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Le chant des ronces : Contes de minuit et autres magies sanglantes

Embarquez dans un voyage vers des terres sombres et dangereuses, peuplées de villes hantées et de bois affamés, de monstres bavards et de golems en pain d’épices, où la voix d’une sirène peut invoquer une tempête mortelle, où les rivières font de terribles promesses d’amour…

Ayama et le bois aux épines: Une jeune fille est envoyée négocier l’avenir de son royaume avec un terrible monstre.

Le renard trop rusé: un renard compense son apparence disgracieuse par une intelligence hors du commun, qui pourrait bien lui jouer des tours.

La sorcière de Duva: Dans un village frappé par un hiver perpétuel, les jeunes filles se mettent à disparaître mystérieusement.

Petite lame: Une jeune fille découvre que les souhaits de son père à son encontre et ses propres envies prennent deux directions opposées.

Le prince soldat: Une réécriture inquiétante de Casse-Noisette.

Quand l’eau chantait le feu: deux Sild aux voix merveilleuses quittent leur royaume marin pour la terre où elles rencontrent les mystérieux Grisha.

Si mes souvenirs sont bons, j’ai découvert ce recueil de contes fantasy sur le blog de Light and Smell. Il a passé un bout de temps dans ma wishlist avant qu’une belle âme du Canada ne me fasse la belle surprise de le choisir pour le swap Père Noël Secret 2020. Encore une fois merci Marie ❤

Parlons d’abord de la couverture qui est magnifique. Un sublime objet-livre qu’on a envie d’acheter rien que pour sa couverture.

Je n’ai pas l’habitude de la fantasy mais j’aime bien les contes. Je n’ai donc pas eu de mal à entrer dans les différentes histoires avec des univers où se mêlent magie et sorcellerie. Le grand plus de ces récits ce sont les illustrations qui les accompagnent. Elles se dévoilent par petite touche au fur et à mesure que le conte évolue, donnent un effet de surprise et attisent la curiosité. On a hâte de voir à quoi ressemble le dessin intégral.

Chaque conte renferme des leçons pleines de sagesse notamment celle de voir au-delà des apparences. On se rend compte combien l’on tombe bien souvent dans le jugement hâtif. C’est ce qui m’est arrivé avec le conte la sorcière de Duva qui est l’un des 3 meilleurs contes de ce recueil soit dit en passant. J’ai apprécié l’ambiance glauque, l’atmosphère oppressante de ce conte, une réécriture très originale de Hansel et Gretel. J’ai apprécié que l’auteure offre un regard nouveau sur cette histoire qui a bercée mon enfance. Je me confesse: j’ai envié son imagination débordante.

Ce recueil a été une belle découverte. Mention spéciale au renard trop rusé et la sorcière de Duva qui offrent de superbes retournements de situation, à Ayama et le bois d’épines qui rappelle les contes des mille et une nuits et Petite lame qui rappelle qu’utiliser une chose ne signifie pas la posséder.

Malheureusement, je ne peux pas en dire autant des deux derniers contes qui ne m’ont pas du tout emportée.

Bonus : les photos du super colis que m’a préparé Marie pour le swap. Le swap devait contenir :

  • 1 livre de la WL
  • 1 marque-page
  • 1 petite surprise
  • 1 gourmandise
  • 1 lettre dans laquelle vous révélez votre identité.

Avez-vous déjà découvert ce recueil de contes ou êtes-vous en train de courir vers la librairie la plus proche pour l’acheter ?

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Le women murder club, tome 1: 1er à mourir

San Francisco, un criminel supprime avec cruauté et sadisme des couples de jeunes mariés durant les premières heures de leur lune de miel. Une jeune inspectrice, Lindsay Boxer, est en charge de l’enquête. Elle est aidée de sa meilleure amie, médecin légiste, d’une journaliste, ainsi que de l’adjointe du procureur, afin d’arrêter l’assassin qui semble insaisissable. Toutes quatre décident de créer le  » Women Murder Club  » ! Faisant fi de leurs supérieurs hiérarchiques qui les freinent, enquêtant hors de leurs heures de travail, elles vont réussir, grâce à leur ténacité et leur intuition, à assembler peu à peu les pièces de cet horrible puzzle.

Comme annoncé dans mon dernier article, c’est la 2e œuvre de James Patterson que je lis mais pas dans l’ordre chronologique de ses parutions. Lune de miel a été écrit après les premiers tomes de la série Le women murder club.

Comme dans Lune de miel, le récit débute par un prologue. Le narrateur s’exprime à la 1ère personne.

Comme dans Lune de miel, le meurtrier décline assez vite son identité, enfin c’est ce que je pensais…

Ce 1er tome retrace la mise en place du women murder club. 4 femmes qui évoluent dans des sphères à dominante masculine ou qui ont besoin de se faire une place dans leur milieu professionnel. Claire est la meilleure amie de Lindsay, l’héroïne principale. J’ai trouvé que l’ajout des deux autres femmes à ce duo s’est fait un peu trop vite. J’ai l’habitude des amitiés qui se tissent lentement; excusez-moi 😀

J’ai apprécié leur diversité : Claire est noire, rondement belle, mariée et mère, Lindsay est divorcée, Jill, mariée et Cindy, célibataire.

Ce 1er tome a deux trajectoires : l’une qui mène à l’enquête policière et l’autre plus personnelle, la vie intime de Lindsay Boxer. Divorcée, sans enfant, elle apprend qu’un mal ronge son être intérieur et le lecteur l’accompagne dans cette phase de désespoir/espérance. Il l’accompagne dans ses amours aussi même si l’auteur rajoute quelques couches de tristesse. En parlant de cet amour contrarié, j’éprouve un sentiment paradoxal. J’ai apprécié cette touche grise qui vient obscurcir le ciel bleu mais en même temps, j’aurais voulu un autre scénario final.

Parlons de l’enquête policière et de cet homme qui prend un malin plaisir à ôter la vie à des jeunes mariés durant leurs premières heures d’union maritale. J’ai apprécié les rebondissements, les fausses pistes, le vrai qui s’habille de faux et vice versa.

Et la tu t’dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort.
Quand tu crois enfin que tu t’en sors quand y en a plus et ben y en a encore !

Ce n’est pas une citation du livre mais un extrait de la chanson de Stromae. 😀

On va de surprise en surprise avec l’auteur. C’est presqu’un tour de montagne russe. Parfois, les ficelles sont trop grosses, trop tirées par les cheveux.

1er à mourir est une bonne entrée en matière pour cette série de près de 20 tomes. J’aurais volontiers enchaîné sur le 2nd tome si je n’avais pas un service presse qui attend patiemment et la reprise des activités du comité de lecture pour le Prix les Afriques 2021.

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Lune de miel de James Patterson

Un homme lutte pour respirer, un brasier s’active à l’intérieur de lui. Qui est-il ? Qu’est-ce qui a bien pu lui arriver ?
La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.
Le lecteur découvre plutôt Nora, 33 ans, décoratrice d’intérieur. Elle file le parfait amour avec Connor, 40 ans, banquier richissime. S’ils sont fiancés, qui est donc cette Nora que le lecteur découvre dans le prochain chapitre, mariée à Jeffrey, auteur de romans historiques de renommée internationale ?

La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.

Le lecteur est projeté au coin de la 42e rue et de Park Avenue. Une prise d’otage, des coups de feu, une valise récupérée par un homme, le Touriste. Qui est-il ? Que contient cette valise ?

La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.

Le lecteur retrouve Nora, découvre un peu plus son passé et le sort commun qu’elle réserve aux hommes qui deviennent ses intimes. Nora est une veuve noire et elle s’en sort plutôt pas mal jusqu’au jour où une enquête est ouverte suite à la souscription d’une assurance vie par son fiancé.

Lune de miel a toutes les qualités requises pour s’inscrire dans le genre Thriller. Le suspense est présent, l’intrigue captivante, le rythme haletant grâce aux courts chapitres. Impossible pour le lecteur de s’ennuyer, de nombreuses surprises sont révélées tout au long du récit.

Les personnages sont intéressants à suivre même ceux qui n’ont pas des idées catholiques.
J’ai apprécié la narration alternée, tantôt à la première personne pour l’inspecteur O’Hara, tantôt à la 3e personne pour l’ensemble des personnages. J’ai passé un bon moment de lecture même si quelques zones d’ombre persistent pour moi notamment sur l’intrigue secondaire à savoir les transferts de capitaux.

J’ai apprécié la plume de James Patterson au point de foncer tête baissée vers sa série Le women murder club. La connaissez-vous ? Etes-vous familier (e) de la plume de cet auteur ?

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TTL 82: Meurtre en Mésopotamie – Agatha Christie

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Livre de poche

Et j’ai décidé de faire un p’ti clin d’œil à Agatha Christie.

Couverture Meurtre en Mésopotamie

En arrivant sur le chantier de fouilles de Tell Yarimjah, Miss Amy Leatheran ouvre de grands yeux. Quoi de plus dépaysant pour une jeune infirmière que ce pays exotique, cette équipe d’archéologues installée loin de tout ? Et quelle mission singulière que d’avoir à veiller sur la belle Mrs Leidner, en proie à des hallucinations et des terreurs diverses… Miss Leatheran va tâcher de s’acquitter au mieux de ses fonctions. Mais, de masques terrifiants paraissant à la fenêtre en menaçantes lettres anonymes, les angoisses de Mrs Liedner vont finir par l’étreindre à son tour. Et lorsque cette dernière sera assassinée, Amy aura le rare privilège d’assister de près à une enquête de l’illustre Hercule Poirot…

C’est toujours un plaisir de retrouver les intrigues policières menées par le célèbre détective Hercule Poirot.

Indicateur spacio-temporel ? Années 30-40, Irak.

Cette énième enquête prend place au sein d’une mission archéologique. La narratrice, Amy Leatheran, infirmière de profession, a été recrutée pour tenir compagnie à la femme du chef de la mission, le docteur Leidner.

L’équipe composant la mission est composée d’une dizaine d’hommes et de femmes dont il faut assimiler les noms et prénoms. Cela demande un peu de concentration.

Une ambiance délétère règne au sein de cette petite communauté et à en croire les membres de la mission, Mrs Leidner en est la responsable. Mrs Leidner n’est pas très aimée alors quand elle vient à mourir, tous les yeux sont tournés vers les membres de l’expédition. Mais la fenêtre était fermée, les domestiques bavardaient dans la cour, non loin de la porte de la chambre de la malheureuse et tout le monde semble avoir un alibi parfait. Qui est donc l’auteur du crime ?

Crayon en main, plan de la maison sous les yeux, interrogatoires des membres en tête, j’ai tenté de découvrir le coupable. L’intrigue est bien menée mais j’ai trouvé le dénouement un peu tiré par les cheveux.

J’ai apprécié le décor singulier de cette histoire qui est assez dépaysant, le savant dosage des descriptions des lieux et du métier d’archéologue. Par contre, il est vrai que les contacts avec les locaux sont très limités et l’on sent bien la condescendance liée à l’impérialisme anglais.

Et vous, qu’auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Jamais assez de Alice McDermott

L’héroïne de cette histoire se souvient des coupelles à glace qu’elle rapportait à la cuisine après chaque dîner dominical, léchant cuillères et bols avec application – et discrétion, car à table « une dame ne surcharge pas la cuillère pour ensuite la faire aller et venir dans sa bouche ». Elle se souvient aussi de son problème de canapé, une tendance récurrente à se faire surprendre en compagnie d’un garçon, dans des postures plus ou moins gênantes, sur celui de ses parents. Des plaisirs coupables qui n’ont pas disparu avec l’âge. Aujourd’hui ses enfants voient les pots de crème glacée se vider d’un coup après chaque visite de leur mère venue garder les petits enfants. Et si l’amour fougueux pour son mari semble n’avoir jamais flanché, à la mort de ce dernier, il restera… la glace. Le portrait délicieux, à l’ironie subtile, d’une femme qui en quelques pages passe de l’enfance à la vieillesse, et de l’interdit à la volupté. Une vie résumée avec la plus franche gourmandise : « Le plaisir, c’est le plaisir. » 

Comment ce livre est-il arrivé dans ma bibliothèque ?

C’est un cadeau de la Kube suite à leur jeu concours la Bibliothèque Mystère 2020. Six nouvelles de la superbe collection « la nonpareille » des éditions de la Table Ronde. Il s’agit d’une collection de nouvelles addictives. Un format qui a l’avantage d’offrir un temps de lecture court et d’inviter à découvrir des auteurs et des genres vers lesquels on a moins l’habitude d’aller.

J’ai débuté par la nouvelle à la couverture la plus gourmande.

Couverture Jamais assez

Commençons, donc, par les coupelles de glace, qu’elle rapporta de la salle à manger à l’étroite cuisine un dimanche soir, alors que la famille, rassasiée, était encore assise autour de la table recouverte d’une nappe en dentelle et que la fumée de la cigarette de son père commençait tout juste à se diffuser dans l’air encore riche de l’odeur du rôti, des pommes de terre sautées, des navets, des carottes et des haricots verts, des biscuits et du parfum que sa mère et ses sœurs ne mettaient que le dimanche.

1ère phrase du récit. Phrase très allongée mais qui reste gourmande. L’odorat et le goût du lecteur sont sollicités. Le plaisir des sens commence dès les premières lignes.

De longues phrases, il y en a pas mal dans ce récit d’une quarantaine de pages. Illustration du plaisir sans fin ? Peut-être.

Revenons à l’héroïne. Elle. Elle n’est pas nommée. On sait juste qu’elle est la 3e fille, la plus jeune des six enfants. Une jeune fille qui dès 14 ans va s’adonner aux plaisirs de la chair et ne va pas bouder son plaisir quand viendra le moment de la vieillesse.

Une femme gourmande dans tous les sens du terme. Une femme qui aime jouir de la vie et de ses plaisirs.

Le plaisir, c’est le plaisir. Quand on en est friand, on découvre qu’il y en a des quantités. Des quantités pour nous satisfaire…

Le plaisir sous ses formes diverses et variées est célébré dans cette nouvelle. Intéressante à lire même si j’aurais préféré une chute plus surprenante. 🙂

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TTL 75: Les brumes de Key West de Vanessa Lafaye

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est Alcool.

L’alcool est assez présent dans ce roman que je vais vous présenter car John Morales, l’un des personnages principaux, est propriétaire d’un bar où l’alcool coule bien évidemment à flots. Quand débute la prohibition, notre héroïne, Alicia, va s’associer à lui dans la contrebande.

Couverture Les brumes de Key West

Lors d’un rassemblement du Klu Klux Klan, Alicia Cortez, 96 ans, abat un homme de de sang-froid. Ce crime, elle l’assume et le revendique.
Alicia Cortez quitte Cuba pour fuir un mari violent et trouve refuge en Floride auprès de sa tante, Beatriz. Elle comprend rapidement que celle-ci dirige, non pas un salon de thé, mais une maison close. La belle Alicia trouve petit à petit sa place dans cet univers grâce à son savoir de guérisseuse. Depuis le bateau qui l’a conduite aux États-Unis, la jeune métisse s’est rapprochée de John, ténébreux vétéran qui tient le bar d’à côté.
Mais comment s’aimer dans un pays où le racisme n’a jamais cessé d’être la norme ? Avec l’arrivée du Klu Klux Klan en ville, le drame semble inéluctable.

Je ne vous ai jamais caché mon amour pour les couples mixtes. Pour moi, c’est l’un des plus beaux projets de la création. C’est cet attrait qui m’a poussé à faire une recherche de livres sur Babelio et m’a conduite à ce 2e roman de Vanessa Lafaye.

J’ai trouvé tellement beau que l’auteure s’inspire de faits réels pour écrire cette histoire forte, émouvante. J’ai apprécié les thèmes abordés, le contexte historique décrit avec précision, l’histoire d’amour inachevée. Les brumes de Key West n’est pas loin du coup de cœur. C’est l’une de mes rares belles lectures cette année.

Comme l’auteure, je trouve que les méthodes de recrutement du Ku Klux Klan ne sont pas très loin de celles des mouvements extrémistes de notre époque.

Petite anecdote : J’ai eu beaucoup d’empathie pour l’auteure car elle écrit dans sa note de fin d’ouvrage qu’écrire un 2e roman est difficile et je le ressens en ce moment. C’est un grand challenge quand le lectorat a bien accueilli la 1ère oeuvre.

J’ai fait quelques recherches sur Manuel Cabeza, le John Morales dans la vraie vie et j’ai été heureuse de savoir qu’il a reçu les honneurs qu’il méritait en 2019. Vous pouvez en savoir plus ici

Et vous, quel titre auriez-vous choisi pour ce thème ?

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Rentrée littéraire 2020: Sublime royaume – Yaa Gyasi

No home, le premier roman de l’auteure, figure parmi mes plus belles lectures de 2018. C’est donc avec beaucoup d’excitation que j’ai débuté la lecture de ce roman.

Gifty est chercheur scientifique. D’origine ghanéenne, elle est née aux USA après l’immigration de ses parents. Elle a 28 ans quand débute le récit. J’ai beaucoup apprécié le fait que l’héroïne soit dans les STEM (STIM en français), ça change de mes lectures habituelles.

Dès le 1er chapitre, Gifty évoque sa mère qui semble être malade. L’on découvre en alternant présent et souvenirs du passé, le portrait d’une femme ghanéenne pieuse, mariée à 31 ans et qui a décidé d’immigrer aux USA via la loterie de la carte verte pour offrir le meilleur à son fils Nana. A travers sa vie, on découvre les défis de l’immigré aux USA: les boulots qu’on enchaîne, le racisme auquel l’on fait face, etc…

Croire en Dieu est-il compatible avec croire en la science ? Ce débat aussi vieux comme le monde est le thème central du récit. Gifty partage de façon très intime ses réflexions qui ne m’ont pas apporté grand chose. Ce sont en effet des questions déjà entendues.

Gifty nous partage ses recherches en neurosciences. Si j’ai apprécié ce partage au début du récit, j’ai trouvé certains passages très soporifiques.

Abordons la partie religion, foi, christianisme.

« Si tu mènes une vie pieuse, une vie morale, alors tout ce que tu accomplis sera prière, disait ma mère. Au lieu de prier toute la journée, vis ta vie comme une prière. »

J’ai apprécié cette présence spirituelle et les sous-thèmes religieux : la rigidité de certaines institutions religieuses, l’hypocrisie au sein de la communauté chrétienne, les jugements, rumeurs, le respect de la croyance de l’autre, etc… Et là, je profite de cette lucarne pour dire ceci : aucune assemblée chrétienne n’est parfaite. Si vous cherchez la perfection à l’Eglise, vous! L’Eglise est composée d’hommes imparfaits qui aspirent à être des hommes de bien. Ce sont des êtres faillibles, pouvant vous offenser. Gravez-le dans votre cabeza. Par ailleurs, la foi c’est d’abord et avant tout une relation avec Dieu avant d’être une histoire partagée avec une communauté.

D’autres thèmes sont également abordés à savoir la difficulté d’intégration dans un pays, une culture différente de la nôtre, l’addiction, la gestion du deuil, la dépression, la grossesse tardive, la venue d’un enfant non-désiré, la relation mère-fille.

Autant de thèmes qui rendent l’histoire familiale de Gifty touchante mais pas au point de verser une larme et de marquer l’esprit.

Les personnages sont peu nombreux et évitent toute confusion au lecteur. Gifty est un personnage difficile à cerner, je n’ai d’ailleurs pas compris ses choix sentimentaux. J’aurais voulu avoir le point de vue de la mère pour connaître le côté pile de l’histoire.

Les chapitres courts permettent au lecteur de supporter la cadence très lente du récit. La plume est fluide mais la structure complexe du récit m’a parfois un peu perdue.

Ecrire un deuxième roman après le succès du premier n’est pas du tout évident. En tant qu’auteure, j’en sais quelque chose. Je n’ai pas été subjuguée par Sublime royaume mais je salue l’auteure pour son courage tout en espérant que la prochaine oeuvre ait plus de puissance.

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TTL 66 : Témoin à charge – Agatha Christie

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est : Un roman adapté
Je me permets encore une fois de modifier le thème afin de vous présenter une nouvelle adaptée

Témoin à charge (Witness for the Prosecution) est un film américain de Billy Wilder, sorti en 1957.
Il est adapté de la pièce de théâtre Témoin à charge d’Agatha Christie, elle-même adaptée de la nouvelle Témoin à charge.
Une nouvelle intégrée dans un recueil de nouvelles policières.
Télécharger ce livre au format PDF
Le beau et désargenté Leonard Vole a-t-il tué la vieille et fortunée miss French, afin d’hériter? Sa femme parviendra-t-elle à le disculper?
Bien que le docteur Meynelle ait recommandé à Mrs Harper d’éviter les émotions fortes, celle-ci reçoit un choc lorsqu’elle entend la voix de son défunt époux la rappeler à lui, à travers son nouveau poste de radio.
Le jeune Jack Harrington est-il en train de perdre la raison ou fait-il l’objet d’une sombre machination ? A 9 h 25, tous les matins, il est le seul à entendre une femme crier  » A l’assassin ! « .
Quant au célèbre détective privé Hercule Poirot, à travers ces cinq nouvelles, il va avoir fort à faire : résoudre l’énigme d’un habitué du restaurant  » Gallart Endeavour  » ; déjouer l’arnaque d’une belle jeune femme ; élucider le meurtre de Valentine Chantry, morte empoisonnée sur l’Ile de Rhodes; comprendre comment le rêve prémonitoire du milliardaire excentrique, Benedict Farley, a pu se réaliser.

l'Afrique écrit

Témoin à charge : Mr Vole est accusé du meurtre d’une vieille dame richissime. Mr Mayherne, son avocat, est persuadé de son innocence et décide de se battre pour le démontrer…

T.S.F – La radio : Le neveu de veuve Mrs Harter lui a offert une radio. Un soir, Mrs Harter entend la voix de son mari décédé depuis des années à travers les ondes de la radio. Ce dernier lui demande de se préparer parce qu’il va venir la chercher…

Le vase bleu : Jack Harington aime le golf par-dessus tout. Lors d’un parcours, il entend le cri d’une femme appelant à l’aide. Ce cri semble n’être entendu que de lui… 

Le mort avait les dents blanches : un client du restaurant vient dîner tous les mardis et jeudis dans un restaurant en commandant à chaque fois les mêmes mets. Une habitude qui prend fin avec la mort de ce client…

Double manœuvre : Hastings et Hercule Poirot prennent le bus afin de rendre visite à un ami sollicitant l’aide du détective. Dans ce bus, nos deux acolytes sont abordés par Mary Durrant venu apporter des figurines à un homme riche contre 500 livres. Malheureusement, les figurines lui sont dérobées…

Trio à Rhodes : Hercule Poirot en vacances voit surgir les problèmes avec l’arrivée de Mr et Mrs Gold. Monsieur Gold semble très attiré par Mrs Chantry, femme volage et mariée à un homme rustaud. Lorsque cette dernière est assassinée, Hercule n’en est pas surpris…

Le rêve : Benedict Farley, le milliardaire excentrique fait part d’un rêve récurrent étrange où il se suicide à Hercule Poirot. Une semaine plus tard, ce rêve devient réalité…

Le mystère du bahut espagnol: Mr Clayton a été découvert assassiné, gisant dans un grand bahut espagnol. Les soupçons se portent sur un ami de son épouse dont elle était très éprise….

Dans ce recueil de huit nouvelles, il n’y a pas que des crimes à élucider. Il y a des escrocs à démasquer notamment ces héritiers qui veulent hériter avant l’heure et expérimentent à leur plus grand désespoir ce que veut dire l’expression A malin, malin et demi.

Dans ce recueil …

des amants/amoureux secrets sont prêts à tout pour se débarrasser du mari gênant,

l’ésotérique et le mystère sont invoqués,

les personnages sont tout sauf des saints : cupides, menteurs, voleurs. Les maux sont divers et variés.

Ça a été un plaisir de retrouver ce cher Hercule Poirot dont les cellules grises sont toujours au paroxysme de leur activité. Sympathique lecture dans l’ensemble même si je m’attendais à plus de rebondissement, des mobiles complexes et diversifiés pour les meurtres.

Un amour interdit Alyssa Cole

– Oh, monsieur Poirot ! Je trouve qu’il n’y a rien de plus intéressant, de plus inconcevable que les humains. […] Au moment précis où l’on croit les avoir pénétrés à fond, ils font une chose complètement inattendue.

Hercule Poirot tourna la tête.

– Non, ce n’est pas exact. Il est extrêmement rare que quelqu’un commette une action qui ne soit pas dans son caractère.

fleur v1

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Pension Vanilos – Agatha Christie

C’est pour une bien mince affaire qu’on dérange le grand Hercule Poirot : dans une pension de famille peuplée en majeure partie d’étudiants, il s’est produit toute une série de menus larcins et de petits actes de malveillance – délits trop insignifiants pour qu’on prévienne la police et qui semblent encore moins dignes du génie de Poirot.
Mais la liste des méfaits est si bizarre que l’attention du célèbre détective en est piquée. Alors que l’enquête commence, les choses se gâtent. En fait, elles deviennent intéressantes : trois cadavres resteront sur le carreau. Le prix à payer pour la découverte d’un bien vilain trafic…

 

l'Afrique écrit

 

  • Un soulier de bal (d’une paire neuve)
  • Un bracelet (de fantaisie) 
  • Une bague en diamants (retrouvée dans le potage)
  • Un « compact » de poudre de riz
  • Un bâton de rouge à lèvres.
  • Un stéthoscope.
  • Deux boucles d’oreilles.
  • Un briquet.
  • Un vieux pantalon de flanelle.
  • Des ampoules électriques.
  • Une boîte de crottes au chocolat
  • Une écharpe de soie (retrouvée en morceaux)
  • Un sac à dos (même observation)
  • De l’acide borique (en cristaux)
  • Des sels de bain.
  • Un livre de cuisine.

 

Tels sont les éléments disparus à la pension vanilos, un hôtel réservé aux étudiants dans Hickory Road. 

Pourquoi ont disparu des objets si dissemblables ? Y a-t-il dans cette diversité, une intention ?  

Ce vol est-il l’oeuvre d’un cleptomane résidant dans la pension ?

Est-ce Patricia Lane, l’étudiante qui prépare un diplôme d’histoire ou d’archéologie, Valérie Hobhouse, l’esthéticienne, Bateson, l’étudiant en médecine, Célia Austin, l’infirmière ?

Serait-ce l’oeuvre de Gopal Ram ou Chandra Lal, les étudiants hindous, Achmed Ali, l’égyptien, Sally Finch, Mac Nabb, Nigel, Elizabeth ou encore Akimbombo ? 

L’inspecteur Sharpe mène en grande partie l’enquête. Hercule Poirot intervient en partie dans la résolution de l’affaire. J’avoue que son sens de l’observation et de déduction m’épate à chaque lecture.

Pension Vanilos offre un sympathique instant de lecture. Une lecture fluide, une intrigue bien menée même si son dénouement m’a paru un peu tiré par les cheveux.

Ce roman contient assez de préjugés raciaux. Je n’ai pas apprécié les traits caricaturaux des étrangers notamment Akibombo.

Un exemple : les nationalités des étrangers sont clairement dites : jamaïcaine, française, indien, turc, égyptien mais Akibombo est nommé l’Africain. On dit qu’il vient d’Afrique Occidentale. Depuis quand l’Africain est une nationalité ? Il est également appelé le Noir mais la française ou l’hindou ne sont jamais appelés la blanche ou le jaune. Ça m’a agacée cette fixation sur sa couleur de peau m’a agacée.

 


 

Je vous souhaite à tous un heureux mois d’avril. 

 

fleur v1

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La rumeur de Lesley Kara – suspense pychologique

Nourrissez la rumeur… Puis regardez-la vous engloutir.

Parmi les habitants de la petite station balnéaire de Flinstead se cacherait, sous une fausse identité Sally McGowan, une femme coupable d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans. C’est ce que dit la rumeur, celle que Joanna répand, sans penser à mal, simplement pour faire la conversation et s’intégrer auprès de ses nouvelles voisines. Mais la machine s’emballe et la tranquille petite ville est gagnée par la paranoïa. Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Couverture La rumeur

Ça commence par une rumeur. Des murmures à l’entrée de l’école. […] Je n’ai pas de temps à perdre à écouter les commérages des uns et des autres. Jusqu’à ce que j’aperçoive le visage de Debbie Barton. […]

La mère de Jake – Cathy, il me semble – jette un rapide coup d’œil autour d’elle avant de parler :

– il paraît qu’une célèbre tueuse d’enfant habite ici, à Flinstead…

– D’où tiens-tu cette histoire ?

Cathy prend une profonde inspiration. 

– Disons que je tiens ça de quelqu’un qui connaît quelqu’un dont l’ex-mari était flic. Peut-être que rien de tout ça n’est vrai, mais vous savez il n’y a pas de fumée sans feu. Et mon mari affirme qu’ils les envoient toujours dans des petites villes comme la nôtre.

 

La rumeur a été lancée par Cathy mais elle est propagée par Joanna Critchley, notre narratrice principale. La première fois au club de lecture pour détourner la conversation, la 2e pour tisser un lien avec des mères à l’école de son fils.

 

Dès lors, toutes les femmes deviennent suspectes. Qui est Sally ? Serait-ce Susan Marchant ou Sonia Martins dont les initiales concordent avec ceux de Sally McGowan ou encore Liz ou Kay ?

Le suspense est au rendez-vous. La lecture est fluide et captivante grâce aux courts chapitres. (Il y en a 54 en tout)

L’auteure brouille les pistes et elle m’aurait eue si je ne m’étais pas souvenue du livre S’il vous plaît sauvez-moi d’Helen Callaghan qui m’a mise sur une bonne piste. Elle a quand même réussi à me surprendre avec le dénouement final.

 

J’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai apprécié les thèmes de ce récit : la gestion du deuil suite au meurtre d’un être cher, le sentiment d’injustice, la culpabilité, les crimes commis par un enfant. Doit-on payer en tant qu’adulte pour les crimes qu’on a commis quand on n’était qu’un enfant ?

En tant que fan inconditionnelle des couples mixtes, j’ai apprécié le couple que forment Joanna et Michael. 🙂

Je garde le nom de cette auteure anglaise en tête. Peut-être lirai-je son deuxième roman qui sort cette année. 

 

 

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