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TTL 79: Le secret des christiantins – Khioud Sakanoko

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque.
 
TTL grâce minlibé
 
Pour ce dernier Throwback de l’année, le thème est : Bonnes résolutions pour 2021
 
Cette année, j’ai lu 3 Thriller/Policier et je compte en lire beaucoup plus l’an prochain. J’apprécie ces genres et j’espère en tant qu’écrivaine, pouvoir en écrire un, un de ces jours.
 
Petit bonus en rapport avec ma résolution : un roman policier lu l’an dernier
 
 

secret des christiantins

J’ai lu la majeure partie des romans policiers de Sakanoko Khioud. Une promotrice culturelle ivoirienne m’avait suggéré la lecture de ce roman car supérieur à tout ce qu’il avait déjà écrits. J’avais donc hâte de lire cette œuvre.

Le récit s’étale sur 206 pages. Akim Abobayé, ivoirien d’origine nigériane, se rend à Ibadan afin de rencontrer Raymonde Ugwu. Dans quel but? Le narrateur répond à la question en retraçant le parcours d’Akim. 

Akim et son épouse appartiennent à la secte des Christiantins, une secte fondée en 1952 à Ibadan et qui s’était rapidement répandue en Afrique de l’Ouest. 

Lorsque sa femme délaisse le foyer et part s’installer chez l’un des frères de la communauté, Akim voit rouge. Peter Ugwu lui suggère de se rendre à Ibadan et de rencontrer Ladélé Rufaï, par l’intermédiaire de sa sœur cadette Raymonde Ugwu. 

Hélas, Ladélé Rufaï n’aura pas le temps d’aider Akim à récupérer sa femme. Il est assassiné et Akim, accusé de meurtre.

Wamba Pétio Xavier, détective privé à Abidjan, est chargé de l’enquête. 

Le secret des Christiantins est un polar à l’africaine entre Abidjan et Ibanda avec de l’action. Par contre, le dénouement de l’intrigue est assez simpliste, la lectrice exigeante que je suis s’attendait à un scénario plus corsé, un mobile plus complexe, des effets de surprise. Je voulais m’interroger longtemps sur l’identité du tueur et tomber des nues. Cela n’a malheureusement pas été le cas.

Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année. A l’an prochain, si DIEU le veut. 

❤ ❤ ❤

fleur v1

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Alabama 1963 – Ludovic Manchette et Christian Niemiec

Les événements se déroulent entre le jeudi 8 août 1963 et le samedi 4 janvier 1964 à Birmingham, en Alabama, au cœur de la ségrégation raciale.

Le jeudi 8 août 1963, la nature est impuissante face au lourd sommeil d’une fille noire d’une dizaine d’années.

Oiseaux, mouche, brin d’herbe, scarabée, branches de chêne se meuvent mais pas elle. Elle dort d’un sommeil éternel.

Le mercredi 14 août 1963, le lecteur découvre Adela Cobb, une trentenaire noire, femme de ménage avec un programme hebdomadaire bien défini:

  • Lundi et jeudi chez Gloria Landaker
  • Mardi et vendredi chez Dorothy Hayes
  • Mercredi et samedi chez Carol Finnegan

Lorsque Carol Finnegan la vire parce que son fils a osé jouer avec la fille d’une voisine, Adela est obligée de trouver un autre employeur pour les mercredis et samedis.

Une mauvaise blague va la conduire chez Bud Larkin, un ancien policier reconverti en détective privé depuis un an ou deux et marié à l’alcool. Ellis et Lottie Rodgers, les parents de Dee Dee, une jeune fille de 11 ans, lui ont demandé d’enquêter sur la disparition de cette dernière.

Lorsque d’autres filles noires vont disparaître les unes à la suite des autres, Bud n’aura pas d’autre choix que d’associer Adela à son enquête.

Ce duo improbable fera son possible pour débusquer le coupable mais nos enquêteurs ne sont ni Hercule Poirot ni Sherlock Holmes. Le lecteur a même une longueur d’avance sur eux puisque le tueur se présente d’abord à lui avant Adela et Bud.

Ça m’avait manqué les très bonnes lectures cette année ! Sous fond de polar et d’histoire, Alabama 1963 est une belle histoire de rencontre, d’ouverture à l’autre et d’amitié.

Une lecture efficace: agréable tout en étant fluide. Elle est captivante, l’humour est présent, les personnages tant principaux que secondaires (à l’exception des vilains) sont attachants.

La fin, émouvante, montre une société en mutation et qui a encore beaucoup à faire pour que le vivre ensemble soit une réalité.

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TTL 66 : Témoin à charge – Agatha Christie

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est : Un roman adapté
Je me permets encore une fois de modifier le thème afin de vous présenter une nouvelle adaptée

Témoin à charge (Witness for the Prosecution) est un film américain de Billy Wilder, sorti en 1957.
Il est adapté de la pièce de théâtre Témoin à charge d’Agatha Christie, elle-même adaptée de la nouvelle Témoin à charge.
Une nouvelle intégrée dans un recueil de nouvelles policières.
Télécharger ce livre au format PDF
Le beau et désargenté Leonard Vole a-t-il tué la vieille et fortunée miss French, afin d’hériter? Sa femme parviendra-t-elle à le disculper?
Bien que le docteur Meynelle ait recommandé à Mrs Harper d’éviter les émotions fortes, celle-ci reçoit un choc lorsqu’elle entend la voix de son défunt époux la rappeler à lui, à travers son nouveau poste de radio.
Le jeune Jack Harrington est-il en train de perdre la raison ou fait-il l’objet d’une sombre machination ? A 9 h 25, tous les matins, il est le seul à entendre une femme crier  » A l’assassin ! « .
Quant au célèbre détective privé Hercule Poirot, à travers ces cinq nouvelles, il va avoir fort à faire : résoudre l’énigme d’un habitué du restaurant  » Gallart Endeavour  » ; déjouer l’arnaque d’une belle jeune femme ; élucider le meurtre de Valentine Chantry, morte empoisonnée sur l’Ile de Rhodes; comprendre comment le rêve prémonitoire du milliardaire excentrique, Benedict Farley, a pu se réaliser.

l'Afrique écrit

Témoin à charge : Mr Vole est accusé du meurtre d’une vieille dame richissime. Mr Mayherne, son avocat, est persuadé de son innocence et décide de se battre pour le démontrer…

T.S.F – La radio : Le neveu de veuve Mrs Harter lui a offert une radio. Un soir, Mrs Harter entend la voix de son mari décédé depuis des années à travers les ondes de la radio. Ce dernier lui demande de se préparer parce qu’il va venir la chercher…

Le vase bleu : Jack Harington aime le golf par-dessus tout. Lors d’un parcours, il entend le cri d’une femme appelant à l’aide. Ce cri semble n’être entendu que de lui… 

Le mort avait les dents blanches : un client du restaurant vient dîner tous les mardis et jeudis dans un restaurant en commandant à chaque fois les mêmes mets. Une habitude qui prend fin avec la mort de ce client…

Double manœuvre : Hastings et Hercule Poirot prennent le bus afin de rendre visite à un ami sollicitant l’aide du détective. Dans ce bus, nos deux acolytes sont abordés par Mary Durrant venu apporter des figurines à un homme riche contre 500 livres. Malheureusement, les figurines lui sont dérobées…

Trio à Rhodes : Hercule Poirot en vacances voit surgir les problèmes avec l’arrivée de Mr et Mrs Gold. Monsieur Gold semble très attiré par Mrs Chantry, femme volage et mariée à un homme rustaud. Lorsque cette dernière est assassinée, Hercule n’en est pas surpris…

Le rêve : Benedict Farley, le milliardaire excentrique fait part d’un rêve récurrent étrange où il se suicide à Hercule Poirot. Une semaine plus tard, ce rêve devient réalité…

Le mystère du bahut espagnol: Mr Clayton a été découvert assassiné, gisant dans un grand bahut espagnol. Les soupçons se portent sur un ami de son épouse dont elle était très éprise….

Dans ce recueil de huit nouvelles, il n’y a pas que des crimes à élucider. Il y a des escrocs à démasquer notamment ces héritiers qui veulent hériter avant l’heure et expérimentent à leur plus grand désespoir ce que veut dire l’expression A malin, malin et demi.

Dans ce recueil …

des amants/amoureux secrets sont prêts à tout pour se débarrasser du mari gênant,

l’ésotérique et le mystère sont invoqués,

les personnages sont tout sauf des saints : cupides, menteurs, voleurs. Les maux sont divers et variés.

Ça a été un plaisir de retrouver ce cher Hercule Poirot dont les cellules grises sont toujours au paroxysme de leur activité. Sympathique lecture dans l’ensemble même si je m’attendais à plus de rebondissement, des mobiles complexes et diversifiés pour les meurtres.

Un amour interdit Alyssa Cole

– Oh, monsieur Poirot ! Je trouve qu’il n’y a rien de plus intéressant, de plus inconcevable que les humains. […] Au moment précis où l’on croit les avoir pénétrés à fond, ils font une chose complètement inattendue.

Hercule Poirot tourna la tête.

– Non, ce n’est pas exact. Il est extrêmement rare que quelqu’un commette une action qui ne soit pas dans son caractère.

fleur v1

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Pauvre et fière – Owali Antsia

Owali Antsia est une écrivaine d’origine gabonaise. Sur sa page Facebook à laquelle je suis abonnée, elle partage ses avis de lecture. Des avis bien construits, de qualité. A travers eux, j’ai perçu une lectrice exigeante.

En parcourant sa bibliographie, j’ai découvert Pauvre & Fière, un roman qui surfe entre le roman social, la romance et le polar.

PAUVRE ET FIERE d'Owali ANTSIA - Cousines de lectures.......

 

Désirant découvrir le polar made in Gabon après le chasseur de lucioles et homicides 241, il a immédiatement été ajouté à ma wishlist. 

Résumé de l'oeuvre

 

Ceux qui ont l’habitude de croiser Kini dans les rues d’Owendo diront d’elle que c’est une jeune fille hors du commun. Déterminée à honorer la mémoire de sa mère dont elle a hérité la dignité et une foi inébranlable face à toutes épreuves, elle porte sur ses frêles épaules la responsabilité de l’éducation de son frère cadet dont elle a l’entière charge depuis que son père, alcoolique notoire et sa sœur aînée, reine de la nuit, ont déserté le domicile familial. A ce quotidien âpre, s’ajoute deux crimes crapuleux commis dans la ville. Ils n’ont de prime abord aucun lien entre eux, sauf peut-être Kini. Mais ça, elle ne le sait pas encore…

 

mon-avis-de-lecture

 

Moutsiga-Moussirou Shine Kini est une jeune fille de 21 ans orpheline de mère. Obligée d’arrêter son cursus scolaire pour laisser la chance à son jeune frère d’accéder à l’éducation, elle se débrouille pour subvenir à leurs besoins.

Mais où se trouve le père de famille ? 

Où est ton papa ?
Dis-moi où est ton papa ?
Ah sacré papa
Dis-moi où es-tu caché ?

Dixit Stromae

 

Le père est devenu un chiffon humain. Alcoolique, il déserte la maison, abandonne ses enfants à leur propre sort, revient de temps en temps pour jouer un semblant de rôle de père. 

Kini est une jeune fille courageuse, attachée à sa foi chrétienne et ses valeurs. Elle refuse de gagner l’argent à la sueur de ses fesses. Son pain, elle veut l’obtenir avec dignité contrairement à sa sœur aînée Chanel. J’ai éprouvé beaucoup d’admiration pour cette jeune fille. Son histoire est touchante et est un modèle pour la génération actuelle. 

 

La pauvreté s’attache aux pas de Kini et il semble qu’elle ne soit pas la seule à y être attachée. Les déboires amoureux sont également son lot.

 

A la page 68, je commence à m’impatienter. Le polar s’immisce à quel moment dans le récit ?

Je prends mon mal en patience jusqu’à la page 103 où la courbe de mon intérêt pour le roman remonte. 

Enfin un crime !

Celui d’un homme d’affaires béninois retrouvé sans vie dans une chambre d’hôtel. Kevin Ebang, soupirant de Kini et lieutenant de la police judiciaire prend en charge l’enquête. 

A peine le temps de réfléchir au mobile et aux suspects, qu’un 2e crime se produit ! Je ne boude pas mon plaisir.

Je m’installe confortablement pensant vivre une enquête policière de folie avec des révélations, des fausses pistes. Je m’attends à un casse-tête, à tomber des nues et là…. Déception. L’ombre policière ne plane sur ce roman que sur une trentaine de pages. Potentiel sous-exploité. L’enquête vite résolue comme si on devait se concentrer sur autre chose. Quoi ? La romance ?

 

La romance apporte son lot de rebondissements. Certaines péripéties m’ont arraché un sourire, un rire mais mon cœur n’a pas frémi. Je n’ai pas eu envie de me retrouver à la place de l’héroïne. Les histoires d’amour de Kini ne se distinguent pas de toutes celles que j’ai lues jusqu’ici. Il m’a manqué de l’originalité. Je me rends compte que j’ai développé de grosses attentes concernant le roman. 

De Pauvre & fière, je ne retiens que le volet social. L’histoire est d’ailleurs teintée de l’argot local, les descriptions de Libreville et de ses quartiers sont réussies et nous permettent de nous les représenter sans trop d’efforts. Le style est limpide, apporte de la fraîcheur au récit. 

Ce roman évoque les conditions des orphelins sous nos cieux, le combat d’une jeune fille pour vivre une vie décente. 

Pauvre & Fière est un roman intéressant mais je suis restée sur ma faim. J’en attendais plus de l’auteure.

 

fleur v1

 

 

 

 

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Pension Vanilos – Agatha Christie

C’est pour une bien mince affaire qu’on dérange le grand Hercule Poirot : dans une pension de famille peuplée en majeure partie d’étudiants, il s’est produit toute une série de menus larcins et de petits actes de malveillance – délits trop insignifiants pour qu’on prévienne la police et qui semblent encore moins dignes du génie de Poirot.
Mais la liste des méfaits est si bizarre que l’attention du célèbre détective en est piquée. Alors que l’enquête commence, les choses se gâtent. En fait, elles deviennent intéressantes : trois cadavres resteront sur le carreau. Le prix à payer pour la découverte d’un bien vilain trafic…

 

l'Afrique écrit

 

  • Un soulier de bal (d’une paire neuve)
  • Un bracelet (de fantaisie) 
  • Une bague en diamants (retrouvée dans le potage)
  • Un « compact » de poudre de riz
  • Un bâton de rouge à lèvres.
  • Un stéthoscope.
  • Deux boucles d’oreilles.
  • Un briquet.
  • Un vieux pantalon de flanelle.
  • Des ampoules électriques.
  • Une boîte de crottes au chocolat
  • Une écharpe de soie (retrouvée en morceaux)
  • Un sac à dos (même observation)
  • De l’acide borique (en cristaux)
  • Des sels de bain.
  • Un livre de cuisine.

 

Tels sont les éléments disparus à la pension vanilos, un hôtel réservé aux étudiants dans Hickory Road. 

Pourquoi ont disparu des objets si dissemblables ? Y a-t-il dans cette diversité, une intention ?  

Ce vol est-il l’oeuvre d’un cleptomane résidant dans la pension ?

Est-ce Patricia Lane, l’étudiante qui prépare un diplôme d’histoire ou d’archéologie, Valérie Hobhouse, l’esthéticienne, Bateson, l’étudiant en médecine, Célia Austin, l’infirmière ?

Serait-ce l’oeuvre de Gopal Ram ou Chandra Lal, les étudiants hindous, Achmed Ali, l’égyptien, Sally Finch, Mac Nabb, Nigel, Elizabeth ou encore Akimbombo ? 

L’inspecteur Sharpe mène en grande partie l’enquête. Hercule Poirot intervient en partie dans la résolution de l’affaire. J’avoue que son sens de l’observation et de déduction m’épate à chaque lecture.

Pension Vanilos offre un sympathique instant de lecture. Une lecture fluide, une intrigue bien menée même si son dénouement m’a paru un peu tiré par les cheveux.

Ce roman contient assez de préjugés raciaux. Je n’ai pas apprécié les traits caricaturaux des étrangers notamment Akibombo.

Un exemple : les nationalités des étrangers sont clairement dites : jamaïcaine, française, indien, turc, égyptien mais Akibombo est nommé l’Africain. On dit qu’il vient d’Afrique Occidentale. Depuis quand l’Africain est une nationalité ? Il est également appelé le Noir mais la française ou l’hindou ne sont jamais appelés la blanche ou le jaune. Ça m’a agacée cette fixation sur sa couleur de peau m’a agacée.

 


 

Je vous souhaite à tous un heureux mois d’avril. 

 

fleur v1

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La rumeur de Lesley Kara – suspense pychologique

Nourrissez la rumeur… Puis regardez-la vous engloutir.

Parmi les habitants de la petite station balnéaire de Flinstead se cacherait, sous une fausse identité Sally McGowan, une femme coupable d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans. C’est ce que dit la rumeur, celle que Joanna répand, sans penser à mal, simplement pour faire la conversation et s’intégrer auprès de ses nouvelles voisines. Mais la machine s’emballe et la tranquille petite ville est gagnée par la paranoïa. Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Couverture La rumeur

Ça commence par une rumeur. Des murmures à l’entrée de l’école. […] Je n’ai pas de temps à perdre à écouter les commérages des uns et des autres. Jusqu’à ce que j’aperçoive le visage de Debbie Barton. […]

La mère de Jake – Cathy, il me semble – jette un rapide coup d’œil autour d’elle avant de parler :

– il paraît qu’une célèbre tueuse d’enfant habite ici, à Flinstead…

– D’où tiens-tu cette histoire ?

Cathy prend une profonde inspiration. 

– Disons que je tiens ça de quelqu’un qui connaît quelqu’un dont l’ex-mari était flic. Peut-être que rien de tout ça n’est vrai, mais vous savez il n’y a pas de fumée sans feu. Et mon mari affirme qu’ils les envoient toujours dans des petites villes comme la nôtre.

 

La rumeur a été lancée par Cathy mais elle est propagée par Joanna Critchley, notre narratrice principale. La première fois au club de lecture pour détourner la conversation, la 2e pour tisser un lien avec des mères à l’école de son fils.

 

Dès lors, toutes les femmes deviennent suspectes. Qui est Sally ? Serait-ce Susan Marchant ou Sonia Martins dont les initiales concordent avec ceux de Sally McGowan ou encore Liz ou Kay ?

Le suspense est au rendez-vous. La lecture est fluide et captivante grâce aux courts chapitres. (Il y en a 54 en tout)

L’auteure brouille les pistes et elle m’aurait eue si je ne m’étais pas souvenue du livre S’il vous plaît sauvez-moi d’Helen Callaghan qui m’a mise sur une bonne piste. Elle a quand même réussi à me surprendre avec le dénouement final.

 

J’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai apprécié les thèmes de ce récit : la gestion du deuil suite au meurtre d’un être cher, le sentiment d’injustice, la culpabilité, les crimes commis par un enfant. Doit-on payer en tant qu’adulte pour les crimes qu’on a commis quand on n’était qu’un enfant ?

En tant que fan inconditionnelle des couples mixtes, j’ai apprécié le couple que forment Joanna et Michael. 🙂

Je garde le nom de cette auteure anglaise en tête. Peut-être lirai-je son deuxième roman qui sort cette année. 

 

 

GM signature

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Je me suis tue de Mathieu Menegaux

Depuis un moment, je n’arrive pas à dire grand chose sur les romans que je lis ou j’ai la flemme de rédiger les chroniques. Des chroniques entamées mais non publiées se prélassent dans mes brouillons.

Mais certains livres arrivent à imposer leur délai de publication. Leur intensité et pertinence rend volubile.  Je me suis tue de Mathieu Menegaux fait partie de cette classe de livres.

Couverture Je me suis tue

Livre découvert dans le groupe de lecture « Accro aux livres » sur Facebook. Les nombreux avis élogieux m’ont convaincue.

La 4e de couverture de « Je me suis tue » est réussie. Elle nous dit l’essentiel sans révéler l’intrigue. En écrivant cette chronique, je me suis demandé s’il fallait rester dans la logique du résumé ou en dire plus.

J’ai choisi la 2e option mais rassurez-vous je n’irai pas dans les moindres détails.

 

Claire, notre narratrice est une férue de musique. 

Encore une chanson. Toutes les situations de la vie, des plus gaies aux plus noires, des plus courantes aux plus improbables, ont été décrites en chansons. 

Elle glisse dans le flot de ses paroles des extraits de chanson. Parfois, on ne s’en rend pas compte parce que les extraits collent au texte parfois ils apparaissent comme un cheveu sur la soupe. 

 

Claire est en prison depuis deux ans. Du fond de sa cellule de la maison d’arrêt des femmes à Fresnes, elle nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison. Elle nous livre son témoignage, ce qu’elle a refusé de révéler aux instances judiciaires, à son mari.

Elle nous joue une partition de musique aux notes silencieuses et noires, rythme saccadé, tempo crescendo.

Victime d’une expérience traumatisante crainte par toutes les femmes, elle va s’emmurer dans le silence. Faire comme si cela ne s’était jamais passé. Ce choix du silence va lui porter préjudice. La victime deviendra bourreau, pire son propre bourreau…

J’ai apprécié ce récit qui s’étale sur moins de 200 pages. Je l’ai terminée en moins de 3 heures et j’en profite pour dire merci à tous ces auteurs qui savent qu’on n’a que 24 heures dans la journée et répondent de façon optimale à mon envie de lecture quotidienne et rapide. 😀

La plume de Menegaux a été une belle découverte. Travaillée, fluide, mélancolique et vive, elle est.

Ce récit a été une claque, une leçon de vie pour moi. Les choix que nous faisons conditionnent nos vies mais aussi celles de nos proches. Croire qu’on peut s’en sortir toute seule est carrément faux. Non, on ne peut pas tout garder en soi surtout lorsqu’on a vécu une expérience traumatisante. Il est nécessaire d’en parler ne serait-ce qu’à un psychologue.

J’ai eu de l’empathie pour cette femme désorientée après cette expérience traumatisante même si j’ai eu envie de la secouer voire de la gifler à chacune de ses mauvaises décisions. Non, tous les secrets ne sont pas bons à taire. Le poids du silence est parfois trop lourd à porter et son prix trop élevé. Claire aurait eu une autre vie si elle n’avait pas fait ses mauvais choix, si elle n’avait pas tant tenu à son image. 

Arrogante, je n’ai pas eu l’humilité de te faire confiance. Suffisante, j’ai voulu m’en sortir toute seule. J’ai été orgueilleuse, stupide et indigne.

 

Lorsqu’on arrive au twist final qui peut être abracadabrant à première vue, on ne peut qu’affirmer que Claire et son mari auraient dû aller jusqu’au bout pour confirmer leur hypothèse, effacer leurs doutes. On arrive au point final de cette histoire et on ne peut s’empêcher de dire : quel gâchis !

 

Je vous invite à découvrir ce livre percutant qui offre une belle réflexion sur la communication dans le couple, la culpabilité, le poids du silence, la gestion de cette expérience traumatisante qu’est la contrainte à un acte sexuel. 

 

En fouinant sur le net, j’ai découvert qu’un autre roman traitait du sujet et avait beaucoup de similitudes avec « Je me suis tue« . Il s’agit du roman le malheur du bas d’Inès Bayard. Coïncidence, influence ou plagiat ? Je referme la parenthèse.

 

signature coeur graceminlibe

 

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TTL 54 : Les cigognes sont immortelles

Le jeudi c’est Throwback Thursday Livresque ! Le thème de cette semaine est : Animal

Une belle occasion pour vous parler à nouveau de Mémoires de porc-épic d’Alain Mabanckou mais une inspiration de dernière minute m’a poussé à interpréter le thème autrement. Pas un animal en tant que personnage principal du roman mais dans le titre. 

Le roman Les cigognes sont immortelles d’Alain Mabanckou lu en octobre dernier a été une évidence.

 

Couverture Les cigognes sont immortelles

Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l’Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l’arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l’apprentissage du mensonge.

 

Mon avis sur ce roman

Michel, notre narrateur principal n’est autre que le héros de Demain j’aurai vingt-ans du même auteur. Quel plaisir de retrouver ce petit Michel qui m’a fait retomber en enfance et qui a démontré à travers son récit combien l’amour, l’amitié et la famille sont si importants pour la construction d’une vie.

Dans les cigognes sont immortelles, nous le retrouvons quelques années plus tard. Michel est maintenant au collège et sa candeur est toujours intacte.

Le récit débute le samedi 19 mars 1977. Michel nous fait découvrir sa parcelle, ses voisins et leur mode de vie, la boutique de Mâ Moubobi, ses parents qui s’aiment et se chamaillent ainsi que son chien Mboua Mabé qui veut dire en lingala chien méchant. On s’installe sans forcer dans ce quartier Voungou.

L’ambiance paisible du quartier est contrariée par l’annonce de la mort du camarade président Marien Ngouabi. L’annonce ainsi que le décryptage des événements sont faits sur les radios et on voit comment l’information est traitée  et analysée différemment au niveau national et international. 

L’histoire politique du Congo rejaillit. Celles des pères de la décolonisation en Afrique à l’instar de Ruben Um Nyobè et des assassinats politiques dans le continent au début des années 60 également. J’ai apprécié ce retour dans le passé.

Il y a des temps morts voire creux tout au long du récit mais la lecture est agréable dans l’ensemble. Mabanckou arrive toujours à me faire passer un bon moment de lecture grâce à son humour fou

 

Symposium, c’est quoi ça encore ? Vraiment, toi Roger, tu as des mots que même les Blancs se demandent s’ils sont dans leur dictionnaire !

 

Eh bien, nous ça nous arrangeait car Pompidou c’est un nom que nous aimions bien, c’était comme le surnom d’un bébé gentil qui boit son biberon le soir et qui s’endort sans embêter ses parents jusqu’à sept heures du matin

 

Le journaliste avait expliqué que le mariage avec Clotilde Martin ne dérangeait pas les Congolais, c’était bien de montrer que nous n’étions pas des racistes, que nous pouvions épouser des Blanches de toutes catégories, et même accepter qu’elles soient nos mamans nationales alors que ce n’était pas demain que Tonton Pompidou allait quitter sa femme blanche et choisir une femme grosse de chez nous qui sera noire du matin au soir devant tous les Français qui vont crier : Mais c’est quoi ça ?

 

 

La citation à méditer : mais le malheur se cache toujours derrière la porte du bonheur.

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

fleur v1

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TTL 53 : Le pic du diable – Deon Meyer

Le jeudi c’est Throwback Thursday Livresque ! Le thème de cette semaine est : Révolte

Le livre que j’ai terminé il y a quelques jours conviendrait parfaitement mais étant donné que c’est une lecture très récente, je le réserve pour de futurs Throwback.

Pour cette semaine, j’ai pensé à un roman policier de Deon Meyer reçu dans le cadre d’une rencontre littéraire sur le polar ethnique.

 

Couverture Le pic du diable

Pour Thobela, ex-agent du KGB, tuer a longtemps été une seconde nature. Jusqu’au jour où il décide de raccrocher pour s’occuper de son fils adoptif Pakamile. Tout bascule quand des brigands abattent Pakamile. Thobela, armé d’une sagaie, mène une croisade contre les bourreaux d’enfants qui sévissent en toute impunité en Afrique du Sud. L’inspecteur Griessel pourra-t-il arrêter ce carnage?

 

Pourquoi ce titre ?

Notre personnage principal, Thobela est un révolté. Révolté contre les brimades, violences faites aux enfants qui restent impunies. Il va s’ériger en justicier des temps modernes et mener une croisade en se donnant comme but de pourchasser et tuer tous les bourreaux d’enfants qui sévissent en Afrique du Sud. 

Thobela n’est pas l’unique narrateur de l’histoire et l’unique révolté. Il y a Christine. Elle est d’ailleurs celle qui introduit le récit. Une jeune fille de bonne famille qui va se révolter contre l’extrémisme religieux de son père et devenir une travailleuse du sexe.

 

Mon avis sur ce roman

Le pic du diable a été ma première rencontre avec cet auteur sud-africain qui est une référence.

La narration a été difficile à suivre au début car trois personnages racontent leur histoire en enfilade : Thobela d’origine Xhosa, Christine l’afrikaner et l’inspecteur blanc Griessel, un homme torturé qui a du mal à se séparer de l’alcool. Trois destins qui vont se raconter distinctement puis s’entremêler. Trois personnages que l’on va côtoyer et apprécier avec leurs défauts et leurs qualités.

A travers cette histoire, on ressent combien le vivre-ensemble est difficile en Afrique du Sud. Il y a des groupes bien distincts: les afrikaners, les noirs et les métis et ces groupes limitent leurs interactions. 

J’ai apprécié cette lecture qui évoque plusieurs thèmes : la pédophilie, la gestion du deuil,  le quotidien des travailleuses de sexe…. L’intrigue est bien ficelée et prenante même s’il y a quelques temps morts. 

 

Avez-vous déjà lu des romans de Deon Meyer ? Lequel dois-je absolument lire ?

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

fleur v1

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TTL 44 – Ma soeur, serial killeuse -Oyinkan Braithwaite

Happy New Month les amis ! Que ce mois d’août soit ensoleillé que vous partiez en vacances ou pas. 

Le Throwback Thursday Livresque est officiellement en pause chez Carole du blog My Bo0ks. Pour ne pas perdre mon engouement à participer à ce rendez-vous, j’ai décidé de reprendre en ce mois d’août des thèmes de l’an dernier que je n’avais pas faits

1er août : Famille

8 août : Comme un oiseau en cage

15 août : La meilleure héroïne

22 août : Take me anywhere

29 août : Fantasy, fantastique, magie, SF, irréel, incroyable, miracle, au-delà, anges et créatures…

Thème de cette semaine

famille

Je vous présente un ethno-polar où la famille prend une place importante
Couverture Ma soeur, serial killeuse
Korede s’est donné pour mission de protéger sa cadette envers et contre tout, et ce n’est pas une mince affaire. Non contente d’être la plus belle et la favorite de leur mère, Ayoola a aussi la fâcheuse habitude de tuer ses amants. Ainsi, au fil du temps, Korede est devenue experte pour faire disparaître les traces de sang et les cadavres. « Seulement, avec Femi, ça fait trois. Et à trois, on vous catalogue serial killer… »

Korede a une vie à mener, elle aussi : elle est secrètement amoureuse de Tade, le séduisant médecin qu’elle croise tous les jours dans les couloirs de l’hôpital où elle travaille comme infirmière. Aussi, lorsque sa jeune sœur jette son dévolu sur Tade, Korede se trouve face à un dilemme : comment continuer à protéger Ayoola, sans risquer la vie de l’homme qu’elle aime ?

À l’instar d’une Jane Austen des temps modernes, Oyinkan Braithwaite interroge les liens du sang. 

 

 

Les chapitres courts avec chacun un titre et écrits sur un ton simple donnent un rythme dynamique à l’histoire. Les pages se tournent sans manifester le moindre effort. On est attentif aux mots de Korede.

Ayoola est à son 3e crime au début du récit. Comme à l’accoutumée, Korede, sa sœur infirmière l’aide à effacer toutes les traces du crime. Korede est l’aînée et les aînés ont de grandes responsabilités envers leurs cadets surtout sous les cieux africains. 

Korede protège sa sœur, la couvre. Mais qui protège ceux que cette dernière tue ?

Aimer sa famille, la protéger équivaut-il à cacher ses noirceurs ?

Jusqu’à quel point faut-il être fidèle envers sa famille ?

J’ai détesté la fidélité de Korede envers sa petite sœur. Personnellement, je l’aurais dénoncée dès le premier crime. Je suis contre l’injustice.

J’ai détesté le caractère d’Ayoola, une vraie psychopathe. J’ai eu envie d’étrangler, cette manipulatrice.

J’ai passé un bon moment avec ce roman. Je pense qu’une adaptation cinématographique serait intéressante. Une idée que Nollywood exploitera, qui sait ?  🙂

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Quel livre auriez-vous choisi pour ce thème ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

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