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Sans capote ni kalachnikov de Blaise Ndala

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Un roman qui intrigue par son titre. Lorsque je l’ai vu dans la liste des finalistes du Prix Ivoire 2017, j’ai voulu le lire mais il était invisible dans les librairies abidjanaises. J’ai impatiemment attendu et il a fallu le SILA 2018 pour que je le tienne entre mes mains.

Ce roman a également été finaliste de plusieurs prix :

 

Il a quelque chose de particulier pour être autant plébiscité mais il n’est pas exceptionnel pour recevoir un prix ?

Seuls les membres du jury ont la réponse. 😀

 

Je prends un billet pour la région des Grands Lacs, zone du Kapitikisapiang en République Libre et Démocratique de Cocagnie. Une zone qui fait penser à la République Démocratique du Congo vu ses atouts naturels…

Cette zone est devenue par la force des choses le nombril incontesté de la misère nègre sous les tropiques. Un conflit meurtrier est né, conséquence d’un mouvement rebelle mené par le général Mokomboso avec de bonnes intentions au départ : faire cesser la dictature du président.

Ce mouvement qui avait été salué par le peuple a sombré dans un précipice sans fond. La faute à un homme qui prend plaisir à faire la guerre. Il a détourné le mouvement et créé un chaos où les femmes vont devenir des butins. Le viol devient une arme de guerre.

Véronique Quesnel, cinéaste va s’intéresser au destin mutilé de ces femmes, en faire un documentaire qui sera récompensé par un Oscar.

La canadienne est saluée par le monde entier. On admire son courage. Grâce à elle, des gens aux USA, en Europe connaissent l’existence de ce pays et de ce conflit abominable.

Le général Rastadamus, le caporal-chef Fourmi Rouge et Petit Che ne lui vouent aucun culte. Ils la détestent car aux yeux du monde, elle leur a donné le visage des meurtriers. Elle les a surtout bernés et a également berné le lecteur lorsqu’on découvre ce qui se cache derrière ce documentaire.

Sans capote ni kalachnikov est un roman à lire lentement, à l’endroit comme à l’envers pour saisir chaque instant d’ironie, de voyeurisme, d’impuissance, de contestation, de mensonges; chaque moment d’ego charité pour continuer à être après avoir été, de sacrifice pour caresser le soleil de la gloire.

 

 

Blaise Ndala a une plume mordante que j’ai découverte avec plaisir. Il nous interroge sur notre identité, le sens de notre charité à travers le joueur Rex Mobeti, enfant du pays qui devenu footballeur a pris la nationalité française, n’a jamais voulu se prononcer  sur le conflit qu’a traversé le pays. Après des années de multiples déconvenues, il se tourne enfin vers son pays.

Qu’est-ce qui se cache réellement derrière un acte de charité ? Un élan d’humanisme ou un sentiment de paraître ?

Il nous montre ouvertement le commerce de la misère. Triste à dire mais la guerre fait plus d’heureux que de malheureux.

Il fait référence à certains auteurs que j’ai un peu retrouvé dans sa plume : Ahmadou Kourouma, Sony Labou Tansi, Alain Mabanckou.

Il m’a fait découvrir une dame remarquable : Lucille Teasdale-Corti que je vous invite à découvrir.

 

Les personnages sont bien construits, intéressants, animés d’une vie qui dépasse la fiction. J’ai ri avec le caporal Fourmi Rouge, j’ai admiré l’humanisme du docteur Miguel.

 

C’est un bon roman. Un roman à mettre dans les mains de tous ceux qui aiment interroger leur monde…

 

Quelques extraits en images

 

blaise ndala sans capote ni kalachnikovsans capote ni kalachnikov blaise ndala

enfant soldat sans capote ni kalachnikov

 

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fleur v1

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Vol à Vif, Prix ivoire 2017, conte tradi-moderne

Tous les livres ont quelque chose à nous enseigner en particulier ceux qui ont reçu des prix. J’aimerais tous les lire surtout ceux qui ont reçu des distinctions africaines.

Vol à vif, Prix Ivoire 2017 était dans ma wishlist d’anniversaire, grand merci à mon beau-frère qui m’a permis de l’avoir entre mes mains.

l'Afrique écrit

 

Razilna, Papang, Tibaar, Ranono, Jao, Leky et Malout, 7 jeunes hommes réunis pour une mission : voler une centaine de zébus. Ce sont des zahalos, bandits de grand chemin qui volent des troupeaux de zébus. 

Ce n’est pas la première fois que Papang fait le coup avec Razilna, Tibaar oui. Il leur fallait 7 hommes pour la course, 7 étant le chiffre de la réussite, le nombre désigné par les graines du devin-astrologue alors ils ont intégré Tibaar au groupe. Tibaar est un gamin, un adolescent de 17 ans. Il a rejoint le groupe parce qu’il lui fallait 3 zébus pour ses futurs beaux-parents.

Papang est le narrateur initial du récit. Il décrit leur course poursuite dans l’Yshal. Une course intense. Ils sont rattrapés par une compagnie de la garde mobile qui leur demande de se rendre. Nos dahalos refusent et se battent pour garder leur butin. Papang se voit obligé de passer le bâton du narrateur, les circonstances ne lui laissent pas le choix…

Le lecteur fait un saut dans le passé, dix-sept ans plus tôt. La réalité s’évanouit, le fantastique entre en scène et montre ses plus beaux atours. La tradition fait irruption dans la modernité mais n’est-ce pas l’inverse ?

 

Un faiseur de sikid est présenté. Son nom est Iabamino et il protège Péla-Soue et son enfant.

Mais où le lecteur a-t-il atterri ? Dans la tribu des Baar avec ses rites divinatoires.

Pourquoi cette tribu est-elle présentée ? La réponse se tisse au fil des pages. 

 

Lorsque le lecteur retrouve Tibaar, il sait tout de lui. Enfin presque. Il ne sait pas encore comment le jeune homme a rencontré Sana, la fille qu’il s’apprête à marier. Lorsqu’il a la réponse, il découvre un autre secret.  

La surprise fait suite à la tristesse face aux amours contrariés. 

La surprise entraîne la joie, joie d’une famille retrouvée. 

Johary Ravaloson est un bon conteur. J’ai admiré la maturité de sa plume, le tempo lent mais non ennuyeux de son récit. Grâce à lui, j’ai appris l’existence des Dahalos, j’ai découvert le Madagascar ancestral. J’ai apprécié cette mise en avant des coutumes, la préservation de l’identité culturelle, cet apport des connaissances traditionnelles dans l’avancée de la médecine moderne. Celle-ci comble les lacunes de la médecine traditionnelle et vice versa.

Ce livre pour ce qu’il évoque mérite bien une récompense littéraire. Je n’ai lu que 2 des 5 finalistes au prix ivoire 2017 : American Dreamer et Terra Incognita. J’ai apprécié mes lectures mais j’ai été plus séduite par Vol à Vif. 

Je compte lire d’autres œuvres de l’auteur. Aviez-vous déjà entendu parler de lui ?

Connaissiez-vous les Dahalos ?

 

GM signature

 

 

 

 

 

 

 

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J’ai lu Terra Incognita, finaliste prix ivoire 2017

J’ai découvert ce livre grâce à la sélection finale du Prix Ivoire 2017. J’ai cherché à en savoir plus sur les 5 livres finalistes étant donné que j’avais déjà lu American Dreamer

J’ai été attirée par les éloges faites à Terra Incognita sur les sites de la Fnac et Amazon. L’un des commentaires disait qu’il méritait un prix. J’ai voulu le vérifier. 

Résumé de l'oeuvre

Nous sommes en 1919. Lors d’un voyage en Afrique, Wilton Lloyd, jeune homme d’origine anglaise, se retrouve soudain confronté à la fatalité d’évènements qui surviennent dans sa vie et sur lesquels il n’a aucune prise. Livré à lui-même et happé dans une spirale continue d’extrêmes mésaventures, il découvre un monde jusqu’alors inconnu de lui et devra, dans cet univers hostile, lutter pour sa survie. Rescapé de l’enfer, et témoin d’une époque en pleine mutation, il est le spectateur impuissant d’un continent qui se métamorphose et qui, au fil des décennies, semble inexorablement sombrer dans le chaos. Cet ouvrage est un voyage à travers cette Afrique du 20e siècle qui, chamboulée et déboussolée face à l’invasion de la culture occidentale, se cherche une voie de salut qu’elle peine à trouver. Rencontre avec des peuples aux pratiques encore anciennes et barbares, décadence des derniers royaumes établis, amour, haine et lutte pour le pouvoir sont les maîtres mots du récit qui traverse un siècle d’histoire. L’auteur, Sylvestre S. Samb, nous offre une nouvelle saga africaine.

l'Afrique écrit

L’Afrique coloniale. Une Afrique conquise, dominée par l’Occident où certains natifs se sont soumis et cohabitent avec les envahisseurs étrangers. D’autres par contre ont résisté à l’intrus, ont lutté, résisté pour ne pas que s’éteigne leur civilisation.

Terra Incognita traduit fidèlement l’univers des romans d’aventures des années 1850-1950 : on assiste à des péripéties plutôt violentes, notre jeune héros a une quête : retrouver sa soeur. Les personnages sont nombreux mais simplifiés, il y a des références fonctionnelles à une réalité aussi bien historique que géographique souvent exotique. Les hommes sont divisés en deux camps : les bons et les méchants. 

J’ai assisté à chacune des mésaventures de Wilton Llyod : cambriolage, kidnapping, combats, etc… J’ai eu peur qu’il y laisse sa vie, qu’il ne retrouve pas sa soeur Gwen. Avec lui, j’ai découvert la jungle africaine, les tribus sauvages comme les Baaynols, les Shaugnaths et les tribus paisibles comme celle des Coyeens. 

Avec lui, j’ai assisté au déclin du royaume du Sahel, admiré la force, le courage, l’abnégation de la princesse Taliana. Quelle guerrière !

A chaque page tournée, je me demandais dans quel pétrin Wilton allait encore se retrouver.

La lassitude a pointé de temps en temps le bout de son nez quand on parlait idéologie, anarchisme, communisme, actualité politique. J’étais en manque de suspense, de rebondissement.

J’ai beaucoup aimé les 150 dernières pages du roman. Le récit s’est plus concentré sur les jeunes natifs de FreeCity : Reyna, Darell, Momoh, Shadd qui vont porter leur pays vers l’indépendance.

J’ai été touchée par Kinky, cette jeune fille timide qui va subir les affres de l’amour, va perdre des batailles mais ne va jamais s’avouer vaincue. Mon cœur s’est réjoui de savoir qu’elle a eu ce qu’elle avait désiré pendant tant d’années. 

Il est d’ailleurs important de souligner que les femmes dans ce roman sont libres et ont un pouvoir de décision même quand on leur fait subir certaines circonstances. Elles n’hésitent pas à dire NON. 

Ce roman a été une agréable lecture pour les multitudes d’histoires qu’il raconte. La plume de l’auteur est sans fioritures, le registre de langue approprié au contexte de l’oeuvre. Les chapitres sont courts et apportent une touche dynamique au récit. Il y a quelques coquilles mais elles ne gâchent pas la lecture.

J’ai apprécié les notes de mystique, beaucoup aimé l’exotisme des prénoms de ce roman : Eyhna, Taliana, Elyeni, Leyrann, Reyna, Nayala. 

Je recommande cette oeuvre à ceux qui aiment les romans d’aventures.

des-details-sur-loeuvre

 

  • Broché: 378 pages
  • Editeur : Spinelle
  • Date de publication : Mars 2017
  • Prix : 18 euros
  • Existe en format numérique
  • Extrait

Moi, je dis qu’il n’ y a pas un seul individu semblable à l’autre, que tous les hommes sont différents et que la couleur de peau aussi bien que les origines ne devraient être un facteur pour considérer que l’ensemble des membres d’une communauté donnée méritent damnation ou doivent être sanctifiés !

 

Avez-vous en tête un roman d’aventures qui vous a marqué ?

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J’ai lu Parlez-moi d’amour ! Prix Ivoire 2014

Couverture Parlez-moi d'amour !

(…) Je l’ai rencontrée sur Facebook. Tous les deux geeks et paranos, nous affichions des profils sous pseudos. j’étais Vulva Cochonne de l’Espace et elle capitaine Flam (…)

(…) de commentaires en tchats, nous avons fini par dévoiler nos identités respectives et tomber amoureux l’un de l’autre sans nous connaître. Agrégée de philosophie, elle a commencé par m’impressionner avec ses longues tirades lyriques, bourées de références, son éloquence verbale pour développer un raisonnement aussi foireux soit-il, et son mépris des conventions.  j’ai toujours été un réfractaire. Génération Punk, no future, j’écoutais en boucle les Sex Pistols, et avais un profond mépris pour l’humanité et ses conformismes bourgeois. Marion, quant à elle fait partie de la génération Mangas, autrement plus complexe, c’est une bishojo passionnée par les jeux vidéo. Biberonnée à la Nintendo et à la play station, les stratégies n’ont pas de secrets pour elle. Nous avons en commun le cynisme sous-jacent à l’esprit de nos deux générations, Nietzche, un côté destroy que nous cultivons un peu pour le look, beaucoup par désespoir. (…)

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Promenons-nous dans les bois, Rousse, entre amies, un anneau à l’orteil, je suis un homme, j’ai besoin d’amour, la plus belle femme du monde, un pacte avec le diable, l’héritage, l’empreinte, seule.

11 nouvelles qui décrivent la perception du sexe, du désir au Maroc.

J’ai vécu 3 ans dans ce pays et j’ai vu comment le sexe était une obsession pour les hommes.

Sexualité mal expliquée, mal encadrée, crainte du regard extérieur, morale psychorigide, foi hypocrite, tant de raisons qui ont poussé des hommes et des femmes à réprimer leurs désirs. Des désirs enfouis qui vont produire en eux des fantasmes, des amours interdits, illicites. 

Les différents personnages de ce recueil de nouvelles expriment leurs envies, leur  sexualité, leur désir. Ils dévoilent la vie sexuelle qu’ils auraient aimé avoir s’ils évoluaient dans une autre vie. 

Les femmes ont toutes cette envie de posséder cette liberté d’aimer différemment, de choisir, d’être entièrement ce qu’elles sont, d’être femme avant d’être mère. Elles ont envie d’être l’unique femme d’un homme mais 

Tous les hommes sont comme ça. C’est dans leur nature d’être polygames. Ce sont des chasseurs.

 

La lecture de ce recueil est très fluide. J’ai lu les 122 pages en moins de 3 heures.

La lecture a été plaisante mais aucune nouvelle ne m’a particulièrement bouleversée. Je m’attendais à beaucoup plus d’émotions, des chutes brutales. Oui, je sais, je suis une lectrice exigeante 😛

Ce recueil a reçu le Prix Ivoire 2014. Si j’étais membre du jury, j’aurais plutôt choisi Le grand masque a menti

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Avez-vous récemment lu un recueil de nouvelles ? 

 

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Enfin lu Le convoi de Marijosé Alie – Prix Ivoire 2016

Le convoi a remporté le Prix Ivoire 2016. J’ai attendu qu’il sorte en livre de poche pour pouvoir le lire et je trouve d’ailleurs que la couverture du format poche représente mieux le décor de l’oeuvre.

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À Campan, minuscule fin fond de l’Amazonie, il y a Marie qui marche et prie pour sa mère qui n’a jamais souri. Félicité qui tient son bazar, aime les hommes et s’occupe de tous les enfants du quartier. Tiouca, le guerrier blanc qui cherche l’oubli, Jonathan le fils révolté du procureur, Suzanne et son histoire. Il y a la vieille, un peu de monde et la vie indolente et chaotique au rythme du soleil, de la grande forêt, du tumulte du fleuve. Il y a aussi le signal de Lulla, fils de chaman. Julie la Parisienne qui n’a peur de rien sauf d’elle-même et Maïla, mannequin sur le déclin, qui arrivent. Et ce frémissement dans l’air, les rumeurs terribles et persistantes qui viennent de partout. D’un convoi qui se déplace dans la brousse avec le pressentiment des vies qu’il va bouleverser. 

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En fermant ce roman, je me suis demandé quoi écrire dans ma chronique. Le convoi est un récit fantastique étrange. Il n’est pas fait pour être raconté, plutôt pour être vécu… 

Le paysage du récit m’est inconnu, les personnages sont nombreux et s’expriment tous. Ils sont amérindiens, brésiliens, français… De prime abord cela déconcerte mais leurs singulières histoires captivent. Chacun porte un fardeau, a un manque à combler. Chacun a une tristesse qui chante au fond de son âme. Une tristesse qui émeut et qui nous lie d’une certaine manière à eux. 

L’intrigue du roman est axé sur le convoi qui se déplace. Un convoi mystérieux pensé par Alakipou qu’on appelle le Poète. C’est lui qui a rassemblé toutes ces personnes venant des quatre coins du monde dans cette jungle amazonienne. Quel est son but ? Fait-il du trafic de drogue ou du trafic humain ? Les indices sont flous, voire complexes mais je n’ai pas lâché le livre parce que la plume de Marijosé Alie est envoûtante. 

Elle a une maîtrise parfaite de la langue de Molière. Son style est riche, poétique. En tant que jeune auteure, j’ai beaucoup appris. Les escales (chapitres) dans ce voyage sont courtes et permettent de ne pas s’ennuyer. 

Elle fait chanter les mots. Elle exprime le désir sexuel féminin, souligne le brassage des cultures, appelle à l’acceptation des différences, à la connaissance, au respect de l’autre et de la nature. 

Ce qui fait la force de cette oeuvre c’est la diversité des personnalités. Chaque personnage apporte un ingrédient indispensable : Alakipou apporte le mystère, Félicité apporte l’amour, Jonathan apporte la rébellion, etc…

J’ai beaucoup apprécié les personnages en particulier Félicité et Tiouca.

J’ai été un peu déçue par le contenu du convoi. Je m’attendais à quelque chose de plus grandiose.

Le convoi est un sympathique roman. Une lecture idéale pour ceux qui aiment l’étrangeté, les romans d’aventures, les histoires peu communes. 

 

Et vous, que lisez-vous en ce moment ?

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  • Broché: 392 pages
  • Editeur : HC éditions (7 janvier 2016)
  • Collection : ROMAN

 

  • Poche: 448 pages
  • Editeur : Pocket (5 janvier 2017)
  • Collection : BEST

 

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Le grand masque a menti et pas qu’un peu !

 

Résumé de l'oeuvre

Dans ce roman où l’intrigue ne laisse point de répit au lecteur, Attita Hino nous offre un sujet passionnant : la résolution d’un meurtre et la puissance dévastatrice de la vérité. Cette dernière provoquera l’écroulement des croyances ancestrales d’une partie des villageois, et sèmera le doute dans l’esprit de nombreux autres. Comme un pagne savamment tissé, l’histoire du héros de ce roman est contée avec détail et minutie, nous plongeant dès les premières lignes dans un univers captivant. La culture du peuple Palébo devient nôtre, et c’est dans les pas de cet homme intègre et courageux que nous vivons, avec lui, les épreuves de sa vie.

« Le grand masque a menti » est une œuvre riche, un livre qui emporte le lecteur dans diverses dimensions, dans une Afrique noire faite d’intrigues et de manipulations, dans une conception harmonieuse du couple assez distincte de celles qu’on connaît aujourd’hui, de l’amour fraternel et de la loyauté inconditionnelle.

 

l'Afrique écrit

J’ai beaucoup entendu parler de ce livre, on m’en a dit beaucoup de bien. Vu qu’il détenait des secrets, je l’ai inclus dans ma box littéraire du mois de Juin et je l’ai lu pour confirmer toute l’attention portée à ce livre. Il a eu le prix national du jeune écrivain 2014 et la mention spéciale au Prix Ivoire 2014. Une blogueuse m’a dit qu’il méritait de remporter le prix. 😀

Youkou Dibahou, personnage principal de l’histoire est un pêcheur Lépo, vivant dans le village de Lépossô. C’est un paébou (chef de famille) admiré par sa famille. Il a deux femmes mais elles s’entendent à merveille. L’une est la maîtresse du foyer, l’autre la femme du cœur. Elles ne sont pas des rivales juste les femmes d’un même homme. Je les ai admirées, je serais incapable de partager l’homme que j’aime même si l’autre femme est Blanche Neige.

A Dibahou a été confié, la vieille Kounoa. Son père avait hérité de cette femme après le décès de son grand-frère. Son âge très avancé, au-delà de la cinquantaine, ne lui avait pas permis de trouver preneur parmi les hommes de la famille.

La vieille Kounoa s’obstine à être la maîtresse du foyer de Dibahou. Aigrie et méchante, elle injurie à longueur de journée les membres de la famille, insulte les morts qui sont sacrés chez les Lépo, finit par pousser à bout Dibahou. Poussé par la colère, il frappe cette vieille sorcière qui frappe à son tour Dibahou là où ça fait mal, très mal.

Qui pense avoir affaire à une simple histoire sera fort surpris.

La deuxième partie de l’oeuvre est encore plus intéressante, pleine de surprises. Deux parties vont s’opposer : celle du grand masque et la famille de Dibahou. Chaque partie use des moyens en sa possession pour préserver sa vérité. Les convictions s’affrontent et la lutte est violente.

J’ai admiré la force de Dibahou et son courage, sa femme de cœur Mamy n’est pas en reste. Elle aime son mari et n’hésite pas à épouser sa cause.

La vérité surgit, les mystères et croyances se défont. On a mal face à l’injustice, la violence. On ne lâche pas le livre, on a envie de voir comment cette histoire finira et à qui raison sera donné.

Le grand masque a menti est un bon roman du terroir, il nous rappelle nos us et coutumes, ce passé culturel que l’on oublie ou renie, il jette un regard critique sur nos traditions africaines.

J’ai apprécié la pudeur dans la narration des scènes intimes, l’amour que les personnages  se portent. J’ai apprécié la fin de l’histoire, synonyme de renouveau.

J’ai admiré l’auteure pour ses proverbes pittoresques. Elle a réussi à donner une âme à ses personnages, on oublie qu’on est dans une fiction, on vit le récit. Elle a réussi à surprendre.

Ce roman n’est pas loin du coup de cœur. Pour la richesse de l’écriture et du contenu, il méritait bien plus qu’une mention spéciale au Prix ivoire 2014 mais il faudrait que je lise tous les ouvrages finalistes au Prix ivoire pour confirmer mes dires. 😀

 

Christmas

Éditeur: NEI-CEDA

Année de publication : 2014

ISBN : 2844876145 – 9782844876140

Nombre de pages : 269

 

 

Le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2014 a été attribué à la Marocaine Bahal Trabelsi pour son roman Parlez-moi d’amour.

Les autres ouvrages en lice étaient :
– Les charmes de Kenza de NADIA ADIB,
– L’insondable destin des hommes de KAMA SYWOR KAMANDA,
– Le troisième sexe de LEANDRE SAHIRI.

Avez-vous déjà lu ces œuvres ?

 

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Mémoire d’une tombe : la légende d’une révolution

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Il y a des livres que je lis pour m’évader, côtoyer l’inconnu.

Il y a des livres que je lis pour mieux écrire,  Mémoire d’une tombe fait partie de ceux-là.

J’ai choisi de lire ce livre parce qu’il a reçu en 2009 un prix et pas n’importe lequel, le Prix Ivoire créé en 2007 par quatre amoureux du livre, Isabelle Kassi Fofana, Henry N’Koumo, N’Dohou Luisiano et Asta Sidibé.

Tiburce Koffi, brillant narrateur, vous invite à assister à une vision en quatre moments dramatiques.

Venez, n’ayez pas peur, asseyez-vous autour du feu, ouvrez grand vos oreilles, écoutez la légende de Sama Toé, Kansar Tabaldé, Ilboudo Kassiérou, Bélem Kakoudi, Sombo Jean-Benoît, ces amis de lycée  devenus les leaders d’une nation fragile.  

Ouvrez grand vos yeux et contemplez la métarmorphose de Yalêklo, l’un des pays les plus pauvres du monde, à la sueur du travail et du sang.

Venez, voyez comment l’amitié est sacrifiée à l’autel du pouvoir. 

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1er chapitre du livre  : je rencontre 4 camarades, membres  du Conseil des chefs historiques de la Révolution du 23 mars 1980. Ils font le bilan critique de cette grande révolution, annoncent une rectification, fortement désapprouvée par l’un des camarades qui semble être le chef, le président de la République. Le parfum âcre de la conspiration se répand lentement. Le narrateur annonce une histoire belle mais sale. Je suis hypnotisée par les notes sombres et enivrantes du djomolo (instrument de musique), emportée par sa poésie et l’art rhétorique du narrateur. 

Avec ses « mots-musique,  mots-couleurs, mots-voyants », il me plonge dans l’univers de Sama Toé, jeune élève studieux, réservé, bon sportif et encadré par le professeur Prévost, ce « Monsieur Afrique » qui a vécu plus de 30 ans sur le continent. Je rencontre également, Kansar, l’âme frère de Sama, la coqueluche du lycée.

Ces jeunes hommes obtiennent leur BAC, partent étudier en Côte d’Ivoire. Après la licence, ils choisissent d’aller à l’Armée à Bouaké. Ilboudo et Bélem épousent leur choix. Grâce à eux, je découvre avec enchantement le portrait de mon pays dans les années 80. 

Les jeunes militaires partent pour un stage d’un an à Cuba. Là, ils suivent des cours d’idéologie qui virent à de l’endoctrinement.

« Le rôle de l’armée, c’est de se battre aux côtés du peuple pour prendre le pouvoir ou le conserver, quand c’est elle qui le détient »

L’oeuvre devient un ouvrage didactique, me permet d’en savoir plus sur l’idéologie marxiste, le communisme, le révolutionnaire Che Guevara . J’apprécie la satire de la politique africaine, les réflexions sur le modèle économique de l’Afrique, les causes de notre retard en commençant par le mauvais business qu’ont fait nos ancêtres lors de la traite négrière . 

Aucun texte alternatif disponible.

 

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En Afrique, avait constaté Sama, le temps était gelé, distrait, corrompu, élastique à souhait : le temps des funérailles, longues, éprouvantes, dépensières et ruineuses, le temps de la sieste, le temps des mariages, le temps des ragots. Il manquait le temps de l’investissement.

A Yalêklo, l’égoisme pompeux du président rédempteur Hassadé Mohane révolte Sombo, ami de lycée de Sama et Toé. Devenu journaliste, il devient un fervent activiste.  Kansar le militaire concocte avec ses amis, une révolution inspirée des idéologies marxistes. ils veulent changer la destinée de leur pays, relever le challenge d’une révolution réussie en Afrique. Ils y arrivent avec de la détermination et… 

Sama Toé devient le leader, le président de la République , le camarade n°1. Sama est un rêveur actif. Il rêve d’une terre où la nation n’est pas un concept, il rêve d’indépendance économique. Il instaure avec ses camarades dirigeants de nouvelles lois. Le travail devient la première religion du pays. Le pays arbore un nouveau visage…

…Mais le règne de Sama devient trop bruyant. Il y a trop d’interdits, trop de dérives, des fissures qui laissent entrer le lézard. La soif de pouvoir s’empare de l’un des camarades dirigeants…

J’ai eu un pincement au coeur à la fin de l’histoire. Elle m’a persuadé d’une chose : m’éloigner de la politique. 

Mémoire d’une tombe est un coup de coeur. J’ai aimé la saveur des mots, des dialogues. J’ai aimé le mystère qui accompagne certains faits. Tiburce Koffi est un virtuose de la narration. 

 Par contre je l’ai trouvé hyper long (514 pages !) avec des détails dont j’aurais pu me passer comme la collection discographique du père mais…

ça n’altère pas la haute qualité du récit. J’espère que ce livre fera partie de vos dernières lectures de 2016 ou encore des premières de 2017. 

 

lauteur

 

Tiburce Koffi est un écrivain, dramaturge et journaliste ivoirien né en 1955 à Bouaké. Il a animé une émission littéraire sur la RTI, chaine de télévision ivoirienne nationale.

Il a obtenu le Grand Prix RFI du théâtre radiophonique Gabriel Germinet en 1996 pour « Le Paradis infernal ». Il est l’auteur de nombreuses autres pièces de théatre très populaire, de romans, d’un recueil de nouvelles et un essai sur les dérives dans son pays.

 

Voici les autres ouvrages finalistes du Prix Ivoire 2009

  1. Sinaga le cheval sans papiers, littérature pour enfant, Vents d’ailleurs, 2008, 28 pages de Muriel Diallo,
  2. A la poursuite de l’homme de pierre, roman, éd. Présence Africaine, 2009, 28 pages de Stéphane Kalou ;
  3. Le retour de l’enfant soldat, littérature de jeunesse (récit), éd. Valesse, 2009, 102 pages, de François d’Assise
  4. L’héritier, roman, éd. Vents d’Ailleurs, 2009, 146 pages, de Sayouba Traoré

 

Les avez-vous lus ? 

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Si d’aimer… une lumière dans l’obscurité

Un bon ami m’a dit que si je veux progresser dans mon apprentissage de l’écriture, je devrais lire les chefs d’œuvre et œuvres qui ont reçu des prix.

J’ai décidé de commencer par Si d’aimer… de Hemley Boum.

 

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L’existence de Salomé, Valérie et Moussa gravite autour de Céline, une prostituée de luxe, héroïne captivante du roman de Hemley Boum.

Trois voix dénouant l’inextricable condamnation d’une maladie incurable, gravée en quatre lettres dans le destin des protagonistes et du continent africain.

Si d’aimer… ne tue pas, c’est au prix d’un cheminement incroyable des aimants, amants et amis, en une exploration passionnante de la culture et de la société camerounaise. A l’horizon, un tout petit paradis vert où faire pousser l’amitié.

 

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Etre une femme respectable avec des valeurs et des principes

Mener une carrière enviable

Etre l’épouse de l’homme qu’on aime

Etre fidèle à l’église

Ne jamais manquer de rien

Attendre un enfant, entrevoir le futur souriant. Se réjouir à l’idée de porter la vie puis apprendre qu’on porte en soi les germes de la mort…

Quel terrible choc pour Salomé Lissouk dont la vie était jusqu’ici sans écueil ! 

Quel terrible choc d’apprendre que Pacôme, son époux qu’elle vénère, est celui qui a apporté le malheur et  par le biais d’une prostituée !

Sur un coup de tête, l’honnête épouse court chez Céline, la pute la plus célèbre de Douala. Elle veut affronter cette femme sans scrupule qui distribue le SIDA comme un Distributeur Automatique de Billets distribue du cash. Elle y va et revient avec un gros cahier, une écriture qui raconte deux vies…

J’ai toujours pensé que le SIDA devait être une punition pour les débauchés, les dépravés, les infidèles. J’ai toujours trouvé injuste que les épouses honnêtes attrapent cette maladie.

Hemley Boum m’a fait réfléchir autrement

_ Tu as raison, lui répondis-je. Je ne mérite pas, personne ne mérite. C’est bien la preuve que cette maladie n’est pas une sanction. S’il y avait une justice dans tout cela, Céline ne serait pas malade. S’il y avait un seul couple d’innocents, de justes, s’il ne fallait sauver que celui-là pour que l’humanité ait une chance de recommencer autrement, ce ne serait ni toi, ni moi, ni même Pacôme, ce serait Céline et Moussa. Mais ce n’est pas une sorte de sanction divine qui s’abattrait sur l’humanité en déroute, c’est une maladie qui s’abattrait sur l’humanité en déroute, c’est une maladie. Et comme la plupart des maladies depuis la nuit des temps, à celle-là également, les hommes trouveront un remède. Aucun tribunal suprême ne décide qui mourra du sida ou pas.

Avec un style descriptif abouti, un vocabulaire varié, coloré et riche, Hemley Boum dresse le portrait de plusieurs femmes : des femmes qui préservent leur indépendance et se condamnent à être celles qu’on veut qu’elles soient. Elle nous livre leurs secrets, trahisons, espoirs, désillusions, désirs, souffrances, fragilités, combats, forces.  

Elle nous emmène dans les quartiers chauds de Douala et fait parler les réalités sociales, nous expose les dessous de rapports entre les gens, la vie diamétralement opposée des riches et des pauvres.

Elle fait danser notre cœur au rythme de plusieurs mélodies : tristesse, impuissance, compassion, rage, renaissance

Hemley Boum dresse aussi le portrait de plusieurs hommes : des hommes qui abusent de la confiance qu’on leur donne, des hommes amoureux, des hommes qui aiment d’amitié, des hommes protecteurs. J’ai eu un énorme coup de cœur pour Moussa, le protecteur de Céline ; c’est lui le héros de cette histoire.

J’ai beaucoup aimé la pluralité des narrateurs, (Salomé, Valérie et Moussa prennent la parole à tour de rôle) les réflexions sur le mariage, la fidélité. J’ai également aimé les sentiments d’amour, d’amitié, de pardon, d’espérance que diffuse le livre. Oui, il y a une vie pendant la maladie et il faut la vivre intensément.

Ce livre aurait été un gros coup de cœur s’il n’y avait pas eu ces longueurs et ces lourdeurs. L’auteur est pédagogue et elle nous parle longuement du SIDA, j’ai un peu décroché à quelques moments.

Il y a beaucoup à dire sur ce roman. Je préfère m’arrêter là.  Si d’aimer est un bon livre, vous prendrez plaisir à le lire.

 

 

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lauteur

Après une maîtrise en sciences sociales à l’Université Catholique d’Afrique Centrale à Yaoundé et un troisième cycle de Commerce Extérieur à Lille, puis un DESS de Marketing et Qualité à l’Ecole Supérieure de Lille, Hemley Boum travaille 7 ans au Cameroun. Elle vit à présent en France. Son premier roman, Le clan des femmes a remporté un succès d’estime relativement important : plus de 3000 exemplaires vendus.

 

 

Je suis maintenant curieuse de voir si « Si d’aimer… » a bien mérité le prix Ivoire 2013. Je vais donc me lancer dans la lecture des autres ouvrages finalistes :

1-Josette Abondio (Côte d’Ivoire) – Le jardin d’Adalou
2-Mamadou Aliou Bah (Guinée) – Sortir de l’impasse
3-Flore Hazoumé (Côte d’Ivoire) – Je te le devais bien
4-Badia Hadj Nasser (Maroc) – Le cap des trois fourches,
5-Marcel Nouago Njeukam (Cameroun) – La vierge de Mew-Bell,
6-Janis Otsiemi (Gabon), La bouche qui mange ne parle pas

Les avez-vous lus ?

signature coeur graceminlibe

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Le Prix Ivoire 2016 révèle la Martinique

04 Novembre 2016 – Heden Golf Hôtel, Abidjan Côte d’Ivoire

Les événements suivants ont eu lieu entre 20 heures et minuit…

J’ai eu l’immense honneur de faire partie des invités au dîner gala de la 9e edition du Prix Ivoire pour la littérature Africaine d’Expression Francophone parrainé par le Président de l’Assemblée Nationale, Soro Guillaume

Le Prix Ivoire est un prix littéraire créé en 2008 par l’association Akwaba Culture basée à Abidjan, et organisé avec le concours du Ministère ivoirien de la culture et de la francophonie.

Les invités d’honneur de cette 9e édition étaient Marguerite Abouet, écrivaine, scénariste et réalisatrice ivoirienne connue principalement pour sa bande dessinée Aya de Yopougon et Mbarek Ould  Beyrouk, écrivain mauritanien qui a reçu cette année le prix Kourouma pour son dernier roman Le Tambour des larmes. 

Parmi les 51 ouvrages en lice issus de 13 pays, cinq ont retenu l’attention du pré-jury composé de Michel Koffi, Serge Grah et Henri N’koumo, figures imposantes de l’environnement littéraire ivoirien.

Les ouvrages nominés étaient :

Après le discours introductif de la présidente de l’association Akwaba Culture, Mme Isabelle Kassi Fofana, Mme Amoakon, DG des éditions éburnie et M. Yedieti, DG de la librairie de France ont été faits membres d’honneur d’Akwaba Culture. Ils y retrouvent Messieurs Guillaume Soro et Maurice Bandaman, écrivain, ministre de la Culture et de la Francophonie .

En attendant patiemment que soit révélé le nom du lauréat, je me suis laissé bercer par les notes douces de L’orchestre de l’INSAAC, l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle.

Puis vint le moment tant attendu…

« Le jury final, au terme de ses délibérations, a décerné UNE MENTION SPÉCIALE à un ouvrage de belle facture, porté par un auteur d’autant plus inspiré que le sujet qui fonde son livre est son propre père.

Cet ouvrage, c’est Mon royaume pour une guitare (édité chez Michel LAFON), de Kidi Bebey, du Cameroun.

Dans cette biographie bien singulière, écrite avec une main d’amour, Kidi Bebey tire le portrait de Francis Bebey, son père, avec une langue bien sentie.

Elle creuse dans sa vie comme un sculpteur arrache, à coups de burin, une forme à un bois fort solide. C’est que l’homme est, pour ainsi dire, massif…

Sous la conduire de Kidi Bebey, Francis le père, le mari, le frère, le journaliste, le musicien, le poète, est un homme qui s’ouvre dans la blancheur des pages et dans la coulée des mots qui le font vivre.

Il vient à nous, dans le regard fait de tendresse et d’admiration de sa fille. Il avance, aussi, sur les silences d’une mémoire parfois oublieuse, ou trop jeune pour avoir vécu des faits.

Il avance, bien droit, sur ses chemins à lui, le front haut, avec ses mots d’amour pour son Afrique où tout est à rêver, à créer, à construire…

Au terme de la lecture, le père n’est plus un père, mais un ami, un compagnon de route de l’auteur, un compagnon de rêves à réinventer constamment…

Félicitations à Kidi Bebey, pour ce bel ouvrage en hommage à Francis Bebey, l’une des grandes figures de la culture africaine.

A présent, passons au lauréat du Prix Ivoire 2016. Le jury a décerné le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2016 à un écrivain qui entre en littérature. En effet, l’œuvre primée est son tout premier roman. Derrière le déplacement d’un objet mystérieux dans l’épaisseur carnassière de la jungle, derrière l’agitation fiévreuse des personnages, l’auteur hurle tout son souffle pour appeler à la protection de la terre.
L’Amazonie, principal poumon de l’humanité – parce qu’elle réinvente constamment l’oxygène de la terre -, doit être protégée contre les agressions des loups et des mauvais anges. Il faut, pour la défendre efficacement, des combattants d’un nouveau genre.
Un rituel initiatique pour l’appropriation de ce combat impose la naissance d’enfants innombrables ; des enfants conçus depuis les entrailles de cette forêt, dans une atmosphère magique. Le cordon ombilical, parce qu’il relie l’individu et la terre où il a été conçu, est le maître-mot de ce combat. Pour l’auteur, l’Amazonie triomphante naîtra avec des filles et des fils unis, pour la vie, pour de vrai, à son nom. Des filles et des fils prêts à donner de la voix, pour sa protection.
La lauréate du Prix Ivoire 2016 est une récitante à grande voix et une écrivaine lumineuse. Elle donne du punch à chacun de ses personnages, avec une beauté pénétrante. Elle fait vivre la langue dans les muscles d’une poésie mature et une énergie hors bornes. Tout cela ajoute à la beauté des idées qu’elle défend. Le jury a été heureux de rencontrer cette auteure admirable, cette Amazone d’un nouveau genre qui, parce qu’elle nous parle d’oxygène pour l’humanité, nous invite à une passionnante lutte universelle.
Le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2016 est attribué à la romancière Maarijosé ALIE, de Martinique, pour son roman « Le Convoi », paru chez HC Editions. »

Extrait du discours du  Vice-Président du Jury, Foua Ernest de Saint Sauveur, écrivain, ancien président de l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire

 

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Mariejosé Alie, Prix Ivoire 2016 en compagnie de Serge Bilé, journaliste écrivain

 

La lauréate a reçu 1 million offert par la Librairie de France Groupe et un autre million offert par l’ambassade de France. Elle a également reçu du Partenaire officiel Orange, un téléphone de dernière génération offert par Orange à la lauréate ainsi qu’une recharge dont le montant ferait des jaloux. 

Journaliste et chanteuse également, la lauréate a poussé la chansonnette pour notre plus grand plaisir. Elle a interprété avec l’orchestre de l’INSAAC son single « Caressé mwen« 

Les allocutions du représentant du Président de l’Assemblée Nationale, M. Aka Aouelé, du Ministre de la Culture et de la Francophonie et de Myriam Senghor, représentante de l’OIF ont suivi ce doux moment musical. 

La fête fut belle. J’ai hâte d’être à la 10e édition. Qui sait, Chimères de verre sera peut-être parmi les ouvrages nominés 😀

Quelques photos de la soirée

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Grâce Minlibé et le Poète de l’Espoir

 

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Grâce Minlibé et Marguerite Abouet, l’invitée d’honneur du Prix Ivoire 2016

 

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Grâce Minlibé dans toute sa splendeur

 

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Le dîner consommé avec joie

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

L’arbre s’est penché de Mariama Ndoye

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Toi qui me disais de ton vivant : « Mariama, qu’est-ce que tu écris tout le temps ? Tu n’as pas d’autre occupation ? En tout cas, ne m’écris pas, dé!  » Je passe outre ! Me le pardonnes-tu, maman ? Je veux te faire connaître au monde. Je veux célébrer mon amour pour toi qui maintenant m’étouffe. Seule la plume sert d’exutoire à mes larmes. Guide-la, rends-la belle pour que mes chants d’enfant pour toi soient les chants les plus beaux. Pardonne-moi de te livrer au monde, toi la pudique qui te contentais d’être une mère aimante et une épouse discrète.

 

La mort : royaume du silence, de l’oubli, de la nuit ;  source de tristesse. On est tous conscient qu’on n’y échappera pas mais on n’est jamais préparé à la perte d’un être cher.  

L’arbre s’est penché est un récit où Mariama Ndoye rend hommage à sa mère. Sa mère si forte, si taquine, si croyante, si bienveillante envers les gens de sa famille et les inconnus, sa mère pleine de bons conseils. 

 

Ne confie pas à ton mari tes secrets de famille, il y en a dans la sienne que tu ne connaîtras jamais. Ne délaisse pas le domicile conjugal. Ne confie à aucune amie, ce qui se passe dans ton ménage, ton amie a une amie, son amie a aussi une amie et confidente. D’oreilles attentives à bouches « chuchotantes », ton secret finira par être moins qu’un secret de polichinelle.

En évoquant des anecdotes familiales, Mariama Ndoye trace le portrait d’une mère déterminée, généreuse et irremplaçable. 

Mariama Ndoye montre en rapportant un poème écrit à sa mère que la poésie est la première chose à laquelle on pense quand on veut crier sa douleur  et rendre hommage. 

Affamées depuis la minute qui vit ton rythme cardiaque se muer en ligne continue sifflante comme un adieu

« c’est fini »

« ça ne fait que commencer pour nous »

Début du calvaire de te voir inerte

Ta moue annonciatrice d’un sourire nous fait languir

Ce sourire va-t-il s’afficher ? Nous l’attendons en vain

 

Le récit est plein d’émotions. Il montre l’amour, l’admiration, le respect qu’éprouve une fille pour sa mère. 

Il nous fait lever les yeux au ciel et dire notre reconnaissance au Créateur qui rassasie nos parents de vieux jours. On n’ose pas imaginer comment sera notre vie après leur dernier sommeil. 

Cette lecture est délicate, émouvante et montre combien il est important de vivre intensément chaque jour avec ceux qui comptent pour nous et de ne retenir que le meilleur. 

 

Biographie de l’auteur

Mariama Ndoye, épouse Mbengue est née à Rufisque, Sénégal, en 1953. Sa mère était téléphoniste et son père médecin nutritionniste. Après son baccalauréat A2 obtenu en 1971, Mariama Ndoye a poursuivi des études de lettres classiques à l’Université de Dakar sanctionnées par une licence de lettres classiques en 1975 et un doctorat en 1982. Elle a obtenu en 1977 un certificat de muséologie à l’Ecole du Louvre à Paris et occupé les fonctions de Conservateur du Musée d’art africain de l’IFAN (Institut fondamental d’Afrique noire) à Dakar jusqu’en 1986. Après un séjour de 15 ans en République de Côte d’Ivoire, elle a vécu plusieurs années en Tunisie où elle s’est adonnée à l’écriture tout en découvrant une nouvelle et riche culture. Au cours des ans, elle a participé à plusieurs rencontres littéraires et elle profite maintenant de ses petits enfants, source renouvelée d’amour et d’inspiration. L’œuvre de Mariama Ndoye comprend plusieurs romans, recueils de nouvelles et livres pour les enfants. En 2000, son roman « Soukey » a remporté le prix Vincent de Paul Nyonda décerné par les lycéens du Gabon, et en 2012 « L’arbre s’est penché » a été récompensé du Prix Ivoire en 2012.

 

Quelques détails de l’oeuvre 

Maison d’edition : Editions Eburnie

Date de publication : 2011

Nombre de pages : 130