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TTL 99 : Funeste opéra d’Antoine Vetro

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Votre dernière découverte.

J’ai découvert, grâce à la Bibliothèque Encre Noire qui a ouvert ses portes le mois dernier dans ma commune, un polar du Sud plus précisément de la Sicile.

Il n’ira plus à l’opéra : la poitrine déchiquetée par deux coups de calibre 12 tirés à bout portant, le sang coagulé sur son smoking, Monsieur Baldasere Siculisani, pharmacien de son état, gît sans vie. Une histoire de vendetta ? Probablement. C’est souvent le cas en Sicile. La très redoutée Madame le Procureur, Erica Muratori, s’empare de l’affaire avec un zèle inhabituel. Dans le même temps, Salvatore, son mari journaliste, qu’elle méprise cordialement, enquête lui aussi de son côté…

Imagination imprévisible, comédiens, tragédiens, les méditerranéens préparent leurs vengeances, savourant sans le moindre état d’âme l’amertume de la rancune mêlée au plaisir de préparer la riposte. Un roman policier parfaitement orchestré qui se partage entre Narbonne, Montpellier, Paris et la Sicile.

Vous recherchez une enquête policière en plein cœur de la Sicile, une infiltration dans le milieu de la mafia avec des rebondissements ? Désolée, vous aurez plutôt des ex et futur ex qui se détestent, un plan machiavélique à déjouer, des amours naissants, une longue liste de plats de la Sicile qui font saliver soit dit en passant, une préparation d’un opéra, une mère qui tient à venger son fils…. Cette combinaison d’ingrédients m’a conduite à une lecture mitigée.

J’ai eu de l’intérêt pour cette vendetta sicilienne mais j’aurais voulu une enquête policière, me triturer les méninges pour trouver le coupable.

J’ai eu droit à des scènes teintées d’humour mais il m’a manqué du suspense, de la tension.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Je les ai trouvés distants, presqu’inertes. Madame le procureur réussit à sortir du lot. Toujours tirée à 4 épingles, son obsession pour le Q.I m’a fait sourire par moment.

Permettez-moi de distinguer trois formes de rancunes. Celle des cathos qui la déguisent en pardon et en font de l’eczéma, aucun intérêt; la rancune chaude, elle, provoque une vengeance immédiate qui soulage, mais présente le risque de manquer sa cible car difficile à maîtriser[…]; et puis il y a la plus délicieuse, celle dont l’amertume se mêle au plaisir de préparer la riposte, la rancune froide.

Avez-vous déjà lu Antoine Vétro ?

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 44 – Ma soeur, serial killeuse -Oyinkan Braithwaite

Happy New Month les amis ! Que ce mois d’août soit ensoleillé que vous partiez en vacances ou pas. 

Le Throwback Thursday Livresque est officiellement en pause chez Carole du blog My Bo0ks. Pour ne pas perdre mon engouement à participer à ce rendez-vous, j’ai décidé de reprendre en ce mois d’août des thèmes de l’an dernier que je n’avais pas faits

1er août : Famille

8 août : Comme un oiseau en cage

15 août : La meilleure héroïne

22 août : Take me anywhere

29 août : Fantasy, fantastique, magie, SF, irréel, incroyable, miracle, au-delà, anges et créatures…

Thème de cette semaine

famille

Je vous présente un ethno-polar où la famille prend une place importante
Couverture Ma soeur, serial killeuse
Korede s’est donné pour mission de protéger sa cadette envers et contre tout, et ce n’est pas une mince affaire. Non contente d’être la plus belle et la favorite de leur mère, Ayoola a aussi la fâcheuse habitude de tuer ses amants. Ainsi, au fil du temps, Korede est devenue experte pour faire disparaître les traces de sang et les cadavres. « Seulement, avec Femi, ça fait trois. Et à trois, on vous catalogue serial killer… »

Korede a une vie à mener, elle aussi : elle est secrètement amoureuse de Tade, le séduisant médecin qu’elle croise tous les jours dans les couloirs de l’hôpital où elle travaille comme infirmière. Aussi, lorsque sa jeune sœur jette son dévolu sur Tade, Korede se trouve face à un dilemme : comment continuer à protéger Ayoola, sans risquer la vie de l’homme qu’elle aime ?

À l’instar d’une Jane Austen des temps modernes, Oyinkan Braithwaite interroge les liens du sang. 

 

 

Les chapitres courts avec chacun un titre et écrits sur un ton simple donnent un rythme dynamique à l’histoire. Les pages se tournent sans manifester le moindre effort. On est attentif aux mots de Korede.

Ayoola est à son 3e crime au début du récit. Comme à l’accoutumée, Korede, sa sœur infirmière l’aide à effacer toutes les traces du crime. Korede est l’aînée et les aînés ont de grandes responsabilités envers leurs cadets surtout sous les cieux africains. 

Korede protège sa sœur, la couvre. Mais qui protège ceux que cette dernière tue ?

Aimer sa famille, la protéger équivaut-il à cacher ses noirceurs ?

Jusqu’à quel point faut-il être fidèle envers sa famille ?

J’ai détesté la fidélité de Korede envers sa petite sœur. Personnellement, je l’aurais dénoncée dès le premier crime. Je suis contre l’injustice.

J’ai détesté le caractère d’Ayoola, une vraie psychopathe. J’ai eu envie d’étrangler, cette manipulatrice.

J’ai passé un bon moment avec ce roman. Je pense qu’une adaptation cinématographique serait intéressante. Une idée que Nollywood exploitera, qui sait ?  🙂

Pour en savoir plus sur le roman, cliquez ICI

Quel livre auriez-vous choisi pour ce thème ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

fleur v1

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Les cris de l’innocente – Unity Dow

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Un polar écrit par une auteure botswanaise ? J’achète ! Il combine mes deux challenges personnels : lire un auteur de chaque pays africain et lire des polars africains.

Le récit débute par la description d’un homme. Au dire de tous, il était un honnête homme. M. Disanka, quarantenaire, était un bon mari, un bon amant, un bon père, un bon homme d’affaires. M. Disanka a tout mais il semble lui manquer quelque chose lorsqu’il contemple la petite fille.

 

Il ne lui voulait aucun mal. Simplement, il la voulait, avait besoin d’elle.

 

Le 2e chapitre est consacré à la description de l’arrogant sous-chef Motlabusa Bokae, l’homme qui aurait pu être chef. Le 3e chapitre au proviseur adjoint Sebaki. Trois hommes ambitieux, trois piliers de la communauté qui projettent d’accomplir une tâche. Laquelle ?

Le lecteur n’a pas le temps de s’interroger davantage car un autre personnage est présenté. Une jeune femme admirable, ambitieuse. Elle s’appelle Amantle et accomplit son service national dans un dispensaire de brousse, du côté des superbes paysages du delta de l’Okavango. Affectée à des tâches subalternes, elle découvre une boîte contenant les vêtements d’une petite fille, couverts de sang. Il s’avère que ce sont ceux de la jeune Neo, disparue cinq ans plus tôt. Un meurtre horrible.

 

Ils ne pouvaient savoir que les ténèbres n’ont pas toujours le courage de garder le mal pour elles.

 

Les villageois pensaient de toute évidence que la fillette avait été tuée pour ce que les Sud-Africains appelaient muti et que la langue setswana désignait sous le terme de dipheko. La police avait classé l’affaire. Véritable empêcheuse de danser en rond, Amantle va relancer l’enquête, au grand dam des autorités locales.

 

Les choses sérieuses commencent. Les crimes rituels perpétrés par des gens haut placés sont dénoncés.

Ces hommes recherchaient des parties du corps, surtout les seins, l’anus et le cerveau de jeunes enfants. Ils étaient connus sous de nombreux noms effrayants, dont les Borakoko : “les hommes du Cerveau”. Leurs pouvoirs étaient tels qu’on n’arrivait jamais à les attraper.  

Amantle aidée par une amie avocate va tenter de coincer les coupables du meurtre rituel de Neo. Leur enquête va tourner au ralenti, faute d’informations. C’est un peu agaçant quand on s’attend à de l’action. 

J’ai ressenti comme un goût d’inachevé au terme de ce roman. Si les coupables sont démasqués, jamais ils ne seront punis. J’ai ressenti de la peine pour la mère de Neo. Au Bostwana, ce sont les riches qui sont protégés…

Les cris de l’innocente est un polar ethnique où trahison, impuissance, injustice et silence se côtoient. Le portrait social du pays est largement décrit. Un pays corrompu où tout le monde profite du système. J’ai pris plaisir à découvrir les coutumes locales du pays mais j’ai déploré le manque de suspense. Il y a quelques effets de surprise mais pas assez de rebondissements à mon goût.

GM signature

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Un appartement à Paris offert par Guillaume Musso

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« L’art est un mensonge qui dit la vérité… »

Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.
Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler.
À la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.

L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.

Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.

 

l'Afrique écrit

Le dernier roman de Guillaume Musso  que j’ai lu date de 2012. C’est donc avec un réel plaisir que j’ai débuté ce roman. Mon plaisir s’est décuplé quand j’ai retrouvé Madeline de l’appel de l’ange. Elle n’est plus avec Jonathan Lempereur et même si j’ai eu un pincement au cœur parce que j’avais apprécié leur couple, leur séparation est « réaliste ». La vie n’est pas toujours un conte de fées. Dans la vraie vie, les couples se font et se défont souvent à la vitesse de la lumière. Un jour on aime et l’autre plus du tout.

Avec sa rencontre avec Gaspard (OMG ! Pourquoi ce prénom ?!), on pense que l’auteur va lui donner une nouvelle chance en amour, nous servir une belle comédie romantique. On pense que tout va se jouer dans cet appartement qu’ils doivent partager mais l’auteur déjoue nos plans et de fort belle manière.

Tout va se jouer dans cet appartement mais pas pour les raisons auxquelles nous pensons. Madeline et Gaspard (OMG ! Pourquoi ce prénom ?!) ne se retrouvent pas dans n’importe quel appartement. Il s’agit de celui d’un peintre mondialement connu : Sean Lorenz.

Un peintre mystérieux doté d’un génie déconcertant et dont la vie privée est une tragédie. Ce peintre va les reprocher, les mener vers un chemin sombre et faire d’eux un duo de choc. 

J’ai eu un peu de mal à trouver ma place dans les 200 premières pages. Il y avait trop de descriptions et de références à mon goût. J’ai eu l’impression de me retrouver dans un cours d’initiation à la peinture ou un cours prétentieux de sciences. J’ai reçu trop d’informations culturelles et j’ignorais quoi en faire. Musso voulait-il faire étalage de sa culture ? 

La suite du récit est plus addictive. On découvre la vraie histoire derrière les trois tableaux disparus. Il y a des cadavres dans le placard… On plonge dans l’abîme, la noirceur de l’âme humaine. On cherche comme Gaspard (OMG ! Pourquoi ce prénom ?!) une lueur d’espoir.

L’intrigue est prenante. Des rebondissements, du suspense, des surprises, il y en a. On s’associe au duo de choc pour résoudre l’enquête policière, élucider les mystères, faire jaillir la vérité. L’auteur brouille les pistes et on adore ça. On ne s’ennuie pas du tout.

Un appartement à Paris évoque l’amour déçu, l’amour déchu, la trahison de l’être qu’on chérit, idéalise. Il évoque les souffrances qu’on endure, qu’on cache et qui se métamorphosent, faute de lumière, en ténèbres. 

Le récit est sombre mais il s’achève avec une belle note d’espoir. J’ai beaucoup aimé cette fin « ensoleillée » qui annonce un renouveau. 

J’ai apprécié ces réflexions sur la paternité et la maternité. Le désir de maternité de Madeline m’a touchée, l’amour inconditionnel que portait Sean Lorenz à son fils également. 

Le récit a un caractère rocambolesque, il y a en effet certaines invraisemblances comme l’effraction à l’école mais ça n’ôte pas le caractère plaisant de l’oeuvre. Je n’irai pas jusqu’à le recommander parce que ce n’est pas un coup de cœur mais il offre un bon moment d’évasion.  

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  • Broché : 484 pages
  • Editeur : XO
  • Date de publication : 30 mars 2017

Pour lire l’interview de Guillaume Musso, cliquez ICI

Extrait : Mais notre vie de famille m’a fait comprendre quelque chose. Avoir un enfant estompe toute la noirceur que tu as dû endurer auparavant. L’absurdité du monde, sa laideur, la bêtise abyssale d’une bonne moitié de l’humanité et la lâcheté de tous ceux qui chassent en meute. Lorsque tu as un enfant, d’un seul coup, tes étoiles s’alignent dans le ciel. Toutes tes erreurs, toutes tes errances, toutes tes fautes sont rachetées par la simple grâce de la lumière dans un regard

Je me lance dans la fille de Brooklyn. A votre avis, est-ce une bonne idée ? 🙂

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Polar sud-africain : les enfants du cap de Michele Rowe

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Il y a un monde entre le township d’Ocean View et la plage de Noordhoek, écrin de beauté
préservée dans la banlieue du Cap, sur laquelle le cadavre d’un homme est retrouvé un matin.
De la même façon, tout sépare Marge Labuschagne, l’ancienne psychologue criminelle qui a découvert le corps, de l’inspectrice farouchement indépendante Persy Jonas : couleur de la peau, âge, milieu social.
Et pourtant, leurs destins sont liés. Comme celui de Persy et du dangereux caïd d’Ocean
View, même s’ils ont pris des chemins différents.
Peu à peu, alors que les deux femmes sont contraintes de collaborer, les pièces du puzzle
s’assemblent, mêlant combines immobilières, corruption policière et crimes violents. Et
révélant toutes les vérités restées jusqu’ici endormies…
Au cœur de ce roman, rôdent les secrets enfouis sous les paysages idylliques de cette
péninsule du Cap et les violences faites aux métis déplacés sous l’apartheid. Michèle Rowe
nous invite à plonger avec elle dans cette Afrique du Sud magnifique et complexe, cette
nation arc-en-ciel.

l'Afrique écrit

La peur était un puissant moteur économique : les gens qui ont peur paieraient n’importe quoi pour se sentir à l’abri. Ils avaient soif de sécurité personnelle. Ils avaient soif de sécurité personnelle. Ils recherchaient aussi le secours des dieux et s’en remettaient à celui qui saurait les apaiser et leur assurer une protection spirituelle.

Je ne connais pas grand chose à la littérature sud-africaine. Les enfants du Cap m’a permis de combler cette lacune. 

J’ai d’abord fait connaissance avec Persie, cette jeune métisse menue dévouée à son rôle d’agent de la loi. Elle essaie de faire régner l’ordre et la justice dans les banlieues du Cap comme elle prend grand soin de son grand-père à qui elle doit beaucoup, son prénom en premier. A travers sa vie, on voit combien il est difficile d’être métisse dans une société où les clivages raciaux persistent. 

J’ai ensuite fait connaissance avec Marge Lebuschagne, psychologue criminelle blanche. Méfiante, elle a un grand penchant pour l’alcool et le désordre. Elle est à la limite de la dépression depuis son divorce.

Persy et Marge sont différentes et pourtant il va falloir qu’elles travaillent ensemble quand Marge Lebuschagne découvre le corps d’un homme sur la plage de Noordhoek. 

Ce roman montre combien tout le monde se méfie de tout le monde, combien l’on préfère se contenter des préjugés plutôt que d’aller à la rencontre de l’autre et de le connaître réellement. 

Un proverbe ivoirien dit : on ne montre pas son village avec la main gauche. Cela signifie qu’on ne dit pas du mal de soi-même ou qu’on ne montre que les bons côtés de son village ou pays. Michele Rowe n’en a que faire de ce proverbe. 

Elle fait un portrait saisissant et réaliste de l’Afrique du Sud où les races ont encore du mal à former un moule homogène. Elle nous mène aux caïds, aux gangs, aux policiers corrompus. Elle étale la xénophobie des sud-africains, l’expropriation des plus pauvres, le mépris des Blancs, les mâles dominants et les femmes soumises, elle n’atténue en rien la violence qui règne. 

Avec une écriture très descriptive, une intrigue qui tient bien la route, des personnages bien travaillés et crédibles comme Mhlabéni (le policier qui sait parfaitement arrondir ses fins de mois) et Sean Dollery, les belles surprises comme le passé en commun de Persy et Marge, Michele Rowe nous fait passer un agréable moment de lecture.

Je n’ai noté qu’un seul bémol :  l’intrigue qui a été un peu longue à décoller. 

Lisez-vous souvent des thriller sociaux ? 

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  • Titre original : What Hidden Lies.
  • Traduit de l’anglais par Esther Ménévis.
  • Broché: 448 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (2 mars 2016)
  • Collection : LITTERATURE GENERALE

 

 

l'auteur du mois

 

Épouse du Kalahari Surfer, l’un des premiers musiciens blancs à s’opposer à l’apartheid, Michèle Rowe a suivi une brillante carrière de scénariste et de productrice. Elle est l’un des membres fondateurs de Free Film Makers, un collectif de cinéastes anti-apartheid. Cela fait des années qu’elle sonde la réalité sud-africaine dans ses documentaires qui ont remporté de nombreux prix, parmi lesquels un Oscar et un International Emmy. Avec Les Enfants du Cap, son premier roman, elle s’est d’emblée imposée parmi les grands en étant la première sud-africaine à gagner le Debut Dagger Award, décerné par la prestigieuse Crime Writers’ Association.

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Un cadavre dans le pétrin ou l’arnaque de la 4e de couverture

Un Cadavre dans le pétrin par Laurent

Jean (Nono) mène une vie de lycéen chez ses parents. Il refait le monde avec son ami Paul. Un jour, achetant son pain, il bavarde plus longuement avec Rose, la fille de la boulangère. Débute alors avec elle une relation amoureuse. Alors qu’ils filent un grand amour, Rose disparaît mystérieusement. Après peu de temps, l’enquête se met en place, et des faits surprenants la font basculer. Anéanti par cette disparition Nono fera tout pour découvrir la vérité.

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Quelle quatrième de couverture alléchante ! Je m’étais confortablement installée. Mon esprit s’était préparé à refléchir, rassembler les indices, dénicher le coupable. Mon âme s’était préparée à être effrayée, en colère, triste, heureuse. Sourire aux lèvres, je commence ma lecture.

Je découvre Nono et la famille de son meilleur ami. Son tour à la boulangerie me permet de découvrir sa belle Rose. Leur rapprochement se fait très vite, nos jeunes adultes savent ce qu’ils veulent, surtout la belle Rose. On assiste à une phase de belle romance mais elle est éphèmère, la mort en est le point final. 

L’enquête se met en place mais elle se termine très vite. Grande fut ma stupéfaction lorsque j’ai découvert que le roman faisait 35 pages !

Le coupable est vite démasqué et jeté en prison. L’auteur n’avait vraisemblablement pas envie de s’attarder sur cette histoire. 

Il ne nous accorde pas le temps de s’attarder sur les motivations du meurtre, de connaître un peu plus Nono et le meurtrier. Il ne nous donne pas l’occasion de soupçonner, de se rétracter, d’avoir des doutes, de s’étonner. Tout est assez évident dans ce livre qui manque d’intensité. L’auteur n’a pris aucun risque. A-t-il eu peur de ne plus pouvoir contrôler les choses ? 

Heureusement tout n’est pas noir, j’ai beaucoup apprécié le style d’écriture simple de l’auteur. On voit bien qu’il n’est pas égoiste. En ne m’offrant que 35 pages de lecture, il ne s’est pas accaparé de mon temps et me permet de découvrir d’autres romans. 

Et vous, mes amis que lisez-vous de beau en ce moment ? 

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Editeur : Publishroom

Format : Papier et numérique

Nombre de pages : 35 (format e-pub)

Lien d’achat :  ICI

lauteur

Jean Laurent est né le 22 juillet 1933 à Saint Germain-en-Laye. Ingénieur de formation, il effectua sa carrière dans la recherche pétrolière, la géothermie et la recherche de l’eau par puits et forages où il terminera comme P.D.G. Il fut aussi élu conseiller municipal d’opposition dans sa ville natale de 1989 à 2008. Il a publié entre autres son autobiographie à la demande d’un de ses petits-fils, sous le titre : Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

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Lagos lady, coup de cœur noir

 

Lagos lady par Adenle

Mauvaise idée de sortir seul quand on est blanc et qu’on ne connaît rien ni personne à Lagos ; Guy Collins l’apprend à ses dépens, juste devant le Ronnie’s, où il découvre avec la foule effarée le corps d’une prostituée aux seins coupés. En bon journaliste, il aime les scoops, mais celui-là risque bien de lui coûter cher : la police l’embarque et le boucle dans une cellule surpeuplée, en attendant de statuer sur son sort. Le sort, c’est Amaka, une splendide Nigériane, ange gardien des filles de la rue, qui, le prenant pour un reporter de la bbc, lui sauve la mise, à condition qu’il enquête sur cette vague d’assassinats. Entraîné dans une sombre histoire de juju, la sorcellerie du cru, notre journaliste à la manque se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère, tandis qu’Amaka mène la danse en épatante femme d’action au milieu des notables pervers. Hôtels chics, bars de seconde zone, jungle, bordels, embouteillages et planques en tout genre, Lagos bouillonne nuit et jour dans la frénésie highlife ; les riches font tinter des coupes de champagne sur Victoria Island pendant que les pauvres s’entretuent à l’arme lourde dans les bas quartiers. Un polar survolté et drôle qui plonge au cœur de la ville africaine à la vitesse d’un tir de kalachnikov. Le Nigéria n’a jamais été aussi près de Tarantino.
Vous aimez le côté obscur des choses, les enquêtes policières, le rythme effréné, les effets de surprise  et vous cherchez votre prochaine dose d’adrénaline ? Elle se trouve dans LAGOS LADY.
Vous avez besoin de garder les yeux ouverts pendant un très long moment ? Votre objectif sera atteint avec LAGOS LADY. 
Vous devez faire du sport, votre médecin et votre conscience vous le disent régulièrement mais vous n’avez pas aucune volonté ? Elle viendra avec LAGOS LADY. Ce polar vous fera courir dans les rues de Lagos, vous aurez la peur au ventre. Oubliez les moments de répit. 
Vous verrez  la violence à l’état brut. Non, l’auteur n’a pas signé de contrat avec Walt Disney. Il n’enjolive pas la misère, la violence et la prostitution présentes dans le pays. J’ai plusieurs fois dit pendant ma lecture que c’était très violent. J’aurais voulu en tant qu’africaine optimiste qu’on ne montre pas le côté noir de Lagos mais peut-on cacher le visage avec un doigt ? Doit-on nier la réalité ? 
Mais bon, j’étais à Lagos, la ville des agressions à main armée, des assassinats – auxquels il fallait maintenant ajouter, apparemment, les « meurtres rituels »
Ce livre est plein d’émotions. On prend pitié de ces jeunes filles pour qui « la prostitution n’était pas un choix – c’était une absence de choix »
On réfléchit à la condition de la femme, c’est rageant de voir qu’on ne la réduit souvent qu’à son sexe. 
En parlant de sexe, j’ai été un peu gênée des différentes allusions qui étaient faites et des descriptions assez étayées. Heureusement, on est très loin du 50 nuances de Grey. 
On est surpris par le caractère d’Amaka, « cette femme qui se sert de son savoir, de son charme et de tous les moyens disponibles pour défendre d’autres femmes. »
On trouve Guy Collins si candide, si attachant. On a envie de le caser avec une de nos cousines en liste d’attente sur la liste des mariages mais bon son cœur appartient à … Souffrez que je ne vous dévoile pas le nom de l’heureuse élue. 
On rit aussi dans ce roman
Un frisson de terreur m’a parcouru l’échine en voyant une tête rouler par terre – puis j’ai compris que quelqu’un avait perdu sa perruque, rien de plus. 
LAGOS LADY est un coup de cœur pour moi tant au niveau du fond que de la forme. L’intrigue est bien construite, les personnages aussi. Les chapitres sont très courts  et donnent un rythme haletant au livre.
L’auteur a utilisé deux types de narrateur : le narrateur héros (Guy Collins) et le narrateur témoin (Amaka et les personnages secondaires). Cette narration alternée apporte du dynamisme à l’histoire. 
Les événements sont un peu résumés lorsqu’on tend vers la fin mais ça n’enlève rien au charme de l’histoire. 
La fin est surprenante ! C’est une belle ouverture, un coup de maître. On referme le livre en frémissant. On imagine sa suite. On a envie d’acclamer et de dire chapeau à l’auteur. 
Il y a des livres dont je suis fière d’en posséder un exemplaire, LAGOS LADY en fait partie et Leye Adenle a fait son entrée officielle dans ma liste d’auteurs à suivre. 
 
Biographie de l’auteur  
Leye Adenle, né au Nigeria en 1975, vit actuellement à Londres. Chef de projet, acteur occasionnel, il livre avec Lagos Lady son premier roman, après avoir publié plusieurs nouvelles.
Détails de l’oeuvre 
Publication : 10/03/2016
Prix : 20 €
Titre original : Esay Motion tourist
Langue originale : Anglais (Nigéria)
Traduit par : David Fauquemberg
 
Retrouvez une interview de l’auteur ici 
fleur v1
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Ma deuxième balade de blog en blog

ma balade de blog en blog

Nous sommes dimanche et qu’est-ce qu’on fait le dimanche sur le blog de graceminlibe ?

On parcourt les blogs ! (standing ovation, applaudissements à n’en plus finir)

Merci pour l’accueil réservé à cette nouvelle rubrique. 

Prêts pour un deuxième voyage ? C’est parti !

Dimanche 

 J’ai lu « Seul (e) » une jolie réflexion sur le célibat sur le blog de Sexy in ze city.

Lundi 

Journée sous haute tension, besoin d’aérer l’esprit. Quoi de mieux que des univers poétiques et romanesques pour s’évader ?

Au programme, il y avait  :

  • Les enfants du Cap, un polar nourri de de toutes les magouilles immobilières vécues dans des villes comme le Cap et des risques écologiques qui en découlent chroniqué par LE DIT DES MOTS

  • AIME DIEU, un joli poème écrit par Gilles Dogbo

Ps : J’ai constaté que les blogueurs étaient très productifs le lundi.

Mardi 

J’ai lu la chronique saisissante de Une pause littéraire sur Le fils de Philipp Meyer.

De ce livre, il dit : « Le fils, véritable coup de cœur, est une incroyable épopée familiale, prenante, captivante. Les chevauchées d’Eli dans le désert happent l’attention du lecteur qui plonge dans la culture indienne tandis que l’on est touché par la force que trouve Jeanne Anne pour parvenir à s’imposer. Plus qu’une histoire familiale, Philipp Meyer dresse alors une histoire du Texas, de son indépendance à son rattachement aux États-Unis, de la guerre de Sécession à l’exploitation de la richesse de son sol. C’est aussi l’histoire d’un État conservateur, faisant la guerre aux côtés des Confédérés, qui a fait sa fortune grâce à l’élevage. L’auteur évite alors toute leçon de moralité, préférant s’attacher aux manières de penser des époques qu’il dépeint. Il le fait alors avec subtilité, nous plongeant dans les tourments de cette famille qui marque l’esprit du lecteur, tout comme ces longues chevauchées dans les Plaines. »

Mercredi

Douce Passion m’a fait découvrir The Book of Ivy d’Amy Engel. « Ça fait super plaisir de se plonger dans une lecture facile et totalement addictive. »

Jeudi

J’ai été emportée par la folie que c’est d’écrire d’Alexandra Bitouzet. 

Vendredi et Samedi 

Jours chômés 

J’espère que vous prendrez plaisir à découvrir ces blogs. On se dit à dimanche prochain ?