Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Dans l’antre du loup

Nanmanbédi, ou Bédi, rejoint aux Etats-Unis son pote du quartier, Michael Nasoucy dit Mike, pour chercher fortune. Quatre de leurs amis l’y avaient précédé, mais ne donnaient plus signe de vie depuis un certain temps. Malgré l’accueil chaleureux à lui réservé, Bédi est méfiant. Un jour, par indiscrétion, il fouille les tiroirs de Mike et fait une terrible découverte qui le jette sur les routes de la campagne dans un pays inconnu de lui. La mort aux trousses, Bédi réalise qu’il est entré par inadvertance dans l’antre du loup. Mais qu’a donc découvert Bédi ? Arrivera-t-il à échapper à Mike et au groupe mafieux qui le recherchent ? 

Inscrit dans la pure tradition du roman à suspense américain, ce livre vous fera vibrer jusqu’à la dernière page. 

Dans l'antre du loup

Courir, fuir… L’adrénaline monte, la tension aussi.

Les frissons nous parcourent le corps, on a peur pour Bédi. Il a l’air si innocent et ceux qui le poursuivent si méchants ! On prie pour lui, on désire qu’il leur échappe mais on n’est pas très sûr qu’il sorte vivant de l’antre du loup quand on rencontre le groupe mafieux pour qui Mike travaille.

Notre certitude vacille puis revient à une constante : Bédi sortira vivant.

J’ai été un peu déçue non pas parce que j’aime le sang qui gicle et les « sad end » mais parce que je voulais douter jusqu’à la fin du livre. Il n’y a pas eu de multiples rebondissements sur la vie menacée de Bédi. Je ne l’ai pas ressenti.

Les rebondissements ont plutôt eu lieu du côté de Mike, le cupide, prêt à vendre ses amis pour son confort.

La mort de ce dernier est d’ailleurs le point final du thriller. Après cet événement « malheureux », la tension est suspendue, le livre devient un  roman classique.

La beauté du livre ne réside pas dans le fait qu’il soit un thriller mais dans son procédé narratif, le style accessible du narrateur, la construction des personnages. Ces derniers ont de fortes personnalités et sont attachants : Samiramis, la copine de Mike, HollyOld Joe et la mère de Bédi. J’ai eu un pincement au cœur quand il a fallu laisser Holly et Old Joe, ses blancs qui ont accueilli et sauvé un homme noir qui débarquait de nulle part.

Ce roman est agréable à lire pour la dose de peur (même si elle est fugace), les thèmes qu’il aborde comme le trafic d’organes, les dangers de l’immigration non préparée et pour ses belles leçons de morale que résument si bien les proverbes suivants :

« Bien mal acquis ne profite jamais »

 

« La volonté d’un homme est son paradis, mais elle peut devenir son enfer. »

 

« Nulle épée plus dangereuse pour l’homme, que sa propre cupidité. »

 

« Il n’est point de sot métier. »

« Persévérance mène à récompense »

« Petit à petit, l’oiseau fait son nid. »

L’humanisme n’est pas mort, le bien non plus et ça fait du bien de le lire…

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Histoires si étranges

Trente-sept histoires étranges… Régina Yaou signe ici un recueil de récits où se mêlent atmosphères étranges et faits troublants selon une approche originale, plus proche du conte que du simple récit fantastique. Dans un surréalisme et avec un regard singulièrement décapant. Le tout exprimé dans un style simple et limpide.

« Une femme surgit du néant un soir pour offrir un bébé à une autre qui n’enfante pas ; Une mère qui retrouve sa fille décédée depuis de longues années ; des « Histoires si étranges » qui invitent au rêve, à l’évasion, à participer à la vie pleine de mystères d’un monde lointain et pourtant proche que nous côtoyons peut-être sans le savoir, que nous aimons parfois imaginer, réinventer au gré de nos insomnies. 

L’auteur nous embarque dans des aventures où revenants, sorciers, êtres bizarres, phénomènes insolites se croisent à tous les carrefours nocturnes. Un délicieux cocktail de frissons….

Histoires si étranges

Parlons du recueil

Est-il possible de rester indifférent au résumé de ce livre ?

Est-il facile de résister à l’envie de ne pas l’acheter ?

Est-il possible de quitter la Librairie sans avoir un lourd remords, sans l’impression de passer à côté d’un excellent moment de lecture ?

Le fantôme du chefLes gens en blanc – L’enfant du soir – Le village inconnu – L’homme sans sang La statue

Ces titres de récit ne vous intriguent pas, ne vous donnent-ils pas froid dans le dos ?

 

Dans chaque récit, il est question de disparition et d’apparition. Des défunts viennent rendre visite à leurs familles, croisent un proche et lui demandent de transmettre ses salutations et des cadeaux à sa famille.

 

Dans chaque récit, l’auteur nous pousse dans les bras du mystique et de la peur. Chaque récit nous laisse aux portes de l’interrogation :

  • Dans quel but l’un des fils du village, mort, revient dans son village ?
  • Comment une statue peut être amoureuse d’une femme ?
  • Comment expliquer qu’un jeune homme croyant tirer sur un ours lors d’une partie de chasse tire sur son frère jumeau ?
  • Comment un homme (une femme) mort (e) arrive à se marier, fonder une famille ?
  • Des inconnus accordent des faveurs à des personnes puis disparaissent sans laisser de trace. Sont-ils des anges gardiens ?
  • Comment Lohokrou se fait tuer par un harpon alors qu’aucun pêcheur ne pêche avec ce genre de matériel ?
  • Les faits relatés dans l’histoire sont-ils réels ?

 

A cette dernière question, Régina YAOU répond oui. Dans sa note, elle affirme que tous les faits rapportés sont réels. Elle a rencontré certains protagonistes. Les noms et les lieux ont été changés pour préserver l’anonymat de ces personnes.

 

J’ai apprécié ma lecture. Le style de l’auteur est simple, les histoires sont très courtes ce qui favorise une lecture rapide. L’auteur a créé l’atmosphère pour que le lecteur voie, sente, goûte, touche et entende ses récits.

Les récits évoquent la mort mais ils sont vivants, le rythme du récit ne subit aucune pause ou transition. Chaque récit présente le mystique d’une manière singulière.

J’ai aimé lire ces histoires, parcourir à travers elles les contrées de la Côte d’Ivoire.

J’ai apprécié ce recueil pour la bonne dose de peur qu’il véhicule. L’intensité de frayeur n’est pas la même dans chaque récit _ j’avoue que je n’ai pas retiré grand chose de certaines histoires _ mais ça n’affecte pas la qualité du recueil.

Quatre histoires m’ont véritablement marquée :

  1. Extrême-onction : les jours d’un nourrisson malade sont comptés. La mère demande au prêtre de donner l’extrême-onction sans savoir que cela changerait leur vie.
  2. L’éternelle voyageuse : Une dame se présente au domicile des Némon. Elle désire rendre visite à son frère, Monan, qui est à Ossiekoua. Cette localité est un trou perdu et non desservi par les véhicules de transport public. Madame Némon (la femme du chef de personnel de l’entreprise où travaille le frère de la dame) décide donc de la faire emmener par le véhicule de liaison et lui propose de passer la nuit chez elle. Le lendemain matin, l’aide domestique fait le ménage dans la chambre qui a accueilli l’invitée. Elle y trouve une robe longue, celle que l’on porte aux morts…
  3. Le don : Matama est une vendeuse de banane plantain et vit dans la précarité. Elle s’occupe de ses petits-enfants, leur mère étant morte. Un jour, une femme lui confie un paquet à garder, un paquet qui va changer sa vie…
  4. L’homme sans sang : un homme désire être l’amant de Rosine. En lui serrant la main pour prendre congé de lui, Rosine s’aperçoit que la main de l’interlocuteur est froide. C’est comme s’il sortait d’un congélateur…

Ces défunts qui n’ont pas visiblement pas envie de quitter leur pays, leur village, leur famille, leur coin de détente préféré m’ont montré combien l’homme aime la vie...

Parlons maintenant de l’auteur 

Régina Yaou  est l’auteur féminin le plus prolifique de la Côte d’Ivoire.

J’ai eu l’occasion de lire plusieurs de ses œuvres  (Lezou Marie ou les écueils de la vie, la révolte d’Affiba, Aihui Anka ou défi aux sorciers, Symphonie et lumière…) et je n’ai jamais été déçue par le contenu de ses histoires. Elle fait rêver, elle conscientise. Ne quittez pas cette terre sans avoir lu une oeuvre de Régina Yaou, vous aurez raté de bons moments de lecture. 🙂

Dites moi, comment allez vous réagir si vous croisez un défunt de votre famille ou de votre cercle d’amis  ?

Publié dans Quand on est célib'

Elle préfère l’enfer à la solitude

enfer et solitude

« Mon homme habite à quelques mètres de chez moi mais nous nous voyons rarement. Nous sortons rarement, il n’aime pas les activités extérieures. Quand nous nous voyons, c’est entre quatre murs et dans le seul but de satisfaire son besoin primaire. Je lui ai dit que je ne voulais pas que notre relation soit basée uniquement sur le sexe. Sa réplique fut cinglante : « Si tu ne veux plus qu’on fasse l’amour trouve-moi une femme avec qui je pourrai le faire. »

Son comportement me blesse, il le sait.

Je l’aime et je me dis qu’il va changer. Je l’espère vraiment parce que je n’ai pas envie de rompre. Je ne suis pas très épanouie dans cette relation mais je ne veux pas le quitter et me retrouver à nouveau seule. Je ne veux pas être seule. Je prends de l’âge et je veux me caser, je ne peux pas me permettre de le quitter et de tout recommencer. Le temps avance et moi, je vieillis. »

Vous ne pouvez pas imaginer l’état de mon cœur après avoir entendu cette jeune femme que nous appellerons Syntiche. Ça m’attriste de savoir qu’en 2015, des femmes pensent encore ainsi.

Elle n’a que 27 ans ! Elle a encore toute la vie devant elle mais elle estime qu’elle ne peut pas prendre le risque de sortir de cette vie de couple qui réellement n’en est pas une, c’est une relation à but sexuel, rien d’autre !

La vie de couple n’est pas rose en permanence, c’est vrai que ce n’est pas le paradis mais ce n’est pas l’enfer non plus ! Pourquoi s’attacher à une relation précaire, où l’on quémande sans cesse de l’attention, qui nous fait plus de mal que de bien ? A quoi ça sert de dire qu’on est en couple quand on ne l’est pas réellement ?

M’ayant approché pour que je lui donne des conseils, je lui ai clairement dit ce que je pensais. Pour moi, vaut mieux être seul que mal accompagné mais Syntiche ne veut pas être seule. Elle n’aime pas la solitude.

Je ne sais pas ce qui fait tant peur dans la solitude surtout qu’elle est temporaire et est souvent très bénéfique. Si vous avez la réponse, dites-moi.

Je trouve dommage que les femmes fassent de la vie de couple et des hommes, un moyen de sécurité à préserver coûte que coûte quitte à dépérir, se pervertir, se compromettre.

Je trouve dommage qu’elles se disent fortes, courageuses et qu’elles n’affrontent pas leur peur de se retrouver seule sans aucun gars, copain, concubin, mari …

En écoutant Syntiche, j’ai compris qu’elle aime l’idée de dire qu’elle est en couple, de savoir qu’elle peut donner un nom, montrer un visage quand ses amis, sa famille lui demandent si elle a un copain et éviter toutes les questions agaçantes posées aux célibataires.

Mon 1er conseil ne l’ayant pas satisfait, je lui ai proposé de sortir davantage, faire de nouvelles rencontres, trouver un autre homme avant de rompre avec son copain actuel. Ce 2ème conseil lui convenait mieux.

Et vous que lui auriez-vous conseillé ?

© Grâce Minlibé

Publié dans Histoires

Octobre rose – #BYN FRENCH CHALLENGE

BYN French Challenge

Ce mois, la sympathique communauté des bloggeuses/youtubeuses noires francophones a choisi comme thème  pour le  BYN French Challenge : « Octobre rose». 
Découvrez ma participation dans les lignes suivantes.

Je lâche un cri strident avant d’ouvrir les yeux. Instinctivement, je me touche les seins. J’inspire… Ils sont là, ils sont toujours là…

Le noir plane dans ma chambre comme dans mes mauvais rêves. Des rêves incessants qui ont la même robe, les mêmes accessoires ; des cauchemars qui ont la même structure : un sujet, un verbe, un complément.

8 jours que dans mes rêves, on m’enlève mes seins, le cœur de ma féminité, le centre du plaisir de l’homme adulte et du nouveau-né.

8 jours que mes mauvais rêves veulent m’ôter tout l’espoir instillé par mon médecin : « Une femme dont la mère ou la sœur a déjà eu un cancer du sein risque deux fois plus que les autres femmes de développer un cancer du sein mais ce n’est pas votre cas. Votre mammographie* n’a rien relevé d’anormal. Tout va bien, Leslie.”

Si c’était le contraire, il me l’aurait dit parce qu’un cancer du sein ce n’est pas une quinte de toux.

Ce n’est pas un tout petit bobo.

Ce mal peut coûter gros.

Un verre d’eau puis une écoute de « Godwin », voilà ce qu’il me faut pour me changer les idées. Le goût et l’ouïe apaiseront ce que la vue a subi dans ce mauvais rêve. Ils confirmeront mon toucher : tout va bien.

J’ai hâte de prendre mes congés et de quitter l’Occident. Je veux retrouver la terre de mon origine métisse : le Nigéria.  Là-bas, je serai en sécurité. J’éclate de rire, me rendant compte de l’incongruité de mes propos.

Le cancer du sein est un mal invisible, il rôde sur toute la surface de la terre cherchant qui il dévorera mais je ne lui ferai pas ce plaisir d’être sa victime. J’évite l’alcool, mon alimentation est équilibrée et sur-dosée en fruits et légumes, l’activité physique régulière est mon passe-temps favori.

Il ne me reste plus qu’avoir mon premier enfant avant le 19 Octobre 2016, c’est-à-dire la veille de mes 30 ans pour compléter mon armure. La cancer du sein ne passera pas par moi. Il me fait pleurer mon modèle depuis 2 ans, cette femme qui m’a donné la vie mais il ne m’aura pas.

“Je ne te ferai pas ce plaisir, tu m’entends ?”

Je regarde autour de moi. Je sens la présence de ce mal invisible. Il rôde cherchant qui dévorer…

Trois semaines plus tard,

J’ôte ma nuisette rose, me tiens droite devant ma psyché. Je réalise mon examen mensuel après mes règles : mon auto- palpation. J’inspecte les deux seins, vérifie qu’il n’y a rien d’anormal : écoulement par le mamelon d’un liquide, crevasses, fossettes, plis ou peau qui pèle…

RAS.

Je lève le bras droit. Avec les trois doigts de la main gauche, je palpe le sein droit, fermement, attentivement et complètement.
En commençant par la partie externe, je parcoure le sein en effectuant de petits cercles avec les bouts des doigts.

RAS

Idem dans la zone entre le sein et l’aisselle, cette dernière comprise.

Il n’ y a aucune grosseur ou toute induration anormale sous la peau.

Je m’attaque au mamelon, le presse délicatement. Aucun écoulement ne se produit. Je répète l’auto-examen sur le sein gauche.

RAS !!!

Mes seins vont bien !

Ma jubilation intérieure porte mes pas vers mon sac, j’en extirpe mon tactile, lance le numéro d’Ulrich. Ce week-end, je le passe avec lui à Bordeaux, sous ou sur lui, sur son canapé ou dans son garage qui pue la pisse de chat, peu m’importe. Pourvu qu’on soit l’un dans l’autre et qu’il me donne l’élément nécessaire pour achever mon armure …

*La mammographie est l’examen le plus courant. Elle est souvent pratiquée dans le cadre d’un dépistage, c’est-à-dire à la recherche d’une éventuelle tumeur, sans qu’aucun signe d’alerte ne permette de suspecter un cancer. Cet examen d’imagerie est une radiographie des seins. Il permet grâce aux rayons X de visualiser les tissus intérieurs des seins. Les seins sont observés sous plusieurs angles afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles.

** L’auto-examen constitue un atout de plus pour votre santé mais ne se substitue en aucun cas à votre visite régulière (au moins annuelle) chez votre gynécologue ou médecin. L’auto-palpation devrait être répétée au moins une fois chaque mois, à la même période.

Envie de lire les articles des autres participantes ?

Rendez-vous sur les sites de Malika et Ohhappydiy et sur la page Facebook de la communauté. 

Publié dans Quand on est célib'

Célib’ au 21e siècle ?! Comment tu fais ?

célibat

Récemment, une connaissance m’a demandé comment je fais pour être si différente des filles de ma génération, ne pas m’affoler vu que le temps passe à une vitesse fulgurante et qu’il me laisse toujours célibataire ?

Comment je fais pour prendre plaisir à l’être, ne pas avoir peur de rester seule toute ma vie ?

Mon détachement face à la vie de couple n’a pas de source extérieure, il prend sa source dans mon état d’esprit. Je prends plaisir à être célibataire parce que j’ai la conviction que la vie de couple n’est pas la voie absolue pour accéder au bonheur et expérimenter l’accomplissement. 

Je crois fermement qu’on peut ne pas avoir une vie de couple et être épanouie et je vis ce en quoi je crois.

Le célibat n’est pas dangereux, pénible ou regrettable, c’est une bonne chose. Ce n’est pas un concept, c’est réel, je l’expérimente jour après jour.

Si vous n’êtes pas convaincu de cela, vous ne pourrez jamais être épanoui dans votre célibat.

La conviction est la conscience de l’esprit. Chamfort

 L’esprit de l’homme le soutient dans la maladie ; Mais l’esprit abattu, qui le relèvera ?  Livre des Proverbes

Tout commence dans notre état d’esprit. Tout part de nos croyances. Si vous pensez que le célibat est un fardeau, vous aurez envie de le fuir. Si vous pensez que le célibat est une opportunité pour grandir, s’aimer davantage, vous prendrez plaisir au célibat.

Dites-moi : considérez vous une opportunité pour croître, progresser comme une mauvaise chose ?

Si votre réponse est non alors commencez à oublier toutes les idées fausses que vous vous faites du célibat, changez votre perception. Voyez le comme une opportunité.

ATTENTION : Ce n’est pas une opportunité pour être libre, entretenir plusieurs relations en même temps, avoir une sexualité désordonnée. Rappelez-vous que rien ne subsiste dans le désordre.

Mon célibat est une opportunité, une saison unique. Je n’aurai pas l’occasion de la vivre à l’identique alors je la vis dans son entièreté, je fixe mes yeux sur cette étoile scintillante et j’apprends son langage, je reçois toute la lumière qu’elle irradie.

Le célibat est une saison unique ? Ceux qui se retrouvent à plusieurs reprises célibataires vivent donc plusieurs saisons uniques ? Oui. Chaque année, les mois sont les mêmes mais ce que nous vivons pendant ces mois est différent d’année en année.

Lorsqu’une saison arrive, elle ne vient qu’une fois. Même si vous vous trouvez célibataire à plusieurs reprises, votre 6ème saison de célibat est différente de la première fois où vous vous êtes retrouvé célibataire. Sachez tirer profit de tout ce que ces différentes saisons vous enseignent.

Ce temps de célibat me permet de faire grandir mon intimité avec DIEU.

Ce temps de célibat me permet de comprendre que je ne dois pas changer les traits sombres de mon caractère pour plaire à un homme ou à la communauté mais parce que c’est nécessaire si je veux être plus utile, être vraiment celle que je dois être.

Ce temps de célibat me permet de célébrer mon unicité, la mettre en valeur et ne pas me cacher derrière un être pour donner un sens à mon existence. Le célibat me permet de prendre mes responsabilités.

“Some steps need to be taken alone. It’s the only way to really figure out where you need to go and who you need to be.” Mandy Hale

Ce temps de célibat me permet d’être face à mon moi, de m’écouter, de clarifier mes attentes. Le célibat c’est revenir à soi mais aller vers les autres. Je suis de plus en plus sensible à chaque rencontre que je fais. Je suis attentive à ce que chacune d’elles m’apporte, je fais attention à ce que je leur donne.

Ces années de célibat me permettent (Oups j’ai failli écrire au passé. Mon inconscient est-il en train de me dire que ça va bientôt prendre fin ? 😀 ) de :

  • célébrer mes intimes : quand on n’a pas de partenaire, on se rend compte que des amis fidèles et sincères ne sont pas des acquis. On ne néglige plus leur présence. ( Mention spéciale aux BADDS. ) 😉
  • ne pas penser à entasser mais à laisser aller,
  • ne pas exister à travers les mots des autres mais à travers les miens. Je n’attends pas qu’un homme aime et respecte mon corps avant d’en faire autant.

Le célibat me permet de célébrer la vie qui chante en moi. Je suis célibataire et je souris. Ce n’est pas un sourire de suffisance mais un sourire de satisfaction.

Les opportunités apparaissent le plus souvent sous la forme de malchance ou d’échec temporaire. Napoleon Hill

Nous n’avons pas besoin de plus de force ou de plus d’opportunités, ce dont nous avons besoin, c’est d’utiliser celles que nous avons déjà. Basil S. Walsh

Votre célibat est une belle opportunité, ne la laissez pas passer.

ATTENTION : Mon intention n’est pas de vous inciter à fuir la vie de couple. J’aimerais que vous valorisiez ce que vous avez déjà : le célibat, que vous puissiez tirer le meilleur qu’il a en lui.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Le chuchoteur et l’écorchée

Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.

Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Donato Carrisi

Il y a des livres qui nous laissent bouche bée, les yeux écarquillés, la bouche formant un grand O. Ils nous font plonger dans les eaux de l’horreur, de la manipulation. Ils ne nous procurent pas de grands frissons mais ils font monter l’adrénaline. Ils nous donnent envie de nettoyer notre mémoire pour ne pas y stocker  la violence des actes qu’ils décrivent mais en même temps de nous souvenir du talent de l’auteur.

Le chuchoteur fait partie de cette catégorie de livres.

J’ai aimé chaque partie de ce roman. Il frôle le chef d’oeuvre pour moi. L’intrigue est bien ficelée, il n’ y a aucun temps mort, les rebondissements sont nombreux, le lecteur n’est pas au bout de ses surprises.

Souvent en tant que lectrice, j’essaie de me mettre à la place de l’auteur et deviner sa trame mais avec le chuchoteur je ne l’ai pas fait tant le talent de l’auteur m’a éblouie.

Bon, je vous dis la vérité : j’ai essayé de deviner quelques péripéties qui ont effectivement eu lieu mais qui ont eu des effets auxquels je ne m’attendais pas. L’auteur m’a donné une véritable leçon qui me rappelle le début d’un vers de l’un de mes poèmes : Fais attention à ce que tu désires…

Je ne pourrai plus entendre les prénoms Goran, Mila, Boris sans les ramener aux personnages de ce livre. Oui, la probabilité que j’entende le prénom Goran est faible mais j’associerai toujours ce prénom à celui de Mila. Ce criminoloque, cette policière et cet agent spécial m’ont marquée par leur habileté d’esprit. J’ai aussi été touchée par l’histoire personnelle de Mila.

Ce best-seller est à lire et à faire lire. Il est complet tant sur le fond que sur la forme. Il révèle l’habileté de l’homme, ses secrets et sa noirceur.

Parfois, le mal nous trompe en revêtant la forme la plus simple des choses.

La mort est une dame très séduisante.

Nous fréquentons des gens dont nous pensons tout connaître, mais en fait nous ne savons rien d’eux…

Donato Carrisi

Sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, Mila Vasquez travaille aux Limbes, le département des personnes disparues. L’enquêtrice excelle dans son domaine. Peut-être parce qu’elle est incapable d’éprouver la moindre émotion. Ou peut-être parce qu’elle-même porte dans sa chair la marque des ténèbres. 

On a tous ressenti l’envie de s’évanouir dans la nature. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Or chez certains, cette sensation ne passe pas. Elle leur colle à la peau, les obsède, les dévore et finit par les engloutir. Un jour, ils se volatilisent corps et biens. Nul ne sait pourquoi. Bientôt, tout le monde les oublie. Sauf Mila. Et puis soudain, ces disparus réapparaissent pour tuer. Face à eux, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal : faire du bien à son prochain en éliminant un pourri.

Mais pour les arrêter, il lui faudra à son tour basculer dans l’ombre. 

L’écorchée est la suite du Chuchoteur. J’avais hâte de commencer cette histoire parce que Le chuchoteur avait laissé des points en suspens.

La suite ne produit pas le même niveau d’adrénaline que Le chuchoteur du moins pas avant les 150 premières pages mais l’intrigue est toujours bien ficelée. Le tempo de l’histoire est maintenu, l’inattendu  nous attend après chaque page tournée.

Comme son prédécesseur, ce livre m’a procuré énormément d’émotions. Je n’oublierai pas de sitôt Mila Vasquez et Simon Berish.

Il n’ y a pas un point final à cette histoire plutôt des points de suspension. La dernière action du roman ouvre la porte d’un mystère. On s’attend à ce qu’il y ait une suite. En attendant notre imagination de lecteur se met au travail…

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Histoires

Je ne suis pas celui qu’il lui faut

je ne suis pas celui qu'il lui faut

Elle est entrée toute joyeuse. Une soif de découverte, d’évasion et de rencontre se lisait dans ses yeux. Une soif que je pouvais assouvir. Sans me vanter, j’en avais la capacité. J’étais beau aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Je n’étais pas un étranger pour elle parce que j’étais son semblable. Je connaissais ses souffrances et peurs parce que je les avais déjà éprouvées, je connaissais ses souhaits parce que je les désirais à l’intérieur de moi.

Je m’imaginais dans ses bras, commentant notre rencontre, exalter mes qualités, excuser mes défauts.

J’aurais voulu qu’elle s’approche de moi, qu’elle aille au-delà de la curiosité et m’effleure mais elle m’a ignoré. Nous étions plusieurs dans la salle, elle a préféré aller vers d’autres parce que je n’étais pas à son goût.

Oui, je l’ai entendu le dire et le répéter me fait terriblement mal au cœur.

Elle n’aime pas ce que je suis et représente, elle n’aime pas la poésie. Elle ne lit que des romans.

Elle veut s’évader. Qui lui a dit que la poésie est à l’antipode de l’évasion ?

Elle veut du mystère. Qui lui a dit que la poésie est à l’antipode du mystère ?

Elle veut de l’originalité, du moderne, de la simplicité. Qui lui a dit que la poésie n’est que classique et langage incompréhensible ?

Je ne comptais pas être son préféré, je voulais juste qu’elle m’accorde un peu de son temps, qu’elle aille au-delà de ses préjugés mais elle n’a pas voulu.

Je la regarde aller à la caisse, toute heureuse. Elle a pris une dizaine de romans. Dans les semaines qui suivront, elle lira une dizaine d’histoires. Elle ne saura jamais que je les portais en moi ces 10 histoires …

© Grâce Minlibé

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Tous mes amis

Marie Ndiaye

Dans Tous mes amis, un professeur tâche de comprendre pourquoi son ancienne élève a usé d’une telle volonté pour oublier l’enseignement qu’il lui a dispensé avec ardeur, et pour oublier, même, qu’il a été son professeur.

La mort de Claude François raconte les retrouvailles de deux amies d’enfance, l’une restée d’une fidélité absolue à la mémoire du chanteur adoré, l’autre au souvenir de la beauté de son amie.

Dans les garçons, un jeune homme sans qualités particulières essaye malgré tout de se vendre à n’importe quelle femme de la ville qui voudra de lui, comme cela s’est déjà fait dans le voisinage.

Une journée de Brulard est certainement la plus terrible journée dans la vie d’Eve Brulard, abandonnée sur les rives d’un lac enchanteur et poursuivie par des visions d’elle-même en jeune fille intransigeante.

Révélation, ou comment une femme qui entreprend de se débarrasser de son fils au cerveau fêlé comprend à quel point il lui manquera.

En lisant le résumé de l’oeuvre, j’ai été surprise de constater l’absence du paragraphe qui fait les éloges de l’auteur sur son oeuvre, évoque les thèmes, les sentiments, les buts que dévoilent son oeuvre. Cette absence aurait dû m’interpeller…

J’apprécie la force d’écriture de Marie Ndiaye, j’ai envie de lire de lire des nouvelles, la quatrième de couverture est  énigmatique,  je prends donc le recueil.

La première nouvelle, Tous mes amis, suscite l’intérêt. On a envie de savoir pourquoi Séverine ne veut pas reconnaître son professeur et le méprise. Notre imagination tourne, on pense à mille et une raisons, on essaie de se calmer pour ne pas aller plus vite que l’auteur. Notre ardeur tombe quand elle évoque la raison, une raison ambiguë et inattendue.

Cette histoire évoque la solitude d’un homme, un homme à qui l’on ne veut pas pardonner, qui veut se faire aimer, qu’on lui témoigne de la reconnaissance. Pour cela, il est prêt à tout. J’ai éprouvé de la peine à la fin de la nouvelle mais j’ai aussi ri. Ce professeur est un homme à part tout comme les principaux personnages. Leurs caractères ont donné un vrai goût à l’histoire.

Dans la deuxième nouvelle, on découvre deux passions : la passion qu’éprouve Zaka pour son amie Marlène Vador et la passion de Marlène Vador pour Claude François.

Zaka est subjuguée par la beauté de son amie au point de faire refléter son image sur sa fille Paula. Une beauté qui lui fait haïr le père de sa fille qu’elle surnomme l’éléphant.

Cette histoire est celle d’une femme obsédée par la beauté, la perfection. Je n’oserais pas dire que cette nouvelle a une chute brutale, sa fin est légèrement ambigüe.

L’histoire ne m’a pas du tout emportée. Je suis rapidement passée à la suivante.

La troisième nouvelle est l’histoire d’un beau jeune homme, Anthony, vendu par sa mère à une femme. Un autre, René, qui fréquente assidûment la famille d’Anthony veut aussi être vendu. Ce désir l’anime, l’obsède de plus en plus quand il voit ce qu’Anthony est devenu. Il court après des femmes, il veut qu’on lui reconnaisse des qualités physiques, il veut être beau, vu, désiré.

La fin de cette nouvelle est énigmatique : qui est donc venu chercher René ?

L’histoire est agréable à lire, on a de la peine pour Anthony et René, du dégoût pour ces femmes égoïstes qui n’ont aucun scrupule à vendre et acheter des hommes et à en tirer du bénéfice et une certaine fierté.

La quatrième nouvelle est l’histoire d’Eve Brulard, une actrice nostalgique de sa jeunesse, une femme qui aime un homme plus glorieux que son mari, une femme qui veut refaire sa vie.

Marie Ndiaye joue quelques notes de fantaisie dans cette histoire, des notes qui m’ont déroutée, ne m’ont pas emportée. Je suis passée à côté de cette histoire tant elle était incompréhensible pour moi, le seul point fort que je trouve à cette histoire est sa chute brutale.

Je n’ai pas compris la présence de la cinquième nouvelle dans ce recueil. Elle fait 7 pages,  parle d’une femme qui va se débarrasser de son fils et se rend compte au cours du voyage qu’il va lui manquer.

Qu’est-ce qu’on est censé tirer de cette histoire ? Je l’ignore. J’ai eu l’impression que l’auteur nous donnait cette nouvelle à titre d’information, nous accordait un petit bonus d’histoire. J’ai fermé le livre en lâchant un énorme soupir de déception.

J’apprécie la force d’écriture de Marie Ndiaye mais cette oeuvre m’a déçue. Il m’est impossible de vous la recommander.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Quand on est célib'

LA VOIE ABSOLUE du bonheur

la voie absolue

«Dans un couple, peut-être que l’important n’est pas de vouloir rendre l’autre heureux, c’est de se rendre heureux et d’offrir ce bonheur à l’autre.»

J’aime beaucoup cette citation de Jacques Salomé parce qu’elle souligne un point important pour moi : se rendre heureux et ne pas léguer cette responsabilité qui est la nôtre à autrui s’applique autant à un célibataire qu’à une personne en couple.

Nous sommes nombreux à vouloir être heureux et certains pensent qu’être en couple est  LA VOIE absolue, strictement nécessaire et suffisante pour connaître LE BONHEUR.

On ne fuit pas le célibat parce qu’on a envie d’être heureux, on décide de quitter le célibat parce qu’on est déjà heureux et qu’on a envie de partager ce bonheur avec une personne qui est déjà heureuse et qui a envie de partager son bonheur avec nous.

Je suis de ceux qui pensent que LE BONHEUR a plusieurs facettes et j’ai décidé de me rendre heureuse même en  étant célibataire.

Dites-moi, elle remonte à quand la dernière fois où vous vous êtes rendu heureux?

Si votre réponse est hésitante, confuse, alors les questions qui suivent sont pour vous. Nous sommes souvent loin de la joie, de la satisfaction parce que nous sommes proches de la tristesse, de la peur, du doute, d’une sous-estimation de ce que nous sommes.

 Pour chacune des questions ci-dessous, énoncez une réponse précise.

  • De quoi avez-vous le plus peur? Pourquoi?
  • Comment vos amis du sexe opposé vous définissent-ils?
  • Quelle est votre plus grande blessure sentimentale?
  • Quel type d’hommes (ou de femmes) vous attendez?
  • Quel est votre plus grand regret?
  • Qu’est-ce qui vous fait baisser les bras?
  • Quelles sont les valeurs importantes pour vous et parmi elles quelles sont celles que vous avez tendance à négliger?
  • Avec qui passez-vous la majeure partie de votre temps?
  • Quel est le sujet de votre dernier dialogue intérieur (quand vous vous parlez à vous-même) ?
  • De quoi êtes-vous fier(e)?
  • A qui est-ce que vous vous comparez?

Vous avez des réponses précises et vous vous demandez à quoi elles vous serviront ? Envoyez-moi un message privé sur ma page facebook

https://goo.gl/ghwLjE

Si des points vous paraissent flous, n’hésitez pas à le dire pour qu’on en discute.

A très bientôt pour une autre découverte de l’univers joyeux des célibataires !!!!

Grâce Minlibé

Auteure de Chimères de verre

Célibataire épanouie

Publié dans Ma poésie

Page inachevée

massage

Elle entre, ne prend pas la peine de frapper.

Elle s’avance d’une démarche souveraine,

Elle est consciente de son pouvoir.

Un sourire lugubre flotte sur ses lèvres,

Elle ne retournera pas seule, ce soir…

Elle balaie la pièce du regard, excitée

Ce soir, quelqu’un se taira à jamais…

Certains frissonnent en baissant la tête,

Ses yeux avides et reflétant le néant font si peur!

D’autres l’affrontent du regard,

Prêts à en découdre avec elle et à l’anéantir.

Au fond de la salle, il y a Monerick

Lui, il n’a pas senti sa présence, il ne l’a pas reconnue.

Il n’a rien à lui offrir, ni peur, ni courage, ni révérence,

Il est occupé à colorer chaque page de son existence.

Elle fait du bruit, l’oblige à la regarder

Mais il ne peut la voir et ça l’agace.

Elle court vers lui et déchire la page

De la fleur de l’âge qu’il avait entamée.

Elle nous arrache un être qui n’avait pas fini

De donner. Il avait encore tant de choses à vivre…

© Grâce Minlibé 04/06/15 _ 12h50