Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 99 : Funeste opéra d’Antoine Vetro

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Votre dernière découverte.

J’ai découvert, grâce à la Bibliothèque Encre Noire qui a ouvert ses portes le mois dernier dans ma commune, un polar du Sud plus précisément de la Sicile.

Il n’ira plus à l’opéra : la poitrine déchiquetée par deux coups de calibre 12 tirés à bout portant, le sang coagulé sur son smoking, Monsieur Baldasere Siculisani, pharmacien de son état, gît sans vie. Une histoire de vendetta ? Probablement. C’est souvent le cas en Sicile. La très redoutée Madame le Procureur, Erica Muratori, s’empare de l’affaire avec un zèle inhabituel. Dans le même temps, Salvatore, son mari journaliste, qu’elle méprise cordialement, enquête lui aussi de son côté…

Imagination imprévisible, comédiens, tragédiens, les méditerranéens préparent leurs vengeances, savourant sans le moindre état d’âme l’amertume de la rancune mêlée au plaisir de préparer la riposte. Un roman policier parfaitement orchestré qui se partage entre Narbonne, Montpellier, Paris et la Sicile.

Vous recherchez une enquête policière en plein cœur de la Sicile, une infiltration dans le milieu de la mafia avec des rebondissements ? Désolée, vous aurez plutôt des ex et futur ex qui se détestent, un plan machiavélique à déjouer, des amours naissants, une longue liste de plats de la Sicile qui font saliver soit dit en passant, une préparation d’un opéra, une mère qui tient à venger son fils…. Cette combinaison d’ingrédients m’a conduite à une lecture mitigée.

J’ai eu de l’intérêt pour cette vendetta sicilienne mais j’aurais voulu une enquête policière, me triturer les méninges pour trouver le coupable.

J’ai eu droit à des scènes teintées d’humour mais il m’a manqué du suspense, de la tension.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Je les ai trouvés distants, presqu’inertes. Madame le procureur réussit à sortir du lot. Toujours tirée à 4 épingles, son obsession pour le Q.I m’a fait sourire par moment.

Permettez-moi de distinguer trois formes de rancunes. Celle des cathos qui la déguisent en pardon et en font de l’eczéma, aucun intérêt; la rancune chaude, elle, provoque une vengeance immédiate qui soulage, mais présente le risque de manquer sa cible car difficile à maîtriser[…]; et puis il y a la plus délicieuse, celle dont l’amertume se mêle au plaisir de préparer la riposte, la rancune froide.

Avez-vous déjà lu Antoine Vétro ?

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 98: Témoin muet – Agatha Christie

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: H comme…

Hercule... prénom du célèbre détective belge d’Agatha Christie.

H comme Hastings, ami d’Hercule Poirot.

Et puisqu’il faut parler de livres, je vous présente l’une de leurs enquêtes.

Miss Arundell à déjà échappé une première fois à la mort, lors d’une chute dans les escaliers. La raison : la balle de Bob, le chien, l’a fait glisser. Mais cette deuxième fois, elle n’y échappa pas. Des accidents ? Hercule Poirot n’en est pas si sûr, car ce gentil toutou est trop bien dressé pour laisser sa balle en haut des marches…

Agatha Christie étant une valeur sûre, je pense immédiatement à elle quand l’envie me prend de lire des romans policiers.

Emily Arundell, vieille demoiselle, a eu un accident dans sa maison de campagne. Tout le monde l’attribue à la balle en caoutchouc laissée dans l’escalier par Bob, son terrier turbulent. Mais plus elle réfléchit à sa chute, plus elle est convaincue que l’un de ses neveu/nièces cherche à la tuer. Le 17 avril, elle écrit ses soupçons dans une lettre à Hercule Poirot. Mystérieusement, il ne reçoit la lettre que le 28 juin… alors qu’Emily est morte le 1er mai.

Pourquoi cet envoi tardif ? Emily Arundell est-elle morte de façon naturelle, accidentelle ? S’est-elle suicidée ou a-t-elle été assassinée ?

Quel serait le mobile du meurtre ? La vieille demoiselle roulait sur l’or.

Les suspects sont vite identifiés. Reste à découvrir qui est le coupable.

Hercule Poirot et son cher ami Hastings (ou plutôt les cellules grises d’Hercule Poirot) tentent de découvrir la vérité.

Si mes souvenirs sont bons, c’est la 2e fois que je lis une enquête d’Hercule Poirot où ce cher Hastings est le narrateur.

J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire. J’ai trouvé que le rythme était bien trop lent. Il me manquait des rebondissements.

Comme toujours, Agatha Christie a réussi à me berner. Je n’ai à aucun moment suspecté le véritable meurtrier.

Témoin muet est une sympathique lecture mais pas mon meilleur H.P. Par ailleurs, je n’ai pas compris le choix du titre du livre. Je trouve que le titre américain sied mieux à l’histoire: Poirot Loses a Client.

Quelle lecture auriez-vous choisi pour ce thème de la semaine ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Mrs Mac Ginty est morte – Agatha Christie

Couverture Mrs Mac Ginty est morte / Mrs McGinty est morte

L’assassin a frappé Mrs McGinty à la tête. Avec un hachoir. Puis il a fouillé la chambre et volé les trente livres que la vieille dame cachait sous une lame de parquet. C’est écœurant ! Comment l’illustrissime Hercule Poirot va-t-il occuper ses loisirs si les meurtres deviennent à ce point sordides ? Pas question de manger de ce pain-là. Et pourtant… Si la police avait fait fausse route dès le début ? Si les petites cellules grises de Poirot pouvaient éviter la corde à un innocent ? En ce cas, évidemment… Poirot condescendrait peut-être à examiner de plus près un fait divers bien vulgaire – en apparence du moins…

Agatha Christie étant une valeur sûre, je pense immédiatement à elle quand l’envie me prend de lire des romans policiers.

22 novembre, date de l’assassinat de Mrs Mac Ginty. Cette veuve de 64 ans vivait seule, dans sa petite maison, avec un pensionnaire : James Bentley. Le commissaire Spencer, de la police de Kilchester, chargé de l’enquête a réuni les preuves qui, toutes, semblaient décider un même coupable: James Bentley. Ce dernier fut donc jugé, déclaré coupable du meurtre et condamné à mort. Mais ce verdict, le commissaire Spencer ne peut l’admettre. Pour lui, James Bentley n’a pas l’air d’un assassin et il se rend à Londres dans l’intention de demander à notre cher Hercule Poirot de trouver le véritable assassin.

Hercule Poirot accepte ce défi lancé à ses petites cellules grises.

Quel est le mobile de ce meurtre ? L’envie ? La vengeance ? La jalousie ? La crainte ? L’argent ?

Hercule Poirot s’installe à Broadhinny, le village dans lequel vivait la défunte et tente d’éliminer l’une après l’autre toutes les pistes pour ne conserver que la bonne.

Le déroulement de l’enquête a une allure ordinaire jusqu’à la révélation d’un élément qui soit dit en passant m’a rappelé la rumeur de Lesley Kara. Cette révélation a décuplé mon intérêt pour cette enquête. Feuille et stylo en main, j’ai recensé les pistes, les mobiles. Je pensais avoir trouvé le coupable mais les cellules grises d’Hercule Poirot m’ont encore surprise. J’ai été agréablement surprise par le dénouement de l’intrigue.

Cette enquête rejoint mes meilleures lectures de l’univers Hercule Poirot. J’ai passé un très bon moment de lecture.

Si vous l’avez lu, j’aimerais bien avoir votre ressenti.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Cinq petits cochons – Agatha Christie

Couverture Cinq petits cochons

Cinq témoignages accablants ont fait condamner à la détention perpétuelle Caroline, la femme d’Amyas Crale, peintre renommé, mort empoisonné. Seize ans après, Hercule Poirot, le détective belge qu’Agatha Christie a rendu célèbre, prend l’affaire en main. Ne s’arrêtant pas aux évidences, tirant parti du moindre indice, il fait éclater une vérité à laquelle personne ne s’attendait.

Agatha Christie est une valeur sûre quand j’ai envie de lire des romans policiers. Lire à la folie ayant bien aimé Cinq petits cochons, je l’ai ajouté à ma PAL.

Amyas Crale a été assassiné et sa femme a été désignée comme coupable il y a seize ans. Carla Lemarchant, fille unique du couple est sûre de l’innocence de sa mère et demande à notre célèbre détective belge d’enquêter sur cette affaire.

Il va donc rencontrer ceux qui peuvent encore témoigner de cette affaire à savoir les avocats de la défense et de l’accusation, les avoués des Crale, le superintendant de police et les proches de la victime et l’accusée. A ces derniers, Hercule Poirot va demander de rédiger un compte-rendu exact de qui s’est passé les jours qui ont précédé le meurtre ainsi que le jour du meurtre.

Le lecteur découvre les récits de Philip Blake, Meredith Blake, Lady Dittisham, Cecilia Williams et Angela Warren et ces récits ont un caractère répétitif qui peut lasser.

Agatha Christie donne des mobiles à chacune de ces personnes, elle conduit le lecteur vers de fausses pistes, lui donne l’illusion d’avoir trouvé le coupable et finalement apporte la touche de surprise avec la révélation du coupable.

J’ai passé un bon moment de lecture avec cette enquête mais ce n’est pas ma meilleure enquête d’Hercule Poirot. Il m’a manqué un rythme plus prenant.

Un amour interdit Alyssa Cole

Je ne badine pas du tout avec les liens du mariage. Un pays où on ne les respecte pas est un pays qui dégénère.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Le meurtre de Roger Ackroyd – Agatha Christie

Une mort étrange frappe Mr Ferrars puis sa veuve. Lorsque l’homme qui devait épouser Mrs Ferrars, un riche gentleman nommé Roger Ackroyd, est assassiné, Hercule Poirot se pose bien des questions. C’est que l’enquête est difficile, car tous – domestiques, famille, voisins – avaient une bonne raison de souhaiter la mort d’Ackroyd.

Agatha Christie est une valeur sûre quand j’ai envie de lire des romans policiers. Récemment, j’ai ajouté à ma PAL quatre de ses titres qui avaient de bonnes notes sur Livraddict. Le premier d’entre eux lu est le meurtre de Roger Ackroyd.

Docteur Sheppard est le narrateur du récit. Médecin de campagne, précisément à King’s Abbot, il vit avec sa sœur aînée Caroline. Une femme dont le premier passe temps et la distraction favorite est le commérage. Un personnage secondaire dont j’ai beaucoup apprécié la compagnie. Elle fouine, apporte une touche de fraîcheur au récit. Elle ferait une excellente assistante d’Hercule Poirot qui est d’ailleurs son voisin.

Que fait notre illustre détective belge dans cette campagne anglaise ? Il s’adonne à la culture des cucurbitacées. Ses cellules grises prennent des vacances bien méritées jusqu’à ce que Flora Ackroyd lui demande de découvrir le meurtrier de son oncle Roger.

Les morts de Mr Ferrars, sa femme et Roger Ackroyd sont-elles liées ? On identifie toutes les pistes possibles, tous les personnages sont soupçonnés, leurs petits secrets dévoilés.

Pour une fois, j’ai deviné qui était le coupable mais cela me paraissait tellement incroyable que je doutais. Des doutes qui se sont envolés avec la révélation d’Hercule Poirot. Jusqu’ici, je trouve que c’est l’enquête d’Hercule Poirot la plus originale. Le dénouement est réussi. Vous partagerez sûrement mon avis quand vous saurez qui est le meurtrier de Roger Ackroyd.

J’ai passé un très bon moment de lecture. Le meurtre de Roger Ackroyd rejoint la liste (très restreinte) de mes meilleurs livres d’Agatha Christie.

Le petit bémol : j’ai eu un peu de mal à localiser les emplacements dans la propriété d’Ackroyd, cela manquait de précision à mon sens.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 94 : épouses et concubines de Su Tong

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: culture

J’ai immédiatement pensé à ce livre qui fait écho à un fait culturel : la polygamie.

Couverture Épouses et concubines

La Chine du Nord, dans les années 20. Songlian, belle étudiante de dix-neuf ans dont la famille est ruinée, accepte de devenir la quatrième épouse du riche Chen Zuoqian. Dans le huis-clos de sa nouvelle demeure, une seule loi, la séduction : la favorite de la nuit régente, le jour, la vie de la maison. Songlian, l’indépendante, sera-t-elle victime ou complice du système féodal qui commande en ces lieux ? Passion, possession, et pouvoir colorent de feu et de sang ce ballet de charmes, où les quatre épouses et concubines se livrent une danse à mort pour le plaisir du maître.

Dans ma contrée, la polygamie n’est pas un fait inédit. C’est un fait courant dans nos sociétés et une thématique très exploitée en littérature. On a le droit de ne pas l’approuver mais aussi le devoir de ne pas mépriser ceux qui la pratiquent parce qu’ancrée dans leurs mœurs et cultures.

Personnellement, ça ne cadre pas avec mes convictions spirituelles comme d’autres modes de vie mais je me dois d’avoir du respect pour la culture des autres.

Bien ! Revenons à notre livre. Lire cette thématique du côté de l’Asie et en particulier en Chine dans les années 20, c’est nouveau pour moi.

Elles s’appellent Yuru, Zhuoyun, Meishan et sont respectivement les 1ere, 2e et 3e épouses de Chen Zuoqian. A 50 ans, ce dernier prend Songlian pour 4e épouse.

Songlian n’a que 19 ans. A la mort de son père, sa belle-mère lui a indiqué qu’il fallait choisir entre travailler ou se marier. Songlian a choisi de se marier et avec un homme d’une famille riche. Sa belle-mère lui a bien signifié que cela voudrait dire qu’elle serait une « petite » épouse, une concubine, mais de ce titre un peu moins glorieux, Songlian s’en moque comme de l’an quarante. Elle veut juste trouver un bon parti.

Dans ce foyer, elle va découvrir toute l’hypocrisie conjugale, le jeu de séduction et de pouvoir. Aimer est un art, tromper aussi…

J’ai trouvé les profils psychologiques des femmes très intéressants. Yuru est l’effacée. Zhuoyun, l’épouse conciliante et Meishan, la rebelle. Sa perfidie la rend autant intéressante qu’agaçante. Songlian, quant à elle, cherche à marquer son territoire dans cet environnement d’un lion pour 4 lionnes.

L’histoire est courte et intéressante. La fin révèle que dans de nombreux cas la polygamie a une issue dramatique pour au moins une des épouses ou leurs enfants.

Ai-je un reproche à faire au roman ? J’aurais aimé qu’il y ait encore plus de coups tordus entre les co-épouses. 😀

Dans le cadre d’un challenge Livraddict, j’en ai profité pour regarder l’adaptation cinématographique que j’ai appréciée. Le rouge est omniprésent. N’est-ce pas la couleur du désir, de la passion, du pouvoir ? On ressent cette hypocrisie entre les co-épouses, elles ne nous épargnent pas leurs mesquineries. Dans le film, le rituel suivi par le maître pour choisir celle avec qui il passera la nuit est bien décrit.

Quelques scènes ont été modifiées et cela nous permet de voir les personnages notamment la seconde épouse d’un autre œil. La relation entre le maître et l’une des servantes est d’ailleurs plus détaillée que dans le livre et dévoile l’inarrêtable appétit sexuel de l’homme.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 92 : Un assassin parmi nous de Shari Lapena

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: C comme…

Captivant. C’est le mot qui m’est venu à l’esprit après lecture du thème de la semaine. Et j’ai immédiatement relié ce mot à l’une de mes trois dernières lectures.

Couverture Un assassin parmi nous

Gwen et Riley, David Paley, Ian Beaton et Lauren Day, Beverly Sullivan et son mari Henry, Dana Hart et son fiancé Matthew, Candice White. Deux meilleures amies, deux célibataires, trois couples. Leur point commun ? Ils ont décidé de passer un week-end détente, loin du stress des occupations quotidiennes au Mitchell’s Inn, un élégant hôtel de 3 étages en briques rouges et beiges, encerclé par la forêt et géré par James et son fils Bradley.
Ces couples et ces voyageurs solitaires ont tous débarqué un vendredi et ce qu’ils ne savent pas c’est qu’ils vont vivre les 48 heures les plus stressantes de leurs existences. Il y a un assassin parmi eux…

J’ai découvert ce roman grâce au pendu littéraire, un jeu auquel je joue régulièrement sur Livraddict. J’ai débuté ma lecture un vendredi en fin d’après-midi et j’ai dû me faire violence pour dormir. Reprendre ma lecture a été l’une des premières choses auxquelles j’ai pensé au réveil.
Un assassin parmi nous est un thriller prenant. Assez lent au début mais le rythme s’accélère après le 1er meurtre. Le suspense est très présent, on n’est pas loin de l’ambiance des 10 petits nègres d’Agatha Christie.

Un assassin parmi nous est une lecture que je recommande. C’est d’ailleurs le livre de l’auteure qui a la meilleure note sur Livraddict. Shari Lapena a tellement su brouiller les pistes et manier les rebondissements qu’on en redemande encore lorsque l’identité du meurtrier est révélée.

Fleur bleue, j’ai apprécié l’histoire d’amour naissante et j’ai été déçue de sa tournure. Côté personnage, j’ai eu un coup de cœur pour David Paley, cet avocat quarantenaire, spécialisé en droit pénal et au passé intriguant. J’ai apprécié son aura. Il m’a été difficile de le quitter et j’espère que l’auteure va l’insérer dans l’une de ses prochaines parutions. 😀

Avez-vous déjà lu Shari Lapena ? Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 90 : Seules les bêtes de Colin Niel

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Mystère

Mystère : Silence, obscurité volontaire faits sur quelqu’un, en particulier…

Synonyme : secret

J’ai pensé à un livre où des vies cachent bien des secrets …

Couverture Seules les bêtes

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, femmes et hommes prennent la parole et chacun a son secret, presque aussi précieux que sa vie.

Elle s’appelle Evelyne Ducat. Femme d’un notable du coin parti faire fortune à la capitale et revenu s’installer au patelin, elle a mystérieusement disparu. Elle était partie en randonnée solitaire. A-t-elle fait une mauvaise rencontre ou a-t-elle été emportée par la tourmente qui sévit sur le causse ?

Dans ce roman atypique, on ne suit pas une enquête policière. Tel un psychologue, on voit passer sur notre divan cinq personnages différents les uns des autres qui ont envie de dire quelque chose. Quelque chose en lien avec la disparition d’Evelyne ? Ils nous regardent l’air de dire, laissez les disparus, écoutez ceux qui sont présents. Alors comme un spécialiste, on prend carnet et stylo, on prête l’oreille et on laisse Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel, le mari d’Alice dévoiler les mystères de leurs vies.

De l’assistante sociale en passant par des paysans, une gosse de riche couturière à temps partiel et un aigrefin. Deux femmes, trois hommes qui manipulent ou se font manipuler. Des humains avec des manques à combler. Une solitude qui colle à la peau, une recherche effrénée de l’amour, de l’aisance sociale.

Et parce qu’au fond de nos vies, il y a toujours un morceau de la vie d’un (e) autre, ces cinq voix éclaircissent le mystère de la disparue.

Chacun a eu un contact direct ou indirect de quelques secondes à plusieurs jours avec elle. Un l’a touchée, l’autre l’a goûtée. Un l’a vue, l’autre l’a entendue. Un autre l’a sentie…

Seules les bêtes est un très bon roman choral. J’ai apprécié la fluidité de la plume et le clin d’œil inattendu à ma patrie même s’il est plutôt négatif. Je ne m’attendais pas à un tel retournement de situation. Ca parait de premier abord un peu tiré par les cheveux mais on se laisse prendre au jeu.

Les thèmes abordés sont intéressants: la solitude, les challenges des agriculteurs, la routine conjugale et ce qu’elle entraîne, trahisons et manipulations.

J’ai apprécié la capacité d’adaptation de l’écrivain, le registre littéraire adapté au background de chaque personnage. Je me suis même demandé s’il ne s’était pas fait aider pour la narration d’Armand tant le langage colle à l’histoire et au contexte géographique de ce dernier. 😀

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Lune de miel de James Patterson

Un homme lutte pour respirer, un brasier s’active à l’intérieur de lui. Qui est-il ? Qu’est-ce qui a bien pu lui arriver ?
La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.
Le lecteur découvre plutôt Nora, 33 ans, décoratrice d’intérieur. Elle file le parfait amour avec Connor, 40 ans, banquier richissime. S’ils sont fiancés, qui est donc cette Nora que le lecteur découvre dans le prochain chapitre, mariée à Jeffrey, auteur de romans historiques de renommée internationale ?

La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.

Le lecteur est projeté au coin de la 42e rue et de Park Avenue. Une prise d’otage, des coups de feu, une valise récupérée par un homme, le Touriste. Qui est-il ? Que contient cette valise ?

La réponse ne se trouve pas dans les lignes suivantes.

Le lecteur retrouve Nora, découvre un peu plus son passé et le sort commun qu’elle réserve aux hommes qui deviennent ses intimes. Nora est une veuve noire et elle s’en sort plutôt pas mal jusqu’au jour où une enquête est ouverte suite à la souscription d’une assurance vie par son fiancé.

Lune de miel a toutes les qualités requises pour s’inscrire dans le genre Thriller. Le suspense est présent, l’intrigue captivante, le rythme haletant grâce aux courts chapitres. Impossible pour le lecteur de s’ennuyer, de nombreuses surprises sont révélées tout au long du récit.

Les personnages sont intéressants à suivre même ceux qui n’ont pas des idées catholiques.
J’ai apprécié la narration alternée, tantôt à la première personne pour l’inspecteur O’Hara, tantôt à la 3e personne pour l’ensemble des personnages. J’ai passé un bon moment de lecture même si quelques zones d’ombre persistent pour moi notamment sur l’intrigue secondaire à savoir les transferts de capitaux.

J’ai apprécié la plume de James Patterson au point de foncer tête baissée vers sa série Le women murder club. La connaissez-vous ? Etes-vous familier (e) de la plume de cet auteur ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 82: Meurtre en Mésopotamie – Agatha Christie

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Livre de poche

Et j’ai décidé de faire un p’ti clin d’œil à Agatha Christie.

Couverture Meurtre en Mésopotamie

En arrivant sur le chantier de fouilles de Tell Yarimjah, Miss Amy Leatheran ouvre de grands yeux. Quoi de plus dépaysant pour une jeune infirmière que ce pays exotique, cette équipe d’archéologues installée loin de tout ? Et quelle mission singulière que d’avoir à veiller sur la belle Mrs Leidner, en proie à des hallucinations et des terreurs diverses… Miss Leatheran va tâcher de s’acquitter au mieux de ses fonctions. Mais, de masques terrifiants paraissant à la fenêtre en menaçantes lettres anonymes, les angoisses de Mrs Liedner vont finir par l’étreindre à son tour. Et lorsque cette dernière sera assassinée, Amy aura le rare privilège d’assister de près à une enquête de l’illustre Hercule Poirot…

C’est toujours un plaisir de retrouver les intrigues policières menées par le célèbre détective Hercule Poirot.

Indicateur spacio-temporel ? Années 30-40, Irak.

Cette énième enquête prend place au sein d’une mission archéologique. La narratrice, Amy Leatheran, infirmière de profession, a été recrutée pour tenir compagnie à la femme du chef de la mission, le docteur Leidner.

L’équipe composant la mission est composée d’une dizaine d’hommes et de femmes dont il faut assimiler les noms et prénoms. Cela demande un peu de concentration.

Une ambiance délétère règne au sein de cette petite communauté et à en croire les membres de la mission, Mrs Leidner en est la responsable. Mrs Leidner n’est pas très aimée alors quand elle vient à mourir, tous les yeux sont tournés vers les membres de l’expédition. Mais la fenêtre était fermée, les domestiques bavardaient dans la cour, non loin de la porte de la chambre de la malheureuse et tout le monde semble avoir un alibi parfait. Qui est donc l’auteur du crime ?

Crayon en main, plan de la maison sous les yeux, interrogatoires des membres en tête, j’ai tenté de découvrir le coupable. L’intrigue est bien menée mais j’ai trouvé le dénouement un peu tiré par les cheveux.

J’ai apprécié le décor singulier de cette histoire qui est assez dépaysant, le savant dosage des descriptions des lieux et du métier d’archéologue. Par contre, il est vrai que les contacts avec les locaux sont très limités et l’on sent bien la condescendance liée à l’impérialisme anglais.

Et vous, qu’auriez-vous proposé pour ce thème ?