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L’orgueil du désert de DJENEBA FOTIGUI TRAORE

Je lis rarement des œuvres maliennes, l’opportunité m’a été donnée au SILA 2018. L’association des éditeurs maliens était en effet présente au Salon.

Le volume du livre (100 pages) et le résumé m’ont poussé à acheter L’orgueil du désert.

l'Afrique écrit

Binta est la fille du ministre de la Sécurité de la République du Mali. A la veille de son mariage avec Iba Diakité, un jeune diplomate, elle est enlevée. Les ravisseurs ne demandent pas une rançon. Ce sont des rebelles qui en ont après les systèmes de gestion du président.

Le père de Binta aimerait négocier avec les rebelles mais le président ne l’entend pas de cette oreille. Désespéré, le père de Binta va se soustraire à cette pression par la drogue et l’alcool.

Cette famille qui s’apprêtait à célébrer un événement heureux va sombrer entraînant avec elle le fiancé Iba. J’ai eu mal en lisant le sort que lui réserve la fatalité.

Binta est violée. Développant le syndrome de Stockholm, elle va s’éprendre de celui qui a volé son innocence, Ag Mahmoud, chef de la rébellion et du camp AMISTAD.

L’histoire étant très courte, ce syndrome est survolé. J’aurais voulu qu’il soit plus développé.

Je pensais au début qu’il était question de terroristes comme AQMI mais il s’agit de rebelles qui désirent que les dirigeants fassent un peu plus attention aux besoins du peuple. Leurs projets vont être contrecarrés par un groupe de rebelles encore plus radicalistes. Ils revendiquent l’indépendance des trois régions. Comme dans tout conflit, ce sont les femmes qui en pâtissent le plus. J’ai eu mal en lisant le sort réservé à Binta et toutes les femmes du camp Amistad.

Que dire de la forme de l’oeuvre ? Le langage est soutenu, le récit fluide contient des figures de style comme l’anaphore.

J’ai apprécié ma lecture malgré la tristesse qui découle de ce roman. L’histoire est trop courte, j’aurais voulu passer plus de temps avec les personnages.

La  phrase toute mignonne

Il prend son fils avec le visage que j’attendais : le visage  d’un père plein de vie, le visage d’un père sur qui la mère peut compter, le visage d’un père qui vous donne l’envie de donner encore mille vies.

 

Lien d’achat : ICI

 

Quels auteurs maliens recommanderiez-vous  ?

 

GM signature

 

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Sept histoires qui reviennent de loin

Sept histoires qui reviennent de loin Jean-Christophe Rufin

Sept nouvelles avec chacune son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu.

Sept nouvelles drôles, tendres.

Six lieux du monde: Kirghizie, île Maurice, France, Italie, Mozambique, Sri Lanka

Sept instants de vie …

Passion francophone, le 1er récit du recueil est l’histoire d’une jeune femme, fille du secrétaire général du Parti communiste kirghiz,  amoureuse de la langue française. Elle l’a apprise avec un professeur particulier et rêve depuis toujours de venir en France. Quand son rêve est enfin réalisé, elle s’aperçoit d’une chose : les français ne semblent pas reconnaître la langue qu’elle parle.

Cette histoire est tout simplement drôle et rafraîchissante.

Les naufragés … une femme, lointaine descendante des premiers arrivants sur une île sent venir le déclin. Cette  affreuse nostalgique du temps colonial, monde ordonné sur lesquels les Blancs régnaient en maître,  où les castes ne se mélangeaient pas, où l’on n’accordait aucun intérêt aux Indiens, se sent envahie par ceux-ci depuis qu’ils se sont emparés du pouvoir politique. Leurs divinités envahissent sa crique, lui donnent l’allure des rives du Gange. Les constructions pauvres et terriblement désordonnées ont remplacé les lieux familiers, sombres et déserts.

« la cohabitation harmonieuse de toutes les ethnies », ce couplet que récitent les touristes, elle ne le supporte pas, elle ne le vit pas.

Cette femme veut conserver autour d’elle une ultime portion de son passé (quand ils étaient les maîtres de l’île), elle ne veut pas qu’on déforme son espace vital. Quand son droit n’est plus respecté, elle commet l’irréparable…

Cette nouvelle met en évidence une question contemporaine : la mixité, la cohabitation de peuples autochtones et immigrés. Elle met en évidence la difficulté de vivre ensemble, le mépris que subissent certains parce qu’on leur fait porter les fautes de leurs ancêtres colons, la liberté de l’autre qu’on étouffe au nom de notre liberté personnelle.

Sans la 4ème de couverture, je n’aurais pas deviné que l’île en question était l’île Maurice. A aucun moment, l’auteur ne le formule clairement. Il donne des informations sur la période coloniale mais quand on ne maîtrise pas l’Histoire et la Géographie eh bien après avoir fermé le livre, on se demande toujours de quelle île il était question.

Le refuge Del Pietro… un homme de petite taille dont l’accoutrement est une véritable panoplie d’alpiniste des années trente dîne dans l’un des restaurants de la région du Passo Falzarego. Tout semble l’insupporter, il a l’air de mauvaise humeur. Cet homme sur qui les dirigeants de la Fédération de Haute Montagne avaient fondé de grands espoirs a attendu 32 ans pour revenir à la montagne et n’y retournera jamais plus. Pourquoi ?

En découvrant la raison, on ne peut s’empêcher de rire tant elle est drôle. Ce récit m’a rappelé toutes les fois où mon entêtement n’a servi à rien.

Nuit de garde… on demande à un interne de signer en pleine nuit l’acte de décès d’un patient à distance, sans avoir eu un contact direct avec lui ou examiné, chose contraire à la déontologie. Il décide de se rendre au bâtiment ou le trépassé l’attend afin de l’examiner.

Je n’en dis pas plus parce que ça ne servirait à rien, j’ai trouvé cette nouvelle fade, sans réel intérêt. J’ignore son rôle dans ce recueil.

Les fiancés de Lourenço Marques … Des fiancés de 20 ans débarquent en Mozambique et se séparent pour permettre à l’un de vivre ses rêves, l’autre d’avoir l’amour total qu’il mérite. Quarante ans plus tard, ils se retrouvent là où ils s’étaient quittés: Maputo.

L’auteur décrit de façon délicate la ville de Maputo, on ne se retrouve donc pas en plein cours d’Histoire. Le ton doux avec lequel le narrateur-personnage relate ses souvenirs  et  cet amour qui a résisté au temps donnent un intérêt à l’histoire.

Garde-robe… Reiter, un employé des Nations Unies à Colombo s’inquiète du comportement de Rahawal,  son majordome pacifique et pourtant capable d’une incroyable violence, un homme qui s’affiche en faveur des rebelles qui fanatisent des enfants pour en faire des combattants aveugles, justifie la torture et les exécutions arbitraires.

Le récit donne un visage humain aux fanatiques, à ceux qui excusent les guerres. Je n’ai pas apprécié cette nouvelle, je ne l’ai pas détesté non plus. Les enfants rebelles ne m’ont pas attendrie parce que l’auteur ne s’est pas vraiment attardé sur le sujet.

Train de vie… Paris, Gare de l’Est. Rokaya, une jeune africaine monte à la dernière minute dans un vieux Corail qui continue jusqu’à Luxembourg. Son voisin semble s’intéresser à elle. La conversation s’engage et l’on découvre au fil de cette discussion animée le parcours d’une gamine courageuse à qui la vie n’avait fait aucun cadeau mais qui n’avait jamais renoncé, une jeune femme prête à tout pour ne pas laisser passer sa chance…

Les touches d’humour, de sensualité et de sournoiserie contenues dans l’histoire la rendent agréable à lire.

En somme, j’ai passé un moment rapide et agréable de lecture. J’espère que vous apprécierez le livre autant sinon plus que moi.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre