Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La ronde des ombres de Philippe N. Ngalla

Tourmenté par l’apparition d’ombres mystérieuses et par l’éventualité d’un soulèvement populaire, le dictateur Sylvestre redoute sa chute. Il espère néanmoins triompher de cette sombre perspective grâce à de sûrs recours. Le réveil est, hélas, brutal. Ses féticheurs n’arrêtent pas les ombres, ses méthodes d’apprivoisement de l’opposition ne fonctionnent plus. S’ouvre alors un gouffre de désespoir sous le vieux potentat. Au milieu de sa détresse, la réflexion, naguère absente de sa conduite du pays, lui paraît le secours idéal pour infléchir le destin.

De coloration dramatique nuancée de touches d’humour, La ronde des ombres explore les effets de la peur sur les enjeux du pouvoir.

Nous sommes en Afrique, vraisemblablement au Congo. Politique brillant jusqu’aux premières années de son principat, très vite gagné par l’obsession de perdurer aux affaires, Sylvestre s’était défait de ses dispositions à bien gouverner. Il leur avait préféré d’autres armes. Parmi celles qu’offre l’ingénierie de la conservation du pouvoir, il choisit la désorganisation, la corruption, l’avilissement du peuple et le bâillonnement de son expression.

Ce roman retrace son parcours mais aussi celle de sa féticheuse Mamou Cocton.

A travers ce roman de 200 pages, Philippe N. Ngalla dénonce l’avidité du pouvoir des dirigeants sous les cieux africains. Il donne l’impression de vouloir revaloriser la tradithérapie, le mysticisme/occultisme africain mais je trouve qu’il dessert sa cause. En effet, il présente l’occultisme comme un moyen de manipulation, au service de l’injustice. Par conséquent, l’aspect négatif de l’occultisme ressort plus.

Les courts chapitres ont tenté de donner du rythme à l’histoire mais le style d’écriture était bien trop lourd pour pouvoir m’embarquer. La fin du récit donne un air d’inachevé.

La ronde des ombres aborde un thème d’actualité. Le thème central de cette œuvre a maintes fois été abordé en littérature. J’attendais donc un angle d’étude, de description singulier de la part de l’auteur. Hélas, mes attentes n’ont pas été comblées.