’indique son titre, « Je veux aller à l’école » est à la fois une complainte, un cri du cœur et une dénonciation de l’exploitation des enfants en général et de la non-scolarisation des jeunes filles, en particulier.

Elle a douze ans, elle étudie. Un jour, son père décide de la marier à un homme deux fois plus âgé qu’elle. Sa mère s’y oppose. Elle veut que sa fille aille à l’école. Elle sollicite l’aide de son frère qui travaille en ville. Ce dernier accepte de prendre sa nièce avec lui. Il promet à sa sœur de la scolariser. Elle est rassurée, ignorant que son frère a des projets malsains pour sa fille…

Elle a douze ans, elle a rejoint la ville mais pas pour étudier. Elle est la bonne à tout faire de son oncle et de la femme de ce dernier. Lessive, cuisine, vente de jus, telles sont ses responsabilités. Elle a douze ans et tout ce qu’elle veut c’est aller à l’école.

On plaint cette jeune fille. On espère que son calvaire finira bientôt. Et en lisant ce livre, on pense à toutes ces jeunes filles qui ont été déscolarisées ou n’ont jamais fréquenté l’école. On pense à ces jeunes filles qui deviennent des esclaves, travaillent sans répit pour des salaires de misère.

Je veux aller à l’école est une BD engagée qui dénonce la déscolarisation des enfants, l’exploitation des enfants, le mariage forcé et les grossesses précoces. C’est une BD à mettre entre les mains des petits et grands.

J’ai passé un bon moment de lecture. Très rapide, puisque la BD ne fait que 33 pages. J’ai beaucoup aimé le réalisme des dessins.