Publié dans Arrêt sur une oeuvre

RDVBAM Challenge : A la rencontre de Latitudes féminines 08°N – 05°O d’Essie Kelly

Le 1er dimanche sur le blog c’est le jour du challenge RDVBAM. Le thème du mois est la journée de la femme, journée internationale qui sera célébrée le 8 mars prochain. Journée qui rappelle les combats remportés par les femmes pour une amélioration de leurs conditions et les luttes qui restent à mener.

Pour ce challenge, je ne vais pas vous présenter un récit mais un livre dont l’univers est très féminin et féministe. Il s’agit de Latitudes féminines d’Essie Kelly, jeune auteure ivoirienne. 

Résultat de recherche d'images pour "latitudes féminines"

J’avais bien aimé sa plume dans l’ouvrage collectif Poings d’interrogation et j’ai eu envie de lire sa plume dans un autre contexte.

resume-de-loeuvre

À travers plusieurs portraits, nous visitons une Afrique moderne au cœur de laquelle les femmes se cherchent, s’interrogent et se découvrent, creusant au fond d’elles pour trouver la force d’affronter un quotidien pas toujours clément. Partagées entre soumission et affirmation de soi, elles tâtonnent à la recherche d’une identité qu’elles se construisent pas à pas. Tandis que les insoumises se rebellent, les plus dociles s’effacent mais toutes sont animées par ce désir de vivre intensément chaque minute de leur vie.
Bravoure, courage et résilience : trois mots qui guident les pas de ces millions de femmes, jour après jour.

 

l'Afrique écrit

 

11 récits composent ce recueil : Black dandy, mon envie, la faiseuse d’anges, ce toi qui a fui mon moi, l’homme fort, la revanche, le pigeon, la femme indépendante, sous tes yeux, mon sang, Aba.

Des femmes prennent la parole à tour de rôle pour dire les choix qu’elles font. Si certaines choisissent le confort plutôt que l’amour, d’autres mènent deux vies parallèles pour avoir confort et amour.

Elles font des choix pour que l’homme qu’elles aiment les respecte, l’homme qu’elles entretiennent soient uniquement à elles, l’homme qu’elles désirent ne refusent pas leurs avances. Elles exposent leurs plans B pour être toujours aimés quand le premier amour fait défaut.

Elles expriment les débâcles de leurs vies amoureuses, les douleurs de leurs vies de mère (l’enfant brigand, l’enfant qui s’annonce au mauvais moment, la fille qui prend le rôle d’épouse de la mère)

Ces femmes crient en silence ou haut et fort qu’elles veulent disposer librement de leur corps, pouvoir aimer des femmes si elles le veulent.

Ces femmes luttent à leur manière  contre l’adultère de leurs hommes.

Les récits sont très bien écrits et agréables à lire.  J’ai eu un faible pour les écrits narrés à la deuxième personne. Je trouve cette narration poétique.  

J’ai moins aimé ce féminisme qui veut vivre en dehors des principes chrétiens (mon référentiel de vie) : avortement, homosexualité. Ce n’est pas ma vision du féminisme, je ne me suis donc pas retrouvée dans ces récits. 

J’aurais voulu que l’auteur ne limite pas le féminisme aux relations amoureuses, j’aurais voulu lire des récits féministes où la femme lutte pour accéder à l’éducation, avoir sa place en politique, avoir les mêmes droits qu’un homme dans la sphère professionnelle ou le droit de propriété. En Sierra-Leone par exemple, selon le droit coutumier, une femme ne peut hériter des biens de son conjoint. Elles n’ont d’autres choix que d’épouser un parent de leur mari pour assurer leur survie.

Si vous voulez entrer dans l’univers féminin et féministe d’Essie Kelly, vous pouvez vous procurer le livre ici.

Je n’ai pas envie qu’on me juge et qu’on me traite de monstre. Je ne veux pas qu’on me fasse de leçon de morale en me considérant comme une irresponsable parce que je n’ai pas veillé à prendre mes précautions ou encore qu’on m’insulte de tous les noms en insistant sur le fait que je serai une criminelle parce que j’ai tué mon enfant. J’aimerais le garder, mais je ne peux pas… Ce qui devait être un heureux événement se présente à un très mauvais moment…

Les gens n’ont pas le droit de juger, qu’ils laissent à Dieu le soin de le faire. Ils peuvent bien brandir ces lois absurdes qui nous refusent le droit de disposer librement de notre corps, mais ils ne sont pas à notre place. Ce sont des mots qu’ils prononcent tandis que ce sont des émotions que nous vivons.

Il n’aimait pas sa présence, en fait il détestait simplement être seul

La patience c’est attendre le bon moment pour lancer les dés ou retirer ses pions

C’est inéluctable et la femme est faite pour subir, c’est en cela qu’on mesure sa force et sa dignité.

 

des-details-sur-loeuvre

Maison d’édition : Edilivre

Thème : Roman de société / actualité

Format : Roman (134×204)

Nombre de pages : 114

Date de publication : 5 août 2016

Découvrez les articles des autres membres de la communauté

Elisamodish
Un Huit Mars

That’s So Mouss
Mlle Vidova
Le Carnet de Cerise
Deadlines & Dresses

Titty Beauty
Lisenailsart
Lovely Colibri

signature coeur graceminlibe

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Throwback Thursday Livresque #11 Océan, montagnes ou grand air

Print

Voici le Throwback Thursday Livresque ! Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram mais vraiment concentré sur les livres !

Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à vos lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

Le thème de cette semaine est : Océan, montagnes ou grand air

augrandair

J’ai failli passer mon tour mais je me suis souvenue d’un beau livre qui évoquait l’océan Atlantique : Celles qui attendent 

Résultat de recherche d'images pour "celles qui attendent"

Résumé 

Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa, clandestins partis pour l’Europe, ne comptaient plus leurs printemps ; chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui tenait la demeure sur les galeries creusées par l’absence.

Coumba et Daba, jeunes épouses des deux émigrés, humaient leurs premières roses : assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix.

La vie n’attend pas les absents : les amours varient, les secrets de famille affleurent, les petites et grandes trahisons alimentent la chronique sociale et déterminent la nature des retrouvailles. Le visage qu’on retrouve n’est pas forcément celui qu’on attendait…

 

Dans ce roman qui a pour thème central l’émigration, les voix de celles qui attendent quelque part en Afrique un homme, un mari, un fils parti à l’aventure pour l’Europe s’expriment. De jeunes sénégalais qui bravent l’Atlantique pour rejoindre l’Espagne, pour sombrer ensuite dans la clandestinité.

 

Le livre est plein d’émotions fortes. Fatou Diome nous décrit avec délicatesse l’attente cruelle, l’attente qui blesse, l’attente qui dévore. Elle décrit le fonctionnement de la communauté sénégalaise, l’illusion de l’eldorado européen, la vanité du paraître, l’amour, les sacrifices perpétuels des femmes. Son écriture est lumineuse, limpide. Les personnages sont vivants, difficiles de les effacer de la mémoire après la lecture. 
 

Issa savoura son effet. Il n’avait pas bien préparé son discours, mais le mot Europe fut son meilleur talisman. La fiancée, subjuguée, acquiesça de tout son coeur. Amoureuse et pleine d’espoir, Coumba ne sentit pas les mains calleuses du pêcheur fauché lui gratter les joues en essuyant ses larmes de joie. Elle se voyait déjà, princesse rayonnante, un soir de couronnement, parée de ses plus beaux atours, accueillant son amoureux, de retour d’Europe et riche à millions.

Les coups de fil s’étaient largement espacés. Les femmes accusèrent le coup. Mais on finit toujours par s’inventer une manière de faire face à l’absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l’on se résout à admettre que le décompte se fera en années; alors on commence à ne plus compter du tout. Si l’oubli ne guérit pas la plaie, il permet au moins de ne pas la gratter en permanence. N’en déplaise aux voyageurs, ceux qui restent sont obligés de les tuer, symboliquement, pour survivre à l’abandon. Partir c’est mourir au présent de ceux qui demeurent.

 

 

On relate, on discourt, on commente avec tant d’emphase la pénibilité de l’accouchement, qui n’est jamais qu’une douleur éphémère. Mais nul ne songe à prévenir les futures mères de leur carrière de veilleuses de nuit, qui démarre avec les premières tétées nocturnes et dure toute la vie. Enfanter, c’est ajouter une fibre de vigile à notre instinct naturel de survie.

 

Outre leur rôle d’épouse et de mère, elles devaient souvent combler les défaillances du père de famille, remplacer le fils prodigue et incarner toute l’espérance des leurs. De toute façon, c’est toujours à la maman que les enfants réclament à manger. Féminisme ou pas, nourrir reste une astreinte réservée aux femmes. Ainsi, dans certains endroits du globe, là où les hommes ont renoncé à la chasse et gagnent à peine leur vie, la gamelle des petits est souvent remplie de sacrifices maternels.

 

Il n’est pas vrai que les enfants ont besoin de leurs père et mère pour grandir. Ils ont seulement besoin de celui qui est là, de son amour plein et entier.

Ceux qui nous oublient nous assassinent

Et vous, quel livre proposeriez-vous pour ce thème ? 

GM signature

Publié dans Interviews, Quand on est célib'

Le célibat est un état, pas une identité

Isabelle Moumié est une maman trentenaire camerounaise. Calme, rêveuse, et simple, elle est célibataire depuis 6 ans. J’ai découvert son blog grâce à sa puissante Lettre aux femmes célibataires.

 

Rencontre avec une femme dont « la passion est d’aider les personnes à être plus épanouies dans leurs vies spirituelles et émotionnelles, grâce au renouvellement de l’intelligence. »

L’image contient peut-être : texte

Isabelle, pour toi, c’est quoi la solitude ?

C’est me retrouver avec moi-même. C’est une bulle d’oxygène, pas une finalité.

A quoi pourrais-tu associer le célibat ?

Une solitude positive.

Nouvelle réforme de l’orthographe : le mot célibat est banni. Par quoi le remplacerais-tu ?

Je ne sais pas,… Singulier ?

 Quelle est ta fierté en tant que femme ?

Etre une femme inspirée et inspirante.

Te sens-tu différente des autres femmes parce que tu es célibataire ?

Parfois. 

Comment gères-tu tes complexes ?

Quel complexe ? Celui d’être célibataire ? Déjà je ne le considère plus comme un complexe. J’essaie d’en tirer le maximum de profit.

Quel est le sentiment qui t’a animée les premiers jours après t’être retrouvé célibataire ?

Le soulagement.

Ces sentiments t’habitent-ils aujourd’hui ?

Parfois encore oui. Je désire me remettre en couple, mais parfois je suis soulagée de ne pas l’être !

Pourquoi ?

Peut-être un peu la peur de devoir réaménager ses habitudes en considérant la présence de l’autre. Car on finit par s’habituer au célibat !

Depuis que tu es célibataire, quel est ton plus grand regret ?

Ne pas m’être séparée plus tôt.

Vis-tu plus ta vie de mère que ta vie de femme ?

Il me semble que oui.

 

Comment ta famille ou tes amis perçoivent ton célibat ?

Ils souhaitent que je rencontre un homme avec qui former un couple. Certains pensent que je rate ma vie en restant célibataire. D’autres veulent juste que je sois heureuse, célibataire ou pas. Alors je me confie en Dieu et me concentre sur ce qui m’épanouit et me rend heureuse.

Qu’apprends-tu  pendant cette période ?

J’apprends à mieux me connaître et à assumer pleinement qui je suis. Je gagne en assurance. J’ai compris que j’étais beaucoup plus forte que je ne le pensais, que je pouvais avoir confiance en mes idées, et que je pouvais être fière de qui je suis.

Quelle est ta fidèle habitude depuis que tu es célibataire ?

Lire et écrire.

Quel est ton secret pour être une célibataire heureuse ?

Faire ce qui m’épanouit et me permet d’exprimer ma véritable personnalité.

Et qu’est-ce qui t’épanouit ?

Ecrire, écouter pour conseiller, chanter et danser !

Je suppose que la chair veut reprendre le dessus parfois. Comment fais-tu pour ne pas vivre dans la fornication ?

Ma relation avec le Seigneur est devenue vitale ! Donc je bannis déjà de mon cœur l’option fornication. Ça aide énormément d’être très claire avec soi-même sur ce point. Quand mon corps se réveille trop là, faire de l’exercice physique m’aide à évacuer la tension !

Que dirais-tu aux femmes qui vivent mal leur célibat ?

Je leur dirai que tant qu’elles se focalisent sur le célibat, il restera à leurs yeux un problème. Le célibat est un état, celui d’une personne qui n’est pas marié, pas une identité ! On ne se définit pas par rapport à son statut matrimonial.

Si tu croisais la femme que tu étais hier dans la rue qu’est-ce que tu lui dirais ?

Epanouis toi, apprends à te connaître et à grandir. Découvre ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas. Sois libre d’être toi-même.

Propos recueillis par Grâce Minlibé – copie interdite sans son autorisation ou celle de l’interviewée.

Résultat de recherche d'images pour

 

Pour aller plus loin avec Isabelle,

http://lesnotesdisa.com/dans-ma-detresse-il-ma-secourue/

http://lesnotesdisa.com/comment-etre-liberee-dune-dependance-affective/

http://lesnotesdisa.com/la-guerison-des-coeurs-brises/

http://lesnotesdisa.com/ote-ta-carapace-d-invulnerabilite/

 

 

Pour vous procurer l’e-book d’Isabelle, c’est par ICI

 

signature coeur graceminlibe

Publié dans Interviews, Quand on est célib'

Mère célibataire : le statut qui dérange

Alexandra est une working maman solo française et trentenaire. Séparée du père de ses enfants depuis 2 ans, elle se décrit comme une femme libre, positive et sensible. Son blog et sa page Facebook sont une véritable source d’inspiration, de détente et d’encouragement pour les célibataires et les parents célibataires en particulier.

Rencontre avec une femme indépendante et actrice de sa vie.  

Résultat de recherche d'images pour "la nouvelle maman solo"

 

A quoi pourrais-tu associer le célibat ?

Une solitude positive

Te retrouver seule, c’est un peu comme …

Retourner sur le champ de bataille, à la conquête d’un nouveau territoire : le mien

Comment gères-tu tes complexes ?

Ce n’est pas facile d’accepter son corps après une grossesse. Je les accepte car ils font partie de moi, de l’histoire de mon corps, celle d’une maman de 2 enfants. Sans eux, je ne serais pas celle que je suis. Même si j’aimerais me débarrasser de vergetures, en revanche, ça ne m’empêche pas de vivre. Et surtout je ne me sers pas de mes complexes comme excuses pour être malheureuse. Je pense que c’est triste de conditionner son bonheur en fonction d’un complexe.
Par exemple dire : je serais heureuse quand j’aurais perdu 10 kg. Je dis non à ça.
Sois heureuse maintenant. La vie est belle et courte. Ca ne t’empêche pas de commencer un régime. Commence à être heureuse sans attendre.

 

Quel est le sentiment qui t’a animée les premiers jours après t’être retrouvé célibataire ?

Je me suis sentie soulagée, légère car j’ai réalisé que je me retrouvais, que je redevenais moi.

 

Ces sentiments t’habitent-ils aujourd’hui ?

De plus en plus, oui. Avec le temps, je me connais mieux et sais ce que je veux, ce
qui me rend heureuse.

 

 

Te sens-tu différente des autres femmes parce que tu es célibataire ?

Non, je ne me compare pas aux autres. Nous sommes toutes différentes par nature. Après, le célibat, ça reste hors norme et la société nous le fait sentir avec les images de bonheur qu’elle véhicule pour les couples, les fêtes comme la saint-valentin…
Et je pense que nous passons toutes par des phases de célibat dans une vie.
Ca arrive à tout le monde et ce n’est pas la fin du monde.

 

Quelle est ta fierté en tant que femme ?

Penser par soi-même. Cela paraît facile mais non car nous sommes beaucoup influencées par les médias, la religion, notre entourage, nos collègues, nos amis, la famille. Etre une femme qui vit en fonction de ses opinions, ce n’est pas si simple car la société impose sa vision de ce que doit être une femme (belle avant tout par exemple) et aussi une maman (altruiste, qui se sacrifie pour ses enfants). Agir à contre-courant des normes demande parfois du courage.
Je suis mère célibataire et même en Europe, où les séparations se multiplient, c’est un statut qui dérange.

 

Comment ta famille ou tes amis perçoivent ton célibat ? 

Le célibat pour une maman ça fait peur car ça pose des questions, des inquiétudes : va-t-elle s’en sortir financièrement ? Physiquement ? Va-t-elle souffrir de solitude ? Je me protège des énergies négatives de certaines personnes en ne les fréquentant pas car mon temps est précieux et je ne veux pas le perdre à écouter des paroles inutiles pour mon bien-être.

Qu’apprends-tu pendant cette période de célibat ? 

J’ai appris qu’on s’en sort toujours avec de la volonté et du courage. Je ne dirais pas que j’ai changé mais que je suis devenue plus moi-même, plus vraie.
J’incarne les valeurs qui me sont chères comme la liberté d’être soi-même, la fidélité à ses projets de vie.

Quelle est ta fidèle habitude depuis que tu es célibataire ?

Prendre du temps pour moi pour faire ce que j’aime : écrire dans mon blog http://www.lanouvellemamansolo.com,

animer ma page facebook pour célibataires, parents et parents célibataires https://www.facebook.com/lanouvellemamansolo/
faire du sport, etc…

Vis-tu plus ta vie de mère que ta vie de femme ?

Je suis plus maman que femme, ce n’est pas vraiment un choix mais une nécessité car mes enfants ont 3 et 5 ans et ont donc besoin de moi dans leur quotidien. Cela dit, plus les enfants grandissent et plus la femme que je suis s’exprime. Je pense que la femme qu’on est ne doit jamais disparaitre mais s’épanouir. C’est important pour notre équilibre.

 

As-tu un secret pour être une célibataire heureuse ?

Je n’ai pas de secret et je ne crois pas au bonheur permanent. Dans le célibat, il y a des moments de bonheur et de peine, des hauts et des bas. Comme dans un couple, où les partenaires peuvent être heureux ou en froid. Il n’y a pas de situation parfaite où tout va bien tout le temps.

 

Que dirais-tu aux femmes qui vivent mal leur célibat ?

Que c’est le signe qu’elles ne s’aiment pas assez. Qu’un couple n’est pas la solution miracle pour être heureuse. Le bonheur passe par le bonheur d’être seule, la connaissance de soi, de ce qu’on aime, de ce qui nous fait vibrer. Aimez-vous suffisamment avant d’espérer être en couple. Car aimer c’est donner. Et on ne peut pas donner de l’amour quand on en a pas pour soi. Il faut que le vase déborde d’amour pour pouvoir le partager avec un autre. S’il est vide, il n’y a rien à donner. Bref avant de penser à recevoir de l’amour, pensez à en donner, à vous-même d’abord puis aux autres.

 

Nouvelle réforme de l’orthographe : le mot célibat est banni. Par quoi le remplacerais-tu ?

Temps pour soi

 

 

Si tu croisais la femme que tu étais hier dans la rue que  lui dirais-tu ?

Je lui dirais d’écouter, son coeur, son intuition. De se faire confiance parce qu’elle est
beaucoup plus forte et douée qu’elle ne le croit. Ou qu’on veut lui faire croire.

 

Propos recueillis par Grâce Minlibé – copie interdite sans son autorisation ou celle de l’interviewée.

Pour aller plus loin avec Alexandra,

La double culpabilité de la maman solo

Maman solo: comment ne pas déprimer ?

Lettre à toutes les femmes qui se sont oubliées derrière la maman

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La course des ombres, visage au charme fugace

la-course-des-ombres

 

Les inégalités forgées par les hommes ravagent le monde. Pour cela, tout patauge dans un profond infini. La barbarie, la violence, la souffrance qui minent le monde sont de véritables plaies. Les âmes sont dans une éternelle course. Les maux sont décrits par les mots raffinés. Pour estomper ces ombres qui obscurcissent le monde, les poèmes d’amour viennent pour faire survivre l’espoir dans tous les cœurs abattus. La Course des ombres est donc la succession des péripéties dans nos vies.

Amis lecteurs, laissez-vous plonger dans cet univers où le poète se livre corps et âme à sa passion avec sa plume, son stylo et son charisme hors du commun. L’auteur nous fait entrer dans son univers, avec une élégance raffinée, tout en poésie et de toute beauté !

mon-avis-de-lecture

 

Claude Jonel Zingoula m’a gentiment proposé de lire et de donner un avis objectif sur ses 99 poèmes regroupés dans la course des ombres. Je tiens à le remercier pour la confiance et la considération. 

Le poète nous propose un voyage en 4 temps. Il décline l’ombre en 4 moments : l’ombre de l’Homme, l’ombre du monde,  l’ombre de la vie et l’ombre de l’amour. 

A l’ombre de l’homme, le poète chante à nos oreilles la mélodie amère de l’ingratitude, de l’esclavage et de la politique africaine, le refrain de la femme qui trahit. Il rappelle les meurtres du tribalisme, le sacrifice de l’intégration, le doulouerux souvenir d’attentats. Il dénonce le racisme absurde.

 

Le 4 mars 2012, le sang a coulé,
L’horreur a, dans les coeurs, parlé,
Les familles se sont déchirées,
Des cadavres on s’est vu entourer,
Cela ne vous affecte en aucun cas,
Nous payons le prix de chacun de vos pas.
Combien de fois allons-nous pleurer ?
Vous êtes là à vous leurrer,
Nos pleurs semblent à vos oreilles
De tendres cris qui adoucissent vos sommeils.

Dans la rue quand je passe,
Nombreux regardent ma face,
Ma peau, disent : « tu es fort,
Bien portant, tes efforts
Pourront servir pour ta patrie,
Pourquoi, tu préfères rester ici
En France ? Songe à rentrer chez toi,
Car on est mieux chez soi ».
Oui, j’aimerais bien rentrer,
Auprès des miens respirer,
Mais les circonstances
M’obligent de rester en France.
Dans mon pays, on ne vit point,
Mais plutôt, on survit, sans foin,
Une personne qui travaille dur,
Qui à chaque pas est si sûr,
Se retrouve, à la fin du mois,
Avec un salaire qui tue son émoi.

Si tout congolais veut voyager,
C’est parce qu’il vit avec le danger.
Non parce qu’il veut faire du tourisme,
Mais il veut échapper au barbarisme.
Comprenez donc que pour ma part,
Je ne suis pas parmi vous par hasard.

O vent, vent funeste et rude,
Vent rempli de désespoir,
Pourquoi tu t’es sur nous abattu ?
Nous étions assis, heureux, chez nous,
Gais comme la tortue dans sa carapace,
Quand soudain, le vent a soufflé,
Ce vent, telle une vague qui efface
Les moindres empruntes de pas sur le sable,
A effacé en nous le droit de vivre indépendant.
O vent, vent ravageur,
A soufflé dans notre continent
Et a emmené l’Autre.
Il est venu, a découvert les richesses,
S’abreuve à la source et nous laisse
Mourir de soif.
O tristesse, ô bonheur perdu,
O rire qui par le vent a été emporté !
O malheur éternel,
O pauvreté qui s’approfondit
Par l’enrichissement de l’Autre

 

L’ombre de l’homme n’est pas que tristesse, le poète chante également l’ode aux femmes courageuses, aux femmes qu’il aime.

A l’ombre du monde, le Poète réveille notre sensibilité à la nature. Il chante la nature, s’émerveille des édifices. J’ai apprécié ces histoires en vers à l’allure de fable. J’ai pris plaisir à lire la sympathique histoire de l’amitié entre la chenille et la fourmi.

A l’ombre de la vie, le Poète se livre. Il dresse le portrait de son enfance. Nostalgique, il court après son ombre et celle de sa tendre mère…

A l’ombre de l’amour, le Poète accompagné d’une lyre chante la mélodie de l’amour. La poétesse romantique que je suis a apprécié ces vers 

 

C’est quoi l’amour ?
Ce vent qui nous fait vivre,
Cette chandelle dans la nuit,
Cette goutte d’eau qui nous enivre,
Cet abri quand gronde la pluie…
Quelle forme, quelle image,
Quelle définition adéquate
Pouvant conformer tout usage
Peut être à l’amour écarlate ?
L’amour, c’est le chant du coq
Qui retentit pour éveiller l’âme,
Il solidifie comme un roc
Le cœur par une douce flamme.
L’amour, c’est la petite rose
Qui éclot au petit matin
Dans une allée des lys moroses
Et suscite des regards anodins.
L’amour, c’est le couronnement d’un roi,
Le renouvellement d’un empire
Qui réinvente l’espoir et la foi
Et sèche un avenir qui transpire.

J’ai aimé certains poèmes, d’autres m’ont laissée indifférente.

J’aime les poèmes qui s’énoncent clairement et se comprennent aisément mais dans ce recueil, certains poèmes étaient trop simples. Le poème Belles lettres (page 73) en est la parfaite illustration.

Certaines rimes étaient également grossières, d’autres forcées.

Sur ma joue, les larmes,

Alertées par des cris d’alarme,

Ont tracé leur chemin, ô rage !

Afin de passer sans embouteillage.

J’ai été légèrement charmée par ce recueil. Il m’a manqué de l’originalité, de l’émerveillement, de la splendeur.

lauteur

Né à Brazzaville, Claude Jonel Zingoula est poète, dramaturge et comédien. Il a fait des études de langues et littérature. L’auteur a toujours été proche de la culture et de l’art.

fleur v1

Publié dans Ma poésie

Mots d’une mère à son fils et vice versa

Résultat de recherche d'images pour "mère noire et bébé"

 

C’est parfois si…

Entre lui et moi, il y a
Une fusion et des abandons
De la fierté et du déshonneur
Une attente et des absences

Entre lui et moi, il y a cet amour
Sincère mais parfois si…

Résultat de recherche d'images pour "mère noire et adolescent noir"

Entre elle et moi, il y a
Berceuses et éclats de voix
Lourdes exigences et indulgence
Cris de peine et larmes de joie

Entre elle et moi, il y a cet amour
Authentique mais parfois si…

Entre mère et fils, il y a
Des étreintes et des mésententes
Du soutien et de l’affection
Des coups et des réconciliations

Entre mère et fils, il y a cet amour
Indéfinissable mais parfois si…

Résultat de recherche d'images pour "black mother and black teenager"

© Grâce Minlibé 14/02/2015

J’ai écrit ce texte suite à un appel de textes sur un texte. Il s’agissait d’une demande d’une chanteuse (la cinquantaine) qui aurait aimé avoir une chanson parlant de la relation entre elle et son fils ou sa fille. J’avais également un autre texte que vous pourrez lire ici.

Je les ai écrits avec beaucoup d’entrain mais je n’ai eu aucun retour. J’ai été un peu peinée mais je ne regrette pas. Je compte m’exercer à être une parolière. Qu’en pesnez-vous ? Comment trouvez-vous le texte ? Aidez une parolière en devenir 😀

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Jeu d’indulgence- règle n°3 : savoir pardonner

Coucou ma compagnie livresque ! Chose annoncée, chose faite. J’ai enfin pris connaissance de la Règle n°3  de la série de Jeux de Jennifer L. Armentrout.

Ai-je apprécié cette règle ? Les prochaines lignes vous diront tout…

 

Montage créé avec bloggif

Le résumé de l’éditeur 

À 21 ans, Calla, ex-reine des concours de beauté, porte les cicatrices d’une tragédie qu’elle préfère taire… De profondes blessures qu’elle sait dissimuler mieux que personne, notamment à son cercle d’amis le plus proche. Or, lorsqu’elle apprend que sa mère s’est volatilisée avec ses économies, le vernis menace de s’écailler.
 De retour dans sa ville natale, la jeune femme a la surprise de découvrir un certain Jax derrière le bar que tient habituellement sa mère. Dès lors, ce dernier s’impliquera corps et âme dans la quête de Calla. Reste à savoir s’il sera capable de la percer à jour…

Mon avis

J’ai été captivée dès les premières lignes par le style chatoyant de l’auteur. Calla (quel prénom original), notre héroïne, a un complexe physique qui fait croître son manque de confiance en elle. Elle envie Teresa, Brit, Avery (Super ! On retrouve les copains de fac et les colocs de Jeu de patience), ces amies qui ont la chance d’avoir des mecs hyper sexy aussi bien physiquement que moralement.

N’ayant aucune carte pour jouer au jeu de l’amour, Calla se dévoue à ses études jusqu’à ce que sa mère en décide autrement…

J’ignore ce que Jennifer  Armentrout a contre la responsabilité parentale mais elle nous expose encore une fois le tableau de parents lâches qui foutent la merde dans la vie de leurs enfants. Ça a été mon premier point négatif de l’histoire. 

Continuons…

Contrairement au Jeu de patience où l’intrigue était linéaire et un peu fade, Jeu d’indulgence a plus de punch, il a les traits de caractère d’un roman d’aventures. Il y a du suspense, de l’action, des moments de frayeur qui hérissent nos poils et qui durent…durent… On a hâte que la menace ne pèse plus sur la vie de Calla et qu’elle puisse avoir à nouveau une vie normale. Jennifer Armentrout nous donne toutes les raisons de détester la mère de Calla. Elle est si… Bref !

Le gros nuage se dissipe enfin et j’ai trouvé le dénouement de l’intrigue très simpliste, abrupte, un peu fade à mon goût. La menace sur la vie de Calla s’étend quasiment sur tout le livre et elle se dissipe aussi facilement ? J’ai été un peu déçue, ça a été mon 2ème point négatif de l’histoire.

Côté romance, qu’est-ce que ça donne ?

Les héros  sont  des survivants, ils racontent une histoire qu’on ne divulgue pas au coin des rues. Ils ont un corps qui a saigné, une âme avec des cicatrices, un esprit chargé de faits qu’on peut difficilement oublier. Les drames qu’ils ont vécus ont façonné leur personnalité, leur donne une certaine maturité difficile à détester. 

Ils s’apprivoisent, se testent, succombent, restent…  Il est facile de tomber amoureux, difficile de le rester…

Leur histoire d’amour est plaisante à lire, il y a quelques moments qu’on ne trouve uniquement que dans des scénarios de film mais ce n’est pas très gênant. On est dans la romance, on croit à tout…

Jax est beau mais il n’égale pas Cam. Il n’a pas son charme. Je l’ai d’ailleurs trouvé un peu cru. 🙂

Les scènes de sexe de Jeu d’indulgence sont assez explicites. Si vous êtes une puritaine comme moi, vous pourrez suivre mon exemple : sauter les paragraphes. 😀

J’ai énormément apprécié la place de l’amitié dans ce roman. Ça m’a fait chaud au cœur de lire ces accolades, ces regards qui ne jugent pas, qui disent : « tu n’es pas seule, on est là, on reste avec toi ». 

Un extrait pour faire fondre les romantiques dans l’âme

Alors, tu sais quoi, Calla ? Je ne vais plus me mentir. J’espère qu’on est sur la même longueur d’onde, mais si tu ne l’es pas, tant pis : je vais le dire. Comme ça, je n’aurai aucun regret.
Ma respiration était de plus en plus lourde. Ce n’était pas à cause de ma condition. Je savais que quelque chose d’important était sur le point de se produire. Ma gorge me brûlait, pourtant elle n’était pas sèche. Mes yeux non plus. Au contraire, ils commençaient à briller, parce que parmi toutes ses paroles, deux mots m’avaient particulièrement marquée. « T’aimer. »


— Il faut que je te dise que je t’aime, Calla, me dit-il.


Mon cœur manqua un battement. Étonnamment, le moniteur ne le releva pas.


— Je suis sérieux. Je t’aime. J’aime ta façon de penser… même si ce n’est pas toujours évident de te suivre. Tu es adorable. J’aime le fait qu’il y ait des tas de choses que tu n’aies jamais faites, comme ça, on les fera ensemble. C’est un honneur pour moi. J’aime ta force et tout ce à quoi tu as survécu. J’aime ton courage. J’aime le fait que personne ne se plaint quand tu fais des cocktails dégueulasses parce que tu es gentille avec eux.


Un éclat de rire m’échappa. D’une voix rendue tremblante par l’émotion, je rétorquai :


— C’est vrai que mes cocktails sont dégueulasses.


— Ah, ça, tu peux le dire. Je suis quasiment sûr que ton Long Island pourrait tuer quelqu’un, mais ce n’est pas grave. (Il me regardait droit dans les yeux avec un sourire en coin.) J’aime ton sens de l’humour et le fait que tu n’avais jamais mangé de gruau avant moi. J’aime tellement de choses chez toi que je sais que je suis amoureux de toi. Alors, chérie, prends autant de tee-shirt que tu voudras. Ils sont à toi.

Quelques mots sur l’oeuvre… 

Titre original :
STAY WITH ME

Éditeur original :
HarperCollins Publishing 


Pour la traduction française :
 Éditions J’ai lu, 2016

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Tasson
 

… et sur l’auteur

D’abord auto-publié, son premier roman Jeu de patience a rapidement connu le succès, s’inscrivant sur les listes de best-sellers du New York Times et de USA Today pendant plusieurs semaines. Forte de cette réussite, Jennifer L. Armentrout est aussi l’auteur de plusieurs séries de romance, de fantasy et de science-fiction, dont les droits ont été vendus dans de nombreux pays.

fleur v1

Publié dans Histoires

24 heures d’une vie de Working Girl

Ce mois, la sympathique communauté des bloggeuses/youtubeuses noires francophones a choisi comme thème  pour le  BYN French Challenge : « Working Girl ». 

J’ai la flemme d’écrire en ce moment mais pour l’occasion, j’ai eu envie de vous présenter l’une de mes Working Girl : Aissata Bah. Elle est l’héroïne d’une histoire que j’ai commencé en 2014. Elle est en stand-by parce qu’il me manque l’inspiration. 😦

      **************************************************

5 heures,

Silence du jour naissant… Joie quotidienne d’avoir accompli mon devoir : la prière de Fajr, porteuse des meilleurs mérites macha Allah. Elle m’assure la protection d’Allah, ma vitalité et ma bonne humeur. Elle prépare ma posture mentale  de la journée.

Je ne quitte pas mon tapis. Les yeux fermés,  je répète une dizaine de fois :

 »Il n’y a pas d’autre divinité à part Allah, l’Unique, sans aucun associé, à Lui la royauté et à Lui les louanges; Il donne la vie, comme Il donne la mort; et Il est le Plus Puissant sur toutes choses ».

Je souris. Allah a préparé ma journée, ses bénédictions m’accompagnent.

6 heures 30,

Mon regard est complètement hypnotisé par les informations économiques et financières qui s’enchaînent en boucle sur l’écran de la télévision. Je suis une passionnée du monde financier, j’en ai fait mon métier. Je me déconnecte quelques minutes de mon univers favori quand Daoud pose son sac d’école devant moi.

7h 30,

Ma voiture garée à l’emplacement réservé à la Directrice Générale Adjointe, je rentre dans les locaux de la CIBA. Déjà deux ans que j’occupe cette fonction. Le temps passe si vite ! Les salutations respectueuses s’enchaînent à mon arrivée dans le hall de la banque, elles me rappellent mes pas effectués, mes routes empruntées pour atteindre ce niveau de responsabilité. J’ai pensé comme un homme et agi comme une femme…

12h 30,

Ma 1ère réunion hebdomadaire avec les directeurs fonctionnels de la Banque vient de s’achever. J’ai quelques minutes devant moi avant ma vidéoconférence avec Laurence Peyraut Bertier, co-présidente de la fédération sectorielle Financi’elles, parrainée par Christine Lagarde et qui regroupe 12 réseaux internes de femmes cadres du secteur de la banque, de la finance et de l’assurance. Son but est d’accélérer l’accès des femmes au sommet des organisations de la finance. Laurence est une grande amie, elle m’a été d’une grande aide dans ma carrière à la Banque Pictet, une banque privée Suisse. Nos moments d’échange sont de puissants viviers d’informations. L’ignorance est une menace que je gère au quotidien et avec beaucoup de tact. Je suis membre de plusieurs réseaux, en faire partie est un pilier essentiel d’une carrière réussie.

Je jette un coup d’œil à la suite de mon agenda aussitôt mon entrevue, avec Laurence, terminée. Je dois déjeuner avec Honorine Guikahue, Rédactrice en chef du magazine féminin Femm’ Essentielles. Je dois ensuite rencontrer toutes les femmes de la direction clientèle. J’ai lancé, il y a deux semaines, un projet : amener toutes les femmes à tous les niveaux de l’organisation à prendre une part au développement de la banque. En atelier, nous échangeons sur la banque de demain. J’aime les voir s’impliquer dans ce projet, considérer leur emploi non pas comme une source de revenus mais comme une solution au changement. 

Les rendez-vous d’affaires s’enchaînent : rendez-vous de négociation, rendez-vous de réflexion. Les heures défilent, essayant d’emporter avec elles mon énergie mais je tiens bon. Heureusement que le café existe. 

19 heures,

Je prends la route du Sofitel Ivoire où un afterwork entre Directeurs Généraux des entreprises installées en Côte d’Ivoire se déroule. Je ne refuse aucune invitation qui pourrait m’aider à avancer les bons pions sur l’échiquier de ma carrière.

Je suis accueillie par le Directeur Général d’une banque concurrente, Martial NGUEPI, un homme franc avec un sens aigu des affaires. En gentleman, il me tend un verre de cocktail sans alcool, tient une assiette de biscuits salés d’où je pioche quelques biscuits salés, me présente aux autres directeurs généraux avec qui il discutait intelligence économique avant que je n’arrive. Nous échangeons de longues minutes avant que je ne rejoigne les directrices générales présentes. Nous travaillons actuellement à la création d’un réseau professionnel féminin en Côte d’Ivoire. Je ressens le besoin d’impacter le féminin à l’ivoirienne. 

Je sens à plusieurs reprises sur moi le regard plein de convoitise de certains hommes, je suis une gazelle exposée à la vue de plusieurs lions.

On ne peut empêcher les hommes d’être ce qu’ils sont. Mon  tailleur pantalon marsala n’est pourtant pas  affriolant et je n’ai pas la forme de rêve tant convoitée en Afrique. 

  • Comment allez-vous Mme Bah ?
  • Je vais bien, merci. réponds-je en me tournant vers mon interlocuteur, M. Assangni, Directeur Général d’une entreprise de télécommunications de la place.
  • Ces afterwork devraient se faire plus régulièrement. Une fois par mois, ce n’est pas suffisant, n’est-ce pas ?
  • Oui mais nos agendas sont bien souvent trop remplis.
  • En effet… J’ai été très heureux d’apprendre qu’une femme prenait les rennes de la BACI. déclare-t-il en accrochant son regard au mien. Votre mari a dû être très content. Tous les hommes rêvent d’avoir une femme comme vous.
  • Je suis divorcée. dis-je avec un léger sourire.
  • Vu ce que vous dégagez comme charisme et le charme de votre beauté juvénile, vous ne tarderez pas à être une épouse à nouveau.
  • Peut-être… Cela ne figure pas dans mes objectifs de l’année. 
  • Vous ne me ferez pas croire ça. affirme-t-il en portant son verre à ses lèvres charnues. Toute femme a besoin d’amour. Et quand on n’a pas l’occasion de le vivre en tant qu’épouse on le vit en tant que maîtresse.
  • Je ne suis pas contre le fait de partager des parts de marché avec un concurrent mais partager un homme, non.
  • Ah !
  • Je vous prie de m’excuser. Je dois rejoindre ma famille.
  • Déjeunez-vous avec votre famille demain ?  Ça me ferait plaisir de déjeuner en votre compagnie. exprime-t-il le sourire aux lèvres, la main caressant son ventre bedonnant. 

Il n’est absolument pas le genre d’homme qui me fait craquer et il est marié. Pour rester professionnelle, je lui demande sa carte. Je l’appellerai pour lui donner mes disponibilités. 

Je quitte avec soulagement mes escarpins, conduire avec est souvent un supplice surtout quand ils sont neufs. Je visualise le contenu de ma soirée : appeler ma mère et mes sœurs, vérifier les devoirs de Daoud, faire la …  

Ma sonnerie Skype retentit. Le nom d’Amos s’affiche à l’écran. Il veut sûrement me faire le compte-rendu de sa journée. Nous menons un projet de participation financière dans la Banco Caboverdiano de Negócios à Praia. 

Je lui expose mes doutes sur certains points, promets de le rappeler demain après ma réunion avec notre équipe d’audit.

J’écoute Lucky Dube durant le trajet pour me détacher du boulot, achève mon processus de relaxation avec une bonne douche froide.  Je noue la serviette à ma poitrine, la défais aussitôt. J’ai 41 ans et mon corps a changé.

Les souvenirs de ma vie de femme mariée affluent à mon cerveau. Je les chasse d’un geste de la main. Pas besoin de vivre au passé quand de belles choses meublent le présent. J’ai vécu ma saison de l’amour, aujourd’hui, il est temps de vivre pleinement la saison de ma carrière.

J’enfile un boubou, chausse mes sandales d’intérieur. Je vais rejoindre mon fils, l’unique homme pour qui mon amour jamais ne tarira.

GM signature

**************************

Retrouvez les participations des autres membres de la communauté

working-girl-challenge

Cosmopolite Beauté

Nuellasource

Fantastyck

MyDiaryDelight

Made by me 23

Be Black’N’Pretty

Destiny Channel

Creativettae

A Moody Girl’s Closet

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Coup de cœur pour la saison de l’ombre ?

« Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d’âge mûr, évaporés dans l’air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? »

Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l’intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l’écart. Quel malheur vient de s’abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d’une quête initiatique et périlleuse, les émissaires du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les Bwele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.

Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L’histoire de l’Afrique sub-saharienne s’y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de « l’obligation d’inventer pour survivre. »

Résultat de recherche d'images pour "la saison de l'ombre terres solidaires"

Certains romans nous imposent le silence, forcent notre respect, nous ordonnent la concentration. La saison de l’ombre fait partie de ceux-là. 

Ce roman historique impose le silence et la concentration tant par sa forme que par son fond. Sa beauté saisissante fige les esprits, les conduit là où elle veut bien les mener.

Cette oeuvre complexe, puissante et émouvante nous porte au seuil d’un village de l’Afrique noire, au cœur du clan Mulungo, au crépuscule de la traite négrière.

Dans ce décor planté aux confins d’une brousse, on vit la disparition de fils, la douleur des mères, l’incompréhension des chefs de famille, la confusion des responsables de la communauté.

Qui a causé cet incendie ? Qui a enlevé les 10 jeunes et les hommes d’âge mur ? Pourquoi ? Où les ont-ils menés ? Reviendront-ils ? Sont-ils en vie ?

Les interrogations sont lourdes, les peurs s’amplifient, l’écho silencieux des réponses est affreux. 

On vit l’histoire via le lien mère-fils. Quel amour terrestre est plus grand que celui d’une mère ? Quelle douleur est plus grande que celle de se voir arracher un fils ? Quel lien est plus fort que celui d’une mère et son enfant ?  Ce lien fort, rompu porte la tristesse à son paroxysme, donne du souffle à l’histoire. 

On est frappé par sa détermination d’Eyabe dans sa quête de retrouver les fils qui manquent à la communauté. 

Eyabe ne se pose pas la question de la direction à suivre. Quelque chose la pousse, la conduit. L’amour des mères pour leurs fils n’a que faire des astres pour trouver son chemin. Il est lui-même l’étoile. 

Depuis qu’elle s’est mise en route pour trouver le pays de l’eau, elle considère cette dernière comme une puissance hostile, une force néfaste qui lui a ravi son premier-né. L’enfant dont la venue au monde a consacré sa féminité aux yeux du clan. Celui grâce auquel il lui a été donné de se découvrir, de se connaître elle-même telle qu’elle ne s’était jamais envisagée. Inventive : combien de mélodies lui sont venues lorsqu’il fallait le bercer ? Savante : elle avait la réponse à ses questions, pas toujours, mais souvent. Douce : oui, elle dont l’adolescence s’était passée à rivaliser au tir à la fronde avec ses frères. 

On est ému par la douleur des mères qui jamais ne reverront leurs enfants, choqué par l’esprit de clan égoïste qui règne chez les Bwele et la cruauté des Isedu. « La vie humaine ne leur est pas une chose sacrée. » 

Des écrits ont raconté l’expérience douloureuse de ceux qui ont été esclaves, forcés à quitter leur terre, oublier leur identité, être d’autres hommes. 

La saison de l’ombre a le mérite de raconter l’expérience douloureuse de ceux qui sont restés, ceux qui ont été forcés à vivre avec l’absence, devenir des êtres amputés de leur mémoire.

En 287 pages, l’auteur nous décrit le déclin du peuple Mulungo, le péril d’une communauté: la disparition de ses us et coutumes, ses traditions, son mystère, sa philosophie, sa langue, ses richesses, ses croyances.

L’auteur évoque également un peuple neuf, la cendre de plusieurs peuples éteints :

Ses pas l’ont conduite en ce lieu appelé Bebayedi, un espace abritant un peuple neuf, un lieu dont le nom évoque à la fois la déchirure et le commencement. Ceux qui sont ici ont des ancêtres multiples, des langues différentes. Pourtant, ils ne font qu’un. Ils ont fui la fureur, le fracas. Ils ont jailli du chaos, refusé de se laisser entraîner dans une existence dont ils ne maîtrisaient pas le sens, happer par une mort dont ils ne connaissaient ni les modalités, ni la finalité. Ce faisant, et sans en avoir précisément conçu le dessein, ils ont fait advenir un monde. Prenant le statut d’ancêtres, ils légueront une langue faite de plusieurs autres, des cultes forgés dans la fusion des croyances. 

 

Elle raconte avec une plume sophistiquée ce qui a été et ne sera plus, ce qu’on a définitivement perdu ; le pan d’un passé qu’on tait parce qu’on l’ignore et auquel on ne prête guère attention. Elle raconte ce qu’on fait perdre aux autres en cherchant à posséder sans mesure. 

J’ai été saisie par la lecture de cette oeuvre qui porte l’Afrique et ses mystères,  j’ai adoré la plume de l’auteur. Elle me donne l’envie de me surpasser pour améliorer mon style d’écriture. 

La nuit tombe d’un coup, comme un fruit trop mûr. Elle s’écrase sur le marais, la rivière, les cases sur pilotis? La nuit a une texture : celle de la pulpe du kasimangolo, dont on ne peut savourer toute la douceur sucrée qu’en suçant prudemment les piquants du noyau. La nuit a une odeur : elle sent la peau de ceux qui sont ensemble par la force des choses. La nuit sent les souvenirs que le jour éloigne… La nuit charrie les réminiscences du dernier jour de la vie d’avant…

Il m’a manqué quelques éléments pour ne pas l’inscrire à la liste de mes coups de cœur notamment les noms qui ne sont pas évidents à retenir car certains se ressemblent tant que l’on finit à ne plus savoir qui est qui et les longueurs. La lectrice impatiente que je suis aurait aimé que le chemin qui mène à la découverte des fils perdus soit moins long. 

Léonora Miano est un auteur que je vais maintenant suivre de très près. Avez-vous lu l’une de ses œuvres ? Laquelle me conseillez-vous ?

Des phrases à ne pas oublier

Tout ce qui vit abrite un esprit. Tout ce qui vit manifeste la divinité. 

Ce qui existe naturellement ne devient bon ou mauvais qu’au contact d’une volonté. 

C’est d’être nommé qui fait exister ce qui vit. 

L’auteur 

Née à Douala (Cameroun)  en 1973, Léonora Miano vit en France depuis 1991. L’intérieur de la Nuit, son premier roman, est paru en 2005. Une dizaine d’autres ont suivi depuis lors, recevant de nombreuses distinctions littéraires. Son écriture s’attache aux expériences subsahariennes et afrodescendantes, les inscrivant dans la conscience du monde. La Saison de l’Ombre a reçu le prix Femina 2013. 

La publication de l’oeuvre 

Editée par Grasset en 2013

Intégrée à La Collection « Terres solidaires » au 4e trimestre 2015. La Saison de l’Ombre, 10e titre de la collection « Terres solidaires » a été choisi par un comité de lecture panafricain composé de professionnels du livre, d’auteurs et de journalistes, à partir d’une sélection réalisée par Nathalie Carré. La collection « Terres solidaires » créée en 2007, repose sur un principe de « restitution » au Sud de textes littéraires écrits par des auteurs africains, publiés initialement au Nord. Par le biais de la coédition solidaire et avec la collaboration d’éditeurs français , des éditeurs en Afrique publient à des prix les plus accessibles possible pour le lectorat, des textes majeurs d’auteurs africains. 

Mon défi PKJ

La lecture de la saison de l’Ombre m’a permis de valider 7 challenges du défi Pocket Jeunesse:

1_ Lire un auteur qui a une double nationalité : Léonora Miano est camerounaise et française

10_ Lire un livre qui a un nombre de chapitres impair : La saison de l’ombre en a 5

16 _ Lire un roman avec un méchant vraiment très méchant : la princesse Njole

18 _ Penser très rapidement dans sa lecture qu’il va s’agir d’un coup de cœur

21_ Lire un livre qui vous a émue

23_ Lire un livre avec de l’herbe représentée sur la couverture 

25_Lire un livre qui met en scène des meilleures amies.

 

fleur v1

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La mère rouge de Cédric Marshall Kissy

La mère rouge

Une mère est recouverte de rouge à deux extrémités de la vie de son enfant : à sa naissance et à sa mort. 

Dans la mère rouge de Cédric Marshall Kissy, il est question du rouge sang causé par la mort, les innombrables pertes en vies humaines causées par la crise politique ivoirienne de 2010. La Côte d’Ivoire, tendre mère, terre d’Eburnie  perd ses enfants. Ils s’entretuent, piétinent leur fraternité, méprisent le caractère sacré de la vie. 

 

Le nouveau schisme sismique 

de l’Eburnie

l’Eburnie en sang

qui sans 

cesse

s’abreuve du sang 

du sang spumescent 

de ses fils incinérés

à coups de haines

de haines homériques

de fiels héroïques

 

 

la voilà

la saison-des-tristesses-aigües

des détresses suraigües

la voilà

la saison-des-prostrations

où corps et âmes 

chantent corps et âme 

l’hymne de la Loi du  Talion

où entonnent les cantiques 

de la mort 

ces voix 

ces racèmes-de-voix

éclatées

ces voix qui hier parlaient le même

le même dialecte

mais qui pour des vétilles

des infantilismes 

n’accordent plus leurs balafons 

et voilà la résurgence de la tour de Babel ! 

 

 

 

Amère est la mer des balles tribales 

qui sifflaient à brûle-pourpoint

qui submergeaient nos souffles essoufflés

qui tordaient le corps à nos vies divisées

décivilisées

désaccordées

qui morcelaient à force d’amours humorales 

la patrie de la vraie fraternité

 

L’auteur en utilisant le canal poétique pour s’exprimer dit le mal de sa terre. Il rappelle au souvenir les morts de Duekoué, les innocents sacrifiés à l’autel de la haine. Il raconte la souffrance du peuple MAIS il ne veut pas que la mort soit le point final.

Il chante à tue-tête L’HYMNE A LA VIE.

mon âme silencieuse a vu trop de deuils

célébrés en trombe en fanfare d’innocents éviscérés

d’enfants pris aux trappes du désespoir 

et dans les serres de guerres anonymes 

je ne veux plus ouïr armes et larmes 

de vivre seulement j’ai envie

vivre pour que vive l’amour

je veux conter ce long chant de vie

 

 

Nous bâtirons un château fort de paix 

où réfugier nos espoirs saignants

il y a tant de mers de larmes bleues à assécher

tant de rires ternes à illuminer de joies à ranimer

que les antagonistes de la vie décampent !

de nos chants d’amour authentique 

nous nous bâtirons une terre neuve 

 

Ce poète veut inculquer l’espoir, ne se fait-il pas d’ailleurs appeler Le Poète de l’Espoir ?

Il garde intact l’espérance de voir sa nation renaître de ses cendres. Il ne veut pas que les enfants de la terre d’Eburnie vivent constamment dans le passé et la douleur mais qu’ils vivent au présent et bâtissent un avenir de paix. 

 

Le poète rappelle aux fils leur devoir : ne jamais vêtir la mère du rouge de la violence, du sang mais  la revêtir de l’orange de l’espérance, du blanc de la paix, du vert de l’espérance, du bleu de la quiétude. 

Il le dit lui-même dans l’avant-propos : souvenons-nous : « notre devoir sera d’être un
modèle », un modèle de paix, de fraternité, d’espérance ; un modèle d’amour… car « la haine, c’est la colère des faibles » (Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin).

 

J’ai apprécié ma lecture pour cette hymne à la vie qu’elle véhicule, j’ai apprécié toutes ces références à la culture des différents peuples de mon pays :  personnage mythique des Bété, divinité féminine chez les Abouré…

 

J’ai été un peu déconcertée par la mise en forme hétérogène des poèmes : certains étaient alignés à droite, d’autres en majuscule, d’autres centrés. J’ignore s’il y a une signification particulière. 

J’ai trouvé un peu lourd le vocabulaire employé. Le vocabulaire est parfois très soutenu, ce qui est un avantage mais aussi un inconvénient pour ceux qui veulent lire l’esprit léger. 

 

Biographie de l’auteur 

Né en 1988 à Grand-Bassam (Côte d’Ivoire), Cedric Marshall KISSY est doctorant ès lettres  à l’université d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Il est passionné de littérature, de culture et surtout de poésie, genre qui retient particulièrement son attention, même si la nouvelle et le roman sont aussi dans son champ d’écriture.

Il a été lauréat de plusieurs concours littéraires : 1er prix de poésie au concours littéraire national « Les Manuscrits d’or », déc. 2009 ; 1er rang lors du concours francophone en ligne sur « La plus belle lettre », 2010 ; 1er prix au concours de poésie, par le Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, janv. 2013 ; grand prix littéraire Zadi Zaourou de poésie, par l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire (AECI), 2014. 

 

Quelques détails de l’oeuvre

Nombre de pages : 66

Publié en mars 2016

Publié par les éditions Eden

GM signature