Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 140: Matins de couvre-feu – Tanella Boni

C’est l’heure du Throwback Thursday Livresque ! Cette semaine, le thème est : Z comme…

Zamba

Une femme se retrouve assignée à résidence pour neuf longs mois, victime de l’arbitraire. Dans son pays, Zamba, les gouvernants nommés Anges Bienfaiteurs font régner la terreur. Le chef des miliciens, Arsène Kâ, s’empare des biens privés et tue en toute impunité.

La narratrice écrit l’histoire de sa famille et de son pays. Elle tisse et retisse le lien entre elle et ce peuple de Zamba qui n’en finit pas d’attendre l’aurore. Sensible et poétique, ce roman, en dressant un tableau intime et politique, fait le plaidoyer des peuples de la nuit.

L’auteure dénonce les différents abus et exactions auxquels a été en proie la Côte d’Ivoire, pays qu’elle nomme Zamba dans la fiction.

Tanella Boni dénonce la corruption, la manipulation des consciences, l’atteinte aux libertés individuelles. Ce tableau politique ne m’a pas intéressée. J’ai plutôt développé de l’intérêt pour le tableau intime dressé.

Matins de couvre-feu c’est l’histoire d’une femme au nom absent. Elle est propriétaire d’un restaurant. Un jour, son univers bascule. La vie sociale et professionnelle de la narratrice s’arrête. Prisonnière de ses quatre murs, elle pense aux femmes de sa vie: sa mère, sa belle-sœur, son amie. Ces femmes ont été victimes d’un abandon matériel ou affectif. Elle évoque les difficultés des couples, ces hommes qui n’arrivent pas à aimer les femmes comme il faut.

Le poids de l’éducation pèse toujours si lourd sur la langue d’une femme

L’écriture de Tanella Boni est poétique, à certains moments philosophique. Ma lecture a été intéressante mais pas mémorable. Il m’a manqué un je-ne-sais-quoi. J’ai ressenti l’émotion des personnages mais elle a été fugace.

Quel livre auriez-vous choisi pour ce thème ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Femmes, Houphouët-Boigny vous parle – Yao Norbert Etranny

La première de couverture n’est pas très représentative de la Côte d’Ivoire. Elle fait penser à un pays de la corne de l’Afrique. J’ignore pourquoi la maison d’édition a fait le choix de cette couverture. Les cheffes de village, personnages principaux du roman, sont issues de villages Akan. Montrer des femmes Akan aurait été pertinent selon moi mais bon concentrons-nous sur le contenu du roman. 

Résumé de l'oeuvre

Nan-nan Adjo est la cheffe d’un village de Côte-d’Ivoire. Désespérée de voir son pays sombrer dans la violence et le chaos, elle convainc les autres femmes cheffes d’entamer ensemble une réflexion approfondie sur une possible fin des hostilités. Le jour de la première réunion, on présente à Nan-nan et ses collègues des jumelles de 6 mois, a priori sans défense. Mais une chose incroyable arrive : les bébés s’expriment avec la voix du président Houphouët-Boigny ! Le défunt homme d’État veut aider les femmes dans leur entreprise, et les guide à travers les hautes sphères du pouvoir…

Flirtant habilement avec le fantastique, ce roman résolument contemporain fait un portrait mordant et réaliste de l’histoire sociale et politique ivoirienne.

 

l'Afrique écrit

Soyons francs, la Côte d’Ivoire a perdu son lustre d’antan. La belle Côte d’Ivoire a perdu sa noblesse, tout ce qu’on lui enviait : croissance économique, stabilité politique.

La faute aux chefs d’Etat faisant passer l’intérêt individuel avant l’intérêt collectif ? Nan-nan Adjo en est convaincue.

Avec le défunt président Houphouët-Boigny revenu du pays des morts, elle va convoquer les chefs d’état qui lui ont succédé par la voix des urnes et leur demander leur part de responsabilité dans le chaos politique, économique et social de la Côte d’Ivoire actuelle.

Chacun va rejeter la faute sur l’autre. L’auteur fait un portrait exact de ces chefs d’état; leur personnalité égoïste, rancunière transparaît.

Des solutions vont être proposées pour rétablir la cohésion du pays notamment le retrait de la scène politique de ces trois chefs d’Etat, la réduction des partis politiques à deux, l’arrêt des élections présidentielles et le pouvoir tournant des deux partis pour une durée de cinq ans chacun…

Des pistes pour une meilleure gouvernance. Le pays a un visage nouveau. Une vision optimiste de la politique ivoirienne que chaque ivoirien espère, attend. Sera-t-elle effective un jour ?

Un événement en fin de roman semble nous mettre en garde…

Lecture rapide et accessible au grand public, ce roman donne des pistes de réflexion pour repenser la politique en Côte d’Ivoire. Un livre à mettre entre les mains des amateurs de politique et pourquoi pas des trois chefs d’état et leurs partisans. 

 


 

J’ai acheté ce roman à la librairie de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix à Yamoussoukro. Si vous n’avez pas encore lu mon carnet de voyage, cliquez ICI

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