Publié dans Interviews

Ndeye Fatou Kane, lectrice compulsive, jeune écrivaine

A jour exceptionnel, femme exceptionnelle.

Ce 8 Mars, j’aimerais vous présenter une femme inspirante : Ndèye Fatou Kane, 31 ans, célibataire depuis quelques mois, lectrice compulsive, jeune écrivaine qui s’essaie à l’écriture depuis quatre ans, supply chain manager. La lecture fait tellement partie d’elle, qu’elle a arrêté de compter le nombre de livres qu’elle lit par an. Les livres occupent une place centrale dans sa vie. 

Elle a bien voulu se prêter au jeu de mes questions sur le célibat, le monde du livre et des femmes. 

A quoi pourrais-tu associer ton célibat ?
Mon célibat du moment pourrait être associé à une volonté de mettre en place certains projets… Entre le travail et l’écriture, je n’ai presque pas de temps pour les loisirs, donc pas le temps à consacrer à une relation digne de ce nom … Mais j’ai espoir que le moment venu, les choses se mettront en place d’elles-mêmes. Ne dit-on pas que tout vient à point à qui sait attendre ?
Je ne me mets aucune pression, je crois au destin et quand celui-ci aura décidé d’activer ses forces invisibles, tout se fera …

Peut-on être célibataire et heureuse ? 
Il faut sortir du paradigme – imposé malheureusement par la société – qui stipule que pour les femmes, être heureuse et épanouie passe nécessairement par le couple. Je crois qu’avant de chercher le bonheur, il faut d’abord le trouver en soi. Et une fois que cela est fait, tout ce qui arrive par la suite ne sera que bonus. Donc oui, on peut être célibataire et heureuse !

Te sens-tu différente des autres femmes parce que tu n’es pas encore
mariée ?
Pas du tout … Comme je l’ai dit plus haut, la pression est forte au niveau des femmes pour se caser. Les questions toutes plus indiscrètes les unes que les autres, ne cessent de fuser, surtout lorsqu’on atteint la trentaine. J’ai 31 ans, je suis bien dans ma peau, j’ai des objectifs à atteindre, alors je ne me sens pas différente d’une femme qui est mariée et qui n’est peut-être pas heureuse … Les apparences sont souvent trompeuses.

Comment ta famille ou tes amis perçoivent ton célibat ? 
J’ai la chance d’avoir des parents et un entourage qui m’encouragent et me boostent dans toutes mes entreprises …. Je crois que si je n’avais pas eu cette chance, j’aurai été une toute autre femme, alors je remercie Dieu de les avoir à mes côtés.

Qu’apprends-tu pendant cette période de célibat ?
A aimer ma personne, à faire preuve d’indulgence envers moi–même, et à mener à bien mes projets …

Quel mot d’encouragement adresserais-tu aux femmes qui souffrent
de la solitude, du célibat ?
A ne pas se mettre la pression et surtout à faire confiance au temps, qui résout tout.

Ton grand-père est un monument de la littérature africaine et tu es aussi écrivain. As-tu eu peur que l’on te compare à lui ?

La comparaison est inéluctable. Je suis fière de l’admiration qui émane des personnes découvrant qu’il est mon grand-père et qui me parlent souvent de l’impact qu’a eu son oeuvre dans leurs vies. C’est le but recherché par un écrivain, que ses œuvres transcendent le temps et les générations.
Au-delà du fait que nous soyons apparentés, il est une personne humble, généreuse, au parcours exceptionnel.
Cette comparaison me pèse parfois, car l’on s’attend à ce que je fasse la même chose que lui, ce qui est bien sûr impossible … Mais j’espère tracer ma route, et ne plus être vue comme une « petite-fille de … »

Ndeye Fatou Kane, petite-fille de Cheikh Hamidou Kane ou préfères-tu Ndeye Fatou Kane, tout simplement ?
Pourquoi pas Ndèye Fatou Kane, tout simplement ? Si je suis amenée aujourd’hui à pratiquer la même activité que lui, c’est juste un extraordinaire concours de circonstances. Donc Ndèye Fatou Kane, ça ira. 

Si Emmanuel Macron te propose de contribuer aux travaux de réflexion qu’il souhaite engager autour de la langue française et de la Francophonie accepterais-tu ?
La francophonie telle que je la conçois, devrait d’abord être culturelle, en ce sens où les pays partageant des locuteurs francophones devraient s’engager à promouvoir leurs cultures et procéder à un échange interculturel entre eux. Ces pays, pour la plupart africains, sont encore – reconnaissons le – sous le joug de la puissance colonialiste qu’est la France.

Tant que l’on ne revient pas aux fondamentaux de la francophonie et intégrer les pays africains qui ont la langue française en partage à l’évolution de cette francophonie, le débat sera faussé selon moi.
Ahmadou Kourouma disait bien qu' »Il a planté une case dans la cour de Molière… » Cette phrase résume tout. 
Alors non, je me vois mal collaborer pour une réflexion autour de la francophonie …

Tu es très engagée dans le monde du livre. Prévois-tu d’ouvrir à moyen terme une bibliothèque, librairie, maison d’édition ?
La lecture est ma passion il est vrai. Entre la pléthore de livres que je lis par mois, mon blog et le groupe Nous aimons lire que j’administre sur Facebook, sans oublier mes autres activités en dehors du livre, j’ai fort à faire … Il ne faut jamais dire jamais, mais je me donne le temps pour voir si je mettrai sur pied un projet ayant trait au livre.

Ta première œuvre date de 2014. Une autre œuvre est-elle en cours ?
Mon premier roman le Malheur de vivre est sorti en 2014. Je viens de publier Vous avez dit féministe?, un essai autour de la question du féminisme.

 

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Quelles sont les femmes qui t’inspirent ?
Il y a trois femmes que j’admire énormément, tant pour leurs trajectoires de vie que pour leur carrière : Mariama Bâ, Chimamanda Ngozi Adichie et ma mère …

 

Y a-t-il des auteures africaines dont tu aimes la plume et qui ne sont
pas assez médiatisées ? C’est le moment de leur faire de la pub 😀
Je pourrais citer à cet effet Soxna Benga, auteure sénégalaise qui n’est pas assez sous les feux de la rampe selon moi, Lola Shoneyin et Buchi Emecheta.

 

Petit instant détente, dessinons ton portrait chinois 

Si tu étais

Un prix littéraire, ce serait… ?

Le Prix Ivoire pour la littérature africaine d’expression francophone

Un épice, ce serait… ? 

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Une maison d’édition, ce serait… ?

Les Nouvelles Editions Ivoiriennes – NEI

Un dessert, ce serait… ? 

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source Marmiton

 

Un sport collectif, ce serait… ?

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fox 47 News

Une heure de la journée, ce serait… ?

Image associée

Une pièce de la maison, ce serait… ?

Image associée
source ooreka

Un personnage Disney, ce serait… ? 

 

Image associée
source mercado livre

Une langue, ce serait… ? 

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Un jeu de société, ce serait… ? 

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Une couleur, ce serait… ? 

Image associée

Une des sept merveilles du monde, ce serait… ? 

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Une matière enseignée à l’école, ce serait… ?

Les sciences naturelles

Un genre musical, ce serait… ? 

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source 10 questions.net

 

Propos recueillis par Grâce Minlibé -reproduction interdite sans autorisation de l’auteure et l’interviewée.

 

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