Publié dans Panaché

Top Ten Tuesday 4 : Les 10 histoires d’amour aux couples inspirants

Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e édition sur le blog Frogzine.

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Le thème de cette semaine est  : Les 10 romances ou histoires d’amour dont les couples sont inspirants ou touchants

Voici donc mon Top 10

1.  Le couple Amaka et Guy Collins, mes amoureux de toujours, héros du thriller Lagos Lady de Leye Adenle. Ils m’ont inspirée la passion. C’est mon conte de fée moderne.

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2.  Maria et Ralf dans Onze minutes de Paulo Coelho. Le couple est un apprivoisement. On apprend à se connaître et à connaître l’autre. On fait un chemin de découverte ensemble.

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3.  Kenza et Thierry Adou dans COEURS PIEGES

Thierry Adou est un beau ténébreux comme je les appelle. J’ai jalousé Kenza, j’aurais tout donné à l’époque pour être à sa place.  

 

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4.  Georges et Tanydia, dans Folie d’une nuit. Georges, l’homme dur en apparence mais si tendre, si protecteur. 

5.  Caroline et Jean-Philippe dans Le Pari de l’amour. L’amour excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout

Le pari de l'amour

6.  Adonis et Isidora dans Symphonie et Lumière. Quand on aime, on le montre. Quand on aime, on s’entête à avoir l’autre près de soi pour le rendre heureux. 

Symphonie et lumière

7.  Reis et Colombe dans Blind Choice. Ils m’ont appris qu’il ne faut jamais se précipiter en amour au risque de laisser passer la bonne personne. L’amour exige de la patience.

Vous pourrez lire cette histoire gratuitement sur la page Facebook de Mensonge enfoui dans le secret du coeur.

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8. Amalia et Maurice dans Venir d’en bas. La vie de couple a des hauts et des bas, il y a des jours sans et des jours avec. Vous pourrez lire cette histoire gratuitement sur la page Facebook de Mady Remanda : les déboires amoureux de Mady.

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9. Ulrich et Amandine dans Ma femme. Ce couple m’a montré qu’une histoire d’amour peut très mal commencer et bien se terminer. L’amour dit toujours son dernier mot. Vous pourrez lire cette histoire gratuitement sur la page Facebook Les péripéties de Louise. Le style d’écriture n’est pas très raffiné mais l’histoire est plaisante. 

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10.  Nathéo et Célia dans A comme… Cet homme et cette femme qui font ressortir le meilleur de l’autre. Vous pourrez lire cette histoire gratuitement sur la page Facebook Une Rencontre, un désir, une destinée

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Et vous quel est votre top 10 des romances ?

fleur v1

Publié dans Revue cinéma

TAG CINEMA : le 7e art de Grâce Minlibé

Je rédigeais ma revue du film THE CEO quand j’ai été illuminée, la Muse du blog m’a demandé de faire un TAG qui porterait sur le cinéma !

Chers amis, c’est avec un immense plaisir que je vous parlerai des films qui m’ont marquée. 

 

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1) Petite question d’introduction, quand je vais au cinéma, quelle est la place où je préfère aller m’asseoir ?

Les sièges du haut, en milieu de rangée.

2) Ai-je déjà quitté la salle au milieu d’une séance ? 

Non, je suis une jusqu’au boutiste. Je termine toujours les livres même ceux qui m’ennuient, j’en fais autant pour les films. 

3) Passons aux choses sérieuses. Quel film m’a révélé un de mes acteurs favoris ?

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Cet excellent film d’action m’a révélé le talentueux Nicolas Cage.

Après ce film, j’ai regardé : Bangkok DangerousPrédictionsBad Lieutenant : Escale à La Nouvelle-OrléansGhost RiderBenjamin Gates et le Trésor des Templiers

4) Dans quel film aurais-je aimé avoir un rôle ? 

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C’est un excellent film d’action. Le suspense est présent du début à la fin, pas de temps pour s’ennuyer. J’aurais aimé jouer le rôle de Lynne Jacobs, directrice du United States Secret Service

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5) Un film que j’aurais aimé écrire/produire

 

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J’ai été épatée par la qualité de ce film et la façon dont a été traitée l’esclavage. La réalisation est sans bavure, les dialogues savoureux, l’interprétation étonnante. J’aimerais écrire et produire des films de cette qualité. 

6) Un film que j’ai regardé plus d’une fois

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Grande fan des couples mixtes, j’avais adoré le couple formé par Sanaa Lathan et Simon Baker. J’ai aimé leur rapprochement, leur essai, leur rupture. Bref, j’ai tout aimé.

J’avais emprunté le DVD à ma coloc de l’époque. Je le regarde au moins une fois chaque année. 2016 a été une exception 😀

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7) Le couple d’acteur qui me ferait rêver à l’écran 

Keanu Reeves, l’amour de ma vie et Halle Berry, une actrice que j’admire pour son talent et sa beauté. 

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8) Le dernier film que j’ai vu en salle

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9) Un film dont j’ai regretté d’avoir payé la place

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Je n’ai jamais vu un film aussi insipide que celui-ci. Le film est sans scénario, tout est prétexte à tuer, violenter. Seul Dieu peut réellement pardonner tant d’imperfections dans une production. 

10) Un film qui m’a boostée 

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Un puissant film qui nous rappelle la puissance de la gratitude même dans les moments sombres, un film qui a ranimé ma foi et m’a rappelé qu’avec Dieu tout est possible.

11) Un film qui m’a révoltée 

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J’ai toujours mal au coeur quand je regarde des films qui traitent de l’esclavage. Je suis toujours révoltée quand je vois des humains se croire supérieurs à d’autres à cause de leur couleur de peau et quelle couleur ! 

#Blacklivesmatter

12) Un film qui  m’a donné envie de tomber amoureuse

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Ce film ne prend pas une ride et la cause : c’est une romance à l’état pur. Simple mais profonde. Kevin Costner er Whitney Houston m’ont fait grandement rêver, leur duo est juste parfait !

13) Un film qui m’a fait flipper 

Le dernier en date qui m’a fait flipper est 

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Une famille en proie à une mystérieuse créature qui ne vit que dans le noir.
Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c’est au tour de son petit frère Martin d’être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Chez moi, on dit :  ouaiye c’est du bon ! J’ai eu très peur de cette ombre malfaisante qui se nourrit de la peur. 

14) Un film où j’ai failli mourir de rire

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Un casting de feu, un scénario hyper délirant, ça donne un film génialissime. J’ai ri, ri, ri…. 

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15) Un film qui m’a fait pleurer comme une madeleine

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Le film retrace l’action de Paul Rusesabagina, un hutu, gérant de l’hôtel quatre étoiles Les Mille Collines à Kigali, qui abrita et sauva 1268 Rwandais tutsis et hutus modérés dont sa propre famille, menacés par le génocide rwandais de 1994. J’ai pleuré d’impuissance, de colère face à la méchanceté de l’homme. 

16) Un film dont j’ai aimé un personnage en particulier

 

WAR ROOM est un film fascinant plein d’humour et d’engagement qui explore le pouvoir que la prière peut avoir dans le mariage, l’éducation des enfants, la carrière professionnelle, l’amitié et d’autres domaines de notre vie.

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J’ai beaucoup aimé Miss Clara, son rôle d’intercesseur, sa vie de prière. C’est un modèle pour moi. J’ai beaucoup aimé le rôle qu’elle a joué dans la vie d’Elizabeth. Ca a été une véritable connexion divine.

17) Si je devais passer une soirée avec un réalisateur, ce serait 

Mel Gibson, le réalisateur de la passion du Christ. J’ai tant de questions à lui poser sur ce film qui m’a permis de voir réellement ce que Christ a enduré à la croix pour moi et pour toi également. 

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J’espère que ce tour dans ma cinéthèque vous a plu. Avez-vous vu ces films ? Vous ont-ils plu ?

Avez-vous envie de vous prêter au jeu ? J’ai hâte de lire vos réponses aux 17 questions en commentaire.

fleur v1

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La course des ombres, visage au charme fugace

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Les inégalités forgées par les hommes ravagent le monde. Pour cela, tout patauge dans un profond infini. La barbarie, la violence, la souffrance qui minent le monde sont de véritables plaies. Les âmes sont dans une éternelle course. Les maux sont décrits par les mots raffinés. Pour estomper ces ombres qui obscurcissent le monde, les poèmes d’amour viennent pour faire survivre l’espoir dans tous les cœurs abattus. La Course des ombres est donc la succession des péripéties dans nos vies.

Amis lecteurs, laissez-vous plonger dans cet univers où le poète se livre corps et âme à sa passion avec sa plume, son stylo et son charisme hors du commun. L’auteur nous fait entrer dans son univers, avec une élégance raffinée, tout en poésie et de toute beauté !

mon-avis-de-lecture

 

Claude Jonel Zingoula m’a gentiment proposé de lire et de donner un avis objectif sur ses 99 poèmes regroupés dans la course des ombres. Je tiens à le remercier pour la confiance et la considération. 

Le poète nous propose un voyage en 4 temps. Il décline l’ombre en 4 moments : l’ombre de l’Homme, l’ombre du monde,  l’ombre de la vie et l’ombre de l’amour. 

A l’ombre de l’homme, le poète chante à nos oreilles la mélodie amère de l’ingratitude, de l’esclavage et de la politique africaine, le refrain de la femme qui trahit. Il rappelle les meurtres du tribalisme, le sacrifice de l’intégration, le doulouerux souvenir d’attentats. Il dénonce le racisme absurde.

 

Le 4 mars 2012, le sang a coulé,
L’horreur a, dans les coeurs, parlé,
Les familles se sont déchirées,
Des cadavres on s’est vu entourer,
Cela ne vous affecte en aucun cas,
Nous payons le prix de chacun de vos pas.
Combien de fois allons-nous pleurer ?
Vous êtes là à vous leurrer,
Nos pleurs semblent à vos oreilles
De tendres cris qui adoucissent vos sommeils.

Dans la rue quand je passe,
Nombreux regardent ma face,
Ma peau, disent : « tu es fort,
Bien portant, tes efforts
Pourront servir pour ta patrie,
Pourquoi, tu préfères rester ici
En France ? Songe à rentrer chez toi,
Car on est mieux chez soi ».
Oui, j’aimerais bien rentrer,
Auprès des miens respirer,
Mais les circonstances
M’obligent de rester en France.
Dans mon pays, on ne vit point,
Mais plutôt, on survit, sans foin,
Une personne qui travaille dur,
Qui à chaque pas est si sûr,
Se retrouve, à la fin du mois,
Avec un salaire qui tue son émoi.

Si tout congolais veut voyager,
C’est parce qu’il vit avec le danger.
Non parce qu’il veut faire du tourisme,
Mais il veut échapper au barbarisme.
Comprenez donc que pour ma part,
Je ne suis pas parmi vous par hasard.

O vent, vent funeste et rude,
Vent rempli de désespoir,
Pourquoi tu t’es sur nous abattu ?
Nous étions assis, heureux, chez nous,
Gais comme la tortue dans sa carapace,
Quand soudain, le vent a soufflé,
Ce vent, telle une vague qui efface
Les moindres empruntes de pas sur le sable,
A effacé en nous le droit de vivre indépendant.
O vent, vent ravageur,
A soufflé dans notre continent
Et a emmené l’Autre.
Il est venu, a découvert les richesses,
S’abreuve à la source et nous laisse
Mourir de soif.
O tristesse, ô bonheur perdu,
O rire qui par le vent a été emporté !
O malheur éternel,
O pauvreté qui s’approfondit
Par l’enrichissement de l’Autre

 

L’ombre de l’homme n’est pas que tristesse, le poète chante également l’ode aux femmes courageuses, aux femmes qu’il aime.

A l’ombre du monde, le Poète réveille notre sensibilité à la nature. Il chante la nature, s’émerveille des édifices. J’ai apprécié ces histoires en vers à l’allure de fable. J’ai pris plaisir à lire la sympathique histoire de l’amitié entre la chenille et la fourmi.

A l’ombre de la vie, le Poète se livre. Il dresse le portrait de son enfance. Nostalgique, il court après son ombre et celle de sa tendre mère…

A l’ombre de l’amour, le Poète accompagné d’une lyre chante la mélodie de l’amour. La poétesse romantique que je suis a apprécié ces vers 

 

C’est quoi l’amour ?
Ce vent qui nous fait vivre,
Cette chandelle dans la nuit,
Cette goutte d’eau qui nous enivre,
Cet abri quand gronde la pluie…
Quelle forme, quelle image,
Quelle définition adéquate
Pouvant conformer tout usage
Peut être à l’amour écarlate ?
L’amour, c’est le chant du coq
Qui retentit pour éveiller l’âme,
Il solidifie comme un roc
Le cœur par une douce flamme.
L’amour, c’est la petite rose
Qui éclot au petit matin
Dans une allée des lys moroses
Et suscite des regards anodins.
L’amour, c’est le couronnement d’un roi,
Le renouvellement d’un empire
Qui réinvente l’espoir et la foi
Et sèche un avenir qui transpire.

J’ai aimé certains poèmes, d’autres m’ont laissée indifférente.

J’aime les poèmes qui s’énoncent clairement et se comprennent aisément mais dans ce recueil, certains poèmes étaient trop simples. Le poème Belles lettres (page 73) en est la parfaite illustration.

Certaines rimes étaient également grossières, d’autres forcées.

Sur ma joue, les larmes,

Alertées par des cris d’alarme,

Ont tracé leur chemin, ô rage !

Afin de passer sans embouteillage.

J’ai été légèrement charmée par ce recueil. Il m’a manqué de l’originalité, de l’émerveillement, de la splendeur.

lauteur

Né à Brazzaville, Claude Jonel Zingoula est poète, dramaturge et comédien. Il a fait des études de langues et littérature. L’auteur a toujours été proche de la culture et de l’art.

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Publié dans Histoires

RDVBAM Paillettes et sequins, tout ce qui brille

J’ai intégré un nouveau groupe de blogueuses afro/métissées sur invitation de deux blogueuses et je peux vous dire que je ne regrette pas de faire partie de cette petite communauté très animée.

Les créatrices du blog Samba Sisters Touch ont pensé ce groupe comme une place qui permet de rassembler en un même lieu, les multiples talents de la blogosphère afro/métissée, dispersés çà et là sur le web. Une place pour découvrir l’univers des talentueuses blogueuseset youtubeuses de la communauté afro/métissée.

Les membres du groupe ont décidé de partager une fois dans le mois leurs univers, à travers un « challenge sans barrières » autrement dit, chacun devra se sentir libre d’interpréter le sujet selon son univers, ou multiples influences : LE RDVBAM CHALLENGE

Les différents challenges sont publiés sur les blogs des participantes le 1er dimanche de chaque mois et sur la fan page Facebook du Challenge

Le thème de ce mois est PAILLETTES & SEQUINS. Le thème ne m’inspirait pas du tout mais voulant participer au challenge pour la première fois, j’ai décidé d’adapter l’un de mes écrits publiés sur ma page Facebook au thème. 

Je vous laisse découvrir mon récit. 

 

****

Détourner mon regard de l’écran lumineux, le mettre sous silencieux quand il se met à insister, ne pas sentir mon cœur qui se contracte de douleur, refuser que des larmes de tristesse me brouillent la vue. Tenter d’oublier son prénom, son visage, tout ce qui lui appartient et loge dans mon âme. Me séparer… Oublier…
Adisa a raison. Je n’ai rien à faire avec lui. Aucun avenir commun ne peut être envisagé. C’est impossible, plus maintenant…
J’ai essayé de le lui faire comprendre avant-hier après les cours, hélas !
Henri est attaché à moi comme un nourrisson au sein de ma mère. Il m’aime et moi…

J’ouvre grandement la fenêtre de mon studio qui donne sur l’arrière-cour de la résidence. Le vent frais me mord le visage mais je n’en ai cure.
Les récents événements de ma vie font un étrange défilé sous mes yeux. J’ai perdu un homme pour gagner une communauté.
Je dois être forte, avancer sans regarder en arrière. Je dois me retrouver, revendiquer mon identité. J’inspire un grand coup, referme la fenêtre avant de me diriger d’un pas nonchalant vers la salle d’eau. Là aussi, il y a eu du changement. Fini Garnier, L’oréal, Le petit Marseillais, mes produits de beauté sont uniquement Made in Africa, ma terre nourricière.

Je me dirige vers ma penderie. J’esquisse un sourire (le premier de ma soirée) lorsque mes yeux tombent sur ma jupe droite à sequins argentés, mon top à paillettes dorées, mon legging scintillant vert émeraude. Les paillettes et sequins règnent en maître dans ma garde-robe. 

Une robe à sequins

J’abuse des chaussures scintillantes : escarpins,  ballerines, sneakers, bottines.  J’ai au moins deux fois dans la semaine des paillettes à mes pieds. Ma mère m’y a habituée. Elle a toujours voulu que je brille. Elle me répétait sans cesse : la paillette et le sequin ne supportent pas la médiocrité.

 

Des baskets dorées

 

Des sandales brillantes à talons

Mon sourire s’évanouit. Je vais devoir me séparer de certains vêtements, ceux que je pourrai pas associer au pagne africain, le nouveau maître de ma garde-robe.  

« Qui d’autre que nous pour mettre en avant les produits qui viennent de nos terres ? Il est temps de consommer Africain, uniquement Africain. Délaissez ces habits qui puent l’occident, mettez en valeur le pagne de nos ancêtres.

N’ayons pas peur de ce que nous sommes, n’ayons pas honte de nos idées, ne doutons jamais de nos potentialités. Montrons leur que nous sommes meilleurs qu’eux. » Les mots d’Adisa et sa hargne ne se taisent pas dans ma mémoire.

J’enfile un boubou, des babouches. Verre de bissap et chips de banane posés sur ma table d’études, je dévore les ressources numériques disponibles sur le peuple Ehotile.
Je me sens si loin de mes racines, la faute à qui ?
Mes parents ont coupé tout lien avec leurs familles restées en Côte d’Ivoire. Ils ne m’ont jamais parlé du pays, de ce qu’on y fait. Tout ce que je sais de l’Afrique, de la Côte d’Ivoire, je l’ai appris à l’école, dans les médias occidentaux. 

Ils le font pour me protéger, ils me l’ont affirmé. De quoi ? De qui ? Ils n’ont jamais voulu me le dire. Entre frustration et colère, mon cœur balance.
Je suis une française à la peau noire mais ça va changer. Je vais découvrir ma vraie identité, je vais marcher sur les pas de mes ancêtres. Adisa est là pour m’aider à y arriver.  

J’engloutis une poignée de chips, mémorise tant bien que mal le vocabulaire gastronomique.

Des coups donnés à ma porte d’entrée me font sursauter. Je n’attends personne.

« Qui est-ce ? » m’entendais-je demander

Mon cœur se met à battre la chamade. Il l’a reconnu, il meurt d’envie de le revoir…

«Chloé, j’ai besoin de te voir. »

Mon cœur me supplie d’ouvrir…

«Ouvre s’il te plaît. »

…mais je ne peux pas.

« Je veux juste te voir, clo… »

Je ne peux pas te revoir, Henri.

«Tu me manques, ça devient atroce »

Sa douleur ne m’est pas inconnue mais je ne peux pas. Je ne dois pas retourner à ce passé artificiel…

*****

Comment vous trouvez le texte ? Etes- vous fan des paillettes et sequins ?

Pour lire les articles des autres membres de la communauté, cliquez sur les liens. 

The Little dayovo : http://thelittledayovo.com/
Un Huit Mars : http://unhuitmars.blogspot.fr/
Lovely Colibri : http://www.lovelycolibri.com/
That’s So Mouss : http://thatsomouss.wixsite.com/blog
Deadlines & Dresses : http://deadlines-dresses.com/
Elisamodish : http://elisamodish.fr/
Esprit Mode by Sabrina : http://www.espritmodebysabrina.fr/
DIY avec Krol : http://kroldiy.com/
GYNIAH : http://gyniah.com/
Le Carnet de Gladys : http://lecarnetdegladys.com/
Le fourre-tout de Gayou : https://lefourretoutdegayou.wordpress.com/
King Cheryry : https://kingcheryry.blogspot.fr/
Lisenailsart : http://lisenailsart.blogspot.fr/
Silence Brisé : https://silencebrise.com/
The Beautyfull World : http://thebeautyfullworld.com/
Samba Sisters Touch : http://www.sambasisterstouch.fr/
JoOh-Caramel : https://curlycinnamon.com/

 

 

paillettes-et-sequins

 

Bonne découverte ! 

signature coeur graceminlibe

 

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Coup de cœur pour la saison de l’ombre ?

« Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d’âge mûr, évaporés dans l’air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? »

Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l’intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l’écart. Quel malheur vient de s’abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d’une quête initiatique et périlleuse, les émissaires du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les Bwele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.

Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L’histoire de l’Afrique sub-saharienne s’y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de « l’obligation d’inventer pour survivre. »

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Certains romans nous imposent le silence, forcent notre respect, nous ordonnent la concentration. La saison de l’ombre fait partie de ceux-là. 

Ce roman historique impose le silence et la concentration tant par sa forme que par son fond. Sa beauté saisissante fige les esprits, les conduit là où elle veut bien les mener.

Cette oeuvre complexe, puissante et émouvante nous porte au seuil d’un village de l’Afrique noire, au cœur du clan Mulungo, au crépuscule de la traite négrière.

Dans ce décor planté aux confins d’une brousse, on vit la disparition de fils, la douleur des mères, l’incompréhension des chefs de famille, la confusion des responsables de la communauté.

Qui a causé cet incendie ? Qui a enlevé les 10 jeunes et les hommes d’âge mur ? Pourquoi ? Où les ont-ils menés ? Reviendront-ils ? Sont-ils en vie ?

Les interrogations sont lourdes, les peurs s’amplifient, l’écho silencieux des réponses est affreux. 

On vit l’histoire via le lien mère-fils. Quel amour terrestre est plus grand que celui d’une mère ? Quelle douleur est plus grande que celle de se voir arracher un fils ? Quel lien est plus fort que celui d’une mère et son enfant ?  Ce lien fort, rompu porte la tristesse à son paroxysme, donne du souffle à l’histoire. 

On est frappé par sa détermination d’Eyabe dans sa quête de retrouver les fils qui manquent à la communauté. 

Eyabe ne se pose pas la question de la direction à suivre. Quelque chose la pousse, la conduit. L’amour des mères pour leurs fils n’a que faire des astres pour trouver son chemin. Il est lui-même l’étoile. 

Depuis qu’elle s’est mise en route pour trouver le pays de l’eau, elle considère cette dernière comme une puissance hostile, une force néfaste qui lui a ravi son premier-né. L’enfant dont la venue au monde a consacré sa féminité aux yeux du clan. Celui grâce auquel il lui a été donné de se découvrir, de se connaître elle-même telle qu’elle ne s’était jamais envisagée. Inventive : combien de mélodies lui sont venues lorsqu’il fallait le bercer ? Savante : elle avait la réponse à ses questions, pas toujours, mais souvent. Douce : oui, elle dont l’adolescence s’était passée à rivaliser au tir à la fronde avec ses frères. 

On est ému par la douleur des mères qui jamais ne reverront leurs enfants, choqué par l’esprit de clan égoïste qui règne chez les Bwele et la cruauté des Isedu. « La vie humaine ne leur est pas une chose sacrée. » 

Des écrits ont raconté l’expérience douloureuse de ceux qui ont été esclaves, forcés à quitter leur terre, oublier leur identité, être d’autres hommes. 

La saison de l’ombre a le mérite de raconter l’expérience douloureuse de ceux qui sont restés, ceux qui ont été forcés à vivre avec l’absence, devenir des êtres amputés de leur mémoire.

En 287 pages, l’auteur nous décrit le déclin du peuple Mulungo, le péril d’une communauté: la disparition de ses us et coutumes, ses traditions, son mystère, sa philosophie, sa langue, ses richesses, ses croyances.

L’auteur évoque également un peuple neuf, la cendre de plusieurs peuples éteints :

Ses pas l’ont conduite en ce lieu appelé Bebayedi, un espace abritant un peuple neuf, un lieu dont le nom évoque à la fois la déchirure et le commencement. Ceux qui sont ici ont des ancêtres multiples, des langues différentes. Pourtant, ils ne font qu’un. Ils ont fui la fureur, le fracas. Ils ont jailli du chaos, refusé de se laisser entraîner dans une existence dont ils ne maîtrisaient pas le sens, happer par une mort dont ils ne connaissaient ni les modalités, ni la finalité. Ce faisant, et sans en avoir précisément conçu le dessein, ils ont fait advenir un monde. Prenant le statut d’ancêtres, ils légueront une langue faite de plusieurs autres, des cultes forgés dans la fusion des croyances. 

 

Elle raconte avec une plume sophistiquée ce qui a été et ne sera plus, ce qu’on a définitivement perdu ; le pan d’un passé qu’on tait parce qu’on l’ignore et auquel on ne prête guère attention. Elle raconte ce qu’on fait perdre aux autres en cherchant à posséder sans mesure. 

J’ai été saisie par la lecture de cette oeuvre qui porte l’Afrique et ses mystères,  j’ai adoré la plume de l’auteur. Elle me donne l’envie de me surpasser pour améliorer mon style d’écriture. 

La nuit tombe d’un coup, comme un fruit trop mûr. Elle s’écrase sur le marais, la rivière, les cases sur pilotis? La nuit a une texture : celle de la pulpe du kasimangolo, dont on ne peut savourer toute la douceur sucrée qu’en suçant prudemment les piquants du noyau. La nuit a une odeur : elle sent la peau de ceux qui sont ensemble par la force des choses. La nuit sent les souvenirs que le jour éloigne… La nuit charrie les réminiscences du dernier jour de la vie d’avant…

Il m’a manqué quelques éléments pour ne pas l’inscrire à la liste de mes coups de cœur notamment les noms qui ne sont pas évidents à retenir car certains se ressemblent tant que l’on finit à ne plus savoir qui est qui et les longueurs. La lectrice impatiente que je suis aurait aimé que le chemin qui mène à la découverte des fils perdus soit moins long. 

Léonora Miano est un auteur que je vais maintenant suivre de très près. Avez-vous lu l’une de ses œuvres ? Laquelle me conseillez-vous ?

Des phrases à ne pas oublier

Tout ce qui vit abrite un esprit. Tout ce qui vit manifeste la divinité. 

Ce qui existe naturellement ne devient bon ou mauvais qu’au contact d’une volonté. 

C’est d’être nommé qui fait exister ce qui vit. 

L’auteur 

Née à Douala (Cameroun)  en 1973, Léonora Miano vit en France depuis 1991. L’intérieur de la Nuit, son premier roman, est paru en 2005. Une dizaine d’autres ont suivi depuis lors, recevant de nombreuses distinctions littéraires. Son écriture s’attache aux expériences subsahariennes et afrodescendantes, les inscrivant dans la conscience du monde. La Saison de l’Ombre a reçu le prix Femina 2013. 

La publication de l’oeuvre 

Editée par Grasset en 2013

Intégrée à La Collection « Terres solidaires » au 4e trimestre 2015. La Saison de l’Ombre, 10e titre de la collection « Terres solidaires » a été choisi par un comité de lecture panafricain composé de professionnels du livre, d’auteurs et de journalistes, à partir d’une sélection réalisée par Nathalie Carré. La collection « Terres solidaires » créée en 2007, repose sur un principe de « restitution » au Sud de textes littéraires écrits par des auteurs africains, publiés initialement au Nord. Par le biais de la coédition solidaire et avec la collaboration d’éditeurs français , des éditeurs en Afrique publient à des prix les plus accessibles possible pour le lectorat, des textes majeurs d’auteurs africains. 

Mon défi PKJ

La lecture de la saison de l’Ombre m’a permis de valider 7 challenges du défi Pocket Jeunesse:

1_ Lire un auteur qui a une double nationalité : Léonora Miano est camerounaise et française

10_ Lire un livre qui a un nombre de chapitres impair : La saison de l’ombre en a 5

16 _ Lire un roman avec un méchant vraiment très méchant : la princesse Njole

18 _ Penser très rapidement dans sa lecture qu’il va s’agir d’un coup de cœur

21_ Lire un livre qui vous a émue

23_ Lire un livre avec de l’herbe représentée sur la couverture 

25_Lire un livre qui met en scène des meilleures amies.

 

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Lagos lady, coup de cœur noir

 

Lagos lady par Adenle

Mauvaise idée de sortir seul quand on est blanc et qu’on ne connaît rien ni personne à Lagos ; Guy Collins l’apprend à ses dépens, juste devant le Ronnie’s, où il découvre avec la foule effarée le corps d’une prostituée aux seins coupés. En bon journaliste, il aime les scoops, mais celui-là risque bien de lui coûter cher : la police l’embarque et le boucle dans une cellule surpeuplée, en attendant de statuer sur son sort. Le sort, c’est Amaka, une splendide Nigériane, ange gardien des filles de la rue, qui, le prenant pour un reporter de la bbc, lui sauve la mise, à condition qu’il enquête sur cette vague d’assassinats. Entraîné dans une sombre histoire de juju, la sorcellerie du cru, notre journaliste à la manque se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère, tandis qu’Amaka mène la danse en épatante femme d’action au milieu des notables pervers. Hôtels chics, bars de seconde zone, jungle, bordels, embouteillages et planques en tout genre, Lagos bouillonne nuit et jour dans la frénésie highlife ; les riches font tinter des coupes de champagne sur Victoria Island pendant que les pauvres s’entretuent à l’arme lourde dans les bas quartiers. Un polar survolté et drôle qui plonge au cœur de la ville africaine à la vitesse d’un tir de kalachnikov. Le Nigéria n’a jamais été aussi près de Tarantino.
Vous aimez le côté obscur des choses, les enquêtes policières, le rythme effréné, les effets de surprise  et vous cherchez votre prochaine dose d’adrénaline ? Elle se trouve dans LAGOS LADY.
Vous avez besoin de garder les yeux ouverts pendant un très long moment ? Votre objectif sera atteint avec LAGOS LADY. 
Vous devez faire du sport, votre médecin et votre conscience vous le disent régulièrement mais vous n’avez pas aucune volonté ? Elle viendra avec LAGOS LADY. Ce polar vous fera courir dans les rues de Lagos, vous aurez la peur au ventre. Oubliez les moments de répit. 
Vous verrez  la violence à l’état brut. Non, l’auteur n’a pas signé de contrat avec Walt Disney. Il n’enjolive pas la misère, la violence et la prostitution présentes dans le pays. J’ai plusieurs fois dit pendant ma lecture que c’était très violent. J’aurais voulu en tant qu’africaine optimiste qu’on ne montre pas le côté noir de Lagos mais peut-on cacher le visage avec un doigt ? Doit-on nier la réalité ? 
Mais bon, j’étais à Lagos, la ville des agressions à main armée, des assassinats – auxquels il fallait maintenant ajouter, apparemment, les « meurtres rituels »
Ce livre est plein d’émotions. On prend pitié de ces jeunes filles pour qui « la prostitution n’était pas un choix – c’était une absence de choix »
On réfléchit à la condition de la femme, c’est rageant de voir qu’on ne la réduit souvent qu’à son sexe. 
En parlant de sexe, j’ai été un peu gênée des différentes allusions qui étaient faites et des descriptions assez étayées. Heureusement, on est très loin du 50 nuances de Grey. 
On est surpris par le caractère d’Amaka, « cette femme qui se sert de son savoir, de son charme et de tous les moyens disponibles pour défendre d’autres femmes. »
On trouve Guy Collins si candide, si attachant. On a envie de le caser avec une de nos cousines en liste d’attente sur la liste des mariages mais bon son cœur appartient à … Souffrez que je ne vous dévoile pas le nom de l’heureuse élue. 
On rit aussi dans ce roman
Un frisson de terreur m’a parcouru l’échine en voyant une tête rouler par terre – puis j’ai compris que quelqu’un avait perdu sa perruque, rien de plus. 
LAGOS LADY est un coup de cœur pour moi tant au niveau du fond que de la forme. L’intrigue est bien construite, les personnages aussi. Les chapitres sont très courts  et donnent un rythme haletant au livre.
L’auteur a utilisé deux types de narrateur : le narrateur héros (Guy Collins) et le narrateur témoin (Amaka et les personnages secondaires). Cette narration alternée apporte du dynamisme à l’histoire. 
Les événements sont un peu résumés lorsqu’on tend vers la fin mais ça n’enlève rien au charme de l’histoire. 
La fin est surprenante ! C’est une belle ouverture, un coup de maître. On referme le livre en frémissant. On imagine sa suite. On a envie d’acclamer et de dire chapeau à l’auteur. 
Il y a des livres dont je suis fière d’en posséder un exemplaire, LAGOS LADY en fait partie et Leye Adenle a fait son entrée officielle dans ma liste d’auteurs à suivre. 
 
Biographie de l’auteur  
Leye Adenle, né au Nigeria en 1975, vit actuellement à Londres. Chef de projet, acteur occasionnel, il livre avec Lagos Lady son premier roman, après avoir publié plusieurs nouvelles.
Détails de l’oeuvre 
Publication : 10/03/2016
Prix : 20 €
Titre original : Esay Motion tourist
Langue originale : Anglais (Nigéria)
Traduit par : David Fauquemberg
 
Retrouvez une interview de l’auteur ici 
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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Polygamiques

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Avec Polygamiques, Natasha Pemba nous transporte dans  des contrées  existentielles et relationnelles les plus palpables de notre monde : la polygamie, le polyamour, la diversité culturelle, l’amitié, la famille. A travers les différentes nouvelles et les personnages qu’elle dépeint, on entrevoit que le mot « polygamiques » peut aussi représenter une sorte de mélange, une différence, une mixité, une rencontre de l’être de l’autre à partager avec un autre : une jeune fille qui vit un mal-être dans sa famille et qui va, inconsciemment, à la quête d’une autre famille la soumettant presqu’à l’envie, un vieux polygame marié à cinq femmes qui va obstruer la voie à un jeune qui se fait passer pour l’intellectuel du quartier, un jeune orphelin qui mendie l’amour de ceux qui lui font l’aumône, un polygame inassouvi qui veut toujours plus de bureaux, une adolescente qui va comprendre que l’homme Blanc est un homme comme les autres, une mère qui porte un lourd secret sur la situation de son fils, deux jeunes filles qui mènent une vie trépidante et qui ne rêvent que d’une chose : finir leur vie en Europe et épouser un Blanc qui mettra fin à leurs misères. 

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Ce livre m’a séduite par l’intermédiaire du blog littéraire novi-novi. Je m’étais promis de ne plus lire de recueils de nouvelles en 2016 mais je n’ai pas pu résister à ses jeux de phare au stand de La Doxa Editions au SILA 2016 (Salon du Livre Africain). Le salon s’est tenu à Abidjan en mai dernier. 

L’auteur à travers 8 nouvelles nous entraîne dans le cœur des villes de la République du Congo : Pointe-Noire, Dolisie, Mbinda, Brazzaville, etc… Elle décrit les habitudes des habitants de ces villes ;  elle nous relate leurs conceptions de l’amour, leurs histoires de cœur avec un réalisme frappant et un humour contagieux.

Un cœur qui aime d’amour ou d’amitié. Un cœur qui court après l’amour eros ou l’amour phileo.

Un cœur avide, gourmand qui ne se contente pas d’une seule personne à aimer. Un cœur qui se lasse de ce qu’il a, désire voir autre chose. 

La 1ère nouvelle « ma future belle-mère » présente deux femmes : une mère imparfaite et une belle-mère parfaite. Les qualités exceptionnelles de l’une révèlent les défauts de l’autre. Cette nouvelle nous présente une polygamie étrange, différente de celle que l’on a l’habitude de rencontrer sous les tropiques. 

La nouvelle « L’intellectuel du quartier » dépeint un polygame qui refuse de partager le podium de l’intelligence avec un jeune homme qui courtise ses filles et qui se fait passer pour un intellectuel

« C’est un imposteur  ! Je vais le désimposter » se disait-il 

« Jeune homme, j’ai le CEPE et j’ai le niveau de la maîtrise de mon époque. Vous, vous avez la licence et vous avez le niveau du CM1  de votre époque. 

J’ai apprécié le côté mordant du pater Bissila. Cette nouvelle m’a rappelé la rivalité des femmes dans certains foyers polygames. 

La nouvelle « Le mythe du Blanc » montre le piédestal sur lequel le Noir a placé et continue de placer l’homme Blanc. L’homme Blanc ne sera jamais polygame mais reste-t-il fidèle à sa femme jusqu’à la mort ?

 

Dans la nouvelle « L’amitié« , l’homme Blanc nous étonne encore lorsqu’il ne veut que l’amitié d’une femme que tous les hommes désirent. De quoi est-il donc fait, l’homme Blanc ? 

Les hommes de ce recueil aiment les femmes, ils ne peuvent se priver de leur présence. Ils se remarient quand leur première femme meurt et ne font pas attention aux maltraitances que fait subir leur nouvelle épouse à leurs enfants. 

Les femmes aiment aussi les hommes, elles ne se privent pas d’en avoir plusieurs dans leur vie pour des raisons matérielles ou dans le but d’avoir une progéniture. 

J’ai eu un énorme coup de cœur pour la nouvelle « Troisième bureau« . L’histoire est longue mais qu’est-ce qu’elle est plaisante ! Les personnages sont riches en couleurs, vivants et comiques.

Mélanie, personnage principal de cette nouvelle, redécouvre l’amour avec Odinga et est prête à vivre dans un foyer polygame en pensant qu’elle serait la dernière femme. J’ai admiré le « silence » de la première femme d’Odinga ; j’ai apprécié la bonté de Mélanie et son flegme aux premières pages de l’histoire ;  j’ai par-dessus tout aimé le profil psychologique du père de Mélanie. 

 

Mélanie. Tu dois savoir que la seule chose qui m’a empêché d’épouser autant de femmes que je voulais, c’était ma charge de pasteur. Ce n’était pas ta mère. Une femme ne peut rien imposer à son mari, tu m’entends ? Rien. Je ne voulais pas de problème avec Dieu.

Nous les hommes on a besoin de ça et puisque le code de la famille de notre pays ne l’interdit pas, pourquoi vivre en cachette ou s’en priver ? Il faut épouser autant qu’on peut.

[…]

Bête comme ta mère ! Tu croyais qu’un homme polygame raterait des occasions de devenir chaque jour un peu plus polygame ? Un polygame reste un polygame. 

Ce recueil de nouvelles au style léger, entraînant offre un agréable moment de lecture et de divertissement. Il suscite une très belle question : doit-on épouser toutes les femmes qu’on aime ? 

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Nombre de pages : 181

Date de publication : Mars 2015

Prix : 15 euros (10000 Francs CFA)

Vous pouvez la commander par mail à ladoxaeditions@gmail.com, en ligne sur http://www.ladoxa-editions.com.

lauteur

Née à Pointe-Noire, Natasha Pemba est une écrivaine et essayiste congolaise. Passionnée de philosophie et de littérature, elle s’intéresse beaucoup à la question du vivre-ensemble dans les sociétés multiculturelles. Vous pouvez la suivre sur son blog 

http://lesanctuairedepenelope.overblog.com/.

GM signature

Publié dans Interviews

Je n’aurais jamais commencé sans lui

Un nouveau jour, une date particulière… Il y a un an, je me lançais dans l’aventure du blog en suivant la recommandation d’un ami, que dis-je d’un frère qui m’a beaucoup aidée dans mes moments de chaos et de doute professionnel.

Ce blog c’est à lui que je le dois et j’ai voulu inaugurer le mois de célébration d’anniversaire du blog en lui rendant hommage via une interview. Mais de qui s’agit-il ?

 

Serge KOUKOUGNON

Qui est Serge KOUKOUGNON en 3 mots ?

SK : En trois mots ? (Rires). Si je devais utiliser juste trois mots pour parler de moi, je dirais «Image de Dieu». Ça fait bien trois mots non ?  (Rires)

Je  suis un passionné  de motivation,  de développement  personnel qui  prend plaisir à accompagner les autres dans la quête de leur épanouissement personnel. J’interviens en tant que conférencier, coach, et je suis également auteur de plusieurs livres. Je pense qu’on aura l’occasion d’y revenir.

Comment es-tu arrivé au développement personnel ?

SK : J’ai découvert cet univers par les livres. J’ai un ami d’enfance  que  j’ai vu un jour avec un livre volumineux et coûteux  (pour  notre bourse  à  l’époque). C’était les « 7 habitudes de ceux qui  réussissent tout ce qu’ils entreprennent »,  écrit  par Stephen  R. Covey. J’avoue avoir été surpris de savoir qu’il avait investi environ 17 000 francs CFA (26 euros) environ dans un « gros » livre et en plus il le lisait !

Ça a attisé ma curiosité au point d’acheter moi aussi mon premier  livre qui parlait de leadership « comment développer  son  leadership » de  Ken Blanchard. Un excellent livre qui m’a été d’une grande aide.

Tu sais, quand tu découvres un domaine aussi passionnant que le développement personnel, tu as toujours envie d’en savoir  plus.  C’est ainsi  que de  fil en  aiguille j’ai fait d’autres découvertes, rencontré des gens et depuis  on y est.

 

Quels sont tes thèmes de prédilection ?

SK : C’est une très belle question car le développement  personnel est très vaste. Je suis pour ma part spécialisé sur « la loi de l’attraction » qui  nous aide à comprendre comment nous pouvons de manière  consciente  attirer des circonstances favorables et  créer les conditions de notre bonheur. Je me passionne également pour  l’accompagnement  des personnes ayant le trac, qui de ce  fait  ne peuvent s’exprimer librement en public.

 

Peux-tu nous présenter Potentiel&Créativité ?

SK : Potentiel&Créativité est une structure que  nous  avons créé  depuis 2012, qui  œuvre dans le domaine du développement personnel à travers des conférences de motivation destinées aux jeunes, la formation et le coaching en communication orale adressés aux personnes en entreprise ayant des difficultés à s’exprimer en face d’un public. Notre rêve à Potentiel&Créativité est surtout d’aider toutes les personnes qui le désirent à atteindre l’épanouissement personnel.

Tu as créé l’année dernière un groupe d’inspiration sur WhatsApp. Peux-tu nous en parler un peu plus de cette réalisation ?

SK : Sk’s Inspiration est aujourd’hui une grande famille avec des membres dans plusieurs pays francophones africains. Nous avons créé cet espace pour  partager notre savoir-faire en développement,  nos  conseils  et stratégies  avec tous  ceux  qui en  ont  besoin. Et j’avoue que les retours sont très encourageants. A travers les séances de coaching que nous organisons chaque semaine dans le groupe, des vies sont  positivement transformées.  Notre groupe est très particulier. En ce sens que tous ceux qui y sont ont eux-même demandé à  le rejoindre. Ce n’est pas le genre de groupe où on se retrouve un matin sans trop savoir de quoi  il s’agit.

Notre famille est encore ouverte et disponible pour toutes les  personnes sérieuses, passionnées de  développement   personnel,  et pour toutes celles  qui  pensent  avoir besoin d’aide  pour  mener une  vie plus libre  et heureuse. Il suffit de nous contacter via WhatsApp,  de prendre  connaissance de nos conditions  et c’est tout.

De quoi es-tu le plus fier depuis que tu t’es lancé dans le développement personnel ?

SK : Je ne dirai pas  fier,  mais  reconnaissant de m’être lancé et d’aider les autres par  ce que je fais. Je suis vraiment reconnaissant  pour toutes ces personnes qui me suivent et  trouvent leur  solution. C’est un privilège que j’apprécie chaque jour. La route continue,  et tant  qu’on  a la force de le  faire, on le fera.

Que pourrais-tu dire aux gens qui ont peur de vivre leurs passions ?

SK : La peur de vivre sa passion est liée  à deux pensées : « Que vont dire les autres ». On  se  préoccupe de ce que penseront les personnes qui nous aiment.  On croit qu’on va les décevoir. Ce sera peut-être le cas. Dans ce genre de  situation, être indépendant  financièrement est un premier point de départ, et ensuite se laisser submerger par cette passion est le deuxième point. Si financièrement vous  ne dépendez de  personne,  vos choix seront moins contrariés. Puis si vous êtes submergé, plongé dans votre  passion, le  courage de la vivre sera une évidence. La  passion  deviendra  plus forte que  la  peur.

La deuxième pensée est « comment je vais en vivre ? ». Cette  pensée  fait  que certains se disent qu’ils n’ont pas  le choix. Ils sont  obligés de  faire ce qu’ils n’aiment pas pour  vivre. C’est un  doux mensonge.  Ça  sonne  bien,  mais ça nous  détruit. On  ne sera  jamais vraiment heureux sans vivre notre passion.  Parfois pour contrer cette peur il faut  s’autoriser à s’imaginer à  en  vivre pleinement. Plus vous y pensez  plus vous attirez les conditions pour  le  faire. Ensuite  commencez  à  temps partiel sans abandonner totalement votre principale source de revenu, jusqu’à ce que vous  soyez capable de vivre de votre passion. Si toutefois, le  temps  et la disponibilité  sont ce  dont vous avez  besoin, vous serez obligé de prendre la décision temporairement douloureuse  de  démissionner. C’est très  souvent  quand  les ponts  sont  rompus derrière soi  qu’on  se  découvre  des  capacités extraordinaires  pour  réussir.  De toutes les façons, le moyen le plus efficace pour surmonter la peur c’est l’action.  Sans action, tous les plans, toutes les théories ne servent à rien. Autorisez-vous à être heureux pour  une fois.

Peux-tu nous parler un peu de ta bibliographie ?

SK : Nous avons écrit en dehors de la sphère du développement personnel  »Noirs et Capables » qui retrace la vie d’une douzaine d’inventeurs noirs qui ont apporté leur contribution à l’avancée technologique et scientifique de l’humanité. Nous estimons que le noir n’est pas inutile bien au contraire. C’est un être humain, avec une couleur de peau différente de celle des autres races, mais a tout autant de potentiel que les autres. Nous avons également écrit un recueil de 365 proverbes africains dont le titre est  »L’Afrique te parle chaque jour ».

Concernant le développement personnel,  nous avons écrit quelques ouvrages à savoir :

 »4 Clés pour un leadership efficace »,

Savoir se fixer des objectifs et les atteindre (disponible sur Amazon et  à  Abidjan),

Prêt ? Parlez : 8 conseils concerts pour préparer et réussir vos interventions en public (livret gratuit en version numérique),

Développez votre  confiance en soi  pour entreprendre (disponible  sur  Amazon),

Pourquoi la loi de l’attraction n’a pas marché jusqu’à présent,

et le tout dernier Le Parchemin de l’inspiration, qui est un recueil de textes très inspirants et encourageants, également disponible sur Amazon et à  Abidjan.

Peux-tu nous citer 5 livres à lire absolument en matière de développement personnel ?

SK : Je vous conseillerai « Savoir se fixer des objectifs et  les  atteindre », « le parchemin de  l’inspiration », « la puissance de votre subconscient »  de  Joseph Murphy, « Réfléchissez  et devenez riche » de Napoléon  Hill.

 

Si tu devais décrire Grâce Minlibé en 4 mots, que dirais-tu ?

SK : Toi avec tes histoires de 3 mots, 4 mots. (Rires). Grâce Minlibé est une fille très intelligente, talentueuse en écriture, inspirée, ouverte, joviale, sensible, sincère et surtout une très bonne amie. C’est la personne que je recommanderai sans hésiter  à tous  ceux et toutes celles qui aimeraient vivre un célibat heureux, sans angoisse.  Oups  ! J’ai fait plus de 4 (Rires).

Le blog Grace Minlibe souffle sa première bougie. Quels sont tes vœux pour ce blog ?

SK : Je suis convaincu  que ce blog est une réponse aux problèmes des milliers de personnes dans ce monde. Grâce, je te dirai à  toi de ne pas  t’arrêter. Continue même quand ça sera dur. Continue même quand tu auras l’impression que personne  ne  te lit. Continue, améliore, progresse. Maintiens vivante la vision qui  t’a  fait commencer. Continue jusqu’au  bout.  Que  ce blog continue d’inspirer et  d’aider des millions  de  gens à travers le monde. Reste bénie Sista (Rires).

 

Merci au grand ami que tu es pour ces réponses spontanées et enrichissantes. 

Vous pouvez retrouver Serge Koukougnon sur sa page officielle et celle de  Potentiel &Créativité 

Il est également sur Instagram et Twitter

 Si vous désirez rejoindre le groupe SK’s Inspiration, envoyez via WhatsApp votre nom et prénom au +22578766233.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La ronde des jours

La lecture d’un recueil de poèmes à 12 ans et la lecture de ce même recueil à 25 ans ne peuvent être identiques. La sensibilité poétique est censée évoluer, se bonifier avec le temps.

Voulant remettre en question cette conviction, j’ai relu la Ronde des jours de Bernard B. Dadié, le guetteur du siècle, le premier écrivain de ma nation : La Côte d’Ivoire.

La ronde des jours

Où peut-on voir  un être célébrer l’univers et la terre qui l’a vu naître,

Célébrer sa peau noire

Et lui rendre toute la gloire ?

Où peut-on voir un être conditionné qui aspire à la liberté ?

Un homme qui aime la Vie, la Joie, l’Amour ?

Où peut-on lire 28 mélodies délicates, savoureuses et tendres émanant d’une révolte intérieure, évoquant le temps qui nous échappe ?

Dans la ronde des jours.

Des jours qui se succèdent et portent en eux des sentiments différents : désir de vivre, désir d’affirmer son identité, désir d’aimer ses origines, sa couleur de peau et son Afrique, désir de chérir et magnifier l’élue de son cœur, volonté d’aller au-delà des apparences. 

Les 28 poèmes de la ronde des jours offrent une belle lecture, des images poétiques très fortes.

Elles ne sont point

                 des ruelles pour les peines

                 des canaux pour les larmes

                 des rigoles pour les haines

                 des cordes pour pendus

                  ni des portions

                 ni des tranches

                  ni des morceaux

                                de ceci… de cela…

Les lignes de nos mains

                      ni Jaunes

                      Noires

                       Blanches

ne sont point des frontières

des fossés entre nos villages

des filins pour lier des faisceaux de

                                                                 [rancœurs.

Ces poèmes sont une réelle source d’inspiration ;  ils m’ont donné l’envie d’habiller mes poèmes d’une autre matière.

Le Sage a le cœur si vaste,

Si vaste,

Qu’il embrasse l’univers entier

Et c’est pour lui,

Faiblesse

Que d’aimer un seul être.

 

Je suis l’homme dont on se plaint,

Parce que contre l’étiquette

L’homme dont on se rit,

Parce que contre les barrières

 

Viens, sur la terre des mortels,

Inspirer un amant

Qui se meurt dans l’attente

Du jour faste des phrases éternelles

 

Le noir de mon teint n’est pas

un signe de malheur.

Le ciel s’est teint de noir

Du noir de mon teint

J’ai eu un véritable coup de cœur pour Mon rêve et Le monde, c’est toi mon amour : des mots doux pour montrer l’immensité de l’attachement du poète à son aimée.

Ce recueil de 56 pages date de 1956 mais le temps qui passe n’altère pas son cœur et sa saveur ; il est toujours d’actualité et il m’a transportée.

Pour éviter de passer des heures et des heures à parler de ce séduisant recueil de poèmes, je vous passe le relais. Enivrez-vous ! 🙂

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Symphonies de l’enfer

En observateur attentif et avisé du spectacle du monde, Camara Nangala, dans les quatre nouvelles, met en exergue son art consommé de la narration, son sens de l’humour et son goût pour la beauté du langage. Chaque nouvelle est construite de façon méthodique et maîtrisée. L’auteur entraîne le lecteur dans des méandres dont lui seul a le secret. Il fait subtilement de lui un complice, voire un acteur de l’intrigue. Puis vient le point de chute de la manière la plus inattendue, soulevant inévitablement une foule de questions chez le lecteur.

symphonies de l'enfer

Camara Nangala est un auteur ivoirien que j’ai découvert à l’école primaire. Son roman « le cahier noir », une histoire bien triste qui relate la maltraitance de deux enfants par leur belle-mère m’avait énormément touchée.

Au secondaire, j’ai lu d’autres œuvres de l’auteur. Je ne me rappelle malheureusement plus de leurs titres et contenus mais je garde en mémoire de bons moments de lecture.

Ces bons moments, j’ai voulu les revivre en lisant «Symphonies de l’enfer», un recueil de 4 nouvelles. Y suis-je parvenue ?

Oui mais… Je n’ai pas intégralement trouvé dans ma lecture ce que la quatrième de couverture promettait. J’ai trouvé l’art de la narration, la beauté du langage, l’humour dans la 4ème nouvelle  mais pas l’inattendu du point de chute, la surprise.

Ne restons pas à la surface du livre. Découvrons le contenu des nouvelles par ordre de préférence croissant (du moins apprécié au plus apprécié) :

Instinct atavique écrit en 1983

Le Syndicat des Mineurs Noirs en Afrique du Sud tiendra son ultime meeting, en vue du mot d’ordre de grève générale. La police et l’armée seront immanquablement au rendez-vous. Oswald aussi.

Sa fille Gladys, jeune étudiante, est sous le choc, ne comprend pas pourquoi son père fait partie de la soldatesque des tenants de l’apartheid, accepte de matraquer et de tirer sur des êtres humains, ses semblables, ses frères de race, dont le seul crime est de réclamer leur droit imprescriptible à la liberté. Elle ne comprend pas pourquoi des Noirs massacrent d’autres Noirs pour le compte des Blancs.

Elle use de stratagèmes pour empêcher son père de se rendre à l’esplanade de la mine sans succès. Il s’y rend et comme ses collègues ouvre le feu sur la foule. Le père de Wilfried, un ami de classe de Gladys se trouvait dans la foule et a été assassiné…

J’ai apprécié le contexte historique de cette nouvelle, je pense que l’apartheid comme toutes les autres luttes du peuple Noir pour accéder à la liberté ne devraient pas être oubliées.

 J’ai apprécié le courage dont a usé Gladys pour défier son père mais je n’ai pas approuvé ce qu’elle a fait de leur relation (je le dis en ces termes pour qu’il vous reste une part de mystère dans l’histoire 🙂 )

La maxime «Œil pour œil, dent pour dent » a été observée et c’est ce qui m’a dérangée dans cette histoire.

L’histoire d’amour entre Gladys et Wilfried m’a également dérangée parce qu’elle n’a pas conduit à quelque chose de constructif.

En lisant la fin de l’histoire, on est tenté de dire que le sang n’arrêtera jamais de couler. On n’arrêtera jamais de tuer …

 

Rififi sur la bande F.M, écrit en 1999

Bientôt, l’entrée dans le 3ème millénaire. Kobenan surfe sur le fluide des fréquences modulées, découvre une station de radiodiffusion : Radio Trouble-Fête. L’animateur de ladite radio fait l’éloge du zouglou (style musical ivoirien), le présente comme un instrument de prise de conscience.

Le Zouglou est la parole des sans-grades, la parole des sans-voix. Le Zouglou est la pâte qui gonfle, gonfle, gonfle encore sous l’effet de la levure que constituent injustices sociales et frustrations.

Il incite ses auditeurs à laisser fleurir la conscience morale, l’éthique, à se révolter contre les brigands semi-cultivés qui président aux destinées de leur pays.

Kobenan est sous le charme de cet éveilleur de conscience qui n’est autre que Romuald  dont la mère se servait de sa grande beauté pour être à l’abri du manque financier jusqu’au jour terrible de son accident qui la condamna à être en chaise roulante. Son nouvel état fit fuir tous ses prétendants, le père de Romuald, Ministre de l’Agriculture à l’époque, y compris.

Les propos de Romuald dérangent fortement le gouvernement en place. Son activisme est brutalement mis à terme. L’annonce est faite au journal télévisé par le Ministre de l’Intérieur qui n’est que …. (à vous de le découvrir dans votre lecture)

J’ai apprécié la poésie qui émanait de cette nouvelle et l’évolution humaine de Romuald mais j’aurais préféré une chute plus époustouflante.

Au fil du flot de sang de Soweto, écrit en 1979

N’kosinati raconte l’apocalypse de son village, le village noir de Rietfontein orchestré par la soldatesque des tenants de l’apartheid.

J’ai redécouvert à travers cette nouvelle le monstrueux système de l’apartheid. Cette nouvelle est pleine d’émotion et de proverbes africains. J’ai apprécié la tristesse qui se lit et se vit dans cette histoire. J’ai également apprécié ses notes poétiques.

La voix de N’kosinati devient plus puissante, plus poignante, plus bouleversante. Et s’élèvent de la gargote de tante Maggy les voix enflées de l’assistance ; les voix grosses du bonheur en devenir. Et scintillent sur les visages les larmes, intempérie qui précède le beau temps ; les larmes qui dissolvent la peur, l’angoisse et la tétanisation ; les larmes qui donnent l’élan vital à la révolte.

Va l’esprit foudroyant de Chaka

Puis il revient

Comme bulle d’air soufflée

Par la mer écumeuse

Va la voix de Biko

Puis elle revient

Amplifier le sac et le ressac

Du tourbillon des jours d’émeute

Va le regard de Moloïse

Puis il revient

Eclairer le flux et le reflux

De la vague des agitations.

Symphonies de l’enfer, écrit en 1999

Un homme  vient tout juste de sortir de prison dans laquelle il a passé 10 ans. Si c’était à refaire, il referait exactement ce pourquoi il a été injustement jeté au trou pour 10 ans.

Sur une note pleine d’humour, il nous raconte ce qu’il a fait depuis sa sortie de prison et ce qui l’y a conduit.

On découvre un homme qui s’est laissé conduire par le destin auquel il croit, un homme dont la quiétude a été brisée par de terribles symphonies : des vendeurs de CD aux églises de réveil en passant par la gérante de maquis.

Ces symphonies créent un vacarme aussi bien extérieur qu’intérieur, un vacarme qui va le pousser à commettre l’irréparable.

J’ai beaucoup ri grâce à cette nouvelle. J’ai aimé son côté vivant, le style détaché du narrateur. J’ai d’ailleurs bien aimé sa personnalité, son côté responsable, bon père de famille qui pense toujours au bien-être de sa famille.

Ces quatre nouvelles ont bien un thème en commun : l’égocentrisme.

 

 

Quelle histoire lue sur l’Apartheid vous a le plus touché ?

A quelle nouvelle lue donneriez-vous le titre de meilleure histoire comique ?