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La défaite des mères – Adrienne Yabouza & Yves Pinguilly

Après la box d’Août, j’ai mis une pause de deux mois à mon abonnement. Je n’avais pas encore lu le livre reçu en Août et j’avais d’autres livres à lire. Septembre est passé. Octobre a pointé son nez et lorsque j’ai vu les goodies de la Kube d’Octobre sur Instagram, j’ai flanché. J’ai passé commande.

Mon envie de lecture est toujours la même: je remplis ma carte des auteurs africains. Il me reste une dizaine de nationalités pour la terminer.

Sarah, ma fidèle libraire dans l’aventure Kube n’étant toujours pas disponible, une libraire Kube m’a été attribué. L’un de ses genres littéraires de prédilection étant la littérature étrangère, je n’avais pas de crainte. Le lendemain, en consultant le statut de ma commande, je me suis aperçue qu’il y avait eu changement de libraire. Un libraire Kube avec pour genres littéraires de prédilection la littérature française et le feel-good. Pour ne rien vous cacher, j’ai flippé. Connait-il assez la littérature africaine pour me proposer un excellent titre ?

Il m’a choisi la défaite des mères. Grâce à ce livre, je peux cocher la République Centrafricaine sur ma carte. Mais le contenu du livre est-il bon ?

Au lendemain des indépendances, Niwalie naît à Kinshasa, avant de grandir en République ­centrafricaine. Son père, chasseur de léopards, devient le garde du corps de la Première dame du pays… et disparaîtra bientôt de la vie de son enfant. Niwalie grandira essentiellement auprès de sa mère, puis donnera elle-même naissance à quatre filles. C’est donc une histoire de femmes que nous raconte ce livre. Sauf qu’il ne s’arrête pas là. C’est l’Afrique centrale des années 1970, son personnage principal. Un pays en proie à un empereur mégalo et ­tyrannique qui échange de grandes claques dans le dos avec « Végéheu, le roi de France ». La violence, la pauvreté, la guerre, l’exil. La peur d’être une femme dans ce monde-là, la peur d’être la mère de quelqu’un dans ce monde-là, surtout quand ce quelqu’un n’est pas un homme. Sans jamais se départir de son humour et de sa poésie, Niwalie dresse le portrait au vitriol d’une société sur le point d’à nouveau basculer.

J’ai eu un peu de mal avec la narration et ce style parlé, imagé qui m’a d’ailleurs fait penser à Ahmadou Kourouma. L’humour et la dérision sont fortement sollicités pour évoquer ces présidents dictateurs en RDC et République Centrafricaine avec la complicité de VGE, que dis-je Vegeheu, roi de France.

L’Afrique Centrale des années 70-80 est au cœur du récit. J’aurais voulu que les dates soient précisées car difficile de se retrouver pour qui ne connaît pas parfaitement l’histoire politique de ces 2 pays.

Cette Afrique Centrale est racontée par Niwalie. Une enfant qui aimait apprendre mais n’a pas eu la chance de poursuivre ses études scolaires ; une jeune fille qui va être donnée en mariage sans avoir son mot à dire et connaître des maternités précoces ; une jeune femme qui va se battre pour rester en vie et préserver ses filles quand vont éclater des affrontements en République Centrafricaine. J’ai eu de l’empathie pour cette femme.

Je n’ai pas du tout compris le sens du titre du roman. Je n’arrive pas à comprendre les défaites des mères qui sont présentes dans le roman.

Je m’attendais également à ce que les portraits des sœurs de Niwalie, de ses filles soient faits. A part l’une de ses sœurs qui est brièvement évoquée, on ignore ce que sont devenues ses autres sœurs.

La défaite des mères fait moins de 200 pages et c’est un avantage de taille pour moi qui aime les romans courts. La lecture n’a pas été déplaisante mais ce n’est pas un livre que je recommanderai d’instinct.

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Hadja Binta – Badiadji Horrétowdo

Lorsque la vie de la princesse Binta bascule à Garoua, dans le Nord-Cameroun, Hadja Binta l’ignorait sans doute,« La Halmata holding n’a jamais eu la délicatesse de remettre à l’eau une baleine échouée sur sa plage »!

Badiadji Horrétowdo signe un nouveau roman, plein d’audace et de sensibilité, qui explore l’univers peu connu d’une prostitution qui s’ignore dans le microcosme de la communauté du Sahel à Douala.

l'Afrique écrit

La bêtise a ceci de terrible qu’elle peut ressembler à la plus profonde sagesse. Valery Larbaud

J’aime ces citations de début de roman qui donnent envie de s’aventurer dans les prochaines pages.

Hadja Halmata est le 1er personnage que l’on rencontre. Une musulmane pieuse qui est à la tête d’une … maison close.

Hadja Halmata prend soin de ses protégées, celles qui sont à la source de son entreprise florissante. Elle leur donne astuces, potions pour attirer vers elles les hommes de leurs vies.  Ce rêve que ces jeunes filles miroitent a été le sien il y a des années. 

Le lecteur découvre sa vie de femme, d’épouse 

Elle se souvenait : j’étais une épouse, si l’on veut ! Mais je me voyais surtout en domestique ; une domestique sur qui l’employeur passait ses nerfs, qu’il battait et tapait, violentait et violait, quand cela lui chantait ! Au prix d’un indicible chagrin, elle devait garder le silence, accepter stoïquement la condition qui était la sienne, synonyme d’une femme bien éduquée, digne et exemplaire, une femme authentique ! Un modèle dans le genre. Mais il est des douleurs qui ont des limites ! admettait-elle.
Le chemin du Paradis ne devrait pas être synonyme de l’enfer ! Nul ne mérite la souffrance ! Aucune femme ne naît à dessein de souffrir !

Et pourtant ici, une femme qui dit « non » à son époux n’est qu’une rebelle. C’est l’homme qui règne dans le foyer conjugal, c’est tout naturellement lui qui dicte la mesure, c’est lui qui répudie aussi !
Sa vie dans le Septentrion voguait entre mariages et divorces qui lui valurent au demeurant le titre honni de rebelle ! Celle que l’on ne devrait plus épouser, puisque de toute façon, elle s’enfuirait au premier prétexte, disait-on.

Hadja Halmata quitte le Nord pour le Sud. A défaut d’amour, elle se concentre sur les affaires. Un restaurant où l’alcool n’est point servi puis la maison close où atterrit Hadja Binta. 

Adolescente, elle fut mariée à 14 ans à un homme de seize ans son aîné, l’un des employés de son père, un richissime homme d’affaires.

Le mariage d’amour, nous n’en connaissons pas et d’ailleurs, que peut-il signifier pour une fille mariée à un âge où elle vient à peine de vivre ses premières menstruations, si ce n’est que l’homme avec lequel elle est amenée à partager sa vie est simplement son amour ?

Hadja Binta a vécu dans l’opulence jusqu’à la déchéance de son père. Une déchéance qui signifie le début des violences conjugales pour Hadja Binta.

Comme Hadja Halmata, elle a quitté le Nord pour le Sud.

Comme les jeunes femmes qui composent le harem de Hadja Halmata, elle rêve d’un mariage digne de son statut qui lui permettra surtout de retrouver les lumières. Mais ce rêve est-il réalisable dans ce réseau de prostitution déguisée ? 

Hadja Binta est une lecture intéressante et révoltante sur le mariage précoce, la condition des femmes au Sahel où elles sont objet, propriété de l’Homme qu’il soit père ou mari.

Pour nous autres femmes, le chemin qui mène au mariage est bien sûr à prendre très au sérieux, c’est notre héritage, et notre destinée de femme. Sans le mariage nous ne valons rien ou pas grand-chose. C’est le mariage qui donne sens et raison d’être à la vie de nos jeunes femmes. N’est-ce pas, ma fille ?

Le narrateur parle sans ambages de l’hypocrisie humaine qui se sert du nom de Dieu comme d’un voile pour cacher ses vilenies. Il expose l’hypocrisie des croyants musulmans qui interprètent les textes sacrés à leur guise, s’adonnent à la fornication mais jugent le musulman qui boit. 

Il dresse le portrait d’une élite qui préfère donner du poisson plutôt qu’apprendre à pêcher au démuni afin de continuer à bénéficier des louanges. 

Hadja Binta offre une écriture fluide au lecteur, un langage courant agrémenté du camfranglais. 

Ce fut une sympathique découverte pour moi.

Christmas

Éditeur : Proximité

Date de publication : Mars 2019

Nombre de pages : 268

Disponible aux formats papier et numérique 

Roman présélectionné pour le Prix les Afriques 2020

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Mes seuls dieux de Anjana Appachana

Couverture Mes seuls dieux

Pleines d’inventions narratives, les nouvelles d’Anjana Appachana entrelacent enchantement amoureux et cruauté inconsciente, songeries amères et tendres, conflits cocasses ou tragiques. Elles nous font découvrir l’Inde du point de vue de la femme, de l’enfance vulnérable aux déboires des épousailles ; de la fillette qui s’invente une vie sentimentale en lisant Jane Eyre au moment où sa soeur aînée se marie, à celle qui porte une dévotion folle à sa mère, au point de la croire en communication directe avec le panthéon des divinités hindoues ! 

Mon avis

Le temps passe et s’envole souvent avec mes raisons de découverte d’un livre. Je ne me souviens plus de la première fois où j’ai entendu parler de Mes seuls dieux. Une chose est cependant sûre : il a atterri dans ma PAL en janvier dernier et il a été mon gage dans le challenge Des gages ta PAL sur Livraddict.

Huit nouvelles composent ce recueil qui offre un aller-simple en Inde. Des nouvelles de longueur plus ou moins égale.

Bahu

Une femme enfermée dans un mariage où les beaux-parents font la pluie et le beau temps.
J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle qui montre l’impact de la belle-famille dans un mariage. Une belle entrée en matière. 

Mes seuls dieux 

La nouvelle qui donne son nom au recueil évoque une fille aimant sa mère passionnément. Une nouvelle bien écrite mais qui m’a laissée indifférente. 

Sharmaji

Sharma est un homme qui se plaint de sa situation professionnelle. Il a 25 ans d’expérience professionnelle et est toujours considéré comme un simple employé. Pour montrer son mécontentement, Sharma passe plus de temps à la cafétéria qu’à son bureau. Une nouvelle qui apporte une touche d’humour au recueil. 

La prophétie

Deux jeunes femmes vont consulter un astrologue avant d’aller consulter un gynécologue. Cette nouvelle évoque les mariages arrangés, les dessins avortés. 

Le fantôme 

Plusieurs thèmes sont traités à savoir l’esprit communautaire comme ce sahib qui ne loue sa barsati qu’aux madratis, les mariages arrangés, l’éducation des enfants, une tâche plus assignée à la mère qu’au père, l’homme qui gagne moins que sa promise, l’Inde dans l’imaginaire des britanniques…

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Sharmaji & les sucreries de diwali 

On retrouve Sharma de la 3e nouvelle qui passe ses journées à contempler, boire du thé à la cantine plutôt qu’à travailler. Il a enfin obtenu une promotion. Sharma est sous-chef de bureau mais il se plaint encore. 

Incantations

Une jeune fille croyant au romantisme va déchanter quand sa sœur aînée va subir un viol.

Sa mère

Une jeune indienne part continuer ses études en Amérique et le monde s’effondre pour sa mère. Elle a peur que sa fille délaisse les coutumes indiennes au profit des mœurs américaines 

Anjana Appachana décrit l’Inde moderne.

Pas de portrait de la pauvreté mais ceux de femmes. La place de la femme dans la société, les mariages arrangés, la gestion de la belle-famille, l’indépendance, les tabous notamment le viol sont les thèmes de ces nouvelles. Dans chaque nouvelle, j’ai apprécié la présence de femmes fortes qui refusent qu’on leur dicte comment mener leur vie. J’ai apprécié la plume de l’auteure.

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Love is Power ou quelque chose comme ça

Prenez deux vieilles femmes abandonnées à leur sort, un jeune homme dont l’unique ambition est d’être un arnaqueur du web, des enfants de 14 et 12 ans livrés à eux-mêmes, une mère ivrogne, un professeur qui a une relation extra-conjugale avec l’une de ses élèves, une épouse violentée par son mari dès qu’il endosse son uniforme de policier, un homme qui souffre de mauvaise haleine, des agents des forces de l’ordre corrompus, un couple qui se dispute l’amour de leur unique enfant, un cousin épris de sa petite cousine, un couple interracial qui s’aime sans engagement. Placez les au Nigéria en faisant une escale rapide à Nairobi. Donnez à ces hommes et femmes le temps de s’exprimer et vous obtiendrez Love is Power ou quelque chose comme ça.

Adrian Igoni Barrett fait une étude captivante des mœurs au Nigéria et nous montre les multiples facettes de ce pays. Le Nigéria et son instabilité politique des années 70, ses bandits de grand chemin, ses arnaqueurs, sa population en proie à la misère.

L’amour occupe une grande place dans ce recueil et est exposé avec ses multiples visages : amour interdit, possessif, exclusif. L’amour est interrogé, éprouvé.

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Le sexe est monnaie d’échange, moyen de pression ou plaisir tout simplement.

La plume d’Adrian Igoni Barrett a été une belle découverte. J’ai trouvé son écriture succulente. J’ai eu l’impression à chaque nouvelle de découvrir un auteur différent. Les nouvelles sont de longueur variée et chacune d’elles possède un style singulier.

Mes nouvelles préférées sont : Ce qui était arrivé de pire, le problème de ma bouche qui sent, Godspeed et Perpetua, une histoire d’allées et venues à Nairobi.

 

Ce qui était arrivé de pire

Veuve, Maa Bille se sent abandonnée par ses enfants qui vivent pour la plupart à l’étranger. Elle doit aller au CHU pour une énième opération des yeux mais il n’y a personne pour l’accompagner. 

Cette nouvelle plaisante aborde le “devoir” des enfants envers leurs parents. Des parents qui se sont pliés en quatre pour leurs enfants et qui attendent un peu le retour de l’ascenseur. Leurs enfants doivent-ils toujours être présents pour eux ? Doivent-ils leur rendre tout le bienfait ? J’ai bien aimé la réponse de Maa Bille

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Le problème de ma bouche qui sent

Une nouvelle pleine d’humour où un homme nous confie son problème de mauvaise haleine.

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Godspeed et Perpetua

Une différence d’âge entre un homme et une femme. Un mariage arrangé où va naître lentement l’amour. Puis l’enfant vient et l’amour devient exclusif. Père et fille s’installent dans un monde où la mère n’est pas conviée. Cette dernière se réfugie momentanément dans la religion. Des années s’écoulent et la politique entre en jeu.

Il y a du rire, des larmes dans cette nouvelle. La chute m’a émue.

 

Une histoire d’allées et venues à Nairobi

Un couple mixte où l’homme veut vivre un amour sans engagement, un amour au présent, n’a pas envie de se nourrir de promesses. J’ai apprécié l’interpellation de Leo dans ce magasin où des indiennes ont fait preuve de racisme. Les Indiens et leurs castes de merde !

Ces petites phrases sur l’amour m’ont fait sourire :

« L’amour, c’est revenir même quand tu ne peux pas »

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J’ai reçu ce livre lors du Colore ton swap. Pour en savoir plus, cliquez ICI

L’image mise en avant a été prise au restaurant POINT BARRE au Plateau (Abidjan), un restaurant cosy avec une décoration très littéraire. 

 

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Une proposition surprenante – Gabrielle Kay

Conclure un mariage blanc pour obtenir la nationalité américaine ? Lorsque son avocate lui suggère cette idée, Mélissa est d’abord stupéfaite. Certes, cela fait cinq ans qu’elle vit à Boston et que, en dépit de ses efforts, elle n’a jamais réussi à obtenir le précieux sésame qui lui éviterait de devoir repartir au Cameroun. Pourtant, elle ne s’imagine pas jouer la comédie aux yeux du monde. Et puis, où trouver un Américain qui accepterait une telle proposition ? Sauf que, quelques jours plus tard, elle est le seul témoin d’un accident impliquant Cole Whelan, le riche et séduisant patron de l’un de ses nombreux petits boulots. Et elle comprend qu’elle tient peut-être là sa seule chance d’obtenir ce qu’elle désire le plus au monde…

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Je ne lisais plus de Harlequin parce que ça manquait de diversité. Quand j’ai vu qu’ils avaient des romances de couples noirs et de couples mixtes, j’ai sauté sur l’occasion !

L’héroïne est noire et africaine ! Comme moi, elle est une immigrée, elle a quitté sa terre natale. Son permis de séjour va bientôt prendre fin et elle doit trouver une solution. Comme elle, on m’a aussi proposé le mariage blanc et si j’étais tombée sur un Cole Whelan, j’aurais dit OUI volontiers ! C’est l’homme idéal : riche, beau et …

Quel plaisir de retrouver une héroïne qui me ressemble ! Enfin pas sur le plan physique. A part les lèvres pulpeuses et le mètre soixante, nos physiques sont à l’opposé.

L’histoire est très courte, je l’ai lu d’un trait. L’auteure est allée droit au but, aucune digression, on n’a pas le temps de s’ennuyer. J’ai passé un bon moment de lecture avec les personnages. Ils sont drôles, déments, attachants.

Pour une fois, j’ai regretté qu’une histoire soit courte. Je voulais encore un peu plus partager le quotidien de Cole et Mélissa.

La narration est à la 3eme personne mais ça ne m’a pas dérangée. J’ai apprécié la sensualité et la pudeur dans les scènes de sexe.

J’espère que l’auteure ne s’arrêtera pas en si bon chemin et proposera d’autres romances. Je les lirai avec grand plaisir.

Christmas

Existe en format ebook uniquement

Collection HQN 

Lien d’achat : ICI

Date de publication : 22 novembre 2013

La phrase qui fait sourire

– Tu admets donc que c’est un caprice ?

Excentricité, Duncan… Quand le type est riche, comme c’est mon cas, on dit excentricité.

 

Gabrielle Kay est une jeune auteure camerounaise qui, si elle n’en est pas à son coup d’essai dans le monde de la littérature, publie pour la première fois une romance. L’édition numérique est également une expérience inédite pour elle et permet à sa prose de traverser bien des frontières et de venir enrichir la francophonie de HQN !

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PS 1 : le jour 20 du Calendrier de l’Avent s’est dévoilé. Cliquez ICI pour le découvrir.

PS 2 : les votes pour les nominations des CPRA s’achèvent dans deux jours ! Cliquez ICI pour voter.

😦 Il n’y a pas assez de participations. Apparemment, vous n’appréciez pas ce genre d’articles. 

 

 

 

 

 

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Lola et les lettres de Rose

Coucou les amis ! Quel plaisir de vous retrouver ! 🙂

Toujours à la recherche de prix littéraires à lire, je suis tombée par hasard sur le Prix du Livre Romantique des éditions Charleston.

J’ai découvert qu’un roman que j’avais vu sur l’un des blogs que je suis avait été lauréat de ce prix. Il s’agit des Lettres de Rose de Clarisse Sabard.  

Vu qu’il y a un prequel à ce roman et qu’il est très court, j’ai commencé par celui-ci.

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Marianne et Thierry se rencontrent sur une plage à Nice, dans les années 70. C’est le coup de foudre. Très vite ils se marient et tentent d’avoir un enfant. Mais le sort en a décidé autrement. Jusqu’à ce qu’un coup de téléphone change à jamais leur vie…

En 30 pages, Marianne nous décrit brièvement son enfance, sa rencontre avec Thierry, l’homme de sa vie, son infertilité, le coup de téléphone qui va changer leur vie de couple et leur première rencontre avec Lola, la petite fille qu’ils ont adopté. L’écriture est assez fluide, on a envie de savoir si la venue de Lola va impacter positivement leur vie. 

 

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Lola a été adoptée à l’âge de trois mois. De nos jours, à presque 30 ans, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire. Mais sa vie va basculer lorsqu’elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange testament : une maison et son histoire dans le petit village d’Aubéry, à travers des lettres lui apprenant ses origines. Elle découvre ainsi la vie de son arriere grand-mère Louise, de sa grand mère Rose et de sa mère Nadège, ainsi que les dérangeantes circonstances de sa naissance. Mais tous les habitants ne voient pas d’un bon œil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu’elle ne le voudrait. Réveiller les secrets du passé lui permettra-t-elle d’avancer vers son avenir ?

 

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Lola mène une vie normale comme le commun des mortels. Son meilleur ami Tristan est homosexuel et ce cliché m’a exaspérée. Un homme et une femme tous les deux hétéro ne peuvent-ils pas être meilleurs amis ? Faut-il forcément pour qu’une relation amicale homme-femme tienne que l’un d’entre eux soit homosexuel ?

 

Son passé accourt vers elle lorsqu’elle reçoit un coup de fil de notaire. J’ai bien aimé le parcours que lui a tracé Rose pour reconstituer son passé.

Rose m’a embarquée dans sa saga familiale des années 1900 aux années 2000 où amour passionnel, mariage de convenance, petits et grands mensonges, secrets et drames se mêlent.

Les Lettres de Rose est comme une salle d’exposition où figurent différents portraits de femmes. J’ai beaucoup aimé la diversité de leurs personnalités : bonne sœur, femme masculine, femme romantique, femme ambitieuse, femme se reposant sur son homme…

J’ai pris plaisir à découvrir Louise, cette femme au caractère bien trempé qui a réussi à faire de sa vie ce qu’elle voulait, décidé bon nombre de fois de la tournure de la vie des autres. Je l’ai admirée, détestée également pour les amours avortés dont elle en est la cause.

J’ai plus été passionnée par l’histoire de Rose que par celle de Lola. J’étais d’ailleurs un peu déçue à chaque fois qu’on revenait au présent qui est l’histoire de Lola.

Jim n’aura pas l’immense honneur de faire partie de mes bookboyfriend. Le fait qu’il ressemble à Clovis Cornillac ne l’aide pas beaucoup.

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Les Lettres de Rose aborde l’effet domino de nos choix souvent égoïstes. Elle expose jusqu’où on est souvent prêt à aller pour satisfaire son ambition, assurer son ascension sociale, ce qu’on est prêt à accepter par amour ou pour sauver les apparences. 

J’ai découvert et trouvé intéressante la plume de Clarisse Sabard. Elle est légère, sans fioritures. Son premier roman est bon, pas extra. Je m’attendais à quelque chose de plus sensationnel, émouvant  après lecture des différents avis sur les réseaux sociaux… 

 

Et vous, que lisez-vous en ce moment ?

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La cueilleuse de thé, portrait d’une femme forte

Couverture Cueilleuse de thé

Au Sri Lanka, l’ancien Ceylan, Shemlaheila est cueilleuse de thé dans une plantation. Depuis dix ans déjà, elle ploie sous les lourds sacs de feuilles de thé et sous le joug des contremaîtres, mais, à l’aube de ses vingt ans, la jeune femme a d’autres rêves. Elle est bien décidée à partir, à échapper à la condition de celles qui, dans les théiers et dans les maisons, sont au service des hommes. Elle ne sera pas cueilleuse de thé toute sa vie, comme sa mère, comme toutes ces femmes asservies qui n’ont d’autres horizons que les interminables rangées de théiers…

Du Sri Lanka à Londres, à la découverte d’un pays complètement différent du sien, Shemla va découvrir une autre culture, d’autres personnes et surtout d’autres envies. La cueilleuse de thé qu’elle a toujours été choisira-t-elle de revenir au pays, ou de se créer une nouvelle vie ?

l'Afrique écrit

J’ai éprouvé beaucoup de peine pour Pokonaruya, cueilleuse de thé, victime d’un mariage arrangé. Elle est brimée par sa belle-mère et son époux de pacotille Datu-Guemi, un homme détestable au plus haut point. J’ai adoré la punition qu’a réservé Shemlaheila à ce dernier. Cet homme méritait le pire, il a humilié tant de femmes !

J’ai admiré la force de Shemlaheila, son NON catégorique face à la fatalité. Elle sait qu’elle a le pouvoir de changer son destin, celui qu’on colle par facilité aux femmes. Elle veut vivre sa vie, ses rêves et elle s’en donne les moyens même quand le parcours est difficile.

C’est une femme attachée à ses racines, forte, courageuse, une féministe comme on les appelle aujourd’hui. Elle est déterminée et non bornée. Elle réajuste ses ambitions quand il le faut. 

Avec elle, j’ai revu mon aventure d’immigrée, le bonheur des rencontres, la richesse d’une culture différente de la mienne. 

Plus tard, viendraient l’exaltation du retour, la joie de son enrichissement, la gratitude pour ce qu’elle était devenue. Elle n’avait pas seulement appris la langue, elle n’avait pas seulement engrangé des connaissances, elle avait appris la liberté d’être femme.

Son histoire d’amour n’était pas évidente. L’auteure m’a mise sur une fausse piste, a réussi à créer la surprise. Eh oui, une histoire d’amour peut en cacher une autre.

Par contre, je suis restée sur ma faim. Il y a quelques instants d’amour mais ils sont brefs. J’aurais voulu en savoir plus sur l’histoire d’amour de Shelma et D.

J’ai moins aimé la fin, je l’ai trouvé très précipitée.

Le livre est plutôt axé sur la quête d’indépendance de Shelma que sur l’amour. Ce n’est pas de la romance mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas du romantisme. 

Cueilleuse de thé est très complet en terme de romantisme. Il en respecte les thèmes et principes à savoir la mélancolie, la nostalgie, le moi en souffrance, la nature, le désir de fuite, le voyage, le rêve et la spiritualité.

 

CONCLUSION : Ce livre nous rappelle les conditions des femmes dans le monde qui doivent être améliorées. Les femmes doivent pouvoir jouir de leurs droits, les hommes doivent arrêter de croire que le corps des femmes leur appartient, les jeunes filles doivent étudier et non se marier si tôt.

Ce roman est à lire et à faire lire à toutes les femmes qui luttent pour que d’autres femmes soient libres et heureuses. 

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Opération séduction – Joëlle Anskey

Après la lecture de Terre Ceinte, je voulais une lecture légère. J’ai donc opté pour Opération Séduction. Aimant bien la plume de Joëlle Anskey (pseudonyme de Regina Yaou) j’étais sûre de passer un bon moment d’évasion livresque.

Operation séduction par [Anskey, Joëlle, Adoras .]

Sur son livre de mort, Manti, la mère de Jean-Claude fait jurer à car dernier qu’il épousera Anskey, la femme qu’elle lui a choisi depuis l’enfance. Mais voilà, Jean-Claude a un projet bien plus excitant que ce mariage forcé ! Lorsqu’elle apprend que, à la faveur d’une année sabbatique, Jean-Claude va passer du temps au village, Anskey s’y rend aussi. Elle va donc déployer la grande artillerie, une opération séduction, pour transformer son mariage « forcé » en mariage d’amour. Mais, et le fiancé ? Mordra-t-il à l’hameçon ?

l'Afrique écrit

 

L’auteure a dédicacé ce livre à celle qui était fiancée par sa famille à un inconnu. J’ai été touchée par cette dédicace. J’ai pensé à toutes ces femmes qui ont vécu des mariages forcés, arrangés. Le destin a été tendre envers certaines, dure envers d’autres. 

Au 21e siècle, ce genre de mariage perdure. Anskey, l’intellectuelle, va l’expérimenter mais elle ne s’en plaint pas. Elle est déjà amoureuse de Jean-Claude. Ce dernier qui ne la trouvait pas belle il y a plusieurs années a toujours refusé de la rencontrer.

Anskey, décidée à se faire aimer par son mari, met en place son Opération Séduction au village. Elle veille à distance au bien-être de son futur époux. Elle cuisine de beaux mets pour lui. Jean-Claude y est attentif mais il pense à une autre femme qu’il a rencontrée à l’aéroport : Bijou. Anskey fera son possible pour être cette Bijou….

Dans ce voyage vers l’amour, il y a des turbulences qu’on appelle Rokaya, l’ex de Jean-Claude. Heureusement, ces turbulences sont de courte durée.

La narration est à la 3e personne mais elle est vivante. Du coup, on arrive à ressentir les émotions des personnages. J’ai bien aimé la personnalité d’Anskey : elle est joviale, folle et déterminée. J’ai passé un bon moment de lecture en sa compagnie. 

Jean-Claude est un beau gentleman mais il ne m’a pas fait chavirer. Il n’arrive pas à la cheville de mon prince charmant imaginaire. ❤ ❤

Les descriptions sont également bien faites, celles sur les mets du pays m’ont donné l’eau à la bouche.

En lectrice exigeante, je m’attendais à plus de passion, plus de bouleversement mais il faut que je me rende à l’évidence :  les romances ADORAS étaient bouleversantes mais ça c’était avant…. 

 

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