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TTL 94 : épouses et concubines de Su Tong

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: culture

J’ai immédiatement pensé à ce livre qui fait écho à un fait culturel : la polygamie.

Couverture Épouses et concubines

La Chine du Nord, dans les années 20. Songlian, belle étudiante de dix-neuf ans dont la famille est ruinée, accepte de devenir la quatrième épouse du riche Chen Zuoqian. Dans le huis-clos de sa nouvelle demeure, une seule loi, la séduction : la favorite de la nuit régente, le jour, la vie de la maison. Songlian, l’indépendante, sera-t-elle victime ou complice du système féodal qui commande en ces lieux ? Passion, possession, et pouvoir colorent de feu et de sang ce ballet de charmes, où les quatre épouses et concubines se livrent une danse à mort pour le plaisir du maître.

Dans ma contrée, la polygamie n’est pas un fait inédit. C’est un fait courant dans nos sociétés et une thématique très exploitée en littérature. On a le droit de ne pas l’approuver mais aussi le devoir de ne pas mépriser ceux qui la pratiquent parce qu’ancrée dans leurs mœurs et cultures.

Personnellement, ça ne cadre pas avec mes convictions spirituelles comme d’autres modes de vie mais je me dois d’avoir du respect pour la culture des autres.

Bien ! Revenons à notre livre. Lire cette thématique du côté de l’Asie et en particulier en Chine dans les années 20, c’est nouveau pour moi.

Elles s’appellent Yuru, Zhuoyun, Meishan et sont respectivement les 1ere, 2e et 3e épouses de Chen Zuoqian. A 50 ans, ce dernier prend Songlian pour 4e épouse.

Songlian n’a que 19 ans. A la mort de son père, sa belle-mère lui a indiqué qu’il fallait choisir entre travailler ou se marier. Songlian a choisi de se marier et avec un homme d’une famille riche. Sa belle-mère lui a bien signifié que cela voudrait dire qu’elle serait une « petite » épouse, une concubine, mais de ce titre un peu moins glorieux, Songlian s’en moque comme de l’an quarante. Elle veut juste trouver un bon parti.

Dans ce foyer, elle va découvrir toute l’hypocrisie conjugale, le jeu de séduction et de pouvoir. Aimer est un art, tromper aussi…

J’ai trouvé les profils psychologiques des femmes très intéressants. Yuru est l’effacée. Zhuoyun, l’épouse conciliante et Meishan, la rebelle. Sa perfidie la rend autant intéressante qu’agaçante. Songlian, quant à elle, cherche à marquer son territoire dans cet environnement d’un lion pour 4 lionnes.

L’histoire est courte et intéressante. La fin révèle que dans de nombreux cas la polygamie a une issue dramatique pour au moins une des épouses ou leurs enfants.

Ai-je un reproche à faire au roman ? J’aurais aimé qu’il y ait encore plus de coups tordus entre les co-épouses. 😀

Dans le cadre d’un challenge Livraddict, j’en ai profité pour regarder l’adaptation cinématographique que j’ai appréciée. Le rouge est omniprésent. N’est-ce pas la couleur du désir, de la passion, du pouvoir ? On ressent cette hypocrisie entre les co-épouses, elles ne nous épargnent pas leurs mesquineries. Dans le film, le rituel suivi par le maître pour choisir celle avec qui il passera la nuit est bien décrit.

Quelques scènes ont été modifiées et cela nous permet de voir les personnages notamment la seconde épouse d’un autre œil. La relation entre le maître et l’une des servantes est d’ailleurs plus détaillée que dans le livre et dévoile l’inarrêtable appétit sexuel de l’homme.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 92 : Un assassin parmi nous de Shari Lapena

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: C comme…

Captivant. C’est le mot qui m’est venu à l’esprit après lecture du thème de la semaine. Et j’ai immédiatement relié ce mot à l’une de mes trois dernières lectures.

Couverture Un assassin parmi nous

Gwen et Riley, David Paley, Ian Beaton et Lauren Day, Beverly Sullivan et son mari Henry, Dana Hart et son fiancé Matthew, Candice White. Deux meilleures amies, deux célibataires, trois couples. Leur point commun ? Ils ont décidé de passer un week-end détente, loin du stress des occupations quotidiennes au Mitchell’s Inn, un élégant hôtel de 3 étages en briques rouges et beiges, encerclé par la forêt et géré par James et son fils Bradley.
Ces couples et ces voyageurs solitaires ont tous débarqué un vendredi et ce qu’ils ne savent pas c’est qu’ils vont vivre les 48 heures les plus stressantes de leurs existences. Il y a un assassin parmi eux…

J’ai découvert ce roman grâce au pendu littéraire, un jeu auquel je joue régulièrement sur Livraddict. J’ai débuté ma lecture un vendredi en fin d’après-midi et j’ai dû me faire violence pour dormir. Reprendre ma lecture a été l’une des premières choses auxquelles j’ai pensé au réveil.
Un assassin parmi nous est un thriller prenant. Assez lent au début mais le rythme s’accélère après le 1er meurtre. Le suspense est très présent, on n’est pas loin de l’ambiance des 10 petits nègres d’Agatha Christie.

Un assassin parmi nous est une lecture que je recommande. C’est d’ailleurs le livre de l’auteure qui a la meilleure note sur Livraddict. Shari Lapena a tellement su brouiller les pistes et manier les rebondissements qu’on en redemande encore lorsque l’identité du meurtrier est révélée.

Fleur bleue, j’ai apprécié l’histoire d’amour naissante et j’ai été déçue de sa tournure. Côté personnage, j’ai eu un coup de cœur pour David Paley, cet avocat quarantenaire, spécialisé en droit pénal et au passé intriguant. J’ai apprécié son aura. Il m’a été difficile de le quitter et j’espère que l’auteure va l’insérer dans l’une de ses prochaines parutions. 😀

Avez-vous déjà lu Shari Lapena ? Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Snapshots – Nouvelles voix du Caine Prize

Six auteurs, six longues nouvelles saluées par le Caine Prize pour la littérature anglophone d’Afrique – émanation du fameux Booker Prize – nous démontre superbement l’originalité et la puissance d’invention de cette toute jeune génération d’écrivains.

Noviolet Bulawayo est une auteure zimbabwéenne qu’il me tardait de découvrir.

Sa nouvelle Snapshots est l’histoire d’une famille zimbabwéenne qui va se disloquer à la suite de la mort du père. La nouvelle est racontée à la deuxième personne du singulier, narration découverte grâce à Emmanuel Dongala et que j’apprécie énormément. « Tu » est une enfant, « tu » est une jeune fille. Appelons-là Sunrise du nom dont elle a été baptisée par Givemore. Cet homme qui a l’âge d’être son père et qu’elle va rencontrer sur Mainstreet à l’âge de 14 ans et demi. Un homme qui va mettre fin à sa triste carrière de vendeuse d’œufs durs. Appelons-là Sunset, cette jeune fille qui a 14 ans et trois quart et qui n’atteindra pas l’âge adulte.

Snapshots c’est l’histoire d’une jeune fille avec en toile de fond les réalités sociales du Zimbabwe, inflation, précarité, grève du personnel soignant, manque d’équipements dans les établissements hospitaliers, les coupures d’eau et d’électricité fréquentes etc…

Hunter Emmanuel de Constance Myburgh

Hunter est bûcheron. Un jour, il découvre une jambe suspendue à une branche de pin, aux trois quarts du tronc. A qui appartient cette jambe ? Pourquoi a t-elle été coupée ? Si l’on obtient une réponse à ces interrogations, d’autres restent sans réponse. J’ai apprécié l’allure policière de cette nouvelle.

America de chinelo okparanta

L’histoire de Gloria et Nena, deux femmes qui s’aiment.

La maman de Nena en est toute triste: sa fille n’aura pas de mari, donc elle pas de petits-enfants. Gloria a l’opportunité d’aller en Amérique où un poste lui est offert. Si Nena a partagé son identité homosexuelle à ses parenrs, Gloria, elle, n’a pas osé le faire car ses parents sont très ancrés dans la foi, Un an plus tard cette dernière est en visite au Nigéria et toutes deux décident qu’elle essayera de la rejoindre là-bas. Nena émet sa demande de visa. Son désir de partir contrarie sa mère. Elle a peur que sa fille ne revienne jamais et peu à peu Nena partage sa peur. Entre partir et rester, quelle est la meilleure option pour elle ?

J’ai été un peu déçue car j’avais déjà lu cette nouvelle dans le bonheur comme l’eau de la même auteure.

Miracle de Tope Folarin

Une église nigériane au Texas qui reçoit la visite d’un pasteur nigérian. Des hommes, des femmes dans l’attente de divers miracles financiers, sociaux, familiaux, etc… Une nouvelle qui évoque la foi des uns, les réalisations mensongères de miracle des autres.

Jours de baston d’Olufemi Terry

Raul est un adolescent de 13 ans qui vit sur une décharge. Raul est un combattant et cette nouvelle relate ses jurs de combat avec d’autres garçons c’est la violence également, la misère des enfants qui est relaté.

La république de Bombay de Rotimi Babatunde

Récit de l’engagement du peuple africain dans la seconde guerre mondiale en particulier celui de Bombay. Ces hommes arrivent en terre inconnue, pour défendre une cause qui n’est pas vraiment la leur, auréolés de multiples croyances. Les préjugés sur les combattants africains m’ont fait penser à Frère d’âme de David Diop. Revenu dans sa ville natale du Nigéria après avoir combattu sur le Front Oublié de Birmanie, Bombay s’installe dans l’ancienne prison de sa ville et y fonde la République de Bombay dont il sera l’unique Président et citoyen. Une nouvelle qui allie avec dextérité sérieux et drôlerie.

Snapshots – Nouvelles voix du Caine Prize est un recueil de nouvelles à lire et à faire lire. Avouons-le, la littérature anglophone africaine est excellente et regorge de talents.

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J’ai vu The Grudge et…

Jeudi 23 janvier 2020, 

Je mobilise ma dernière énergie pour finaliser un document pour mon boss quand je reçois un message de mon petit frère. Il m’annonce qu’il y a un film d’horreur à l’affiche, me propose qu’on le regarde. Je lui dis ok sans regarder la bande annonce du film. Je lui fais confiance. C’est mon partenaire de crime, d’horreur je voulais dire. 

Avec lui, j’ai regardé tous les conjuring. Le dernier film qu’on a regardé ensemble était la Nonne. Un film incroyable !!! Dépêchez-vous de le voir. Il doit être sorti en DVD.

Samedi 25 janvier 2020, 

On part à la séance de 18h30. Il préfère la séance de 23h45 mais c’est tard pour moi. Je n’ai pas envie de somnoler au culte de dimanche. De plus, on nous a dit qu’il fallait ne pas trop traîner au dehors en ce moment à Abidjan. Il finit par se laisser dissuader. Si mes arguments ne sont pas trop convaincants, mon autorité de grande sœur m’aide largement. 😀 

On arrive avec quelques minutes de retard. Je ne sais toujours du rien du film. Je le suis donc attentivement pour ne rater aucune information.

 

En 2004, une infirmière, Fiona Landers, assassine son mari et leur petite fille âgée de six ans dans sa demeure en Pennsylvanie. Les Détectives Goodman et Wilson enquêtent sur les meurtres. Mais il s’avère que la résidence est hantée. Peu de temps avant le meurtre, Fiona a fui précipitamment Tokyo après avoir vu les fantômes d’une jeune japonaise, Kayako Saeki, et d’un petit garçon, Toshio, dans un autre domicile inquiétant… Possédée par elle, Fiona tue ses proches avant de se suicider. Désormais, tous ceux et celles qui pénétreront dans sa demeure se verront maudits à leur tour par les fantômes de Kayako et Toshio…

 

l'Afrique écrit

 

Je veux d’abord parler des personnages. Ils ont su incarner leurs rôles avec maestria qu’ils soient principaux ou secondaires. Aucun ne m’a laissé indifférent ou m’a donné l’impression d’être mal à l’aise ou de surjouer. 

Ça a été un plaisir de retrouver Demián Bichir qui a brillamment interprété le rôle du père Burke dans la Nonne

Quid du scénario ?

Le film est raconté dans un ordre non chronologique à travers plusieurs périodes. Il débute en 2006 avec l’arrivée de la Détective Muldoon dans la ville et la découverte du corps sans vie de Lorna Moody dans les bois. Une enquête policière débute et va prendre une allure surnaturelle quand la détective Muldoon apprend que Lorna s’est rendue au 44 Reyburn Drive.

Cette maison est maudite. Une femme y a tué sa fille et son mari avant de se suicider…

On fait des allers-retours entre le présent où la détective Muldoon mène son enquête et les années 2004 – 2005 où l’on fait la connaissance de deux couples : les Spencer et les Matheson. Deux couples qui ont un lien avec le 44 Reyburn Drive.

 

J’ai apprécié l’atmosphère glauque du film, les couleurs sombres, ternes pour installer le décor. On rentre lentement dans le vif du sujet. La chronologie non ordonnée déconcerte au début mais une fois le lien fait entre les différents personnages, on est embarqué.

Les moments de tension sont réussis grâce aux jump scare*, j’ai sursauté à quelques scènes d’horreur mais c’était assez léger pour moi. Je n’ai pas flippé du début à la fin. Il y a eu trop de temps mort pour moi. 😦

 

Je pense que le scénariste aurait dû s’attarder sur Tokyo, là où la malédiction a débuté. Le final est un bon retournement de situation mais je m’attendais à autre chose, à la fin de la malédiction via un exorcisme par exemple.

 

Conclusion

The Grudge est un sympathique film d’horreur mais il n’est définitivement pas un must-see pour moi. 

 

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Quelques images du film 

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*Un jump scare (litt. « saut de peur ») est un principe qui recourt à un changement brutal intégré dans une image, une vidéo ou une application pour effrayer brutalement le spectateur ou utilisateur.

 

GM signature

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TTL 57: Douleur intime – Fatou Diomandé

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est : Virage à 180° (Un personnage qui évolue ou change radicalement)

Pour ce thème, j’ai pensé à un roman jeunesse d’une auteure ivoirienne.

Douleur intime VALLESSE

 

Pourquoi ce choix ?

1997, ville imaginaire de Talla.

La famille Botiga y vit depuis 10 ans après leur fuite de Duna pour échapper aux affres de la guerre. Myra, l’aînée, a 18 ans et est en classe de Terminale.

Myra a deux amis : Yaël et Chloé, deux jeunes issus de la classe aisée qui obtiennent tout ce qu’ils veulent de leurs parents. Au Lycée, on les surnomme le trio d’enfer.

Yaël comble les deux jeunes filles de cadeaux et d’attention. Il est sympathique, brillant à l’école. Alors comment comprendre que ce jeune homme à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession soit l’auteur d’un acte de violence sexuelle et de surcroît sur Myra sa meilleure amie ?

Pourquoi ce brusque changement d’attitude ? Ou faisait-il semblant d’être doux comme un agneau pour cacher le loup en lui, tapi dans l’ombre ?

Après son acte de lâcheté, Yaël va présenter ses excuses. Des excuses dont la sincérité reste à prouver puisqu’il va complètement abandonner Myra au moment où elle aura le plus besoin de lui….

 

Mon avis de lecture

Ce roman a clairement choisi son public : la jeunesse. Format court, structure narrative fluide, ton simple. 

Les thèmes abordés sont percutants : le viol et l’absence de soutien psychologique de la victime, la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH SIDA. J’ai admiré le courage de Myra face à toutes ces épreuves qui lui sont tombées dessus si brusquement. J’ai admiré sa détermination à ne pas se laisser vaincre par les vicissitudes. Un bel exemple de résilience. 

 

Douleur intime offre un sympathique moment de lecture. Les événements sont racontés de manière brève et évitent qu’on tombe dans le pathos mais ils s’enchaînent trop vite à mon goût. 

J’aime les romans de moins de 200 pages mais je suis restée un peu sur ma faim avec ce roman qui n’en compte que 104. J’aurais voulu qu’il y ait plus de péripéties. 

 

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

 

 

 

fleur v1

 

 

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Danse macabre – Stephen King

Danse macabre est un recueil de nouvelles d’horreur de Stephen King publié en 1978. La plupart des vingt nouvelles le composant sont parues précédemment dans divers magazines, seules les nouvelles Celui qui garde le verDesintox, Inc.Le Dernier Barreau de l’échelle et Chambre 312 étant inédites.

Le fantastique et l’horreur surgissent au détour des réalités les plus familières.

De Stephen King, je n’ai lu que Shining. J’avais beaucoup aimé l’atmosphère oppressante de ce roman. J’ai eu envie au moment où j’ai reçu Danse macabre de revivre cette atmosphère mais sous un autre format : celui du recueil de nouvelles.

Je m’attendais à lire des nouvelles excellentes du début à la fin. Exigence justifiée puisque l’auteur est Stephen King, maestro de l’horreur. Hélas, plusieurs nouvelles m’ont ennuyée à l’instar d’une sale grippe, Petits soldatsmatière grise.

Par contre, j’ai beaucoup apprécié les enfants du maïs, Poids Lourds, la presseuse, le croque-mitaine, un dernier pour la route, Cours, jimmy, cours, le dernier barreau de l’échelle et Desintox Inc.

Ces nouvelles m’ont captivée. J’ai apprécié l’atmosphère glaçante et oppressante. Elles m’ont fait frémir, j’ai éprouvé de l’empathie pour les personnages. Je vous en dis plus dans les lignes suivantes.

Les Enfants du maïs 

Burt et Vicky traversent les États-Unis en voiture dans une ultime tentative de sauver leur mariage. Alors qu’ils se trouvent dans le Nebraska, et ses champs de maïs à perte de vue, leur véhicule heurte un jeune garçon. En examinant le corps, Burt découvre qu’il a la gorge tranchée et qu’il était déjà mourant lors de la collision. Burt et Vicky mettent le corps dans le coffre et se dirigent vers Gatlin, la localité la plus proche. Mais Gatlin est habitée par une communauté d’enfants qui n’obéissent qu’à leurs propres rituels….

J’ai eu envie d’étrangler Burt. S’il avait écouté l’intuition de sa femme, leur vie aurait pris une autre tournure. 

 

Poids lourds

Le narrateur et cinq autres personnes (un cuisinier, un routier, un représentant, un jeune homme prénommé Jerry et sa petite amie), sont piégés dans un relais routier par des camions qui agissent de leur propre chef et tuent toute personne croisant leur route.

C’est un huis-clos éprouvant. J’ai ressenti la détresse des personnages.

 

La presseuse

L’inspecteur John Hunton enquête sur un accident mortel survenu dans une blanchisserie industrielle, une employée ayant été happée par une repasseuse-plieuse. L’affaire est classée mais, une semaine plus tard, une autre employée est gravement brûlée par un jet de vapeur de la machine. En interrogeant la victime, Hunton apprend que les problèmes avec cette machine ont commencé après qu’une autre employée, Sherry Ouelette, s’y soit coupée à la main. Mark Jackson, meilleur ami de Hunton, avance l’hypothèse que la machine est possédée mais Hunton la rejette jusqu’à le contremaître de la blanchisserie perde son bras dans la repasseuse-plieuse. Jackson fait alors des recherches pour procéder à un exorcisme de la machine.

Cette nouvelle m’a fait légèrement frémir mais surtout fait rire. N’est pas exorciste qui veut. 

 

Le croque-mitaine

Un homme dont les trois enfants ont tous été tués raconte son histoire à un psychologue.

J’ai apprécié la chute de cette nouvelle. Elle m’a donné froid dans le dos.

 

Un dernier pour la route

Le patron d’un bar et son dernier client voient arriver un homme à moitié congelé par le blizzard qui leur demande de venir l’aider car sa voiture s’est retrouvée enneigée près de la ville abandonnée de Jerusalem’s Lot et qu’il a laissé sa femme et sa fille dedans. Arrivés à la voiture, ils vont très vite comprendre qu’ils ne peuvent plus rien pour elles.

Cette nouvelle m’a donné la chair de poule. Une vraie nouvelle d’horreur.

 

Cours, jimmy, cours

Jim Norman est engagé comme professeur d’anglais dans un lycée. Il est régulièrement hanté par un cauchemar dans lequel il revit la mort de son frère Wayne. Alors que Jim avait neuf ans et Wayne douze, ils ont été attaqués par trois voyous et Wayne a été poignardé à mort en couvrant la fuite de son frère. Jim est satisfait de son nouveau poste et est heureux en couple avec sa femme Sally. Après les vacances de Noël, il apprend la mort de l’un de ses élèves. Il est remplacé dans son cours par un nouvel étudiant qui est le sosie de l’un des voyous ayant tué son frère. Deux autres élèves de la classe de Jim disparaissent à leur tour et sont remplacés par les deux autres voyous qui hantent ses rêves.

Frayeur. Le sentiment qui m’aurait animé si j’étais à la place de Jim.

Syncope. L’état dans lequel je me serais trouvée en rencontrant ses voyous réincarnés.

 

Le dernier barreau de l’échelle

Larry, le narrateur, reçoit une lettre de sa sœur Katrina. Il se remémore son enfance à Hemingford Home, dans le Nebraska, se souvenant plus particulièrement d’un incident précis. Arrivés à l’âge adulte, Larry et Katrina se perdent peu à peu de vue et n’échangent finalement plus que de rares lettres. À chaque fois, elle demande à Larry de venir la voir mais celui-ci est trop occupé par ses propres affaires.

J’ai apprécié cette histoire réaliste, triste et sentimentale, qui ne comporte aucune élément surnaturel. Elle m’a rappelé combien il est important de garder et entretenir le lien avec nos êtres chers.

 

Desintox, Inc.

Voulant s’arrêter de fumer, un homme fait appel à une société privée qui présente un taux de réussite impressionnant. Mais les méthodes de cette société se révèlent être assez radicales.

Ici pas d’horreur, de chair de poule mais du rire. J’ai passé un bon moment de lecture. Les méthodes de cette société hors du commun sont très radicales. 😀

 

Bon à savoir : Il y a une fiche Wikipédia très documentée sur le recueil. Vous pourrez y lire des analyses des nouvelles du recueil et avoir la liste de leurs adaptations ciné ou télévisées.

 

Excellente semaine à tous !

 

GM signature

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L’affaire Bissi de Daté Atavito Barnabé-Akayi

Couverture L'affaire Bissi : Il y a mieux que la neige...

Fari, Funmi, Kadara, Rissi, Tobi, cinq personnages trempés dans de sulfureuses intrigues, confrontées chacune à des situations extrêmes où se mêlent visible et invisible, rationnel et irrationnel, naturel et para-naturel et où, sur fond d’humour noir, l’amour côtoie non seulement le religieux et le sacré mais aussi et surtout l’horreur et la mort.

Quatre points communs à chaque nouvelle :

  1. le personnage central est une femme,
  2. le mystique est présent à forte dose,
  3. Un poème est cité,
  4. la chute est tragique.

Le sort des héroïnes est malheureux et il ne leur est offert comme solution que la sollicitation de l’invisible, des ancêtres, devins, guérisseurs traditionnels. 

Dans la première nouvelle, Kemi se retrouve amnésique après avoir assisté à un spectacle horrible. Une cérémonie mystique va lui permettre de retrouver la mémoire, se souvenir de ce qui est arrivé à Fari, son amie. Fari est présentée comme une fille aux bonnes mœurs, intelligente. La chute de la nouvelle est imprévisible. Fari est retrouvée morte et l’auteur ne donne aucune indication au lecteur pour qu’il sache pourquoi cela est arrivé.

Dans la troisième nouvelle, Kadara rêve d’être mère. Elle espère se faire aider par les sciences ancestrales. Elle réalise son rêve mais son bonheur est de courte durée. La faute à la luxure de son époux. C’est la nouvelle que j’ai réellement appréciée. J’ai imaginé la suite de cette histoire. J’aurais tué son mari s’il se trouvait en face de moi. 

 

L’auteur à travers chaque nouvelle émet un plaidoyer pour les sciences occultes, les croyances africaines qu’on a tendance à diaboliser. Il milite pour un retour aux pratiques ancestrales. Ça m’a un peu gênée car je pense que tout n’est pas bon à prendre dans la tradition.

Il parle également du syncrétisme religieux et cela m’a rappelé une discussion avec une ancienne collègue. Des mots qui avaient été prononcés par un prêtre : « la foi des africains est fétichiste. »

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Cette lecture a été mitigée pour moi. L’auteur a une belle plume, une maîtrise de la langue française qu’il manie à sa guise mais l’ensemble des nouvelles ne m’a pas donné l’émotion que j’attendais.

Je vous partage cette préface du livre que j’ai beaucoup appréciée

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Bonne soirée à tous ! Que lisez-vous en ce moment ?

 

fleur v1

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Mais leurs yeux dardaient sur Dieu…

Couverture Mais leurs yeux dardaient sur Dieu

« J’aime ce roman comme aucun autre. » Zadie Smith
« Le plus beau roman d’amour de tous les temps. » Oprah Winfrey
« Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est de la même envergure que les œuvres de William Faulkner, F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway, celle de la vraie littérature américaine. » Saturday Review

Il m’a été difficile de résister à ce roman après avoir lu toutes ces éloges sur le site de l’éditeur Zulma.

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Le récit a d’abord pour cadre Eatonville, localité du comté d’Orange en Floride. Elle est l’une des premières communautés afro-américaines formées après la Proclamation d’émancipation de 1863.

Le nom de la localité vient de Josiah C. Eaton, un propriétaire blanc qui avait souhaité vendre des terrains pour que les Afro-Américains puissent créer une cité noire.

Le 1er chapitre évoque une femme afro-américaine d’environ 40 ans du nom de Janie Crawford. Elle est de retour à Eatonville, ville qu’elle a quittée il y a quelque temps avec son 3e mari. Pourquoi revient-elle seule ? Les habitants de la ville jacassent. 

Alors se mirent à mâchonner l’arrière-fond de leurs pensées pour déglutir avec délice. Firent de leurs interrogations des assertions brûlantes, de leurs rires des armes meurtrières. Une cruauté de masse. Les humeurs prenaient vie. Les Mots marchaient sans maîtres ; déambulant ensemble comme les harmonies d’un même chant.

Janie va se confier à son amie de longue date Pheoby. Elle nous embarque dans un long flash-back où en 20 chapitres on découvre ses trois vies.

Trois mariages, trois hommes. Avec le premier, c’est un mariage arrangé, un mariage sans amour avec un vieux fermier. Il perçoit Janie comme une aide domestique. Un mariage qui va devenir une prison d’où elle va s’échapper pour un autre homme. Un homme ambitieux qui lui promet de l’élever au rang de dame :

Le jour que tu vas mettre ta main dans la mienne, plus jamais je vais laisser le soleil descendre sur nous en célibataires. Moi chuis un homme avec des principes. Toi t’as jamais connu c’est quoi d’être traitée comme une dame et moi je veux être celui-là qui va te montrer.

Janie est excitée de connaître cette nouvelle vie, part avec son nouvel amour à Eatonville. Au fil du temps, elle déchante. Son mari veut faire d’elle une femme soumise, Ce mariage se révèle être pire que le précédent. Elle envisage de partir mais se ravise.

De temps à autre elle songeait à une route de campagne au soleil levant et se voyait prenant la fuite. Vers où ? Vers quoi ? Et puis elle songeait aussi que trente-cinq c’était deux fois dix-sept et que plus rien n’était pareil.

 

Au moment où elle ne l’espère plus, l’amour survient. Janie rencontre un homme d’environ quinze ans son cadet, un vagabond. Elle veut l’épouser, partir avec lui. On est du même avis que Pheoby, cette relation ne rime à rien. On est sûr qu’elle va encore se cogner la tête contre les murs. Et on est agréablement surpris car Janie va connaître le mariage qu’elle a toujours désiré. Un mariage avec ses hauts et ses bas où son homme la valorise, ne la confine pas aux tâches domestiques, la laisse s’exprimer, être elle : une femme libre. Il lui avait fallu sortir de ses mariages pour se sentir libre mais plus maintenant.

 

Mais si tout se passe bien pourquoi revient-elle seule à Eatonville ? Je ne vous dirai rien. Vous aurez la réponse en lisant le livre ou en allant sur Wikipédia. 😀

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est le parcours d’une femme en mouvement, une femme qui s’interroge, une femme qui cherche l’amour. 

Ce n’est pas le roman à lire absolument avant de mourir mais il est intéressant. Il évoque l’émancipation d’une femme, les relations homme-femme, la ségrégation, les divisions entre les Afro-Américains à la peau claire et ceux à la peau plus foncée.

Petite mise en garde : ce roman n’est pas aisé à lire. Les personnages usent d’un langage vernaculaire, un argot américain qui donne des céphalées à la première lecture. Je n’ose pas imaginer le travail colossal de traduction de Sika Fakambi. Je me demande en combien de temps elle l’a traduit. 

Si le langage utilisé peut être un point faible, les différentes émotions entremêlées dans le roman viennent le neutraliser. J’ai beaucoup apprécié l’humour contenu dans ce roman 

Libérer ce mulet comme t’as fait, ça fait de toi un bigre de grand homme. Un comme George Washington ou Lincoln. Abraham Lincoln y avait les États-Unis à diriger tout entiers, fait que lui y a libéré les nègues. Toi t’as une ville, fait que t’as libéré un mulet. Faut ça que t’ayes du pouvoir pour libérer les choses, et donc ça fait de toi que t’es comme un genre de roi ou quèque chose. »

 

Un amour interdit Alyssa Cole

Il est des années faites pour poser les questions et des années faites pour y
répondre.

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fleur v1

Bon lundi de Pâques à tous !

 

 

 

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Le livre de Memory de Petina Gappah

Ce roman de plus de 300 pages comporte trois parties : 1468 Mharapara Street, Summer Madness, Chikurubi.

3 lieux qui ont été l’avant, le pendant et l’après d’une jeune zimbabwéenne : Memory.

Memory est enfermée dans le couloir de la mort, depuis deux ans, trois mois, sept jours et treize heures pour un crime qu’elle n’a pas commis.

Vernah Sithole, son avocate lui a demandé de relater son histoire à Melinda Carter, une journaliste américaine. Elle lui a dit d’écrire tout ce dont elle pouvait se souvenir dans les moindres détails, de consigner tout ce qui pourrait rendre sa cause sympathique.

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Memory écrit donc et se souvient de son enfance joyeuse à Mukafose. Elle vit dans un quartier précaire avec ses parents, frères et sœurs. Memory nous fait découvrir le quartier et les habitudes de ses habitants. Les pays d’Afrique se ressemblent car l’ambiance décrite n’est pas différente des quartiers populaires de la Côte d’Ivoire, du Nigéria…

Memory nous confie les préjugés et brimades qu’elle subit parce qu’elle est albinos. L’albinisme est mal perçu en Afrique.

Mais, dans mon cas, même les gens qui avaient l’air étrange crachaient chaque fois qu’ils me croisaient. MaiTafadzwa, qui parvenait seulement à procurer à sa famille du lait caillé Lacto et du matemba, marmonnait quelque chose et crachait. La famille Phiri qui faisait généralement la risée de tout le monde parce qu’ils étaient malawi, me regardaient avec des yeux pleins de pitié.

Et quand ma famille faisait de rares visites en dehors du township avec moi, les enfants des autres townships me rappelaient en criant que j’étais une murungudunhu.

J’aurais pris les yeux de Whizi, la claudication de Lavinia, j’y aurais ajouté la cicatrice de Nhau et le bredouillement d’Ivrogne, si seulement j’avais pu, en échange, avoir un peu de couleur sur ma peau. Je priais, chaque fois que je pouvais, pour que Dieu veuille bien assombrir mon teint.

J’ai passé l’essentiel de ma vie à essayer d’être invisible. Mais je n’ai jamais véritablement réussi. Même à Londres ou à Sydney où j’aurais dû me fondre dans la foule, le regard du monde se faisait insistant. Au premier coup d’œil, ma peau ressemblait à celle de n’importe qui, mais à regarder de plus près, mes traits n’ont rien de ceux d’une femme blanche. Je sentais la confusion sur les visages pendant que l’esprit tentait de comprendre ce qui était différent.

Memory nous relate également l’univers carcéral et les terribles conditions de vie des femmes à Chikurubi.

Nous vivons rationnées. Chaque femme dispose d’un demi-rouleau de papier hygiénique, au mieux, de vingt-cinq millilitres de dentifrice par semaine et de quatre serviettes hygiéniques et demie par mois. Et il s’agit bien d’une demi-serviette, avec sa fixation latérale.

Elle décrit également sa vie avec Llyod, l’homme blanc à qui elle a été vendue. Un homme mystérieux, érudit, généreux qui lui a donné une éducation et l’amour des livres. J’ai beaucoup été touchée par cet homme.

Des sujets capitaux sont abordés dans ce roman avec beaucoup de sensibilité : mauvaises conditions de détention, traitement des albinos en Afrique, mariage forcé…

L’auteure nous appelle au respect des différences, nous exhorte à ne pas rester insensible à ce qui se passe dans les prisons. 

 

L’histoire est assez linéaire, l’auteure fait des allers-retours entre le passé et le présent. Il y a énormément de descriptions souvent inutiles, des questions qui restent en suspens mais on ne referme pas le livre sans être émue.

 

Un amour interdit Alyssa Cole

Dans ce pays indépendant, cent pour cent responsabilisé, pleinement indigène et plus noir que noir, une éducation supérieure est ce que les Blancs estiment avoir de la valeur. Comme les Blancs n’accordent pas de valeur aux langues locales, ceux qui ont été le mieux éduqués parmi nous ont dû sacrifier nos langues sur l’autel de ce que les Blancs jugent suprême. Il en était ainsi à l’époque coloniale et il en est de même plus de trente ans après.

 

Christmas

 

Existe en format kindle, broché et livre de poche.

Broché: 352 pages

Editeur : JC Lattès (24 août 2016)

Collection : Littérature étrangère

Pour acheter, cliquez ICI

 

GM signature

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Un dimanche à Kigali : Le film VS le livre

En cherchant une romance de couple mixte à regarder sur Youtube, je suis tombée sur Un Dimanche à Kigali. Un film de Robert Favreau produit en 2006.

Kigali, printemps 1994. Nous sommes à quelques mois après le début du génocide des Tutsis. Le journaliste québécois Bernard Valcourt, après avoir été bloqué à la frontière tente de retrouver Gentille.

Qui est-elle ? Une jeune femme de 22 ans serveuse à l’Hôtel des Milles Collines où Bernard logeait. Le journaliste réalisait depuis quelques mois un reportage sur le Sida.

Avant de devoir quitter le pays, Valcourt la cherche chez leurs amis communs, dans différents lieux dévastés. Sous forme de flash-back, on découvre leur histoire.

Bernard tombe amoureux de cette jeune femme qui pourrait être sa fille. Elle est belle, élancée. Une romance mixte naît au milieu des tensions croissantes entre les communautés Hutus et Tutsis.

Gentille a une carte d’identité Hutu mais elle a le physique raffiné des Tutsis. La menace d’extinction des Tutsis ne l’exclut pas. Valcourt cherche des moyens de la sauver du génocide. Hélas !

Le film est à la fois doux et violent. Il est intense, poignant et relate l’horreur du génocide rwandais, la cruauté de l’humain. J’ai vu l’ampleur de la folie, de la haine et la beauté de l’amour. Je n’ai pas pu retenir mes larmes jusqu’à la fin.

Le film s’est focalisé sur le silence du Canada, on survole le silence coupable de l’ONU, des Belges et Français ce qui est un peu dommage lorsqu’on veut cerner tous les contours de ce génocide.

Le casting est convaincant, les personnages attachants, les décors simples. Le film n’est pas visuellement époustouflant, il n’est pas comparable à Hôtel Rwanda mais il vaut le détour pour l’émotion qu’il suscite.

 


LE LIVRE

A la fin du film, j’ai fait des recherches sur les acteurs et ai découvert qu’il est une adaptation cinématographique du livre Un dimanche à la piscine à Kigali de Gil Courtemanche. Je me suis hâtée de le lire.

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284 pages de lecture. Le récit débute autour de la piscine de l’hôtel des Mille-Collines avec sa clientèle de coopérants, d’experts internationaux, de bourgeois rwandais. C’est un dimanche tranquille. Ils parlent, rient et boient. Ils ont une vie paisible.

On découvre Valcourt, codirecteur d’une télévision, initiative du gouvernement du Canada dont la première mission devrait être éducative, en particulier dans les domaines de la santé communautaire et du sida. Un projet auquel Valcourt ne croit plus deux ans après son arrivée au Rwanda. Il tourne maintenant un documentaire sur le Sida et ces héros à Kigali.

Valcourt a une obsession : Gentille. Leur attirance est d’abord sexuelle. Dans le film, c’était enrobé, moins brut.

Le sexe est très présent dans le livre. Il y a beaucoup de scènes lubriques. Le sexe est perçu comme un moyen pour se soustraire aux souffrances, c’est également un instrument de domination, de vengeance.

Au fil des pages, on ressent la haine des hutus envers les tutsis et on en connaît l’origine.

Lentement, le narrateur nous dirige vers le génocide, la violence des massacres. Ce génocide a été minutieusement préparé. Des listes avaient été préparées : politiciens de l’opposition, hommes d’affaires, journalistes, curés activistes.

On tuait les hommes d’un coup de feu ou d’un coup de machette, savant et précis. Mais les femmes n’avaient pas droit à une mort claire et nette. On les mutilait, on les torturait, on les violait, mais on ne les achevait pas. On les laissait aller au bout de leur sang, crachat par crachat, pour les punir d’avoir mis au monde tant de Tutsis…

Le scénario du  film s’inscrit à 70% dans la logique du roman. Certains faits du livre ont été modifiés notamment :

  • la peau couleur de café au lait de Gentille. Dans le film, elle est plutôt chocolat noir
  • le mariage de nos tourtereaux et l’adoption de la fille de Cyprien
  • le journal de bord de Gentille…

J’ai apprécié ma lecture. L’auteur a respecté la chronologie du génocide, a mis en évidence la non-implication de la communauté internationale, le silence des journalistes. J’ai moins apprécié les longueurs et la fin que j’ai jugée trop rapide.

Ai-je plus aimé le film que le livre ? Je trouve qu’ils sont complémentaires.

 

Un amour interdit Alyssa Cole

 

Chacun possède dans ses gènes tout le Bien et tout le Mal de l’humanité. L’un et l’autre peuvent toujours surgir comme une tornade apparaît et détruit tout, là où quelques minutes auparavant ne soufflaient que des brises chaudes et douces.

 

Tu vois chaque pays possède une couleur, une odeur et aussi une maladie contagieuse. Chez moi, la maladie c’est la complaisance. En France, c’est la suffisance, et aux Etats-Unis, l’ignorance.

Et au Rwanda ?

Le pouvoir facile et l’impunité. Ici, c’est le désordre absolu.

J’ai le corps long des Tutsis et la détermination paysanne des Hutus. Je me regarde et je sais que je fais un heureux mélange. Et si tous les sangs qui s’entrecroisent dans mes veines ne me font pas de maladies, c’est peut-être qu’ils peuvent s’entendre.

 

Quel livre / film avez-vous découvert cette semaine ? 

 

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