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Rentrée littéraire chez JC Lattès : Pourquoi tu danses quand tu marches

Un matin, sur le chemin de l’école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : « Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». La question est innocente et grave. Pourquoi son père boite-t-il, pourquoi ne fait-il pas de vélo, de trottinette… ? Le père ne peut pas se dérober. Il faut raconter ce qui est arrivé à sa jambe, réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d’eau, au pays de l’enfance. Dans ce pays de lumière et de poussière, où la maladie, les fièvres d’abord puis cette jambe qui ne voulait plus tenir, l’ont rendu différent, unique. Il était le « gringalet » et « l’avorton » mais aussi le meilleur élève de l’école.
Abdourahman Waberi se souvient des figures qui l’ont marqué à jamais : son père, sa mère, sa grand-mère, la bonne Ladane. 

 

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Fièvre, douleur, colère, tristesse ont été les vieilles amies d’Aden durant l’enfance. Toute sa vie, on s’est moqué de sa démarche chaloupée due à la poliomyélite qu’il a contractée suite à une blessure et en l’absence du vaccin qu’il aurait dû recevoir lorsqu’il était enfant.

Il s’épanche avec douceur et délicatesse, empreintes de l’innocence. Il utilise le ton et les mots qu’on utilise pour parler à une enfant.

J’ai éprouvé beaucoup de peine pour l’enfant qu’il était. L’enfance doit être une période gaie et non une période de solitude.

J’ai eu envie de le cajoler lorsque sa mère lui refusait toute tendresse, j’ai eu envie de le défendre lorsque Johnny et tous les camarades du quartier le brimaient, l’excluaient. Les enfants peuvent être si méchants entre eux.

Heureusement, il va savoir tourner à son avantage cette solitude. Elle sera le lieu de son amitié exclusive avec la littérature.

Je désirais découvrir Djibouti. Avec ce roman, je l’ai entraperçu. J’ai découvert de manière succincte l’histoire coloniale de ce pays et la condition des femmes.

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Il m’a manqué dans ce roman la voix de la mère, personnage qui occupe l’espace de ce roman mais est en même temps si absente. J’aurais voulu connaître les raisons de sa distance avec son aîné.

 

Je remercie Net Galley et les éditions JC Lattès pour cette opportunité de lecture. 

Si vous avez envie de découvrir cette autofiction émouvante, vous pouvez l’acheter ICI

Ravie par l’écriture simple et poétique de Waberi, j’ai rajouté l’un de ses livres à ma longue wishlist. 🙂

 

GM signature

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Rentrée littéraire 2019 chez Grasset: A la demande d’un tiers

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«  La folie n’est pas donnée à tout le monde. Pourtant j’avais essayé de toutes mes forces.  »

C’est le genre de fille qui ne réussit jamais à pleurer quand on l’attend. Elle est obsédée par Bambi, ce personnage larmoyant qu’elle voudrait tant détester. Et elle éprouve une fascination immodérée pour les requins qu’elle va régulièrement observer à l’aquarium.
Mais la narratrice et la fille avec qui elle veut vieillir ont rompu. Elle a aussi dû faire interner sa sœur Suzanne en hôpital psychiatrique. Définitivement atteinte du syndrome du cœur brisé, elle se décide à en savoir plus sur sa mère, qui s’est suicidée lorsqu’elle et Suzanne étaient encore enfants.

La voix singulière de Mathilde Forget réussit à faire surgir le rire d’un contexte sinistre et émeut par le moyen détourné de situations cocasses. Sur un ton à la fois acide et décalé, elle déboussole, amuse et ébranle le lecteur dans un même élan.

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Retrouver ce roman dans la sélection du Prix du roman Fnac 2019 m’a donné envie de le découvrir. 

Je remercie les éditions Grasset et NetGalley pour cette opportunité de lecture.

La narratrice via son humour pétillant nous invite à prendre place dans sa famille pour quelques heures. Elle évoque le passé et le présent de sa famille : le suicide de sa mère, la gestion du deuil dans sa famille, l’internement de sa sœur.

 

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La narratrice est une excentrique. Elle use d’un ton léger pour évoquer la folie, la psychiatrie, les maladies mentales. Il est difficile de la cerner mais impossible de se détacher d’elle. J’ai pris plaisir à la suivre, à l’écouter parler du syndrome de tako-tsubo, sa passion pour les requins, narrer son enfance avec sa sœur Suzanne, ses extravagances, ses passions et la maladie de sa mère, point focal du récit.

Elle retourne sur les lieux, la plus haute tour du château touristique d’où sa mère s’est jetée. Elle interroge la famille, les psychiatres. Aucun d’eux ne porte le même diagnostic. 
Peu à peu, en convoquant tour à tour les personnages de Disney, la Bible ou l’enfance des tueurs en série, en rassemblant des lettres écrites par sa mère et en prenant le thé avec sa grand-mère, elle réussit à reconquérir quelques souvenirs oubliés.
Mais ce ne sont que des bribes. Les traces d’une enquête où il n’y a que des indices, jamais de preuves. La maladie de sa mère reste un mystère pour tous, les psychiatres y compris.

Ce long questionnement sans réponse peut susciter une frustration chez le lecteur.

 

On est loin de la lecture indispensable, du roman à lire avant de mourir. N’empêche qu’A la demande d’un tiers offre une sympathique expérience de lecture.

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Parution : 21/08/2019

Pages : 162

Prix du livre broché : 16.00 €

Prix du livre numérique: 10.99 €
Lien d’achat : ICI
Actualité :  ce roman fait partie des six romans sélectionnés pour le prix « Envoyé par la poste » qui sera remis le 26 août.

l'auteur du mois

Auteure, compositrice et interprète, Mathilde Forget a reçu le Prix Paris jeunes talents en 2014 pour son EP de chanson « Le sentiment et les forêts ». Elle a suivi un master de création littéraire et publié des nouvelles dans les revues Jef Klak et Terrain vague.

 

 

 

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Rentrée littéraire chez Grasset: Rouge impératrice de Léonora Miano

Grâce à la plateforme Net Galley, je découvre des romans de la rentrée littéraire 2019.

Je remercie les éditions Grasset qui m’ont permis de découvrir en avant-première le dernier roman de Léonora Miano

Rouge impératrice

Auteure d’une dizaine de romans dont je n’ai lu jusqu’ici que la saison de l’ombre, cette brillante auteure camerounaise s’intéresse à son continent. Elle explore son passé, expose son présent, anticipe son futur.

Et si le monde tournait à l’envers ? Et si le monde n’était pas dominé par les Etats-Unis, l’Europe mais par l’Afrique, les Noirs ? Et si les dominants devenaient les dominés ?

Et si les immigrants devenaient ceux qui refusaient l’asile ?

Et si nous avions une nouvelle trempe de chefs d’état non dépendants de la Françafrique, assoiffés de justice, non cupides, pensant au bien-être et au développement de l’Afrique ?

Quel africain (e) de l’Afrique subsaharienne n’a pas rêvé du futur glorieux de l’Afrique ? D’une Afrique prospère, maîtresse de son destin, ne tendant plus la main ?

Léonora Miano donne une forme au rêve d’hier et d’aujourd’hui en usant d’une écriture dense et d’un registre soutenu. Elle crée un univers qui met en valeur l’Afrique. Des croyances animistes ancestrales aux programmes télévisés en passant par les mets et le style vestimentaire, les richesses culturelles des tribus et ethnies de l’Afrique sont célébrées.

 

Oubliez Wakanda, entrez à Katiopa !

 

Espace spacio-temporel ?

  • Katiopa, l’Afrique unifié à l’exception des pays nord-africains, se composant de 9 régions.
  • L’an 2124 selon le calendrier des Fulasi (français) et l’an 6361 pour les katiopiens.

 

Ilunga est chef de l’Etat et membre de l’Alliance, une sorte de société secrète. Cela fait cinq ans que l’Alliance est au pouvoir, cinq ans que le Katiopa unifié existe.

Ilunga est déterminé à réussir là où la fédération précédant le Katiopa unifié avait échoué. 

Il rencontre lors de ses sorties Boyadishi. Le prénom Boyadishi est forgé à partir de celui d’une reine des Icènes, guerrière rousse appelée Boadicée.

Ilunga est déjà marié à Seshamani, Boyadishi (Boya) a un amant mais l’amour qu’ils ressentent l’un pour l’autre n’est pas anodin. 

Dans ce couple qu’ils vont former, l’énergie et le spirituel sont mis en avant. Un aspect apprécié durant ma lecture car pour moi il y a d’abord union spirituelle avant une union charnelle. 

Entrer dans l’existence d’un être conférait des responsabilités. On n’y venait pas pour soi-même.

Ilunga et Boya montrent la force que procure l’union du masculin et du féminin.

Boya, enseignante-chercheuse à l’université est passionnée des sociétés marginales notamment les Fulasi. Descendants d’immigrés français qui avaient quitté leur pays au cours du XXIème siècle, s’estimant envahis par les migrants. Afin de préserver leur identité européenne, certains s’étaient dirigés vers le pré carré subsaharien où l’on parlait leur langue, où ils étaient encore révérés et où ils pouvaient vivre entre eux. Mais leur descendance ne jouit plus de son pouvoir d’antan : appauvrie et dépassée, elle s’est repliée sur son identité.

Ces Fulasi refusent d’incorporer les mœurs locales. Selon Ilunga et Igazi (responsable de la sécurité intérieure) leur comportement pouvait constituer une nuisance pour le  Katiopa nouveau qu’Ilunga devait ériger.

Ilunga pense soumettre le projet de leur expulsion au Conseil mais Boya fera son possible pour l’en dissuader. Elle veut qu’on leur tende la main, qu’on les considère comme Katiopiens. L’influence de Boya sur le chef de l’Etat dérange Igazi. Pour ce Katiopien conservateur, il faut écarter Boya avant qu’elle ne dissuade Ilunga…

 

Au-delà de l’image glorieuse de l’Afrique qu’il renvoie, ce roman dense expose ces questions au cœur des débats de la nation française qui embarrassent et confondent souvent les politiques : repli identitaire, pureté identitaire, l’intégration et l’assimilation à une communauté. Sans faux-fuyant, Léonora Miano les aborde avec adresse et bon sens.

 

Rouge Impératrice, un roman à lire et à faire lire en attendant patiemment une adaptation cinématographique.

 

Un amour interdit Alyssa Cole

 

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Le roman est disponible en librairie à compter de ce jour. Pour l’acheter en ligne, cliquez ICI

NB : Si le roman est écrit en français, la langue de nos personnages est écrite dans l’écho de plusieurs cultures et langues africaines diverses. Je vous conseille de lire le glossaire avant d’entamer votre lecture.

 

GM signature

 

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Le Gang de la Tamise – Jessica Fellowes

À la fin d’un bal masqué donné à Asthall Manor pour les dix-huit ans de Pamela Mitford, quelques-uns des Bright Young Things, cette jeunesse dorée et débridée dont les journaux commentent avidement les nombreuses frasques, organisent l’une de leurs fameuses chasses au trésor. Mais la partie se termine tragiquement : l’un des invités est poussé du haut du clocher de l’église.

Convaincue de sa culpabilité, la police arrête alors Dulcie, une domestique, qui fait partie du gang des Quarante Voleuses dirigé par Alice Diamond.

Mais Louisa Cannon, chaperon des sœurs Mitford, croit Dulcie innocente. Avec Pamela et Nancy Mitford, elle est bien décidée à disculper la jeune fille….tandis que le véritable assassin rôde peut-être non loin de là.

S’inspirant d’un fait réel – le gang des Quarante voleuses ou les Quarante Éléphantes, qui organisaient des grandes razzias dans les plus grandes enseignes londoniennes – Le Gang de la Tamise est une véritable plongée dans le Londres des années folles et dans des lieux interlopes où se côtoient la pègre et la bourgeoisie anglaise.

Couverture Les soeurs Mitford enquêtent, tome 2 : Le Gang de la Tamise


La Kube de juin 2018 m’a fait découvrir la famille de Nancy Mitford et un extrait du tome 1 des sœurs Mitford enquêtent.

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J’avais apprécié le style narratif de l’auteure, cette immersion dans ce Londres du siècle passé.

J’ai rejoint le mois dernier NetGalley. Lorsque j’ai découvert que le tome 2 y était disponible, je n’ai pas hésité une seconde à le demander.

Merci à NetGalley France et aux Editions Le Masque pour cette opportunité de lecture.

L’intrigue est classique, il n’y a pas de grande surprise concernant le coupable mais j’avoue n’avoir pas pensé à l’existence d’un acolyte.

J’ai apprécié la diversité des personnalités des personnages et la balade dans Londres. 

Le roman est assez épais mais les chapitres courts donnent du rythme. J’ai beaucoup apprécié le caractère fort de Louisa. Intrépide, déterminée, elle est. Je me suis attachée à elle, j’espère la retrouver dans les prochains tomes de la saga si elle continue.

Ce roman policier a été sympathique à lire. Il a apporté un point de plus à ma culture générale en me faisant découvrir le gang des 40 voleuses et leur chef de file Alice. Elles sont impressionnantes. (rires)

 

Pour en savoir plus sur ce gang, cliquez ici

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