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Throwback Thursday Livresque #1 : à lire sous la couette

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Coucou les amis ! Merci d’être fidèle à la chaîne Grâce Minlibé. Votre enthousiasme m’a poussé à vous proposer un nouveau programme pour le jeudi : le Throwback Thursday Livresque. 🙂

Organisé par Bettie Rose Books, le but est de parler d’une « ancienne » lecture (pas la toute dernière ou l’actuelle) autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini. 

Le thème de cette semaine està lire sous la couette

souslacouette

Ce thème m’a automatiquement fait penser au froid, aux frissons. J’ai cherché dans mes souvenirs livresques une histoire qui m’avait fait frissonner et j’ai sorti ….

Dix Petits Nègres !!! 

 

 

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Dix petits Nègres s’en allèrent dîner.
L’un d’eux s’étrangla et il n’en resta plus que
Neuf.
Neuf petits Nègres veillèrent très tard.
L’un d’eux oublia de se réveiller et il n’en resta plus que
Huit.
Huit petits Nègres voyagèrent dans le Devon.
L’un d’eux voulut y demeurer et il n’en resta plus que
Sept.
Sept petits Nègres cassèrent du bois avec une hachette.
Un se coupa en deux et il n’en resta plus que
Six
Six petits Nègres jouèrent avec une ruche.
Un bourdon piqua l’un d’eux et il n’en resta plus que
Cinq.
Cinq petits Nègres étudièrent le droit.
L’un d’eux devint avocat et il n’en resta plus que
Quatre.
Quatre petits Nègres s’en allèrent en mer.
Un hareng saur avala l’un d’eux et il n’en resta plus que
Trois.
Trois petits Nègres se promenèrent au zoo.
Un gros ours en étouffa un et il n’en resta plus que
Deux.
Deux petits Nègres s’assirent au soleil.
L’un d’eux fut grillé et il n’en resta plus que
Un.
Un petit Nègre se trouva tout seul.
Il alla se pendre et il n’en resta plus
Aucun.

Dix personnes n’ayant aucun point commun entre elles se retrouvent sur l’île du Nègre sous le prétexte d’invitations ou d’offres d’emplois : le général John Macarthur, Véra Claythorne, Emily Brent, le juge Lawrence Wargrave, Philip Lombard, le docteur Edward Armstrong, Henry Blore, Anthony Marston, invités par un mystérieux M. O’Nyme, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, Thomas et Ethel Rogers veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. 

Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes.

Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

J’ai lu ce bouquin au collège et je me rappelle encore des émotions qui m’ont traversée en le lisant. 

L’ambiance est angoissante, que ce soit le lieu, la comptine ou les personnages. On a la chair de poule en lisant. On tourne les pages sans s’en rendre compte… On se plaît à faire des suppositions sur les différents protagonistes et leur mobile…

L’intrigue est bien ficelée,  le suspense dure jusqu’à la fin, le dénouement laisse sans voix. 

C’est une magnifique histoire, un huis-clos captivant, époustouflant , intense, effrayant.

Si vous ne deviez lire qu’un Agatha Christie dans toute votre vie, lisez  celui-ci.

Quel livre recommanderiez-vous pour une lecture sous la couette ? 

signature coeur graceminlibe

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LE FOU un déchet récupérable: lu et apprécié ?

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Nous sommes en pleine époque coloniale en Côte d’Ivoire plus particulièrement en pays alladian. Benoît Gnanva entre en classe de CP1 à 16 ans. Cette entrée tardive est due à son père qui voulait son fils aîné près de lui pour les travaux champêtres et les petites emplettes.

Tout va bien jusqu’au CE2, jusqu’à l’accident mystérieux de sa mère. Cette épreuve familiale lui fait accumuler du retard à l’école, perdre une année scolaire.

A 20 ans, Benoît ne peut doubler de classe. Il retourne au village, le moral affecté. Son père pour lui remonter le moral, lui propose d’aller pêcher avec son cousin Matthieu. Là s’ouvre une autre porte des tourments de Benoît. La pêche en haute mer est éprouvante, Benoit n’en sort pas indemne… Est-ce parce qu’il n’a pas respecté les dernières volontés de sa mère ?

Ce roman baigné dans les us et coutumes du peuple alladian, au parfum frais du surnaturel, écrit avec une grâce enfantine et assaisonné d’une pincée d’humour est l’histoire d’un homme qui a vécu la perte sous multiples formes : perte d’un être cher, perte de ses rêves, perte de sa sérénité, perte de ses repères, perte de sa raison…

L’histoire de Benoît est celle de plusieurs. Nous les voyons souvent se promener dans les coins de rue en Afrique. Ils suscitent en nous peur et rire. Ces déséquilibrés mentaux ne bénéficient souvent pas du soutien de leur famille, ils sont livrés à eux-mêmes, seuls au monde.

Ce roman nous interpelle et rappelle le devoir de la société vis-à-vis de ces personnes. 

Si j’ai trouvé très long le chapitre sur la pêche en haute mer, j’ai trouvé très court le chapitre du nouveau fou dans la société. J’aurais voulu que l’auteur s’attarde sur ce chapitre tant je l’ai apprécié. Il m’a fait sourire, rire ;  il m’a attristée.

Le roman est agréable à lire pour son style limpide et sa narration vivante. On ressent mieux les sentiments de Benoît grâce à la focalisation interne.

Les thématiques qu’il aborde sont intéressantes à lire aussi bien pour les jeunes gens que pour l’adulte.

Le livre est-il un coup de cœur ? Non 😦 Il m’a hélas manqué une forte dose de rebondissements et de suspense. 

Extraits

« Un jour, je me réveille et me proclame un homme célèbre, mort depuis plus d’un siècle. Oui, je me mets dans la personnalité du célèbre résistant et guerrier Samory Touré, mort depuis 1900. Je reviens châtier les coupables, responsables de ma mort et reconquérir mes terres perdues par leur faute. Il me faut des armes, de véritables armes et des hommes prêts à combattre à mes côtés ? Mais les armes, où les prendre ?

[…] Je vole tout ce qui peut me servir d’armes. Toutes ces disparitions d’armes et d’objets inquiètent sérieusement les villageois qui, jusque-là, n’ont été victimes de vols aussi importants. Les soupçons ne sont jamais dirigés vers moi. Je circule à ma guise sans être inquiété. Car un fou, pense-t-on, n’a pas besoin de toutes ces choses. Je passe et repasse comme un chien errant et personne ne trouve à redire. Mon oncle, le chef du village, n’est pas encore visité par ce mystérieux voleur que je suis. »

« Qui dit que les fous ne sont pas intelligents ? Ils ont leur raison que celle des prétendus intelligents ignore. »

Il sort de sa poche une feuille de papier, place ses lunettes et commence. 

Tano David – Plésent m’ché !

Tano Jacob – woueille salgent ! –

– Bogui Ignace – Plésent salgent ! – 

– Beugré Thomas – Huo ! – 

– Gnava Moïse, Gnanva Moïse.

Personne ne répond à l’appel de ce nom. Le recruteur, lève la tête et fixe la foule puis répète à haute et expressive voix :  » Gnanva Moïse ».

Toujours pas de réponse. Je tremble sur mes jambes. C’est mon père. Pourquoi ne répond-t-il pas ? Il est pourtant présent. Aussitôt, de la foule craintive, s’élève une voix : « Nin Wou, Nin Woulo ». C’est la voix de mon père. Un interprète fait la traduction au recruteur : 

– On dit qu’il est décédé.

La foule ne bronche pas. Pas un geste ou une attitude de duplicité. Le recruteur se tourne vers le chef du village et l’invective :

– Alors chef, pourquoi avoir porté sur cette liste le nom d’un citoyen décédé ? 

Le chef du village, quoique très embarrassé, se fait complice.

L’oeuvre

Éditeur : Nouvelles Editions Balafons

Date de publication : Novembre 2014

Nombre de pages : 158 

L’auteur 

N’Drin Degni Pierre Luc est né en 1946 à Sassako-Bégnini, village de la sous-préfecture de Jacqueville. Il est à la retraite depuis l’an 2000. 

 

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Fétiches

Les patients de l’établissement psychiatrique de haute sécurité Beechway sont très sensibles à la suggestion. Une hallucination peut se répandre tel un virus. Aussi, lorsque plusieurs malades se livrent à des actes d’automutilation, et que l’un d’entre eux va jusqu’à se donner la mort, la fantôme de « la Maude », une infirmière sadique qui terrorisait les pensionnaires à l’époque où Beechway était un hospice, ressurgit.

Afin de mettre un terme à l’hystérie collective qui gagne même son équipe, A.J, infirmier psychiatrique fraîchement nommé coordinateur, décide de faire appel aux services du commissaire Jack Caffery. Il soupçonne l’un de ses patients, Isaac Handel, d’être à l’origine de la psychose. Si son intuition est juste, il faut agir rapidement. Car Handel vient d’être libéré. Et qui sait ce dont il est capable ?

Mo Hayder

Il y a une sensation que je préfère : commencer un livre, me dire après les 100 premières pages que j’aurais dû en prendre un autre et être entraînée dans un maelström d’émotions : avoir peur qu’un scénario auquel je pense se produise, être heureuse parce que j’espère se produit, faire face à l’inattendu, fermer les yeux devant l’horreur.

En ouvrant les portes de cet établissement psychiatrique, on a envie de rester à son seuil, de ne pas y pénétrer tant ce qu’on lit, ce qu’on découvre est monstrueux. L’histoire débute d’ailleurs avec le portrait de Mère monstre.

L’auteur fait défiler les portraits des personnages principaux, on est intrigué, on se demande où tout ça va nous mener et puis sans qu’on y soit vraiment préparé, la pièce maîtresse de l’histoire nous tombe dessus et là on ne peut que saluer le talent de l’auteur.

Les chapitres sont très courts, les personnages se relaient à tour de rôle pour relater l’histoire ce qui lui donne un vrai dynamisme.

En tant qu’auteur narrant au présent, j’ai énormément apprécié que l’auteur en fasse autant.

J’ai beaucoup apprécié ce thriller pour le suspense, l’inquiétude qu’il dégage et pour le fait de société qu’il aborde. Un fait souvent tu, incompris…

Les éternels romantiques trouveront satisfaction parce que des couples se forment.

Ce livre est fait pour plaire à tout le monde, tous les goûts y trouvent leur compte.

Je vous souhaite une bonne lecture et n’oubliez pas ceci : « les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. »